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Architectes, paysagistes, urbanistes, constructeurs, voici une opportunité pour améliorer la qualités des constructions et aménagements. P B CISSOKO

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Dans son rapport sur l'examen périodique universel des Nations unies, Amnesty International juge inéquitable un certain nombre de procès au Sénégal, dont celui du maire de Dakar, Khalifa Sall, candidat à la présidentielle de 2019 et dont on connaîtra le verdict en appel le 30 août. L'organisation de défense des droits de l'homme cite également le cas de Karim Wade, dont le procès n'a pas respecté « les normes internationales », et celui de jihadistes présumés, condamnés après « une longue détention préventive et sans assistance de leurs avocats ».

Les gens se posent des questions sur la politisation des affaires traitées par la justice, et notamment quand il s'agit de militants de l'opposition.

François Patuel, chercheur chez Amnesty International, pointe l'absence d'indépendance de la justice sénégalaise

RFI

lundi, 20 août 2018 15:45

LE SENEGAL MERITE MIEUX QUE DES VOCIFERATIONS

Poster par

Il y a quelques jours une partie de l’opposition a mobilisé ses troupes lors d’un défilé à Pikine et à Guédiawaye. Celui-ci se voulait une manifestation populaire hostile au régime de Maky Sall.

En soi une telle démonstration de force ne peut qu’être encouragée mais elle aurait été assurément plus efficace si au lieu d’apparaître de façon disparate et désorganisée elle avait présenté un caractère unitaire. 

On a en effet eu l’impression que chacun cherchait avant tout à tirer la couverture à soi, à se mettre en avant au détriment des autres. La meilleure illustration en a été la bousculade qui s’est produite lorsque certains jeunes militants politiques ont cherché à occuper le devant de la scène du défilé dans le seul but d’obtenir une meilleure visibilité auprès des médias.

La diversité des slogans clamés par les uns et les autres et la mise en avant des leaders politiques respectifs a donné également une impression de cacophonie. Mieux vaudrait à l’avenir s’organiser, se structurer et choisir un thème en particulier, une bannière derrière laquelle tout le monde pourrait se ranger. Ce ne sont pas les sujets qui manquent :

  • Libération des prisonniers politiques,
  • Etablissement d’un dialogue entre pouvoir et opposition,
  • Suppression de la loi sur les parrainages, etc.

Oui, Macky Sall doit partir ! Tout le monde est d’accord sur ce point, tant l’échec de sa politique est patent, que ce soit sur le plan économique, social, dans le domaine de l’éducation comme celui de la santé. Oui, nos compatriotes sénégalais sont en droit d’attendre de son successeur un changement radical, une véritable transparence, une lutte quotidienne contre la corruption, un programme ambitieux de réformes dans les domaines cités précédemment.

Mais cela ne peut se faire que dans la cohérence et non la discordance et la population sénégalaise attend que l’opposition fasse preuve de maturité, d’imagination, de responsabilité. Et pas qu’elle se donne en spectacle comme cela a été le cas à Pikine et à Guédiawaye. On ne bâtit pas le renouveau indispensable à un régime déclinant sur des vociférations, mais sur des propositions réfléchies pour le pays et un comportement respectueux des institutions. En ce sens, réclamer la candidature de Karim Wade et la libération de Khalifa Sall est tout à fait légitime.

Pour ce qui concerne le mouvement UN AUTRE AVENIR nous nous faisons une autre idée de la politique, de notre engagement. Cela passe notamment par un renouvellement des générations face à des dirigeants qui ont fait leur temps et doivent laisser leur place à des jeunes, par une ambition pour un Sénégal plus juste en matière d’éducation et de santé, plus dynamique, plus respectueux des droits de l’homme mais aussi de l’environnement, plus soucieux de l’avenir de sa jeunesse et enfin de la place de notre pays au sein de la communauté internationale.

En clair, il s’agit pour nous de redonner un Nouveau Souffle au Sénégal.

L’élection ne se fera pas dans la rue, mais au cours des mois qui viennent dans un combat d’idées à travers des meetings, dans la presse, à la radio, sur les plateaux de télévision. Ce moment est proche. Pour notre part nous y sommes prêts et nos compatriotes ont droit à cette confrontation démocratique, pacifique car il en va de l’avenir du pays.

Le renouvellement des hommes et des idées est en marche, rien ne l’arrêtera désormais.

Ibrahima Thiam

Président d’UN AUTRE AVENIR

 

JUSTICE SENEGALAISE : LA GANGRENE DE LA CORRUPTION-Par Seybani SOUGOU  Cadre franco-sénégalais


« Les magistrats qui violent leur serment ne méritent aucun respect. Ce sont les délinquants des temps modernes »
Lorsqu'un corps est infecté par un virus, il faut l'en extraire pour éviter sa propagation. Indexée par la Cour de Justice de la CEDEAO, (cf arrêt du 29 juin 2018) pour des actes de délinquance judiciaire à l'endroit du Député-Maire Khalifa SALL, et vilipendée par Amnesty International dans un récent rapport rendu public, la Justice sénégalaise est en train de sombrer dans un profond coma. Le niveau de défiance vis à vis des magistrats sénégalais atteint un niveau record, et traduit une véritable rupture de confiance entre les sénégalais et l'institution judiciaire. Il faut appeler un chat, un chat : la magistrature sénégalaise recèle des personnages sulfureux, corrompus jusqu'à la moelle des os, qui jettent le discrédit sur la Justice et nourrissent les suspicions légitimes de nos concitoyens. En 2014, 3 hauts magistrats : Taïfour Diop (1er Président de la Cour d'appel de Saint-Louis), Pape Amadou Sow (Président de la Chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Saint-Louis) et Serigne Pape Aliou Sané (Président de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Saint-Louis) étaient cités expressément, dans une affaire de gros sous (près d'un milliard de CFA) opposant la société Wartsila West Africain (WWA) à « Résidence Les Jardins ». A l'époque, le Président de l'UMS, Abdoul Aziz Seck avait clairement pris ses distances à l'égard des 3 magistrats et exigé une saisine de l'Inspection Générale de l'Administration de la Justice, « pour qu'une enquête diligente soit menée afin de situer clairement les responsabilités dans cette affaire ». Par la suite, le bureau exécutif de l'Union des Magistrats Sénégalais s'était fendu d'un communiqué précisant que « l'UMS défendrait tout magistrat qui remplit les devoirs de sa charge dans l'honneur et la dignité mais se désolidariserait des magistrats, qui, délibérément et de mauvaise foi, violent leur serment ». Durant cette période, un haut magistrat (récidiviste) s'est particulièrement illustré pour ses frasques : Taïfour DIOP 1erPrésident de la Cour d'appel de Saint-Louis, avait commis une forfaiture inouïe lors des élections locales de 2014, en invalidant les résultats issus des urnes, à Podor, qui donnaient une victoire sans appel à Aissata Tall SALL. On connaît la suite : la Maire de Podor a été rétablie in extrémis dans ses droits (le régime ayant fait le choix de sacrifier Racine Sy à Podor pour faire passer la pilule de la forfaiture de Mansour Faye à Saint Louis).Le même TaïfourDIOP a proclamé la victoire du beau frère du Président, Mansour Faye à Saint Louis, réalisant un hold up électoral sans précèdent, alorsque la victoire de Ahmet Fall Braya ne faisait l'ombre d'un doute. Un tel magistrat qui a jeté le déshonneur sur sa corporation ne mérite aucun soutien de ses pairs.

