Des militants de l’APR France originaires du Boundou auraient décidé de rejoindre Un Autre Avenir(AA). Si cette nouvelle annoncée par Ibrahima Thiam dans un document  est confirmée, ce sera une grosse perte pour le parti au pouvoir dont l’ambition est de réélire son candidat, Macky Sall, dès le premier tour. Selon le document transmis à Infos15, AA organisera une rencontre publique pour les accueillir , samedi 25 août, à Paris, dans le 18 eme arrondissement.
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Management - Holacratie : est une forme de management originale
Chaque partie du tout, dont elle dépend, est autonome et décisionnaire.
. Voici comment la définir à travers quelques exemples concrets.


« Le monde de l'entreprise n'est pas statique il évolue sans cesse et comme disait l'autre l'agent, l'employé n'est pas uniquement une Main, c'est aussi une Tête et un Cœur » P B CISSOKO


Holacratie : définition


Pour dynamiter l'ancien modèle de management traditionnel qui consiste à prendre des décisions au sommet de la pyramide de l'entreprise et à les faire descendre et appliquer jusqu'en bas, un nouveau pattern décisionnel a vu le jour en 2001 : l'holacratie. C'est Brian Robertson, président de Ternary Softwares (entreprise américaine de logiciels), qui a imaginé ce chamboulement pour obtenir des mécanismes de fonctionnement plus agiles. Contrairement à un système oligarchique, l'holacratie consiste en un management horizontal, où chaque partie du tout, dont elle dépend, est autonome et décisionnaire.


Organigramme de l'holacratie


Concrètement, le principal changement né de l'holacratie réside dans l'organigramme de l'entreprise : il disparaît. Il n'existe plus de chefs. L'holacratie revient à la raison d'être de l'entreprise et du rôle de chacun. Au lieu d'évoluer en pyramide, on évolue en cercles : ces cercles regroupent les salariés qui ont des rôles proches, sachant que tout un chacun peut se voir attribuer plusieurs rôles, même variés, selon sa charge de travail. Un chargé de communication pourra également intervenir au niveau du cercle de la formation, comme dans celui de la prospection de clients si ses aptitudes et son temps de travail le lui autorisent.


Ces techniques de management originales et qui marchent
Voir le dossier

Management en holacratie


Dans un système holacratique, chacun devient responsable de la mission qui lui a été confiée (et si elle doit disparaître, une autre lui sera confiée, idem s'il ne parvient pas à atteindre ses objectifs). Il n'a plus à s'en référer à un manager, mais n'a pas non plus d'expert référent vers qui se tourner. C'est au sein de réunions dites "de gouvernance" que les problèmes sont évoqués, les tensions évacuées et les solutions étayées, par tous, au même niveau.


L'holacratie chez Zappos


En 2014, la plus grosse structure à tenter l'expérience de l'holacratie fut Zappos, e-commerçant de chaussures, qui emploie 1 500 personnes. Quittant le concept de "patronat visionnaire", Zappos mise sur la créativité et les idées de tout son staff plutôt que sur une poignée d'hommes dans leurs bureaux. Ce faisant, le souhait de Zappos était de devenir plus souple, et de pouvoir continuer de grossir sans être freiné par un manque de maniabilité.


Exemples d'holacratie


L'holacratie, sur le papier, peut s'appliquer à tous les secteurs et à toutes les entreprises, petites ou grosses, de services ou d'industrie. En France, Auchan, Danone et Castorama ont tenté la mise en place partielle d'un tel système, quand d'autres s'y sont cassé les dents, comme Amazon.


Holacratie critique


Certaines voix s'élèvent pour critiquer l'holacratie. Pour certains salariés, le changement est tel qu'ils préfèrent donner leur démission, ce qui peut conduire à un exode de collaborateurs expérimentés. De plus, certains d'entre eux préfèrent être cantonnés à des tâches précises et se sentent peu à l'aise dans ce modèle. Autre critique, en rendant tous les salariés egaux, il existe le risque de transformer le chef d'entreprise en gourou omniscient.


Holacratie avantages


Pour d'autres, l'holacratie est un excellent moyen de faire émerger la créativité et les idées nouvelles. Les salariés se sentent plus reconnus et sont donc plus productifs et plus investis dans leur entreprise. C'est donc un formidable moyen pour faire triompher l'intelligence collective.


Holacratie et entreprise libérée


On associe fréquemment le concept d'holacratie avec celui d'entreprise libérée, car il y réside une forme de liberté, mais cette dernière a ses règles (elle cesse dès qu'on empiète sur celle du voisin) et il n'est pas question de dire adieu aux responsabilités ; celles-ci sont seulement distribuées différemment. L'holacratie peut être vue comme un cadre, et au sein de ce cadre, à chacun d'établir le fonctionnement qui convient le mieux à son entreprise. La bande dessinée de Bernard Marie Chiquet explique bien que dans l'holacratie, on est sans managers mais pas sans management.

https://www.google.fr/amp/s/www.journaldunet.fr/management/guide-du-management/1204818-holacratie-definition-exemples/%3foutput=amp

jeudi, 23 août 2018 14:09

Trop de révisions tuent la Constitution

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Trop de révisions tuent la Constitution

Les transformations de la société peuvent justifier une réforme constitutionnelle. Mais gare aux modifications dictées par les circonstances.

La Constitution est la clé de voûte de l'État de droit et du pacte politique qui soude la communauté des citoyens dans une démocratie. Son rôle est particulièrement important en France, marquée par l'instabilité chronique de ses institutions depuis 1789. La révision de la Constitution ne doit être engagée qu'avec prudence et pour des raisons impératives. Et ce d'autant qu'elle retentit inévitablement sur la légitimité du chef de l'État. S'il semble nécessaire d'actualiser la Constitution pour prendre en compte les transformations de la société ou les mouvements de l'Histoire – par exemple, la décolonisation ou l'intégration européenne –, il convient de proscrire les modifications dictées par les circonstances ou par les jeux partisans.

