Le passage à la Primature est-il en train de devenir dans le champ politique sénégalais une voie obligée pour briguer, avec des chances réelles, le fauteuil présidentiel ? En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que les anciens chefs de gouvernement s’engagent de plus en plus dans l’arène politique pour essayer de «déloger» le titulaire au poste et chef de l’Etat en exercice. Le dernier en date est l’ex-Premier ministre de Me Wade, Cheikh Hadjibou Soumaré, qui en déclarant sa candidature pour l’élection présidentielle du 24 février prochain rejoint la liste des personnalités à se lancer dans la course pour le fauteuil présidentiel, après leur passage à la Primature.

 
C’est désormais chose faite. L’ancien Premier ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré, s’est lancé dans la course pour la présidentielle du 24 février prochain. Cheikh Hadjibou Soumaré a officiellement annoncé sa candidature à travers une déclaration faite, le dimanche 22 juillet dernier, au Grand Théâtre de Dakar. Cette candidature de l’ancien président de la Commission de l'Uemoa pour la prochaine présidentielle revêt un cachet particulier surtout quand elle est mise en relation avec le parcours politique de l’actuel chef d’Etat, Macky Sall. En effet, c’est au même Cheikh Hadjibou Soumaré que l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, avait fait appel alors qu’il était ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé du Budget pour succéder à Macky Sall à la Primature, le 19 juin 2007. Aujourd’hui, douze ans après, celui qui était présenté comme un technocrate pur et dur veut lui-même réitérer le coup de 2007 en remplaçant encore une fois de plus, Macky Sall à son poste au Palais de la République.

Outre cette rivalité historique entre le patron de l’Apr et son successeur à la Primature, il faut dire que la candidature de Cheikh Hadjibou Soumaré met aussi en exergue une autre réalité politique qui pourrait peut-être peser sur la balance, lors de la présidentielle du 24 février. Il s’agit du nombre important d’anciens chefs du Gouvernement qui seront listés à ce scrutin. La situation est telle qu’on ne peut s’empêcher de poser la question de savoir si la Primature n’est pas en train de devenir aujourd’hui une passerelle pour le Palais de la République. Tant le nombre d’anciens Premiers ministres à afficher leur intention de prendre les rênes du pays au lendemain de leur départ de la Primature prend de l’ampleur.
À travers sa déclaration de candidature à la présidentielle, Cheikh Hadjibou Soumaré ne fait ainsi qu’enrichir la liste des anciennes personnalités à se lancer ce défi politique de devenir commandeur en chef après leur passage à la Primature où ils étaient commandants en second du pouvoir exécutif. Parmi ces personnalités, il y a entre autres Abdou Diouf, Moustapha Niasse, Idrissa Seck, Macky Sall et éventuellement Abdoul Mbaye. Mais, il faut préciser que sur cette liste, seules deux personnalités sont parvenues, pour le moment, à jouir de ce double privilège d’ancien Premier ministre devenu président de la République. Il s’agit notamment des présidents Abdou Diouf et Macky Sall.

Ancien chef du Gouvernement du président Senghor (26 février 1970 – 31 décembre 1980 soit 10 ans, 10 mois et 5 jours), Abdou Diouf a accédé aux fonctions suprêmes après la démission du président Senghor avant le terme de son cinquième mandat. En effet, l’article 35 de la Constitution sénégalaise prévoyait en cas de vacance du pouvoir que le Premier ministre termine le mandat du Président jusqu’à la prochaine élection. S’agissant de l’actuel chef de l’Etat, Macky Sall, à l’image d’Abdou Diouf, il a succédé à son ex-mentor, Me Abdoulaye Wade, aux fonctions de président de la République mais à l’issue du second tour de la présidentielle de 2012. Cela, après avoir été son Premier ministre pendant 3 ans, 1 mois et 29 jours (21 avril 2004-19 juin 2007). Le 24 février prochain, ce sera le tour pour les autres anciens chefs du Gouvernement à la conquête du fauteuil suprême d’essayer eux aussi d’intégrer cette liste restreinte, excepté l’actuel président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, frappé par la limite d’âge. Il s’agit entre autres, d’Idrissa Seck (PM du 4 novembre 2002 au 21 avril 2004) qui sera à sa 3ème participation à une élection présidentielle, peut-être aussi d’Abdoul Mbaye (PM du 3 avril 2012 au 1er septembre 2013 soit) qui vivrait sa première participation au même titre que Cheikh Hadjibou Soumaré (PM du 19 juin 2007-30 avril 2009). Si bien entendu ils passent le filtre du parrainage (de 0,8 à 1% de l’électorat), confirment ou persévèrent dans leur quête du fauteuil présidentiel.

