Le Paris Saint-Germain s’est imposé face à Monaco en finale de la Coupe de la Ligue ce samedi 31 mars à Bordeaux (3-0). Edinson Cavani, auteur d'un doublé et Angel Di Maria sont les deux buteurs parisiens. Le PSG remporte sa cinquième Coupe de la Ligue d'affilée.

Kylian Mbappé, passé à côté de la finale de la Coupe de la Ligue en 2017 avec Monaco (4-1), désormais dans l’autre camp, devait démontrer qu’il est, en l’absence de Neymar, un vrai leader offensif du Paris Saint-Germain.

Quelques jours après son premier doublé en Bleu face à la Russie en match amical, le jeune joueur parisien revient aux affaires du football hexagonal : pour marquer face à son ancienne maison, où il était plus décisif qu’avec le PSG. 

Efficace sur le côté droit et homme du match

Kylian Mbappé, qui effectue sa première accélération sur le couloir droit (2e), avant de placer un centre qui trouve Danijel Subasic, est à l’origine du penalty accordé aux Parisiens. Après une deuxième course, cette fois dans l’axe, Mbappé est fauché dans la surface monégasque après avoir déposé Yuri Tielemans, puis Jemersonest taclé par Kamil Glik. Sa vitesse et sa capacitéà éliminer ses adversaires lui permettaient de trouver le chemin des filets la saison dernière avec 15 buts en Ligue 1.

Sans être buteur, le natif de Bondy en banlieue parisienne, transféré de Monaco au PSG l’été dernier avec un prêt avec option d’achat à 180 millions d'euros bonus compris, est à l’origine de l’ouverture du score signé Edinson Cavani, très tôt en début de rencontre (8e).  Sur le deuxième but parisien, signé Angel Di Maria, c’est encore Mbappé qui est à la manœuvre en lançant l’Argentin côté droit (22e). Une ouverture lumineuse pour celui qui aura pesé lors des quarante-cinq premières minutes. Sur un centre de Cavani, Kylian Mbappé aurait pu ajouter le troisième but parisien en se jetant sur le ballon, mais il est un peu trop court (27e). En seconde période, Mbappé perd un tête-à-tête face à Danijel Subasic (58e). Il se rattrape en fin de rencontre avec une passe décisive sur le troisième but parisien et doublé de Cavani (85e).

« J’espère qu’il ne sera pas à son niveau, c’est encore le meilleur moyen de l’arrêter », avait plaisanté Leonardo Jardim, son ancien coach à Monaco. Mbappé, 19 ans, troisième meilleur buteur du club parisien derrière Edinson Cavaniet Neymar, aura largement pesé sur la rencontre en étant décisif sur les trois buts.

Joueur important de Monaco la saison dernière et demi-finaliste de Ligue des Champions, Mbappé, désigné homme du match, a fait le choix de quitter le Rocher pour passer un cap. Ce soir, il repart avec sa première Coupe de la Ligue en poche. De quoi effacer la désillusion de l’an dernier quand Monaco avait pris l’eau.

RFI

En Gambie les élections locales se rapprochent. La campagne électorale a officiellement démarré la semaine dernière pour les scrutins qui se dérouleront les 12 avril et 12 mai prochains. En avril pour les conseillers locaux et en mai pour les maires. Le président Adama Barrow a dû quitter son parti, l'UDP, lors de son élection à la tête du pays pour devenir indépendant. Il ne fait donc officiellement pas campagne pour un parti mais un rassemblement organisé à Soma, au centre du pays, samedi 31 mars, avait néanmoins des airs de meeting politique. Reportage.

Au début, le thème du discours était la réconciliation, puis le président Adama Barrow se saisit de l'occasion pour célébrer le rôle des femmes en politique.

« Je veux commencer par féliciter toutes les femmes gambiennes ! Quand les citoyens ont décidé de s'allier pour montrer leur amour du pays, les femmes ont décidé de s'organiser et se mobiliser pour la paix et la réconciliation ».

En tout cas, ce n'est pas un meeting politique, martèle Foday Gassama, l'un des coordinateurs régionaux de l'UDP, le parti démocratique unifié. « L'équipe a décidé de venir ici aussi pour discuter avec les communautés, quelle que soit leur affiliation politique. Je crois vraiment que c'est une coïncidence, même si ça se déroule pendant la campagne, il n'y a aucune connexion ».

Pourtant, la couleur jaune de l'UDP est partout. Pour Madi, habitant de Soma, il s'agit de mobiliser les électeurs. « Lors des dernières élections législatives, le président était venu dans la région. C'est la même chose maintenant pour les élections locales. C'est lié, [c'est] pour que les gens soient concernés par les élections», nous explique t-il.

Et selon Augusta, le rassemblement pourrait influencer les votes : « Je pense que ce n'est pas innocent, pour que les gens s'intéressent à ces élections qui arrivent, et soient attirés pour voter. Quand on voit comment les gens se déplacent pour assister au rassemblement, ça montre qu'ils sont fiers de ce qui se passe, et au moment de voter, ils participeront dans ce sens ».

Il s'agira des premières élections locales depuis le départ de Yahya Jammeh, un test qui permettra de redessiner la carte politique de cette nouvelle Gambie.

RFI

« Deux modifications de la Constitution du Sénégal en deux ans : cela s’appelle du  tripatouillage constitutionnel. C’est une première au Sénégal. Refusons-le ! Refusons le Sénégal devenu république bananière. Refusons d’être la risée de l’Afrique  et du monde ! ». Voilà la sentence de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, leader de l’Act, sur l’initiative du régime en place de valider le parrainage des candidatures à la présidentielle. Dans un communiqué en date d’hier, vendredi, Abdoul Mbaye et cie se sont portés-en-faux contre toute modification de la Charte fondamentale du Sénégal.

« Sous le couvert d’un souci de justice, ce qui est demandé aux candidats indépendants (article 29 de la Constitution) le serait aussi aux candidats de partis ou de coalitions de partis. Mais l’objectif de Macky Sall, de ses alliés et serviteurs zélés est ailleurs : chercher à éliminer des candidats dangereux pour lui, par la loi ou la modification de la loi, cette dernière serait-elle fondamentale », a dit le leader de l’Act. Et de poursuivre : « Nous connaissons bien cet homme; il est dans une démarche qui se renouvelle.

Par la réforme constitutionnelle de 2016, il a introduit l’article 25-1 (« L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence..») ; on sait par contre ce qui s’est passé avec Timis Corp et son frère ». Allant plus loin, il dira : « Son projet actuel est de renouveler une forfaiture testée à l’occasion des élections législatives : lui et son Premier ministre (spécialiste de la prostitution politique) ont reçu et acheté le désistement de candidats qui figuraient sur des listes de moins de 200 noms présentées par des partis de l’opposition. Ils feront de même pour les listes de 10 000 noms et à moindre frais ».

