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C'est une information exclusive. Radio France Internationale (RFI), The Guardian et Der Spiegel ont pu obtenir avant sa publication un rapport de l'organisation de défense de l'environnement Mighty Earth. Cette enquête de terrain montre qu'une partie du chocolat consommé dans le monde proviendrait de forêts et de parcs protégés en Côte d'Ivoire. L'ONG affirme avoir mis à jour une longue chaîne d'exploitation illégale du cacao dans les zones forestières où toute plantation est interdite. L'ONG a remonté le fil jusqu'à la vente de cette production aux grands industriels des secteurs cacao-chocolat.

En dégustant un Ferrero, un carré de Lindt ou encore une barre de Mars, il est possible que votre pause gourmande soit en partie d'origine illégale. Mighty Earth appelle cela le côté obscur du chocolat.

L'ONG met à jour une chaîne de complicité dans le secteur du cacao ivoirien, partant des zones boisées protégées, parfois à 90% colonisées par des exploitations illégales.

Les fèves achetées par des pisteurs

Le phénomène concerne notamment Goin Débé, Scio, le Haut-Sassandra, Taï, les parcs du Mont Péko et de la Marahoué. Les fèves y sont achetées par des pisteurs qui les revendent à des coopératives.

La marchandise est ensuite acheminée vers San Pedro et Abidjan, où elle est vendue à des géants de l'agroalimentaire comme Olam, Cargill et Barry Callebaut. Ces négociants internationaux fournissent ce cacao illégal aux grands noms du chocolat, Ferrero, Lindt, Mars, Nestlé ou encore Cadbury.

Cette situation est un secret de polichinelle, dit Mighty Earth. Les zones protégées sont parfois devenues de véritables villes. Celle de Scio compterait par exemple 22 magasins et entrepôts de cacao, des milliers d'habitants, des dizaines de boutiques, une école et un dispensaire.

Les autorités parfois complices ou inefficaces

D'après l'ONG, les autorités ivoiriennes sont parfois complices ou inefficaces. En tout cas pour l'organisation, impossible que les industriels ne soient pas au courant.

Au final, le coût environnemental est élevé. Les forêts n'occupent plus que 11% du territoire, voire 4% pour les forêts primaires.

 

■ Le président de la World Cocoa Foundation répond

Rick Scobey, président de la World Cocoa Foundation, qui rassemble les intérêts des plus grands producteurs de cacao et fabricants de chocolat, explique que les entreprises agissent pour combattre la déforestation et qu'un nouveau plan sera annoncé prochainement.

« Ce problème, dit-il, est connu depuis des années. Les entreprises ont déjà pris des mesures en investissant dans la traçabilité du cacao, en travaillant sur de l’agroforesterie mixte avec des plantations plus respectueuses de l’environnement, et en agissant en faveur de la restauration de certaines zones.

En début d’année, 35 entreprises du secteur ont décidé de s’unir pour lancer un nouveau partenariat avec le gouvernement ivoirien et mettre fin à la déforestation au Ghana et Côte d’Ivoire. Notre programme sera annoncé en novembre à la COP 23. Mais pour vous donner quelques pistes, nous instaurons des limites à l’exploitation en zone forestière, il y aura des efforts dans la protection, une restauration des secteurs protégés, avec un renforcement des lois de protection. Nous chercherons à augmenter la productivité des plantations pour obtenir davantage de cacao sur un espace plus réduit. Enfin, il y aura un volet pour aider à la reconversion des fermiers. Car ce rapport a des faiblesses. Il ne reconnaît pas la dimension sociale de la déforestation. Il faut respecter les droits des centaines de milliers de cultivateurs de cacao et leurs familles qui dépendent de ces forêts. Le rapport ne tient pas compte des conséquences de ses recommandations. Enfin Mighty Earth ne dit pas qu’une intensification agricole durable est aussi une étape essentielle pour réduire la pression sur les forêts protégées. »

 RFI

 

Le Paris Saint-Germain a lancé idéalement sa saison en Ligue des champions grâce à cette victoire nette obtenue en Ecosse, à Glasgow, contre le Celtic (0-5). Le trident offensif parisien s’est illustré avec des buts de Neymar, Mbappé et Cavani (doublé). Le PSG a maintenant rendez-vous avec le Bayern.