L'UMS est une association qui regroupe des centaines de magistrats anonymes, intègres, épris de justice, qui honorent notre pays et rendent la Justice au nom du peuple sénégalais. Des magistrats comme Souleymane TELIKO, Ibrahima Amadou DEME, Yaya Amadou DIA, et Aliou NIANE inspirent le respect. Par conséquent, Il ne s'agit pasd'accabler l'Institution Judiciaire dans sa globalité. Pour autant, l'UMS faire le grand ménage en son sein, car « le ver est dans le fruit ». Lorsque des magistrats se comportent comme des malfrats, ils doivent être traités comme des délinquants, quel que soit leur statut dans l'organisation judicaire. Le manteau du « Magistrat » ne saurait être un parapluie permettant de s'exonérer des lois, et de faire n'importe quoi. Magistrat ne rime pas impunité. Ilfaut rétablir les choses à l'endroit : les sénégalais n'ont pas un problème avec la Justice de leur pays, mais avec certains hauts magistrats qui abusent de leur position, s'autorisent tous les écarts et rendent la justice au nom de Macky SALL (bénéficiaire des décisions de justice rendues de 2012 à 2018) :

• Le Procureur de la République, Bassirou GUEYE et le Doyen des Juges, Samba SALL spécialisés dans les arrestations d'opposants, ont été indexés par la Cour de Justice de la CEDEAO qui a clairement assimilé leurs pratiques à du « banditisme judicaire ». Dans un Etat de Droit, ce duo à l'origine de la détention arbitraire du Député Khalifa SALL, serait sanctionné lourdement pour un tel fiasco judiciaire,

• Le 1er Président de la Cour d'appel de Dakar, Demba KANDJI, qui lorgne le juteux fauteuil de Mamadou Badio CAMARA (1er Président de la Cour suprême) a balayé d'un revers de main, l'arrêt de la CEDEAO, violant littéralement l'article 55 du code de procédure pénale et le règlement N°05/CM de l'UEMOA,

• Le Président du Conseil Constitutionnel, Pape Oumar SAKHO, qui, dans une contribution intitulée : Quelle Justice pour la démocratie en Afrique? publiée en 2009, dans la Revue française d'études constitutionnelles et politiques, écrivait, « En Afrique, la loi sert d'alibi à des dirigeants politiques qui ont bâti leur pouvoir sur la terreur et la barbarie pour satisfaire des intérêts sordides », a tourné casaque, validant depuis 2016, toutes les forfaitures du pouvoir,

• Le 1er Président de la Cour suprême, Mamadou Badio CAMARA, bénéficiaire d'une loi taillée sur mesure lui permettant d'exercer jusqu'à 68 ans, d'un salaire de plus de 5 millions de francs CFA, d'un rutilant parc automobile (voitures de luxe) et de privilèges exorbitants liés à la fonction (gratuité de certains services) n'est pas dans les dispositions pour « gêner le pouvoir ».

Toutes les décisions de justice conférant une « légalité » aux actions de Macky SALL portent l'empreinte des 5 hauts magistrats précités.Quel que soit son rang, aucun magistrat n'a pas le Droit d'interférer dans le jeu politique pour satisfaire les caprices « du Prince SALL ». Le Lynchage de la Justice sénégalaise par nos concitoyens et par des Institutions régionales (Cour de Justice de la CEDEAO) et internationales (Amnesty International)est le signe que l'Institution judiciaire a perdu toute crédibilité. Ceux qui poussent des cris d'orfraie lorsque la Justice est mise au banc des accusés, doivent savoir qu'en 2011, le candidat Macky SALL a fait pire, traitant de tous les noms d'oiseaux les membres du Conseil Constitutionnel, allant même jusqu'à affirmer que certains hauts magistrats ont été corrompus par le régime de WADE (qui leur a attribué des terrains et augmenté de manière exponentielle leur salaire). Cette déclaration publique (audio) est disponible et demeure à la portée de tous. Plus grave, dans la supposée affaire de fraude des 690 élèves maîtres, le Président Macky SALL a publiquement soutenu le Ministre de l'éducation nationale, qui a refusé de se conformer à l'arrêt de la Cour suprême (un banditisme d'Etat).Mieux, lorsque le MinistreMoustapha Diop a défié la Justice, et tenu des propos outrageants, à l'encontre des magistrats de la Cour des Comptes,le Procureur de la République n'a paslevé le plus petit doigt pour défendre ses pairs.A vrai dire, les membres du régime sont très mal placés pour donner des leçons de morale aux citoyens qui critiquent à bon droit, le fonctionnement d'une Justice synonyme d'injustice.

Il y a plus de 500 magistrats qui exercent au Sénégal. Ceux qui disent le Droit et rendent la justice au nom du peuple ne sont nullement concernés par les critiques formulées à l'endroit d'une partie de la Justice. En revanche, les magistrats qui abusent de leur de pouvoir, et jouent avec la liberté des sénégalais ainsi que les magistrats membres de l'Alliance pour la République (APR),qui agissent en violation del'article 11 de la Loi organique n° 2017-10 du 17 janvier 2017 portant Statut des magistrats (qui leur interdit de faire de la politique) sont frappés du sceau de l'Indignité. Tous les magistrats corrompus doivent être classés dans la même rubrique que les « transhumants » : ce sont des rebuts de la société.L'UMS ne doit pas accepter que le corps de la magistrature soit souillé par des « magistrats corrompus, à la remorque du pouvoir exécutif » qui décrédibilisent l'Institution. Ce ne sont pas les citoyens sénégalais qui portent atteinte à l'honorabilité de l'Institution judiciaire, mais certains magistrats cupides, qui, pour des intérêts matériels et des logiques de carrière professionnelle entachent l'image et la crédibilité de la Justice.

La Justice est une affaire sérieuse.Le sentiment de puissance et la jouissance que procure le « pouvoir d'emprisonner » ne doivent pas conduire à certaines dérives. L'Objectivité, l'Intégrité, l'Impartialité et la Vérité doivent constamment guider l'action des Magistrats. En 2014, le Président de l'UMS, Abdoul Aziz SECK disait que le pouvoir exécutif entravait l'indépendance de la Justice. 4 ans après, leproblème est entier pour l'actuel Président de l'UMS, Souleymane TELIKO. Il appartient à l'UMS et aux acteurs judiciaires, d'agir pour obtenir des garanties statutaires (gage d'indépendance),assainir le corps et redorer le blason de l'Institution fortement décriée. Ne l'oublions jamais, la Justice doit être rendue au nom du peuple.

Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Thembi Kunene-Msimang, nouvelle responsable de l'image de marque de l'Afrique du Sud


« Le tourisme peut apporter beaucoup à qui sait utiliser certains atouts et astuces. Vendre une destination ne s'improvise pas au nom de « dieu est grand comme il est souvent dit au Sénégal pour Tout. La destination Sénégal, peut en raison de sa position géographique, attirer des investisseurs,et autres ».P B Cissoko

Thembi Kunene-Msimang, nouvelle responsable de l'image de marque de l'Afrique du Sud


Thembi Kunene-Msimang, Nouvelle Responsable De L'image De Marque De L'Afrique Du Sud

L'experte en marketing touristique a été nommée CEO de Brand South Africa, organe créé en août 2002 pour vendre une image de marque positive et convaincante de l'Afrique du Sud et attirer le tourisme et les investissements, en coordonnant les initiatives de marketing pour les rendre plus efficaces.

Sa nomination par le Conseil d'administration a été annoncée ce vendredi 17 août et a pris effet depuis le 13 août. Thembi Kunene-Msimang est actuellement administratrice non exécutive chez Brand South Africa. En 1997, au début de la démocratie en Afrique du Sud, elle a été la première personnalité noire et femme en Afrique du Sud à diriger un aéroport, à savoir l'aéroport de George, pour le compte de Airports Company South Africa (ACSA).