Sudonline

Suite à de fortes chaleurs avoisinant les 35 degrés, le plan canicule est déclenché depuis mercredi 25 au soir en région parisienne. Au total, 18 départements ont été placés en « vigilance orange » par Météo-France. Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, se sont rendus dans une maison de retraite à Issy-les-Moulineaux, près de Paris.

Le Premier ministre et la ministre des Solidarités et de la santé se sont rendus mercredi à la maison de retraite Lasserre, un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) des Hauts-de-Seine.

Dès qu'on passe le seuil de cet établissement, on sent la climatisation. Ce quinquagénaire venu rendre visite à sa mère, âgée de 95 ans, apprécie : « Ici, c’est bien, c’est climatisé. Les chambres aussi sont climatisées et les personnes s’en occupent énormément. Ils les font boire, ils s’occupent d’eux. Des fois, il peut y avoir des perfusions s’ils sont un petit peu en difficulté. C’est parfait. »

18 départements en vigilance orange

Des consignes sont affichées un peu partout invitant les résidents à s'hydrater régulièrement. Bernard, 84 ans, essaie de les respecter. « Mon thé le matin, un verre de vin le midi, un jus de pomme l’après-midi et puis un verre de vin le soir. Ils ont dit qu’il fallait boire, qu’il fallait se rafraichir avec la canicule, explique-t-il. Mais ça, je connais. Si j’en ai besoin, je bois. Mais autrement en ce moment, je n’ai pas soif. Je viens de manger une glace, mais ce n’est pas tous les jours. »

A Paris, un dispositif d'accompagnement est mis en place pour les personnes âgées isolées. Les agents municipaux peuvent les contacter par téléphone et alerter les services médicaux si besoin.

Des salles où venir se rafraîchir sont également ouvertes entre 14h et 18h, dans des mairies d'arrondissement ou des centres d'action sociale. L'application Extrema Paris recense pour sa part des îlots de fraîcheur, comme les parcs ou les églises.

Pic de pollution

Au total, Météo-France a placé mercredi 18 départements en « vigilance orange » canicule, soit le double de la veille, dans une diagonale allant du Nord et du Pas-de-Calais à la Drôme et l'Ardèche, en passant par la région parisienne.

Conséquence de ces fortes chaleurs, couplées au trafic routier et aux activités industrielles, l'Ile-de-France connaît un pic de pollution à l'ozone, prévu pour durer au moins jusqu'à jeudi. Ce gaz corrosif favorise l'asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires.

AFP

Aux Etats-Unis, le délai imposé par la justice américaine à l'administration Trump pour réunir les familles de migrants séparées à la frontière mexicaine expire ce jeudi. Plus de 2 500 enfants ont été séparés de leurs parents en traversant illégalement la frontière mexicaine, mais à la veille de l’expiration du délai, l'administration américaine était toujours à la recherche de plusieurs centaines de parents.

Avec notre correspondant à San Francisco,Eric de Salves

Au nom de la politique de tolérance zéro de Donald Trump, son administration a séparé entre mai et juin plus de 2 500 enfants de leurs parents entrés clandestinement aux Etats-Unis. Face au tollé suscité par les images de bambins arrachés des bras de leurs mères par les douanes américaines, Donald Trump a finalement fait marche arrière et suspendu cette mesure très contestée par un décret du 20 juin.

Six jours plus tard, après une plainte d'ACLU, une puissante association de défense des libertés, un juge de San Diego donnait 30 jours à son gouvernement pour réunir ces familles avec leurs enfants âgés de plus de 5 ans et un peu moins pour les enfants de moins de 5 ans. Un délai que les autorités ne semblent aujourd'hui pas en mesure de tenir.

