Afrique

Migrants disparus en mer: la terrible odyssée des enfants perdus

Le mystère reste entier concernant le sort de 400 migrants disparus en Méditérranée le week-end dernier. Les premiers éléments sur ce naufrage ont été fournis par les rescapés sauvés en mer par les garde-côtes italiens. L'ONG Save the Children a recueilli quelques-uns de ces récits qui semblent confirmer le drame, c'est à dire le naufrage d'une embarcation qui transportait 500 personnes dont des mineurs.

Le drame pour ces migrants, notamment les plus jeunes, commence bien avant qu'ils n'embarquent pour traverser la Méditerranée, le voyage par bateau n'étant qu'une épreuve supplémentaire qui « survient après beaucoup d'autres expériences terribles déjà vécues durant le trajet entre leur pays d'origine et la Libye, explique à RFI Michele Prosperi, porte-parole de l'ONG Save the children, très impliquée dans l'accueil de ces derniers naufragés. D'après les récits que nous recueillons, ils font ce parcours entre les mains de trafiquants qui sont sous l'effet de la drogue ». Les trafiquant sont violents et « frappent de toutes sortes de manières les personnes qu'ils sont chargées de transporter à travers le désert. Les violences auxquelles ces migrants ont été soumis et les violences auxquelles ils ont assisté sont terribles... On a entendu des cas où des migrants brûlent vifs durant le transport, et cela devant les yeux des autres migrants ».

Des enfants parmi les survivants

L'acheminement jusqu'aux côtes européennes est une expérience traumatisante et il faut du temps aux migrants, notamment aux enfants pour récupérer. Save the Children a déjà recueilli des récits de quelques uns des rescapés de ce dernier drame qui semblent confirmer le naufrage d'une embarcation qui transportait 500 personnes dont des mineurs. « Nous n'avons pas pour le moment tous les détails, seulement les premiers témoignages, spontanés des migrants, poursuit Michele Prosperi. Comme ils sortent d'une expérience choquante...les détails et les informations précises arrivent un peu plus tard, lorsque les migrants se seront remis du choc, qu'ils seront plus tranquilles après leur transfert dans les structures d'accueil ». C'est particulièrement vrai pour les mineurs qui sont particulièrement vulnérables et affectés par l'expérience qu'ils ont vécue.

Parmi les 150 survivants interrogés après leur sauvetage, figurent cinq mineurs, originaires de Gambie. Des mineurs qui voyageaient seuls. D'après leurs premiers témoignages, d'autres enfants isolés étaient avec eux dans l'embarcation qui a coulé.

Enfants isolés: un phénomène en augmentation

Ce phénomène croissant des mineurs non accompagnés inquiéte les ONG. « Depuis janvier, plus de mille mineurs isolés sont arrivés en Italie, témoigne Michele Prosperi. Ce sont les plus vulnérables: ils doivent être protégés. Ils viennent surtout d'Afrique subsaharienne, d'Afrique de l'Ouest, d'Erythrée, de Somalie, du Mali, du Sénégal, de Côte d'Ivoire et de Gambie... Et ils sont en état de choc ».

Les mineurs non accompagnés doivent être pris en charge par les autorités et nécessitent un accompagnement spécifique mais les moyens font souvent défaut. « Nous avons appelé le gouvernement italien à mettre en place un réel système d'accueil, en particulier pour les enfants et les mineurs isolés. Ce n'est pas le cas actuellement ». La plupart des structures sont insuffisantes, en terme de service, de conditions d'accueil et surchargées. A Lampedusa, des centaines de personnes sont bloquées dans des centres dans l'attente d'être transférées sur le continent explique Michele Prosperi.

Voilà pourquoi l'Union européenne doit prendre ses responsabilités face à ce défi européen dit encore Michele Prosperi en aidant à améliorer les capacités de sauvetage et d'accueil des migrants, qui - pour beaucoup - peuvent prétendre au statut de réfugié.

→ → A (re)lire également: Histoires de migrants morts en Méditerranée

Tenjin (d.), 11 ans, est un jeune Erythréen qui a fui son pays seul, sans ses parents. Il est arrivé au port de Lampedusa, en Sicile, le 20 février 2015.

Rfi

Mali: les candidats à l’émigration tentent toujours, malgré les risques

La mort probable en Méditerranée de plus de 400 migrants qui tentaient de rejoindre l’Italie depuis la Libye met, une nouvelle fois, en lumière le pari parfois mortel que prennent des milliers de candidats au départ. Au Mali, l’un des pays de départ de ces migrants, Alassane Dicko, de l’Association malienne des expulsés, explique les motivations de ceux qui risquent leur vie dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Parmi les pays d'origine des migrants qui traversent la Méditerranée, il y a le Mali. Selon l'Association malienne des expulsés, au moins 5 à 600 Maliens tentent chaque année le voyage dans des conditions abominables, espérant rejoindre clandestinement l'Europe. Ils rejoignent les autres migrants d'Afrique subsaharienne en Libye, où ils embarquent sur des bateaux surchargés et de mauvaise qualité.