Dans la foulée, Abdoul Mbaye lancera un appel solennel : « Chefs religieux, personnalités d’influence, députés de tout bord, refusez cette spirale inquiétante amorcée par un Macky Sall aux abois. Parlez-lui afin qu’il retrouve la raison. Citoyens, multipliez les échanges avec les députés non membres de l’opposition, vos voisins ou connaissances. Que des délégations ne cessent de leur rendre visite pour leur rappeler qu’ils sont représentants du peuple, avant d’être ceux de partis. Ils sauront entendre raison et préférer cette fois l’intérêt du Sénégal à celui de leur chef ».

L’invite de l’ancien Premier ministre touchera aussi l’opposition et la société civile : « Partis regroupés au sein de l’Initiative pour des Elections Démocratiques (IED), tous partis politiques soucieux de justice et de paix, mouvements citoyens, soyons unis pour faire barrage à ce scandale qui fait suite aux nombreux autres qui l’ont précédé, en  particulier celui de la condamnation récente à 5 ans de prison du maire Khalifa Sall. Trop ; c’est trop ! Sénégalais, debout ! ».

Dernier développement du verdict rendu par le tribunal de grande instance de Dakar contre le maire Khalifa Sall, Barthélémy Dias a été arrêté et placé en garde à vue. Il est reproché au maire socialiste de Mermoz Sacré-Cœur, fervent partisan de Khalifa Sall, d’avoir tenu des propos hors normes.

Selon certaines sources de la presse, Barthélémy Dias est poursuivi pour injures publiques et offense au chef de l’Etat. Le maire socialiste a été interpellé hier, vendredi, dans l’après-midi, par des éléments du Gign devant les locaux de Dakaractu où il accordait un entretien.  Dias a demandé de suite l'assistance de son avocat, Me El hadji Diouf, comme le veut la loi. Mais, ce dernier, une fois sur place, aurait été interdit d'accès par les gendarmes sous prétexte qu'ils attendent des instructions, selon la presse.

En tout cas, avant son arrestation, Barthélémy Dias avait révélé : « J’ai déjà averti ma femme, mes enfants et mes parents. Le reste sera un combat de rue. Nous ne sommes pas des peureux. Khalifa Sall ne sera pas seul en prison. Je ne suis pas un homme à parler sur du vent. Autant Macky Sall peut croire qu’il aura un second mandat, autant j’ai la ferme conviction qu’il n’aura pas ce second mandat. Nous allons rejoindre le Pds et tout le reste de l’opposition pour mener le combat ».

Sudonline

 

Arts de la mémoire : comment utiliser le palais de mémoire ? L'art de la mémoire par Cicéron dans de oratore

Presque vingt-et-un siècles nous séparent de Cicéron et de son De Oratore, et pourtant la "méthode des lieux" qu'il expose dans cet extrait n'a pas pris une ride : l'idée est de placer, dans des lieux familiers, des images représentant les informations que vous voulez retenir...

PAR MARCO BERTOLINI


Qu'est-ce que le « palais de mémoire » ? D'où vient-il ?

Et comment fonctionne-t-il ?


Comment l'intégrer dans une stratégie d'apprentissage ?


Je vous donne ici le fruit de mes lectures et de mes expériences personnelles avec cette méthode âgée de plus de 2800 ans...
Je lis parfois sur Internet des articles sur le « palais de mémoire » ou j'entends des personnes en parler. Et je suis souvent choqué par le caractère incomplet, incompris, voire carrément erroné des informations que je découvre.
Il existe pourtant une vaste littérature sur le sujet. Et dont les auteurs ne sont pas des moindres puisque le premier d'entre eux n'est autre que Cicéron. Un des auteurs qui ont le plus influencé la totalité de la culture occidentale depuis 2.000 ans...
Une légende vivante : Simonide de Céos


Cicéron, dans son ouvrage « De Oratore », nous rapporte que l'inventeur de cette méthode est le poète lyrique Simonide de Céos, une des nombreuses îles grecques. Nous n'avons aucun portrait de cet homme qui fut une véritable star à son époque : il a remporté des prix face au tragédien Eurypide ou encore contre Pindare, son principal rival. Mais, comme à toutes les stars, on lui a attribué bon nombre de légendes. Il aurait été l'inventeur, entre autres, de 4 lettres du nouvel alphabet grec (voir l'illustration sur le vase ci-dessous).


Mais surtout, selon Cicéron, il serait l'inventeur de la méthode des « loci » – lieux, en latin – encore appelée « mémoire locale« .


Simonide de Céos aurait été le premier poète rémunéré. Il écrivait des poèmes pour les dirigeants de son temps.

Un jour, il en écrit un pour le tyran Scopas. Mais, celui-ci est aussi avare que vaniteux. Il reproche à Simonide d'avoir loué autant les jumeaux Castor et Pollux que lui dans son ode. Et donc, il ne paiera que la moitié de la somme prévue. Simonide n'a qu'a demander l'autre moitié aux demi-dieux...
Simonide n'a d'autre choix que de s'incliner. Il participe au banquet donné par son maître et au cours duquel il devra sans doute réciter son poème. Un serviteur vient le prévenir que deux jeunes hommes l'attendent à la porte du palais et le réclament avec insistance. Intrigué, Simonide va à la rencontre des deux étrangers. Au moment où il sort du palais, celui-ci s'effondre, écrasant tous les convives. Les deux visiteurs, qui ne sont autres que Castor et Pollux, ont donc sauvé la vie de celui qui leur a dédié la moitié d'un poème.


La mémoire des lieux


Mais les familles sont en détresse : elles ne reconnaissent pas leurs proches, défigurés sous les débris. Simonide déclare alors qu'il est capable de dire qui est qui : il était assis avec eux. Et peut donc localiser chacun des corps et lui rendre son identité. Cette circonstance lui aurait donné l'idée du « palais de mémoire« . Un des procédés les plus anciens et les plus efficaces pour mémoriser de longues séquences.


L'historienne Frances Yates a remis à l'honneur les études sur les arts de la mémoire, notamment dans son livre The Art of Memory, dont il existe une traduction française. Elle voit dans cette légende l'illustration d'une période de transition. Car, pendant des siècles, les poètes ont récité leurs oeuvres sans les écrire. Or, au moment où naît cette légende, l'écrit prend le pas sur la tradition orale. Socrate méprisera l'écrit toute sa vie. Platon, dans Phèdre, fait dire à l'un de ses personnages que l'invention de l'écriture rendra les hommes bêtes, paresseux, qu'ils n'utiliseront plus leur mémoire et qu'ils oublieront qui ils sont... Des arguments qui ressemblent étrangement à ceux qui accusent Internet et les livres numériques de tous les maux. Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, dans une période de transition similaire ?