Il y a six mois, le PSG quittait la Ligue des champions sur un fiasco retentissant contre Barcelone. Ce mardi, le club de la capitale a retrouvé la plus belle des compétitions européennes dans une ambiance bien différente. Les hommes d’Unai Emery ont obtenu une victoire incontestable à l’extérieur face au Celtic FC (0-5), pour leur premier match de cette campagne européenne 2017-2018 (groupe B).

Au Celtic Park, Paris s’est présenté en 4-3-3 avec son attaque de luxe : Neymar (recruté en 2017 pour 222 millions d’euros), Edinson Cavani (recruté en 2013 pour 64 millions d‘euros) et Kylian Mbappé (recruté en 2017 en prêt avec option d’achat pour 180 millions d’euros bonus compris). Et les champions d’Ecosse ont vite constaté la différence entre leur niveau et celui de l’armada parisienne.

Au terme d’un contre bien mené (mais entaché d’une faute oubliée en défaveur des Bhoys), Neymar a pris de vitesse la défense écossaise et ouvert le score (19e). Mbappé a fait le break en claquant un tir imparable sur un centre de son coéquipier brésilien (34e). Et Cavani a transformé un penalty qu’il a lui-même provoqué (40e). Au passage, l’Uruguayen a détrôné Zlatan Ibrahimovic de son statut de meilleur buteur du PSG en Europe (21 buts contre 20 à ce moment du match).

Un coup d’éclat avant de défier le Bayern

A la pause, les visiteurs avaient donc déjà fait la différence. Tout ça en dominant le Celtic, sans en faire trop mais sans forcer leur talent non plus. Alphonse Areola a rassuré ses partenaires en se montrant irréprochables sur les rares incursions écossaises. Paris a géré le reste du match. L’actuel leader du championnat de France a concrétisé son emprise en dans les dix dernières minutes. Sur un centre de Julian Draxler, Mikael Lustig a marqué contre son camp (83e). Et de la tête, Cavani, bien servi par Layvin Kurzawa, a parachevé le festival parisien (85e) et porté son total de buts européens avec les Rouge et Bleu à 22.

Le PSG réalise une entrée en matière parfaite dans cette Ligue des champions qui le fait tant rêver. Il pointe en tête du groupe B grâce à une différence de buts supérieure à celle du Bayern Munich (voir plus bas). Les Bavarois sont justement leurs prochains adversaires, le 27 septembre au Parc des Princes.

LES AUTRES RESULTATS DE LA SOIREE

Le plus gros carton de cette moitié de première journée de C1 est pour Chelsea, qui a écrasé Qarabag (6-0). Finaliste en juin dernier, la Juventus a été giflée en Catalogne par le FC Barcelone (3-0) dans la rencontre la plus alléchante de la soirée. Manchester United, vainqueur de la Ligue Europa, a réussi ses débuts en domptant facilement le FC Bâle (3-0). Même score pour le Bayern Munich face à Anderlecht. Le Benfica s’est incliné face au CSKA Moscou (1-2) tandis que le Sporting est allé gagner sur la pelouse de l’Olympiakos (2-3). L’AS Rome et l’Atlético de Madrid se sont séparés sur un score nul et vierge.

AS Rome - Atlético de Madrid: 0-0

Barcelone - Juventus: 3-0

Bayern Munich - Anderlecht: 3-0

Benfica - CSKA Moscou: 1-2

Chelsea - Qarabag: 6-0

Manchester United - Bâle: 3-0

Olympiakos - Sporting: 2-3

RFI

Le président sénégalais Macky Sall a réagi au micro de RFI à la démission d'Abdoulaye Wade de son poste de député.

