Afrique

Mugabe-Mes collègues zimbabwéens, j'écris cette lettre et j'espère que vous la lirez tous et que vous la partagerez.

Mugabe-Mes collègues zimbabwéens, j'écris cette lettre et j'espère que vous la lirez tous et que vous la partagerez.

Mes jours sur cette terre sont comptés, mais je sais qu'une fois que je serai parti, vous et vos enfants ne m'oublierez jamais. Je veux que vous compreniez que la raison pour laquelle je suis resté longtemps au pouvoir, 36 ans plus tard, c'est parce que je veux pour vous donner du pouvoir à tous mes camarades noirs zimbabwéens.

Aucun autre président de tout le continent africain n'a fait ce que j'ai fait pour vous, mais vous continuez à me prendre pour acquis. Savez-vous que dans toute l'Afrique, les Zimbabwéens sont les seuls Noirs à posséder leur terre?

Nous sommes les seuls Noirs à posséder et exploiter des moyens de production, nous possédons nos propres entreprises, nos propres terres.

C'est le vrai sens de l'indépendance.

L'indépendance politique et économique. Je me suis battu bec et ongles toute ma vie politique pour assurer à chacun d'entre vous une indépendance politique et économique.Je ne déteste pas les Blancs, non, pas du tout.

Ce que je déteste c'est qu'ils pensent qu'ils sont meilleurs que nous, qu'ils peuvent simplement venir dans notre pays, prendre nos ressources et notre terre, et nous dire quoi faire. À cela je dis non. Aujourd'hui, je suis heureux que presque toute la terre soit dans les mains noires. C'est à vous d'utiliser l'éducation que je vous ai donnée pour développer la terre afin qu'elle soit productive afin que vous puissiez vous nourrir. Une chose dont je suis fier, c'est que j'ai travaillé dur pour que nos ressources naturelles et nos terres soient rendues à leurs propriétaires légitimes: vous les Noirs du Zimbabwe.

Allez dans d'autres pays d'Afrique. Juste là, juste en face du Limpopo, en Afrique du Sud, Mandela a vendu et a donné toute la terre et l'économie aux Blancs. Les Noirs en Afrique du Sud seront les esclaves des Sud-Africains blancs pour toujours. Tant que la terre n'est pas entre les mains de ses propriétaires légitimes, les Africains, l'homme noir continuera à souffrir dans son propre pays.

La vraie richesse est maintenant entre vos mains, je l'ai lutté loin des blancs qui venaient voler c'est de toi. Oui, le monde était en colère contre moi et a puni le pays entier avec des sanctions, mais je m'en fous parce que je sais que je faisais la bonne chose. Je donnais du pouvoir à mon peuple. Toi, prends soin de la terre et des industries que je t'ai.

J'ai fait ma part, la balle est maintenant dans votre camp. Fais ta part.

Vous vous souviendrez de moi et vous apprécierez pour ce que j'ai fait pour vous quand je serai parti.

Votre président et chef

Afrique pour les Africains.

Robert Gabriel Mugabe!

Lu 235 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Robert MUGABE le transformateur  : une bonne histoire qui commence mais qui dérive hélas

Zimbabwe : octobre 1980, la première interview de Robert Mugabe à Jeune Afrique / jeuneafrique
Par Kadiatou Sakho

Le Président Robert Mugabe a finalement cédé à la pression de l'armée, de la rue et de son parti. Il a remis ce mardi sa démission après 37 ans au pouvoir. Sa première interview à un journal francophone, en 1980, il l'avait accordée à Jeune Afrique, alors qu'il était encore Premier ministre.
« Le Zimbabwe ne s'alignera sur aucun des deux blocs et choisira ses amis en fonction de ses propres intérêts et de ses propres besoins, quel que soit le camp auquel ils appartiennent. L'Est ou l'Ouest ». Ces mots, ce sont ceux de Robert Mugabe, alors Premier ministre du Zimbabwe. Nous sommes le 29 octobre 1980, et jeune Afrique publie la première interview de celui qui deviendra près de quatre décennies plus tard le plus vieux dirigeants au monde. A l'époque, il n'est encore « que » Premier ministre.