Associez des lieux et des images


La méthode qu'aurait inventée Simonide de Céos – et qui existait sans doute depuis des siècles à son époque – consiste à associer lieux et images. Dans mon article sur les principes de la mémorisation, je rappelais que ceux-ci sont au nombre de trois :


1. L'ordre
2. L'association
3. La répétition


Le « palais de mémoire » ne fait pas exception à la règle. Ici, l'ordre est donné par le trajet et les emplacements dans un bâtiment. ou dans une partie de ville : un quartier, une place, etc.
Lors de mes formations pour étudiants, je demande aux participants d'utiliser le lieu qu'ils connaissent le mieux : leur propre maison.

Maison – rez-de-chaussée

Utilisez un lieu connu pour mémoriser rapidement et à long terme
Le principe de la « mémoire locale » ou « palais de mémoire » est de placer une image qui représente la chose ou le mot dont on doit se souvenir dans une partie de l'immeuble, ici, le rez-de-chaussée de la maison. Plus l'image est éloignée de la routine, mieux elle fonctionne : donc, on utilise le grotesque, le monstrueux ou une image qui déclenche une émotion – votre petit ami, votre vedette de cinéma préférée...


Quand je pratique cette méthode pour la première fois avec des participants de mes ateliers, je leur demande de dresser une liste de 20 mots : vingt choses dont ils auront besoin pour organiser la fête de leur anniversaire. Selon la littérature scientifique, la mémoire de travail moyenne permet de retenir 7 mots, avec un écart-type de 2, soit de 5 à 9 mots. Mais je rencontre de nombreux jeunes qui présentent une rétention de 11 ou 12 mots...
Mais (pratiquement) personne n'est capable de retenir 20 mots sans erreurs ni de les répéter dans un sens ou dans l'autre, depuis le premier vers le dernier ou vice-versa.
Associez image, sensations et localisation


Premier ingrédient pour notre fête : un saumon. Nous allons le placer dans la boîte aux lettres, juste à côté de la porte. Un beau saumon vivant, qui sent fort la marée et qui s'agite dans tous les sens. Il mouille tout le contenu de sa boîte aux lettres et sa queue rose frappe la porte en cadence : boum ! boum ! boum !
Vous aurez compris à la lecture de ce premier item le fonctionnement de l'association : on place le saumon dans un endroit inattendu – on sort de la routine – et on associe un maximum de représentations sensorielles à chaque image : l'odeur de la marée, le mouvement de la queue, le boum-boum de celle-ci contre la porte, la sensation tactile du poisson mouillé... tous ces éléments servent à renforcer la mémorisation.


Deuxième item : deux bouteilles de vin. Celles-ci sont en réalité deux personnages à taille humaine, dont la silhouette est en forme de bouteilles, qui sont complètements saoules et qui titubent sur les marches du perron. Elles rotent et chantent des chansons à boire.


Le troisième item : des couverts en plastique. L'acteur préféré de notre participant est Johnny Depp. Nous le déguisons en Chapelier fou, son rôle dans le film Alice de Tim Burton. Johnny Depp est debout sur la table basse du salon, entre le sofa et les fauteuils. Il jongle avec les couverts et danse une sorte de gigue tout en proférant des sons incongrus et en grimaçant comme dans le film.


Le quatrième item : de la musique. Où allons-nous la placer ? Dans l'installation hi-fi au salon ? Certainement pas ! Nous allons louer les services d'un orchestre de Schtroumpfs que nous allons placer dans le four, à la cuisine. A la moindre fausse note, on allume le four !


L'émotion favorise la rétention à long terme


Etc, etc. jusqu'à vingt mots, vingt images grotesques, monstrueuses, sexy ou amusantes, associées à vingt emplacement de l'endroit que nous connaissons le mieux au monde.
Les plus sophistiqués ajouteront un scénario à leur trajet.


Vous aurez compris le principe : nous nous souvenons mieux de ce qui sort de l'ordinaire. De ce qui tranche avec la vie de tous les jours. De ce qui nous touche. Car la mémoire est très fortement liée à l'émotion.
J'ai effectué une recherche sur l'Elfstedentocht : cette course en patins à glace qui traverse 11 villes de Frise, dans le nord-ouest des Pays-Bas. Tous les habitants me disent que les hivers là-bas sont extrêmement rigoureux, qu'il neige et qu'il gèle à pierre fendre chaque année.


Pourtant, ma recherche personnelle montre que la course a eu lieu 15 fois en 112 ans. Les autres années, il ne gelait pas suffisamment pour organiser la course sur les cours d'eau de Frise... Il a donc gelé dur 15 fois en plus d'un siècle, malgré ce que les habitants m'affirmaient. Ils étaient pourtant sincères : mais leur mémoire n'avait gardé le souvenir que des hivers exceptionnels. Ceux où ils s'étaient calfeutrés chez eux en attendant le jour de la course, où ils avaient traversé péniblement les champs couverts de neige. Quinze hivers sur 112 !


C'est sur cette confrontation avec l'ordinaire que jouent les techniques d'association dans les arts de la mémoire. La publicité aussi le sait bien : elle nous présente des endroits paradisiaques où la plupart d'entre nous n'iront jamais, des modèles dont la beauté surhumaine doit plus à Photoshop qu'à la sélection génétique, des produits fabuleux qui ne fonctionnent miraculeusement que sur le petit écran. Nous le savons, dans le fond. Mais nous achetons. Parce que ces images surnaturelles ont trouvé leur chemin dans nos mémoires et nos émotions. Et que nous ne demandons qu'à les revivre dans le réel.


Troisième principe : les répétitions


Cette méthode, très efficace, ne fonctionne que si on respecte le troisième principe : la répétition. Il faut visiter et revisiter la maison et revoir régulièrement chacune des images dans son emplacement. Parcourez le trajet dans un sens puis dans l'autre. Ou depuis le milieu.


Les répétitions espacées sont aussi le principe de base des applications de flashcards, telles Anki ou Cerego.
Le « palais de mémoire » est utile pour retenir une liste d'objets. Ou les éléments d'un discours ou d'une conférence. Les avocats romains, comme Cicéron, étaient célébrés pour tenir des discours de plusieurs heures sans aucune note. Mais le préalable de toute étude réellement efficace à long terme est la compréhension. N'étudiez pas quelque chose que vous n'avez pas compris d'abord...


https://www.google.fr/amp/s/format30.com/2013/02/04/arts-de-la-memoire-comment-utiliser-le-palais-de-memoire/ /

 

La récente sortie de feu Mamadou Diop, ancien maire de Dakar, pour disculper l’actuel maire, Khalifa Ababacar Sall, dans l’affaire dite de la caisse d’avance, les louanges de ses pairs de l’AIMF comme les nombreuses manifestations ou interventions de certaines autorités coutumières et/ou religieuses de ce pays, ne changeront rien au verdict. La décision du juge Malick Lamotte est tombée hier, vendredi 30 mars, au tribunal de Dakar et elle est sans appel. Elle condamne  Khalifa Ababacar Sall  à une peine de 5 ans d’emprisonnement ferme.