Car, de même que trop de lois tuent la loi, trop de révisions tuent la Constitution.


Le projet de révision constitutionnelle avancé par Emmanuel Macron confirme ce danger. Au plan politique, il prévoit notamment d'introduire une dose de 15 % de proportionnelle pour les élections législatives à partir de 2022, d'instaurer une limite de trois mandats « identiques, complets et consécutifs »pour les députés, les sénateurs et les présidents d'un exécutif local – à l'exception des maires de communes de moins de 9 000 habitants. Au plan des principes, il entend reconnaître la spécificité de la Corse et l'impératif de la lutte contre le changement climatique. Au plan technique, il supprime le statut de membre de droit du Conseil constitutionnel pour les anciens chefs de l'État ainsi que la Cour de justice de la République.


Aucune véritable ligne directrice n'émerge, contrairement à la révision du 23 juillet 2008, placée sous le signe du renforcement des pouvoirs du Parlement, de l'encadrement des décisions du président dans le domaine des nominations ou du droit de grâce, et surtout de l'amélioration des droits des citoyens, notamment par la possibilité de contester la constitutionnalité des lois. En dehors des ajustements techniques, sa seule logique consiste à acquitter la dette contractée vis-à-vis de François Bayrou pour son soutien à l'élection présidentielle. Et ce sous la contrainte du droit de veto détenu par le Sénat puisque, selon l'article 89 de la Constitution qui traite de sa révision, le projet doit être voté par les deux assemblées en termes identiques.


Le projet modifie toutefois en profondeur l'équilibre de la Ve République. Ses principes, fondés sur la primauté du président de la République, le parlementarisme rationalisé et le scrutin majoritaire, évoluent vers le monopole du pouvoir entre les mains du président, le parlementarisme raréfié, la mixité du scrutin à la fois majoritaire et proportionnel. Cette révision contredit la volonté d'Emmanuel Macron de revenir à l'esprit originel de la Ve République.

Surtout, le projet constitue un contresens politique et historique. Il est tout entier orienté vers la classe politique, ses postes, ses modes d'élection, ses mandats et ses juges, ignorant superbement le citoyen. Il conforte les fractures territoriales en créant des déserts de représentation. Il fragmente le territoire national et la République au moment où il faut conforter la cohésion de la nation face au communautarisme et au sécessionnisme – dont la Catalogne et l'Italie du Nord illustrent les dangers. Il instille, avec la proportionnelle, le poison de l'instabilité au cœur de nos institutions, ouvrant le risque de majorités relatives systématiques et d'un retour au régime des partis de la IVe République, qui accumula 24 gouvernements en douze ans. Et ce au moment où les démocraties affrontent la crise la plus grave depuis les années 1930, sous les feux croisés des menaces extérieures et de la poussée populiste qui, puissamment aidée par le scrutin proportionnel, paralyse l'Allemagne et rend l'Italie ingouvernable.
Enfin, la menace de recourir, en cas de blocage de la révision par le Sénat, au référendum prévu par l'article 11 de la Constitution est à la fois contestable juridiquement et suicidaire politiquement. Même s'il fut utilisé en 1962 – avec succès –, puis en 1969 – à ses dépens – par le général de Gaulle, l'article 11 ne s'applique pas à la révision, qui ne relève que de l'article 89 de notre Constitution. Par ailleurs, de David Cameron à Matteo Renzi, le référendum a tué tous les dirigeants des démocraties qui ont tenté de l'instrumentaliser au cours des dernières années.


Le projet de révision de la Constitution souligne les fragilités du quinquennat d'Emmanuel Macron : plus il renforce l'hyperconcentration des pouvoirs de sa présidence jupitérienne, plus il affaiblit les contre-pouvoirs ; plus il s'éloigne de la société, plus il se coupe des citoyens, plus son autorité flotte. La France a trop besoin de la transformation de son modèle économique et social pour se perdre dans une nouvelle modification hasardeuse de sa Constitution après le lamentable épisode de la déchéance de nationalité. Il en va en effet des réformes comme des monnaies : les mauvaises chassent les bonnes.


(Chronique parue dans Le Point du 12 avril 2018)


> Lepoint.fr https://www.nicolasbaverez.com/2018/04/16/de-revisions-tuent-constitution/

 

Un Sénégal pourri par les arnaques : chacun veut abuser l'autre

Lu quelque part...et mon ami le doyen Djiby SY 80 ans , de la société civile en France et au Sénégal nous éveille et nous alerte.

Ce pays n'est pas malade, il est tout simplement pourri !

--Le mécanicien, le réparateur (de télés, de frigos, etc.) à défaut de vous voler une pièce, vous sort une panne imaginaire pour vous soutirer plus d'argent ;

--Ce citoyen qui veut se débarrasser de sa voiture en panne et qui décide de le vendre, tout en cachant la panne à l'acquéreur ;

--Ce citoyen qui est en possession d'un terrain litigieux mais qui décide de le vendre sans déclarer le litige à l'acquéreur ou encore ce propriétaire de terrain qui vend son bien à plusieurs personnes à la fois;

--Ces commerces (quincaillerie, show-room d'appareils électroménagers) qui exposent des « produits originaux » mais qui vous livrent des produits contrefaits ;

--Ces vendeurs de tissus qui mettent des lampes fluorescentes dans leurs boutiques afin de mieux tromper les clients ;

--Ces maçons qui s'éclipsent dans la nature après avoir encaissé leurs dus et sans avoir rempli leur part du contrat ;

--Ces vendeuses de fruits, sur les routes sénégalaises, qui bourrent leurs bols ou seaux de papiers afin de donner au client « l'impression d'un récipient rempli »;

--Cette vendeuse de poisson qui te jure sur son marabout que son produit est tout frais alors qu'elle a du mal à le vendre depuis plusieurs jours ;

--Ces vendeurs qui mettent les légumes pourris au fond du sac afin de tromper la vigilance des clients ;

--Ces vendeurs de « café Touba » qui mélangent le café avec du mil ou du riz grillé;

--ces agents de santé qui volent les médicaments des patients;

--Ces citoyens témoins d'un accident de la circulation se précipitant sur les lieux, non pas pour aider les victimes mais pour leur soutirer téléphones portables, montres, argent et autres produits. Certains sapeurs-pompiers sont aussi coutumiers des faits.

