France Football a dévoilé la liste des 30 nommés pour le Ballon d’Or. Le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang (Dortmund) et le Sénégalais Sadio Mané (Liverpool), en font partie. Cristiano Ronaldo, tenant du titre et grandissime favori à sa propre succession, est évidemment présent.

Comme il y a un an, Pierre-Emerick Aubameyang fait partie des 30 nommés pour le Ballon d’Or dévoilés par France Football. L’international gabonais est accompagné du Sénégalais Sadio Mané. Ils sont donc deux à représenter le continent africain.

Déjà 13 buts pour « Aubam » cette saison

Meilleur buteur du dernier exercice de Bundesliga et auteur de 34 buts en 37 matchs en 2017, Aubameyang avait terminé devant Robert Lewandowski. Il n’a en revanche pas eu l’occasion de peser dans la course à la qualification pour le Mondial 2018. Ce sera donc une des grandes absences africaines en juin prochain en Russie. Le joueur du Borussia Dortmund qui avait eu envie de quitter son club l’été dernier, est toujours aussi efficace. Si aucun grand club européen n’a jeté son dévolu sur lui, Aubameyang a repris l’exercice 2017/2018 sur des chapeaux de roues avec 11 matches et 13 buts toutes compétitions confondues. En championnat, il est à égalité avec Lewandowski (8 buts). De quoi peut-être envisager une sortie lors du mercato d’hiver.

Sadio Mané qui est encore en course pour une participation à la Coupe du monde 2018 avec le Sénégal a été un joueur important dans l’effectif de Liverpool la saison dernière. Il a inscrit trois buts en championnat pour cinq rencontres jouées depuis la reprise. Surtout, voilà déjà quinze ans qu’aucun sénégalais ne figurait sur la liste des prétendants depuis Pape Bouba Diop et El-Hadji Diouf en 2002. Même si Cristiano Ronaldo fait figure d’immense favori à sa propre succession, contrairement à l’équipe-type FIFpro de l’année, le continent africain est tout de même représenté.

La liste complète des 30 nommés :

Gardiens:

Jan Oblak (Atlético de Madrid/SVN)

David De Gea (Manchester United/ESP)

Gianluigi Buffon (Juventus Turin/ITA)

Défenseurs:

Marcelo (Real Madrid/BRA)

Sergio Ramos (Real Madrid/ESP)

Mats Hummels (Bayern Munich/GER)

Leonardo Bonucci (AC Milan/ITA)

Milieux:

Luka Modric (Real Madrid/CRO)

N'Golo Kanté (Chelsea/FRA)

Philippe Coutinho (Liverpool/BRA)

Kevin De Bruyne (Manchester City/BEL)

Toni Kroos (Real Madrid/GER)

Sadio Mané (Liverpool/SEN)

Isco (Real Madrid/ESP)

Attaquants:

Neymar (Paris Saint-Germain/BRA)

Paulo Dybala (Juventus Turin/ARG)

Luis Suarez (FC Barcelone/URU)

Dries Mertens (Naples/BEL)

Robert Lewandowski (Bayern Munich/POL)

Harry Kane (Tottenham/ENG)

Edin Dzeko (AS Roma/BIH)

Antoine Griezmann (Atlético de Madrid/FRA)

Radamel Falcao (AS Monaco/COL)

Lionel Messi (FC Barcelone/ARG)

Pierre-Emerick Aubameyang (Borussia Dortmund/GAB)

Edinson Cavani (Paris SG/URU)

Karim Benzema (Real Madrid/FRA)

Cristiano Ronaldo (Real Madrid/POR)

Eden Hazard (Chelsea/BEL)

Kylian Mbappé (Paris SG/FRA)

mercredi, 11 octobre 2017 09:57

Mondial 2018: La France valide son billet pour la Russie

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La France a désormais son billet pour le Mondial 2018 en Russie. Mardi 10 octobre, au Stade de France, les Bleus ont battu la Biélorussie 2-1 grâce à Antoine Griezmann (buteur et passeur) et Olivier Giroud. Anton Saraka a réduit le score en fin de première période. En juin prochain, les hommes de Didier Deschamps vont désormais tenter de briller au pays de Nabokov.

De notre envoyé spécial au Stade de France,

Il aura fallu vingt-sept minutes aux Bleus pour pousser la porte de cette qualification – directe - pour le Mondial 2018 en Russie. Et l’homme de la soirée se nomme Antoine Griezmann. Avec un tir croisé du gauche à ras de terre, le joueur de l’Atlético Madrid évite à la France de passer par la case des barrages, comme lors de la précédente Coupe du monde au Brésil.