Désormais coupable, selon le juge Lamotte, de « faux et usage de faux en écriture de commerce, de faux et usage de faux dans les documents administratifs et d’escroquerie portant sur les deniers publics », l’édile de Dakar, Khalifa Sall, n’a eu de cesse de clamer son innocence. L’énoncé du verdict a plongé dans la stupeur et la désolation ses partisans venus assister  à  l’audience. Quelques personnes âgées se sont évanouies  alors que d’autres scandaient des slogans en l’honneur de leur idole. « Khalifa dirigé ; dou gnou meuseu bayi ou libérez Khalifa ». Partisans, membres de l’opposition,  collègues députés, ils étaient tous là, déclarant  à qui voulait l’entendre leur dégoût à l’endroit de la justice sénégalaise qu’ils disent « aux ordres du Président Sall ». Ses avocats, Me Clédor Ciré Ly, Me Bamba Cissé, Me El Hadj Diouf et Me Madické Niang, ses camarades de parti, Barthélémy Dias, Cheikh Guèye, ou autre Malick Gakou du Grand parti et l’ex-patron de la Raddho Alioune Tine, entres autres, tous ont déclaré « n’être guère surpris par le verdict du procès », car « il éait monté de toutes pièces, uniquement pour liquider un adversaire politique qui est en bonne posture pour gagner l’élection présidentielle de 2019 ». Ils entendent cependant épuiser « toutes les voies de recours », pour faire annuler ce procès qui n’est rien d’autre qu’une « farce ».

Hormis son comptable Yaya Bodian et son DAF Mbaye Touré qui écopent de la même peine (5 ans d’emprisonnement), plus des amendes allant de 500 000 à 5 000 000 F), les autres prévenus ont bénéficié de peines plus légères. «  Pour les autres co-prévenus par contre, des peines plus légères ont été prononcées. Fatou Traoré  a écopé de 2 ans dont 6 mois ferme en application, Ibrahima Yatma Diaw et Amadou Makhtar Diop ont écopé chacun de 2 ans d’emprisonnement dont 1an ferme»

REACTIONS...REACTIONS...REACTIONS...

ME CLEdOR CIRE LY, MEMBRE DU POOL D’AVOCATS DE KHALIFA SALL : «Nous épuiserons l’ensemble des voies de recours»

«Aujourd’hui, on a pu voir la lecture d’un long verdict très contestable mais toujours est-il que, le peuple sénégalais n’a pas permis au juge de terminer la lecture des décisions. C’est ainsi qu’ils se sont levés pour rejeter ce verdict et manifester. Les forces de l’ordre ont des eu des problèmes pour les contenir. Maintenant, il est clair que Khalifa Ababacar Sall étant condamné, nous sommes à un an des élections. Et tout sera fait pour empêcher qu’il soit candidat.

Nous mènerons le combat sur le plan interne, nous épuiserons l’ensemble des voies de recours ; et il y en a. Nous nous attendons aussi à ce qu’ils accélèrent les procédures et qu’ils piétinent les règles pour parvenir à une condamnation définitive et prononcent l’incapacité de Khalifa Ababacar Sall comme candidat aux élections présidentielles. Nous avions compris ceci et avions ouvert un front sur le plan international. C’est ainsi que le 20, ce procès se déplacera sur Bamako où il y a un procès de Khalifa Ababacar Sall contre l’Etat du Senegal par rapport à toutes les violations qui ont été commises sur ses droits en tant que justiciable mais aussi sur ses droits en tant qu’homme politique ».

MAITRE BAMBA CISSE, AVOCAT DE KHALIFA SALL : «C’est une condamnation injuste. Je suis choqué»

Personnellement, j’ai été choqué par la décision qui a été rendue. C’est ce sentiment qui m’anime sincèrement parce que je pensais qu’il était temps qu’on respecte un peu les droits de la défense parce que depuis la loi de 2016, tous les Sénégalais qui sont convoqués en qualité de suspect dans le cadre d’une enquête préliminaire ont le droit d’avoir un avocat. Or, dans ce dossier, aucune des personnes présentes n’avait été assistée par un avocat. Et pour rejeter cela, on nous dit que la chambre d’accusation a dit que Khalifa Sall avait renoncé à ce droit et les autres qui n’ont jamais renoncé à  ce droit, on leur a dit que parce que Khalifa a renoncé à ce droit, vous aussi nécessairement, vous avez renoncé. C’est pourquoi moi, je suis choqué sur la forme et sur le fond également du jugement. Je suis choqué parce que j’estime que la condamnation ne se justifie pas parce qu’une condamnation qui  n’est pas fondée sur une règle de droit est une condamnation que je trouve injuste. Nous sommes comme désarmés dans cette justice-là. On sent qu’il y a un affaissement de la situation. Depuis très longtemps, vous aurez constaté que même au-delà des questions d’indépendance de la justice, j’estime qu’aujourd’hui qu’il y avait une belle occasion pour la justice Sénégalaise d’entrer définitivement dans l’histoire parce que les magistrats avaient les moyens d’affirmer solennellement le droit.

ME MADICKE NIANG, PRESIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE DE L’OPPOSITION : «Khalifa Sall est condamné à l’issue d’une procédure irrégulière»

C’est un collègue député qui est condamné alors que nous, nous avons toujours jugé au niveau de notre groupe et  d’une partie de l’opposition que la procédure de levée de son immunité parlementaire est irrégulière. On n’a vu nulle part au monde qu’on maintienne quelqu’un en détention et en même temps qu’on recherche la main levée de son immunité. J’avais dit et répété que lorsque Khalifa  Sall avait été élu député, il fallait suspendre la procédure, le libérer et chercher la main levée de son immunité. Aujourd’hui, il est condamné à l’issue d’une procédure que je trouve irrégulière et je le dénonce. J’ai mal aussi en tant qu’acteur, tout le monde parmi ceux qui sont présents disent qu’il est écarté parce qu’il voulait être candidat à la présidentielle, rappelez-vous de la démission du juge Ibrahima Dème, rappelez-vous des déclarations de Souleymane Téliko. Même ce matin, il disait que l’indépendance de la justice est en cause. C’est dangereux dans une démocratie, la justice est le pilier sur lequel repose la démocratie. Il ne faudrait pas que cette justice puisse faillir. En tant qu’acteur judiciaire, je considère aujourd’hui que j’ai mal et je suis angoissé par le fait que les populations vont considérer que cette justice n’est plus là que pour servir des intérêts partisans. A partir de ce moment, tout est possible. Heureusement, que la Cour d’appel va nous permettre de considérer qu’il y a toujours une possibilité d’issue heureuse et prions que cette issue heureuse intervienne et que Khalifa Sall puisse être libéré.

