Maria Rajablat, infirmière, bénévole pour Sos Méditerranée, avait passé deux mois en 2016 à bord de l'« Aquarius ». Elle continue à s'entretenir avec les migrants rescapés en mer, qui s'étaient embarqués dans des embarcations de fortune depuis la Libye. A l'en croire, depuis deux ans, la teneur des témoignages n'a guère changé.

Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

Sur le navire humanitaire Aquarius, l'immense majorité des 629 passagers, femmes, hommes et mineurs ont été l'objet d'abus sexuels. Pendant des journées entières, par le passé, Maria Rajablat, infirmière, bénévole pour SOS Méditerranée, a recueilli des témoignages de migrants rescapés par l'Aquarius, des migrants venant tous de Libye. Marie Rajablat se souvient notamment d'une femme qui s'était confiée à elle : « J’ai surtout le souvenir de cette femme que j’ai appelé Abby et qui m’avait dit qu’elle avait froid. Donc, elle tremblait et cela commence souvent par l’histoire de la couverture dans laquelle je l’emballe et je la prends dans les bras pour bien serrer parce que ça s’envole au vent. Tout cela n’étant que prétexte. Et du coup, cette femme se cale contre moi et au fur et à mesure qu’elle raconte, elle s’écroule de plus en plus sur mes genoux. »

Les femmes, les enfants sont violés, mais aussi les hommes, affirme Marie Rajablat, même si ces derniers en parlent différemment : « Ils racontent souvent les situations démentes dans lesquelles ils se sont retrouvés, notamment avec l’obligation, un flingue sur la tempe, on les oblige à violer une femme devant les autres, généralement devant le mari, les frères et tout ça. Et là, s’ils ne le font pas, ils risquent leur peau. Il y a ceux qui se disent non, là j’ai atteint la limite de ce que je ne peux pas faire et qui se disent, il adviendra ce qu’il adviendra mais je préfère mourir plutôt que de faire un truc comme ça. Et il y a ceux qui l’ont fait. »

Marie Rajablat affirme que les témoignages des actuels migrants sont identiques à ceux qu'elle avait recueillis. La seule chose qui a changé, affirme-t-elle, ce sont les conditions du repêchage en mer, toujours plus difficiles.

Karpov / SOS Méditerranée/handout via REUTERS

La ville de Paris a remis, hier mardi 18 juin, le titre de citoyen d'honneur au Bahreïnien Nabil Rajab. Le militant des droits de l'homme était le grand absent de cette cérémonie. Il est emprisonné depuis 2016 et a été condamné en appel le 5 juin 2018 à cinq ans de prison après avoir publié des « tweets » critiquant l'action de la coalition menée par l'Arabie Saoudite au Yémen. Plus d'une vingtaine d'activistes risquent aujourd'hui la peine de mort à Bahreïn. Le gouvernement soumet les militants à une répression de plus en plus lourde.

Maytham al-Salman est venu recevoir le titre de citoyen d'honneur au nom de son collègue Nabil Rajab. Il a atterri à Paris en provenance du Liban. Aujourd'hui comme beaucoup d'opposants et de militants des droits de l'homme il ne se sent plus en sécurité à Bahreïn.

« Il n'y a plus d'espace dans la société pour attirer l'attention sur les violations des droits de l'homme, indique-t-il. C'est pour ça que certains militants sont contraints à l'exil actuellement.  Nous avons vu des défenseurs des droits de l'homme être arrêtés à Bahreïn alors qu'ils rentraient tout juste du Conseil des droit de l'homme des Nations unies. La communauté des défenseurs des droits de l'homme autrefois très active, est aujourd'hui réduite au silence ».

« Temps pour la communauté internationale de prendre une position claire »

Face à la répression dans son pays, Maytham al-Salman regrette l'absence de réaction de la communauté internationale : « Il y a beaucoup de moyens de pression possible sur Bahreïn. Voilà des années qu'une diplomatie sans fermeté ne permet pas d'arrêter les violations des droits de l'homme. Il est temps pour la communauté internationale de prendre une position claire pour l'arrêt de ces graves violations. »

Maytham al-Salman espère notamment que le gouvernement français demandera clairement la libération des militants emprisonnés, lors de la visite prochaine d'une délégation du gouvernement bahreinien à Paris.