A l’époque, la France avait vu sa deuxième place menacée après un nul en Géorgie (0-0). Karim Benzema était resté 1222 minutes en sélection sans marquer et Franck Ribéry avait fini par sonner la révolte en Biélorussie, les Bleus accédaient finalement aux barrages (4-2).

Mardi soir, après un début de rencontre poussif où les deux camps se sont regardés en chien de faïence, les hommes de Didier Deschamps ont assuré, avec un deuxième but d’Olivier Giroud à la 33e minute, qui avait déjà été inspiré après un premier tir cadré de la tête (15e) et une transversale (19e). Samedi dernier, à Sofia en Bulgarie, Giroud était remplaçant.

Revivez en image la qualification des Bleus :

Alexandre Lacazette et Kylian Mbappé sur le banc

Un but qui aura son importance après la réalisation du Biélorusse Anton Saraka à la 44e minute, qui a surpris Raphaël Varane, puis Hugo Lloris avant la pause, même si dans le même temps, la Suède perdait 2-0 face aux Pays-Bas. Pour valider son billet direct au Mondial en Russie, la sélection tricolore devait obtenir un résultat identique à la Suède. Avec une victoire, les vice-champions d'Europe n'avaient même pas à se soucier du résultat.

Olivier Giroud, Thomas Lemar et Kingsley Coman ont débuté la rencontre dans un 4-4-2 alors que trois jours plus tôt, c'est dans un 4-3-3 que les Bleus étaient allés s'imposer en Bulgarie grâce à Blaise Matuidi (1-0). Un remaniement qui a eu pour conséquence d'envoyer Alexandre Lacazette et Kylian Mbappé sur le banc. Ce dernier fait son entrée à la 60e minute.

Deux mois après avoir perdu en finale de l’Euro 2016 face au Portugal, les hommes de Didier Deschamps avaient buté sur la Biélorussie lors de la première journée des éliminatoires à la Borisov Arena. Cette fois, la mission est accomplie. Et c’est en Russie en juin prochain qu’il faudra briller pour cette douzième phase finale d’affilée pour les Bleus depuis l’Euro 1996 en Angleterre. « Je félicite l’équipe de France et je suis certains qu’elle ira loin durant le prochain mondial », a concédé Igor Kriushenko, le coach de la Biélorussie.

La réaction de Didier Deschamps, sélectionneur tricolore :

« J’ai le sentiment du devoir accompli. Je suis heureux pour les joueurs et le staff. Cela n’a pas été simple et c’est fait. Ce soir, nous avons eu un Stade de France plein et les gens étaient heureux. Oui, il y eu a de la fatigue et de la fébrilité car il y avait de l’enjeu. L’équipe est jeune et on doit être capable de maîtriser certaines situations. Nous avons de l’ambition pour la Russie, même s’il y des nations qui ont de l’avance sur nous. Ils ont de l’expérience. Nos matches de qualification vont nous servir. Je ne suis pas aveugle et je sais que même si l’objectif est atteint, il y a encore du travail. On doit progresser dans tous les domaines. Il faudra être solide offensivement et défensivement. Je ne me focalise sur aucun secteur. Le haut niveau, c’est de l’efficacité partout. »

Propos recueillis en conférence de presse.

RFI

La ligne à grande vitesse marocaine devrait permettre de relier la capitale économique Casablanca, la capitale administrative Rabat et le pôle maritime de Tanger en un peu plus de deux heures, contre presque cinq heures actuellement. La mise en exploitation devrait intervenir à l'été 2018.

Le TGV marocain accélère. Lundi 9 octobre, le train a déjà roulé à 275 km/h sur un tronçon de 110 km entre Kenitra et Tanger (nord), en présence du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, venu voir les progrès de ce projet « emblématique de la relation bilatérale franco-marocaine ». « Avec 270-275 km/heure, c’est déjà le train le plus rapide du continent africain », s’est félicité le Français lors de la signature d’une convention de prêt de l’Agence française de développement (AFD) à l’ONCF.

Le coût total du projet financé à 50% par la France via différents prêts représente 22,9 milliards de dirhams (environ deux milliards d’euros), soit environ 15% de plus que les estimations initiales, en 2007, selon les chiffres rendus publics lundi. « On est à moins de neuf millions d’euros le km, pour un standard européen de 20 millions d’euros le km », a toutefois souligné Rabii Lakhlii, le PDG de l’ONCF (Organisation nationale des chemins de fer), au cours de cette signature.