IDRISSA SECK, LEADER DE REWMI : « C’est Macky Sall qui envoie qui il veut en prison »

«C’est le président qui sélectionne les dossiers qu’il traite avec la justice et les dossiers qu’il n’envoie pas. C’est lui qui garantit l’impunité à ses amis et à ses partisans, à son clan et qui s’attaque à ses adversaires parce qu’il a peur d’eux. Il n’ose pas affronter ses vrais adversaires.  Il sait que Khalifa Ababacar Sall est dans le cœur des Dakarois qui ont encore confirmé cela lors de leurs dernières consultations.  Il sait que c’est un homme politique de grande envergure qu’il a un réseau international et qu’il est respecté dans le monde entier par l’ensemble de ses collègues maires.  Si on devait juste parler de justice, Khalifa Sall devrait être chez lui et non pas à Rebeuss.  Sa condamnation pour faux et usage de faux en écriture publique est un détail.

IRONIE DE L’HISTOIRE

Les règles de fonctionnement d’une caisse d’avance, c’est mon gouvernement qui les a modifiés en deux décrets de mars et d’aout 2003. Et justement ironie de l’histoire, c’est Macky Sall assurant mon intérim qui a été signataire du deuxième décret d’aout 2003. Le premier ayant été signé par le ministre des Sports de l’époque, Youssou Ndiaye.  Ces décrets auraient dû l’amener lui, Premier ministre, à appliquer les nouvelles règles. Il était entendu qu’il s’agissait de fonds politiques dont lui-même  a bénéficié.  Il n’y a pas eu d’intention manifeste de la part de Khalifa Sall de détourner des deniers publics. Pourquoi l’amende est de 5 millions sur un préjudice estimé à 1,8 milliard ? C’est Macky Sall qui décide et envoie les gens qu’il veut en prison ». 

MALICK GAKOU, SECRETAIRE GENERAL DU GRAND PARTI : « Trop c’est trop »

L« Aujourd’hui, c’est jour sombre pour la démocratie et la justice sénégalaise. C’est un jour sombre pour l’histoire des libertés dans notre pays. C’est un jour sombre pour le peuple sénégalais. Tous, nous savons que ce procès est un procès éloquemment politique. Et bien évidemment le résultat est éloquemment politique. Les avocats de Khalifa Ababacar Sall et de ses codétenus ont démontré à suffisance durant toute la procédure leur innocence. Mais nous savions déjà que ce procès est la manifestation la plus hideuse de ce pouvoir hideux qui ne ménagera aucun effort pour bafouer les droits et libertés des citoyens. C’est aussi le résultat de cette volonté de bâillonner des candidats à l’élection présidentielle. Mais nous allons dire non pour défendre le Sénégal, pour défendre la démocratie et la liberté dans notre pays. Trop c’est trop ».

 

BARTHELEMY DIAS,  MAIRE DE MERMOZ : « Khalifa Sall sera bel et bien présent à l’élection de 2019 »

Aujourd’hui, nous avons assisté à de la poésie juridique. Les magistrats se sont transformés en poètes pour vouloir malheureusement satisfaire le pouvoir exécutif. Je voudrais dire toute la peine qui m’anime parce que je pense aujourd’hui qu’il n’y a pas que des prostitués dans la rue avec un carnet sanitaire. Il y a malheureusement dans cette magistrature aussi des… qui ont accepté de  baisser leur pantalon pour assouvir les désirs de l’Exécutif. Qu’il soit dit et entendu et définitivement retenu que ce cirque ne passera pas, et à tous ceux qui sont impliqués dans ce cirque qu’il soit dit, entendu et retenu que le moment venu, ils sont invités à avoir le même courage parce qu’ils feront face à l’histoire. Ce pays va changer et il changera par tous les moyens. Le peuple a le pouvoir et le pouvoir restera au peuple. A ce titre, je voudrais remercier au nom de Khalifa Ababacar Sall tout le peuple Sénégalais, remercier les Sénégalais pour leur soutien, leurs prières et leur dire que Khalifa Sall me demande de vous dire qu’il sera bel et bien présent pour l’élection de 2019. Et ce ne sont pas ces soit-disant magistrats qui confondent le droit qui doit être dit au nom de la justice et la bêtise d’Etat qu’ils ont décidé eux de légaliser et de crédibiliser au niveau d’un tribunal qui devait être le dernier rampant pour le peuple Sénégalais. Tout le monde sait que ce que nous avons entendu aujourd’hui n’est pas du droit et personne ne pourra démontrer le contraire. Le seul objectif aujourd’hui que le pouvoir s’est fixé est de pousser Khalifa Sall à la négociation. Je souhaiterais dire à Macky Sall qu’on ne négociera ni aujourd’hui ni demain et nous ne renoncerons pas à notre candidature. Maintenant, toute cette poésie judiciaire, je pense que nous préférons là rendre à ceux qui sont les plus dotés pour pouvoir décortiquer cette poésie. Nous, nous  restons sur le champ politique et vous verrez vous-mêmes que nous continuerons et à ce titre, je lance un appel pour l’unité de toute l’opposition parce qu’aujourd’hui,  le seul combat qui vaille la peine d’être mené, c’est d’occuper la rue pour faire reculer le régime de Macky Sall.

MAMADOU LAMINE DIALLO, DEPUTE DE «TEKKI» : «Le Sénégal ne peut sombrer de toute façon dans la dictature familiale»

Aujourd’hui, c’est un vendredi noir pour la démocratie Sénégalaise, pour la justice qui est malade. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Le Sénégal ne peut sombrer de toute façon dans la dictature familiale. Nos parents, nos grands-parents se sont battus pour la démocratie, notre devoir est de continuer cette bataille. Les députés continuent à dénoncer cela à l’Assemblée nationale, lors de la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall. La question aujourd’hui, c’est la mobilisation du peuple pour défendre la démocratie. Ça, c’est sur le terrain que ça se joue et nous y sommes tous les jours. Nous appellerons le peuple à la place Soweto pour s’opposer au parrainage qui est également un moyen de détruire la démocratie de ce pays, nous ne l’acceptons pas.

IDRISSA DIALLO, MAIRE DE DALIFORT : «On va aller dans la rue, la souveraineté appartient au peuple d’abord»

Dans tous les pays du monde, la justice est dite au nom du peuple et j’ai comme l’impression qu’aujourd’hui, cette justice a été dite au nom d’un homme et de l’exécutif. Donc, l’exécutif a abandonné le peuple et ce peuple n’a qu’à reprendre son pouvoir à travers la rue, bouter Macky Sall de là où il est parce qu’il n’est pas un démocrate. Ça nous a tous surpris cette méchanceté, quelqu’un m’a dit : vous vous trompez, il va être condamné parce que ce n’est pas un  procès de la caisse d’avance, c’est un procès de l’accès au pouvoir, Macky Sall ayant peur de tous ses adversaires, il fait ce procès-là pour ça. On va aller dans la rue, la souveraineté appartient au peuple d’abord, c’est nous qui avons mis là cette justice pour dire le droit un nom du peuple. L’exécutif est à terre, ce peuple n’a qu’à se ressaisir et reprendre son pouvoir. 