La liste est loin d'être exhaustive, que dire des marabouts et autres guérisseurs charlatans, des médecins qui détournent les patients vers leurs propres cliniques, combinent avec les pharmaciens et autres distributeurs de médicaments, ces enseignants véreux qui sèchent les cours dans le public pour se faire de l'argent dans le privé ?

Mais point de surprise dans un pays qui a pour devise «xaalis kenn duko ligeey, dañu koy lijjanti »

Lorsque les citoyens d'un tel pays sont appelés à choisir leurs dirigeants, ils ne peuvent élire que les "meilleurs" d'entre eux, c'est à dire ce qui excellent dans l'art du vol, de l'escroquerie et de la tromperie.

Ce pays n'est pas malade, il est tout simplement pourri !

Il faut

 

mercredi, 22 août 2018 12:29

Sénégal, la téléréalité au service de l'agriculture

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Au Sénégal, 32 jeunes travaillent actuellement la terre, dans une ferme de la région de Joal, à trois heures de route de la capitale, à l’ouest du pays. Ils viennent de différentes régions du Sénégal. Certains sont issus de familles d’agriculteurs, mais la majorité sont de jeunes urbains. Tous participent à la première émission de télé-réalité sénégalaise sur l’agriculture, La Ferme Factory, diffusée sur la chaîne publique sénégalaise RTS. 34 épisodes au total de 26 minutes chacun, montrés aux téléspectateurs, avant le journal de 20h chaque dimanche. Au programme, pour ces apprentis fermiers : un réveil à 6h chaque matin, puis la journée commence avec une préparation musculaire, c’est ensuite aux champs que les candidats doivent faire leurs preuves. Malgré une croissance à la hausse, le Sénégal continue d’avoir des taux élevés de pauvreté et de chômage, les inégalités sociales sont toujours frappantes, l’exode rural et l’immigration clandestine n’ont pas cessé d’être à l’ordre du jour. L’agriculture contribue à environ 14% du PIB du pays, et pourrait constituer un vivier d’emplois. Pourtant, beaucoup de jeunes Sénégalais estiment que les profits tirés du travail de la terre sont dérisoires. La Ferme Factory, imaginée en partenariat avec l’Etat, vise à changer le regard de la société sur l’agriculture, et à inspirer les jeunes actifs pour qu’ils se tournent vers ce secteur.

RFI

mercredi, 22 août 2018 12:22

Le Maroc veut rétablir le service militaire obligatoire

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Le Maroc va rétablir le service militaire obligatoire pour tous les jeunes de 19 à 25 ans. Contrairement au programme précédent, celui-ci a cependant une particularité : il sera également obligatoire pour les femmes de la même génération, sans aucune autre condition. Un projet de loi en ce sens a été approuvé lundi, selon un communiqué du cabinet royal.

Depuis 2006, les jeunes marocains de 19 à 25 ans n'étaient plus appelés à effectuer un service militaire obligatoire pendant un an. Une obligation qui va donc revenir. Avec une particularité : il sera désormais obligatoire pour les femmes. Ce qui n’était pas le cas avec l’ancien service militaire supprimé il y a 12 ans.

Il était obligatoire pour les hommes, mais il restait ouvert aux candidatures féminines. Il fallait être célibataires, sans enfants et âgées de 20 à 27 ans, sur base du volontariat. C’est là toute la différence, cette fois le texte ne mentionne aucune condition pour les femmes.

L’objectif de cette résolution, c’est avant tout de promouvoir le patriotisme chez les jeunes et d’améliorer l’intégration dans la vie professionnelle et sociale, souligne le communiqué publié par le palais royal.

Certains observateurs estiment que cette mesure est liée aux troubles sociaux de ces dernières années ; certains parlent même d’une mesure disciplinaire. Elle intervient alors que depuis 2016, d'importantes manifestations contre la pauvreté, auxquelles participent de nombreux jeunes ont lieu dans le nord du pays; celles-ci se sont même étendues ces derniers mois vers l'Est.

Le texte doit encore passer devant le Parlement en octobre. Il n'entrera en vigueur qu'après son éventuelle publication au Bulletin officiel.

RFI

  • "Je veux gagner la Ligue des champions avec la Juve", a déclaré Cristiano Ronaldo, la recrue-star du club italien, mercredi dans une interview à Dazn, nouveau diffuseur du championnat d'Italie dont il vient d'être nommé ambassadeur.

Débarqué à Turin cet été après son transfert pour 100 millions d'euros du Real Madrid, Cristiano Ronaldo a affirmé qu'il allait "se concentrer sur elle, avec (ses) coéquipiers, mais sans que ça soit une obsession, un pas après l'autre". "Et on va voir ce que ça donne, si c'est cette année, la suivante ou celle d'après", a expliqué le Portugais.