Prévue en 2015, la mise en exploitation aura lieu début 2018

« Une fois que l’on aura atteint 320 km/h on aura encore une batterie de tests », puis « vers avril, on prononcera la mise en service technique de la ligne ». Commenceront ensuite les essais de rodage « pour pouvoir préparer la mise en exploitation commerciale courant de l’été 2018 », a détaillé Rabii Lakhlii. À l’origine prévue fin 2015, la livraison a pris du retard en raison de longues procédures d’expropriation. Le projet a suscité des contestations, notamment d’un collectif « Stop TGV », qui le juge « non prioritaire » et « non rentable ».

La ligne grande vitesse permettra de relier la capitale économique Casablanca, la capitale administrative Rabat et le pôle maritime de Tanger en un peu plus de deux heures (contre presque cinq heures actuellement).

Les chemins de fer marocains tablent sur six millions de passagers après trois ans d’exploitation. « On travaille sur un modèle économique d’exploitation (…) avec un système intelligent pour prévoir les tarifs qu’il faut en tenant compte de la capacité des Marocains qui prennent le train », a encore ajouté le PDG de l’ONCF, précisant que le coût d’un voyage en TGV serait « en moyenne de 30% de plus que les tarifs pratiqués actuellement ».

Jeune Afrique

mercredi, 11 octobre 2017 09:37

Catalogne : "cinq secondes" d'indépendance

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Mardi soir, la Catalogne a vécu de longues minutes suspendue au discours de Carles Puigdemont. Un discours quelque peu « confus », rapporte le Huffington Post puisqu'il a été difficile de démêler immédiatement quel allait être l'avenir de la Catalogne. Pendant à peine une heure de discours, le président de région a suscité espoir, enthousiasme et finalement déception parmi les partisans de l'indépendance.

« Après le référendum du 1er octobre, la Catalogne a gagné le droit de devenir un État indépendant, d'être écoutée et respectée », a expliqué Carles Puigdemont avant de promettre que « la Catalogne sera[it] un État indépendant sous la forme d'une République ». Mais revirement quelques minutes plus tard puisque le président de l'exécutif catalan conclut : « Le gouvernement catalan et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets d'une déclaration d'indépendance afin de pouvoir entreprendre dans les prochains jours un dialogue.

Mardi soir, la Catalogne a vécu de longues minutes suspendue au discours de Carles Puigdemont. Un discours quelque peu « confus », rapporte le Huffington Post puisqu'il a été difficile de démêler immédiatement quel allait être l'avenir de la Catalogne. Pendant à peine une heure de discours, le président de région a suscité espoir, enthousiasme et finalement déception parmi les partisans de l'indépendance.

« Après le référendum du 1er octobre, la Catalogne a gagné le droit de devenir un État indépendant, d'être écoutée et respectée », a expliqué Carles Puigdemont avant de promettre que « la Catalogne sera[it] un État indépendant sous la forme d'une République ». Mais revirement quelques minutes plus tard puisque le président de l'exécutif catalan conclut : « Le gouvernement catalan et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets d'une déclaration d'indépendance afin de pouvoir entreprendre dans les prochains jours un dialogue. »

Joie et tristesse

Cette manière de souffler le chaud et le froid n'a pas manqué de provoquer des réactions. D'abord chez les indépendantistes massés dans certaines rues de Barcelone pour entendre le discours. Alors que le début provoque des explosions de joie, la suite laisse peu à peu les visages interloqués puis défaits. Mais la situation a aussi fait réagir sur les réseaux sociaux. Nombreux sont les internautes à avoir raillé le discours de Carles Puigdemont sur Twitter.

Le Point.fr

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Après le retrait de l’opposant Raila Odinga du nouveau scrutin prévu le 26 octobre, y aura-t-il une élection quand même ou bien Uhuru Kenyatta peut-il être déclaré président, comme le prétend le camp du parti au pouvoir ? Les spécialistes de la Constitution et du droit se déchiraient sur cette question dès l’annonce fracassante de Raila Odinga mardi 10 octobre.

Un nouveau processus électoral sera-t-il lancé ? D’après les juristes contactés par RFI, c’est ce que prévoit un arrêt de la Cour suprême de 2013. Tout retrait d’un des deux candidats avant le déroulement d’un nouveau scrutin entraîne l’organisation d’une nouvelle élection.

