Afrique

Référendum en Mauritanie: la Céni répond aux accusations de fraude

Après la victoire du «Oui» au référendum constitutionnel en Mauritanie du dimanche 6 août, l’opposition – qui avait pour une large part appelé au boycott du scrutin - a dénoncé une « farce électorale ». La Commission électorale nationale indépendante répond aux accusations de fraude et invite l’opposition à saisir le Conseil constitutionnel.

Le « Oui » au référendum constitutionnel l'a emporté avec 85% des suffrages exprimés, selon des résultats proclamés dimanche 6 août dans la soirée, qui font état d’un taux de participation de près de 54%.

Cette victoire du « Oui » entérine les réformes proposées dans ce texte, dont la modification du drapeau national de la République islamique de Mauritanie, qui se voit adjoindre deux bandes rouges, pour « valoriser les sacrifice des martyrs » de la lutte anticoloniale des années 1960. Mais c’est une autre réforme proposée qui a cristallisé l’opposition : la suppression du Sénat, qui doit être remplacé par des conseils régionaux.

Plusieurs sénateurs de l’opposition – dont une large part avait appelé au boycott du scrutin, ont d’ailleurs affirmé ne pas vouloir se conformer à cette disparition annoncée, arguant qu’il ne quitteraient leur poste qu’à la fin de leur mandat électif. Cheikh Ould Hanena, l'un de ces sénateurs, a expliqué lundi 7 août à RFI, au lendemain du vote, que cette consultation était pour lui un « non évènement », la jugeant « illégale » et « illégitime ».

La Céni se défend

Pour ce référendum, la Commission électorale nationale indépendante a travaillé sur la base d’un fichier biométrique qui « donne une liste électorale comprenant toutes les indications relatives à l’électeur » et « ne permet pas, par exemple, les votes multiples »,  rétorque Abdoulaye Diarra, directeur de la Communication et de l’Éducation citoyenne à la Céni.

Il insiste également sur le fait que le dépouillement « s’est fait en présence des différents acteurs impliqués dans le processus ». A l’issue de celui-ci, les résultats ont été affichés dans les bureaux de vote, offrant ainsi « la possibilité pour les acteurs du processus de comparer les résultats, les extraits, avec les résultats tels qu’ils sont proclamés sur le plan national », affirme Abdoulaye Diarra.

Recours possible devant le Conseil constitutionnel

Ce porte-parole de la Céni tient également à souligner que « les différents acteurs impliqués » ont la possibilité d’un recours devant le Conseil constitutionnel. « Cette possibilité leur est ouverte pour apporter toutes les preuves éventuellement si il y a eu des manquements », avance Abdoulaye Diarra. Un tel recours est possible jusqu’au 20 août.

Hier jeudi, Mahfoudh ould Bettah, le leader de la Convergence démocratique nationale -qui est le seul parti d’opposition à n’avoir pas appelé à boycotter le scrutin et à avoir appelé à voter pour le « Non »- a déjà dit son refus d’en passer par un recours devant la haute instance.

Au micro de RFI, l’ancien ministre mauritanien de la Justice a remis en cause la crédibilité des résultats, mais ne saisira pas le Conseil constitutionnel car il « ne veut pas donner une légitimité légale à ce scrutin, parce qu’il a été une opération de fraude de bout en bout ». Mahfoudh ould Bettah insiste : « On n’offrira pas cette occasion au pouvoir en place d’instrumentaliser le Conseil constitutionnel ».