"Je suis très heureux, l'équipe est forte et comme tout le monde le sait, la Juve est l'un des plus grands clubs du monde", a poursuivi le quintuple Ballon d'Or, qui a fait ses débuts en Serie A samedi lors d'une victoire 3-2 à Vérone face au Chievo.

"J'ai été surpris de façon positive. On s'entraîne durement, deux fois par jour. J'aime les méthodes d'entraînement, la mentalité. C'est très, très professionnel", a-t-il ajouté.

A propos de son transfert, Ronaldo a parlé de "décision facile".

"Bien sûr, ce que j'ai fait au Real Madrid était incroyable. J'ai tout gagné et j'ai tellement d'amis là-bas, c'est ma famille. Mais la Juve a montré qu'elle me voulait plus que tout. Ils m'ont donné une opportunité et j'en suis heureux. Je veux essayer d'écrire aussi l'histoire avec ce club", a encore dit CR7.

Dazn, qui fait partie du groupe Perform, a acquis les droits pour la diffusion en Italie de trois matches de Serie A lors de chaque journée, en exclusivité et en streaming. Les sept autres matches sont diffusés par la chaîne Sky, un des diffuseurs traditionnels du championnat d'Italie.

 

AFP

Le président des Etats-Unis Donald Trump a essuyé mardi 21 août un double coup dur judiciaire, avec de spectaculaires rebondissements dans deux affaires qui le touchent de près. Paul Manafort, son ex-directeur de campagne a été jugé coupable mardi de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'inculpation qui le visaient. Plus grave pour la Maison Blanche, au cours de la même journée, Michael Cohen, l'ancien avocat personnel de Donald Trump a plaidé coupable pour huit chefs d'inculpation, six pour fraudes fiscale et bancaire et deux pour financement illégal de campagne électorale. Pire, L'ancien avocat du président a assuré devant la justice avoir violé la loi à la demande du président.

 Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

C'est un coup très rude pour le président américain et il vient de l'homme en qui il a placé toute sa confiance pendant plus d'une décennie. Michael Cohen se présentait comme « le pitbull » de Donald Trump, il a occupé pendant dix ans un bureau dans la Trump tower, à New York. Il expliquait être là pour régler ses problèmes. Mais l'ancien avocat personnel du président risque désormais de devenir la source des plus importants ennuis de l'hôte de la Maison Blanche.

Devant le juge fédéral, Michael Cohen a affirmé avoir versé 130 000 et 150 000 dollars à deux femmes pour acheter leur silence sur des liaisons avec Donald Trump à la demande de celui-ci et dans l'intention d'influencer les élections.

Une déclaration qui sous-entend que le président a commis un délit. Michael Avenatti, l'avocat deStormy Daniels, l'une de ces deux femmes, souligne la responsabilité de Donald Trump dans ce dossier. « Le président avait déclaré à bord d'Air Force One qu'il ignorait tout du paiement de ces 130 000 dollars mais nous savons désormais la vérité grâce à Michael Cohen et nous pouvons affirmer que le président des Etats-Unis a menti au peuple américain alors qu'il se trouvait à bord de l'avion du peuple. »

« Un message fort » et « une rude leçon »

De ces paiements résultent deux chefs d'inculpation pour financement illégal de la campagne. A la sortie du tribunal mardi soir, le procureur de New York a eu des mots rudes pour l'ancien avocat de Donald Trump.

« Ce sont des inculpations très sérieuses qui reflètent une tendance au mensonge et à la malhonnêteté sur une longue période. Elles sont significatives en soi, mais en particulier parce que ces infractions ont été commises par un avocat. Un avocat qui par sa formation et la tradition de sa profession sait ce que veut dire le respect de la loi. Monsieur Cohen a renié sa formation et a décidé qu'il se plaçait au-dessus des lois. Pour cela il va payer un prix très élevé », a commenté Robert Khuzami.

« Les lois sur le financement des campagnes sont conçues pour empêcher l'utilisation illégale d'argent au cours des élections et pour maintenir l'intégrité de ces scrutins. Monsieur Cohen a plaidé coupable pour ces violations de la loi. C'est un message fort aujourd'hui et nous ne craindrons pas de poursuivre d'autres violations à la loi sur le financement des campagnes électorales. La loi s'applique. Nous sommes un pays de droit et la loi s'applique à tous. C'est une leçon que monsieur Cohen a apprise aujourd'hui et elle est rude. »

Une coopération avec la justice ?

Michael Cohen pourrait être tenté de coopérer pleinement avec la justice pour réduire les peines de prison qui le menacent. Il s'est résolu à « dire la vérité au sujet de Donald Trump », a assuré son avocat avant d'interroger : « Si ces versements constituent un crime pour Michael Cohen, pourquoi ne constitueraient-ils pas un crime pour Donald Trump ? ».

Et comme si cela ne suffisait pas, un autre tribunal a le même jour reconnu l'ancien directeur de campagne de Donald Trump coupable de huit chefs d'accusation, pour fraude bancaire et fiscale. Paul Manafort risque de passer le reste de ses jours en prison. S'il a observé un prudent silence après les déclarations de son ancien avocat, Donald Trump a réagi à cette condamnation « je me sens très triste pour lui, c'est un homme bien » a déclaré le président.

