lundi, 24 avril 2017 11:49

Quand Dakar «noie» le béton sous le verre

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A chaque époque, son architecture entend-on souvent dire. A Dakar, ville dans le rythme, la grande Ecole des arts et celle consacrée à l’urbanisme et à l’architecture ont laissé place à de nouveaux collèges et instituts d’enseignement spécialisés dans les beaux arts, le génie civil et les sciences du bâti dans la cité. La capitale change et en son sein, ses normes d’urbanisme et d’architecture qui vont avec son évolution. Pour preuve, tous ces terrains vendus dans le centre ville ont vu sortir de terre, de véritables œuvres architecturales depuis quelques années. Pour le plaisir des yeux ; mais surtout pour exposer le talent des inventeurs et designers que sont devenus, depuis bien des années, les architectes, autres artistes décorateurs et plasticiens qui pensent la vie dans la cité tous les jours.

«Changeons de monde et d’architecture», tel un nouveau slogan dont les Sénégalais qui en ont les moyens se sont appropriés en ne se fixant aucune limite des fois dans leur «nouvelle folie», le monde du bâti semble en pleine mutations. Sur le boulevard de la République, une rue où se mélangent toutes les formes architecturales héritées de la colonisation, comme celles encore plus fraiches issues de l’art nouveau, on voit que la capitale, du fait du génie des jeunes comme des vieux architectes, change fondamentalement de cap, et d’avenir dans le domaine du bâti.

Restauration, réhabilitation, rénovation… Les mots sont les mêmes, mais on leur colle des fonctions nouvelles du genre, «Projet de réhabilitation et de mise aux normes de l’immeuble Peytavin»… Plus loin, sur la Place de l’Indépendance, l’immense immeuble de l’Hôtel Indépendance, change aussi de forme et de façades. Cette fois, c’est l’Ipres qui s’y colle sous la forme d’un «Projet de construction et de rénovation à usage de bureaux et d’habitations pour l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal» (Ipres).

Devant la façade en pleins travaux, le mot d’ordre est donc à la rénovation et partout, sous les coups des marteaux, sortent de grands trous d’air laissés désormais au vitrage et le verre. C’est gigantesque, c’est impressionnant pour celui qui tombe pour la première sur un tel ouvrage en plein centre de Dakar. Le monde change et La Place de l’Indépendance aussi s’affine et veut changer de cap dans l’esprit des Dakarois et des visiteurs. On veut aller plus «haut» dans la conception de projet; encore plus haut dans leur mise en perspectives.

Finalement, c’est le monde de l’architecture et des beaux arts sénégalais qui bouge, innove, se réinvente. Mais pour aller vers quoi, se demandent certains, architectes et urbanistes eux-mêmes ? Mais un peu plus prudents. De l’art déco avec comme tableaux principaux, les façades. L’idée est aussi celle de l’urbain qui pense la ville depuis la porte de la maison. Près d’un siècle, après que les premiers immeubles sortent de terre dans la vieille ville de Dakar, l’architecture contemporaine sénégalaise fait comme si elle interrogeait à nouveau la façade et, avec elle, le regard du citoyen; mais surtout une nouvelle perception dans la manière de concevoir l’habitat et l’immobilier dans la ville.

On cherche à impressionner, depuis le building administratif, ancien joyau de la capitale de l’Afrique occidentale française (Aof) parce que siège du gouvernement fédéral, actuellement en pleine phase de réhabilitation également, jusque dans les plus petites réalisations comme le nouveau bâtiment de la Cour des comptes sur le boulevard de la République, c’est un tout monde qui change. La Cité dite de l’émergence est un de ces nouveaux bijoux que le pouvoir actuel veut montrer et exposer pour ce qui est de ses capacités à rénover pour le premier immeuble, et à innover pour la cité qui veut coller si bien aux grands projets du président Macky Sall et ses futurs successeurs à l’horizon 2035. Vous avez bien dit «Emergence».

A vue d’œil, le Building administratif impressionne aussi. Avec ses nouvelles ouvertures sur la mer avec vue imprenable, il va inaugurer un nouveau vitrage tout en couleur de verre face au grand bleu. Il devrait accroître la pénétration des lumières et mettre encore plus de fraîcheur, pour les concepteurs. Le vitrage ou le verre, nouvelle trouvaille d’architectes bien décidés à montrer leur savoir faire et changer le monde, n’a pas que des inconvénients sous un climat plus chaud que dans les pays tempérés où il semble être dans son monde.

Plus de lumière naturelle, plus de fraîcheur, c’est  bien pour un coup de frein à la consommation inutile d’énergies pour éclairer les salles, les bureaux en les aérant au mieux sans excès de consommation électriques. Les 17 milliards de F Cfa mobilisés par l’Etat pour réussir ce nouvel effort de restauration à la suite d’autres qui ont été tentés, en vain, constituent, estime-t-on du côté des autorités, «un investissement très rentable et également justifié, sans compter le confort, la sécurité et tous les avantages que présentent les travaux de restauration.»

L’idée, selon les autorités, qui est derrière la réhabilitation de cet immeuble est de préserver son identité de 1954, avec des conditions de sécurité, de fonctionnalités et de respect du système environnemental sans faille. Des images existent à cet effet pour démontrer que les relevés du sous-structures du bâtiment, sol, fondement ont été faits selon des technologies modernes, satellites, laser. Ces relevés ont été faits de la même manière pour préserver l’immeuble et l’adapter aux conditions actuelles. Le concept retenu est d’en faire un immeuble vert, c’est-à-dire écologique, avec une centrale solaire d’une capacité variant entre 1 et 5 méga installé sur la terrasse de 2.700 m2. Cette centrale devrait prendre en charge l’alimentation en courant dans une proportion de 80% des besoins énergétiques de l’immeuble. Un peu moins de 20% des besoins seront fournis par la Senelec. Pour les autorités, «c’est un immeuble intelligent qui sera livré à l’Etat.»

Entrons un peu dans l’histoire de ces immeubles d’alors dont l’un des plus beaux, qui date des programmes du Fonds d’investissement pour le développement économique et social de l’Afrique (Fides) qui ont démarré en 1946, est aujourd’hui en pleines ruines, sans aucun plan de réhabilitation. Il s’agit de l’ancien Palais de justice. Etabli sur une zone mobile composée de tufs volcaniques, comme pour la Tour de Pise, un moment inclinée avec le mouvement constant de cette roche spongieuse, l’immeuble du bord de mer, non loin du Cap Manuel, est aujourd’hui menacé de destruction parce que laissé en rade. L’urgence et la prudence serait pour l’Etat de sauver ce qui pouvait l’être par une restauration plus audacieuse et plus adaptée aux moyens de l’Etat. Le privé pourrait aussi y intervenir et lui faire changer d’option face à la mer avec le tourisme…

LE CICES, LA TOUR DE LA BCEAO… : Senghor, en inspirateur de l’art deco ?

La nouvelle tendance pour aller vers les chefs d’œuvres les plus improbables ne s’est pas faite au hasard. Elle est aussi dans la volonté des autorités au sortir des premières années d’indépendance, de changer la donne en matière d’architecture et d’urbanisme au niveau de la capitale surtout. C’est le résultat, selon certains architectes, de nombreuses rencontres, mais également la multiplication voire la diversification des horizons de formation. Et, dans ce jeu des nouvelles formes plus adaptées au plan culturel et social avec des matériaux plus faciles d’accès, le Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) et la Tour de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) ont été des monuments et des symboles des tendances de l’art du bâti dans le pays. Le début des années 1970 est une période faste pour l’émergence d’un nouvel art déco à la sénégalaise. Et Senghor l’inscrit dans un concept bien savant, comme d’habitude chez-lui;  vous avez dit «Parallélisme asymétrique.»

Sur ce sujet, Mohamed Naby Sylla, architecte et Directeur du Collège d’architecture de Dakar, en connaît un petit bout de cette période charnière entre la fin de la colonisation et les indépendances. Un moment où le pouvoir colonial cherche, au sortir de la seconde guerre mondiale, à se donner une belle image dans les colonies en pleine effervescence.  Tout partira d’ailleurs de là. «L’architecture sénégalaise, informe ainsi Mohamed Naby Sylla, a été caractérisée, si on se réfère aux différentes périodes de notre histoire contemporaine, par plusieurs choix d’ordre idéologique, culturel, technique et économique.»