Le président du Sénégal Macky Sall ne « regrette pas que le président Wade n'ai pas siégé ». Il estime que l'ancien président peut « continuer à donner de l’inspiration à ses partisans, et même au pays sans siéger à l’Assemblée nationale », dont la rentrée se déroulera le 14 septembre.

Au micro de Guillaume Thibault, il a appelé son ancien opposant politique au dialogue : « Nous avons besoin de nous parler puisque nous avons forcément des sujets qu'il nous faut régler avant d’aller à l’élection présidentielle ».

Deux sujets en discussion

Macky Sall évoque notamment la question du « statut du chef de l’opposition », dont il faut « définir les modalités », ainsi que la « réglementation de la participation aux élections ». « On a vu lors des législatives avec 47 listes, le désordre que cela peut poser. On ne peut pas aller à la présidentielle avec autant de candidats ou une cinquantaine, on ne pourra plus voter » , indique-t-il. Il appelle donc l'opposition à discuter de ces deux sujets, «  en toute responsabilité, et en démocrates ».

Reste à savoir si Abdoulaye Wade répondra positivement à cet appel au dialogue. Dans sa lettre de démission, l'ancien président de 91 ans avait fustigé Macky Sall en écrivant que les résultats des législatives de juillet étaient « controversés ».

Avec 20 députés, la coalition d'Abdoulaye Wade reste la première force d’opposition au Sénégal.

RFI


SEPTEMBRE 2017

Savoir, c'est-à-dire prévoir pour agir
- Henri Bergson

Alors que plusieurs sont à s'interroger à savoir si l'on doit réviser le passé en déboulonnant des statues, qui pense au futur?

Qui pense réellement au futur lointain et, dans ce futur lointain, quelle sera l'éthique de demain pour votre entreprise?

Tout au long de l'automne, les Bulletins réflexifs proposeront des perspectives alternatives sur l'éthique; des manières de voir nécessaires aux planifications qui vont au-delà du bout du nez. À l'aube de l'avènement de l'intelligence artificielle, qui constituera probablement le plus bouleversement social à ce jour, planifier pour trois ou cinq ans, c'est ne pas planifier.

Parce que nommer, c'est dire avec du sens, ce premier Bulletin réflexif pose une question sous-estimée mais pourtant fondamentale : dans votre entreprise, l'éthique fait-elle l'objet d'une planification et, dans l'affirmative, cette planification est-elle tactique ou stratégique?

Afin de bien répondre à cette question, il importe de préciser ces concepts afin d'en dégager le sens, d'assurer une forte compréhension et ainsi être en mesure de faire les choix qui s'imposent en matière d'éthique pour demain.

Si on oublie ce qui est dit et que l'on se concentre sur ce qui est fait, vous conviendrez que la plupart des dirigeants confondent ou ne font pas l'effort de distinguer l'éthique de la déontologie, que ces dirigeants, même s'ils utilisent le mot éthique régulièrement, ne veulent dire, au fond, que la déontologie. On appelle la déontologie éthique et on contrôle les comportements. Ce qui est une variante administrative du Command & control.

Cependant, cette déontologie, qui contrôle les comportements, demeure généralement muette sur les grandes orientations des entreprises. Aucun dirigeant ne consulte un code de déontologie lors de la planification stratégique. De toute manière, les codes de déontologie des fabricants automobiles allemands étaient muets quant aux trucages des moteurs diésels. C'est à ce moment que l'éthique doit intervenir. L'éthique doit éclairer les dirigeants afin qu'ils puissent faire des choix qui permettront à l'entreprise de se projeter en avant et de durer plutôt que de ne penser qu'à court terme.

Les dirigeants d'entreprises devront alors faire le choix de l'horizon visé et de déterminer si, dans leur organisation, l'éthique doit être tactique ou stratégique.