RFI

 

Achille Mbembe, Felwine Sarr et leurs tristes rêveries. Le blog de Charles Tsimi


« Un intellectuel lu et écouté ne fait pas le printemps. Certes il y a une pensée originale chez nos jeunes intellectuels mais au fonds est-ce que cette production est efficiente au-delà de cette volonté de se dire ou exister en tant que tel ? Il y a des préalables pour entamer une amorce et il me semble que c'est là où le bât blesse chez nous auteurs. Tant que l'Afrique ne prendra pas en compte la mentalité les avancées seront freinées et l'Afrique marquera le pas et la question de son collage sera omniprésente. J'aime lire et écouter Felwine et Achille et Mabanckou mais j'attends plus du concret et non de l'aérien B CISSOKO


• Le blog de Charles Tsimi


Achille Mbembe et son compagnon Felwine Sarr signent une tribune magistrale sur le site du journal le Monde Afrique. La France n'a qu'à bien se tenir, ces deux sont révolutionnaires de ouf....Mieux que Marx et Engels, voici Mbembe et Sarr. Bientôt, ils publieront un Manifeste de la Circulation. Petit livre de 30 pages destiné aux dirigeants démocrates, pour la suppression complète des frontières.


Tout d'abord, lecteurs de Mediapart, il faut savoir qu'il y a le Monde et le Tiers-Monde. Il y a l'ONU et la Communauté internationale. Il y a lemonde.fr et lemonde.fr/afrique. A ne pas confondre. Certes, il s'agit du même groupe, mais comme indiqué, ce n'est pas le même monde, enfin si, mais disons qu'ils ont jugé là-bas, que l'Afrique avait besoin d'un peu d'intimité. Ou alors, c'est simplement qu'il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes. L'un est effectivement destiné au Monde, on y parle de Trump, du CETA, des Rohingyas, de l'Union Européenne, du Qatar, de Daesh, des choses sérieuses quoi! et l'autre est destiné à l'Afrique,. Unique continent qui bénéficie, de la part du grand groupe de presse, de cette attention délicate.
Les mauvais esprits croiront qu'il s'agit d'un apartheid, ou tout au moins, d'une discrimination POSITIVE. Personnellement, je crois que le Monde est un journal qui aime l'Afrique.C'est de notoriété publique. La Francophonie c'est sacré! Et quand on aime, on le prouve. C'est fait.


Sur lemonde.fr/afrique donc, la parole est régulièrement donnée à certains intellectuels "africains" , lesquels s'amusent à parler, à penser au nom des "africains", pour les "africains" aux officiels du Monde, de l'Occident. Parmi ces intellectuels, figurent deux noms désormais célèbres, deux pourvoyeurs attitrés de la "pensée africaine", deux diseurs de ce qu'il faut faire, deux prescripteurs, deux censeurs, deux archevêques, deux think-thankers, deux compagnons: l'historien camerounais Achille Mbembe et l'économiste sénégalais Felwine Sarr. Ils dirigent l'un et l'autre Les Ateliers de la pensée de Dakar, une sorte de kermesse intellectuelle qui réunit les Afro-consort éparpillés dans le monde.


Felwine Sarr et Achille Mbembe: les doux panseurs


Ils ont donc publié, à l'occasion de la visite du président Emmanuel Macron en Afrique, une tribune: Africains, il n'y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes ! sur le site lemonde.fr/Afrique. Bien!


Vu les auteurs, en vérité, j'aurais pu ne pas lire l'article. Mais, comme j'ai été apostrophé par un vocable des plus insignifiants :"Africains,"....il me fallait, au moins par curiosité imbécile, lire la suite : "il n'y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes ! ". Leur histoire a commencé très mal, très très mal, me suis-je dit,. Qui attend quoi de la France? Les africains ?

Qu'est-ce cette manière d'infantiliser, d'essentialiser des millions de Femmes, d'Hommes ?

Ma pauvre mère, retraitée, ne connait pas ces deux messieurs, et elle n'attend et n'a jamais rien attendu de la France, et des gens comme elles sont légions en Afrique, alors un peu de considération chers messieurs, pour ces anonymes légions qui ne vous ont pas sonnés. La fin de ce début de titre catastrophique : "...que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes!". Bref.... le titre de l'article m'a paru, très vite abscons et con, hélas, j'ai quand même décidé de poursuivre ma lecture.


J'ai lu la tribune, sans émotion particulière, sans interrogation subite....je m'ennuyais presque. A un moment donné, des mots, des bouts de phrases, quelques arguments ont commencé à m'agacer terriblement. Je ne comprenais pas comment deux têtes aussi illustres pouvaient se complaire dans une pensée aussi molle, futile, et s'octroyer le beau rôle de m'interpeller moi, africain, de la "nouvelle génération".


Ne pouvant commenter tout l'article, car je le fais à titre gratuit, je vais juste m'attaquer à quelques arguments, bouts de phrases, paragraphes, éminemment ridicules de nos deux panseurs africains. Que disent-ils:


- "Dans la poursuite de ses intérêts en Afrique, la France a, depuis l'époque coloniale, clairement choisi ses alliés locaux. En règle générale, il s'agit non pas des peuples eux-mêmes ou encore des sociétés civiles, mais de potentats souvent cruels et sanguinaires. Entourés d'une caste servile déterminée à se reproduire indéfiniment au pouvoir, il s'agit, dans la plupart des cas, de tyrans disposés à traiter les leurs comme des captifs de guerre".
L'Histoire n'est pas avare de potentats cruels et sanguinaires, de véritables tyrans. ça ne sert à rien d'affubler l'Afrique de mots extravagants, alors que celle-ci souffre déjà, simplement, pour ce qu'elle est. Des dirigeants qu'on peut faire et défaire depuis l'étranger, des dirigeants que de petites associations étrangères peuvent poursuivre en justice, des dirigeants dont on peut bloquer des comptes et saisir quelques biens à l'étranger, des dirigeants soumis aux "droits de l'homme" et à la "démocratie", des dirigeants qui ont peur de leur population ...hé bien, pour moi, c'est autre chose que des potentats (souverain absolu d'un grand Etat).