ACLU dénonce un « processus de réunification chaotique ». Une semaine avant expiration, à peine 350 des 2 500 familles de migrants séparés à la frontière mexicaine avaient en effet été réunies. Mardi, l'administration Trump assurait en avoir réuni plus d'un millier et 600 autres d'ici ce jeudi 26 juillet.

Le problème, c’est que les autorités expliquent avoir perdu la trace d'au moins 500 parents qui auraient été expulsés des Etats-Unis sans leur enfant. Mardi, le tribunal de San Diego qualifiait cette incapacité du gouvernement américain à retrouver des familles qu'il a lui-même séparées de leurs enfants de « profondément préoccupante ».

REUTERS

jeudi, 26 juillet 2018 07:29

En RDC, le MLC s'active au retour de Jean-Pierre Bemba

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Le MLC, le parti de l'opposant congolais Jean-Pierre Bemba, a entamé les préparatifs en vue de son retour à Kinshasa, annoncé le 1er août, soit mercredi prochain, après onze ans d'absence. Actuellement en liberté provisoire en Belgique, acquitté du chef de crime contre l'humanité par le CPI en juin dernier mais toujours dans l'attente d'être fixé sur sa peine dans une affaire de subornation de témoins, Jean-Pierre Bemba entend bien se présenter à la présidentielle du 23 décembre. Comment son parti envisage son retour ?

Principale préoccupation du MLC : s'assurer que le retour de Jean-Pierre Bemba se fera dans la « paix » et la « sécurité ». Eve Bazaiba, la secrétaire générale du parti, dit avoir déjà écrit au gouverneur de Kinshasa pour l'informer du parcours qu'empruntera l'ex-vice-président à son arrivée dans la capitale et demander que ce parcours soit sécurisé par les forces de l'ordre. Elle assure qu'une réunion de travail doit avoir lieu à ce propos dans les prochains jours.

Le cortège partira de l'aéroport international de Ndjili pour rejoindre la cathédrale Notre-Dame de Lingwala où une messe est prévue à 17 heures le même jour. La Monusco a également été sollicitée. Jean-Pierre Bemba, désormais titulaire d'un passeport biométrique congolais, devrait être accompagné de sa femme et de leurs cinq enfants installés en Europe, et à qui, toujours selon le MLC, les autorités ont promis un visa volant à leur arrivée. Eve Bazaïba dit aussi avoir sollicité le ministère de l'Intérieur, pour qu'il octroie à Jean-Pierre Bemba une « garde permanente » d'« une dizaine de policiers ».

Nous ne souhaitons pas faire appel à des services privés pour ne pas « être accusés » d'avoir recours à des « mercenaires ou des milices », explique la secrétaire générale. Elle prévoit que Jean-Pierre Bemba déposera sa candidature pour la présidentielle au plus tard le 7 août.

Rfi

Epinglé pour les incidents ayant émaillé sa dernière campagne européenne, l'Olympique de Marseille a écopé mercredi d'une exclusion d'un an de toute compétition européenne en cas de récidive durant les deux prochaines saisons, et jouera son prochain match d'Europa League à huis clos, a annoncé l'UEFA.

La commission de discipline de l'UEFA a décidé "d'exclure l'Olympique de Marseille de sa participation à la prochaine compétition de l'UEFA pour laquelle il se qualifiera. Cette exclusion est suspendue à une période probatoire de deux ans", écrit l'UEFA dans un communiqué.

L'OM, dont les supporteurs devront tempérer leurs ardeurs pendant deux ans sous peine d'être exclu de Ligue des champions ou d'Europa League pendant une saison, évoluera lors de son prochain match au Vélodrome à "huis clos", sanctionné par l'UEFA pour les incidents ayant eu lieu en marge des matches de C3 contre Leipzig à domicile, Salzbourg (aller et retour), ainsi qu'en finale perdue contre l'Atlético Madrid en mai dernier à Lyon.

AFP

jeudi, 26 juillet 2018 07:16

Affaire Benalla: Emmanuel Macron change de stratégie

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Une semaine après le déclenchement de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron s'est de nouveau exprimé ce mercredi 25 juillet pour tenter de désamorcer la crise.

