L'équipe de France est en finale de la Coupe du monde pour la troisième fois de son histoire après avoir battu la Belgique (1-0) ce mardi 10 juillet à Saint-Pétersbourg, sur un but de Samuel Umtiti. Les hommes de Didier Deschamps viseront une deuxième étoile dimanche, contre l'Angleterre ou la Croatie. Réactions.

On imaginait une rencontre serrée. Ce fut le cas une bonne partie de ce duel Franco-Belge qui restera dans les mémoires. « C’était un football chirurgical de la part des Bleus », avouera un collègue belge de la RTBF.

« On a bien défendu ensemble »

La Belgique avait Eden Hazard et le joueur de Chelsea a réussi toutes ses passes et tous ses dribbles en première période. Et son tir croisé à la 15e minute aurait pu faire mouche. Il aura été en tout cas sur tous les fronts. Cela n'a pas suffi.

Samuel Umtiti a finalement lancé les Bleus en ouvrant le score à la 50e minute. Le défenseur central a marqué de la tête en sautant plus haut que Marouane Fellaini sur un corner d’Antoine Griezmman.

« C’est vrai que c’est moi qui marque le but mais pendant tout ce match, on a bien défendu ensemble, et on est récompensé par cette place en finale », raconte Umtiti. « Cela a été très dur aujourd’hui face à une très belle équipe de Belgique. Chapeau à mes joueur et l’ensemble de mon staff », dit de son côté le sélectionneur français Didier Deschamps sur TF1.

« Je suis fatigué. On a tous travaillé défensivement. On joue dans les grands clubs et cela aide. J’ai tenté d’accélérer quand il le fallait. C’est un match parfait », analyse Antoine Griezmann.

« C’est inimaginable. C’est le rêve d’une vie, d’une future vie, de tout »

Les tricolores ont saisi à pleine main cette demi-finale qui leur tendait les bras. Dimanche, ils joueront la finale de la Coupe du monde pour la troisième fois après 1998 et 2006. Vingt-ans après avoir soulevé le trophée comme joueur, Didier Deschamps pourrait à nouveau tenir dans sa main le Graal, cette fois comme sélectionneur.

« C’est inimaginable. C’est le rêve d’une vie, d’une future vie, de tout. Je n’ai pas les mots. Même dans les plus grands rêves je n’avais pas imaginé ça, et pourtant je suis rêveur », déclare Kilian Mbappé resté muet ce soir. « C’est un rêve de gosse, commente Olivier Giroud. Maintenant il reste un match, 90 minutes, peut-être plus, il faut aller la chercher ».

Les Diables Rouges n’avaient plus perdu depuis 24 matches. On redoutait leur secteur offensif, mais la défense française a largement été à la hauteur de l’évènement.

Reuters

L’équipe de France s’est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde de football en battant la Belgique, ce mardi 10 juillet. Les Bleus se sont montrés supérieurs à un adversaire pourtant redouté et redoutable. Les hommes de Didier Deschamps ne sont plus qu’à une marche du bonheur.

La France disputera la troisième finale de Coupe du monde de son histoire, dimanche à Moscou, après avoir éliminé la Belgique (1-0), grâce à un but de Samuel Umtiti, mardi à Saint-Pétersbourg.

Le début de match est marqué par une forte pression de la part des Diables rouges. Le gardien de but Hugo Lloris doit s’employer sur la première frappe d'Eden Hazard, passée de peu à côté (16e). Puis après avoir boxé avec autorité un ballon juste devant Marouane Fellaini (19e), seul dans la surface, il réalise l'un des arrêts du match. Sur un corner mal repoussé, Alderweireld frappe parfaitement en pivot mais le gardien de Tottenham est sur la trajectoire (22e).