Il n'existe pas de potentats en Afrique (peut-être le Roi du Maroc, et encore!). Pourquoi utiliser donc ce mot qui ne rend compte de rien? Dans l'optique de bien se faire voir. Et cruels? La cruauté des dirigeants africains est surtout une cruauté de médiocrité, d'impuissance, de cupidité. Ils ne sont pas cruels au sens des grands massacres qui jonchent l'Histoire....l'Afrique compte les dirigeants les moins criminels de toute l'Histoire de l'humanité. Ils sont ceux qui ont le moins massacré leurs peuples, et les peuples étrangers. Ce qui ne veut pas dire qu'ils sont les plus vertueux, ni que cela constitue un mérite particulier. C'est simplement un fait qui peut se comprendre trop aisément: moins criminels, car moins puissants, moins conquérants. Si les conditions étaient réunies, ils auraient été, sans nul doute, aussi cruels que Caligula, Bismark, Napoléon, Léopold II, Ferry, Pol-Pot, De Gaulle, Bush, Sarkozy....

je passe sur le cas d'Hitler et de Staline. Sanguinaires?

Là aussi, on peut faire le décompte, et on verra qu'en litre de sang versé, les dirigeants africains sont de petits joueurs. Véritables tyrans? Archi faux! Ce sont surtout de médiocres tyrans. Là encore, on peut convoquer l'Histoire....Et la tyrannie, c'est autre chose que vivre au Cameroun, au Zimbabwe, en Angola. Je ne le dis pas parce que je suis défenseur d'un quelconque régime famélique en Afrique, bien au contraire, soucieux de bien nommer le mal qui mine ces pays, je refuse d'utiliser des mots qui se baladent d'une bouche à l'autre, sans qu'on ne cherche à comprendre ce qui se cache derrière, et pourquoi on l'utilise.


- "L'un des procès les plus significatifs intentés contre la France par les nouvelles générations d'Africains est d'avoir lié son sort à celui de classes dirigeantes ..."


Qu'est ce que ce charabia? nouvelles générations d'Africains, une réalité trop imprécise et trop confuse. Cela dit, 41% de la population en Afrique a moins de 15 ans, et les jeunes de moins de 25 ans représentent 65% de la population. Ces jeunes sont très peu politisés, ils sont surtout confrontés aux problèmes d'accès à l'éducation, d'emploi et de soins de santé. Où est ce que nos deux panseurs ont vu "ces nouvelles générations qui intentent des procès significatifs à la "France"? Ne confond-on pas ici les jeunes issus de l'immigration vivant à l'étranger, et la "jeunesse africaine"? Il y a une différence spectaculaire entre la jeunesse urbaine de Douala (ou de Malabo,Abidjan...) et son rapport à la politique et la jeunesse africaine vivant à l'étranger. Tout comme il y a une différence entre la jeunesse urbaine de Douala et la jeunesse rurale de Mbandjock, au Cameroun. La jeunesse urbaine d'Abidjan et la jeunesse rurale de Côte d'Ivoire. Et les jeunes ruraux viennent, de plus en plus, dans les villes, non pour se liguer contre les pouvoirs en place ou contre la France, mais pour vivre plus confortablement. Ils échappent, à l'heure d'internet, à l'ennui des villages et regagnent nos étroites capitales, des pétaudières, pour se connecter avec le "monde".


-"Ne pas se tromper de diagnostic signifie aussi ne point faire de la France le bouc émissaire de tant de malheurs que nous aurions pu éviter, mais que, plus que de coutume, nous nous auto-infligeons."
C'est Achille Mbembe et Felwine Sarr qui font semblant de croire qu'il y a assez de gens stupides pour se tromper de diagnostic. Et qu'il faudrait leur bonne parole à eux, pour nous guider vers le droit chemin. Aucun parti politique en Afrique ne prospère sur la base d'un anti impérialisme. Contrairement en France, où on voit des hommes politiques jouer avec la corde de l'immigration par exemple, pour des raisons "démocratiques". Il n'y a pas une opinion dominante, en Afrique en tout cas, qui fait de la France un quelconque bouc-émissaire...Dans les marchés, les lieux populaires, les gens ne se mettent pas du matin au soir, sous le soleil, pour raconter que c'est à cause de la France qu'ils sont ce qu'ils sont. Dans les bars, ça ne cause pas esclavage, colonisation...


Au Cameroun, pays africain je rappelle, il y a quelques années, un activiste très anti français, André Blaise Essama vandalisait quelques sites qui portaient la trace de la présence française à l'époque coloniale. Ce dernier, aux yeux de l'opinion, avait plus l'air d'un fou que d'un activiste. Ils n'étaient suivi, acclamé par personne. C'était une espèce de Kemi Séba, mais en plus authentique, qui n'intéressait personne...même pas mes camarades d'alors, en faculté de Sciences Juridiques et Politiques de Yaoundé II. Même pas par l'UPC, ce parti nationaliste qui a combattu les envahisseurs.
- "Mais, par-dessus tout, les nouvelles générations ont pris conscience que les rapports franco-africains postcoloniaux reposent sur très peu de valeurs que la France et l'Afrique auraient en partage. Dans un contexte de tarissement des rentes de la circulation, cette vacuité morale et le défaut de légitimité qui s'ensuit expliquent, plus qu'on ne l'a laissé entendre, le recul de l'influence française en Afrique."
Encore leur vague truc de "nouvelles générations". Et pour le reste, je ne comprends rien.