ME EL HADJ DIOUF, AVOCAT A LA COUR : « L’intention d’écarter Khalifa Sall de la présidentielle est manifeste»

Vous avez vu la réaction du peuple, comment la salle a réagi à la lecture de la décision du tribunal ; inacceptable. Personne n’est dupe, tout le monde s’attendait à cette décision. Elle ne surprend guère. L’intention d’écarter Monsieur Khalifa Ababacar Sall de l’élection présidentielle est manifeste. Et tout a été orchestré pour cela. Donc, véritablement, ce verdict ne surprend personne, ce verdict préparé depuis très longtemps. Mais le peuple sénégalais ne l’acceptera pas ».

PAR PAPA ALIOUNE DIENG ET OUSMANE SANE (STAGIAIRES) 

Sud Quotidien

 

Arts de la mémoire : comment utiliser le palais de mémoire ? L'art de la mémoire par Cicéron dans de oratore

Presque vingt-et-un siècles nous séparent de Cicéron et de son De Oratore, et pourtant la "méthode des lieux" qu'il expose dans cet extrait n'a pas pris une ride : l'idée est de placer, dans des lieux familiers, des images représentant les informations que vous voulez retenir...

PAR MARCO BERTOLINI


Qu'est-ce que le « palais de mémoire » ? D'où vient-il ?

Et comment fonctionne-t-il ?


Comment l'intégrer dans une stratégie d'apprentissage ?


Je vous donne ici le fruit de mes lectures et de mes expériences personnelles avec cette méthode âgée de plus de 2800 ans...
Je lis parfois sur Internet des articles sur le « palais de mémoire » ou j'entends des personnes en parler. Et je suis souvent choqué par le caractère incomplet, incompris, voire carrément erroné des informations que je découvre.
Il existe pourtant une vaste littérature sur le sujet. Et dont les auteurs ne sont pas des moindres puisque le premier d'entre eux n'est autre que Cicéron. Un des auteurs qui ont le plus influencé la totalité de la culture occidentale depuis 2.000 ans...
Une légende vivante : Simonide de Céos


Cicéron, dans son ouvrage « De Oratore », nous rapporte que l'inventeur de cette méthode est le poète lyrique Simonide de Céos, une des nombreuses îles grecques. Nous n'avons aucun portrait de cet homme qui fut une véritable star à son époque : il a remporté des prix face au tragédien Eurypide ou encore contre Pindare, son principal rival. Mais, comme à toutes les stars, on lui a attribué bon nombre de légendes. Il aurait été l'inventeur, entre autres, de 4 lettres du nouvel alphabet grec (voir l'illustration sur le vase ci-dessous).


Mais surtout, selon Cicéron, il serait l'inventeur de la méthode des « loci » – lieux, en latin – encore appelée « mémoire locale« .


Simonide de Céos aurait été le premier poète rémunéré. Il écrivait des poèmes pour les dirigeants de son temps.

Un jour, il en écrit un pour le tyran Scopas. Mais, celui-ci est aussi avare que vaniteux. Il reproche à Simonide d'avoir loué autant les jumeaux Castor et Pollux que lui dans son ode. Et donc, il ne paiera que la moitié de la somme prévue. Simonide n'a qu'a demander l'autre moitié aux demi-dieux...
Simonide n'a d'autre choix que de s'incliner. Il participe au banquet donné par son maître et au cours duquel il devra sans doute réciter son poème. Un serviteur vient le prévenir que deux jeunes hommes l'attendent à la porte du palais et le réclament avec insistance. Intrigué, Simonide va à la rencontre des deux étrangers. Au moment où il sort du palais, celui-ci s'effondre, écrasant tous les convives. Les deux visiteurs, qui ne sont autres que Castor et Pollux, ont donc sauvé la vie de celui qui leur a dédié la moitié d'un poème.


La mémoire des lieux


Mais les familles sont en détresse : elles ne reconnaissent pas leurs proches, défigurés sous les débris. Simonide déclare alors qu'il est capable de dire qui est qui : il était assis avec eux. Et peut donc localiser chacun des corps et lui rendre son identité. Cette circonstance lui aurait donné l'idée du « palais de mémoire« . Un des procédés les plus anciens et les plus efficaces pour mémoriser de longues séquences.


L'historienne Frances Yates a remis à l'honneur les études sur les arts de la mémoire, notamment dans son livre The Art of Memory, dont il existe une traduction française. Elle voit dans cette légende l'illustration d'une période de transition. Car, pendant des siècles, les poètes ont récité leurs oeuvres sans les écrire. Or, au moment où naît cette légende, l'écrit prend le pas sur la tradition orale. Socrate méprisera l'écrit toute sa vie. Platon, dans Phèdre, fait dire à l'un de ses personnages que l'invention de l'écriture rendra les hommes bêtes, paresseux, qu'ils n'utiliseront plus leur mémoire et qu'ils oublieront qui ils sont... Des arguments qui ressemblent étrangement à ceux qui accusent Internet et les livres numériques de tous les maux. Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, dans une période de transition similaire ?


Associez des lieux et des images


La méthode qu'aurait inventée Simonide de Céos – et qui existait sans doute depuis des siècles à son époque – consiste à associer lieux et images. Dans mon article sur les principes de la mémorisation, je rappelais que ceux-ci sont au nombre de trois :


1. L'ordre
2. L'association
3. La répétition


Le « palais de mémoire » ne fait pas exception à la règle. Ici, l'ordre est donné par le trajet et les emplacements dans un bâtiment. ou dans une partie de ville : un quartier, une place, etc.
Lors de mes formations pour étudiants, je demande aux participants d'utiliser le lieu qu'ils connaissent le mieux : leur propre maison.

Maison – rez-de-chaussée

Utilisez un lieu connu pour mémoriser rapidement et à long terme
Le principe de la « mémoire locale » ou « palais de mémoire » est de placer une image qui représente la chose ou le mot dont on doit se souvenir dans une partie de l'immeuble, ici, le rez-de-chaussée de la maison. Plus l'image est éloignée de la routine, mieux elle fonctionne : donc, on utilise le grotesque, le monstrueux ou une image qui déclenche une émotion – votre petit ami, votre vedette de cinéma préférée...