Pour la période précoloniale, on peut distinguer: «-l’architecture domestique connue par la diversité des constructions répondant aux besoins spécifiques des différentes communautés ethniques du pays. Cette architecture nous offre des références culturelles et techniques immenses tant les différences en termes de matériaux, de formes, de techniques, d’éléments symboliques, mystiques ou mythiques sont sources de références. Les matériaux utilisés sont donc selon la disponibilité dans l’espace de vie (bois, pierre ou terre) ;-les architectures des grands empires qui ont presque toutes disparues ou démolies durant les invasions coloniales. Ces architectures faites de pierres et de terres avec des contre forts et murs de protection tels que le fort d’Ahmadou Cheikhou.»

«Avec les indépendances, explique encore Mohamed Naby Sylla, le président Léopold Sédar Senghor commence à développer les revendications identitaires avec la négritude et la référence à nos valeurs culturelles. Cette révolution culturelle s’est accompagnée d’une pensée sur aussi la direction ou l’orientation que devrait prendre l’architecture sénégalaise voire africaine. Et, débute donc la théorie du «parallélisme asymétrique» de l’architecture africaine et dont le Cices, qui est dans un état de dégradation très avancé, en est le symbole. Les architectes avec qui il travaillait l’ont suivi dans cette recherche identitaire.»

En analysant cette architecture, on se rend compte qu’elle est indéniablement africaine, contemporaine et très orientée sur l’efficacité énergétique avec ses cours, ses pans coupés, les orientations possibles de façades... D’autres références ont existé telles que celles à l’architecture soudano sahéliennes des centres urbains de Tombouctou, Djenné ou Mopti. Cette tendance s’est beaucoup développée avec les enseignements de l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme de Dakar et l’Ecole africaine des métiers d’architecture et d’urbanisme (Eamau) basée à Lomé, au Togo. Cependant, à la mort de Léopold Sédar Senghor, la philosophie n’a pas été développée par les architectes sénégalais de nouvelle génération.

Naby Sylla d’ajouter qu’«en effet, avec la fermeture de l’ l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme de Dakar, les architectes sénégalais sont formés à travers tous les continents, de l’Europe aux Etats Unis ou Canada en passant par l’Amérique Latine. Maintenant, les nouvelles tendances sont le Maghreb, voire l’Asie. C’est pourquoi, on assiste à une diversité de références, de formes en matière de production architecturale contemporaine, et avec de plus en plus, les clients sénégalais qui voyagent et découvrent d’autres contrées, les matériaux nouveaux sont toujours sur le marché, permettant des performances volumétriques et de textures très intéressantes.»

LA FAÇADE, CE PETIT DETAIL QUI  CHANGE TOUT

Il existe de nombreux travaux sur les façades dans les écoles et instituts d’architecture. L’art du bâti en a fait les frais dans le bon comme dans le mauvais sens. Mais, le débat se poursuit pendant que l’option sénégalaise pour Dakar ne fait que confirmer la nouvelle tendance.

Depuis le début des années 1990, aussi bien en France qu’à l’étranger, les façades constituent à nouveau, pour les architectes, un lieu privilégié de recherche et d’expérimentation qui va de pair avec un retour massif du décoratif et de l’ornement. Ce faisant, leurs architectes semblent marquer une rupture avec leurs aînés du Mouvement moderne qui avaient, eux-mêmes, instauré une rupture radicale avec la tradition décorative des surfaces, entraînant une révolution de l’esthétique architecturale et de la sensibilité qui diffuse encore aujourd’hui ses effets.

Les principaux instigateurs de cette révolution furent Adolf Loos (1), avec son célèbre pamphlet «Ornement et crime» qui est publié en 1908 et Le Corbusier (2), avec «L’art décoratif d’aujourd’hui» paru en 1925. L’architecture, selon eux, devait se consacrer à des tâches plus nobles et plus utiles, à des sujets plus profonds ou plus élevés et œuvrer pour le Bien et le progrès de l’humanité. Avec l’invention du béton armé et du système poteau-poutre au début du 20e (XXe) siècle, la façade (3) s’est affranchie du rôle qui consistait à tenir le bâtiment debout.

Depuis l’extérieur, ce que proposait Loos aux regards des passants, c’était une enveloppe austère et froide qui dissimulait la vie privée. «Rien ou presque ne devait, selon lui, filtrer derrière ce masque d’anonymité, de moralité et de respectabilité.» Le Corbusier, de son côté, s’est concentré sur les percements et les possibilités de vue. «L’architecture, expliquait le grand Maître, au-delà de la simple construction et des «choses utilitaires», avait à voir avec la science ; «il s’agissait, selon lui, de (dé-couvrir pour connaître et progresser) ou avec la philosophie (passage graduel du sensible à l’intelligible, du tactile au visuel et de la matérialité à l’immatérialité).»

Tout change à partir de ce moment pour les architectes de l’époque et aussi pour les Grandes écoles. Avec l’invention du béton armé et du système poteau-poutre au début du XXe siècle, la façade s’est affranchie du rôle qui consistait à tenir le bâtiment debout. Tout à coup, ses fonctions (structure porteuse, isolation, étanchéité, vue, finition, ornement), qui auparavant étaient pincées et fusionnées dans une même épaisseur, un même plan vertical et une même peau, ont pu être séparées et désolidarisées.

Ainsi, les architectes ont bénéficié d’une liberté sans précédent à l’égard des contraintes physiques des matériaux et la possibilité d’un langage complètement nouveau. La façade est devenue «libre» (selon l’expression de Le Corbusier) et plastique; elle a pu s’adapter à tous les principes et à toutes les intentions sans menacer la stabilité de l’édifice.

L’essentiel était ailleurs, pour le grand architecte qui proposait aux regards extérieurs, des façades planes, lisses et largement ouvertes pour se conformer aux principes de mise en lumière, de transparence et de vérité. Côté intérieur, il proposait avant tout un cadre pour les vues en envisageant la maison ou l’appartement comme de véritables dispositifs de prise de vues. Habiter, selon lui, revenait à «habiter» un appareil photo,  avec les fenêtres qui remplacent l’objectif. Ensuite seulement, venait s’organiser l’espace en-deçà de ces vues. Plus que la construction d’un espace domestique, c’était la domestication des vues qui, selon lui, importait: habiter, c’était voir dorénavant pouvait-on dire.

Ce débat du début du 20e siècle va se prolonger ainsi sur  la suite jusqu’en ce début de  21e, comme pour donner raison à ce génie. Pour les architectes contemporains, le problème de l’architecture n’est donc plus d’interroger la nécessité ou la pertinence du vêtement – leurs prédécesseurs ont épuisé cette question en démontrant sa persistance – mais sur l’infinité des moyens de sa mise en œuvre. En France, c’est sans doute Jean Nouvel qui, le premier, a entrepris ce travail.

Avec la Fondation Cartier (Paris, 1994), il a proposé, en prolongeant et en développant les idées du feuilleté et l’interface, un travail du revêtement qui a fait événement tant l’espacement qui est instauré avec le corps du bâtiment et le jeu sur les apparences, sont importants. Il l’avait déjà esquissé en 1987 avec l’Institut du Monde Arabe et sa façade de moucharabiehs; mais tout s’y jouait encore, selon lui, «sur une micro-stratification que toutes les fonctions innervent comme une peau, au sens biologique du terme.»

Face à cet édifice, la critique architecturale n’a pu faire usage des théories ou des outils d’analyse traditionnels. Elle le réduit souvent à une magnifique ode à la transparence, à la légèreté, à la disparition, ou bien, il n’aurait plus rien à donner dès lors qu’on en aurait saisi l’idée ou l’effet. Mais, si l’on convoque le vêtement, la réflexion peut être prolongée. Comme elle l’est d’ailleurs présentement dans tous les pays en mutation dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme dit innovant.