Diplômée en Communication de l'université de Fort Hare, en Afrique du Sud, Thembi Kunene a plus de 18 ans d'expérience en gestion dans les domaines du tourisme, de la communication, du marketing et siège dans divers autres conseils d'administration dont celui du Nelson Mandela Children Fund.

Elle a été CEO par intérim de l'Organisation régionale du tourisme de l'Afrique australe (RETOSA), qui est responsable du marketing des destinations touristiques dans 14 pays de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC). Bien avant, Thembi Kunene-Msimang était responsable des services touristiques à Cape Town Tourism.

Auparavant, elle était CEO et responsable de l'assurance qualité du « Tourism Grading Council of South Africa (TGCSA). A ce poste, elle a contribué à asseoir l'avantage concurrentiel de l'Afrique du Sud en tant que destination touristique en introduisant de nouveaux critères de classement et en fondant le prix du tourisme Lilizela.

https://africanshapers.com/

L’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix, le Ghanéen Kofi Annan, est décédé, ce samedi 18 août, à l’âge de 80 ans, après « une courte maladie », a annoncé à Genève la Fondation Kofi Annan dans un communiqué. Les réactions, en Afrique et dans le reste du monde, lui rendant hommage, se multiplient. L'actuel secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué « une force qui guidait vers le bien ».

L’ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la paix, le Ghanéen Kofi Annan, est décédé, ce samedi 18 août, à l’âge de 80 ans, après « une courte maladie », a annoncé à Genève la Fondation Kofi Annan dans un communiqué. Les réactions, en Afrique et dans le reste du monde, lui rendant hommage, se multiplient. L'actuel secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a salué « une force qui guidait vers le bien ».

« De bien des manières, Kofi Annan incarnait les Nations unies. Il est sorti des rangs pour diriger l’organisation vers le nouveau millénaire avec dignité et une détermination sans égales », a souligné le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

« Kofi Annan était un internationaliste qui ne voyait aucune contradiction entre ses origines africaines et son personnage comme citoyen du monde, explique sur RFI Bijane Farnudi, porte-parole de Kofi Annan et de la fondation qui porte son nom. Il voyait le monde comme un endroit où la paix, le développement et les droits humains étaient fondamentaux pour qu’une société puisse exister de manière paisible et en harmonie. C’est quelqu’un qui a ouvert l’organisation aux citoyens. Il interprétait la charte des Nations unies comme "Nous, le peuple" et pas comme "Nous, les Etats", et a donc engagé la société civile mais aussi le secteur privé en discussion. Il les a intégrés au cœur de cette organisation et c’est d’ailleurs, entre autres, pour cela qu’il a reçu le prix Nobel de la paix en 2001. »

« C’était notre voix »

Joint par RFI, le Camerounais Sammy Kum Buo et ancien directeur Afrique de l'ONU, désormais retraité, est très ému. Lui et Kofi Annan ont fait carrière, côte à côte, durant près de 40 ans.

« C'est quelqu'un que je connaissais bien. Quand j'ai rejoint l'ONU, j'avais 22 ans, et mon premier contact au travail c'était lui, raconte-t-il sur RFI. Je l'ai connu tout au long des 38 années de ma carrière. C'était plus que mon patron, c'était mon grand frère, nous étions tous deux africains. C'est une grande perte parce que même depuis sa retraite de l'ONU, il était actif, il défendait les grandes valeurs et, par-dessus tout, c'était notre voix sur ce continent et maintenant elle est réduite au silence. Je ne sais pas qui a cette influence… Mandela est parti, il est parti, Boutros-Ghali aussi. C'étaient les leaders qui nous ont donné une place de haut niveau à l'échelle internationale. »

Emotion au sein de la SADC, réunie en sommet à Windhoek

L’annonce de la mort de Kofi Annan a mis brutalement un terme à la conférence de presse finale du 38e sommet de la SADC, le Communauté de développement de l'Afrique australe. Le président namibien, Hage Geingob, président en exercice de l’organisation, a bien connu Kofi Annan puisque lui aussi a fait une partie de sa carrière aux Nations unies. Il ne cache pas son émotion :

« Je suis vraiment choqué, je suis terriblement choqué. On devait se voir à Lagos et il n’a pas pu venir. On était ensemble aux Nations unies. C’est une perte pour moi. Il a bien travaillé pour l’Afrique et le monde. Pour moi, en tant qu’Africain, en tant que secrétaire général de l’ONU, il a réussi à faire son travail et à finir son mandat avec beaucoup de dignité. Alors, il a eu quelques petits problèmes avec son fils, mais il a bien servi l’Afrique, il a bien servi le monde. Et puis, vraiment, ses capacités intellectuelles aussi... tout ce qu’il a fait aux Nations unies ! Je suis vraiment désolé. Il va me manquer », a réagi le chef de l’Etat namibien.

C’est une nouvelle très choquante, c'est très triste pour notre région et pour le monde. Kofi Annan a beaucoup fait et on espérait qu'on pourrait continuer à faire appel à lui dans différentes situations politiques ou sur des questions de paix et de sécurité. Je veux juste prier pour que son âme repose en paix, mais c’est très choquant, très triste. Ce qu’on peut retenir de lui, c’est qu’il a été là pour notre région. Il a été présent sur la scène internationale. On se souviendra de lui sur tellement de questions, il a beaucoup contribué pour le Kenya. On se souviendra de tout ce qu’il a fait pour la région et pour le continent.

Docteur Tax Stergomena Lawrence, secrétaire exécutive de la SADC

« Ce que le Ghana avait de meilleur à offrir »

Pour Fritz Baffour, journaliste, homme politique et ancien ministre ghanéen de l’Information, Kofi Annan était ce que le Ghana avait de meilleur à offrir.

« Le Ghana a toujours été surnommé l'étoile noire de l'Afrique et était une des avant-gardes du continent. Et Kofi Annan a représenté le Ghana à un si haut niveau de responsabilité ! Malgré sa retraite, il restait très actif dans des causes importantes pour le pays et restait, dans tous les cas, un très bon conseiller pour les forces politiques du pays », a réagi Fritz Baffour.

La gratitude de la France

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a salué l’engagement constant de l’ancien secrétaire général des Nations unies, sur tous les continents.

« De Genève à New York, en passant par Addis-Abeba, Kofi Annan a été un acteur engagé sur tous les continents et pendant plus d’un demi-siècle, au service des plus grandes causes et à l’assaut des grands défis de l’ère contemporaine : la paix, le développement, la promotion des droits de l’homme, la lutte contre la pauvreté et les discriminations. Au tournant de ce siècle, Kofi Annan a permis à l’ONU de se moderniser pour mieux faire face aux bouleversements d’un monde divisé qu’il a toujours essayé de rassembler.Je rends hommage à sa mémoire et souhaite exprimer la gratitude de la France pour son a

Hubert Védrine a été ministre des Affaires étrangères de la France entre 1997 et 2002, à l'époque du premier mandat de Kofi Annan à l'ONU. Très ému au micro de RFI, il se souvient d'un homme « si distingué, si fin, si subtile, si agréable, si souriant, si intelligent dans le contact ».

Un homme respecté de Moscou à Washington

Vladimir Poutine a déclaré samedi avoir « sincèrement admiré la sagesse et le courage » de Kofo Annan, dans un message adressé à Antonio Guterres et rendu public par le Kremlin. « Son souvenir restera à jamais dans le coeur des Russes », a ajouté le président russe, saluant « sa capacité à prendre des décisions réfléchies, même dans les situations les plus complexes et critiques ».

La Première ministre britannique Theresa May a rendu hommage à « un grand leader et réformateur de l'ONU », tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a, elle, insisté sur la « voix de Kofi Annan » qui « va beaucoup nous manquer à une époque où la recherche en commun de solutions aux problèmes mondiaux est plus urgente que jamais ».

