Afrique

Les pistes de l'Union africaine pour en finir avec Boko Haram et Ebola

Lors de la cérémonie d’ouverture du conseil des ministres de l’Union africaine (UA), lundi 26 janvier, à Addis-Abeba en Ethiopie, la présidente de la Commission de l’organisation, Nkosazana Dlamini-Zuma a appelé les Etats africains à réagir collectivement contre la menace Boko Haram. Par ailleurs, c'est une mesure économique qui a été évoquée pour aider les pays touchés par Ebola.

Nkosazana Dlamini Zuma ne fait traditionnellement pas de commentaires très politiques dans son discours d’ouverture mais la présidente de la commission de l’Union Africaine a fait une entorse à ses habitudes car l’heure est grave. « Si cette menace n’est pas contenue, nous serons tous en danger. Il est temps d’agir, d’agir collectivement » contre Boko Haram, a-t-elle tenu à souligner, donnant ainsi le ton de la réunion.

Ce n’est ni un problème local ni même purement régional, c’est bien le message qu’a voulu faire passer la présidente de la Commission qui dit avoir multiplié les consultations avec les Etats membres, les organisations sous-régionales et d’autres partenaires. Pour le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Carlos Lopes, qui a ensuite pris la parole, face à la montée de l’extrémisme religieux comme Boko Haram, les Shebab ou Aqmi, la réponse à apporter « n’est pas que politique mais aussi économique ». Carlos Lopes a souligné que ces menaces sécuritaires étaient notamment « le résultat d’une incapacité à créer de l’activité pour les populations des régions concernées. Une instabilité qui a aussi un coût élevé pour le continent où la menace terroriste est perçue comme un risque pour les investisseurs », a-t-il précisé.

La lutte contre Boko Haram, ce sera le grand thème du conseil de paix et de sécurité du 29 janvier à Addis-Abeba. C’est là que doit être défini un agenda anti-Boko Haram avec au programme, le déploiement sur le terrain d’une vraie force multinationale et la création d’un fonds spécial pour financer cet effort de guerre. Hier, après le discours de Nkosazana Dlamani-Zuma, le ministre nigérian des Affaires étrangères n’a voulu faire aucun commentaire. Le Nigeria acceptera-t-il une force internationale sur son territoire ? Rien n’est joué (Lire notre encadré).

Annuler la dette des pays touchés par Ebola

D'Ebola il a aussi été question lundi à Addis-Abeba. Pour Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, l’une des solutions pour permettre au Liberia, à la Sierra Leone et à la Guinée de se relever, c'est d’annuler la dette extérieure de ces trois pays touchés par le virus. Cela ne coûterait que 3 milliards de dollars à la communauté internationale, affirme-t-il, et cela serait une énorme bouffée d’oxygène pour ces pays qui tournent autour d’une croissance zéro.

Plan anti-Boko Haram: surmonter les réticences du Nigeria

Le sujet est sensible. Et tous les acteurs en sont conscients. Si au sein des pays de la région du lac Tchad, la colère gronde à l’égard du Nigeria qui n’a pas daigné envoyer de représentant de haut niveau à la réunion de Niamey la semaine dernière, tous reconnaissent qu’il n’y aura pas de solution sans Abuja.

L’un des problèmes évoqués, ce sont les élections dans trois semaines. Peut-on prendre une décision aujourd’hui sans connaître la position du vainqueur de la présidentielle au Nigeria ?

Mais surtout, comment contourner les réticences d’Abuja qui voit d’un très mauvais œil une internationalisation de la réponse au conflit qui pourrait porter atteinte à sa souveraineté. C’est pourtant ce que souhaite la commission de l’Union africaine. Et au-delà d’Addis-Abeba, les Nations unies. Pas question pour autant d’accepter une mission onusienne. Là-dessus, tous les pays de la région du lac Tchad sont d’accord. Beaucoup de réticences également à l’idée d’une opération chapeautée par l’Union africaine. On parle de renforcer les organisations sous-régionales, pourquoi ne pas laisser la commission du bassin du lac Tchad faire le travail et simplement l’appuyer financièrement ou logistiquement, murmure-t-on au sein des délégations des Etats concernés.

Mais l’hostilité à peine voilée entre le Nigeria et ses voisins rend une solution régionale difficile à trouver. Le Nigeria et son armée sont accusés d’incompétence, de mauvaise volonté, mais qui le pays n'est pas sans faire de reproches. Pourquoi nous refuser le droit de poursuite pour ensuite se plaindre ? S’agace un officiel nigérian, expliquant que cela faisait aussi partie des négociations en cours.