UNE VILLE QUI CHANGE DE CAP : Et le verre devient le matériau de référence

Dans les métiers de construction, d’architecture et d’urbanisme, le béton reste sans doute le matériau de base le plus utilisé dans le monde. Mais de plus en plus, d’autres accessoires plus fins comme le bois, le verre, la pierre ornementale, et même le papier peint et les tissus sont entrés dans le bâti.

Ici, au Sénégal, dans les domaines de la conception et du design, un astucieux mélange de saveurs et d’inspiration est perçu dans l’édification d’un immeuble comme celui consacrée à la future Cour des Comptes avec une sorte de cœur en triangle fait en bois qui apparaît sous le ventre de l’immeuble avec une couleur ocre qui donne à cet ouvrage. Cela change sensiblement, la petite monotonie de cette grande voie qui sort du portail principal du Palais de la République, pour se diriger vers la mer.

Sur cet espace pourtant, quand on prend le temps d’observer, sont sortis de terre, depuis plus d’une centaine d’années, de beaux édifices comme l’immeuble des eaux, (énorme édifice en béton d’une vingtaine d’étages),  mais encore, de petites maisons pittoresques, avec vues sur la mer, que les embouteillages devraient permettre aux passants, aux usagers de la routes, d’observer tous les jours. 

En effet, avec la fermeture de l’ l’Ecole d’Architecture et d’Urbanisme de Dakar, les architectes sénégalais sont formés à travers tous les continents, de l’Europe aux Etats unis ou Canada en passant par l’Amérique Latine. Maintenant, les nouvelles tendances sont le Maghreb, voire l’Asie. C’est pourquoi, on assiste à une diversité de références, de formes en matière de production architecturale contemporaine, et avec de plus en plus, les clients sénégalais qui voyagent et découvrent d’autres contrées, les matériaux nouveaux sont toujours sur le marché permettant des performances volumétriques et de textures très intéressantes.

On assiste en effet de plus en plus à l’utilisation de façades légères telles que le vitrage ou les plaques d’aluminium, la pierre agrafée ou autres. «La question fondamentale qu’on doit se poser, selon Mohamed Naby Sylla, c’est quels types d’architecture voulons-nous au Sénégal ? Est ce l’architecture internationale qu’on peut retrouver partout dans le monde (New York ou Manhattan, Paris la défense, Dubaï ou Qatar…) ou recherchons nous une architecture ancrée à la culture sénégalaise ou tout simplement une architecture adaptée à notre environnement»?

Copier et ne pas tomber dans le mimétisme facile, voilà l’enjeu pour l’avenir. Mais les jeunes générations d’architectes se donnent-ils les moyens de réfléchir sur la qualité et l’opportunité de tels matériaux dans le bâti sahélien et sénégalais ? Pour l’architecte, «Le vitrage tout azimut dans nos contrées ne peut être en aucun cas une réponse adaptée car contraire à l’économie d’énergie, donc à l’économie, au développement durable. Mais, ce qui est certain, face aux enjeux énergétiques actuels de nos pays, au réchauffement climatique, l’architecture doit être obligatoirement contextuelle, c’est-à-dire prenant en compte outre les références culturelles, les facteurs environnementaux tels que l’ensoleillement, l’humidité, la chaleur, la lumière, le régime des vents, la pluie, le sol et surtout faire en sorte que l’ouvrage soit efficace énergétiquement, les facteurs économiques et sociaux.» 

Architecte et formateur, Mbacké Niang tire dans le même sens que son confrère. Le commentaire qu’il en fait est le suivant ; «La ville est en train de changer de cap avec deux risques: (1) de déraillement culturel non adapté aux traditions sénégalaise; (2) de dérapage climatique non adapté à l’environnement sénégalais. Il nous faut aller vers l’élaboration d’établissements durables au Sénégal (urbanisme, architecture, construction et paysage), par la synergie de l’habitat bioclimatique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.»

Le beau et l’utile ensemble

Le renouveau de l’art passe par la refonte de la hiérarchie artistique. La distinction entre arts majeurs et arts mineurs est abolie : l’artiste, soucieux d’implanter l’harmonie dans la vie quotidienne, ne conçoit plus l’objet isolé de son environnement. Désormais, l’art est dans tout, et il découle de l’utile (5). Cette liaison du beau et de l’utile apparaît dans un contexte de révolution industrielle: la machine inquiète et séduit à la fois, car elle déshumanise le travail tout en produisant pour le plus grand nombre.

L’art est offert à tous et s’attache à tous les domaines : William Morris, assez proche des utopistes, ne dessine-t-il pas des papiers peints ou des objets destinés à la production industrielle ? Lutter contre l’académisme, c’est aussi lutter contre l’élitisme, car, selon Van de Velde, « ce dont seule une minorité profite est à peu près inutile ». Le retour à l’observation non conventionnelle de la nature, l’abolition de la distinction entre arts majeurs et arts mineurs concourent à ouvrir l’art au plus grand nombre. L’artiste devient militant, et se trouve investi d’un rôle essentiel : faire entrer la beauté dans la vie.

Notes

1 - Né le 10 décembre 1870 à Brünn et mort le 23 août 1933 à Vienne, Adolf Loos est un architecte autrichien, défenseur du dépouillement intégral dans l’architecture moderne. S’il n’a jamais rencontré Louis Sullivan, il a été profondément influencé par l’École de Chicago dès le début du siècle, après un voyage aux États-Unis. 

2 - De son vrai nom,  Charles-Édouard Jeanneret-Gris, Le Corbusier est un architecte, urbaniste, décorateur, peintre, sculpteur et homme de lettres, suisse de naissance et naturalisé français en 1930 ; Il est né le 6 octobre 1887 et est mort le 27 août 1965.

3- Sandrine Amy, « Les nouvelles façades de l’architecture », Appareil [En ligne], Numéro spécial

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Le président de la République, Macky Sall, prévient qu’il ne tolérera aucune liste parallèle issue des rangs de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, lors des législatives du 30 juillet prochain. Macky Sall a fait cette déclaration, à l’occasion d’une conférence de presse tenue en marge du séminaire de la coalition présidentielle qu’il a présidée le samedi 22 avril dernier.

Cette rencontre entre le président de la République et président de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar et ses alliés intervient à quelques jours du dépôt des listes de candidatures pour les législatures du 30 juillet prochain dont la date de clôture est fixée pour le 29 mai prochain. S’exprimant lors d’une conférence de presse, à l’issue de cette rencontre à huis clos avec la plupart des responsables des partis membres de Bennoo dont Moustapha Niasse, leader de l’Afp et président de l’Assemblée nationale, Robert Sagna  leader du Rds, MaguetteThiam ex-patron du Pit, Landing Savané d’And Jëf-Pads-A et le Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne pour ne citer que ceux-là, le président de la République n’est pas allé dans la langue de bois. Soulignant que l’approche des législatives du 30 juillet doit placer, au cœur des préoccupations de la majorité, l’unité de la coalition Bby, liée par « un même engagement, à lutter ensemble, gagner ensemble et  gouverner ensemble », le chef de l’État a indiqué que la discipline reste le second défi pour la majorité. À ce titre, il a clairement prévenu qu’aucune liste parallèle issue des rangs de Bennoo lors des élections législatives de juillet ne sera tolérée.

« Le défi à gagner est celui de la discipline dans la coalition, et je ne peux m’empêcher aussi de penser à nos partis, et celui du président de la République étant l’épine dorsale est plus que jamais interpellé sur la discipline qu’exige le moment. La nécessité de s’oublier un peu au profit du collectif, de partager la stratégie électorale envisagée tant pour le scrutin majoritaire que pour la proportionnelle autour d’une liste commune est fondamental. Nous ne tolérerons aucune liste parallèle issue de nos rangs», a prévenu le chef de l’Etat sous les applaudissements de la salle. Poursuivant son propos, Macky Sall a expliqué sa position ferme sur la question par l’enjeu national des élections législatives contrairement aux scrutins locaux. « Cela doit être dit avec force. Autant pour les locales, nous avions pris la décision de laisser les gens, s’ils n’étaient pas d’accord, présenter leur liste, parce que les enjeux étaient locaux. Il ne faut pas que l’on confonde les enjeux d’une législative à ceux d’une élection locale. Autant on avait laissé faire, autant ici il s’agira de mettre tout en œuvre pour n’avoir qu’une seule liste Bennoo Bokk Yaakaar», a insisté encore le président Sall lors de cette conférence de presse.