BahreïnDroits de l’homme Par RFI

Emmanuel Macron est attendu ce mardi matin à Berlin pour un conseil franco-allemand avec Angela Merkel. Leur rencontre devrait être dominée par la crise migratoire en Europe.

A moins de dix jours du Conseil européen, la rencontre entre Angela Merkel et Emmanuel Macron devait initialement être consacrée à l'élaboration d'une feuille de route franco-allemande sur la réforme de la zone euro. Mais l'épisode de l'Aquarius qui n'a pu accoster nien Italie ni à Malte avec ses 630 migrants à bord a changé la donne. Lors du rendez-vous de ce mardi, il devrait donc beaucoup être question de la crise migratoire qui secoue l'Europe.

Le dossier est sensible, surtout pour Angela Merkel qui se trouve affaiblie politiquement sur cette question. La chancelière allemande doit compter avec l’aile droite de son gouvernement, et en particulier avec son ministre de l’Intérieur qui exige un durcissement de la politique migratoire allemande. Horst Seehofer a prévenu : faute d’accord trouvé à Bruxelles à compter de juillet, les migrants déjà enregistrés dans un pays de l'Union seront refoulés aux frontières allemandes.

Angela Merkel est donc pressée de trouver une solution européenne au défi migratoire si elle veut éviter une crise majeure dans son pays. Comme Emmanuel Macron, elle estime que la politique migratoire ne peut être décidée et mise en œuvre efficacement qu’au niveau européen.

Mais l’UE est elle-même divisée sur la question. La réforme du système européen d’asile patine depuis deux ans. Pour soulager l’Italie et la Grèce, premiers pays d’arrivée et donc, en vertu du règlement de Dublin, pays responsables des demandes d’asile, la Commission propose une répartition automatique des demandeurs d'asile en période de crise. Insuffisant pour les pays du Sud. Hors de question pour la Hongrie ou la Pologne.

En attendant, la France comme l’Allemagne vont appeler à un renforcement de Frontex, l'agence européenne de gardes-frontières. Les discussions s'annoncent longues : le tête-à-tête entre Angela Merkel et Emmanuel Macron, qui doit débuter à la mi-journée, est prévu pour durer quatre heures.

RFI

Au Sénégal, à la demande du président Macky Sall, la loi qui modifie le code électoral a été débattue et votée ce lundi 18 juin. Cette procédure d'urgence est voulue par le chef de l'Etat alors que ce texte qui instaure de nouvelles règles pour être candidat à toutes élections, notamment présidentielle, a été très critiqué par l'opposition, notamment l'instauration des parrainages pour valider les candidatures.

A l'extérieur, une assemblée en Etat de siège, à l'intérieur, une ambiance électrique entre la majorité et l'opposition. Pour Madicke Niang, député PDS et président du groupe de l'opposition, cette loi est illégale. « On a voulu faire participer les députés, mon groupe a refusé, explique-t-il. C’est une violation flagrante des procédures législatives et pour cette raison, ce texte doit être retiré ».

Avec ces propos Madicke Niang provoque la colère de la majorité qui au final, après six heures de débat vote cette loi controversée. Désormais, pour être candidat à la présidentielle, il faudra être sénégalais et uniquement sénégalais, et surtout, récolter dans au moins sept régions du Sénégal, les signatures de 0,8% des inscrits du fichier électoral.

Pour la majorité, cette loi est une réelle avancée et explique le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, c'est l'opposition qui a refusé le dialogue. « Nous avons voulu des concertations les plus larges possibles mais nous avons malheureusement une partie de l’opposition qui n’est pas venue à ces concertations », affirme-t-il.

Consolidation de la démocratie en réduisant le nombre de candidats à la présidentielle pour la majorité, passage en force pour l'opposition qui considère au contraire que cette loi et le nouveau code électoral n'a qu'un objectif : éliminer le maximum de candidat pour permettre à Macky Sall d'être réélu dès le premier tour du scrutin présidentiel en février 2019.

RFI

Aux Etats-Unis, le Congrès doit se pencher cette semaine sur deux textes de loi concernant la politique migratoire. Depuis l’élection de Donald Trump, le pays applique une politique beaucoup plus sévère envers ceux qui passent la frontière clandestinement. La police de l’immigration est encore plus stricte depuis qu’une « tolérance zéro » a été décrétée le mois dernier. Mais les images d’enfants séparés de leur famille pour être placés dans des centres d’accueils, et les chiffres éloquents confirmant le phénomène choquent une partie de l’opinion. Ce dimanche 17 juin, même la première dame, Melania Trump est entrée dans le débat en disant elle aussi « détester » cette situation.

