Afrique

Au lendemain de la mort de Winnie Mandela, pluie d’hommages en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, les hommages se poursuivent pour saluer la mémoire de Winnie Mandela, « Mama Winnie », comme l’a surnommaient affectueusement les Sud-Africains. L’ex-épouse du héros de la lutte contre l’apartheid est décédée ce lundi à 81 ans. Dans le quartier de Soweto, devant la maison où vivait Winnie Mandela, l’émotion reste très forte.

A Soweto, l’émotion est encore forte et les hommages se succèdent. Des hommages très politiques, au lendemain de sa mort. On ne compte plus les personnalités qui se sont présentées ce mardi matin devant le portail de sa maison à Soweto, pour faire part de leurs condoléances à la famille.

On a vu l’ancien président Thabo Mbeki, plusieurs ministres, des responsables de la Ligue des femmes de l’ANC que Winnie Mandela avait dirigée à l’époque, mais aussi, et surtout, le parti de gauche radical, l’EFF.

Alors que les hommages restaient discrets jusque-là, ils sont venus en nombre, ont marché et chanté à la gloire de « Mama Mandela », tout en se dirigeant vers sa maison à Soweto. On ne parle pas de récupération politique, mais d’une démonstration de force, quelque part, du parti qui revendique une partie du combat radical de Winnie Mandela. On savait le leader de l’EFF Julius Malema très proche de l’ex-épouse de Nelson Mandela. Certains le voient même comme son dauphin en politique.

Après un hommage appuyé devant les médias, Malema a grimpé sur une table, en tribun, et a tenu un véritable meeting improvisé, entouré par ses sympathisants. « Que personne ne nous dise qui était Winnie Mandela, car Winnie Mandela c’était nous, a-t-il dit. Winnie Mandela savait ce qu’était défendre les Noirs sud-africains, a-t-il ajouté, avant d’haranguer la foule, assurant que lui et l’EFF feront tout pour faire vivre l’héritage et le combat de la mère de la nation. La lance du combat est tombée à nous de la ramasser et de continuer le combat ».

Il n’y a donc pas de grande foule, pas de grande marche populaire. Les Sud-Africains, eux, sont restés discrets aujourd’hui. Ils attendent peut-être ses funérailles nationales le 14 avril.

RFI

La Gambie se prépare aux élections locales, le président Barrow sur le terrain

En Gambie les élections locales se rapprochent. La campagne électorale a officiellement démarré la semaine dernière pour les scrutins qui se dérouleront les 12 avril et 12 mai prochains. En avril pour les conseillers locaux et en mai pour les maires. Le président Adama Barrow a dû quitter son parti, l'UDP, lors de son élection à la tête du pays pour devenir indépendant. Il ne fait donc officiellement pas campagne pour un parti mais un rassemblement organisé à Soma, au centre du pays, samedi 31 mars, avait néanmoins des airs de meeting politique. Reportage.

Au début, le thème du discours était la réconciliation, puis le président Adama Barrow se saisit de l'occasion pour célébrer le rôle des femmes en politique.

« Je veux commencer par féliciter toutes les femmes gambiennes ! Quand les citoyens ont décidé de s'allier pour montrer leur amour du pays, les femmes ont décidé de s'organiser et se mobiliser pour la paix et la réconciliation ».

En tout cas, ce n'est pas un meeting politique, martèle Foday Gassama, l'un des coordinateurs régionaux de l'UDP, le parti démocratique unifié. « L'équipe a décidé de venir ici aussi pour discuter avec les communautés, quelle que soit leur affiliation politique. Je crois vraiment que c'est une coïncidence, même si ça se déroule pendant la campagne, il n'y a aucune connexion ».

Pourtant, la couleur jaune de l'UDP est partout. Pour Madi, habitant de Soma, il s'agit de mobiliser les électeurs. « Lors des dernières élections législatives, le président était venu dans la région. C'est la même chose maintenant pour les élections locales. C'est lié, [c'est] pour que les gens soient concernés par les élections», nous explique t-il.