La rencontre a lieu à Milton House, la bâtisse de Salisbury qui abritait quelques mois plus tôt Ian Smith... Le 18 avril 1980, la Rhodésie devient indépendante et prend le nom de Zimbabwe, après 90 ans de colonisation britannique. La guerre d'indépendance qui opposait les autorités de Salisbury et les nationalistes noirs, entre 1972 et 1979, a fait 27 000 morts.


A la suite des accords de Lancaster House, Robert Mugabe, chef de l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU), est nommé Premier ministre du Zimbabwe après la victoire de son parti lors des premières élections multiraciales du pays. En tant que Premier ministre, Robert Mugabe avait pour lourdes responsabilités de réconcilier le peuple du Zimbabwe et de relancer l'économie du pays. C'est dans ce contexte postindépendance, porteur d'espoir pour les Zimbabwéens que Robert Mugabe a accepté de se confier à François Soudan.


Le Zimbabwe ne s'alignera sur aucun des deux blocs


L'armée, la lutte des classes et la France


Robert Mugabe explique alors qu'après la guerre de 1972-1979 « seuls 7 000 combattants ont demandé à être démobilisés et cela a été fait sans heurts » et que les autres veulent « être intégrés au sein de la nouvelle armée nationale ». 37 ans plus tard, les vétérans défileront dans les rues d'Harare pour réclamer son départ.
Il évoque également les aspects idéologiques du régime qui se met en place. « La classe ouvrière est très minoritaire ; ce n'est pas à elle qui a lutté et souffert le plus pendant la lutte armée : c'est donc à la paysannerie que doit revenir le rôle de groupe social moteur, d'avant-garde dans notre société », explique-t-il.Et dans le contexte de guerre froide, il affirme que « le Zimbabwe ne s'alignera sur aucun des deux blocs et choisira ses amis en fonction de ses propres intérêts et de ses propres besoins, quel que soit le camp auquel ils appartiennent. L'Est ou l'Ouest ».


L'Afrique francophone s'est peu souciée de nous. Peut-être faut-il y voir l'influence de la France


Déjà, il se fait le héraut de la lutte contre le néocolonialisme, et attaque la France de front. Le pays a certes « accordé quelques bourses universitaires » à plusieurs étudiants du pays, mais il a surtout « mis le plus d'obstacles » à l'adhésion du Zimbabwe à la Convention de Lomé, accuse le Premier ministre.
Surtout, il note que « peu de pays » ont soutenu le Zimbabwe dans sa lutte pour l'indépendance. « Mais l'Afrique francophone, tout particulièrement, s'est peu souciée de nous. Pourquoi ? Peut-être faut-il y voir l'influence de la France et le fait que ces pays tiennent compte, dans leur analyse, des orientations de la politique étrangère française. »

Le départ de Mugabe au Zimbabwe, nouvelle étape dans les transitions démocratiques en Afrique ?


Le dirigeant au pouvoir dans le pays depuis 1980 a démissionné de son poste, mardi. Quelle forme pourra prendre la transition ?


Par Laura Motet, Madjid Zerrouky, Maxime Vaudano et Aline Leclerc


Trente-sept ans après avoir accédé au pouvoir pour la première fois et après vingt-neuf ans de présidence, Robert Mugabe, ancien chef du mouvement de libération nationale en Rhodésie du Sud, a annoncé sa démission, mardi 21 novembre. Un départ qui n'était pas, à l'origine, dans les plans du tenace président du Zimbabwe : renversé par l'armée, exclu de son propre parti, Robert Mugabe, 93 ans, refusait encore, dimanche, de présenter sa démission. L'amorce d'une procédure de destitution a, cependant, eu raison de sa volonté, jusqu'alors affichée, de rester au pouvoir jusqu'à ses 100 ans.