Tout reprendre depuis le début et nommer de nouveaux candidats dans les 90 jours. Cela repousserait l’échéance électorale à janvier 2018. L’opposition en profite pour appeler à profiter de cette période pour poursuivre les manifestations appelant à une réforme de la commission électorale.

Un point d’interrogation, et pas des moindres : le 1er novembre prochain expirent les pouvoirs du président en exercice. Et la loi kényane ne prévoit rien dans le cas où aucun président n’a été élu avant ce terme. Un vide constitutionnel dont se passeraient bien les Kényans après l’incertitude de ces derniers mois. A moins, rêvent certains habitants désabusés, qu’un accord politique entre les deux camps ne vienne éclairer l’horizon.

« La Constitution n'envisage pas le cas de figure actuel, c'est-à-dire l'annulation d'une première élection et la contestation de la seconde avant qu'elle ait lieu, analyse Murithi Mutiga, chercheur sur le Kenya pour International Crisis Group. Il faut donc en référer à des décisions de la Cour suprême en 2013 et 2017, mais à l'heure actuelle, chacun les interprète en fonction de ce qui l'arrange. Certains estiment qu'il faut commencer par nommer les candidats pour un tout nouveau scrutin qui se tiendrait plus tard, possiblement 90 jours après décision de la Cour suprême, c'est l'interprétation du camp Odinga. Mais côté Kenyatta, on considère que si un candidat se désiste, le candidat restant devient président. Ce sont deux interprétations radicalement différentes. Il faut donc s'attendre à ce que l'un ou l'autre camp, sûrement les deux, aillent devant la justice pour qu'elle rende une décision qui fasse autorité et détermine la suite des évènements. »

■ Pourquoi Odinga se retire ?

Certes, Raila Odinga avait envoyé à la commission électorale mi-septembre un document d'une dizaine de pages intitulé « Minima requis indispensables avant la tenue d'une nouvelle élection » dans lequel il listait toutes les réformes nécessaires selon lui à la tenue d'un scrutin transparent, des réformes réclamées aussi quasi-quotidiennement par ses partisans dans la rue.

Mais peu imaginaient que l'opposant historique, remis en selle par la décision inédite de la Cour suprême d'annuler la réélection d'Uhuru Kenyatta, prendrait le risque de se retirer du scrutin.

Car si Raila Odinga estime que son retrait est légalement synonyme d'organisation d'un nouveau processus électoral, Uhuru Kenyatta n'a pas la même lecture des textes et a d'ores et déjà affirmé que l'élection se tiendrait le 26 comme prévu, avec ou sans Odinga.

C’est donc une fois encore la justice qui risque de devoir trancher ce nouveau bras de fer. « La Cour suprême avait pris une décision forte et courageuse, mais les deux candidats ont gâché ce moment historique avec leurs discours et positions radicales et tout est à refaire : cette nouvelle période d'incertitude n'est bonne ni politiquement ni économiquement », souligne un analyste kényan. « Quant à la population, elle est épuisée par ces mois de tensions électorales. Seul point positif : peut-être que son aspiration à un retour à la normale permettra de réduire le risque de violences », ajoute-t-il.

Reportage : la population dans l’incertitude

Pour Peter, un jeune partisan de Raila Odinga, l’annonce de son retrait est une grande perte. « Nous, l’opposition, nous n’avons pas d’autre personne comme lui, assez forte pour nous faire entendre avec la confiance qu’il a et qu’il a toujours eue en lui-même. »

Mais pour Judith, sexagénaire, le vieux Raila Odinga aurait dû décrocher depuis longtemps. « Il aurait dû partir oui, dit-elle. Après tant de tentatives, sans succès, il devrait s’asseoir et se demander : "Est-ce que vraiment Dieu a décidé que je serai le président de cette nation ?" Si c’est non, alors, qu’il s’en aille et qu’il cesse d’ennuyer les Kényans. »

Ce mercredi, l’opposition manifestera dans le centre-ville, où les commerces n’en peuvent plus de devoir fermer leurs grilles par peur du vandalisme. « La situation nous met mal en point. C’est assez pathétique. On perd des emplois. Et c’est en partie à cause de lui », confie Mohamed, qui tient une papeterie.

Les étudiants aussi - deux établissements ont fermé après des manifestations - s’inquiètent. « Il faut qu’on puisse retourner étudier, dit Coretie. Tout le calendrier est bouleversé. Il faut en finir. »

Si les personnalités de Raila Odinga et Uhuru Kenyatta divisent, les Kényans se retrouvent sur une chose, la peur de l’enlisement.