La tactique, au sens militaire, est l'art de faire manœuvrer les troupes et de décider quels seront les moyens pour parvenir à une fin. Bien évidemment, ce choix est sans objet si l'on ne connaît pas la fin.

La déontologie fait partie des choix tactiques d'une entreprise, elle vise à empêcher de « mal faire » et permet, le cas échéant, de sanctionner le comportement fautif. Il est cependant aisé de comprendre que le champ d'action de la déontologie se situe au moment présent et ne dit que peu, ou rien, sur le futur de l'entreprise. Il convient alors de lever les yeux afin de voir plus loin.

La stratégie, toujours au sens militaire, s'occupe de la conduite globale de la guerre ; elle constitue l'art de faire évoluer une armée sur le théâtre d'opération qui est, par définition, changeant. Toute stratégie implique nécessairement la connaissance du but.

Le monde change à une vitesse inouïe et, en conséquence, le nombre de choix éthiques fondamentaux que les entreprises auront à faire au cours des 5 prochaines années ira en s'accroissant.

Afin de croître plutôt que de périr, les entreprises de demain doivent dès aujourd'hui déterminer leur stratégie éthique.

Où l'entreprise devra-t-elle être sur le plan éthique dans 5 ans ? Dans 10 ans ? Dans 15 ans ?

Quelle est la stratégie éthique de l'entreprise face au Big Data ou à l'intelligence artificielle qui entraîneront l'élimination de millions d'emplois au cours des 10 prochaines années ? Au-delà de ses opérations mêmes, que fera l'entreprise avec les chômeurs victimes du progrès ?

Ces questions, qui sourdent actuellement, ne pourront être évitées.

Il faut cesser de penser à l'éthique en termes de surveillance, de punition ou de contrôle des comportements. Sur le chemin du futur, l'éthique ne peut être statique, elle doit être évolutive et dépasser le simple cadre déontologique.

L'éthique est dorénavant un enjeu stratégique pour l'entreprise qui désire durer.


http://www.ethique.net/fr/ethique-strategique

Au Sénégal, après la présentation du gouvernement la semaine passée, cette semaine l’actualité politique va se jouer à l’Assemblée nationale. Les 165 députés élus feront leur rentrée ce jeudi 14 septembre et deux personnalités au moins seront absentes lors de cette rentrée. Abdoualye Wade et Khalifa Sall.

Le communiqué est tombé ce dimanche 10 septembre en début de soirée. Abdoulaye Wade l’avait dit et répété. S’il était tête de liste, c’était uniquement pour aider son parti. L’ex-président a donc démissionné de son poste de député.

« Je ne serai donc pas présent à la séance d’ouverture convoquée ce jeudi », indique Abdoulaye Wade qui conclut en taclant une fois de plus le président Macky Sall. « Mon parti et moi-même avons constaté la fin de ma mission qui s’est terminée avec l’arrêt du Conseil constitutionnel publiant les résultats controversés des élections ».

S’il ne siègera pas à l’Assemblée, Abdoulaye Wade n’en a pas terminé avec la politique, au contraire. Avec 20 députés, sa coalition est la première force d’opposition.

Sans doute en lien avec le dialogue politique proposé par Macky Sall, le doyen de la vie politique vient de tendre la main à Khalifa Sall qui sera, sauf coup de tonnerre, l’autre grand absent de la rentrée parlementaire qu’il suivra depuis sa cellule de la prison de Rebeuss.

RFI

Au Sénégal, la mission est terminée pour Abdoulaye Wade. L'ancien président, élu député aux législatives fin juillet 2017, démissionne de son poste avant même l'installation du nouvel hémicycle. A 91 ans, il l'annonce dans une courte lettre adressée au secrétaire général de son parti, le PDS. Mais cela ne marque pas du tout la fin de sa carrière politique.