- "Plus que leurs aînés, les jeunes Africains savent que la survie de l'Afrique ne dépend pas de la France, tout comme la survie de la France ne devrait guère dépendre de l'Afrique. Elles ont compris que le fait d'avoir eu, à un moment donné, un passé en commun ne nous condamne pas à envisager un futur ensemble, surtout si ce futur doit se construire à notre détriment."
Sur quoi repose de telles affirmations? Leurs aînés, c'est à dire Quelle génération? Les "nouvelles générations", celles qui représentent plus de la moitié du continent sont surtout à éduquer, à soigner. Depuis leurs écrans de télévision, leurs smartphones pour ceux qui en ont, leur ordinateur, la France veut surtout dire le bien-être. Ils constatent les conditions matérielles d'existence qui diffèrent. Ces "nouvelles générations" contrairement à ce que prétendent nos deux prescripteurs, n'ont pas davantage compris ce qu'ils appellent passé en commun et futur ensemble, faute d'intellectuels présents avec eux.
- "Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir à un moment où le processus de décolonisation de l'imaginaire africain est en phase d'accélération....".


Quels doux rêveurs! Quelle bêtise! Le désir d'occident (voir Alain Badiou) n'a jamais été aussi violent en Afrique et dans le monde. Partout les gens aspirent à vivre comme en Occident. Et ce désir d'Occident est la preuve que s'il y a bel et bien un lieu qui est loin d'être en pleine décolonisation, c'est l'imaginaire. Partout en Afrique on aspire à la "DEMOCRATIE" (notez les guillemets), une fascination extrêmement béate des élections de Macron ou de Trump. Là encore, c'est la preuve que le processus de décolonisation de l'imaginaire est loin d'avoir commencé. Si nos deux faiseurs de tribune étaient assez dans le réel, ils se rendraient compte que l'élection française passionne en Afrique subsaharienne, plus que n'importe quel autre élection locale.


N'appelle t-on pas déjà, au Cameroun, un candidat aux prochaines élections présidentielles en 2018, le Macron camerounais? N'a t-on pas vu la jeune diaspora gabonaise supplier l'ultra démocrate François Hollande, pour qu'il aille chasser Ali Bongo du pouvoir? Il n'y a pas de processus de décolonisation de l'imaginaire entamé, c'est l'inverse, en sa phase d'accélération.


- "Les structures fondamentales de cette décolonisation se donnent le mieux à voir dans la production artistique et esthétique et dans le renouveau de la pensée critique"


N'importe quoi! Production artistique?

Intéressons-nous donc à cette production. Prenons la musique urbaine. Au Nigéria, au Cameroun, et en Côte d'Ivoire....elle n'est rien d'autres que la reproduction tiers-mondisée de ce qui se passe aux USA. Il suffit de regarder les clips. Les techniques utilisées. L'habillement. On parle Cinéma?

Théâtre? Arts vivants? Littérature? Achille Mbembe et bien d'autres écrivains noirs, si ils sont connus et jouissent d'une réputation en Afrique, c'est grâce à la France ou disons à l'Occident. La majeur partie des grands intellectuels et des grands écrivains africains re-connus en Afrique le sont parce qu'ils ont été proclamés comme tel depuis les instances européennes. Il n'y a pas d'écrivains publiés au Cameroun dont la popularité dépasse le seul cadre de sa famille ou de son village. J'exclus les quelques oeuvres au programme scolaire.


Quant au renouveau de la pensée critique, franchement, quelle imposture! Là encore, je demande à nos deux savants de faire le tour des universités en Afrique subsaharienne, de regarder le niveau de la recherche...et de nous dire s'il y a de quoi bomber le torse. Renouveau ?

mais où? Quelles sont donc les revues scientifiques africaines qui bousculent le monde du savoir?


- "Les arts du XXIe siècle seront africains"


Tel est le titre d'un de leurs paragraphes. Alors qu'ils énoncent des conneries, rappelons à nos tranquilles intellectuels que, pendant que l'on vendait des migrants à 400 euros la pièce, en plein XXIe siècle, un tableau de la Renaissance, Salvator Mundi de Léonard De Vinci, s'est vendu à 450 millions de dollars à New York.


- Que dire par ailleurs de la production artistique et de la création esthétique ?

Puisque les arts du XXIe siècle seront africains, comment ne pas s'en servir pour faire éclore , ensemble, de nouvelles virtualités ?


On ne sait pas toujours, pourquoi et à partir de quoi ces messieurs déclarent que les arts du XXIe siècle seront africains...les chinois ne sont pas créatifs j'imagine, et les argentins des bons à rien, et les iraniens trop nuclérairés pour briller dans l'art, et les turcs pas assez démocrates pour inventer.... D'où ça leur sort que l'Afrique serait au XXIe siècle le continent par excellence de l'art? "comment ne pas s'en servir pour faire éclore , ensemble, de nouvelles virtualités ?"...Se servir de quoi exactement? ce qui n'existe pas encore? Quelles virtualités? bref....pathétique!
- "La réinvention des rapports entre la France et l'Afrique n'a de sens que si ces rapports contribuent à une nouvelle imagination du monde et de la planète. La grande question philosophique, esthétique et culturelle, mais aussi politique et économique du siècle en cours est celle de la mutualité, de la mobilité et de la circulation."


Tout porte à croire qu'avec les Etats-Unis, avec la Chine, le Japon, l'Inde, la Russie...l'Afrique a d'excellents rapports. Ne reste plus que la France. En outre, cette histoire de nouvelle imagination du monde et de la planète est assez risible. On est dans un monde capitaliste. Qu'ils continuent d'imaginer.... Et puis, la réinvention, ça tombe du ciel?

ou alors, sont-ils vraiment convaincus qu'à la suite des élections libres et transparentes en Afrique, ils auront ce "nouveau monde et cette nouvelle planète"? N'est-ce pas d'une naïveté proche de l'ignorance?