RFI

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Amy Collé Dieng est accusée d'«offense au chef de l'Etat » et de « diffusion de fausses nouvelles ». Son avocat dénonce une « détention arbitraire ».
Par Marie Zinck -Le Monde.fr avec AFP


La chanteuse sénégalaise Amy Collé Dieng, le 17 mai 2017, à Dakar. CREDITS : DIOP LE MAIRE/AFP


Interpellée par la Division des investigations criminelles (DIC) le 3 août, dans le quartier du Plateau, à Dakar, la chanteuse sénégalaise Amy Collé Dieng a été inculpée et placée sous mandat de dépôt après cinq jours de garde à vue, mardi 8 août, pour « offense au chef de l'Etat et diffusion de fausses nouvelles », selon l'un de ses avocats, Me Boubacar Barro.
Dans un enregistrement sonore partagé sur WhatsApp, en principe au sein d'un groupe fermé, la chanteuse de 39 ans s'était montrée favorable à l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), un des leaders de l'opposition lors des élections législatives du 30 juillet, et critique envers le président Macky Sall, dont la coalition venait de remporter ce scrutin.


La chanteuse de mbalakh (un style de musique sénégalais basé sur les percussions), qui a connu le succès il y a quelques années, y accusait le chef de l'Etat sénégalais de « manœuvrer dans l'ombre » pour accomplir ses desseins et d'être un « saï-saï » (un « coquin », en wolof). Elle lui reprochait également de n'avoir « rien fait dans le pays » depuis son élection en 2012 et d'avoir « volé les élections » du 30 juillet. Enfin, elle dénonçait la gestion par le pouvoir du scrutin, marqué par d'importants problèmes d'organisation.


Une deuxième personne arrêtée


Après son interpellation, Amy Collé Dieng a affirmé que ses propos, qui ont été largement diffusés par des sites d'informations sénégalais, n'étaient pas destinés à être rendus publics.
Une deuxième personne, Amadou Seck, présentée par la presse locale comme l'administrateur du groupe WhatsApp en question, a également été placée en détention provisoire pour les mêmes chefs d'inculpation, selon une source proche du dossier. Les deux risquent de six mois à deux ans de prison pour « offense au chef de l'Etat » et jusqu'à trois ans de réclusion pour « diffusion de fausses nouvelles », selon la loi sénégalaise.


« C'est un problème qui n'aurait pas dû être créé dans une démocratie », soutient Me Ciré Clédor Ly, l'un des avocats de la chanteuse. Contacté par Le Monde Afrique, il dénonce « une interprétation abusive de ses propos » et indique avoir « demandé sa libération d'office pour détention arbitraire ». Me Ciré Clédor Ly ajoute souhaiter la disparition de l'offense au chef de l'Etat des législations « sénégalaise et africaine ». « A ce jour, on n'a pas eu de réaction du chef de l'Etat ni de son entourage. Je ne peux pas dire qu'il soit intéressé par cette procédure », déclare l'avocat.
Photomontage « contraire aux bonnes mœurs »


Le 4 août, le procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, avait mis en garde les « personnes mal intentionnées qui utilisent les réseaux sociaux et autres sites Internet pour diffuser des images ou propos obscènes, injurieux et même à caractère ethnique ». Il avait adressé, dans un communiqué, une « mise en demeure » aux « auteurs de tels manquements (...) aux fins de mettre un terme à ces agissements répréhensibles, sous peine de poursuites judiciaires ».


Au Sénégal, souvent vanté comme un modèle de démocratie sur le continent, le cas d'Amy Collé Dieng et d'Amadou Seck n'est pas isolé. Début juin, trois femmes et un homme ont été inculpés de « diffusion d'image contraire aux bonnes mœurs et association de malfaiteurs » et placés en détention préventive à la suite de la diffusion d'un photomontage jugé offensant pour le président Macky Sall sur la messagerie WhatsApp. Le photomontage montre le visage du chef de l'Etat superposé au corps d'un homme nu.

 

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/08/09/senegal-une-chanteuse-arretee-apres-avoir-qualifie-macky-sall-

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Référendum en Mauritanie: les modalités du scrutin

Le référendum constitutionnel contesté se déroule ce samedi 5 août en Mauritanie. Face au camp du «oui», qui regroupe la majorité présidentielle et les quelques partis de l'opposition dite «dialoguiste», les principaux partis d'opposition appellent au boycott du scrutin qu'ils jugent anticonstitutionnel. Un seul parti d'opposition prône le «non». Quelles questions vont être posées et comment va se dérouler le vote ?