Emmanuel Macron poursuit son opération de reconquête. « Vous avez dit ces derniers jours beaucoup de bêtises », a-t-il lancé ce mercredi aux médias, en marge d'un bain de foule à Bagnères-de-Bigorre, dans le sud-ouest de la France. Evoquant les avantages dont aurait bénéficié son ex-collaborateur Alexandre Benalla, le chef de l'Etat l'affirme : « Tout cela était faux. »

« J'ai vu ces derniers jours beaucoup de gens perdre la raison avec des réactions disproportionnées et avec une violence.... », a regretté Emmanuel Macron, fustigeant le recherche d'« un procès politique sur la base d'une affaire qui est triste mais qui est l'affaire d'un homme ». « Je suis fier de l'avoir embauché à l'Elysée parce que c'était quelqu'un qui était dévoué et qui avait un parcours différent », a-t-il encore affirmé aux journalistes de BFMTV et CNEWS, seuls présents dans cette étape qui n'était pas prévue à son agenda.

Calmer les esprits

Après cinq jours de silence suite aux révélations du Monde sur les violences commises par son ex-collaborateur lors des manifestations du 1er-Mai, Emmanuel Macron tente de reprendre la main. Son but : essayer de désamorcer lui-même les critiques dont il fait l'objet afin de calmer les esprits. Sa tactique : assumer toutes les décisions prises par ses collaborateurs pour sanctionner Alexandre Benalla dont il condamne les actes violents qualifiés de « choquants », tout en ne reniant pas les qualités dont il avait fait preuve auparavant et qui l'avaient incité à l'embaucher.

Alexandre Benalla « a fait une faute réelle, grave, que j'ai vécue comme une trahison. Il a été sanctionné pour cette faute. Il a ensuite repris son travail conformément à cette sanction. Quand il a fait une deuxième faute, il a été sanctionné plus durement, par un licenciement », a rappelé le chef de l'Etat. Emmanuel Macron assume, mais admet néanmoins qu'il n'est pas « infaillible ». Il cherche ainsi à faire comprendre que la recherche de l'exemplarité n'empêche pas de faire des erreurs.

Remobiliser la majorité

La riposte a commencé hier après-midi lors de la séance des questions au gouvernement au Palais Bourbon. Dans une ambiance électrique, le Premier ministre Edouard Philippe a répondu au feu roulant des critiques des députés. Avec déjà les mêmes arguments que ceux avancés depuis par Emmanuel Macron. L'affaire Benalla n'est pas « une affaire d'Etat », mais « une affaire individuelle », a ainsi martelé le chef du gouvernement. L'opération s'est poursuivie avec l'audition du directeur de cabinet de l'Elysée Patrick Strzoda devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale, qui a assumé les sanctions prises contre Alexandre Benalla. Puis avec une prise de parole du président lui-même qui a remobilisé sa majorité.

Devant des ministres et des élus LREM-MoDem réunis à la Maison de l'Amérique latine à Paris pour arroser la fin de la session parlementaire, le chef de l'Etat s'est affirmé comme « le seul responsable » de l'affaire. « Qu'ils viennent me chercher », a-t-il lancé, bravache.

Si le défi s'adressait à l'opposition, celle-ci ne demande que ça, réclamant, au moins pour une partie d'entre elle, que le président de la République vienne répondre aux questions des commissions parlementaires et s'exprime devant l'ensemble des Français, plutôt que de ne parler qu'à son camp. Mais le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux rejette l'hypothèse d'une audition d'Emmanuel Macron par les députés, au nom du principe de la séparation des pouvoirs. Quant à s'adresser aux Français, il n'en est pas non plus question pour le moment. Le président reste le « maître des horloges », assure Benjamin Griveaux.

L'Assemblée se déchire sur la liste des auditions

Mais pendant que la majorité peaufine sa stratégie de communication, les commissions d'enquête parlementaire poursuivent leur travail. Le directeur de cabinet du président Patrick Strzoda était ainsi auditionné ce mercredi par la commission des Lois du Sénat qui l'a interrogé notamment sur la sanction infligée à Alexandre Benalla. Alors que le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit avait indiqué que l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron avait fait l'objet d'une mise à pied de 15 jours avec retenue sur salaire, Patrick Strzoda a livré ce mercredi une version un peu différente. D'après lui, M. Benalla a touché l'intégralité de son salaire en mai et la retenue sur ses jours de congés. Voilà qui devrait nourrir à nouveau le feu des critiques de l'opposition.