Ils disent, ils osent dire: La grande question philosophique, esthétique et culturelle, mais aussi politique et économique du siècle en cours est celle de la mutualité, de la mobilité et de la circulation. Alors qu'on sait depuis peu que Le patrimoine cumulé des 1 % les plus riches du monde a dépassé l'an dernier celui des 99 % restants. Alors qu'on vit tous les jours l'expérience d'un monde cruellement injuste et inégalitaire, alors que l'Afrique piétine et reste le théâtre d'affrontements étrangers, alors que des populations entières vivent de l'aide humanitaire, nos deux Africains déclarent que LA GRANDE QUESTION PHILOSOPHIQUE...est celle de la mutualité. La mobilité.

La circulation. LA GRANDE QUESTION ESTHÉTIQUE..POLITIQUE..LA GRANDE QUESTION ECONOMIQUE....CULTURELLE. Quelle médiocrité!
Mutualité. Mobilité. Circulation ne sont pas de grandes questions.....Elles n'ont strictement rien de politique. Et d'ailleurs, ce monde-ci est déjà mutuelle, mobile et circulaire. A moins donc, de vouloir, aller plus ou moins loin, se poser la question de la mutualité, la mobilité, la circulation est sans intérêt.


- "Réinventer la relation avec l'ex-puissance coloniale exige de remplacer le colonialisme par de nouveaux rapports de mutualité, de réciprocité et d'égalité." Qui réinvente? Les Etats? a t-on déjà vu les Etats réinventer quoi que ce soit si ce n'est leurs intérêts nationaux? Alors balancer comme réinventer la relation ...n'a pas de sens. Cette réinvention n'aura pas lieu. Parce que l'Histoire politique est une histoire de rapports de force, de luttes, de conquêtes. Ce n'est pas deux démocrates qui vont aller se mettre à table et convenir, parce que ayant lu Mbembe et Felwine, que le colonialisme c'est pas bon, place donc à l'égalité, à la réciprocité.


- "Au-delà des jeux de puissance, la seule discussion d'avenir avec la France, le seul débat philosophique digne d'intérêt avec ce pays qui a significativement contribué à la vie de l'esprit, c'est celui-là : comment assurer la durabilité de ce monde, le seul que nous avons en partage."


Ces deux naïfs parlent comme si l'Afrique était un pays. Ils font comme si l'avènement d'une unité politique du continent était une affaire de claquement de doigts. Ils affirment arrogamment: "la seule discussion d'avenir avec la France, le seul débat philosophique digne d'intérêt avec ce pays qui a significativement contribué à la vie de l'esprit, c'est celui-là : comment assurer la durabilité de ce monde, le seul que nous avons en partage".

C'est donc ça?

Assurer la durabilité de ce monde...Le monde est très bien comme il est. Il faut simplement "assurer" qu'il dure toujours comme il est.
L'historien et l'économiste veulent une chose et son contraire. Ils veulent imaginer un nouveau monde, et en même temps ils veulent "assurer" à "ce monde" une durabilité. A quoi renvoie "ce monde" si ce n'est le monde capitaliste régit par les intérêts, l'exploitation, les guerres? Ou alors, ils sont en train de nous dire que la seule discussion qui vaut le coup avec la France est celle de l'écologie? C'est du n'importe quoi. Après nous avoir posé leur GRANDE QUESTION PHILOSOPHIQUE de l'année, ils nous imposent la SEULE DISCUSSION d'AVENIR: durabilité. Pendant ce temps, 100 congolais peuvent mourir dans le silence complet de la communauté internationale et quand un français meurt, c'est l'humanité entière qui pleure.


Comment peuvent-ils, au vu des conditions d'existence des millions d'Africains, dire que la seule discussion possible est "d'assurer". Et pourquoi se limitent-ils à la France? On croyait pourtant qu'ils étaient fraîchement et impeccablement décolonisés.


- "Cette durabilité exige la redistribution la plus équitable possible du droit universel à la mobilité et à la circulation".


J'avoue, en lisant ceci, j'ai éprouvé un peu de la colère. De mépris. Est-ce pour ça que ces messieurs ont interpellé les Africains? Un monde juste repose t-il d'abord et fondamentalement sur la mobilité et la circulation? Qu'est ce que cette histoire de mobilité et de circulation dans ce qui se passe actuellement au Soudan, en Somalie, en Érythrée, au Somaliland, au Swaziland? Ignore t-on sur quoi repose le privilège de ceux qui, aujourd'hui peuvent tranquillement circuler dans la surface du globe? Va t-on dans un monde aussi horriblement gouverné par l'argent commencer à réfléchir sagement sur le droit universel à la mobilité, à la circulation, et donc à se porter soi même en esclavage, pour ceux qui n'ont rien et qui croiront aller trouver ailleurs quelque chose.


- "Cette politique de la circulation planétaire, il nous revient d'en imaginer les fondements éthiques, à l'heure où le rêve d'apartheid semble s'être à nouveau emparé du monde."


Pur charabia. Quelle pensée maigrichonne! Lorsque Marx demandait aux prolétaires de tous les pays de s'unir, il n'exigeait pas au préalable un droit universel de la circulation. Il existe déjà un droit universel à la santé, à l'éducation....et pourtant! Alors un droit universel de la circulation, c'est aussi imbécile que la fermeture des frontières. Car, dans un cas, comme dans l'autre, l'Homme circule.....depuis ses origines. Et il y a une circulation qui doit nous interpeller, celle des migrants. Et ce qu'elle révèle, ce n'est pas tant qu'il nous faut un droit d'aller et venir, c'est surtout que le monde se résume un peu à l'Occident. Qu'un blanc c'est pas tout à fait un noir....Qu'un riche c'est pas tout à fait comme un pauvre...Qu'un anglais c'est pas comme un nigérian.


La question de l'égalité est la question de l'Humanité par excellence. Il faut travailler à son avènement, de façon explicite et déterminée, ou sinon on travaille contre-elle, comme nos deux pauvres savants.


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