Rfi

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Nigeria: Boko Haram s'empare de Monguno

Jan 26, 2015
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Nigeria: Boko Haram s'empare de Monguno

L’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, a été le théâtre de violences ce dimanche 25 janvier au matin. L’armée est intervenue pour repousser une offensive des combattants de Boko Haram à Maiduguri. Le groupe islamiste s’est en revanche emparé de la localité de Monguno.

L'assaut avait commencé dans la nuit. Selon les habitants de Maiduguri joints dans la journée, des tirs à l'arme légère et lourde ont été entendus dans toute la ville dès 7h. Les résidents sont désormais sous un couvre-feu de l'armée et ont interdiction de sortir.

L'attaque a eu lieu par deux fronts : les assaillants de Boko Haram ont d'abord visé le faubourg de Njimtilo, à l'entrée de la ville ; parallèlement, d'autres combattants attaquaient au nord, dans le village de Monguno.

Les soldats de l'armée nigériane ont lancé un assaut pour repousser cette double attaque simultanée par une opération aérienne et terrestre. Un avion a notamment bombardé les positions de Boko Haram. Des hélicoptères ont survolé la région toute la région. Les militaires ont évacué une partie des habitants dès le matin, d'autres ont fui vers le sud, puis les soldats ont été soutenus par des membres d'une milice d'autodéfense locale et ont reçu des renforts. Les combats auraient fait au moins huit morts et vingt-sept blessés, en majorité des civils, selon des sources médicales.

La ville de Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria, est l'un des coeurs historiques des islamistes de Boko Haram, dont le mouvement y a été créé en 2002. C'est de là qu'il a lancé son insurrection en 2009. Avec son million d'habitants, elle est un carrefour stratégique pour l'organisation islamiste. Les habitants de la région craignaient depuis des mois une offensive de cette ampleur.

Si Maiduguri a été protégée cette fois, la prise de la localité de Monguno par le groupe islamiste est jugée très inquiétante par les autorités de l'Etat du Borno. Cette attaque est intervenue juste avant l'arrivée du secrétaire d'Etat américain, John Kerry, à Lagos en fin de matinée, pour une visite consacrée à l'avenir politique du pays et à la lutte contre le terrorisme.

Rfi

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L'humanitaire française enlevée en Centrafrique est libre

Claudia Priest, la Française en mission humanitaire enlevée lundi à Bangui, en Centrafrique, a été libérée, a annoncé ce vendredi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

«Notre compatriote Claudia Priest, qui avait été enlevée en début de semaine en République centrafricaine, est enfin libre. C'est un immense soulagement pour tous ceux qui ont oeuvré à ce dénouement heureux», a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué.

Dans son communiqué, Laurent Fabius remercie tous ceux qui ont permis ce dénouement, notamment les autorités religieuses, en particulier l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, qui est allé chercher lui-même l'otage française.

Selon les informations de RFI, l'ex-otage est actuellement à l'ambassade de France à Bangui. Laurent Fabius lui a d'ailleurs parlé au téléphone. L'un des collaborateurs du ministre a par ailleurs indiqué à RFI qu'elle se trouvait en bonne santé.

Claudia Priest a 67 ans, elle est éducatrice spécialisée. Elle a été enlevée lundi avec son collègue centrafricain par des membres des anti-balaka, combattants furieux depuis l'arrestation le week-end dernier par la mission des Nations unies en Centrafrique de l'un de leurs chefs, Rodrigue Ngaïbona, alias « général Andjilo », qui est toujours détenu à Bangui.

Les anti-balaka demandaient sa libération en échange de celle de l'otage française. L'archevêque de Bangui a été très clair et a indiqué que le général Andjilo n'avait pas été relâché suite à cette libération.

Aucune information n'a pour le moment filtré sur de possibles contreparties. Aucune information non plus, pour le moment, sur le deuxième otage, le religieux centrafricain, enlevé avec Claudia Priest.

Rfi

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Le Niger en alerte face à Boko Haram

Jan 21, 2015
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Le Niger en alerte face à Boko Haram

Au Nigeria, les insurgés islamistes menacent la frontière sud du pays. La rivière Komadougou Yobé, la démarcation naturelle, offre de nombreux points de passage vers le Niger. C’est le cas à Mamouri, près de Bosso, à deux heures de pistes de Diffa sur la rive Est du lac Tchad. Reportage avec une patrouille des forces armées nigériennes sur ce site sensible, où sont postés des guetteurs armés de Boko Haram.