A la commission des Lois de l'Assemblée, en revanche, la séance du jour a été houleuse, les députés se déchirant sur la suite des auditions. Alors que la majorité LREM jugeait « inutile » d'auditionner d'autres membres de l'Elysée et du gouvernement, les oppositions ont dénoncé « une mascarade ». Il a finalement été décidé à la suite d'un vote que le préfet de police de Paris et le directeur de l'ordre public et de la circulation seraient de nouveau entendus, et d'ajouter le responsable de la compagnie de CRS présente sur les lieux où Alexandre Benalla a molesté deux manifestants.

Parallèlement, une perquisition du bureau d'Alexandre Benalla à l'Elysée a été menée aujourd'hui, dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte après les révélations du Monde. Débutée en milieu d'après-midi, elle s'est achevée vers 20h, en présence de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, mis en examen dimanche notamment pour « violences en réunion ».

ludovic MARIN / AFP

Condamné à cinq ans de prison en première instance pour escroquerie. Mercredi matin, ils ont quitté la salle d'audience en signe de protestation. La raison de leur colère ? Le juge n'a pas donné suite à leur demande d'annuler la procédure, requête qui s'appuyait sur les violations du droit de la défense reconnues fin juin par la Cour de justice de la Cédéao.

« Une justice expéditive pour rendre inéligible Khalifa Sall à l'élection présidentielle de février prochain. » C'est en ces termes que les avocats du maire de Dakar justifient leur décision de quitter le prétoire.

Mercredi, le juge Demba Kandji n'a pas donné suite à leur requête d'annuler la procédure. Une demande qui s'appuyait sur des violations du droit de la défense reconnues fin juin par la Cour de justice de la Cédéao.

Pour les défenseurs de l'édile, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. « Nous refusons toute connivence avec la cour », explique Me Seydou Diagne.

Du côté des avocats de l'Etat, on se dit « nullement gênés » par ce boycott qui d'ailleurs n'a pas empêché le procès de se poursuivre. « Ils savent au fond qu'ils sont coupables », ajoute Me Baboucar Cissé.

Démarré début juin, le procès en appel de Khalifa Sall se déroule dans une ambiance tendue et donne lieu à sept mois de la présidentielle à de vifs débats au sein de la classe politique.

RFI

Le Haut Comissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH). Les rapports sur les abus des séparatistes anglophones se multiplient. Les témoignages de violations des droits de l'homme des forces de l'ordre sont de plus en plus nombreux dans les deux régions anglophones et dans l'extrême nord du pays où une vidéo a récemment été publiée, montrant de présumés soldats exécuter à bout portant deux femmes et leurs deux enfants.

Les vidéos et les rapports se succèdent, tous témoignent de nombreux abus et d'exactions au Cameroun. Ils préoccupent le Haut Comissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

« On reçoit beaucoup d'allégations de violations des droits de l'homme dans la partie nord-ouest et sud-ouest du pays, de la part des forces gouvernementales, on reçoit des allégations de tueries de civils, d'usage excessif de la force, d'incendies de maisons, de détentions arbitraires et de cas de torture, explique Julie de Rivero, du département Afrique de l'agence onusienne. Et d'autre part, on reçoit aussi beaucoup d'allégations, d'abus commis par des éléments armés dans cette zone, c'est-à-dire spécialement des assassinats ciblés contre la police ou les autorités locales ainsi que des destructions d'écoles par ces éléments armés. Sur l'extrême nord du Cameroun, on a été interpellés par une vidéo justement des forces de sécurité qui auraient exécutés deux femmes et deux enfants. »

Le HCDH a fait des demandes répétées pour se rendre sur le terrain et enquêter, surtout dans les deux régions anglophones. Sans succès. « Nous aimerions réaliser des enquêtes pour aider les autorités à répondre à cette situation en respectant les cadres des droits de l'homme. Mais jusqu'à maintenant, on n'a pas reçu d'avis favorable pour pouvoir mener ces enquêtes », déplore Julie de Rivero.

L'agence onusienne étudie donc d'autres moyens pour enquêter sur ces faits, à distance grâce notamment aux nouvelles technologies.