RFI

Dimanche 8 octobre 2017, une quinzaine d'associations de la société civile ainsi que des activistes africains se sont rencontrés à Bamako. Ils ont constitué un front, le Front international de la société civile panafricaine (Fiscpa). Ils suivent notamment la situation du Togo.

Les activistes du continent africain, membres du Fiscpa créé à Bamako dimanche 8 octobre, ont des contacts avec leurs camarades togolais qui font partie de la contestation locale.

Simon Kouka, artiste rappeur et membre du mouvement sénégalais « Y’en a marre », raconte : « La semaine dernière, on a reçu certains collègues togolais au QG "Y’en a marre" à Dakar et c’est le message qu’on est en train de leur dire : il faut qu’ils tiennent bon. Ce n’est pas nous qui allons mener votre combat. Battez-vous, imposez-vous. Et je crois que là, ils tiennent le bon fil. »

D’autres activistes africains sont inquiets du rôle de la médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans la crise togolaise. « La Cédéao a toujours été comme ça ! La Cédéao prend toujours partie ! La Cédéao doit plutôt aller dans le sens de dire à Faure Gnassingbé que le peuple a décidé qu’il parte », juge Elie Kamano, artiste auteur guinéen.

Parrain des membres du Fiscpa, l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly s’adresse directement au président togolais Faure Gnassingbé : « Je lui dirais simplement de quitter le pouvoir pendant qu’il est temps. Ça fait cinquante ans que la famille Eyadema règne sur le Togo. Ce n’est pas normal. » Il ajoute : « Attention aux violations des droits de l’homme. »

Plainte à la CPI contre Nicolas Sarkozy

La première action déclenchée par le Fiscpa est une plainte à la Cour pénale internationale (CPI) contre l'ancien président français Nicolas Sarkozy pour avoir provoqué l'intervention en Libye qui a débouché sur la mort du colonel Kadhafi.

« Les ONG n’ont pas un recours direct à la CPI, pas plus que des particuliers. Elles ne sont pas susceptibles d’enclencher une action judiciaire devant la CPI. Alors, quelles sont les possibilités ? C’est éventuellement de saisir le bureau du procureur, le prévenir qu’il y a une situation grave qui relève de la compétence de la Cour. Et le procureur, lui, peut ouvrir une information, s’autosaisir sur la base d’informations qui ont été portées à sa connaissance, lorsqu’il s’agit d’Etats qui ont ratifié le statut de la CPI », explique l'avocat Maître Patrick Baudoin, ancien président d'honneur et conseiller juridique de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

« Deuxièmement, la CPI n’est pas compétente pour tous les assassinats de la planète. Il faut donc, quand on dépose une plainte, justifier que c’est un crime de guerre, ou un crime contre l’humanité, ou un crime de génocide. Je dois dire que de saisir la CPI en faisant reproche à Monsieur Sarkozy d’avoir été complice de l’assassinat de Monsieur Khadafi ne me paraît pas sérieux, ne me paraît pas relever de la possibilité de saisir les compétences de la Cour », avise-t-il.

Les organisations « Jeunesse s'organise maintenant pour son avenir » de la Guinée, ou encore « le Balai citoyen » du Burkina Faso, étaient aussi présentes à Bamako dimanche.

RFI

mercredi, 11 octobre 2017 09:26

Sénégal: l'hôpital traditionnel de Keur Massar

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Au Sénégal, un projet de loi relatif à l’exercice de la médecine traditionnelle a été ratifié en Conseil des ministres en mai dernier et les députés de la nouvelle Assemblée devront donc examiner le texte dans les prochains mois. Un projet de loi controversé, que dénoncent certaines organisations de médecins. Dans la banlieue de Dakar, l’hôpital traditionnel de Keur Massar propose des formations à la médecine traditionnelle et des soins par les plantes. Il s’agit de l’une des rares structures à proposer une forme d’encadrement de cette profession.

Abdoulaye Wade a été avocat avant d'être politicien. Et à plus de 90 ans, l'ex-président a décidé dans une lettre de défendre son fils Karim, en exil au Qatar, et condamné au Sénégal à six ans de prison et près de 200 millions d’euros d'amende pour enrichissement illicite. Dans cette missive diffusée par son parti, le PDS, il écorche aussi le président Macky Sall en attaquant les avocats qui ont défendu l'Etat dans l'affaire Karim Wade.