POLEMIQUE AUTOUR DE L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE : Macky Sall clame ses quatre vérités

Le Président Macky Sall qui rencontrait les leaders de Bennoo Bokk Yaakaar, à Dakar a profité de l’occasion pour édifier ces derniers sur les rumeurs « d’ingérence de l’Exécutif dans le judiciaire ». Selon le Chef de l’Etat Macky Sall, il n’en est rien.

Le président de la République a apporté la réplique à ses opposants qui l’accusent d’avoir instrumentalisé la justice sénégalaise pour s’en servir comme bon lui semblait. S’exprimant lors d’une conférence de presse en marge de la rencontre à huis avec les leaders de partis de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar qu’il a présidée, samedi dernier dans un hôtel de la place, Macky Sall a formellement récusé les plaintes de son opposition sur l’indépendance de la magistrature au Sénégal. «Il est facile, lorsqu’on se situe dans une mauvaise passe d’accuser le président de la République ou le gouvernement de faire de l’ingérence dans le fonctionnement de la justice. Nous n’avons rien à nous reprocher par rapport au fonctionnement de la justice. Les attaques ne sont pas des attaques objectives, mais des fanfaronnades de l’opposition qui ne sauraient nous dévier de notre trajectoire». Avant de continuer et d’avancer que les dossiers judiciaires brandis par l’opposition pour s’attaquer au Président et au Gouvernement doivent être appréhendés sous deux formes.  « D’une part, pour le respect du principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs entre  l’exécutif et le judiciaire, quelques exemples suffisent pour montrer que l’indépendance de la magistrature n’est pas une chimère. Quelquefois, le Gouvernement fait des recours jusqu’à la Cour suprême, fait des appels sur des décisions en première instance. Donc, il est facile d’accuser le Gouvernement et le Président de faire de l’ingérence dans le fonctionnement de la justice », a laissé entendre Macky Sall.

Selon le leader de l’Apr, depuis 25 ans, toutes les réformes qui concernaient l’indépendance de la magistrature et l’amélioration des conditions des magistrats ont connu des évolutions. « C’est avec nous que l’ensemble des textes qui organisent le Conseil supérieur de la magistrature, le statut des magistrats, de la Cour suprême, autant de dossiers donc ont pu être débloqués, donnant à la magistrature une plus grande liberté ». Et de poursuivre : «En ce qui concerne la matière disciplinaire, même si le président de la République est le Président du conseil supérieur de la magistrature, et même si le Garde des sceaux en assure la vice-présidence, ces deux autorités ne participent nullement dans le processus interne et d’évaluation positive et de sanction des magistrats.

Selon toujours Macky Sall, le deuxième aspect pour expliquer cette indépendance de la justice est lié au devoir de réserve sur les dossiers judiciaires en cours d’instruction.  «Il ne revient ni au président ni à l’opposition, de décider de la culpabilité de qui que ce soit dans une République, de décider de la culpabilité ou non d’un citoyen. Les attitudes notées çà et là dans la coalition, peuvent installer la confusion dans les têtes de nos compatriotes et dans nos propres partis, et dès lors ces attitudes pourraient se traduire par une perception négative de nos politiques, pouvant même développer auprès de l’opinion un sentiment de rejet ». Mais, heureusement s’est réjoui le Président pour finir, « ce n’est pas le cas ».

ADOPTION IMMINENTE DU NOUVEAU CODE DE LA PRESSE : Macky Sall rassure les professionnels des médias

Lors de cette rencontre avec l’État-major de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar, le chef de l’Etat est également revenu sur le débat concernant l’adoption du code de la presse pour lequel la Coordination des acteurs de la presse a entamé un plan d’action à travers des rencontres avec le Khalife général des Mourides et celui des Tidianes et une marche prévue le 3 mai prochain. Et c’est pour annoncer le passage, dès la semaine prochaine, en Conseil des ministres du nouveau Code de la presse qui sera présenté «bientôt» et à nouveau aux députés à qui Macky Sall a demandé, en tout cas ceux de sa majorité en l’occurrence, de la voter.  « Vous avez constaté que l’opposition évite le débat sur le bilan. Elle parle de dictature, de menace sur la démocratie. Et pourtant, jamais on ne verra un détenu d’opinion dans ce pays. Aucun journaliste n’a été mis en prison, et pourtant il existe des violations sur les règles de déontologie. Mais c’est notre option fondamentale… Nous allons sortir bientôt le nouveau code de la presse après une longue période de concertation. Ce projet devrait repasser la semaine prochaine en Conseil des ministres parce que le document était déjà à l’Assemblée nationale et ce sont les députés, dans leur indépendance et leur pouvoir, qui l’avaient rejeté sous la précédente législature», a annoncé le président de la République. Poursuivant son propos, Macky Sall a justifié les lenteurs accusées dans l’examen de ce texte devant mettre de l’ordre dans le secteur des médias au Sénégal par une nécessité de le reprendre afin de procéder à nouveau à de larges concertations aussi bien avec les acteurs qu’avec le gouvernement et les députés.

MOUSTAPHA NIASSE SUR LA TÊTE DE LISTE DE BENNOO AUX LÉGISLATIVES : «Je ne suis candidat à rien, je n’attends rien»

«Je ne suis pas candidat, j’ai 77 ans et 5 mois, je ne suis candidat à rien », a clamé Moustapha Niasse lors d’une conférence de presse suivant la rencontre des leaders de Bby. Et de poursuivre : « « Si on a besoin de moi pour une mission, je peux essayer mais je ne demande rien du tout, je n’attends rien. Autrement dit, je ne suis candidat ni au niveau national ni au niveau départemental», a déclaré le président de l’Assemblée nationale et leader de l’Alliance des Forces de progrès. Poursuivant son propos, Moustapha Niasse a toutefois réitéré son engagement à accompagner Macky Sal dans sa quête d’un second mandat à la tête de l’État. Par ailleurs, lors de cette rencontre avec les journalistes, Moustapha Niasse a également précisé que la liste de Bby pour les prochaines législatures n’a pas été encore désignée. Soulignant que les discussions ont porté sur trois points : «l’axe Méthode, l’axe Organisation et l’axe Unité», le numéro 2 de l’État  a indiqué que les réflexions sont en cours concernant cette question de tête de la liste nationale de Bby. «En temps opportun, Bennoo traitera cette question et réglera le problème bien qu’il n’y ait pas de problème. Une tête de liste sera désignée. La question n’a pas du tout été évoquée parce qu’elle n’est pas une priorité pour Bennoo Bokk Yaakaar, ce n’était pas à l’ordre du jour. En plus, rien n’urge».

SudOnline

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La présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle et la défaite cuisante des candidats LR et du PS font peser une menace inédite.

Editorial du « Monde ». Le bouleversement du paysage politique provoqué par le premier tour de la présidentielle, dimanche 23 avril, allie deux caractéristiques d’apparence contradictoire : à la fois prévisible et radical, attendu et néanmoins surprenant. Il était prévisible parce que les instituts de sondage, irréprochables tout au long de cette campagne, avaient annoncé la physionomie du second tour depuis plusieurs semaines.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, cette perspective est récente, elle a grandi à chacun des nombreux coups de théâtre de cette période, dont le candidat a su profiter avec talent. Pour ce qui est de Marine Le Pen, les choses se dessinent depuis plus longtemps. La vie politique française se structure depuis plus de deux ans autour de cette certitude que la présidente du FN occuperait l’une des deux places convoitées, et que tous les autres devraient se battre pour la seconde.

 Lire aussi :   Macron-Le Pen : un duel attendu pour une élection inédite

C’est arrivé, comme prévu, malgré une mauvaise campagne de la candidate FN, et un score en retrait par rapport aux différentes élections depuis 2012. Mais il ne faudrait surtout pas que la banalisation de ce résultat relativise la gravité de la blessure infligée à la nation. Pour la première fois, le FN vient de dépasser les 20 % de voix à une élection présidentielle. Sa candidate y a établi le record de suffrages de son parti, avec 7,6 millions d’électeurs, soit 2,8 millions de plus que son père au premier tour de la présidentielle de 2002. Pour la deuxième fois en quinze ans, un parti nationaliste et xénophobe, manipulé par un clan familial cynique et affairiste, se qualifie ainsi pour l’échéance majeure de notre système politique.