Hugo Lloris a été le grand artisan de la victoire française face à la Belgique.Reuters

Une fois l’orage passé, la France sort peu à peu la tête de l’eau. Par Pogba d’abord, très bon dans la dernière passe pour mettre en orbite Mbappé (10e, 13e). Par Giroud ensuite, bien placé mais maladroit quand il met une belle tête sur un centre de Pavard (32e), passée près du but de Courtois, ou rate l'occasion rêvée offerte par Mbappé, en tombant juste avant de frapper le ballon. Par Griezmann également, qui joue entre les lignes dans la position d'un meneur de jeu mais se montre trop imprécis dans le dernier geste, à l'image de cette bonne occasion du droit qui s'envole (33e). Par Pavard enfin, qui manque son duel face au gardien de but belge (39e)

Umtiti, l’homme qui venait de l'arrière

Dominateurs, les Français trouvent logiquement la délivrance par Samuel Umtiti qui reprend victorieusement de la tête un corner d'Antoine Griezmann (51e).

Il ne restait plus qu’à tenir le choc face à une équipe qui n’a jamais renoncé et s’est montrée dangereuse jusqu’à la fin.

Lloris a alors sorti le grand jeu sur un centre dangereux de Kevin De Bruyne (65e) ou une frappe lointaine d'Axel Witsel (81e). La France lui doit une fière chandelle.

Les Bleus affronteront le vainqueur de la rencontre Angleterre-Croatie, qui sera disputée mercredi à Moscou. Cette finale sera particulière pour Didier Deschamps, sélectionneur français, qui a gagné il y a vingt ans le Mondial 1998 en tant que capitaine des Bleus, seule étoile sur le maillot français… peut-être plus pour très longtemps.

Rfi

Au Sénégal, le procès en appel de Khalifa Sall a repris, ce lundi 9 juillet, à Dakar. Le maire de Dakar a été condamné en première instance à cinq ans de prison pour escroquerie sur des deniers publics. La semaine passée, la Cour de justice de la Cédéao a condamné l'Etat du Sénégal, en estimant que Khalifa Sall n'avait pas eu en première instance un procès équitable. Ses avocats ont donc cherché à obtenir un renvoi pour préparer leur défense. Ce renvoi a été rejeté par le juge.

« Les droits de la défense sont sacrés. Il faut donc attendre l'arrêt complet de la Cédéao pour débuter ce procès ». La défense – une bonne douzaine d'avocats plaident pour Khalifa Sall – martèle pendant plus de deux heures ses arguments.

Les débats sont longs et rugueux, mais le juge Demba Kandji ne veut rien entendre. « Rien ne me prouve qu'il y a un arrêt Cédéao. Cette décision n'est pas dans mon dossier. Je ne suis coupable de rien », insiste le juge dont la posture est saluée par les avocats de l'Etat qui veulent que ce procès ultrasensible s'engage enfin.

Au nom de Khalifa Sall, Maitre François Sarr vient alors déposer au juge un extrait certifié conforme de l'arrêt de la Cour de la Cédéao. L'avocat demande ensuite un renvoi et déclare : « Comment peut-on retenir cette affaire sans avoir la décision complète ? Mais dans quel pays sommes-nous ? Dans quel droit sommes-nous ? ».

Impassible, le juge Kandji décide de rejeter la demande de renvoi de la défense et donc d'ouvrir, dans une ambiance extrêmement tendue, le procès en appel de Khalifa Sall.

Je ne veux surtout pas faire de procès au magistrat mais je me pose des questions. On est au cœur d’un procès qui est un procès politique, disons le clairement.

Par RFI

Donald Trump a annoncé, lundi 9 juillet, la nomination du magistrat Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis. Le président des Etats-Unis ancre ainsi dans le conservatisme l'institution qui tranche les grands débats de la société américaine.
 

« J'ai l'honneur et le privilège d'annoncer que je nomme à la Cour suprême des Etats-Unis Brett Kavanaugh », un juge « aux références impeccables », a déclaré Donald Trump au terme d'un suspense savamment orchestré par la Maison Blanche.

Juge à la cour d'appel de Washington depuis une décennie, Brett Kavanaugh a aussi été conseiller juridique de l'ancien président républicain George W. Bush. Il s'est dit « profondément honoré » d'avoir été choisi pour devenir le neuvième juge de la haute cour.

« Un juge doit être indépendant et doit interpréter la loi, et non pas faire la loi. Et un juge doit interpréter la Constitution telle qu’elle est écrite. », a-t-il assuré lors d'une courte allocution, en présence de M. Trump et devant ses parents, à qui il a rendu hommage.