De notre envoyé spécial à Bosso et Diffa dans le sud-est du Niger,

La patrouille de soldats nigériens, répartie en deux colonnes, gravit à pied la large piste de sable. Bordée de buissons et d’épineux, elle se jette dans un bras du lac Tchad. Des pick-up au camouflage gris et bleu, montés de mitrailleuses, sont en position arrière. Sur la berge opposée, au bord de l’eau, à moins de cinquante mètres, se tiennent trois combattants de Boko Haram. Un de leurs guetteurs grimpe sur le talus où flotte le drapeau des insurgés, scrute le paysage, puis s’enfonce dans les buissons, sans doute pour donner l’alerte. Kalachnikov en bandoulière, un insurgé en djellaba noir luisant nargue et harangue les soldats nigériens, qui restent stoïques.

La scène dure plusieurs minutes. La tension monte d’un cran lorsque l’insurgé demande aux enfants qui lavaient du linge dans des bassines, de déguerpir. Le lieutenant nigérien souhaite éviter un incident, et opte pour un retrait. Une mission de reconnaissance tendue, mais le capitaine du détachement militaire de Bosso, n’est pas impressionné outre mesure. « Ce à quoi vous venez d’assister, c’est ce que nous vivons tous les jours. Nous menons des patrouilles jusqu’à la limite de la rivière, et naturellement nous tombons sur des éléments de Boko Haram. Parfois ils tirent en l’air, soit lorsque nous arrivons, soit lorsque nous rebroussons chemin. »

Le colonel Salaou Barma commande la zone de défense dans le sud-est du Niger.RFI/ Nicolas Champeaux

En décembre, Boko Haram a pris le contrôle de Malam Fatouri, une commune nigériane à quatre kilomètres au Sud de Mamouri. Les insurgés occupent aussi les localités de Damasak et de Geidem. « Nous avons Boko Haram en face de nous, de Goudoumaria à l’ouest, jusqu’à Bosso à l’est, cela fait trois cent cinquante kilomètres, et compte tenu de la configuration du terrain, une journée de route sépare ces deux points », précise le colonel Salaou Barmou. Le commandant de la zone de défense numéro cinq du Niger prend donc la menace très au sérieux. « Cette menace implique une vigilance de tous les instants. Il y a très souvent des incursions d’éléments armés de Boko Haram, dans le but de recruter, dans le but de se ravitailler, dans le but de faire des dépôts d’armes pour éventuellement de futures opérations en territoire nigérien, pourquoi pas ? »

 
Le dispositif Ingar a renforcé les effectifs militaires à la frontière sud du Niger.RFI/ Nicolas Champeaux

Des accrochages se produisent de façon sporadique lors de ces incursions. Le dernier en date remonte au 6 janvier. Les autorités nigériennes font état d’un bilan de quatre morts dans les rangs des insurgés. Face au péril, le colonel Barmou s’appuie sur le dispositif Ingar, qui veut dire « Bouclier ». Le ministère de la Défense nigérien a adopté une série de mesures en mai dernier dans la foulée du sommet de l’Elysée consacré aux moyens de répondre collectivement au groupe islamiste. Il s’agit pour l’essentiel de renforcements d’effectifs, qui profitent à la garde nationale, à la gendarmerie, à la police et aux forces armées du Niger. « Cela ne suffit pas pour rendre nos frontières totalement hermétiques », reconnaît le colonel.

Le 12 janvier le muezzin du village de Chetimari, à trente kilomètres à l’est de Diffa, a été tué par des éléments de Boko Haram. Selon nos informations, les insurgés voulaient en réalité attenter à la vie du chef du village. Un événement meurtrier qui inquiète le colonel Barmou, d’autant plus que Boko Haram dispose de relais dans cette région du Niger où les villageois sont particulièrement démunis. « Boko Haram a recruté ici. Les insurgés ont nommé trois émirs nigériens dans des localités récemment conquises de l’autre côté de notre frontière », indique le colonel, qui ajoute : « dans certains villages, ici, la population est réticente à collaborer avec les forces de défense et de sécurité du Niger. Il s’agit soit de Nigériens qui ont été recrutés ou qui sont proches de Boko Haram, soit de personnes qui redoutent des représailles de la part des insurgés. Boko Haram a créé une certaine psychose, les gens ont peur, car nous ne pouvons pas être dans tous les villages. »

Des soldats nigériens en reconnaissance à la frontière avec le Nigeria.

Rfi

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