Un refus sans faille du FN

Cette récurrence devrait à la fois alerter sur l’état de notre démocratie, et déclencher, comme en 2002, un refus sans faille. Pour Le Monde, cette réaction ne souffrira pas la moindre ambiguïté. Nous avons redit, avant le scrutin, que le Front national est incompatible avec chacune de nos valeurs, avec notre histoire et notre identité. Logiquement, nous souhaitons donc la défaite de Marine Le Pen et appelons pour cela à voter en faveur d’Emmanuel Macron.

Mais le pire, le plus dangereux, le plus irresponsable pour l’avenir de notre pays, serait de considérer que ce prévisible-là est acquis, que la victoire du candidat d’En marche ! ne souffre pas l’ombre d’un doute. Une comparaison devrait suffire à convaincre de la fragilité de ce pronostic. Emmanuel Macron se lance dans cette deuxième partie de campagne avec 62 % des intentions de vote (selon Ipsos Sopra-Steria) là où Jacques Chirac avait conclu la sienne à 82,2 % des suffrages. Vingt points se sont évaporés en quinze ans. Comme se sont volatilisés les appels à manifester de 2002 ou la notion même de « front républicain » opposé au FN.

 Lire aussi :   Résultats de l’élection présidentielle : la France traversée par une double fracture

C’est le défi que rencontrent les dynamiteurs de système : ils doivent se mouvoir dans un environnement où plus rien n’est stable. Le souffle de l’irruption fulgurante d’Emmanuel Macron a causé d’innombrables dégâts dans les formations majeures de la politique française. Les deux partis de gouvernement et d’alternance sont pour la première fois absents en même temps du second tour, ce qui n’était jamais arrivé à la droite. Le PS a chuté à un score qui le renvoie aux heures les plus difficiles de la SFIO, il y a plus d’un demi-siècle. La droite, pour n’avoir osé tirer la conclusion qu’un candidat discrédité éthiquement ne pourrait se qualifier politiquement, subit une humiliation d’autant plus cuisante qu’elle est infligée par un ancien ministre de François Hollande, président honni dans ce camp, allié à l’autre repoussoir, François Bayrou.

Surmonter la colère

De l’ampleur de ces déconvenues ont fatalement jailli beaucoup de rancœur et d’amertume. Benoît Hamon a su les surmonter pour lancer un appel digne en faveur de l’ancien ministre de l’économie. Mais à droite, les choses semblent beaucoup moins faciles à digérer. Nombre de dirigeants, et d’éditorialistes, font mine de croire que le résultat est certain, pour se dispenser de donner une consigne claire. Beaucoup d’électeurs conservateurs auront sans doute du mal à surmonter leur colère, tant ils ont été chauffés à blanc par un François Fillon, appuyé par les militants de Sens commun, qui n’a pas hésité à tirer toutes les ficelles des extrémismes – incluant complotisme et mise en cause des médias et de la justice – dans sa fuite en avant.

Emmanuel Macron devra également tenir compte de l’ampleur de la protestation sociale mise en avant par le très bon score du leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Rompant avec toutes les traditions de la gauche, celui-ci a refusé, dimanche soir, d’appeler à voter pour l’adversaire du FN. Nul doute qu’un nombre non négligeable de ses électeurs seront tentés par la même attitude. Pour les convaincre de changer d’avis, le candidat centriste ne devra surtout pas commettre la même erreur que Hillary Clinton, qui n’avait tiré aucune conséquence de la longue résistance que lui ont opposée les électeurs de Bernie Sanders. Pour rappel, la candidate démocrate était donnée comme triomphatrice certaine face à Donald Trump, à deux semaines du vote américain.

Le risque d’une abstention massive, un dimanche d’élection qui tombera au milieu du pont du 8 mai, est également loin d’être négligeable. Emmanuel Macron a donc moins de quinze jours pour démontrer à tous ces électeurs réticents qu’il a pris la mesure du choc subi par le système politique français.

Le Monde

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François Fillon, éliminé dimanche au premier tour de l’élection présidentielle, s’est exprimé après l’annonce des résultats, dimanche 23 avril. Le candidat des Républicains a appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour : « L’extrémisme ne peut qu’apporter malheurs et divisions à la France. Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai en faveur d’Emmanuel Macron. J’estime de mon devoir de vous le dire avec franchise, il vous revient en conscience de réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour votre pays et pour vos enfants. »

Il a par ailleurs assuré la responsabilité de cette défaite : « Malgré tous mes efforts, ma détermination, je n’ai pas réussi à vous convaincre. Les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux, trop cruels. La vérité de cette élection sera écrite. J’assume, cette défaite est la mienne, c’est à moi et moi seul de la porter. »

LE MONDE

dimanche, 23 avril 2017 18:46

Football - Clásico : Barcelone, un si logique déclin

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La nouvelle n'est pas dramatique, mais elle reflète bien une tendance. Fin février, à l'occasion d'un match entre les Blaugranas et Leganes, un seul joueur catalan, Sergio Roberto, figurait sur le onze de départ barcelonais. Avec Lionel Messi, ils n'étaient même que deux ce jour-là à avoir été formés à la Masia, le centre de formation du club. Au FC Barcelone, la réforme amenée par Luis Enrique n'était pas que tactique, avec une atténuation de la philosophie de possession de balle de l'équipe. Elle était aussi identitaire. Mais si l'évolution du jeu du Barça s'est avérée payante pour mettre le fameux trio MSN (Messi-Suarez-Neymar) dans les meilleures dispositions, l'autre mutation, elle, n'a pas du tout été positive.

Référence en matière de formation, le FC Barcelone ne peut désormais plus s'octroyer cette palme. Pour la saison 2011-2012, pas moins de 21 joueurs issus de la Masia étaient inscrits sur la liste fournie à l'UEFA pour disputer les matches de Coupe d'Europe. La saison dernière, ils n'étaient que 12 et le nombre est descendu à 11 aujourd'hui. En parallèle, l'équipe fait moins figure d'épouvantail, sort prématurément des deux dernières éditions de la Ligue des champions (quart de finale) et voit son titre de roi d'Espagne menacé d'être chipé par le Real Madrid qui compte trois points d'avance au classement (avec un match en moins).

De Puyol à Umtiti

Moins compter sur les jeunes pensionnaires du centre de formation aurait pu être une bonne orientation..., à condition de mener une politique de transferts qui puisse combler cette « austérité ». Or, le niveau des joueurs choisis depuis deux à trois ans laisse perplexe. On parle ici du FC Barcelone, un club censé posséder dans toutes les lignes une sommité du ballon rond faisant partie du top 3 mondial à son poste. Une exigence toute relative pour le président Josep Maria Bartomeu. Jérémy Mathieu, Samuel Umtiti, Lucas Digne, Arda Turan, Paco Alcacer, André Gomes : le club a dû débourser 195 millions d'euros pour recruter tous ces footballeurs, certes de belle qualité, mais dont le niveau se situe bien loin du gotha international.

En se focalisant sur les feuilles de matches et l'épaisseur de l'effectif, la comparaison avec le Real paraît aujourd'hui cruelle pour le Barça. Cette semaine, en Ligue des champions, Marcelo, Sergio Ramos et Daniel Carvajal formaient la base arrière madrilène contre le Bayern. Depuis la saison 2012-2013, ces trois joueurs n'ont été éliminés qu'une seule fois de ce tournoi, possèdent une expérience incomparable et sont les meilleurs à leur poste. La situation est moins idyllique côté blaugrana. Face à la Juventus, le taulier barcelonais Gerard Piqué, lui, était aidé de Sergi Roberto, Jérémy Mathieu et Samuel Umtiti, et voyait son ex-coéquipier Daniel Alves, que les Catalans ont laissé partir cet été, faire des misères à son ancienne équipe. D'un côté, le Real jouit sportivement de sa stabilité, tandis que Barcelone régresse en ayant peu de flair dans le choix des hommes.