RFI

mercredi, 25 juillet 2018 08:12

A la Une: les candidats mystères en RDC

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À six mois maintenant de l’élection présidentielle, les Congolais se posent toujours la question : qui sera le candidat de la majorité présidentielle ? Joseph Kabila va-t-il passer outre la constitution ou bien va-t-il désigner un dauphin ? L’opposition, elle, va-t-elle se mettre d’accord sur un candidat unique ? Et dans ce cas, qui ?

Ce qui est sûr, pointe le site congolais Cas-Info, c’est que la course à la présidentielle démarre ce mercredi. En effet, « la Commission Electorale Nationale Indépendante, la CENI, a confirmé hier l’ouverture des Bureaux de Réception et de Traitement des Candidatures pour le début de dépôt des dossiers de candidats présidents de la République et députés nationaux, ce mercredi 25 juillet. »

« C’est parti », s’exclame Le Potentiel à Kinshasa. « Cette opération de traitement des candidatures, qui s’étendra jusqu’au 8 août, sonne l’heure de vérité. En effet, l’Opposition croit encore en la possibilité d’une candidature unique qui lui permettrait de tenir face à son redoutable adversaire dans un scrutin à un tour. C’est donc le moment favorable pour ceux qui appellent à l’alternance de se surpasser, estime le quotidien kinois, et de taire leurs ambitions démesurées afin de ne pas prêter le flanc à l’adversaire. De son côté, la Majorité au pouvoir n’a pas encore dévoilé le nom de son candidats. Le suspense reste entier après le récent discours du chef de l’État – autorité morale de la MP – devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès. »

Katumbi et Bemba : le retour ?

Du côté de l’opposition, deux nouveautés : le retour au premier plan de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba…

Moïse Katumbi, qui est toujours en exil, va-t-il rentrer au pays et pouvoir se présenter ? Cela en prend le chemin. Pour l’avocat parisien de l’opposant, maître Eric Dupond-Moretti, en effet, les accusations de double nationalité, congolaise et italienne, contre son client, ne tiennent pas. Et il affirme en avoir preuve de la part des autorités italiennes. Quant aux deux autres affaires dans lesquelles Katumbi serait impliqué, l’avocat parisien les qualifie de « bidons ».

« Reste donc à savoir quand et comment aura lieu le retour de Moïse Katumbi ?, s’interroge le site Afrikarabia, spécialisé sur la RDC. Car le temps presse. La course contre la montre a déjà commencé pour le dépôt des candidatures de la présidentielle. La clôture est fixée au 8 août prochain et un autre poids lourd de l’opposition a déjà annoncé son retour à Kinshasa pour le 1er août, relève Afrikarabia. Il s’agit de Jean-Pierre Bemba qui doit lui aussi déposer sa candidature pour les prochaines élections. Il reste donc 15 tout petits jours à Moïse Katumbi pour gagner son pari du retour. Après, il sera trop tard pour jouer les premiers les rôles dans le scrutin présidentiel du 23 décembre. »

Hier, Jean-Pierre Bemba a donné une conférence de presse à Bruxelles. L’opposant a confirmé qu’il souhaitait rentrer dès le 1er août à Kinshasa. Et se présenter à la présidentielle.

« Jean-Pierre Bemba, précise le site congolais Actualité.CD, a présenté son programme, un projet de société de 200 pages élaboré alors qu’il était incarcéré. (…) Il a également déclaré qu’il serait prêt à se désister au profit de celui qui serait choisi dans l’opposition comme candidat unique. 'On n’a pas beaucoup de temps, a poursuivi Jean-Pierre Bemba. J’espère rentrer au pays d’ici au 1er août. J’espère rencontrer les opposants. Nous n’avons pas le droit pour ce pays et pour ce peuple de nous diviser'. »

Un deal ?