Près de 1,4 million de Mauritaniens sont appelés à se prononcer dans les 3 118 bureaux de vote répartis sur l'ensemble du territoire. Le scrutin va se dérouler en deux temps, avec deux bulletins à déposer dans des urnes distinctes.

Pour chacune des deux questions, le votant peut choisir « oui », « non » ou « neutre ». Le premier bulletin, bleu, porte sur le changement de drapeau. Il s'agit de savoir si les Mauritaniens veulent ou non que soient ajoutées au drapeau actuel deux bandes rouges représentant le sang des martyrs versé pour la nation.

Le deuxième bulletin, jaune, porte sur la réforme des institutions, qui englobe trois points : la suppression du Sénat et le transfert de ses attributions à l'Assemblée, la création de conseils régionaux élus et la refonte du Haut conseil islamique, du médiateur de la République et du Haut conseil de la fatwa et du recours gracieux, en une seule institution également baptisée « Conseil de la fatwa et du recours gracieux ».

Un organe chargé d'émettre des fatwas, c'est-à-dire des avis juridiques religieux, mais aussi de participer aux règlements de tout contentieux qui n'est pas en cours de traitement par la justice. A noter que la suppression de la Haute cour de justice, un temps évoquée, n'a finalement pas été retenue.

RFI

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Niger : le président Issoufou inquiet d'une démographie galopante


Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, le 26 mai 2017 à Taormina en Italie


afp.com - STEPHANE DE SAKUTIN


Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, s'est inquiété de la démographie galopante dans son pays, Etat très pauvre qui détient le plus fort taux de natalité au monde avec 7,6 enfants par femme.
"Au rythme actuel, la population de notre pays doublerait en moins de 18 ans et pourrait atteindre plus de 40 millions en 2035 et environ 75 millions en 2050. Le bon sens nous commande de réfléchir dès à présent à ces horizons", a prévenu le président mercredi soir dans un message à l'occasion du 57ème anniversaire de l'indépendance du Niger.
La croissance démographique du Niger est une des plus fortes au monde (3,9% par an), selon les statistiques officielles. Un niveau que ce pays, abonné aux sécheresses et aux crises de malnutrition, ne pourra pas supporter.


"Si nous n'arrivons pas à éduquer, former, soigner notre jeunesse et à lui offrir des opportunités d'emploi", elle "sera un handicap, pire, une menace (pour) la cohésion sociale et la prospérité", a mis en garde M. Issoufou.


"Il faudra agir dès maintenant", a-t-il lancé, expliquant que son gouvernement mise notamment sur "la fin des mariages et naissances précoces", "la scolarisation" et "la formation des jeunes filles" pour espérer infléchir la courbe démographique.


Les statistiques sur les unions forcées ou arrangées au Niger sont alarmantes : 30% des filles sont mariées avant l'âge de 15 ans et 75% avant 18 ans, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). Ces mariages interrompent généralement la scolarisation des filles.


Début mars, le président du Niger avait déjà exposé devant une délégation de l'ONU à Niamey le "véritable défi" que son pays doit relever pour assurer sa "transition démographique". "Si vous demandez aux femmes (nigériennes) le nombre d'enfants qu'elles désirent, elles disent: +en moyenne neuf+ et les hommes: +onze+", a relevé le président Issoufou.
Le Niger tente depuis des décennies de maîtriser sa fécondité galopante, provoquant la colère des islamistes radicaux, qui assimilent la contraception à "une oeuvre satanique de l'Occident". Les moeurs pro-natalistes, bien ancrées dans les mentalités, plombent également les efforts des autorités. Le taux national de contraception est seulement de 12%, selon le ministère de la Population.

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