La Masia moins productive ? Un faux argument

Beaucoup avancent l'argument que la Masia est confrontée à un vide générationnel qui l'empêche de fournir de réelles pépites à l'équipe première barcelonaise. Cette justification ne tient pas lorsqu'on s'attarde sur le cas d'Alex Grimaldo, prometteur arrière gauche barré par Lucas Digne, et qui fait aujourd'hui les beaux jours du SL Benfica. Et que dire du dossier Thiago Alcantara, qui contredit l'argument du manque de renouvellement qualitatif à la Masia. Ce joueur, formé au Barça, évolue actuellement au Bayern Munich et s'impose comme l'un des meilleurs milieux offensifs de la planète. Mais il a été recruté en 2013 pour une « bouchée de pain » par le club bavarois (20 millions d'euros, soit moins que le prix d'achat de Yoann Gourcuff à l'OL). À Barcelone, une clause du contrat du joueur prévoyait que si Thiago ne participait pas à au moins 60 % des matches, son prix de départ ne pourrait pas dépasser les 20 millions. L'incompétence de la direction sportive barcelonaise a été double sur le coup : sur le manque de clairvoyance quant au réel niveau d'Alcantara et sur la mauvaise gestion de cette clause.

Un Barça trop pressé

Barcelone n'a surtout pas su renouveler et assurer l'héritage laissé par Guardiola et son colonel sur la pelouse, Xavi, parti en préretraite dorée au Qatar en 2015. Trop pressés de disposer de joueurs « prêts à l'emploi », les dirigeants ont manqué de patience et ne se sont pas inspirés de la riche politique de formation pratiquée sous le règne de Joan Laporta (2003-2010) et qui a permis à des joueurs comme Iniesta ou Messi d'éclore petit à petit au côté de grands joueurs comme Deco ou Ronaldinho. « Personne ne conteste que le Barça dépense des millions pour Suarez ou Neymar. Mais, avant, un joueur comme Paco Alcacer ne serait pas venu. C'est la classe moyenne des joueurs espagnols et, alors qu'ils avaient Munir, ils le prêtent à Valence pour prendre Alcacer. La différence entre aujourd'hui et l'époque de Pep Guardiola, c'est que Guardiola gardait les jeunes, même comme quatrième ou cinquième choix », constate Javier Gomez, directeur adjoint du journal sportif catalan El Mundo Deportivo, cité par L'Équipe.fr.

La comparaison avec le Real est aussi implacable quand on se penche sur le statut des entraîneurs et de leurs stars Ronaldo et Messi. Elle montre que les deux rivaux barcelonais et madrilène se situent dans des cycles bien différents. À Madrid, Zinédine Zidane fait l'unanimité aux yeux de ses joueurs et paraît inamovible. Cristiano Ronaldo, libéré de sa concurrence vis-à-vis de Messi grâce à la victoire portugaise à l'Euro qui lui donne un petit avantage sur l'Argentin, est moins obsédé par ses statistiques individuelles (buts et temps de jeu) et fait davantage preuve d'altruisme grâce au discours de son entraîneur. À Barcelone, le coach Luis Enrique s'est souvent illustré par des oppositions internes avec Lionel Messi et s'apprête à quitter le club à la fin de saison...

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Encore inconnu il y a deux ans et demi, le jeune candidat d'En marche ! a renversé la donne politique. Une révolution par les urnes.

Les Français en ont assez. Assez des vieux discours, des vieux politiciens, des vieilles promesses... Ils avaient trois moyens de renverser la table lors de ce premier tour : la manière forte avec Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon et la manière douce avec Emmanuel Macron. C'est cette dernière qu'ils ont choisie en portant en tête du premier tour ce jeune homme de 39 ans avec 23,7 % selon les premières estimations d'Ipsos devant Marine Le Pen, qualifiée au second tour avec 21,7 %. Emmanuel Macron aura réussi le pari fou en deux ans et demi de 1) sortir de l'anonymat ; 2) créer un mouvement en passe de devenir un parti ; 3) réunir les hommes de bonne volonté de droite et de gauche pour tenter de faire évoluer le compromis de 1945 sur lequel repose l'État-providence ; 4) se jouer des rumeurs sur son argent et sa vie privée ; 5) se démarquer du bilan de François Hollande tout en l'ayant servi au bas mot quatre ans...

Macron a diffusé de l'optimisme, mais a surtout profité d'un incroyable concours de circonstances : le renoncement de François Hollande, l'élimination de Manuel Valls à la primaire de la gauche et enfin l'affaire Fillon qui éclate en février, plante la droite, à qui cette élection présidentielle était promise. Certes, Fillon – éliminé selon les estimations d'Ispos avec 19,5 % – avait commencé à dévisser dès janvier, compte tenu d'une campagne qu'il a eu du mal à reprendre après sa victoire à la primaire. Les primaires, tout en le faisant triompher, ont semé les grains de sable qui ont, petit à petit, grippé sa campagne. Les meilleurs arguments contre François Fillon, c'est Alain Juppé lui-même qui les avait fournis durant la campagne... Le candidat, trop sûr de sa victoire, a, dans un premier temps, écarté les sarkozystes de tout poste important pour se replier sur un tout petit cercle de fidèles. Parce que, disait-il, il ne devait "rien au parti". Erreur qu'il a ensuite corrigée lorsque Le Canard Enchaîné a entamé son pilonnage...

C'est, en effet, à ce moment-là que Macron passe devant Fillon dans les sondages. L'électorat juppéiste s'est en partie détourné de Fillon ou s'est réfugié dans un repli abstentionniste. "Macron a pris les grandes villes, Le Pen a pris les campagnes. Les deux se sont partagé les villes moyennes. Nous n'avons plus d'espace", analysait Jean-François Copé. Seul l'électorat des 70 ans et plus est resté filloniste. Ce qui peut être suffisant dans une élection départementale, mais ne suffit pas dans une présidentielle dont le taux de participation (80 % selon Ipsos) est trop élevé et relativise le poids des seniors dans les urnes.

Marine Le Pen avait, quant à elle, besoin d'une abstention forte. Le FN réalise ses plus gros scores quand l'électorat se démobilise, car ses partisans se surmobilisent. Là aussi, ce qui vaut lors des régionales – où elle passe les 40 % par endroits – ne se vérifie pas dès lors que le corps électoral se déplace en masse et dilue, par conséquent, le vote extrême. Cela dit, elle a rempli sa mission a minima : la fille de Jean-Marie Le Pen se propulse au second tour comme son père il y a 15 ans. Dans un contexte tout autre : Jean-Marie Le Pen avait, par surprise, arraché sa place en finale en devançant de quelques milliers de voix Lionel Jospin. Marine Le Pen, elle, faisait la course en tête dans tous les sondages depuis trois ans...

Mélenchonisation

Jean-Luc Mélenchon peut se satisfaire de son score (19,5 % selon Ipsos). Il a atteint l'un de ses buts : détruire le PS, qu'il avait quitté en 2008, après le congrès épouvantable qui avait vu Martine Aubry et Ségolène Royal s'accuser de tricheries. Mélenchon considérait alors que le PS, confit dans la social-démocratie, était irrécupérable et qu'il fallait refonder un vrai parti de gauche. Son OPA sur le vieux Parti communiste a été mené de main de maître, car si les dirigeants du PCF sont restés réticents à suivre le leader de La France insoumise, la base des militants communistes, elle, était mélenchonisée. Que fera le leader pro-chaviste de son réservoir de voix pour le second tour ? Vers qui se tourneront ses électeurs... ?

Benoît Hamon, quant à lui, a totalement raté sa campagne. Comme en 1969 où le tandem Deferre-Mendès France s'était effondré à 5 %, le frondeur Hamon s'écrase à 6,2 % selon Ipsos. Comment pouvait-il en être autrement après le quinquennat Hollande ? Les frondeurs ne pesaient que 30 % des militants PS lors du congrès de Poitiers. Minoritaires dans leur parti, les dissidents de la ligne Hollande n'ont pas réussi à trouver le bon dosage entre le réalisme économique et la gauche du cœur. Les électeurs socialistes partisans d'une gestion sérieuse des déficits sont partis chez Macron tandis que les tenants de "l'utopie réaliste" ont trouvé chez Jean-Luc Mélenchon un tribun digne de leurs aspirations révolutionnaires. Hamon s'est fait dévaliser et l'homme, sympathique par ailleurs, a commencé à flotter dans un costume présidentiel un peu grand.

