Afrique

Gabon: journée de grève générale dans l’administration publique

Au Gabon, l'administration publique pourrait être fortement perturbée, ce lundi 9 février. Tous les syndicats de la fonction publique ont décidé samedi dernier d'entrer en grève générale illimitée. Le 24 janvier dernier, ils avaient déposé un préavis de grève de huit 8 jours. Ce délai expiré, le gouvernement est resté silencieux d'où le déclenchement de la grève aujourd'hui.

« Toutes les universités, les grandes écoles, les hôpitaux, les écoles primaires publiques et toutes les administrations seront en grève », assure Jean Rémy Yama, président du collectif Dynamique unitaire. C'est à l'unanimité que tous les syndicats ont décidé d'entrer en grève ce lundi.

Les syndicalistes précisent que le gouvernement est seul responsable de cette paralysie pour n'avoir pas ouvert de négociations. Un service minimum est tout de même prévu dans les administrations vitales. Les revendications des fonctionnaires sont importantes dans un contexte de chute des cours du baril de pétrole.

« Nous attendons une augmentation du SMIG, qu’il passe de 80 000 francs aujourd’hui à 300 000 francs et un nouveau mode de calcul de la pension de retraite qui aujourd’hui est un traumatisme pour les retraités gabonais, revendique Jean Rémy Yama. Et également, la mise en place de l’indemnité de service rendu qui est payée aux contractuels mais pas aux agents de la fonction publique. » Selon une source proche de la primature, le Premier ministre Daniel Ona Ondo, recevra tous les syndicalistes ce lundi à la mi-journée.

Rfi

Nigeria: pourquoi les élections ont-elles été reportées?

Au Nigeria, l'ombre de Boko Haram a conduit la Commission électorale à reporter les scrutins présidentiel et parlementaires. Les élections devaient se dérouler samedi prochain, elles auront lieu le 28 mars, à la demande du parti au pouvoir. D'après les sondages, le président Goodluck Jonathan et son principal rival, Muhammadu Buhari, sont au coude-à-coude.

Il y a dix jours déjà, le conseiller national à la sécurité du président Goodluck Jonathan avait plaidé en faveur d'un report. Sambo Dasuki avait invoqué sans vraiment convaincre le retard pris dans la distribution des cartes d'électeurs. Cette fois-ci, c'est le motif sécuritaire et les opérations militaires en cours contre Boko Haram qui ont été mises en avant.

De toute évidence, le président de la Commission électorale nationale indépendante y a été sensible. L'opposition s'était clairement prononcée pour le maintien du scrutin au 14 février. Le candidat Muhammadu Buhari s'est exprimé lors d'une conférence de presse plus tard dans l'après-midi ce dimanche. « Un revers pour la démocratie », c’est en ces termes que le parti d’opposition All Progressives Congress APC a qualifié le report des élections. Dans son communiqué, le parti de Muhammadu Buhari a néanmoins appelé ses partisans au calme et à ne pas tomber dans « le piège » qui leur est tendu. Sur les réseaux sociaux l’APC déclare que le report n’empêchera pas la victoire de son candidat.

Des observateurs du scrutin mettent en doute la sincérité des arguments invoqués par le camp du président sortant pour obtenir un report. Le groupe Boko Haram peut-il réellement être neutralisé en moins de six semaines ? Pourquoi ce report à seulement sept jours du scrutin ?

Pour l'universitaire nigérian Muhammed Kiary, les réponses ne font aucun doute : l'équipe du président sortant sent la victoire lui échapper et souhaite gagner du temps, afin d'épuiser financièrement l'opposition. D'autres observateurs soupçonnent le camp Jonathan de vouloir frauder ou même instaurer un climat de violence pour déclarer l'état d'urgence et obtenir un deuxième report du scrutin.

Rfi

Burkina: le RSP renonce à demander la démission d’Isaac Zida

Au Burkina, le régiment de sécurité présidentielle (RSP) renonce à réclamer la démission du Premier ministre. Isaac Zida s'est pour sa part engagé à ne pas dissoudre ce corps d'élite. Un compromis qui pourrait clore la crise ouverte mercredi 4 février.

Après d’intenses négociations autour des points de revendication des soldats du régiment de sécurité présidentielle, les principaux chefs militaires sont en phase d’obtenir un accord entre le Premier ministre et ses compagnons d’armes.