Kavanaugh succède à Anthony Kennedy

Le juge Kavanaugh a commencé sa carrière dans la magistrature comme assistant d'Anthony Kennedy qui, fin juin, a créé la surprise en annonçant qu'il prenait sa retraite de la Cour suprême. Brett Kavanaugh en a d'ailleurs profité pour rendre hommage à son prédécesseur.

« Il y a trente ans, le président Reagan a nommé Anthony Kennedy à la Cour suprême. Le juge Kennedy a consacré sa carrière à défendre la liberté. Je suis profondément honoré d’être nominé pour occuper son siège. »

Près de trois décennies séparent les deux hommes et, s'il est confirmé par un vote du Sénat, Brett Kavanaugh deviendra à 53 ans l'un des plus jeunes sages de l'institution qui veille à la constitutionnalité des lois aux Etats-Unis.

Diplômé de la prestigieuse université Yale, il a notamment rassuré les républicains en se déclarant opposé à la loi Obamacare sur la couverture maladie universelle.

Récemment, il s’est aussi prononcé contre l’avortement d’une migrante et pour l’assouplissement des règles antipollution de l’industrie automobile, rappelle notre correspondant aux Etats-Unis, Eric de Salve. Donald Trump le qualifie de « juriste brillant, aux écrits clairs et ciselés. Un des esprits ludiques les plus fins et les plus aiguisés de notre époque », un avis que ne partage pas du tout les élus démocrates très remontés contre cette nomination.

Brett Kavanaugh s'est fait connaître dans les années 1990 lors de deux scandales de l'ère Bill Clinton.

Une Cour ancrée à droite

L’arrivée du nouveau magistrat ne change pas l’équilibre arithmétique à la Cour suprême, il y a toujours cinq juges républicains sur neuf. Mais cette nomination à vie fait encore glisser la Cour à droite car Brett Kavanaugh remplace un juge conservateur modéré qui votait parfois dans le même sens que les libéraux. Or les démocrates craignent que son remplacement soit beaucoup plus intransigeant.

« Il y a sans doute des changements de jurisprudence à prévoir mais il faut noter qu’ils ont déjà commencé depuis une dizaine d’années, tient à préciser le chercheur Corentin Sellin. Cette Cour suprême, même si elle a pu faire preuve de libéralisme sur les questions sociétales, sur beaucoup d’autres questions - le financement des campagnes électorales, le droit à porter des armes à feu - a déjà glissé vers une interprétation plus conservatrice et plus textuelle de la Constitution. »

Pour l'opposition, la principale inquiétude concerne un possible retour en arrière en matière de droit à l’avortement.

La confirmation de Brett Kavanaugh par le Sénat s’annonce donc houleuse. Chuck Schumer, le leader des sénateurs démocrates, appelle à faire un barrage contre sa nomination. La sénatrice de la Californie dit aussi craindre le pire : Kamala Harris le qualifie d’« idéologue conservateur et de menaces directes pour les droits de millions d’américains ».

REUTERS/Jim Bourg

Au-delà des relations historico-culturelles entre pays voisins, la demi-finale entre la France et la Belgique sera avant tout une confrontation entre deux équipes qui n’ont cessé de progresser depuis le début du tournoi. Pour les Bleus, l’adversaire sera encore plus redoutable que l’Argentine ou l’Uruguay. Il faudra une nouvelle fois s’adapter face à des Diables redoutables offensivement pour disputer une troisième finale de Coupe du monde.

Il faut le (re)dire : à l’entame de cette Coupe du monde, peu d’observateurs pouvaient avoir un jugement clair sur ce que l’équipe de France était capable de faire dans ce tournoi. Les derniers matches amicaux, avec notamment une défaite face à la Colombie (3-2) et un match nul (1-1) devant les Etats-Unis, avaient même plus soulevé de questions sur le vrai potentiel des Bleus, qu’ils n’avaient apporté de réponses.

En mode caméléon…

Encore aujourd’hui, à quelques heures de la rencontre face à la Belgique pour la première demi-finale de la Coupe du monde 2018 (18H TU), il est difficile de se faire une idée définitive sur cette équipe de France. Une certitude : elle a monté en puissance dans ce Mondial et a su s’adapter idéalement à ses adversaires pour passer les tours.