Abdoulaye Wade est furieux contre les avocats de l'Etat au procès de son fils Karim Wade. Il les accuse de piller le pays. Selon l’ex-président sénégalais, « ils demanderaient 2% des 60 milliards de francs CFA que l'Etat aurait récupérés » dans la traque des biens mal acquis. Loin, très loin des « 694 milliards [de recouvrement, ndlr] promis », affirme le doyen de la politique sénégalaise qui estime donc que Macky Sall ne doit pas les payer, mais au contraire les poursuivre en justice pour tentative d'escroquerie.

S'il semble soutenir l'actuel locataire du palais de la République dans cette affaire de gros sous, il n'en est rien. Car en trois pages, reprenant sa plume d'avocat, Wade père démonte l'affaire qui a valu une lourde condamnation à son fils Karim.

En affirmant par exemple que les biens saisis n'appartenaient pas à Karim Wade. « Plus grave », écrit Abdoulaye Wade « ces avocats savaient, dès le départ, qu'il n'y avait pas d'argent à récupérer sur Karim Wade, dont aucun d'entre eux ne doutait en réalité de l'innocence ».

Alors que la rue lui a crié sa colère en 2011 pour sa gestion, Abdoulaye Wade se permet d'appeler le peuple à organiser des marches de contestation si ces deniers publics étaient versés.

Une lettre corrosive, un bon moyen de pression alors que Macky Sall souhaite relancer le dialogue politique. Visiblement Abdoulaye Wade a des conditions.

RFI

mercredi, 11 octobre 2017 05:37

Mme Dieck Sall de Touba rejoint "UN AUTRE AVENIR"

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Une grosse pointure de la politique de Touba, vient de rejoindre un Autre Avenir. Femme de développement et de réseau, sollicitée par tous les partis politiques qui veulent s'implanter dans la cité religieuse, Sokhna Dieck Sall a choisi de rejoindre Un Autre Avenir. Avec son adhésion ce parti aura déjà une bonne base politique à Touba si on sait le nombre de femmes qu'elle mobilise dans ses réseaux de développement. Aujourd'hui à Touba, un Autre Avenir a bouclé la boucle en ayant une responsable femme en la personne de Dieck Sall et un responsable homme Serigne Bassirou Bousso. Il se sussure même qu'un grand mouvement citoyen du Baol est sur le point de se joindre à un Autre Avenir pour donner enfin aux citoyens senegalais un espace de promotion de tous les talents et comme unique objectifl a satisfaction de la demande sociale. 

Sokhna Dieck Sall qui se dit déjà trouvé sa place dans un Autre Avenir s'engage à travailler pour la massification du parti dans tout le Baol.

Ichrono.info

 

Cecile Thiakane : Et si la polygamie était un régulateur social au Sénégal ?

Cecile Thiakane nous invite à réfléchir un angle rarement avancé dans l'approche de la polygamie.

Cécile a le  don de nous surprendre en nous réveillant de  notre silence. J'aime sa pensée singulière et j'avoue avoir d'abord ri et j'ai compris qu'après mon activité du jour j'étais fatigué et j'ai relu une seconde fois et j'ai pensé sans savoir pourquoi au polyamour ; lisons cécile.

Il y a quelques années, j'ai eu une conversation « surprenante » avec une de mes meilleures amies. Nous avions vécu quelques années ensemble en France et après avoir travaillé ici un moment après l'obtention de son DESS en Finance, elle avait fait le choix de rentrer au Sénégal pour rejoindre une grande institution bancaire de la place. Il faut dire qu'à l'époque, le secteur bancaire était en grand boum et se structurait au-delà de la Place de l'Indépendance, quartier traditionnel des banques au Sénégal. Pour accompagner cet essor, les profils formés à l'étranger étaient fortement recherchés. Mon amie était contente et surtout fière de rentrer au bercail, de faire un travail gratifiant en apportant sa pierre à l'édifice pour le développement de notre cher pays. Elle avait aussi une rémunération attrayante qui la classait parmi les catégories socio-professionnelles supérieures. Elle faisait partie en quelque sorte de l'élite.

Ce fameux jour, je m'en rappelle comme si c'était hier, elle m'avait appelé au téléphone pour m'annoncer la nouvelle de l'année, ses premiers mots résonnent encore dans ma tête.
Elle allait se marier dans deux semaines.