Le cas du Zimbawbe est à bien des égards singulier, mais sur le continent, sa situation est suivie avec intérêt par ceux qui tiennent les clés des palais présidentiels et par ceux qui voudraient les en déloger. D'autant que les événements qui se sont produits à Harare trouvent une résonance dans plusieurs Etats africains.
Petits et grands arrangements avec la Constitution


En 2010, au Niger, le président Mamadou Tandja, au pouvoir depuis onze ans, avait été renversé par un coup d'Etat militaire après avoir dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle et fait adopter par référendum une réforme de la Constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir trois ans au-delà de la limite de son mandat.
Au Bénin, à la suite de manifestations, le président Thomas Boni Yayi a juré qu'il ne toucherait pas à la Constitution. Une promesse qu'il a tenue, puisqu'il n'a pas cherché à briguer de troisième mandat, laissant sa place en 2016 à Patrice Talon.


En revanche, nombreux sont les autres chefs d'Etat africains qui ont choisi, à l'instar de l'ancien dirigeant burkinabé Blaise Compaoré, de se maintenir au pouvoir grâce à des modifications d'ampleur ou à de simples petits arrangements avec les règles constitutionnelles :


• Joseph Kabila en République démocratique du Congo ;
• Paul Kagamé au Rwanda ;
• Pierre Nkurunziza au Burundi ;
• Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville.


Il faut dire que la manœuvre a fonctionné. Ainsi, 8 des 54 chefs d'Etat africains actuellement au pouvoir ont réussi à s'y maintenir à la faveur d'une modification de la Constitution.


Joseph Kabila a, lui, choisi pour l'heure une autre option pour rester au pouvoir sans avoir à se présenter une troisième fois : son mandat, qui devait se terminer en décembre 2016, est finalement prolongé jusqu'en avril 2018, des « difficultés financières » empêchant, selon la Cour constitutionnelle, la tenue de nouvelles élections.
Certains dirigeants, au pouvoir depuis longtemps, ont modifié la Constitution pour pouvoir briguer un nouveau mandat.


Survolez les pays pour lire le contexte
NonOuiProjet


Source : Les Décodeurs


C'est notamment le cas au Cameroun, au Tchad, en Ouganda ou en Algérie. En 2008, par un vote à main levée, le Parlement algérien a ainsi abrogé la loi limitant à deux le nombre de mandats, permettant au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, élu en 1999 et réélu en 2004, d'être encore candidat en 2009 et, pour la quatrième fois, en avril 2014, lors d'un scrutin qualifié de « supercherie » par l'opposition. Depuis, M. Bouteflika a lancé une révision de la Constitution pour rétablir la limite à deux mandats, un engagement pris en 2011 pour calmer les premiers remous du « printemps arabe » en Algérie.


Un régime qui s'achève en coup d'Etat


Qu'un coup d'Etat précipite un changement de régime est également fréquent sur le continent : c'est de cette façon que les chefs d'Etat antérieurs ont quitté le pouvoir dans onze pays africains, alors que dix-neuf seulement sont allés normalement au bout de leur mandat. Neuf autres sont morts au pouvoir. Et deux ont été renversés par une révolte populaire, tous lors du « printemps arabe » en 2011 : le président Hosni Moubarak en Egypte et le colonel Mouammar Kadhafi en Libye.


Comment s'est terminé le régime précédent ?


Survolez les pays pour connaître le contexte


Si certains de ces coups d'Etat remontent aux années 1980 et que leurs auteurs se sont depuis maintenus au pouvoir – souvent après des simulacres d'élections, comme Teodoro Obiang Nguema, qui règne sur la Guinée équatoriale depuis 1979 –, d'autres sont beaucoup plus récents : ce fut le cas en République centrafricaine en 2013, au Mali et en Guinée-Bissau en 2012, au Niger en 2010, en Mauritanie et en Guinée en 2008.
Des élections démocratiques après un coup d'Etat ?