Deux victoires sur des scores minimums, sur l’Australie (2-1) et le Pérou (1-0), l’ont qualifiée en huitièmes de finale. Face à des Argentins jugés faibles défensivement en huitièmes, les Bleus ont exploité la vitesse de leur attaquant Kylian Mbappé pour s’offrir un festival offensif (4-3). En quarts, devant des Uruguayens réputés hyper solides en défense (un but encaissé en quatre matches), les hommes de Deschamps ont su ouvrir le coffre-fort et fermer la boutique (2-0). Et aujourd’hui en demi-finale face à la meilleure attaque du tournoi, vont-ils repousser ou atteindre leurs limites ?

Didier Deschamps, capitaine de l’équipe de France championne du monde en 1998, a sûrement une bonne idée sur la façon de faire déjouer cette équipe belge qui s’est également révélée à elle-même pendant cette Coupe du monde. Décrite comme une formation joueuse, allant toujours vers l’avant, la Belgique a surpris en quart de finale en privilégiant la contre-attaque face au Brésil (2-1) qui n’avait encaissé qu’un seul but et concédé seulement cinq tirs cadrés en quatre rencontres. C’était sûrement le prix à payer pour écarter l’équipe qui était annoncée comme le grand favori de la compétition.

La démonstration belge de juin 2015

Pour ce 74e France-Belgique, il est difficile de sortir un favori, même si la Belgique reste sur une belle victoire, très convaincante, lors de la dernière confrontation avec les Bleus (4-3). Le 7 juin 2015, la France avait subi la domination belge dans des proportions plus grande que ne le laisse supposer le score final car les Diables rouges menaient 4-1 à la 54e minute. Fellaini, auteur d’un doublé ce soir-là, sera présent sur la pelouse ce mardi, tout comme Hazard, le capitaine formé à Lille et certainement le meilleur joueur belge du Mondial.

Pour sortir indemne de cette « espèce de derby », dixit Olivier Giroud, la France aura certainement besoin du Kylian Mbappé de l’Argentine, mais également des meilleurs Paul Pogba et Antoine Griezmann. Annoncés comme leaders dans cette équipe de France, les deux stars n’ont pas encore joué à leur véritable niveau depuis le début de la Coupe du monde. De leur prestation dépendra peut-être l’issue de ce France-Belgique.

REUTERS/Dylan Martinez

Si les cinq pays africains qui participaient au Mondial 2018 n’ont pas passé le premier tour, il reste encore un homme pour représenter le continent en Russie. Il s’agit du Sénégalais Malang Diédhiou, qui fait partie des 12 arbitres à pouvoir encore officier d’ici la fin du Mondial 2018.

Lors du huitième de finale entre la Belgique et le Japon, Malang Diédhiou s’est fait très discret. Chose étonnante pour un homme qui mesure 1,91 mètre. Mais ne pas voir un arbitre, c’est plutôt bon signe. D’ailleurs, sa performance a été unanimement saluée.

Une « consécration » pour Malang Diédhiou

En Russie, Malang Diédhiou est devenu après Youssou N’Diaye (1974 et 1978) et Falla N’Doye (2002), le troisième arbitre sénégalais à être sélectionné pour une Coupe du monde. Né en Casamance, il officie comme arbitre international depuis une dizaine d’années. Pour lui, ce premier Mondial est une « consécration ». Il n’oublie pas de saluer son continent et son pays. Durant les trois matches qu’il a arbitrés lors de la compétition au premier tour, il était accompagné de ses deux assistants Djibril Camara et Malick Samba.

Malang Diédhiou connaissait déjà la Russie puisqu’il avait aussi été désigné pour la Coupe des confédérations en 2017.

Déjà beaucoup d'expérience

Né le 30 avril 1973 à Badiama, Malang Diédhiou avait été sélectionné pour les CAN 2015 et 2017, les CHAN 2014 et 2018, les CAN U 17 et U 23 en 2015. Il a aussi dirigé des rencontres de Ligue des champions africaine. Malang Diédhiou avait fait le voyage également pour le tournoi des Jeux olympiques de Rio en 2016 et à la Coupe du monde des clubs de la Fifa en 2017.