L'ex-président américain Barack Obama a pour sa part salué « son intégrité, sa détermination, son optimisme et son sens de notre humanité partagée » et souligné que l'ancien secrétaire général des Nations unies avait contribué à « motiver et inspirer » la « prochaine génération de leaders ». L'ambassadrice américaine à l'ONU a, elle, salué la mémoire de Kofi Annan, louant un diplomate ayant « oeuvré inlassablement pour nous unir ». « Kofi Annan a voué sa vie à faire du monde un endroit plus pacifique », a ajouté Nikki Haley sur Twitter, précisant qu'il n'avait « jamais cessé de se battre pour la dignité de chacun ».

RFI

« De bien des manières, Kofi Annan incarnait les Nations unies. Il est sorti des rangs pour diriger l’organisation vers le nouveau millénaire avec dignité et une détermination sans égales », a souligné le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

« Kofi Annan était un internationaliste qui ne voyait aucune contradiction entre ses origines africaines et son personnage comme citoyen du monde, explique sur RFI Bijane Farnudi, porte-parole de Kofi Annan et de la fondation qui porte son nom. Il voyait le monde comme un endroit où la paix, le développement et les droits humains étaient fondamentaux pour qu’une société puisse exister de manière paisible et en harmonie. C’est quelqu’un qui a ouvert l’organisation aux citoyens. Il interprétait la charte des Nations unies comme "Nous, le peuple" et pas comme "Nous, les Etats", et a donc engagé la société civile mais aussi le secteur privé en discussion. Il les a intégrés au cœur de cette organisation et c’est d’ailleurs, entre autres, pour cela quil a reçu le prix Nobel de la paix en 2001. »

« C’était notre voix »

Joint par RFI, le Camerounais Sammy Kum Buo et ancien directeur Afrique de l'ONU, désormais retraité, est très ému. Lui et Kofi Annan ont fait carrière, côte à côte, durant près de 40 ans.

« C'est quelqu'un que je connaissais bien. Quand j'ai rejoint l'ONU, j'avais 22 ans, et mon premier contact au travail c'était lui, raconte-t-il sur RFI. Je l'ai connu tout au long des 38 années de ma carrière. C'était plus que mon patron, c'était mon grand frère, nous étions tous deux africains. C'est une grande perte parce que même depuis sa retraite de l'ONU, il était actif, il défendait les grandes valeurs et, par-dessus tout, c'était notre voix sur ce continent et maintenant elle est réduite au silence. Je ne sais pas qui a cette influence… Mandela est parti, il est parti, Boutros-Ghali aussi. C'étaient les leaders qui nous ont donné une place de haut niveau à l'échelle internationale. »

Emotion au sein de la SADC, réunie en sommet à Windhoek

L’annonce de la mort de Kofi Annan a mis brutalement un terme à la conférence de presse finale du 38e sommet de la SADC, le Communauté de développement de l'Afrique australe. Le président namibien, Hage Geingob, président en exercice de l’organisation, a bien connu Kofi Annan puisque lui aussi a fait une partie de sa carrière aux Nations unies. Il ne cache pas son émotion :

« Je suis vraiment choqué, je suis terriblement choqué. On devait se voir à Lagos et il n’a pas pu venir. On était ensemble aux Nations unies. C’est une perte pour moi. Il a bien travaillé pour l’Afrique et le monde. Pour moi, en tant qu’Africain, en tant que secrétaire général de l’ONU, il a réussi à faire son travail et à finir son mandat avec beaucoup de dignité. Alors, il a eu quelques petits problèmes avec son fils, mais il a bien servi l’Afrique, il a bien servi le monde. Et puis, vraiment, ses capacités intellectuelles aussi... tout ce qu’il a fait aux Nations unies ! Je suis vraiment désolé. Il va me manquer », a réagi le chef de l’Etat namibien.

C’est une nouvelle très choquante, c'est très triste pour notre région et pour le monde. Kofi Annan a beaucoup fait et on espérait qu'on pourrait continuer à faire appel à lui dans différentes situations politiques ou sur des questions de paix et de sécurité. Je veux juste prier pour que son âme repose en paix, mais c’est très choquant, très triste. Ce qu’on peut retenir de lui, c’est qu’il a été là pour notre région. Il a été présent sur la scène internationale. On se souviendra de lui sur tellement de questions, il a beaucoup contribué pour le Kenya. On se souviendra de tout ce qu’il a fait pour la région et pour le continent.

Docteur Tax Stergomena Lawrence, secrétaire exécutive de la SADC

« Ce que le Ghana avait de meilleur à offrir »

Pour Fritz Baffour, journaliste, homme politique et ancien ministre ghanéen de l’Information, Kofi Annan était ce que le Ghana avait de meilleur à offrir.

« Le Ghana a toujours été surnommé l'étoile noire de l'Afrique et était une des avant-gardes du continent. Et Kofi Annan a représenté le Ghana à un si haut niveau de responsabilité ! Malgré sa retraite, il restait très actif dans des causes importantes pour le pays et restait, dans tous les cas, un très bon conseiller pour les forces politiques du pays », a réagi Fritz Baffour.

La gratitude de la France

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a salué l’engagement constant de l’ancien secrétaire général des Nations unies, sur tous les continents.

« De Genève à New York, en passant par Addis-Abeba, Kofi Annan a été un acteur engagé sur tous les continents et pendant plus d’un demi-siècle, au service des plus grandes causes et à l’assaut des grands défis de l’ère contemporaine : la paix, le développement, la promotion des droits de l’homme, la lutte contre la pauvreté et les discriminations. Au tournant de ce siècle, Kofi Annan a permis à l’ONU de se moderniser pour mieux faire face aux bouleversements d’un monde divisé qu’il a toujours essayé de rassembler.Je rends hommage à sa mémoire et souhaite exprimer la gratitude de la France pour son a

Hubert Védrine a été ministre des Affaires étrangères de la France entre 1997 et 2002, à l'époque du premier mandat de Kofi Annan à l'ONU. Très ému au micro de RFI, il se souvient d'un homme « si distingué, si fin, si subtile, si agréable, si souriant, si intelligent dans le contact ».

Un homme respecté de Moscou à Washington

Vladimir Poutine a déclaré samedi avoir « sincèrement admiré la sagesse et le courage » de Kofo Annan, dans un message adressé à Antonio Guterres et rendu public par le Kremlin. « Son souvenir restera à jamais dans le coeur des Russes », a ajouté le président russe, saluant « sa capacité à prendre des décisions réfléchies, même dans les situations les plus complexes et critiques ».

La Première ministre britannique Theresa May a rendu hommage à « un grand leader et réformateur de l'ONU », tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a, elle, insisté sur la « voix de Kofi Annan » qui « va beaucoup nous manquer à une époque où la recherche en commun de solutions aux problèmes mondiaux est plus urgente que jamais ».

L'ex-président américain Barack Obama a pour sa part salué « son intégrité, sa détermination, son optimisme et son sens de notre humanité partagée » et souligné que l'ancien secrétaire général des Nations unies avait contribué à « motiver et inspirer » la « prochaine génération de leaders ». L'ambassadrice américaine à l'ONU a, elle, salué la mémoire de Kofi Annan, louant un diplomate ayant « oeuvré inlassablement pour nous unir ». « Kofi Annan a voué sa vie à faire du monde un endroit plus pacifique », a ajouté Nikki Haley sur Twitter, précisant qu'il n'avait « jamais cessé de se battre pour la dignité de chacun ».

