Afrique

Niger: le poisson fumé, source d'importants revenus pour Boko Haram

Dans le sud-est du Niger, le transport du poisson fumé est temporairement interdit dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. Le gouvernorat de Diffa a adopté la mesure mercredi dernier. Selon les autorités administratives et militaires, les insurgés tirent d’importants revenus de la chaîne du poisson qui est revendu sur les marchés dans le nord du Nigeria. Près de 200 camions qui étaient immobilisés à la frontière depuis plusieurs jours ont finalement été autorisés à titre exceptionnel à entrer au Nigeria mardi, mais les autorités ont prévenu que c’était la dernière fois.

Les insurgés islamistes confisquent aux pêcheurs du lac Tchad leurs cargaisons de carpes et de silures une fois que les poissons d’eau douce ont été séchés et fumés, a indiqué à RFI une source sécuritaire à Diffa.

Ces poissons, pêchés dans des zones du lac Tchad contrôlés par Boko Haram, sont ensuite revendus selon cette source à des commerçants véreux qui les écoulent sur les marchés du nord du Nigeria pour ensuite reverser des dividendes, des vivres ou du carburant aux insurgés côté Nigeria, le long de la rivière Komadougou Yobé.

« Autoriser le transport du poisson fumé revient à financer Boko Haram », abonde une source au gouvernorat de Diffa qui a donc décidé d’une mesure d’interdiction mercredi dernier. Une mesure prise grâce aux pouvoirs conférés par l’Etat d’urgence dans la région de Diffa. Il court jusqu’à ce mercredi et a toutes les chances d’être reconduit.

« Cette interdiction, reconnaît la même source, entraînera sans doute des pertes de revenus pour des foyers du sud-est du Niger, mais c’est le prix à payer pour assécher Boko Haram ».

Rfi

Enlèvements de Français à Madagascar: le ras-le-bol de l'ambassade

Avec la coopération des autorités malgaches, l'ambassade de France à Madagascar veut mettre un terme aux enlèvements de ses ressortissants dans le pays et affirme avoir l'intention de prendre des mesures. La communauté française est plus touchée que les autres, chaque année entre 20 et 30 Français sont enlevés. Un chiffre en constante augmentation.

Dernier cas en date, il y a une semaine tout juste, un adolescent enlevé devant son collège à Tuléar. Il appartenait à la communauté karana (communauté musulmane formée par des descendants d'immigrés indo-pakistanais ) généralement visée par ces rapt. Il a été libéré vendredi dernier contre une rançon de 35 millions d'ariary (près de 11 000 euros). Neuf personnes ont été arrêtées. Mais pour la France « trop de lignes rouges ont été franchies ».

S'attaquer à un mineur, c'est aller trop loin, selon l'ambassadeur de France. Pour mettre un terme aux enlèvements, François Goldblatt propose le soutien des forces françaises aux autorités malgaches. Mais pas seulement. Devant la presse, il a exhibé une liasse de documents qu'il va communiquer à la justice.

« Cette distribution commencera aujourd’hui [hier, lundi, NDLR] auprès des autorités, a-t-il annoncé. Nous avons un certain nombre d’indices, de noms, de fonctions, de photographies, de numéros de téléphone patiemment réunis ces dernières années par l’ambassade de France à l’issue de chaque enlèvement. »

Ces documents concernent un nombre à deux chiffres d'hommes et de femmes, a-t-il précisé. Par ailleurs, il affirme que la justice française sera systématiquement saisie en cas de nouvel enlèvement. La peine prévue par le code pénal français, qui s'applique en l'occurrence, est comprise entre 20 ans de réclusion criminelle et la perpétuité.

Un système d'appel à témoin envisagé

Enfin, un dispositif d'appel à témoin avec diffusion de photos de la victime est envisagé : « Un dispositif auquel nous trouverons une appellation, peut-être "stop enlèvement", qui s’inspirera du dispositif "alerte enlèvement" qui est en vigueur en France depuis quelques années. »

Malgré ces mesures, l'ambassadeur estime qu'aucune mise en garde supplémentaire n'a besoin d'être donnée aux voyageurs français autres que celles déjà émises par le site du ministère des Affaires étrangères.
Chronologie et chiffres clés

Rfi

Devant la cour, Simone Gbagbo dit ignorer ce qu’on lui reproche

Un peu moins de deux mois après le début du procès, c’était au tour, ce lundi 23 février, de Simone Gbagbo de comparaître devant la cour d’assises. La femme de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, doit répondre comme ses 82 co-accusés d' « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait au moins 3 000 morts dans le pays.