Quand je pratique cette méthode pour la première fois avec des participants de mes ateliers, je leur demande de dresser une liste de 20 mots : vingt choses dont ils auront besoin pour organiser la fête de leur anniversaire. Selon la littérature scientifique, la mémoire de travail moyenne permet de retenir 7 mots, avec un écart-type de 2, soit de 5 à 9 mots. Mais je rencontre de nombreux jeunes qui présentent une rétention de 11 ou 12 mots...
Mais (pratiquement) personne n'est capable de retenir 20 mots sans erreurs ni de les répéter dans un sens ou dans l'autre, depuis le premier vers le dernier ou vice-versa.
Associez image, sensations et localisation


Premier ingrédient pour notre fête : un saumon. Nous allons le placer dans la boîte aux lettres, juste à côté de la porte. Un beau saumon vivant, qui sent fort la marée et qui s'agite dans tous les sens. Il mouille tout le contenu de sa boîte aux lettres et sa queue rose frappe la porte en cadence : boum ! boum ! boum !
Vous aurez compris à la lecture de ce premier item le fonctionnement de l'association : on place le saumon dans un endroit inattendu – on sort de la routine – et on associe un maximum de représentations sensorielles à chaque image : l'odeur de la marée, le mouvement de la queue, le boum-boum de celle-ci contre la porte, la sensation tactile du poisson mouillé... tous ces éléments servent à renforcer la mémorisation.


Deuxième item : deux bouteilles de vin. Celles-ci sont en réalité deux personnages à taille humaine, dont la silhouette est en forme de bouteilles, qui sont complètements saoules et qui titubent sur les marches du perron. Elles rotent et chantent des chansons à boire.


Le troisième item : des couverts en plastique. L'acteur préféré de notre participant est Johnny Depp. Nous le déguisons en Chapelier fou, son rôle dans le film Alice de Tim Burton. Johnny Depp est debout sur la table basse du salon, entre le sofa et les fauteuils. Il jongle avec les couverts et danse une sorte de gigue tout en proférant des sons incongrus et en grimaçant comme dans le film.


Le quatrième item : de la musique. Où allons-nous la placer ? Dans l'installation hi-fi au salon ? Certainement pas ! Nous allons louer les services d'un orchestre de Schtroumpfs que nous allons placer dans le four, à la cuisine. A la moindre fausse note, on allume le four !


L'émotion favorise la rétention à long terme


Etc, etc. jusqu'à vingt mots, vingt images grotesques, monstrueuses, sexy ou amusantes, associées à vingt emplacement de l'endroit que nous connaissons le mieux au monde.
Les plus sophistiqués ajouteront un scénario à leur trajet.


Vous aurez compris le principe : nous nous souvenons mieux de ce qui sort de l'ordinaire. De ce qui tranche avec la vie de tous les jours. De ce qui nous touche. Car la mémoire est très fortement liée à l'émotion.
J'ai effectué une recherche sur l'Elfstedentocht : cette course en patins à glace qui traverse 11 villes de Frise, dans le nord-ouest des Pays-Bas. Tous les habitants me disent que les hivers là-bas sont extrêmement rigoureux, qu'il neige et qu'il gèle à pierre fendre chaque année.


Pourtant, ma recherche personnelle montre que la course a eu lieu 15 fois en 112 ans. Les autres années, il ne gelait pas suffisamment pour organiser la course sur les cours d'eau de Frise... Il a donc gelé dur 15 fois en plus d'un siècle, malgré ce que les habitants m'affirmaient. Ils étaient pourtant sincères : mais leur mémoire n'avait gardé le souvenir que des hivers exceptionnels. Ceux où ils s'étaient calfeutrés chez eux en attendant le jour de la course, où ils avaient traversé péniblement les champs couverts de neige. Quinze hivers sur 112 !


C'est sur cette confrontation avec l'ordinaire que jouent les techniques d'association dans les arts de la mémoire. La publicité aussi le sait bien : elle nous présente des endroits paradisiaques où la plupart d'entre nous n'iront jamais, des modèles dont la beauté surhumaine doit plus à Photoshop qu'à la sélection génétique, des produits fabuleux qui ne fonctionnent miraculeusement que sur le petit écran. Nous le savons, dans le fond. Mais nous achetons. Parce que ces images surnaturelles ont trouvé leur chemin dans nos mémoires et nos émotions. Et que nous ne demandons qu'à les revivre dans le réel.


Troisième principe : les répétitions


Cette méthode, très efficace, ne fonctionne que si on respecte le troisième principe : la répétition. Il faut visiter et revisiter la maison et revoir régulièrement chacune des images dans son emplacement. Parcourez le trajet dans un sens puis dans l'autre. Ou depuis le milieu.


Les répétitions espacées sont aussi le principe de base des applications de flashcards, telles Anki ou Cerego.
Le « palais de mémoire » est utile pour retenir une liste d'objets. Ou les éléments d'un discours ou d'une conférence. Les avocats romains, comme Cicéron, étaient célébrés pour tenir des discours de plusieurs heures sans aucune note. Mais le préalable de toute étude réellement efficace à long terme est la compréhension. N'étudiez pas quelque chose que vous n'avez pas compris d'abord...


https://www.google.fr/amp/s/format30.com/2013/02/04/arts-de-la-memoire-comment-utiliser-le-palais-de-memoire/ /

 

Falcao, Fabinho, Sidibé et Lemar, tauliers monégasques, comptent finir la saison en trombe avant la Coupe du monde, et reviennent en forme pour la finale de Coupe de la Ligue, samedi contre le Paris SG.

"On est ambitieux, on a la culture de la gagne, on veut ce trophée", explique Vadim Vasilyev, le vice-président de l'ASM. S'il estime "Paris favori" après s'être "renforcé pour 400 millions" quand "nous avons vendu pour 360", il sait qu'il pourra compter sur ses quatre cadres, de retour en grande forme.

.Falcao, le gestionnaire

Le capitaine de Monaco et de la Colombie est redevenu grand. Si son prolifique début de saison en L1 (13 buts en 10 journées) avait auguré de son retour au plus haut niveau, son but, vendredi dernier au Stade de France contre les Bleus (3-2), l'a définitivement replacé dans le gotha mondial.

A 32 ans, le buteur ne laisse plus rien au hasard dans la gestion de son corps. Très méticuleux sur la récupération et les soins, il ne prendra aucun risque d'ici à la Coupe du monde. Mais sera bien présent dans les grands rendez-vous! S'il n'a pas joué contre l'Australie avec la Colombie en milieu de semaine, c'est pour être prêt pour cette finale. Il le sera.

.Fabinho, le revanchard

Il l'a répété, l'échec de son transfert à l'Atletico Madrid ou à Paris l'été dernier l'a déstabilisé. S'il a mis du temps à s'en remettre, le Brésilien --également ébranlé par le fait de ne certainement pas disputer le Mondial-- est de retour à son meilleur niveau.