En dehors de l’arbitrage, Malang Diédhiou est inspecteur des douanes, avec un grade équivalent à celui de colonel. Pour pouvoir être sur les terrains, le gouvernement sénégalais lui permet d’aménager son emploi du temps.

Le 12 juillet 1998, à l’âge de 41 ans, le Marocain Saïd Belqola, décédé depuis, avait été le premier arbitre africain à diriger une finale de Coupe du monde entre la France et le Brésil. Malang Diédhiou en rêve évidemment.

Odd ANDERSEN / AFP

lundi, 09 juillet 2018 07:43

Mondial 2018: la Russie sort la tête haute

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On connaît désormais l'affiche de la deuxième demi-finale de la Coupe du monde de football. Elle opposera l'Angleterre, qui a battu la Suède, à la Croatie, qui a éliminé le pays hôte la Russie, au bout d'un match à suspense (4 à 3 après les tirs au but). A Nijni Novgorod, la déception est grande, mais la fierté également.

Avec notre envoyé spécial à Nijni Novgorod,Daniel Vallot

La déception des Russes est à la hauteur de l’espoir suscité par cette équipe de Russie que personne n’avait attendu à ce niveau de la compétition. Les supporters de la Sbordnaïa se sont pris au jeu, ils y ont cru jusqu’au bout, jusqu’à cette séance de tirs au but qui cette fois leur a été fatale contrairement à celle qui leur avait permis d’éliminer l’Espagne en huitième de finale.

Les Russes sont déçus mais ils ne sont amers. Ils savent que leur équipe a fait un très beau parcours lors de cette Coupe du monde, un parcours bien plus beau que ce qu’ils pouvaient espérer au départ.

La Russie était en effet l’équipe la plus mal classée de cette Coupe du monde 2018, 70ème du classement FIFA. A l’issue de cette compétition, son statut sera forcément revu à la hausse.

Des supporters russes en larmes après la défaite de leur équipe aux tirs au but face à la Croatie.REUTERS/Tatyana Makeyeva

En outre, le football russe a réalisé son meilleur résultat en Coupe du monde depuis la fin de l’URSS.

Le président Vladimir Poutine s'est d'ailleurs dit « fier » de l'équipe, a déclaré un porte-parole du Kremlin ce samedi soir. « Poutine a regardé, il soutenait les joueurs de l'équipe. Nous avons perdu lors d'un grand match fair play. Ce sont toujours des gars formidables à nos yeux, ce sont des héros. Ils succombaient sur le terrain, nous sommes fiers d'eux », a précisé Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse Interfax.

Il y a donc de la déception mais pas d’amertume, d’autant que la Coupe du monde continue et les Russes vont continuer à remplir les stades, les bars et les fans zone pour les demi-finales et pour la finale.

REUTERS/Evgeny Reutov

Cela fait 20 ans que les échanges diplomatiques entre les deux voisins étaient rompus. Ils sont désormais rétablis, a annoncé ce dimanche 8 juillet le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à Asmara, après avoir été reçu en grande pompe par le président érythréen Issayas Afewerki.

Après un tête-à-tête avec le président de l'Erythrée, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé la réouverture des ambassades dans leurs capitales respectives, mais aussi la réouverture des frontières.

« Nous nous sommes mis d'accord pour que les liaisons aériennes ouvrent prochainement, pour que les ports soient accessibles, pour que les gens puissent circuler entre les deux pays et que nos ambassades ouvrent », a-t-il déclaré ce dimanche.

Un peu plus tôt sur Twitter, c'est son chef de cabinet qui annonçait que la liaison téléphonique directe était désormais restaurée entre l'Erythrée et l'Ethiopie. Une première en 20 ans.

Toute la journée, les images d'une foule en liesse dans les rues d'Asmara et celle de l'accueil chaleureux du président érythréen Issayas Afewerki au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à sa descente d'avion ont été diffusées par la télévision officielle érythréenne.