« C'est génial ! » lui dis-je. Je savais l'importance que cela avait pour elle. Gagner le titre de Madame, par le mariage. « Mais tu sais je vais être la deuxième épouse », me dit-elle. Cela me refroidit instantanément. « Tu vas te marier avec un polygame. Es-tu devenue folle ? Mais tu es trop moderne pour ça ! Ça ne te ressemble pas du tout. Es-tu sûre d'avoir bien réfléchi ? »
« Oui, je suis sûre », me répondit-elle. « C'est un homme gentil, respectueux et je sais qu'il sera un bon mari. »
« Et l'amour dans tout ça ? Est-ce que tu l'aimes ? Es-tu prête à partager ton mari avec une autre famille, une autre femme, d'autres enfants ? Tu penses qu'il vous traitera pareil ? Que se passera-t-il le jour où tu auras une urgence et qu'il sera avec l'autre famille car ça sera le tour de l'autre femme ? Aura-t-il le droit de venir jouer son rôle de chef de famille chez vous ?

Calmement, elle me répondit « je n'ai pas la réponse à tes nombreuses questions, mais je sais que pour moi le mariage est primordial pour avoir ma place dans la société. Toi, tu es à Paris et moi à Dakar et les réalités sont différentes, je le réalise tous jours depuis mon retour, cela fait trois ans déjà. Dans notre société, ici à Dakar, quand tu n'es pas mariée, il te manque quelque chose. Quel que soit le fric que tu gagnes, quel que soit ton poste au travail, il te manque quelque chose.

À moi, il me manque une position sociale. L'ascenseur le plus rapide pour atteindre cette position sociale est le mariage ».


Je ne veux pas t'entendre me dire « mais ma chérie tu as tout, tu as fait de belles études, tu as de beaux diplômes, une très belle position à ton travail, une maison, une belle voiture, tu voyages beaucoup, tu peux t'offrir plein de choses, tu as amené tes parents à la Mecque. C'est vrai en quelque sorte, mais le seul truc que ma belle réussite professionnelle ne peut pas m'offrir, c'est cette position sociale dont je te parle ».


Elle enchaîna : « Oui, c'est paradoxal, dans d'autres sociétés la réussite sert à définir ton statut social. Ici au Sénégal, je pense que seul un mari peut m'y faire accéder. J'ai attendu longtemps les mecs célibataires, mais ils sont tous mariés et les seuls qui ne le sont pas ne m'ont pas courtisée, certainement que je ne rentrais pas dans leurs standards. J'ai trop bien réussi ma vie et ça doit leur faire peur. Et ce qui m'énerve le plus, c'est cette désirabilité sociale que nous montrent les filles mariées en nous excluant d'office de certaines discussions.

« Tu n'es pas mariée, tu ne pourrais pas comprendre ». Et là, tu ressens tout le mépris qu'elles ont pour nous, les célibataires. « Eh bien moi, je n'en peux plus de tout ça. »

Elle ne me laissa pas en placer une. Elle enchaîna direct : « Donc être deuxième femme ne me gêne absolument pas. Et en plus, il faut que je pense à avoir des enfants, sinon cela sera trop tard, j'ai presque 33 ans. »


Je n'étais toujours pas à court d'arguments. « Ok, je comprends. Mais, tu n'as pas peur d'être une femme à mi-temps ? Quid de la jalousie ? Es-tu sûre que tu pourras supporter de partager ton homme ? Et ta coépouse, pourrez-vous vous entendre pour le bien-être de votre mari ? Et vos enfants, comment vont-ils évoluer dans tout ça ? »

Plein d'autres questions se sont bousculées dans ma tête et tout cela m'a replongée dans mon enfance. Je me suis souvenue que, petite fille, quand j'habitais à Thiadiaye, un village à la croisée des chemins entre les régions de Thiès et Fatick, au Sénégal, j'étais entourée d'amis vivant dans des familles polygames. A l'époque, je ne comprenais pas le concept. Je voyais juste que dans la famille de mes amis, leur maman et leur tante (coépouse de leur maman) avaient le même mari. C'était différent de la situation de ma famille. J'avais une maman et un papa, mes frères et sœurs et c'était tout.

Adolescente, j'ai commencé à me questionner sur ce concept de voir un papa ayant plusieurs femmes. Comment était-ce possible ?


A l'âge de 15 ans, quand j'ai commencé à lire Harlequin et d'autres romans à l'eau de rose et à vivre mes premières amourettes, je me suis profondément questionnée sur la polygamie. Comment était-ce possible pour un homme d'aimer et d'épouser plusieurs femmes ?

Comment des femmes pouvaient-elles accepter de partager leur mari ?

Etaient-elles moins amoureuses que les autres femmes en couple monogame ?