 

RFI

Kofi Annan, septième secrétaire général des Nations unies (1997-2006), est mort, a-t-on appris ce samedi 18 août 2018. Il avait 80 ans. Très respecté, Kofi Annan a été le premier homme noir à diriger l’Organisation des Nations unies (ONU), dont il connaissait tous les rouages après y avoir travaillé pendant plus de 40 ans. Unanimement reconnu comme un homme de paix, il a obtenu conjointement avec l'ONU le prestigieux prix Nobel de la paix en 2001, « pour leur travail en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique ».

Kofi Annan, septième secrétaire général des Nations unies de 1997 à 2006, a été « l’un des dirigeants les plus visionnaires et plus démocratiques du monde », pour reprendre les mots de l’ancien directeur de l’office des Nations unies à Genève, Vladimir Petrovsky.

Pour Thobjorn Jagland, ministre norvégien des Affaires étrangères (2000-2001), ancien Premier ministre et secrétaire général du Conseil de l’Europe, il était un dirigeant « intelligent et courageux ». « Quand il entre dans une pièce, une onde de sérénité se propage. On dirait le pape », déclare un ancien ministre européen.

Kofi Annan a ainsi su s’attirer les éloges des diplomates du monde entier. L’ancien ambassadeur américain à l’ONU, Richard Holbrooke, le considère comme « le meilleur secrétaire général de l’histoire des Nations unies, sans exception ».

Par son habileté, son opiniâtreté et son intégrité, le Ghanéen disparu le 18 août a su être un interlocuteur accepté aussi bien par les Chinois que par les Américains, les musulmans, les Occidentaux, les Arabes, les Israéliens, le Nord et le Sud. Il a dirigé l’ONU dans un monde où la guerre froide était terminée, mais où d’autres conflits faisaient rage, comme en Yougoslavie, en Tchétchénie ou au Congo. Dans un monde aussi où le XXIe siècle s’ouvrait, traumatisé par les attentats du 11 septembre 2001.

Agir avec courage et avec cœur pour résoudre les conflits

Visionnaire, Kofi Annan a contribué à remettre les Nations unies au cœur du règlement des conflits. Il est parvenu à résoudre plusieurs oppositions épineuses, avec un mélange inédit de douceur, de charme et de franc-parler. Ses interventions ont été capitales à la frontière israélo-libanaise en 2000, ou lors de l’escalade américano-irakienne en 1998, année où il a obtenu la signature d’un accord sur le contrôle des sites militaires irakiens.

Son action au sein de l’ONU s’est concentrée sur la réorganisation interne des Nations unies, le développement de la lutte contre le sida, la poursuite des efforts de paix au Proche-Orient et le développement économique et social.

En manager hors pair, Kofi Annan a toujours su impressionner ses interlocuteurs par son élégance et sa courtoisie jamais prises à défaut. Calme et toujours à l’écoute, Kofi Annan était également capable d’humour vache. La France s’opposait à sa candidature pour succéder à l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali comme secrétaire général, car elle voulait un vrai francophone à la tête de l’ONU. Il avait ridiculisé l’argument en parlant anglais avec un accent français.

Docteur honoris causa de plusieurs universités (Dresde, Princeton, Gand, Neuchâtel, etc.), Kofi Annan a remporté de nombreux prix et récompenses pour son action au sein de l’ONU, dont le prestigieux prix Nobel de la paix, en 2001, avec l’ONU, « pour leur travail en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique ». Il avait jugé « presque indécent » de se voir attribuer un tel prix en pleine guerre d’Afghanistan et en plein conflit au Proche-Orient. Le dernier et le seul autre secrétaire général des Nations unies à avoir reçu le Nobel de la paix était le Suédois Dag Hammarskjoeld, en 1961, à titre posthume.

« On l’a beaucoup critiqué comme étant l’homme des Etats-Unis, mais il est l’homme de la communauté mondiale », a déclaré Geir Lundestad, directeur de l’Institut Nobel, ajoutant : « Cela s’est confirmé lors de sa réélection le 27 juin 2001. […] Annan a reçu le soutien de l’Afrique, bien sûr, mais aussi de l’Asie et de toutes les grandes puissances même si la Chine a un peu traîné les pieds. » Sa réélection pour un mandat de cinq ans a été votée de façon unanime par les 189 Etats membres de l’ONU.

« Homme des Etats-Unis », avant la brouille de la guerre « illégale » en Irak

Lui qui est le premier secrétaire général à sortir des rangs du personnel de l’organisation a toujours eu une grande volonté de la réformer. Son image assez docile, d’« homme des Etats-Unis », qu’il avait au début de son mandat, s’explique par le fait qu’il a été élu secrétaire général de l’ONU en 1996 avec le soutien de Washington. En 2001, il a déclaré « approuver les raids américano-britanniques en Afghanistan appelant toutefois à tout faire pour épargner la population civile ».

Mais les relations entre Kofi Annan et la Maison Blanche se sont gâtées en 2003, avec l’invasion américaine de l’Irak. En 2004, il qualifie cette guerre d’« illégale », une opinion qu’il confirme tout au long de sa vie. Le secrétaire général a perdu un de ses proches à cause de la guerre, Sergio Vieira de Mello. Tué par un attentat-suicide à Bagdad le 19 août 2003, Sergio Vieira de Mello était, depuis mai 2003, le représentant de Kofi Annan en Irak, une mission qui était censée durer quatre mois. Il était perçu comme un successeur potentiel de Kofi Annan à la tête des Nations unies.

Lors du dernier discours qu’il a tenu devant un public américain en tant que secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan s’est montré sévère envers le président des Etats-Unis George W. Bush et sa politique. Dans la bibliothèque Harry Truman à Independence, dans le Missouri, Kofi Annan a rappelé l’héritage de ce même Harry Truman, un des fondateurs des Nations unies, qui disait : « La responsabilité des grands Etats est de servir les peuples du monde, pas de les dominer. »

Sans jamais prononcer le nom de George W. Bush, il a, en filigrane, critiqué sa politique : « Par le passé, l’Amérique a été à l’avant-garde du mouvement mondial pour les droits de l’homme. Mais, pour ce pays, la seule manière de rester en tête sera de se montrer fidèle à ses principes, jusque dans la lutte contre le terrorisme. » A l’époque, ces déclarations ont choqué les conservateurs américains.

Plus de 40 ans dans le système onusien

Né le 8 avril 1938 à Kumasi au Ghana, Kofi Annan, qui a une sœur jumelle, est issu d’une famille aristocratique de négociants. Il a étudié à l’Université scientifique et technologique à Kumasi. En 1961, il obtient sa licence d’économie au Macalester College, à Saint Paul, dans le Minnesota (Etats-Unis). En 1961-1962, il effectue des études de troisième cycle en économie à l’Institut universitaire des hautes études internationales à Genève (Suisse). En 1971-1972, il obtient son diplôme de maîtrise en sciences de gestion au Massachusetts Institute of Technology.

Kofi Annan entre à l’ONU en 1962 comme fonctionnaire d’administration et du budget auprès de l’Organisation mondiale de la santé à Genève. Il a travaillé plus de 40 ans dans le système onusien. Il a été en poste à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, à Addis-Abeba (Ethiopie), à la Force d’urgence des Nations unies, à Ismaïlia (Egypte), au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève.

Puis, au siège des Nations unies, à New York, il a été sous-secrétaire général à la gestion des ressources humaines et coordonnateur des Nations unies pour les questions de sécurité, puis sous-secrétaire général à la planification des programmes, au budget et à la comptabilité, puis contrôleur et enfin secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix.