Les échanges de sourires et l'accolade entre les deux dirigeants, hautement symboliques, étaient inimaginables il y a quelques semaines encore, tant les tensions étaient vives entre ces deux frères ennemis.

Des étapes vers la paix

Il y a à peine un mois, le nouveau Premier ministre éthiopien crée la stupeur en annonçant son intention d'appliquer l'accord de paix signé en 2000 avec l'Érythrée et qui prévoit la restitution de territoires contestés à ce pays. Nouvelle surprise, le président érythréen Issayas Afewerki, qui a pourtant créé sa légitimité sur le conflit avec le voisin éthiopien, s'empresse d'accepter la main tendue.

Puis les évènements s’enchaînent. Une délégation de haut niveau se rend à Addis-Abeba il y a à peine deux semaines, pour la première fois depuis 20 ans. On annonce à l'occasion une prochaine visite du Premier ministre éthiopien à Asmara. Il n'a pas fallu attendre longtemps pour le voir tenir sa promesse. Abiy Ahmed a atterri dimanche matin à l'aéroport d'Asmara où il a été accueilli en grande pompe.

Des contentieux à régler

Des spécialistes de la région saluent un pas important franchi sur le chemin de la paix, mais un pas encore « symbolique ». « Ce ne sont pour l'instant que des outils politiques », explique le journaliste Léonard Vincent, spécialiste de la région. Les deux pays doivent maintenant s'attaquer à la cause profonde de leur conflit. « La grande étape qu'il va falloir franchir maintenent, ça va être la gestion des territoires disputés, qui est au coeur de la guerre entre les deux pays. »

Le Premier ministre éthiopien doit restituer des territoires contestés à l'Érythrée, en particulier la ville de Badme, au grand dam d'une partie de la population qui parle de « trahison ». Il y a aussi la question de la démilitarisation de la zone frontalière, la reprise des relations économiques ou encore l'accès de l'Éthiopie aux ports érythréens.

« Il y a un certain nombre de problèmes techniques très lourds qu'il va falloir gérer. Et là on pourra commencer à parler d'un vrai rapprochement et d'un début de résolution définitif du conflit entre les deux pays », souligne Léonard Vincent, journaliste au Média et spécialiste de la Corne de l'Afrique.

La situation politique et économique de l’Erythrée est désastreuse. Le régime est sous le coup d’un embargo militaire, une surveillance internationale extrêmement stricte étant donné son pouvoir de nuisance dans la région, à soutenir des mouvements rebelles ici et là, et l’oppression de sa jeunesse qui s’enfuit par milliers tous les mois à travers les frontières. Toutes ces pressions ont fini par convaincre Issayas Afewerki, sans doute.
Léonard Vincent

Par RFI

Aux Etats-Unis, Donald Trump va dévoiler - en grande pompe - ce lundi 9 juillet, le nom du juge qu’il a choisi pour siéger à la Cour suprême. Une annonce très attendue.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

Alors qu’un certain équilibre prévalait jusqu’à présent, le président américain a l’opportunité de donner une majorité conservatrice durable à cette puissante institution.

C’est en effet à la Cour suprême que revient régulièrement la responsabilité de trancher définitivement sur les grands débats de société, et le profil des candidats favoris pourrait remettre en cause certains acquis de ces dernières décennies, par exemple le droit à l’avortement ou le mariage homosexuel.

Mais le juge nommé par Donald Trump devra ensuite être confirmé par le Sénat. Or la marge de manœuvre du locataire de la Maison Blanche y est réduite car la majorité des républicains n’est que d’un siège, et les élections de novembre pourraient renverser le rapport de force.

L’enjeu est de taille : un juge à la Cour suprême est l’un des héritages les plus conséquents laissé par un président.Alors que Trump ne cache pas qu’il va nommer, pour la deuxième fois, un ultraconservateur, le sénateur républicain Lindsey Graham dit regretter la polarisation de l’échiquier politique.

« Je n’ai jamais vu un tel dysfonctionnement. Aucun candidat choisi par Trump ne pourra obtenir beaucoup de voix démocrates s’il a le moindre penchant conservateur. Mais certains sénateurs démocrates seront peut-être obligés de le soutenir pour des raisons de politique locale. »

Le parti démocrate redoute en effet que certains soutiennent le choix de Trump, simplement pour ne pas s’aliéner leurs électeurs dans des Etats où le président est populaire.