Le Point.fr

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et une douzaine de responsables des programmes des télévisions du Sénégal, se sont réunis, le 19 avril dernier, pour discuter de la qualité des contenus des programmes de télévision. Le communiqué en date d’hier, vendredi 21 avril qui donne l’information, a indiqué qu’il ressort de cette réunion, un «besoin en formation continue des professionnels dans ce secteur en forte évolution et à fort impact sociétal». 

L’urgence de professionnaliser les contenus des télévisions s’impose pour ne pas aller à l’encontre de l’éthique  et des valeurs sociales. C’est la conviction des responsables des programmes des chaînes de télévision du Sénégal réunis, le 19 avril dernier, à l’invitation du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) sur le thème «Invitation à une prospective sur les enjeux des contenus télévisuels»

«Il s’agit bien de professionnaliser tous les contenus, qu’ils soient fiction, reportage ou publicité. La qualité et l’éthique, la responsabilité vis-à-vis de la société, est un impératif. L’impératif est encore plus vrai en ce qui concerne les jeunes enfants, l’image de la femme ou le pluralisme religieux que les contenus véhiculent », a indiqué le communiqué reçu hier, vendredi 21 avril. Les responsables des programmes de télévision et le Cnra ont déploré la «pratique trop bien installée de production rapide de contenus qui  foulent au pied la qualité, les valeurs et les sacrés de la société sénégalaise, allant jusqu’à diffuser des images indécentes, pornographiques, violentes, crues ou taboues simplement parce que la loi ne les interdit pas».

 Et pour arriver à renverser la tendance, ils ont fait plusieurs recommandations dont le «besoin d’un plan de formation pour les différents profils professionnels qui interviennent dans la production et la programmation : écriture de scénario, réalisation, technique de son, de l’image… ». Au cours également de la réunion la question de «l’obligation pratiquement jamais respectée de soumettre les productions, avant diffusion, à une commission de visionnage qui assume le rôle du juge interne de responsabilité et décide ce qui peut être montré à la société, aux jeunes », a été débattue, entre autres sujets, en vue d’améliorer les programmes. 

La réunion a, en effet, permis de partager informations et expériences sur les conditions d’opération, de programmation et de production des télévisions confrontées à des impératifs de rentabilité, les besoins en formation des équipes techniques donc la démarche vers plus de professionnalisation, la fonction de direction artistique si importante dans la qualité des images, du son, des décors, des maquillages et de bien d’autres choix, ainsi que l’implication des divers acteurs de l’industrie culturelle nationale tels que les acteurs, les publicitaires.

 Enfin, les responsables des programmes des télévisions ont exhorté le Cnra «à poursuivre le travail de création d’espace de rencontre, échange et conscientisation par rapport aux contenus diffusés, de meilleure appropriation des cahiers des charges, de professionnalisation de la chaine de valeurs de production de contenus audiovisuels».

Pour rappel, cette rencontre s’inscrit dans un processus que le CNRA a initié, en novembre 2015, comme une «consultation prospective sur les enjeux des contenus télévisuels». 

 

La prochaine étape dans le cadre de ce processus est la tenue d’un atelier technique de formulation de normes de création et de production de contenus, à l’intention des réalisateurs, producteurs, responsables de programmes et acteurs, les 25 et 26 avril prochains.

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A quelques mois des élections législatives, l’heure est aux manœuvres politiques dans la quasi-totalité des partis politiques et/ou coalitions de partis. La coalition présidentielle Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) n’est pas en reste, décidée qu’elle est à garder une majorité confortable au sein de la 13ème législature. Quid, cependant des attentes des uns et des autres par rapport au quota de répartition des sièges au sein de la mouvance présidentielle ? Si, du coté de certains alliés come la Ligue démocratique (Ld), on semble jouer la carte de la prudence avec le porte-parole des Jallarbistes Moussa Sarr, l’Afp par contre pourrait revoir ses ambitions à la hausse, comme l’atteste le député Zator Mbaye. Au même titre que l’Apr qui voudrait que sa massification soit prise en compte, même si par ailleurs la sauvegarde des intérêts des uns et des autres doit prévaloir, selon Cheikh Ndiaye, conseiller municipal apériste à Grand Yoff. 

 

PAPE DIALLO ALIAS ZATOR MBAYE, DEPUTE AFP : «Naturellement, l’Afp pourrait revoir ses ambitions à la hausse»

 

Nos attentes par rapport à cette législature sont des attentes légitimes conformes à notre poids électoral, conformes à nos aspirations, conformes aussi à notre idéal pour le Sénégal. Je dois vous rappeler que, lors des législatives de 2012, l’Afp a eu un nombre de députés taillé sur mesure par rapport à son poids lors des élections présidentielles de 2012.

Nous ferons tout ce qui est possible pour avoir, dans le cadre de Bennoo Bokk Yaakaar, une stratégie gagnante. Une stratégie concertée qui portera le moins de préjudice possible à la coalition. La coalition Bennoo Bokk Yaakaar est composée de 11 sous-coalitions et plus d’une centaine de partis. Si on répartissait un député par parti, vous verrez que ça ne suffirait pas. Je crois que les uns et les autres sauront raison garder pour atteindre l’objectif d’une liste plurielle, diversifiée, conforme à nos aspirations communes, mais aussi une liste qui nous permettra de gagner.

Puisque vous savez que la 12ième législature est de 150 et nous serons à la 13ième à 165 députés, naturellement l’Afp pourrait revoir ses ambitions à la hausse. Ce qui est conforme à la logique politique. Mais, nous sommes un parti très discipliné. Le travail est en train d’être fait dans les structures du parti dédiées à cette question. Le moment venu, les leaders qui ont la charge de tracer les orientations, le feront. Vous n’avez jamais entendu l’Afp faire dans le chantage ou le syndicalisme politique pour réclamer des postes ou des sinécures. Même si on ne se laisse jamais faire. Notre objectif reste toujours le même : celui d’apporter notre modeste contribution à la construction du Sénégal. Nous avons un leader qui essaie de nous mettre sur cette voie-là.

 

CHEIKH NDIAYE, CONSEILLER APR A LA MAIRIE DE GRAND YOFF : « Pour la 12ème législature, l’Apr n’était pas majoritaire... Je doute que ce schéma… »

 

Je tiens d’abord à la qualité de nos représentants. Parce que la 13ième législature sera différente de la 12ième pour plusieurs raisons. L’opposition est en train de s’organiser pour que les grands ténors puissent être présents sur une liste unique. Il faudrait qu’il y ait un répondant. Des gens suffisamment compétents et solides intellectuellement pour faire face aux débats futurs. Ce n’est pas le nombre qui est important. Il y a une très forte attente liée à la qualité des parlementaires pour la 13ième législature. En tant que force au pouvoir, nous devons tenir compte de ces éléments. Deuxièmement, naturellement il y a un quota au plan départemental qui n’a pas été changé. Donc, du point de vue de la départementale, il n’y aura pas de problème. C’est au niveau de la liste nationale où le président va corriger les disfonctionnements à la sous représentation de certains partis au détriment d’autres. De ce point de vue, je pense qu’il y a  lieu aussi de revoir le schéma, parce qu’il y a eu des insuffisances qui sont liés à la 12ième législature du point de vue de la représentation.

Le président a eu une équipe extraordinaire. Non seulement il a gardé une coalition pendant 5 ans et pour la 12ième législature, l’Apr n’était pas majoritaire. C’est le Bennoo qui l’est. Je doute que ce schéma puisse être changé. Parce que le président reste attaché à la vie et la survie de cette coalition jusqu’au terme de son mandat. Je pense que de part et d’autre, les gens ont les meilleurs éléments pour arbitrer. Mais, entretemps, l’Alliance pour la République a grandi dans beaucoup de départements. C’est une donne dont il faudrait tenir compte. Mais aussi, que les intérêts des alliés soient sauvegardés. Tout ce qui m’intéresse, c’est qu’on ait une liste homogène qui est représentative des forces alliées et qu’on ait aussi une liste pertinente en raison des profils qui y sont. C’est la crédibilité des listes qui fera que tous les réfractaires puissent être d’accord. Quand la liste n’est pas crédible, vous imaginez les conséquences en termes de vote-sanction… C’est au président de  veiller à la nécessité de sauvegarder les intérêts de son parti, les intérêts des partis alliés, et enfin à la nécessité d’une représentation nationale relativement équitable. Je ne doute pas que le président réussira à le faire en 2017.