Avec notre correspondant à New York,Grégoire Pourtier

L’intrusion de Melania Trump dans le débat public sur l’immigration a surpris car la première dame ne s’était encore jamais positionnée ainsi, et surtout pas pour dénoncer, même a minima, une politique vantée par le président. Est-ce une prise de distance morale avec son mari, avec qui elle ne partagerait déjà plus beaucoup de temps ?

Cela pourrait tout aussi bien être une opération de communication pour convaincre que, comme elle le souhaite, la Maison Blanche gouverne finalement « avec cœur », et que c’est plutôt le Congrès qui est à blâmer. Melania Trump espère ainsi que les « élus des deux camps pourront enfin tomber d’accord pour faire aboutir une réforme réussie de l’immigration ».

C’est aussi ce que dit Kelyanne Conway. Montée au front ce dimanche, la fidèle conseillère du président a une nouvelle fois manié l’ambiguïté qui, là encore pourrait traduire une forme de malaise à la Maison Blanche autant qu’une stratégie élaborée. « En tant que mère, en tant que catholique, en tant que personne qui a une conscience, je peux vous dire que personne n’aime cette politique. Vous avez vu le président à la télévision, il veut y mettre fin, a-t-elle déclaré. Mais il existe une loi depuis longtemps, qui dit que c’est un crime d’entrer illégalement dans ce pays. Alors s’ils n’aiment pas cette loi, il faut la changer. »

Ne serait-ce pas là le cœur de la stratégie de la Maison Blanche ? Rendre la situation insupportable pour forcer les républicains modérés sur la question à voter dès cette semaine un texte dur sur l’immigration. En échange de la fin des séparations forcées et systématiques entre les jeunes migrants et leurs proches, certains pourraient en effet se résoudre à limiter les conditions du regroupement familial ou à financer la construction d’un mur à la frontière.

REUTERS/Carlos Barria

Ancien entraîneur notamment au Maroc, en Tunisie et sélectionneur de la RDC, de la Guinée et de la Mauritanie, le technicien français Patrice Neveu jette un œil aiguisé sur le Mondial 2018 en Russie. Il explique pour RFI les enjeux et le rôle du capitaine.

Un leader naturel qui se dégage de l’équipe: c’est selon moi la définition du capitaine. Ce n’est pas forcément un joueur supérieur aux autres comme l’était Zinédine Zidane pour la France.

Le capitaine, c’est avant tout celui qui comprend les consignes et qui est capable de les transmettre. Il doit aussi être très rigoureux. Quand il y a 70 000 personnes dans les tribunes, le coach n’arrive pas forcément à être entendu, le capitaine est là pour orchestrer. Il a une relation privilégiée avec toi. Il est forcément fidèle à tes idées, même si les discussions sont possibles. Mais à aucun moment il ne peut aller dans un autre sens. C’est primordial.

Le capitaine est aussi le leader dans la vie commune de l’équipe, hors du terrain. Souvent, on discute en tête à tête avec lui pour savoir comment les choses se passent dans le groupe. Son rôle est aussi d’être source de proposition sur des choix, même si c’est toujours le coach qui décide. Il peut avancer des propositions sur les choix tactiques et la composition de l’équipe car il est à l’intérieur du groupe. Il perçoit parfois certaines choses qui peuvent t’échapper. Il est capable d’indiquer et d’analyser le ressenti, l’état de fatigue du groupe, à l’issue d’une rencontre. Tout cela dans la confidence. Cristiano Ronaldo m’épate comme joueur, mais encore  plus comme capitaine avec le Portugal. Il est impliqué d’une façon incroyable. On voit qu’il ne le fait pas uniquement avec le ballon, mais aussi avec la parole. Il inscrit un triplé et il remercie le collectif. S'il est déterminant comme joueur, il est aussi très à cheval sur le collectif. Il pousse son groupe.

En Afrique, un capitaine doit être d’une fidélité irréprochable. Tout le monde sait que les pressions extérieures à l’équipe sont fortes. Il ne doit pas se laisser influencer ou intimider. Dans le choix, cela doit être un homme intègre et crédible.

