Afrique

RDC: arrestation des leaders de Y’en a marre et du Balai citoyen

En RDC, les leaders des mouvements burkinabè Balai citoyen et sénégalais Y’en a marre ont été arrêtés ce dimanche après-midi dans la périphérie de Kinshasa. Ils participaient à un atelier organisé par le mouvement citoyen congolais Filimbi. La présence de ces deux leaders ne serait pas du goût des autorités congolaises.

C’est à l’issue d’une conférence de presse que le Sénégalais Fabel Barro de Y’en a marre et le Burkinabè Oscibi Johann du Balai citoyen ont été interpellés au siège de l’ONG Ba jeune Maboko Na Maboko Pona Congo (Main dans la main pour le Congo) dans le quartier populaire de Masina. Avec eux, quelques journalistes et plusieurs autres jeunes du quartier qui attendaient un concert que devait organiser l’ONG Filimbi.

Des éléments de la police, des militaires et d’autres agents en civil les ont amenés à bord de trois pick-up. Selon nos sources, toutes les personnes interpellées ont été conduites à l’ANR, l’Agence nationale des renseignements. Les animateurs de Y’en a marre et du Balai citoyen risquent une expulsion du territoire congolais.

Ils sont arrivés à Kinshasa il y a quelques jours pour participer à des ateliers organisés par l’ONG Filimbi. Un échange d’expériences qui aurait été mal apprécié par les autorités congolaises.

Y’en a marre a contribué à mettre fin aux ambitions d’Abdoulaye Wade qui briguait un troisième mandat présidentiel au Sénégal. Au Burkina, le Balai citoyen a été au centre des événements qui ont conduit à la chute de Blaise Compaoré.

Le rappeur sénégalais Simon, membre actif des Y'en a marre revient sur les ambitions de mouvement citoyen :

On veut faire un nouveau type d'Africain, c'est-à-dire qui est au courant de la Constitution, qui est au courant des lois de son pays, qui s'implique dans le changement de son pays en changement son environnement. C'est un mouvement citoyen, un mouvement pacifique.
SimonRappeur et membre du collectif Y'en a marre

Le Nigeria aidé par des mercenaires sud-africains contre Boko Haram

Plusieurs sociétés privées sud-africaines ont mis à disposition du gouvernement nigérian des « instructeurs » qui sont sur le terrain dans le nord-est du pays. L'un d'eux a trouvé la mort dans un tir fratricide cette semaine.

Le président Goodluck Jonathan a reconnu que des techniciens étrangers accompagnaient des militaires nigérians dans le nord-est du pays, sans confirmer les noms des sociétés sud-africaines qui les employaient.

Ces techniciens travaillent pour des entreprises privées qui ont vendu du matériel militaire au Nigeria. Cela fait partie d’un ensemble de prestations, et il n’y a aucune honte à cela, explique Mike Omeri, le porte-parole du gouvernement nigérian :

« Les Etats-Unis nous ont dit qu’ils ne voulaient pas fournir du matériel militaire à l’armée nigériane, car elle est accusée d’avoir commis de graves violations des droits de l’homme. Le gouvernement sud-africain n’a pas voulu non plus nous livrer d’armes.

Mais vous le savez comme moi, n’importe quel pays peut se fournir des armes dans le monde, et le Nigeria n’est en rien une exception. Donc si les Etats-Unis et l’Afrique du Sud nous disent ‘non’, hé bien on tapera à la porte de la France ou à celle d’Israël, et s’ils disent ‘non’ aussi, alors on ira voir la Russie, et ainsi de suite… Il y aura toujours des pays pour fournir des armes au Nigeria. »

Egypte: une conférence économique axée sur la sécurité?

L'Egypte accueille ce vendredi une conférence internationale de trois jours autour de son développement économique avec l'objectif d'attirer les investisseurs étrangers. Mais la grande rencontre qui va se dérouler dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh sur la mer Rouge sera marquée d'une empreinte politique et diplomatique.

Quatre-vingts pays et une vingtaine d'organisations internationales sont attendus, selon les autorités égyptiennes. Mais le déplacement, annoncé à la dernière minute, du secrétaire d'Etat américain John Kerry sera suivi à la loupe. La présence également du chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond.

Avec le forum de Charm el-Cheikh, le président égyptien souligne sa volonté de relancer une économie qui s'est effondrée depuis la révolution de 2011. Et pourtant, aucun contrat d'envergure ne devrait être signé. Certains diplomates estiment qu’Abdel Fattah al-Sissi cherche surtout à asseoir sa légitimité sur la scène internationale et à démontrer qu'il est indispensable dans la lutte contre le terrorisme.