On m'avait expliqué que la polygamie existait dans notre société traditionnelle. Dans certaines ethnies du Sénégal, les hommes avaient le droit d'épouser plusieurs femmes et je ne pense pas qu'il y ait de limitation dans le nombre....


La religion musulmane autorise aussi les hommes à pouvoir épouser plusieurs femmes, le nombre étant limité à quatre femmes. Ils ont l'obligation cependant de les traiter équitablement. Chose plutôt compliquée à réaliser, il me semble.
Dans mes lectures, j'avais appris que la polygamie, bien qu'étant autorisée par l'Islam, est interdite quand même légalement dans certains pays islamiques. Mais au Sénégal, ce n'est pas le cas, la polygamie est bien autorisée et pendant la célébration des mariages civils, les hommes avaient le droit de cocher la case polygamie.

La polygamie est admise encore dans quelques pays d'Afrique. Elle est maintenue grâce aux coutumes traditionnelles, à la religion islamique ou par la législation, comme au Sénégal. Je pense que le Sénégal fait une bonne exception car la polygamie est ancrée profondément dans la vie des habitants et ce n'est pas prêt de changer.

Chez certains chefs coutumiers, notamment dans certaines ethnies du Sénégal ou au Cameroun, on retrouve la polygamie dans un souci d'affirmation de leur pouvoir, de leur puissance et de leur autorité.
Une des conséquences désastreuses de la polygamie est évidemment qu'il n'y a aucune régulation pour les hommes qui veulent épouser plusieurs femmes. Peut-être juste leur bonne conscience. Bon nombre se retrouvent pères de nombreux enfants, dont il faut s'occuper, et ils sont loin d'en avoir les moyens et les mamans non plus. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais vous imaginez que ce n'est pas toujours rose, ça engendre des drames et des échecs dans la vie de ces enfants. Assez souvent, dans ces ménages modestes et polygames, les femmes sont obligées de s'occuper de leurs enfants et d'assurer les dépenses de subsistance quand c'est leur tour. Je ne peux pas non plus passer sous silence les mariages précoces et parfois forcés de jeunes filles âgées de moins de 18 ans avec des hommes polygames.

Cette conversation avec ma copine a eu lieu il y a au moins 10 ans. Elle est toujours mariée à cet homme, toujours deuxième femme. Leur mari n'a pas épousé une troisième femme. Sa coépouse n'est pas devenue sa meilleure amie, bien au contraire. Mais elle me dit souvent qu'elles ont appris à se respecter. Elle a deux enfants avec son mari, qui s'entendent plutôt bien avec leurs demi-frères et sœurs. Les deux familles vivent dans deux maisons séparées, c'est monsieur qui est nomade. Il arrive souvent que les deux femmes soient dans la surenchère, pour plaire à la belle-famille. C'est à qui les couvrira de plus de cadeaux.

A ce jeu, ma copine ne joue pas à arme égale, car financièrement elle est plus nantie que sa coépouse. Mais je sais qu'elle ne fait rien pour la narguer, elle fait juste preuve de générosité.
N'imaginez pas voir les deux femmes marchant au bras de leur mari en même temps, ce n'est pas dans les codes locaux. C'est à chacune son tour – 3 jours où l'homme est ton mari à temps complet et après il va 3 jours aussi chez l'autre. Je pense que le cas de figure le plus simple, c'est quand les deux coépouses ne vivent pas dans le même foyer. On m'a raconté beaucoup de drames familiaux dus à la jalousie entre les coépouses. Assez souvent, les hommes polygames n'ont pas les moyens d'assurer un foyer séparé à chacune de leurs épouses, surtout quand leur nombre excède deux épouses.

Aujourd'hui, avec du recul, je commence à penser que la polygamie joue peut-être un rôle de régulateur social. Je ne parle pas de régulateur démographique. Je ne la justifie pas, je n'en fais pas la promotion, mais ça maintient un certain équilibre quand même dans la société.


Imaginez dans une société où le statut de femme mariée te fait gravir des échelons sur l'échelle sociale : comment faire le choix du célibat si aucune alternative au mariage polygame ne s'offre à toi ?


Cependant, la modernisation de la cellule familiale, le taux d'instruction des femmes qui s'améliore d'année en année, leur accès de plus en plus à des emplois décents, mais aussi le changement des mentalités et l'acceptation du célibat des femmes pourraient être un facteur de mutation et faire baisser drastiquement le taux de mariages polygames.

Et vous, que pensez-vous de la polygamie ?

Fatoumata Ndiaye
(texte de Cecile Thiakane
Activiste en développement social
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in sadunya.org

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