Une stratégie individualiste lourde de conséquence, dénonce le sénateur Dick Durbin, qui agite donc le chiffon rouge : « Tous ces prétendants ont été présélectionnés par un groupe appelé la Société fédéraliste. C’est un lobby qui scrute chaque candidat pour s’assurer qu’il répond à tous les critères concernant la mise en œuvre de l’agenda politique le plus conservateur qu’il soit en Amérique. »

Quatre favoris

Le juge démissionnaire jouait régulièrement un rôle de pivot, le profil des quatre favoris à sa succession, très religieux voire traditionalistes, parfois adeptes d’une interprétation littérale de la Constitution, fera en effet clairement pencher la balance à droite. Et pour plusieurs décennies puisque le plus âgé d’entre eux a aujourd’hui 53 ans.

Trois magistrats tiennent ainsi la corde: Brett Kavanaugh, un ancien conseiller de George Bush fils ; Amy Coney Barrett, une juge réputée pour ses valeurs religieuses traditionalistes et Raymond Kethledge, défenseur d'une interprétation littérale de la Constitution. Mais le président pourrait créer la surprise en choisissant Thomas Hardiman, un farouche défenseur du port d'armes, considéré jusqu'à présent comme un outsider.

Cette nouvelle nomination découle du départ à la retraite inattendu du juge Anthony Kennedy. Ce sera la seconde depuis l'entrée en fonction du président qui avait déjà choisi un jeune conservateur, Neil Gorsuch, en 2017.

REUTERS/Leah Millis

Au Sénégal, le procès en appel de Khalifa Sall reprend ce lundi 9 juillet, après un mois de suspension pour permettre à la défense de se préparer. En première instance, le maire de Dakar a été condamné à 5 ans de prison pour escroquerie sur des deniers de l'État. Khalifa Sall a toujours évoqué des fonds politiques. Ce procès en appel va donc reprendre avec une nouvelle donne. La semaine passée, la Cour de justice de la Cédéao a estimé que le premier procès n'avait pas été équitable.

Si l'État a tenu bon, cette décision de la Cédéao est un coup de bambou. Et du pain béni pour Khalifa Sall, qui n'a fait que prendre des coups depuis sa mise en détention en mars 2017. Pour l'un de ses avocats, maitre Ciré Demba Bathily, le juge de la cour d'appel n'a pas le choix : il doit mettre fin aux poursuites.

« Si on reste dans le droit, les questions sont déjà réglées. La Cour de justice de la Cédéao a dit que la présomption d’innocence a été violée, le droit à un procès équitable a été violé, que la détention est arbitraire… Cela veut dire que rien de ce qui a été fait n’est bon. Il appartient au juge de la Cour d’appel d’en tirer les conséquences. Donc c’est eux qu’on met devant leurs responsabilités. Maintenant, on rappelle que si on ne tire pas les conséquences de cela, nous entrons dans la détention arbitraire. C’est un point d’histoire que nous sommes en train d’écrire. »

S’il reconnait la Cour de justice de la Cédéao, s'il compte visiblement payer les 35 millions de francs CFA de dommages et intérêts à Khalifa Sall, l'Etat du Sénégal estime pourtant que cette décision sous régionale n'a aucun impact.

« Le temps judiciaire est différent du temps politique, insiste maitre Félix Sow. Ils ont un agenda, ils l’ont même dit : ils veulent gagner du temps pour que monsieur Sall puisse se présenter comme candidat. Donc nous, nous estimons que le dossier, en l’état, il faut le plaider. La décision de la Cédéao n’a aucun impact pour nous. Il y a une jurisprudence constante de la cour de justice de la Cédéao qui dit : "je n’interfère pas dans les décisions des juges à l’échelon national". Ce qui est tout à fait normal, parce qu’il y a le principe de la souveraineté des États. »

La bataille judiciaire s'annonce donc âpre. L'Etat veut aller vite mais Khalifa Sall, au contraire, veut gagner du temps, car son objectif reste la présidentielle de février 2019.

RFI

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