Après l’ONU, il a créé la Fondation Kofi-Annan, dont l’objectif est de « mobilise[r] la volonté politique pour vaincre les menaces pesant sur la paix, le développement et les droits de l’homme ». Il est également nommé président de l’ONG Global Elders, un groupe de « sages universels » qui œuvre pour la paix et les droits de l’homme dans le monde. Parmi eux, figurent notamment Desmond Tutu, Jimmy Carter et Nelson Mandela, jusqu’à sa mort.

n 2006, il a créé, avec le dessinateur français Plantu, Cartooning for Peace, une association de caricaturistes de presse engagés contre l’intolérance et pour le « respect des cultures et des libertés ». Le 23 février 2012, il est nommé envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe pour la crise syrienne. Mais il démissionne de ce poste moins de six mois plus tard, le 2 août.

Père de trois enfants, Kofi Annan a d’abord été marié à une Nigériane dont il a eu un fils et une fille. Il a ensuite été marié à Nane Lagergren, juriste et artiste suédoise, nièce du diplomate Raoul Wallenberg, qui a sauvé des milliers de juifs en Hongrie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un homme sujet à la critique et aux erreurs

Un de ses regrets à l’ONU a été de ne pas avoir pu réformer le Conseil de sécurité, pour qu’il reflète mieux le monde du XXIe siècle, et non plus celui « de 1945 ». Les opérations onusiennes ont été « désastre[uses] » au Darfour et en Somalie pendant ses deux mandats, selon cet homme qui n’a jamais hésité à reconnaître ses échecs.

Kofi Annan a dit « accepter la critique » lorsqu’un rapport indépendant l’a jugé responsable « d’erreurs de gestion substantielles » dans l’affaire Pétrole contre nourriture. Ce programme onusien devait permettre au régime irakien de Saddam Hussein de vendre du brut en échange de biens de consommation, pour atténuer les effets de l’embargo sur les civils. Mais Saddam Hussein s’est livré à de la contrebande en surchargeant les pétroliers et aurait, selon une enquête indépendante, détourné près de 1,8 milliard de dollars.

Dans ce dossier, Kofi Annan a été lavé des accusations les plus graves. Il n’a pas été jugé coupable d’entorses à l’éthique ni de corruption, notamment car rien n’indique qu’il ait su que la Cotecna, une entreprise suisse qui employait son fils Kojo Annan, tentait d’obtenir un contrat onusien, qu’elle a remporté. Kofi Annan a simplement été « négligent », selon les enquêteurs et partage les torts avec un Conseil de sécurité divisé, une organisation trop bureaucratique, certains responsables corrompus et un régime irakien manipulateur.

Enfin, à l’époque du génocide anti-tutsi du printemps 1994 au Rwanda, Kofi Annan était secrétaire général de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix. Certains reprochent à l’organisation internationale de ne pas avoir réagi à temps aux massacres. Kofi Annan s’est excusé au nom des Nations unies, exigeant plusieurs rapports internes sur les dysfonctionnements dans l’organisation sur le Rwanda, mais aussi sur la Bosnie.

 

RFI

 

 

Soumaïla Cissé, l’opposant qui a accusé le gouvernement de fraude électorale lors du premier tour, a renouvelé ses allégations.

Le candidat de l’opposition au Mali, Soumaïla Cissé, a rejeté à l’avance, lundi 13 août, les résultats du second tour de la présidentielle, appelant le pays à se lever face à « la dictature de la fraude », à la suite d’un scrutin qui s’était pourtant déroulé dans de meilleures conditions sécuritaires qu’au premier tour.

Les résultats du duel entre le président sortant et favori Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et l’opposant Soumaïla Cissé doivent être proclamés en milieu de semaine par la Cour constitutionnelle, mais « d’ores et déjà, nous [les] rejetons », a lancé à ses partisans M. Cissé, du balcon de son siège de campagne.

La mission d’observation de l’Union européenne doit présenter son rapport préliminaire sur le déroulement du scrutin du second tour mardi matin. M. Keïta devrait ensuite s’exprimer depuis son siège de campagne en début d’après-midi. Relancer l’accord de paix

Le vainqueur entrera en fonction au début de septembre, avec la lourde tâche de relancer l’accord de paix conclu en 2015 avec l’ex-rébellion à dominante touareg, accord dont l’application est sans cesse retardée, dans ce vaste pays du Sahel toujours confronté à la menace djihadiste malgré cinq années d’interventions militaires internationales.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Malgré l’accord de paix, les violences ont persisté et ont progressé vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Interrogé début juin par l’AFP, M. Cissé avait estimé qu’il faudrait « absolument éviter une crise électorale ». Mais alors qu’en 2013 il avait reconnu sa défaite, déjà face à M. Keïta, avant même l’annonce des résultats, il n’a cessé cette fois d’accuser le camp d’« IBK » de profiter de l’insécurité qui règne dans le centre et le nord du pays pour truquer le scrutin.

Lire aussi :   Au Mali, le président sortant largement favori du second tour

« La dictature de la fraude »

« J’en appelle à tous les Maliens à se lever (…) Nous n’accepterons pas la dictature de la fraude », a lancé lundi à ses militants M. Cissé, ancien ministre des finances de 68 ans, accusant le pouvoir d’avoir « attaqué » et mis hors d’usage le système de comptabilisation électorale de l’opposition dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’il était crédité selon lui de 51,93 % des suffrages contre 47,53 % pour le président sortant. M. Cissé a averti :

   « La responsabilité de ce qui va arriver dans le pays est dans le camp du président de la République. »

Il a, en outre, déploré la brève arrestation dimanche de six membres de son équipe de communication, dont quatre Français, par les services de renseignement maliens, qui ont saisi leurs ordinateurs et téléphones.

« Pourquoi, si ce n’est pour cacher quelque chose ? », a demandé M. Cissé. Cinq hommes ont été libérés sans charges au bout de deux heures, mais l’opposition est toujours, vingt-quatre heures plus tard, « sans nouvelles » du sixième, un Ivoirien. « Ça n’a rien à voir avec le candidat Cissé, absolument rien à voir. L’élection se fait, mais le travail de sécurité se fait aussi », a fait valoir le ministre de la sécurité publique, le général Salif Traoré. Une enquête a été ouverte.

Baisse des incidents

Le second tour s’était pourtant déroulé dans un climat plus apaisé que celui du premier. Seuls 490 bureaux de vote – sur 23 000 – n’ont pu ouvrir, soit moitié moins que le 29 juillet, a indiqué le général Traoré. « Nous avions un peu plus de 3,7 % des bureaux qui n’avaient pas fonctionné normalement » lors du premier tour, dont M. Keïta était sorti largement en tête, avec près de 42 % des voix, pour 17,78 % à son concurrent, a noté le général Traoré.

Il a estimé à 2,1 % le nombre de bureaux restés fermés dimanche. Il a attribué ce succès à la « montée en puissance » de l’armée, qui avait déployé 36 000 hommes, 6 000 de plus qu’au premier tour.

La grande majorité des bureaux restés fermés (440 sur 490) étaient de nouveau situés dans la région de Mopti (centre), en proie à des violences ethniques attisées par des groupes djihadistes. Les autres se trouvent dans le Nord, dont 23 dans la région de Tombouctou, où l’Etat est peu ou pas présent et où un président de bureau de vote a été tué par six djihadistes présumés lors du plus grave acte de violence de la journée.

Avenir du Sahel

Le scrutin, déterminant pour l’avenir du Sahel, s’est déroulé dans la relative indifférence de la population, due à une météo pluvieuse, aux risques de violences et à l’absence de suspense.

L’Union européenne a appelé à la « transparence » dans chaque étape de la compilation des résultats. Selon le camp de M. Cissé, des bulletins de vote « circulaient » ces derniers jours, preuve que des bourrages d’urnes étaient en préparation.