La démission d’Abdoulaye Wade s’étale dans toute la presse du Sénégal. « Maître Wade ne siègera pas », titre L’Enquête. « Wade démissionne de son poste de député », écrit Walfquotidien. Tous les journaux, y compris le journal d’Etat Le Soleil, reprennent ce lundi le communiqué envoyé par l’ex-chef de l’Etat.

Conséquence directe, « M. Wade ne présidera pas ce jeudi la séance d’installation de la nouvelle législature », indique Walfquotidien. Une présidence qui lui revenait, car il est le doyen des députés.

Abdoulaye Wade se passe donc de cette tribune politique. Un choix, une stratégie, car le « gorgui », malgré ses 91 ans, n’en a pas terminé avec la politique. Dans sa lettre de démission, il fustige Macky Sall en écrivant que les résultats des législatives sont controversés.

En début de week-end, l’ex-chef de l’Etat s’est aussi rapproché du camp Khalifa Sall, en promettant de tout faire pour aider le maire de Dakar à sortir de prison.

Etape par étape, Abdoulaye Wade met en place sa stratégie, cherche la position de force en vue, peut-être, d’accepter la main tendue, le dialogue proposé par l‘autre grand stratège de la vie politique sénégalaise, Macky Sall.

RFI

L’attitude d'Aung San Suu Kyi est depuis longtemps très ambigüe sur la question des Rohingyas, persécutés en Birmanie. Comment expliquer la prudence quasi coupable de celle qui est désormais de facto la dirigeante du gouvernement ? Eléments de réponse, alors que la « dame de Rangoun » est attaquée de toute part pour sa passivité. Même le dalaï-lama, Nobel de la paix au même titre qu'elle, a fait part de son indignation.

De notre correspondant dans la région,

L’exode des Rohingyas musulmans de l’ouest de la Birmanie vers le Bangladesh se poursuit, atteignant au moins 250 000 réfugiés en trois semaines. Face aux condamnations émanant surtout des pays musulmans, des Nations unies et des organisations de protection des droits de l’homme, Aung San Suu Kyi s’est exprimée pour la première fois ce week-end.

La conseillère spéciale birmane a affirmé que son gouvernement protègerait toutes les personnes vivant sur le sol birman, « y compris ceux qui n’en sont pas citoyens ». Mais la dirigeante birmane tarde à prendre des mesures concrètes pour ces populations.

La première raison est qu’elle n’a pas vraiment les mains libres. L’appareil d’Etat est encore en grande partie contrôlé par les militaires. Ils tiennent les ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Frontières ; ce sont justement les ministères qui sont en charge de tout ce qui se passe dans l’Etat d'Arakan, dans l’ouest de la Birmanie.

La situation actuelle dans cette région frontalière du Bangladesh est considérée comme une question de sécurité nationale, et selon la division des tâches entre la dirigeante birmane et les militaires, seuls ces derniers ont leur mot à dire sur ce sujet. D’où l’extrême prudence d’Aung San Suu Kyi et sa réticence à s’exprimer publiquement sur les Rohingyas.

Critiques sur la « dame de Rangoun »

Pourtant, la conseillère spéciale aurait pu en faire beaucoup plus, ne serait-ce qu'en dénonçant clairement les exactions dans l'ouest. C’est d'ailleurs ce que lui reprochent les organisations de protection des droits de l’homme. Elle pourrait utiliser une partie de sa crédibilité politique et de sa popularité pour prendre une position de principe contre les violations des droits dans l’Arakan.

Mais pour elle, cela comporte des risques : d’abord créer des tensions avec les militaires, qui pourraient dès lors s’appuyer sur le ressentiment général des bouddhistes birmans contre les Rohingyas pour l’affaiblir politiquement. Elle risquerait également de se couper de sa base politique.

Dans sa longue lutte pour ramener la démocratie en Birmanie, Aung San Suu Kyi a avant tout été la représentante des Birmans bouddhistes. Les minorités ethniques ne se sentaient pas représentées par elle. En déclarant par exemple que les violations des droits de l’homme dans l’Etat d'Arakan sont des inventions des médias étrangers, elle va dans le sens de ce que pense sa base politique.