Le capitaine est aussi là pour temporiser en cas de tension entre un joueur et le coach. Son rôle est extrêmement important. Il n’est pas choisi par les partenaires mais uniquement par le coach. La France a été championne du monde en 1998 et elle le doit en partie grâce à son capitaine exemplaire Didier Deschamps.  

RFI

Il a fait partie de la belle épopée du Sénégal à la Coupe du monde 2002, avec un parcours historique jusqu’en quarts de finale. Aujourd’hui, Ferdinand Coly, latéral droit titulaire lors de ce Mondial, revient sur ses souvenirs de 2002 avec notamment le match d’ouverture contre la France et parle de la nouvelle génération de Lions guidée par Sadio Mané.

RFI: Ferdinand Coly, 16 ans après ce 31 mai 2002 où le Sénégal bat la France (1-0) en match d’ouverture de la Coupe du monde, que reste--til de cette journée ?

Ferdinand Coly: Il reste énormément de souvenirs. Jouer un match de Coupe du monde, en match d’ouverture, contre le champion du monde et champion d’Europe, la France, c’est beaucoup de symboles en même temps. Et forcément quand tu gagnes, c’est incroyable et inoubliable. On connaît l’histoire de la France avec l’Afrique et particulièrement le Sénégal, il y avait tellement de symboles qui nous liaient, et qui nous lient, que ce match, clin d’œil à l’histoire, restera un souvenir à vie.

Si vous ne devez garder qu'une seule image de ce match, ce serait laquelle ?

Il y en a tellement que c’est difficile d’en choisir une en particulier. Je me rappelle d’une chose hallucinante quand même : sur le coup d’envoi du match, quand l’arbitre a sifflé, il y a eu un nombre impressionnant de flashs d’appareils photo dans tout le stade. Tous ces crépitements dans ce stade magnifique, c’était magique. C’est une image qui reste.

Qu’est-ce qui faisait la force de votre génération ?

Cette génération a eu un déclic avant la Coupe du monde. Il y a eu la campagne de qualification à la CAN 2002 et au Mondial où l'on a eu le temps d’avoir des certitudes sur nos capacités techniques, physiques et surtout mentales. On a joué une finale de Coupe d’Afrique, la seule de l’histoire du Sénégal, qu’on perd face au Cameroun aux tirs au but (0-0), ça forge le mental. On élimine des équipes comme l’Egypte, l’Algérie et le Maroc en éliminatoires de la Coupe du monde, ça nous rassurait et cela nous a permis de parfaire notre cohésion avant d’arriver au Mondial, même si le niveau était tout autre, on était sûr de notre force.

Aujourd’hui, une deuxième génération s'est qualifiée pour une deuxième Coupe du monde, est-ce que vous voyez des similitudes avec la vôtre ?

Je ne veux pas me lancer dans des comparaisons. Ce n’est pas pareil. Seize ans après, le football a évolué et, eux, ils ont créé leur propre histoire. Nous, nous avons la nôtre. L’essentiel, c’est que cette génération a réussi à qualifier le Sénégal pour une deuxième Coupe du monde, c’est aussi exceptionnel, c’est ce qu’il faut retenir.

« Mané, c’est le joueur majeur. Il est là pour tirer l’équipe vers le haut »

C’est Aliou Cissé, l’ancien capitaine de votre génération, qui a qualifié, en tant que sélectionneur, le Sénégal à son deuxième Mondial. C’est tout sauf un hasard…

C’est sûr que ce n’est pas un hasard. Aliou Cissé est entouré de trois autres joueurs de la génération 2002 (Ndlr : Omar Daf, adjoint, Tony Silva, entraîneur des gardiens, et Lamine Diatta, coordinateur). Ils connaissent l’exigence du haut niveau et les réalités africaines. En plus, le tirage était plutôt clément avec le Burkina, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud. Oui, c’est un clin d’œil, l’histoire qui se répète avec l’apport de la génération 2002 dans cette qualification.

Vous pensez que cette génération est bien armée pour faire aussi bien, sinon mieux, que vous ?

Mieux ? On parle d’une demi-finale de Coupe du monde quand même. Jamais une équipe africaine ne l’a fait. Je pense qu’il ne faut pas se mettre la pression, mais il ne faut pas non plus manquer d’ambition. Il faut y aller avec certaines valeurs d’engagement, de détermination et essayer d’abord de franchir le premier tour. Après, tout est possible, à condition de jouer, de combattre et d’évoluer en groupe.