Selon un haut gradé ayant participé aux échanges qui duré toute la nuit de mercredi et une partie de la journée de ce jeudi, les soldats n’exigent plus la démission du Premier ministre. Isaac Zida reste donc toujours le Premier ministre du gouvernement de la transition.

Les soldats maintiennent en revanche la revendication concernant le débarquement des autres militaires du gouvernement. Toutes les affections d’officiers du régiment de sécurité présidentielle dans d’autres corps de l’armée sont annulées. De nouvelles nominations sont attendues dans les prochaines heures. Le régiment de sécurité présidentielle aura donc de nouveaux patrons.

Sur l’avenir même de ce corps, un comité est mis en place et on attend sa composition. Il aura pour mission de définir le futur rôle, les missions et le fonctionnement de ce régiment. Une certitude : le régiment de sécurité présidentielle sera rebaptisé en fonction de ses nouvelles attributions.

Appel à manifester

Le corps d’élite burkinabè est critiqué par Amnesty International et plusieurs organisations de la société civile demandent la dissolution de ce corps d’élite. On lui reproche notamment d’avoir sévèrement réprimé les manifestations qui ont conduit à la chute du président Compaoré. Le Balai citoyen se dit satisfait du renoncement de la garde présidentielle, mais appelle à une manifestation à Ouagadougou samedi.

« Nous sommes satisfaits que le régiment de sécurité présidentielle abandonne cette revendication purement politique qui est de nature à compromettre la transition », a déclaré Me Guy Hervé Kam, porte-parole du Balai citoyen. Mais il prévient : « Nous restons quand même en éveil dans la mesure où ça fait déjà la deuxième fois depuis que le processus est engagé et nous disons que cette fois ça doit être la dernière. Il faut que le régiment comprenne qu'ils doivent rentrer dans le train de la démocratie. Nous disons que c’est une tentative de sabotage, c’était un coup d’Etat manqué, si on peut le dire ainsi. Cela doit s’arrêter. »

Le Balai citoyen demande à ces militaires de se consacrer désormais uniquement aux questions militaires et réclame la dissolution du régiment pour que ses soldats « continuent à servir le continent, mais ailleurs ».

Cameroun: Fotokol sous le choc après l'attaque sanglante de Boko Haram

Fotokol est toujours sous le choc deux jours après la contre-offensive lancée par Boko Haram. La secte islamiste a massacré plusieurs centaines de personnes, majoritairement des civils, dans cette ville camerounaise frontalière avec le Nigeria. Mardi, l'armée tchadienne avait franchi la frontière pour combattre en territoire nigérian les islamistes. Boko Haram s'est vengée. Depuis, la population terrorisée a fui la ville pour se réfugier dans les campagnes.

Jeudi encore, Fotokol comptait ses morts. Plusieurs témoins sur place parlent de plusieurs centaines de tués, 400 dit-on. L'armée camerounaise, elle, avance le chiffre de 80. Des civils égorgés, fusillés ou brûlés.

Selon un habitant de Fotokol, les premiers assaillants sont arrivés clandestinement vers 2h du matin, mercredi. « Ils avaient des tenus militaires et parlaient le Kanori », rapporte un habitant. Durant deux heures, ils ont pris possession de la ville en toute discrétion. A 4h30 du matin, au deuxième appel de la prière, une seconde colonne est arrivée par le pont, prenant en tenaille les soldats camerounais qui tenaient ce secteur. Au moins six d’entre eux sont morts.

Où les assaillants sont-ils partis ?

Jusqu'à 10h, « les hommes de Boko Haram ont tué, tué », raconte cet habitant. Ils sont allés dans plusieurs mosquées, tuant les fidèles égorgeant l'imam de la grande mosquée. Maison par maison ils ont ratissé plusieurs quartiers éliminant les hommes, laissant les femmes et les enfants. Vers 10h du matin seulement, l'armée tchadienne est arrivée de Gamboru, de l'autre côté de la frontière faisant fuir les islamistes.

Reste une question angoissante pour les civils qui sont restés en ville : Où sont partis les assaillants ? « On les a vus disparaître d'un coup, ils ne sont pas partis loin », assure cet homme qui explique que Boko Haram a aujourd'hui des relais partout dans cette région frontalière, faisant régner un véritable climat de terreur.

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