 

MOUSSA SARR, PORTE-PAROLE DE LA LD : «Nous allons discuter de nos attentes au sein de la coalition»

 

Nous allons exprimer nos attentes au niveau de la coalition. Il m’est difficile de dire le nombre de députés qu’on attend. Vraiment, je ne peux pas chiffrer cela. Mais, nous avons des attentes que nous allons exprimer avec nos partenaires. Pour cette 12ième législature, on a eu un quota. On avait 4 investis qui étaient sur la liste. Les deux sont passés. On en avait sur la liste de Dakar, sur la liste de Bakel et sur la liste de Koungueul. Les deux qui étaient à Dakar et à Bakel sont passés. Celui qu’on avait à Koungueul n’est pas passé. On avait aussi un sur la liste nationale, mais il n’est pas passé.  Je ne peux pas dire que nous attendons tant de députés. Nous sommes un parti politique. Ce que je peux dire, c’est que nous voulons un jour en tant que parti, avoir la majorité à l’Assemblée nationale. C’est aussi diriger le pays. Maintenant, pour cette année, je ne peux pas avancer le nombre de députés attendus. Nous allons exprimer nos attentes à l’intérieur de la coalition et on va discuter. Je souhaite que les partis qui sont membres de Bby expriment chacun ses attentes et qu’on discute pour voir ce qui est possible. Mon souhait est que tout le monde fasse preuve de responsabilité et de solidarité pour permettre à la coalition d’avoir une liste consensuelle. Comme nous sommes plusieurs partis avec des attentes, chacun ne peut pas voir toutes ses attentes être satisfaites. Je pense que ce sont les listes consensuelles qui permettront de gagner.

SudOnline

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Après avoir effectué son devoir de citoyen dans son fief électoral de Tulle, le chef de l'État a demandé aux Français de se mobiliser.

Ce n'est pas encore la dernière séance pour François Hollande, mais l'on s'en rapproche. À moins d'un mois de la fin de son mandat, le chef de l'État a voté dimanche à Tulle, son ancien fief électoral, pour le premier tour de l'élection présidentielle, appelant les Français « à montrer que la démocratie est plus forte que tout ». Comme à son habitude, mais sous très haute sécurité, le président a serré les mains et claqué la bise à ses anciens administrés, demandant des nouvelles de chacun, dans cette ville dont il fut le maire de 2001 à 2008.

Applaudi à sa sortie du bureau de vote et devant de nombreux objectifs, il a improvisé ensuite sous un soleil radieux une petite tournée d'autres bureaux et des rues de Tulle, à peu près désertes en ce dimanche d'élection. Il doit regagner Parisdans la journée. Il s'est aussi attardé à la mairie de Laguenne, dans la périphérie de Tulle, où il partage traditionnellement un verre avec les élus les jours d'élections. Comme on lui demandait s'il ressentait un petit pincement au coeur, François Hollande, dans une situation inédite puisqu'il est le premier président de la Ve République à ne pas se représenter, a d'abord éludé : « Un petit [comme] chaque fois qu'il y a un scrutin... » Avant de concéder : « Surtout quand on n'est pas dans le scrutin, ça, c'est vrai... Mais il faut bien qu'il y ait d'autres » candidats. « Il faut vivre sans nostalgie, il faut vivre toujours avec de l'espoir et de la volonté », a-t-il encore observé, pensif.

Hollande a fait son choix

Interrogé sur la menace terroriste, il a assuré que « toutes les mesures ont été prises », prônant la « vigilance » pour « assurer aux Français toutes les conditions leur permettant d'exercer ce droit fondamental qu'est celui de choisir leur avenir ». Il s'agit de « mobiliser beaucoup de moyens », tout particulièrement pour la présidentielle et les législatives de juin, a-t-il poursuivi, enchaînant : « Et pour les Français, je pense que le meilleur message qu'ils peuvent adresser, c'est de montrer que la démocratie est plus forte que tout. »

Le chef de l'État avait déjà appelé jeudi « tous les Français à aller voter » alors que les abstentionnistes pourraient être l'une des clefs du scrutin. Sans livrer sa préférence, il avait assuré qu'il ne figurait pas parmi les « indécis » qui représentent une autre clef de ce premier tour. François Hollande a multiplié ces dernières semaines les déplacements en province, le plus souvent dans des usines, pour appeler à mots à peine couverts le monde ouvrier à ne pas porter ses voix sur Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

« Je serai toujours Corrézien »

Au cours de son mandat, le président sortant a effectué une trentaine de visites en Corrèze, ce département qui l'a fait roi, la précédente remontant à la mi-mars quand il s'était rendu à Meymac, ancien fief de Jacques Chirac. « J'étais Corrézien avant d'être président, je suis resté Corrézien pendant ma présidence [...] et je serai toujours Corrézien », avait-il assuré en juin dernier, soulignant son « affection pour la population de ce territoire et ses paysages ».

Le chef de l'État avait commencé sa carrière politique en Corrèze par une défaite face à Jacques Chirac, qu'il avait défié aux législatives de 1981, à 27 ans, frais émoulu de l'ENA. Député de la première circonscription de Corrèze de 1988 à 1993, puis de 1997 à 2012, il a été aussi président de son conseil général de 2008 à 2012. Cette année-là, la Corrèze l'avait plébiscité face à Nicolas Sarkozy, lui accordant 64,86 % de ses suffrages. Le Front national s'est hissé à 22,4 % en Corrèze lors des élections européennes de 2014 et le département a basculé à droite en avril 2015.

Le Point.fr

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ACT, BOKK GIS GIS, FSD/BJ, Grand Parti, MPCL, PASTEF, PDS, REWMI, UCS, PS et le mouvement citoyen Diaspora plurielle ont décidé de présenter une liste unique lors des législatives du 30 juillet prochain. L’annonce a été faite hier, lors d’un point de presse à Paris.

                                                                   Déclaration liminaire
Elections législatives du 30 juillet 2017 Toute l’opposition Sénégalaise en France unie sur une seule liste !
-Considérant que le pouvoir et sa coalition piétinent nos valeurs républicaines et menacent notre démocratie.
-Considérant l'instrumentalisation de notre justice par un pouvoir adepte d'une démocratie sans opposition.

-Considérant l'impérieuse nécessité d'un changement de majorité parlementaire pour mettre fin au déséquilibre de nos institutions réunissant tous les pouvoirs entre les mains du seul président de la République
-Considérant l’intimidation tout azimut contre les Sénégalais en utilisant la justice aux ordres pour emprisonner les leaders de l’opposition comme Bamba Fall et Khalifa Sall entre autres pour des raisons politiciennes. Nous, plénipotentiaires des partis politiques de l'opposition et membres de la société civile en France :
-Conscients que face aux dérives dictatoriales, il y a urgence à réagir et à agir ensemble pour le Sénégal. Les partis politiques de l'opposition et mouvements citoyens en France signataires, s'engagent à aller aux élections législatives du 30 juillet 2017 autour d'une liste unique dans le département. Seule une telle initiative portera la dynamique nécessaire à la réalisation d’une majorité parlementaire forte et la mise en place d’un gouvernement au service de tous les Sénégalais.
-Exigeons la libération immédiate de tous les otages politiques et le retour sans condition des exilés politiques
-Exhortons les leaders des différentes formations politiques de l'opposition au Sénégal et de la société civile à matérialiser sans délais les conditions SINE QUA NONE d’une liste unique.
Les signataires ACT – BGG – FSDBJ - DIASPORA PLURIELLE – Grand Parti - MPCL – PASTEF – PDS - PS – REWMI - UCS

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