En 2002, vous aviez El Hadji Diouf qui cristallisait un peu les espoirs du Sénégal. Vous voyez Sadio Mané comme le « Diouf » de cette génération ?

Forcément, Mané, c’est le joueur majeur de l’équipe. Il est là pour tirer l’équipe vers le haut. Il a la lourde charge d’amener ce petit plus de génie qui fera la différence, mais il ne faut pas lui mettre trop de pression. C’est un talent qui devra être au service du groupe.

RFI Ndiasse Sambe

 

 

Le président de la République, Macky Sall, a pris la décision d’ouvrir le Comité orientation stratégie du Pétrole et du Gaz (Cos-Petrogaz) à des forces nouvelles, dont la société civile. Une ouverture qui doit, toutefois, s’adosser à la mise en place de garde-fous, à savoir un Code d’éthique, afin d’éviter que certaines choses se retrouvent malencontreusement sur la place publique, selon le chef de l’Etat. Cependant, si certains membres de la société civile, en l’occurrence Ababacar Fall du Gradec, Babacar Ba du Forum du justiciable, ou encore Birahim Seck du Forum civil, applaudissent la mesure d’intégrer ses représentants dans cet organe de pilotage stratégique, il n’en demeure pas moins qu’ils posent des préalables, ou même, émettent des réserves sur cette décision de poser un code de conduite pour les membres de cette entité.
 

BABACAR BA, PRÉSIDENT DU FORUM DU JUSTICIABLE : «Le Code d’éthique limite  la liberté de ton des membres de la société civile»

Nous saluons cette décision du président de la République d’ouvrir le Cos-Petrogaz à la société civile. Nous avons toujours estimé que la société civile devait intégrer cette structure. C’est une vieille doléance de la société civile. Nous félicitons donc le président de la République qui a formulé ce souhait. Cependant, le seul problème qui nous dérange, dans cette annonce du chef de l’Etat, c’est qu’il a posé une condition selon laquelle les représentants de la société civile seront soumis à un code d’éthique. Moi, je pense que cette condition limiterait la liberté de ton des membres de la société civile qui seront appelés à siéger au sein de cette structure. C’est comme si on cherchait à réduire la société civile à sa plus simple expression. Le rôle de la société civile, c’est de dénoncer et ça ne sert à rien qu’on ait au sein du Cos-Petrogaz des représentants de la société civile qui ne puissent pas garder leur liberté de ton ou encore ne soient pas libres de tous leurs mouvements.

La condition du chef de l’Etat est inutile et constitue une raison valable pour que la société civile refuse d’intégrer le Cos-Petrogaz. Tant que le président de la République n’a pas levé cette condition, la société civile doit donc refuser d’intégrer Cos-Petrogaz pour ne pas être de simples figurants appelés à cautionner toutes les décisions qui seront prises au sein de cette structure. Si la société civile doit intégrer le Cos-Petrogaz, il est important que le peuple sénégalais sache demain de quelle société civile il s’agit. Est-ce que c’est une société civile dont la liberté a été réduite ou une société civile qui est libre qui sait dire non quand il faut et qui va régulièrement informer le peuple sénégalais de tout ce qui se passera au sein de Cos-Petrogaz. Nous dénoncions donc avec la plus grande fermeté la condition posée par le chef de l’Etat».

ABABACAR FALL DU GRADEC : «La présence de  la société civile doit  se faire de manière démocratique»

La société civile ne peut que se féliciter d’une telle décision du président de la République car nous estimons que, sur toutes les questions relatives à la gouvernance de manière générale, qu’elle soit politique, économique ou sociale, la société civile doit être au cœur du débat, afin de prévenir les dérives ou la politisation. Sous ce rapport, l’exploitation et la répartition de ces importantes richesses qui appartiennent au peuple et qui concernent les générations actuelles et futures doivent être traitées dans la plus grande transparence surtout que, depuis l’annonce de leurs découvertes, le pays bruit de toutes sortes de rumeurs sur l’attribution des licences d’exploitation ou la signature des contrats pétroliers.