L'audience a débuté avec près de deux heures de retard. Compte tenu de la personnalité de l'accusée, il a fallu prendre certaines mesures de sécurité. Qui plus est, dans la salle des pas perdus, on a assisté au tout début de la matinée à des scènes d'esclandre entre Ivoiriens partisans et hostiles à Simone Gbagbo, les premiers réclamant que justice soit faite à l'encontre du régime de Laurent Gbagbo, les seconds demandant à ce que justice soit rendue à l'encontre des partisans du clan d'Alassane Ouattara. Tout le monde a finalement été évacué avant que l'ex-première dame ne fasse son entrée dans la salle d'audience.

Simone Gbagbo est apparue tout sourire, vers 11 heures, vêtue d’une robe beige et bleu turquoise, main dans la main avec l’un de ses avocats, Me Rodrigue Dadjé. Elle a pris le temps de saluer certains de ses amis venus la soutenir dans la salle d’audience, comme Alphonse Douati, ex-ministre de son époux Laurent Gbagbo, Richard Dakoury-Tabley, l’ex-gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest. Egalement dans son sillage, on a aperçu Michel Gbagbo, le fils de Laurent Gbagbo.

Comme elle l'avait promis à la presse, Simone Gbagbo s'est exprimée « à satiété ». Dans ses premières déclarations publiques depuis son arrestation en avril 2011, l'ex-première dame a affirmé, devant la cour d'assises d'Abidjan, ignorer ce qu'on lui reprochait. « A l'heure où je vous parle, je ne sais pas exactement quels sont les actes matériels qu'on me reproche », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que « Laurent Gbagbo est le vainqueur de la présidentielle de 2010 ».

Pendant quasiment une heure, de manière ininterrompue, elle a ainsi retracé son analyse propre des événements. Simone Gbagbo en a profité pour dire tout le mal qu'elle pensait du représentant des Nations unies, qu'elle accuse d'avoir outrepassé ses fonctions, et de Nicolas Sarkozy et des forces françaises dont elle a dénoncé « l'ingérence » dans la crise post-électorale ivoirienne. Accusant l'armée française d'avoir « bombarbé la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours alors qu'aucune résolution de l'ONU ne lui donnait ce pouvoir », Simone Gbagbo a lâché : « C'est à croire que l'objectif était l'élimination physique du président élu Laurent Gbagbo ».

Perdant un peu parfois patience face à l'inanité de certaines questions de l'accusation, l'ex-première dame a demandé à plusieurs reprises à être interrogée, et donc jugée, sur des faits précis et concrets, et non pas sur des allégations ou bien des propos rapportés dans les journaux. « On n'est pas ici pour justifier de ce que je pense, mais sur des faits précis », a-t-elle déclaré. Il est vrai que la vacuité des questions posées jusqu'ici par l'accusation laisse un peu perplexe pour un procès en assises.
Chronologie et chiffres clés

Rfi

Boko Haram: Mahamadou Issoufou plaide pour une force mixte UA-ONU

Laurent Fabius a achevé sa tournée en Afrique par le Niger. Il a été reçu ce dimanche midi par le président Mahamadou Issoufou. Contre le fléau de Boko Haram, il a répété son souhait de voir le Conseil de sécurité de l'ONU légitimer la future force africaine de quelque 8 700 hommes, force qui doit être déployée dans la zone d'ici le 1er avril. Mais Mahamadou Issoufou est allé encore plus loin.

Avec notre envoyé spécial à Niamey, Christophe Boisbouvier

Le président Mahamadou Issoufou propose que cette future force africaine anti-Boko Haram de quelque 8 700 hommes passe carrément sous la bannière de l’ONU et devienne une force mixte à la fois Union africaine et ONU sur le modèle de l’Amisom, la force mixte qui opère contre les shebabs de Somalie à partir de Mogadiscio.

Une proposition ambitieuse de laquelle on est encore loin. Pour l’instant, l’objectif est que le Conseil de sécurité des Nations unies donne le feu vert à cette force africaine anti-Boko Haram et lui donne la légitimité nécessaire pour qu’ensuite une conférence des donateurs puisse être organisée et que tous les financements nécessaires soient trouvés.

Ce midi, Mahamadou Issoufou et Laurent Fabius ont aussi parlé de l’aide tactique que l’armée française peut apporter dans l’urgence au Niger face aux attaques de Boko Haram qui se multiplient. Pour cela, une unité du dispositif français Barkhane vient d’être installée à Diffa, dans le sud-est du Niger, et l’armée française promet de multiplier les échanges de renseignement avec les troupes africaines au sol.

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