A la fin d'octobre 2014, des manifestations historiques contre le projet du président Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour pouvoir briguer un 5e mandat dégénèrent. Le chef d'Etat-major des armées annonce la dissolution du Parlement et la mise en place d'un gouvernement de transition. Le lieutenant-colonel Isaac Zida s'autoproclame chef de la transition. Blaise Compaoré quitte le pays. Lui-même était arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat, vingt-sept ans plus tôt, et n'avait été réélu que lors d'élections contestées. Entre 2014 et 2015, c'est Michel Kafando qui assure la transition, organisant l'élection de décembre 2015 qui a placé Roch Marc Christian Kaboré à la tête du pays.
Si la situation au Burkina Faso ne peut être assimilée stricto sensu à un coup d'Etat, l'histoire récente de plusieurs pays africains rappelle qu'un putsch est parfois suivi d'élections libres et transparentes.
Au Mali, par exemple. En 2012, l'armée renversait le président Amadou Toumani Touré, au pouvoir depuis dix ans. Mais la junte a, finalement, cédé à la pression internationale et rendu le pouvoir à un président par intérim jusqu'à la tenue de nouvelles élections en 2013. Les Maliens ont alors élu président Ibrahim Boubacar Keïta « dans le calme et la sécurité », selon les termes du ministre des affaires étrangères français, lors d'un scrutin dont « les Maliens doivent se féliciter », à en croire le représentant spécial de l'ONU au Mali.


De la même façon, en Guinée, les militaires qui avaient succédé à Lansana Conté, président depuis vingt-quatre ans, ont finalement laissé la place en 2010 à un opposant historique, Alpha Condé, à l'issue du premier scrutin considéré comme « libre et démocratique » de l'histoire du pays. En 2015, il est d'ailleurs réélu. De même, au Niger, le déroulement du scrutin de janvier 2011 qui a porté Mahamadou Issoufou au pouvoir, un an après le coup d'Etat mené par Salou Djibo contre Mamadou Tandja, a également été salué par la communauté internationale.


(Sont considérées comme « élections démocratiques » sur cette carte celles jugées « libres et équitables » par les observateurs internationaux. Sont considérées comme « contestées » celles dont le résultat a été mis en cause et par l'opposition et par les observateurs internationaux.)
Comment sont-ils arrivés / restés au pouvoir ?


Survolez les pays pour connaître le contexte


Elections démocratiquesElections contestéesCoup d'EtatCoup d'Etat puis élections contestéesDésignationDésignation puis élections contestéesDésignation puis élections démocratiquesSuccessionTransition
Si les élections peuvent être un indice de la santé démocratique d'un pays, elles peuvent également être utilisées par les régimes les plus autoritaires pour légitimer leur pouvoir.


Dans un tiers des cas où un scrutin présidentiel est organisé, la validité de son résultat est mise en cause par les opposants comme par les observateurs internationaux. C'est souvent en raison de fraudes, parfois à cause de violences ou d'entraves faites à l'opposition.
En 2011, à Djibouti, l'opposition a boycotté le scrutin après avoir dénoncé la répression violente de manifestations demandant le départ du « dictateur » Ismaël Omar Guelleh. Ce dernier avait, juste avant le scrutin, obtenu, par une modification de la Constitution, la possibilité de se présenter pour un troisième mandat, à 67 ans.
Certains au pouvoir depuis parfois plus de trente ans


40 % des dirigeants africains dépassent les 70 ans. Si le plus vieux, Béji Caïd Essebsi, n'est arrivé au pouvoir qu'en 2014 en Tunisie, au terme d'élections démocratiques, ce n'est pas le cas de la plupart des « vieux » dirigeants. Robert Mugabe, l'ancien président du Zimbabwe, souhaitait toujours, jusqu'au 21 novembre, occuper le pouvoir du haut de ses 93 ans.
Quel âge ont les dirigeants ?


Survolez les pays pour en savoir plus

 46 - 54 ans 54 - 58 ans 58 - 59 ans 59 - 63 ans 63 - 66 ans 66 - 73 ans 73 - 74 ans 74 - 77 ans 77 - 90 ans Age du dirigeant :


Elu à la présidence en 1987, Robert Mugabe n'atteindra sans doute pas la longévité au pouvoir de ses cadets Paul Biya au Cameroun, arrivé en 1982, et Teodoro Obiang en Guinée équatoriale, qui, à 75 ans, gouverne déjà depuis trente-huit ans.

Lu 184 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa prêt à endosser les habits de président par intérim

Après la démission de Robert Mugabe, le porte-parole de la Zanu-PF a indiqué que l’ancien vice-président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, serait nommé ce mercredi 22 novembre président par intérim par le Parlement. Une fonction qu'il occupera pour 90 jours.