La présence de la société civile en tant que sentinelle devant jouer un rôle de veille et d’alerte doit être une évidence; elle est déjà présente au niveau de l’ITIE. Maintenant, il faut qu’elle se fasse de manière démocratique car tout le monde aime se réclamer de la société civile alors même qu’à ce niveau, il y a lieu de se poser des questions. Il faudra laisser à la société civile, à travers ses cadres d’organisation, le soin de choisir ses représentants. Je pense que, même les centrales syndicales des travailleurs et du patronat qui participent à la création des richesses doivent y être associés si ce n’est pas le cas».

BIRAHIM SECK, FORUM CIVIL : «La nécessité, c’est la présence de la société civile sur toute la chaine de contractualisation»

Pour moi, l’enjeu n’est pas uniquement la présence de la société civile au sein du Cos-Petrogaz. L’enjeu se situe d’abord au niveau de la qualité de la représentation, mais aussi au positionnement des organisations de la société civile dans les structures étatiques chargées de la gestion du pétrole. Il y a pas mal d’organisations de la société civile qui représentent les citoyens au sein des structures étatiques qui se comportent d’ailleurs comme des fonctionnaires, prétextant mener le combat à l’intérieur. Alors qu’ils oublient que leur présence au sein de ces structures est justifiée par une obligation de rendre compte, voire, de donner l’information au peuple sénégalais.

Deuxièmement, la participation de la société civile dans les instances étatiques pour le contrôle des ressources pétrolières et gazières ne saurait être partielle. Du moment où les ressources naturelles appartiennent au peuple, la participation de la société civile doit se sentir sur toute la chaine de contractualisation. Il s’agit là des bases d’un consensus fort, garantissant la cohésion et la paix sociale.

Troisièmement, le principe de l’acceptation de la participation des organisations de la société civile au sein du Cos-Petrogaz ne saurait absoudre le gouvernement dans ses obligations constitutionnelles de transparence, devant faire la lumière sur les conditions d’octroi des blocs précédents, et de la dé-classification du rapport de l’Ige sur Petro Tim.

Enfin, l’idée émise par le chef de l’Etat de disposer d’un Code de conduite doit être accompagnée d’une Charte de la représentation des organisations de la société civile avec une obligation d’informer périodiquement les citoyens sur les activités menées par l’Etat sur la chaine de contractualisation, pas seulement au sein du Cos-Petrogaz. C’est-à-dire les instances qui sont habilitées à recevoir les offres, à les analyser, les instances de négociation. Donc, l’octroi des contrats ne doit plus être l’apanage du président de la République. C’est pourquoi la participation des organisations de la société civile au sein du Cos-Petrogaz ne peut pas se résumer au niveau d’une seule instance, mais sur toute la chaine de contractualisation. Pour moi, la nécessité, c’est la présence de la société civile sur toute la chaine de contractualisation».

«INTERROGATOIRE» DU MINISTRE MAME MBAYE NIANG PAR LE PRÉSIDENT MACKY SALL : Le gouvernement dément

Alors que le débat sur la démission inattendue de l’ex-ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang continue de faire rage dans la presse, le gouvernement a rendu public hier, mercredi 13 juin, un communiqué non pas pour éclairer les Sénégalais sur cette démission mais pour démentir. Dans ce document signé par le Secrétaire général du Gouvernement, le ministre Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement réfute les informations diffusées dans la presse relativement à l’interpellation du ministre Mame Mbaye Niang par le président Macky Sall, lors de la réunion du Conseil des ministres de lundi.

Indiquant qu’il «il a été rapporté, dans certains sites d’information, que le Président de la République aurait, à l’occasion d’un Conseil des ministres, soumis le Ministre Mame Mbaye Niang, à un «interrogatoire» à propos du Rapport de l’Igf sur la gestion du Prodac, le porte-parole du gouvernement botte en touche en précisant qu’«une telle information est totalement fausse». «Il n’a jamais été question, à un quelconque Conseil des ministres, d’un tel type d’échange entre le Chef de l’Etat et le Ministre Mame Mbaye Niang», a dit sans ambages le ministre Seydou Gueye, porte-parole du gouvernement.

Sudquotidien

Malgré un magnifique but de Coutinho, le Brésil n’a pu se défaire de la Suisse teigneuse dimanche à Rostov-sur-le-Don, pour son entrée en lice dans le Mondial 2018. Quatre mois après la blessure de sa star et quatre ans après leur humiliation en demi-finale de la Coupe du monde 2014 (7-1 contre l'Allemagne) les Auriverdes n’ont fait pas honneur à leur statut de grand favori du Mondial russe.