Des journalistes de l’AFP ont constaté que dans au moins six bureaux de vote de Bamako, les procès-verbaux électoraux avaient été préremplis et signés avant même la fin du vote. Ibrahim Boubacar Keïta a répliqué aux accusations en dénonçant des « manœuvres » de l’opposition. Notant que les deux camps se sont accusés de « fraude ou de tentatives de fraude », la mission d’observation de l’Union africaine a indiqué lundi, « à ce stade », ne détenir « aucun élément tangible » démontrant de quelconques irrégularités.

Le Monde.fr

Acteurs culturels, politiques et de la société civile bien que largement favorables à la déclassification des rapports des organes de contrôle, ils sont nombreux à estimer insuffisants tous les efforts de l’arsenal juridique de contrôle. Par conséquent, ils appellent la justice à s’autosaisir pour mettre fin au pillage de deniers publics destinés à régler les questions de santé, d’éducation, d’emploi, et d’infrastructures, entre autres. Et par la même occasion, ils invitent le chef de l’Etat à ne pas mettre sous le coude certains rapports accablants ses protégés.

MANDIAYE GAYE, CHRONIQUEUR-ECRIVAIN : «Toutes les malversations doivent être dénoncées»

Le peuple sénégalais a le droit de savoir comment le bien commun est géré par ceux et celles qui en sont les dépositaires. Par conséquent, nul administrateur n’a le droit de s’y soustraire. Telle est la conviction du chroniqueur et écrivain Mandiaye Gaye.

Le chroniqueur et écrivain Mandiaye Gaye trouve normal que tous les présumés coupables d’une malversation de deniers publics puissent être dénoncés. De son point de vue, «lorsque les organes de contrôle aux agents assermentés décèlent des malversations dans la gestion des deniers publics d’une quelconque entité ou institution de la République, cela doit être dénoncé pour que nul n’en ignore. Parce qu’il s’agit du bien public. Et par conséquent, on doit rendre compte aux ayants droit». Avant d’ajouter qu’«il n’est pas acceptable, sous quelque statut (niveau de responsabilité étatique), que l’on mette sous le coude tel ou tel autre rapport, sur quelque prétexte que ce soit. Dans un pays de droit où les populations aspirent au mieux-être, les dépositaires (pouvoirs publics) doivent être des exemples pour impulser et matérialiser les espoirs des populations. Et donc, rendre compte doit être une règle et non une exception». Se voulant convaincant de la nécessité de devoir rendre compte aux Sénégalais, il convoque la bonne pratique du secteur privé. «Dans le secteur privé, dès qu’on découvre une mauvaise gestion quelque part, systématiquement l’agent (le responsable) est suspendu en attendant de tirer au clair l’affaire. Donc, pourquoi pas ne pas en faire autant dans le public. Dans le privé, tous les agents savent qu’ils ont l’obligation d’être transparents, faute de quoi la sanction va tomber», fait-t-il valoir.

M. Gaye d’ajouter : «Tous ceux qui sont indexés dans les rapports des organes de contrôle pour mauvaise gestion doivent être dénoncés et sanctionnés». Avant de conclure: «Il nous faut des gens qui pensent pour ce pays et qui agissent pour tous les Sénégalais».

ALLA KANE, ANCIEN INSPECTEUR DES IMPOTS ET DOMAINES : «Je suis favorable à la publication immédiate des rapports»

Le devoir de rendre compte de la gestion des deniers publics s’impose à toute autorité publique. Toutes les malversations relevées par les organes de contrôle doivent faire l’objet d’une publication immédiate afin que nul n’en ignore. C’est ce que soutient Alla Kane, ancien inspecteur des impôts et domaines.

L’ancien inspecteur des impôts et domaines Alla Kane est catégorique sur l’impératif de déclassifier les rapports des organes de contrôle. Sous ce rapport, il soutient mordicus ceci: «Dès que le rapport d’un organe de contrôle de l’Etat est disponible, celui-ci doit être publié immédiatement pour que nul n’en ignore sur comment le dernier public sous administration d’un quelconque agent de l’Etat a été géré. Parce qu’en définitive, cet argent appartient aux Sénégalais pour l’amélioration de leurs conditions de vie, à savoir la santé, l’éducation, les infrastructures routières, l’emploi des jeunes…».

A l’en croire, «lorsqu’on choisit de servir son pays au niveau étatique, on se fait l’obligation de devoir rendre compte de sa gestion des deniers publics sous sa responsabilité. L’agent à qui on a confié des derniers publics pour un objectif bien précis doit faire en sorte que tout soit transparent. Mais ici, on a l’habitude de voir des gens prendre le patrimoine national pour en faire une propriété privée. Ceci n’est pas normal ! C’est inacceptable !».

Légitimant la mise en place des corps et organes de contrôle, il a laissé entendre que «Si l’Etat a pensé mettre en place des organes de contrôle, comme la Cour des comptes, l’Inspection général d’Etat (Ige), la Centif, la Crei, l’Armp, l’Ofnac... ce n’est pas fortuit. Et très souvent ces organes découvrent des malversations. Donc, un mauvais comportement des responsables. Et sous ce rapport, je suis pour la publication immédiate des rapports. En ce sens que ça informe de la bonne ou mauvaise gestion des ressources budgétisées et allouées à tel ou tel autre objectif. Ceci montre à ceux qui sont en train de gérer qu’ils doivent être irréprochables». Par conséquent, ajoute-t-il: «Je suis largement favorable à la déclassification à la présidence, à l’assemblée nationale, à la société civile, aux partis politiques, pour qu’on sache comment nos ressources ont été gérées».

L’approche politicienne et partisane anéantit tous les efforts

«Aujourd’hui, ceux qui se battent pour que le président de la République ne soit plus chef de parti ont raison. Parce que quand le président de la République est chef de parti, nécessairement, il couvre ses partisans. Donc, le fait de rendre compte n’est pas un mal en soi, mais une preuve de responsabilité et surtout un honneur pour sa famille», a-t-il fait valoir.

ELIMANE HABY KANE, ACTEUR DE LA SOCIETE CIVILE : «L’arsenal juridique de contrôle est souvent utilisé comme vitrine»

Déçu de la finalité des rapports des organes de contrôle, Elimane Haby Kane de Legs-Africa: (Leadership, Ethique, Gouvernance, Stratégies pour l’Afrique), a déclaré qu’: «il ne sert à rien d’avoir des citoyens les mieux informés au monde sur les pratiques de malversations des deniers publics de leurs Etats si eux-mêmes n’ont aucune emprise sur la sanction, à part le vote lors d’une élection».

M. Kane de regretter l’absence de volonté tangible des pouvoirs politiques à mettre en branle le dispositif juridique implacable pour mettre fin à l’impunité grandissante sur les deniers publics. «Le Sénégal s’est doté d’un arsenal juridique impressionnant en matière de contrôle. Et ceci est souvent utilisé comme vitrine pour cette volonté de transparence du pays. Mais, malheureusement, cette vitrine ne reflète pas la réalité objective des pratiques. Parce que les rapports qui sont produits de façon périodique, parfois avec des retards regrettables, restent des lettres mortes par rapport à l’issue qu’on devrait leur donner».

Poursuivant son propos, il souligne : «au niveau exécutif, certains rapports qui sont directement déposés sur la table du président de la République, doivent faire l’objet d’un suivi. Mais également au niveau du pouvoir judiciaire, lequel peut s’autosaisir sur certains rapports et aller au-delà pour en finir avec l’impunité». Mais, regrette-t-il encore: «Malheureusement, c’est à ces deux niveaux, qu’on note des pratiques de rétention, de rupture avec la loi et le principe de transparence et de redevabilité. Parce qu’aucune suite n’est donnée à des rapports accablants dont certains se retrouvent sur la place publique».