Alors que Washington et d'autres capitales occidentales dénoncent la répression qui vise les opposants, particulièrement les Frères musulmans, le numéro un égyptien et le secrétaire d'Etat américain vont discuter de la situation en Libye et des efforts de la coalition internationale engagée contre le groupe Etat islamique. Abdel Fattah al-Sissi a déjà appelé à la formation d'une « force arabe commune » pour faire face à la menace du groupe terroriste. Une initiative qui sera d'ailleurs examinée par le sommet de la Ligue arabe prévu le 28 mars à Charm el-Cheikh également.

Mort d’un suspect de l’attentat de Bamako: les détails de l’opération

Le porte-parole du gouvernement malien a détaillé vendredi après-midi l'opération menée  dans la nuit de jeudi dernière dans un quartier de Bamako contre un des auteurs présumés de l'attaque contre le bar restaurant La Terrasse. Un assaut qui a abouti à la mort du suspect et à la saisie de plusieurs armes et munitions dans sa chambre.

L’opération a été menée par l’unité spéciale des forces de sécurité entre 1h et 3h du matin dans le quartier de Magnanbougou, selon les informations données par le porte-parole du gouvernement malien, Choguel Maïga. Elle a visé un petit immeuble habité par plusieurs locataires, et en particulier par un homme qui a refusé de se rendre. Se sentant cerné, il a posé une grenade défensive avec un fil sur la porte et a même ouvert le robinet d’eau de sa chambre pour faire diversion.

Lors de l’assaut, la grenade a explosé. Quatre hommes des forces de sécurité ont été blessés, mais leur vie n’est pas en danger. Le suspect, lui, a été gravement touché par les éclats de grenade. Il est décédé de ses blessures lors de son transfert à l’hôpital Gabriel Touré. Cette opération a relevé l'alerte d'un cran.

Selon les papiers d’identité retrouvés sur lui, il s’appelait Mohamed Tamirou Cissé. C’était un homme au teint clair originaire du cercle de Bourem, dans les environs de Gao. Né en 1993, il avait à peine plus de 20 ans. S’il se confirme que c’est bien sa pièce d’identité, les enquêteurs devraient pouvoir très vite remonter jusqu’à son entourage et reconstituer peut-être le groupe auquel il appartient. Vivait-il seul ? Avait-il des complices dans le quartier ? Pour en savoir plus, les habitants de l’immeuble ont été entendus hier. Et un large périmètre a été bouclé par la police scientifique afin de collecter un maximum d’indices.

Beaucoup de munitions et des armes ont été trouvées sur les lieux où le terroriste a été appréhendé
Choguel Maïga 14/03/2015 - par Marie-Pierre Olphand
Porte-parole du gouvernement
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Des complices encore à Bamako ?

Les armes retrouvées dans sa chambre ont déjà commencé à parler. Les munitions seraient, selon les autorités, du même type que celles utilisées lors de l’attaque il y a huit jours à Bamako. Elles seraient aussi similaires à celles retrouvées quelques jours auparavant dans une cache d’armes en pleine forêt à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale.

Les autorités affirment que la chambre dans laquelle il vivait avait été louée il y a environ trois semaines. Mais depuis l’attaque de vendredi dernier, au bar-restaurant La Terrasse, le suspect décédé cette nuit n’en avait presque plus bougé.S'il se confirme que cet homme est bien l'un des assaillants de La Terrasse, celui qui était à moto en particulier, les autres auteurs de l'attaque sont peut-être encore cachés dans la capitale.

Lors d'une réunion convoquée vendredi par le Premier ministre, il a donc été décidé d'accentuer les contrôles routiers. « Les terroristes ont pris la fuite en moto et donc tous les véhicules non immatriculés seront désormais saisis systématiquement, de nuit comme de jour. Tous les engins qui sont utilisés aujourd'hui dans la circulation doivent faire et feront l'objet d'une attention particulière des forces de sécurité », a déclaré Choguel Maïga. Selon les autorités, les ratissages se poursuivent dans les alentours de la capitale. Quant aux habitants, ils sont toujours appelés à coopérer et à dénoncer tout comportement suspect.

Un immeuble bien inquiétant

Cet immeuble où le suspect de l’attentat de Bamako s’était retranché est un immeuble mal famé appartenant à un homme d’affaires malien qui vit à l’étranger. Il est divisé en appartements placés en location. Selon des voisins, les occupants défilent.

Cette jeune fille, qui habite à quelques mètres seulement, n'avait pas imaginé que l'un des auteurs présumés de l'attentat de Bamako pouvait s'y trouver : « On ne savait pas. Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui habitent là. Les gens ont même peur de la maison ». « Il y a des étrangers : des Nigérians, des Ivoiriens, des Camerounais, des Ghanéens… Des prostituées aussi. Les enfants ne passent même pas dans la rue la nuit parce que tout le monde a peur. On ne connaît pratiquement pas les gens qui y habitent », renchérit un homme.

Les locataires de l'immeuble ne sont évidemment pas tous des terroristes. Des riverains affirment aussi connaître des gens qui y vivent ou qui y ont vécu. A présent, c'est la police scientifique qui occupe les lieux.

Rfi

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