Après l'Argentine surprise par l'Islande (1-1) et l'Allemagne battue par le Mexique, le Brésil et Neymar ont à leur tour été accrochés par la Suisse (1-1) dimanche à Rostov pour leur entrée dans le Mondial 2018.

Dimanche, Neymar a été plus remarqué pour sa nouvelle coupe de cheveux que pour ses jambes de feu. Il n'a pas été décisif, laissant le rôle à Philippe Coutinho, celui qui l'a remplacé à Barcelone après son départ vers le Paris SG. Au bout d'un gros quart d'heure bien maîtrisé par les Auriverdes, le petit milieu de terrain a  profité d'une relance ratée de Zuber pour expédier une frappe magnifique en lucarne et donner l'avantage aux siens (1-0, 20e).

Le Brésil puni

La « Nati », alors, ne sortait plus beaucoup et n'était pas très loin de l'asphyxie. Mais la Seleçao, bizarrement, s'est un peu endormie et n'a plus proposé grand-chose à part une belle tête de Thiago Silva au-dessus de la barre dans le temps additionnel. Et après la pause, après cinq minutes jouées à tout petit rythme, elle a été punie sur corner par les Suisses, avec une tête de Zuber, qui avait pris la précaution au passage de pousser des deux mains Miranda. Une faute évidente non sifflé par l’arbitre.

La fin de match a été brésilienne. D'abord avec Gabriel Jesus qui, au bout d'une action sublime, n'a obtenu ni le penalty ni l'appel à la vidéo qu'il réclamait. Puis avec Roberto Firmino, qui d'abord tirait au-dessus (82e) puis trouvait de la tête un bel arrêt de Sommer (90e). Miranda frappait encore d'un rien à côté dans le temps additionnel, puis les Brésiliens repartaient tête basse. Les Suisses, eux, pouvaient exulter.

RFI

L'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba « pourra rentrer » en République démocratique du Congo s'il le souhaite, a déclaré dimanche le ministre congolais des Affaires étrangères sans préciser s'il était poursuivi par la justice congolaise.

« Jean-Pierre Bemba est parti de sa propre volonté. S’il veut rentrer, il pourra rentrer », a déclaré Léonard She Okitundu dans l’émission « Internationales » de RFI/Le Monde/TV5Monde.

« Je ne suis pas en mesure de vous répondre. Je ne suis pas informé que Jean-Pierre Bemba ait un dossier judiciaire ici », a ajouté le ministre congolais sur un éventuel mandat d’arrêt émis par la justice congolaise à l’encontre de M. Bemba.

M. Bemba se trouve depuis vendredi « en liberté provisoire en Belgique en attendant une décision finale sur sa peine », a indiqué samedi la Cour pénale internationale (CPI), qui l’a acquitté de crimes contre l’humanité et crimes de guerre mais pas dans une affaire de subornation (corruption) de témoins.

La CPI émet des « conditions spécifiques » à sa liberté provisoire après dix ans de détention dont « ne pas changer d’adresse sans préavis ».

L’ex-candidat à la présidentielle de 2006 avait quitté Kinshasa sous escorte des Nations unies en 2007 après des combats entre sa milice et l’armée régulière du président Joseph Kabila.

À Kinshasa, son parti politique (Mouvement de Libération du Congo) compte « bien entendu » sur sa présence à son congrès les 12 et 13 juillet, a indiqué à l’AFP une de ses fidèles, Eve Bazaiba.

Le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle prévue en décembre est annoncé du 25 juillet au 8 août.

En revanche l’autre opposant Moïse Katumbi « sera entre les mains de la justice comme cela a été prévu s’il rentre au pays », a confirmé M. She Okitundu.

M. Katumbi, qui a quitté la RDC en mai 2016, a été condamné dans une affaire immobilière dont il nie tout fondement.

Le ministre congolais a par ailleurs indiqué qu’il se rendrait lundi à Luanda pour parler du processus électoral en RDC.

Il a enfin confirmé l’absence à Kinshasa du nonce apostolique, qui avait eu des mots très durs envers le pouvoir en place, niant que l’ambassadeur du Vatican est été « chassé » par les autorités.

« Il devait retourner pour consultation à Rome. Et c’est tout », a-t-il dit. « Je n’ai reçu aucune demande de la part du nonce apostolique pour venir à Kinshasa ».

Jeune Afrique

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