Conséquences sur la transition politique

Cette crise a en tout cas des effets très négatifs sur la transition démocratique en Birmanie. D’abord, elle renforce la montée d’un bouddhisme ultra-nationaliste à travers tout le pays. Cet ultra-nationalisme vise en premier lieu les musulmans dans toutes les régions. On commence ainsi à voir des villages qui interdisent l’entrée aux musulmans.

Le boycott économique des musulmans se renforce également, mais même au-delà du clivage bouddhiste-musulman, ce fanatisme bouddhique peut aussi déstabiliser les relations avec les autres minorités ethniques du nord du pays, avec lesquelles le gouvernement a essayé de mettre en place des accords de coopération politique.

Plus largement, la question des Rohingyas focalise maintenant toute l’attention, non seulement à l’intérieur de la Birmanie, mais aussi dans les relations entre la Birmanie et les pays étrangers. Cela ne peut que ralentir et rendre plus difficile la transition démocratique, c’est-à-dire le désengagement progressif des militaires de l’appareil d’Etat.

RFI

Le maire de Dakar, Khalifa Sall garde toujours ses chances d’obtenir une liberté provisoire. Ou du moins, c’est la conviction de Mouhamadou Ngouda Mboup, enseignant chercheur en droit public à la faculté des Sciences juridiques et politique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm (privée), l’enseignant chercheur a indiqué que l’ouverture de la treizième législature dont Khalifa Sall est membre constitue une possibilité offerte à ses avocats pour saisir le juge des référés dans un délai de quarante-huit heures à partir du 14 septembre prochain.

Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm (privée), l’enseignant chercheur en droit public à la faculté des Sciences juridiques et politique de l’Ucad, Mouhamadou Ngouda Mboup, a indiqué que le maire de Dakar a toujours les chances d’obtenir une liberté provisoire en dépit des nombreux refus enregistrés par ses avocats.

Face à notre confrère Baye Oumar Gueye, Mouhamadou Ngouda Mboup a souligné que l’ouverture de l’installation de la treizième législature dont Khalifa Sall est membre constitue une possibilité offerte à ses avocats pour saisir le juge des référés dans un délai de quarante-huit heures à partir du 14 septembre prochain. «Depuis le 17 janvier 2017, il y’a eu une réforme judiciaire majeure. Le juge des référés a fondamentalement quarante-huit heures pour statuer à ce qu’une liberté fondamentale soit protégée sous les quarante-huit heures : c’est le président de la Cour suprême. Et, si les avocats de Khalifa Sall saisissent le juge des référés, il va statuer par ordonnance. Maintenant, l’urgence sera caractérisée lorsqu’à la veille de l’installation de l’Assemblée nationale, Khalifa Sall n’est pas libéré», indiqué Mouhamadou Ngouda Mboup.

La présence de Khalifa Sall est obligatoire

«A la veille de l’installation du parlement, à minuit, si Khalifa Sall a sa convocation, on devrait le laisser aller participer à l’investiture parce qu’on ne peut pas investir un député qui n’est pas présent. Dans le système sénégalais, pour investir un député, il faut qu’il soit présent, c’est la raison pour laquelle, on fait l’appel parce que si on fait l’appel et que Khalifa Sall n’est pas là, donc sa présence physique n’est pas avérée. Et, il faudrait s’assurer à ce qu’il soit là», ajoute encore l’enseignant chercheur en droit public à la faculté des Sciences juridiques et politique de l’UCAD. Et d’ajouter : «un député élu a le droit de demander à assister à son investiture. Le lui priver, revient à violer ses droits parce que c’est la constitution qui prime sur la loi pénale».