Dans la presse ouest-africaine, on est plutôt sceptique quant à une candidature finale de Bemba…

Pour L’Observateur Paalga au Burkina, « on ne voit pas comment les autres fauves de la faune politique congolaise, comme Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe et Moïse Katumbi, qui ont tenu la maison pendant ces longues années de braise, pourraient s’effacer pour dérouler le tapis rouge au messie Bemba de retour. »

« Bemba aurait-il passé un deal avec Kabila ? », s’interroge pour sa part Ledjely en Guinée. Deux raisons à cela, avance le site guinéen : « de la part de l’ex-détenu de la Haye, les dénonciations du régime de Kabila se limitent au service minimum. Comme tous les autres opposants, il se prononce certes pour le départ de l’actuel président. Mais il le fait avec peu de fermeté. Ensuite, il y a qu’à la différence de Moïse Katumbi dont Kinshasa a fait sa bête noire, Jean-Pierre Bemba n’a eu aucune difficulté à se procurer le passeport diplomatique qui lui garantit le retour dans son pays. C’est dire donc qu’il refoulera le sol congolais avec d’une certaine façon la bénédiction de Kabila. »

JOHN WESSELS / AFP

Alors qu'il ne s'est toujours pas exprimé publiquement depuis le début de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron a pris la parole ce mardi 24 juillet devant des élus de la majorité LREM-MoDem et plusieurs membres du gouvernement réunis à la Maison de l'Amérique latine, à Paris. Près d'une semaine après l'éclatement de l'affaire Benalla, Emmanuel Macron est venu regonfler le moral des troupes, sans la présence de la presse.

Selon des propos rapportés par des députés présents, Emmanuel Macron dit avoir ressenti les « actes du 1er-Mai » d'Alexandre Benalla comme « une trahison ».

Mais alors que quelques heures plus tôt, devant l'Assemblée nationale, son directeur de cabinet Patrick Strzoda et le Premier ministre Edouard Philippe l'exonéraient, le chef de l'Etat revendique sa responsabilité. « Ça n'est pas la République des fusibles, la République de la haine. On ne peut pas être chef par beau temps et vouloir s'y soustraire lorsque le temps est difficile. S'ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu'ils viennent le chercher. Je réponds au peuple français », a-t-il déclaré, sans qu'on sache qui ce « ils » désignait.

« La République exemplaire n'empêche pas les erreurs. S'ils cherchent un responsable, le seul responsable, c'est moi et moi seul. C'est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. C'est moi qui ai confirmé la sanction », a poursuivi le président, toujours selon des propos rapportés. Devant la commission des Lois ce mardi après-midi, Patrick Strzoda avait affirmé avoir pris la décision de suspendre M. Benalla lui-même sans en référer au président de la République, en déplacement en Australie.

« Personne dans mon cabinet n'a jamais été soustrait aux lois de la République. Jamais », a aussi assuré Emmanuel Macron, qui s'est exprimé pendant « une bonne demi-heure » devant « beaucoup » de monde, selon un élu. Le chef de l'Etat intervenait à la Maison de l'Amérique latine devant des élus et membres du gouvernement, dont le Premier ministre Edouard Philippe, réunis pour un pot de fin de session parlementaire des députés de la majorité LREM-MoDem.

Alexandre Benalla n'a jamais détenu de codes nucléaires. Alexandre Benalla n'a jamais occupé un 300 m² à l'Alma. Alexandre Benalla n'a jamais gagné 10 000 euros. Alexandre Benalla lui non plus n'a jamais été mon amant, ces choses qu'on a entendues ces derniers jours...
Emmanuel Macron évoque le personnage Alexandre Benalla 25/07/2018 - par BFM
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Puis, toujours aux côtés des membres du gouvernement, et après l'avoir salué pour son « engagement », Emmanuel Macron a lâché Alexandre Benalla, qui était l'un de ses proches depuis sa campagne présidentielle victorieuse : « Ce qui s'est passé le 1er mai a été pour moi une trahison » a déclaré le président.

Selon un sondage publié ce mardi, 75 % des Français souhaitent que le président de la République sorte publiquement de son silence au sujet de l'affaire Benalla, du nom de son collaborateur filmé en train de molester des manifestants lors de la fête du Travail à Paris. « Emmanuel Macron parle à Emmanuel Macron. La République de l'entre-soi », a réagi le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau, en échos à Eric Ciotti pour qui le chef de l'Etat « préfère s'expliquer dans l'entre-soi de sa petite caste plutôt que de donner les explications qu'attendent les Français ».

GONZALO FUENTES / POOL / AFP

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