Et selon Augusta, le rassemblement pourrait influencer les votes : « Je pense que ce n'est pas innocent, pour que les gens s'intéressent à ces élections qui arrivent, et soient attirés pour voter. Quand on voit comment les gens se déplacent pour assister au rassemblement, ça montre qu'ils sont fiers de ce qui se passe, et au moment de voter, ils participeront dans ce sens ».

Il s'agira des premières élections locales depuis le départ de Yahya Jammeh, un test qui permettra de redessiner la carte politique de cette nouvelle Gambie.

RFI

Présidentielle au Sierra Leone: le second tour s'annonce très indécis

En Sierra Leone, le second tour de l'élection présidentielle initialement prévu le mardi 27 mars a finalement lieu ce samedi 31 mars. Un second tour qui s'annonce très indécis entre le candidat du pouvoir, Samura Kamara, homme lige du président sortant Ernest Bai Koroma, et celui de l'opposition, l'ancien général Julius Maada Bio, arrivé en tête du premier tour avec une très faible avance.

Julius Maada Bio peut se targuer d'être arrivé en tête du premier tour de l'élection avec 43,3% des voix. Rien n'est encore joué pour cet ancien militaire qui avait brièvement exercé le pouvoir il y a 22 ans à la suite d'un coup d'Etat.

Candidat d'opposition du SLPP, le Parti du Peuple de Sierra Leone, Julius Maada Bio s'est lancé en politique en 2005. Rival malheureux au scrutin de 2012, face au président sortant Ernest Bai Koroma, ce catholique de 53 ans, membre de l'ethnie Mende est connu pour son franc-parler et ses critiques de la corruption.

Pas de quoi lui donner une large avance face à son rival Samura Kamara. Poulain de l'APC, le Congrès de tout le peuple, cet économiste de 66 ans qui gravite dans les cercles du pouvoir depuis près de 30 ans, est arrivé en deuxième position avec 42.7% des voix.

Passé par le Commonwealth, le Fonds Monétaire international et la Banque Mondiale, Samura Kamara se présente sur son site officiel de campagne comme un « réformateur » et le champion de la croissance économique. Ses adversaires le surnomment « monsieur 10% » allusion aux commissions qu'il aurait empochées dans les passations de contrats publics.

Pour espérer l'emporter ce samedi, Samura Kamara devra compter sur la base traditionnelle du parti et sur le poids du président sortant qui après le score décevant du premier tour, est un des rares à le soutenir ouvertement.

RFI

Zimbabwe: Grace Mugabe visée par une enquête dans le cadre d’un trafic d’ivoire

Au Zimbabwe, les temps sont durs pour l'ex-première dame Grace Mugabe. Près de quatre mois après la démission de son mari, Robert Mugabe, la voilà empêtrée dans plusieurs scandales. Le premier concernait sa thèse en sociologie, qu'elle n'aurait pas écrite elle-même. Le second, plus grave, a été révélé ce week-end par la presse zimbabwéenne. Grace Mugabe aurait exporté illégalement de grandes quantités d'ivoire provenant du Zimbabwe.

C'est un trafic très sophistiqué qu'aurait mis en place l'ancienne première dame Grace Mugabe. Un photographe australien travaillait sur le commerce d'ivoire au Zimbabwe depuis décembre lorsqu'il a découvert ce qui ressemble être le pot au rose.

Selon lui, une organisation de braconniers collectait l'ivoire, le vendait ensuite à Grace Mugabe, elle-même demandant aux autorités des permis d'exportations pour faire des cadeaux à des dirigeants étrangers.

Mais une fois à l'aéroport, les chargements de la première dame de l'époque n'étaient pas nécessairement scannés, d'après le photographe. Les cargaisons s'envolaient alors vers le marché noir aux Etats-Unis, en Chine et ou encore aux Emirats, en toute impunité.

La police zimbabwéenne est sur le dossier, affirme son porte-parole. Une enquête est ouverte. Déjà plusieurs suspects ont été arrêtés. Et pour la toute première fois de son histoire, Grace Mugabe devrait être entendue pas la police.

RFI

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