Auparavant, Mouhamadou Ngouda Mboup a estimé que la convocation du maire de Dakar, Khalifa Sall et sa présence à la séance d’ouverture solennelle de l’Assemblée Nationale prévue ce jeudi 14 septembre, sont obligatoires. Car dit-il, «au Sénégal, on n’a pas élu 164 députés mais on a élu 165 députés et c’est la raison pour laquelle, j’avais dit, les avocats de Khalifa Sall ont une procédure qu’ils n’ont pas utilisé que l’on appelle le référé administratif».

SudOnline

Une inquiétante vague de démissions. Après Ibrahima Thiam, coordinateur des fédérations d’Europe ; Ibrahima Wade, coordinateur du Benelux ; c’est autour de Fatoumata Chérif Dia, candidate sur la liste de la Coalition Gagnante dans le département Europe du Nord, du Centre et de l’Ouest, lors des législatives du 30 juillet dernier, d’annoncer sa démission de Bokk Gis Gis. Un divorce qui s’expliquerait notamment par l’ingratitude du président Pape Diop à son égard.

« C’est avec tristesse et soulagement que je vous adresse aujourd’hui ma (…) démission », écrit-elle dans une lettre dont copie a été transmise à Infos15.

« Je quitte le parti avec le sentiment du devoir accompli, même si je ressens une certaine frustration dans le sens où vous avez manifesté à mon égard une totale indifférence. Le parti s’est uniquement contenté de m’investir comme candidate à la députation sans me donner les moyens afférents à cette campagne. La coalition gagnante en France a payé le prix fort lors de ces dernières élections législatives », explique-t-elle.

L’ingratitude de Pape Diop

« Nul ne peut imaginer les difficultés, les privations et les sacrifices pour mener une campagne législative dans de telles conditions. Monsieur le Président, un seul de coup de fil d’encouragement ou de félicitations m’aurait simplement suffi. Militante de première heure en France, je me suis dévouée corps et âme pour le parti. En retour, je ne demande pas de la reconnaissance mais de la considération et du respect », fait-elle savoir.

Visiblement très déçue par le comportement du président de son ex-parti, Fatoumata Chérif Dia d’ajouter : « Mais lorsque je fais un point d’étape de mon expérience politique au sein de BOKK GIS GIS, je ne peux que déchanter et éprouver une profonde désolation. Il suffit de regarder avec un peu de lucidité la réalité du fonctionnement des instances du parti pour le comprendre. D’autres l’ont d’ailleurs déjà dit bien avant moi. »

« A force de ne pas prendre son destin en main, le parti bat de l'aile et n'est pas loin de l'implosion », déplore la démissionnaire.

Sur son avenir, elle dira : « Mon combat va se poursuivre désormais sous d’autres formes et ailleurs, avec le même rêve et la même passion de voir mon pays le Sénégal sortir de l'ornière. »

Une question coule de source après cette vague de démissions: Pape Diop a-t-il renoncé à son ambition de diriger le Sénégal ?

La question fait sens d’autant que le président de Bokk Gis Gis donne l’impression de s’endormir sur ses lauriers, cela à quelques mois de la présidentielle de 2019. Car son parti, qui avait réussi à entrer dans la cour des grands, en France, est en train d’arpenter le chemin inverse. Ce qui laisse penser que si la présidentielle avait lieu aujourd’hui, Pape Diop serait dans la catégorie des candidats ramasse-miettes, en France. A cause de son incapacité de trancher le différend qui opposait des responsables de la fédération de France, il avait aussi perdu beaucoup de militants. Manifestement, ces départs n’ont pas suffi à lui ouvrir les yeux, car Pape Diop est à présent en train de perdre les ténors de son parti à cause « de son manque d’ambition », mais aussi de son ingratitude supposée.

Cheikh Sidou SYLLA

 

Nos compatriotes d'ici ou de la bas doivent être écoutés. Ce qu'ils disent est souvent murement réfléchi et je suis surpris qu'ils soient incompris pour des raisons légères et confuses. p B CISSOKO


Un épanouissement sous le poids des coutumes et traditions ou une autonomisation économique plombée par des croyances socioculturelles.