« Les migrants sont à la recherche d’opportunités. Il y a les risques, mais ils voient plutôt l’opportunité, décrit Alassane Dicko, de l’Association malienne des expulsés. Ils se disent que la Libye va être en reconstruction, que l’on y trouve facilement du travail, même si c’est vrai qu’il y a des troubles armés, que c’est encore un peu le chaos. » Et pour le président de l’Association malienne des expulsés, les départs organisés sur les côtes libyennes le sont « en lien avec, soit les groupes armés, soit les autorités locales de la région. »

Un voyage coûteux et dangeureux

Pour tenter la traversée, chaque candidat doit débourser au moins un millier d'euros. Avant cela, les migrants qui partent du Mali ou transitent par ce pays déboursent une somme équivalente pour arriver jusqu'aux côtes libyennes. Un voyage coûteux, et dangereux.

« Il y en a qui ne supportent pas la température. Il y en a qui restent au bord de la route. Ça, c’est clair. Et les trafiquants, ils ne prennent pas le temps de s’arrêter et de reprendre quelqu’un qui est tombé... », raconte Alassane Dicko. « Dans le désert, souvent, les véhicules tombent en panne, ils font deux jours quelque part sur les dunes, cachés. Il y a le manque d’eau, il y a le manque de nourriture. Et souvent, il y en a qui veulent faire les cent pas ou faire leurs besoins et ils se perdent. C’est très fréquent dans le désert. »

RDC: la majorité se réunit pour évoquer le calendrier électoral

En République démocratique du Congo, la majorité politique s’est une nouvelle fois donnée rendez-vous à la ferme privée du président Kabila dans la périphérie de Kinshasa. Les participants ont évoqué les prochaines échéances électorales locales et provinciales. En revanche, il n'a pas été question de la présidentielle.

De l’avis de nombreux participants, la question de la présidentielle de 2016, qui semble diviser la majorité, n’a pas été abordée à Kingakati. Sur ce chapitre des élections, les participants ont tout simplement été invités à parler du couplage des locales et des provinciales. Selon le député PPD Shadari Razanari, ce couplage permettrait de respecter le calendrier élaboré par la Ceni, compte tenu du délai très proche de la date du dépôt des candidatures à ces scrutins le 15 avril.

Des stratégies communes sont de ce fait envisagées pour que la majorité remporte ces élections à tous les niveaux. Cette famille politique se propose alors de réparer les frustrations en son sein. On peut ici penser à un nouveau remaniement du gouvernement et à la mise en place des mandataires dans les entreprises publiques en tenant compte du poids de chaque formation politique. L’Assemblée a cependant été informée de la décision de Joseph Kabila de rendre le découpage effectif d’ici le 15 juin, mais pas de réponse claire sur la viabilité de bon nombre de ces nouvelles provinces.

Moise Katumbi Chapwe, le gouverneur du Katanga, a une fois de plus boudé cette rencontre. Et l'exclusion des frondeurs, ceux qui avaient adressé une lettre au président de la République, n'a pas été acceptée.

Rfi

Côte d’Ivoire: Ouattara refuse tout nouveau transfert devant la CP

En Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara affiche sa fermeté. A l’occasion d’une rencontre, ce week-end, avec certains représentants des familles des victimes, il a martelé que tous les criminels s’étant livrés à des exactions pendant la crise post-électorale de 2010-2011 dans le pays seraient jugés en Côte d’Ivoire. Un discours qu’il a voulu clair et net, refusant ainsi tout nouveau transfèrement à la Cour pénale internationale (CPI).

Ce dimanche, face aux victimes, le chef de l’Etat ivoirien a pris un ton solennel et définitif pour dire que dorénavant, c’est la justice ivoirienne et elle seule qui jugerait les crimes commis pendant la période 2010-2011. Cette crise, rappelons-le, a fait au moins 3 000 morts de part et d’autre des deux camps ennemis.

« Je trouve inadmissible que ces personnes qui ont tué, qui ont brûlé des gens, qui ont violé des femmes, se conduisent aujourd’hui comme s’ils étaient des anges, comme s’ils n’avaient rien fait. Ce n’est pas acceptable. […] Nous allons continuer de juger ceux qui ont commis ces crimes et ils doivent être jugés en Côte d’Ivoire. Personne n’ira à la CPI », a déclaré le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara.

La Côte d’Ivoire a la capacité de juger tout auteur de crimes de sang ou de génocide pour lesquels la Cour pénale internationale veut voir Simone Gbagbo transférée à la Haye. Dimanche, le président Ouattara a dit de nouveau son refus d’obtempérer.

A signaler enfin qu’Alassane Ouattara a invité les pro-Gbagbo à demander « pardon » à leur victime pour ce qu'ils ont fait. Faute de quoi, il n'y aurait pas de grâce présidentielle.

Les avocats des condamnés que nous venons de contacter se sont étonnés de cette condition. De quelle manière envisagent-ils de demander « pardon » ? Comment organiser une telle catharsis ?, s’interrogent-t-ils, avant d’ajouter, en guise de réponse, que ce pardon, cette réconciliation nationale, c’était à la Commission, dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) de l’assumer.

Rfi

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