Et d’ajouter: «ça c’est regrettable! Nous sommes en droit de demander que ces rapports soient déclassifiés et publiés. Ceci démontrerait d’une réelle volonté d’en découdre avec les pratiques de malversations de deniers publics, mais aussi d’une réelle volonté de transparence. Et ceci nous ramène au cadre juridique surtout sur le code de transparence des finances publiques qui demande à ce que l’Etat clarifie les types d’engagements et le respect des principes d’intégrité. C’est-à-dire à ce que les pratiques soient conséquentes».

Par JEAN PIERRE MALOU

Sud Quotidien

A un plus de 6 mois de l’élection présidentielle du 24 février 2019, une vingtaine de candidatures ont été déclarées. Toutefois, si déclarer sa candidature est une chose plus ou moins simple ; la faire valider par le conseil constitutionnel, n’est pas si évidente. Surtout avec l’instauration du système du parrainage qui exige 1% au plus et 0,8% au moins. Pis, il exige un quota de 2000 parrains dans au moins 7 régions du Sénégal. Ce qui risque de barrer la route à certaines candidatures, si l’on se base sur les résultats des dernières législatives. Du moins, dans les 8 régions à plus forts bastions électoraux.

A l’approche de la présidentielle, prévue le 24 février 2019, il ne se passe pas un seul week-end sans qu’une candidature soit déclarée pour prendre part aux prochaines joutes. La dernière en date est celle du leader du mouvement «Geum Sa Bopp», Bougane Gueye Gani, faite le samedi 11 août dernier.

Aujourd’hui, plus d’une vingtaine de candidatures ont été annoncées. Cependant, conformément à nouveau Code électoral, tout candidat à la présidentielle doit recueillir des signatures de parrains entre 1% à 0,8% des électeurs inscrits sur le fichier électoral. Mieux, les candidats doivent collecter au moins 2000 signatures dans 7 régions du Sénégal. Ce dernier filtre risque de devenir l’obstacle majeur des prétendants à la magistrature suprême, sur la base des résultats de l’élection législative du 30 juillet dernier.

DAKAR : LE GRENIER DE PARRAINS

En effet, les résultats notés dans les 8 plus grands bastions électoraux du pays, sur la base du fichier de 2017, à savoir Dakar (52,3%), Thiès (13,1%), Diourbel (8,8%), Saint-Louis (7,5%), Kaolack (6,4%), Louga (6,4%), Fatick (4,5%), et enfin Ziguinchor (4,4%), sont révélateurs pour certains candidats qui ont participé à ladite élection.

A Dakar, par exemple, la quasi-totalité des candidats, pour le moment, déclarés, et qui étaient tête de liste, ne doivent pas éprouver des problèmes. Le candidat de la coalition Bby, Macky Sall, fort de ses 295.225 voix, n’aura aucun mal à se faire parrainer à Dakar. Ceux de la coalition Taxawu Senegaal, notamment Idrissa Seck, Malick Gackou, Cheikh Bamba Dièye, Khalifa Sall, etc., devront se partager les 187.009 voix. Les candidats qui seront issus de la Coalition gagnante Wattu Senegaal, à savoir Pape Diop, Karim Wade, etc., auront 161.110 voix à se partager comme parrains. A cela s’ajoutent les candidats du Pur, Issa Sall, de la coalition Ndaw Askan Wi, Ousmane Sonko, ou encore celle Joyanti, Abdoul Mbaye et du Cp Kaw d’Abdoulaye Baldé, qui ne devraient pas avoir du mal à collecter les 2000 signatures dans la région.

Toutefois, en dehors de la capitale sénégalaise, beaucoup de candidats risquent d’être confrontés à de réels problèmes pour trouver le nombre requis.

A Thiès, deuxième ville électorale du pays, sur la base des législatives 2018, des candidats comme Abdoul Mbaye (817 voix), Abdoulaye Baldé (1997 voix), et certains qui n’ont pas participé à ces joutes, pourraient rencontrer des difficultés pour avoir le nombre requis. Ce qui ne sera pas le cas pour des leaders comme Ousmane Sonko (4735 voix). Il en est de même à Diourbel, la troisième ville électorale du pays. Ici aussi, Abdoul Mbaye (1466 voix), Abdoulaye Baldé (873 voix), Ousmane Sonko (1742 voix), et même les candidats de Taxawu Senegaal (8707 voix), au nombre de 4 pour le moment, doivent batailler fort pour collecter les 2000 parrains. Dans le quatrième grenier électoral du pays, à savoir à Saint-Louis, les leaders ci-dessus cités vont probablement rencontrer le même problème, à part ceux de Taxawu Senegaal (15.123 voix), ceux de Wattu Senegaal (49.345 voix), sans oublier celui de Bby (160.039 voix) qui n’auront en principe aucune difficulté de parrainage.

KAOLACK : LES CHANCES SONT OUVERTES POUR L’OPPOSITION

La cinquième ville électorale du pays, Kaolack présente par contre, pas mal d’opportunités pour certains candidats de l’opposition, sur la base des dernières législatives. En effet, il ne suffit de peu d’efforts à certains d’entre eux pour obtenir le quota demandé. Abdoul Mbaye (1554 voix), Abdoulaye Baldé (1838 voix) font parti de ceux là qui peuvent espérer atteindre le quota. Ce qui ne doit pas poser de problèmes pour Ousmane Sonko (2157 voix), Issa Sall (7.174 voix), ou encore ceux de Taxawu Senegaal (18.340 voix), ceux de Wattu Senegaal (29.775 voix), ou encore celui de Bby (135.073 voix).

OUSMANE SONKO, ABDOUL MBAYE, ABDOULAYE BALDE TOUS ABSENTS A LOUGA ET A FATICK

Dans certaines régions comme Louga et Fatick des leaders de l’opposition auront du mal à se faire parrainer à hauteur de 2000 signatures. Dans ces deux régions, à électorat non négligeable, Ousmane Sonko, Abdoulaye Baldé, Abdoul Mbaye risquent de ne pas avoir le quota. Cela, à cause de la razzia de la coalition Bby à Fatick (112.905 voix) et à Louga (120.895 voix), suivi de Wattu Senegaal à Louga (25.355 voix) et Fatick (11.064 voix), ou encore le Taxawu Senegaal à Louga (17.972 voix) et Fatick (11.464 voix), talonnés par le Pur à Louga (17.297 voix).

ZIGUINCHOR : CARTON PLEIN POUR ABDOULAYE BALDE

Si dans beaucoup de régions du pays, Abdoulaye Baldé aura certainement des difficultés pour se faire parrainer par plus de 2000 électeurs, ce problème ne se posera pas à Ziguinchor. Ladite région sera le réservoir du candidat-maire de la ville Abdoulaye Baldé (27.154 voix). Il pourra se faire des réserves pour compléter le pourcentage total demandé. Tout naturellement, le candidat Macky Sall, tout comme ceux de Wattu Senegaal ne rencontreront aucune difficulté dans la capitale du Sud. Tout comme Ousmane Sonko (5612 voix) ne rencontrera pas d’obstacles majeurs à Ziguinchor. Cependant, ceux qui sortiront de la coalition Taxawu Senegaal vont se partager les quelques 5.330 voix obtenues lors des élections législatives dernières. Toutefois, force est de préciser que, non seulement le fichier a évolué pour avoisiner 7 millions, mais aussi les législatives sont différentes de la Présidentielle. Autre chose, il est impossible de faire des pronostics pour les candidats qui n’ont pas participé à la dernière élection, à l’image de Bougane Gueye Gani, Hadjibou Soumaré, Nafissatou Wade, Capitaine Diéye, ou encore, Inspecteur Ngouda Fall Kane, le douanier Boubacar Camara, Ousmane Kane, Mame Adama Gueye, Thierno Bocoum, etc .

SudOneline

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