La femme sénégalaise, profusément considérée dans certaines coutumes africaines, comme inférieure à l'homme et devant se soumettre à lui, ou du moins comme une personne devant seulement s'occuper de son foyer, a fini par se mettre à l'écart de toutes les sphères de décisions même dans la société moderne. Son rôle principal était non seulement de s'occuper du foyer mais aussi d'assurer la pérennisation de la famille.
A cet effet, la répartition des rôles entre hommes et femmes est inspirée par une tradition fortement ancrée dans les croyances socioculturelles qui exigent que la reproduction sociale repose exclusivement sur les épaules des femmes.

C'est pourquoi dans les calendriers horaires des femmes, les activités reproductives afférant principalement aux travaux domestiques et aux différentes prises en charge dont les membres d'un ménage ont besoin pour survivre, occupent une place importante dans leur quotidien. Les femmes travaillent généralement 12 à 13 heures de plus par semaine que les hommes d'après une étude de FIDA (Fonds international de développement agricole).Marquée encore par le poids de cette coutume, la femme sénégalaise semble aujourd'hui sortir progressivement de ce stéréotype qui l'a longtemps caractérisée.


L'autonomisation économique des femmes reste encore très problématique en raison des croyances socioculturelles fortement ancrées dans la société. Celles-ci donnent une forte responsabilité à la femme dans le maintien et la survie de la famille sous toutes formes. Il s'y ajoute que les ressources familiales ou communautaires sont contrôlées par les hommes. Cette situation a pour conséquence de confiner la femme dans un cercle vicieux où elle est encline d'assurer des revenus de subsistance à la famille tout en gérant les activités de reproduction sociale. La combinaison des activités productives et des activités reproductives à travers des mécanismes de substitution reste un véritable frein au développement des initiatives de développement économique locales. Celles-ci bénéficient de ressources temporelles assez limitées au regard de l'importance du temps consacré aux travaux domestiques. Par conséquent, les revenus tirés des activités économiques des femmes restent encore dans des proportions globalement faibles.


Il apparait clairement que plus la durée consacrée aux activités productives est importante, plus les revenus mensuels sont importants et inversement. Les revenus monétaires décroissent en fonction de l'importance de la charge de travail des activités de reproduction sociale non rémunérées qui reste une variable relativement constante.


En milieu urbain et rural, on note l'importance des charges supportées par les femmes pour assurer la survie de la famille à travers une forte contribution aux dépenses de santé, d'éducation des enfants, de consommation etc.). Ce qui explique, dans un contexte d'accès difficile aux moyens d'existence durable et aux opportunités économiques, l'échec des initiatives d'autonomisation socio-économique. Le rôle de la femme en tant que « gardienne de la famille » jadis affirmé dans les traditions et coutumes prend donc une nouvelle connotation de pourvoyeuse de ressources monétaires et temporelles qui, directement ou indirectement, influe sur les activités économiques.

Dans un tel contexte, les initiatives économiques locales ne peuvent prospérer car tributaires de la capacité des femmes à réinvestir les bénéfices tirés des AGR et à épargner en vue de passer des activités de subsistance quotidienne aux activités à revenus plus substantiels. Dans cette perspective, les systèmes de protection sociale adossés sur des stratégies d'autonomisation des femmes constituent un enjeu stratégique majeur.

Cette situation s'accentue malheureusement dans un contexte socio-économique marqué par un fort taux d'exode des hommes suppléés par les femmes qui, dans ces circonstances, jouent le rôle de chefs de ménages. Elle impose à l'Etat et à ses partenaires de renforcer l'accès de ces groupes vulnérables aux moyens d'existence durables. Il s'agit également d'imaginer des mécanismes de protection sociale plus innovants afin de sécuriser les revenus des femmes en particulier.


Par Mouhamed Diankha [Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ]
Planificateur Economiste et Gestion des organisations

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