D'ailleurs, on reparle de lui sur le marché des transferts. "Cela me fait sourire que ces rumeurs sortent avant la finale, lance Vasilyev. Mais ça ne nous touche pas. Fabinho a demandé de jouer cette finale. J'ai même validé le fait qu'il ne joue pas contre Lille (pour ne pas être suspendu, ndlr). Il a dans l'optique de faire un grand match." Histoire de donner des regrets aux dirigeants parisiens?

.Sidibé, la pile atomique

Comme Fabinho, il a été perturbé par le mercato estival et l'a reconnu. Mais l'international français s'est remobilisé assez vite. D'abord parce qu'il a signé une prolongation de contrat assorti d'une belle revalorisation salariale. Ensuite parce que Didier Deschamps compte sur lui comme titulaire en Russie. Mais pour cela, il doit rester performant.

Toujours aussi impressionnant dans sa débauche d'énergie, Sidibé est cependant de plus en plus attiré, en club, par l'aspect offensif de son poste. Heureusement pour lui, Fabinho et Moutinho compensent souvent ses montées. Afin de préserver l'équilibre d'équipe et de mettre en lumière les points forts de l'ex-Lillois.

Lemar, le stratège

Ses entraîneurs ne cessent de lui adresser des louanges. Le discret Guadeloupéen de 22 ans est devenu essentiel à Monaco comme en Bleu. Si Leonardo Jardim l'adore, c'est parce qu'il est capable de s'adapter à tout ce qu'il lui demande --il a déjà évolué milieu gauche, axial offensif, défensif ou arrière gauche-- mais aussi parce qu'il est, devant Sidibé et Lopes, celui de l'équipe qui effectue le plus grand nombre de courses à haute intensité dans un match.

Comme il associe cette capacité physique à une vision du jeu et une technique très largement au-dessus de la moyenne, il est indispensable. Ses prestations en club ont également convaincu le sélectionneur, qui le tient en haute estime. Charge désormais à Lemar de gérer ce nouveau statut. Il lui faut passer de coéquipier modèle à maître à jouer. Avec toutes les complications sur et hors du terrain que cela engendre.

RFI

En Sierra Leone, le second tour de l'élection présidentielle initialement prévu le mardi 27 mars a finalement lieu ce samedi 31 mars. Un second tour qui s'annonce très indécis entre le candidat du pouvoir, Samura Kamara, homme lige du président sortant Ernest Bai Koroma, et celui de l'opposition, l'ancien général Julius Maada Bio, arrivé en tête du premier tour avec une très faible avance.

Julius Maada Bio peut se targuer d'être arrivé en tête du premier tour de l'élection avec 43,3% des voix. Rien n'est encore joué pour cet ancien militaire qui avait brièvement exercé le pouvoir il y a 22 ans à la suite d'un coup d'Etat.

Candidat d'opposition du SLPP, le Parti du Peuple de Sierra Leone, Julius Maada Bio s'est lancé en politique en 2005. Rival malheureux au scrutin de 2012, face au président sortant Ernest Bai Koroma, ce catholique de 53 ans, membre de l'ethnie Mende est connu pour son franc-parler et ses critiques de la corruption.

Pas de quoi lui donner une large avance face à son rival Samura Kamara. Poulain de l'APC, le Congrès de tout le peuple, cet économiste de 66 ans qui gravite dans les cercles du pouvoir depuis près de 30 ans, est arrivé en deuxième position avec 42.7% des voix.

Passé par le Commonwealth, le Fonds Monétaire international et la Banque Mondiale, Samura Kamara se présente sur son site officiel de campagne comme un « réformateur » et le champion de la croissance économique. Ses adversaires le surnomment « monsieur 10% » allusion aux commissions qu'il aurait empochées dans les passations de contrats publics.

Pour espérer l'emporter ce samedi, Samura Kamara devra compter sur la base traditionnelle du parti et sur le poids du président sortant qui après le score décevant du premier tour, est un des rares à le soutenir ouvertement.

RFI

La crise diplomatique entre la Russie et les pays occidentaux ne cesse de s'aggraver, conséquence de l'affaire Skripal du nom de cet ancien espion empoisonné sur le sol britannique. Moscou a annoncé ce vendredi 30 mars des mesures de rétorsion contre les pays ayant décidé la semaine dernière d'expulser des diplomates russes dans le cadre de cette affaire. C'est la plus importante vague d'expulsions croisées de diplomates de l'Histoire.

Les ambassadeurs de 23 pays parmi lesquels la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, le Canada, les Pays-Bas et la Pologne ont été convoqués au ministère russe des Affaires étrangères ce vendredi 30 mars, où ils se sont vus notifier les mesures d'expulsion prises à l'encontre de leurs diplomates.

« Il leur a été remis une note disant qu'en protestation aux accusations déraisonnables et aux expulsions de diplomates russes(...), la Russie déclare persona non grata le nombre correspondant d'employés diplomatiques », a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Concrètement, Moscou répond à l'identique, en expulsant le même nombre de diplomates que chaque pays a expulsé de diplomates russes. Quatre diplomates de l'Allemagne et de la Pologne devront par exemple quitter la Russie. Treize diplomates ukrainiens devront également quitter Moscou, un nombre identique au nombre de Russes qui avaient été contraints de quitter Kiev cette semaine. Quant à la France, Paris va devoir demander à quatre de ses diplomates de faire leurs valises, relate notre correspondant à Moscou,Daniel Vallot.

Seuls quatre pays ayant annoncé des mesures contre la Russie échappent pour l'instant à ces représailles. « Compte tenu du fait que la Belgique, la Hongrie, la Géorgie et le Monténégro ont décidé au dernier moment de rejoindre ce mouvement, la Russie se réserve le droit de prendre des mesures » à l'avenir, a néanmoins déclaré le ministère dans son communiqué.

Moscou a aussi décidé de nouvelles mesures contre la Grande-Bretagne, donnant un mois à Londres pour réduire son personnel diplomatique en Russie et l'amener au même niveau que celui des missions diplomatiques russes au Royaume-Uni.

Bras de fer entre Moscou et Washington

Jeudi 29 mars, la Russie a également annoncé l'expulsion de 60 diplomates américains en réponse à une mesure équivalente des Etats-Unis, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. Ces mesures de rétorsion « marquent une nouvelle étape dans la détérioration de nos relations » a réagi la Maison Blanche. Mais à Moscou on se défend de mettre de l'huile sur le feu.

« Ce n’est pas la Russie qui a engagé la guerre diplomatique », a déclaré le porte-parole du Kremlin en réponse aux accusations de la Maison Blanche. « Nous sommes obligés de prendre ces mesures de rétorsion en raison des actes illégitimes » de Washington, ajoute en substance Dmitri Peskov.

En plus des diplomates américains expulsés, la Russie a également fermé le consulat de Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays. Une mesure très forte à l’encontre des Etats-Unis qui indique très clairement que la Russie est prête à prolonger le bras de fer diplomatique engagé avec Washington, Londres et leurs alliés.

RFI

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