Celui qui a fait tomber Robert Mugabe a quitté l'Afrique du Sud ce mercredi matin. Selon des proches, Emmerson Mnangagwa devrait arriver tôt ce mercredi dans la journée à Harare, la capitale zimbabwéenne, à bord d'un jet privé.

En exil depuis son limogeage, il avait pourtant assuré mardi matin qu'il ne rentrerait pas, craignant pour sa sécurité.

Et pourtant, selon le porte-parole de la Zanu-PF, sa nomination devrait être officialisée ce mercredi par le président du Parlement. Une prestation de serment pourrait avoir lieu dans les 48 heures.

Un ex-fidèle de Mugabe pour changer le pays

Bombardé dimanche président du parti au pouvoir et candidat à l'élection présidentielle de 2018, Emmerson Mnangagwa sera président par intérim pour une période de 90 jours jusqu'à ce que la Zanu-PF organise des élections en interne.

Un des défis auquel il va devoir faire face sera de prouver que malgré ces 50 ans passés aux côtés de Robert Mugabe, il peut apporter du changement.

En attendant, Emmerson Mnangagwa endosse déjà les habits de chef de l'Etat, fût-il par intérim. Dans un communiqué relayé par l'agence Reuters, il a dès ce mardi soir indiqué qu'il aspirait à rassembler tous les Zimbabwéens pour la reconstruction du pays. Ce n'est pas, dit-il, la mission de la seule Zanu-PF, le parti au pouvoir, mais celle de l'ensemble de la population.

Un « Crocodile » impitoyable

Agé de 75 ans, il a été l'un des très proches de Robert Mugabe. C'est un homme fortement lié aux militaires également. Il a fini par se faire surnommer « le Crocodile », un animal réputé rapide, discret et d'un caractère impitoyable.

Il faut dire que cet homme a sa part d'ombre. Au milieu des années 1980, il était chargé de la sécurité intérieure lors des massacres de l'ethnie Ndebele. Selon les organisations de défense des droits de l'homme, 20 000 civils ont alors été tués.

Peter Godwin, journaliste et auteur zimbabwéen, a publié en 2011 un livre-enquête intitulé « La Peur », sur la répression au Zimbabwe. Pour lui, « Emmerson Mnangagwa est quelqu'un d'horrible, il baigne dans le sang, affirme-t-il. C'est lui qui a mis en œuvre la politique répressive de Robert Mugabe. Il est bien clair qu'il est aussi moralement responsable de ce qui s'est passé au Zimbabwe que son ancien patron. Mais je pense que ce qu'il va essayer de faire maintenant, c'est de se présenter comme un réformiste, un homme capable de rassembler, un technocrate. Comme d'ailleurs la Zanu-PF qui, je pense, va essayer de se présenter comme la Zanu-PF 2.0. »

En 2008, les fonctions qu'il a occupées auprès du président zimbabwéen pour sa réélection ont accéléré son parcours. Il a fini par devenir le vice-président de Mugabe et son dauphin présumé. C'est la remise en cause de cette situation du fait des ambitions politiques de la première dame, Grace Mugabe, qui a conduit à la chute du vieux président. Tout s'est en effet précipité après le 6 novembre dernier, quand Robert Mugabe a limogé Mnangagwa.

Rfi

Lu 123 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Zimbabwe: le président Robert Mugabe a démissionné

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a remis une lettre de démission au Parlement, a annoncé Jacob Mudenda, président de l'Assemblée nationale, ce mardi 21 novembre. Le chef de l'Etat, qui est âgé de 93 ans, était en résidence surveillée depuis l'intervention de l'armée, mercredi dernier, mais refusait de céder le pouvoir qu'il exerçait depuis l'indépendance, en 1980.

Cet article est régulièrement mis à jour, cliquer pour rafraîchir

Le président du Parlement zimbabwéen Jacob Mudenda a annoncé la démission de Robert Mugabe. L'annonce a été faite peu avant 17h ce mardi, dans le bâtiment où étaient rassemblés tous les parlementaires zimbabwéens, qui devaient voter pour ou contre le dépôt d'une motion de défiance contre le chef d'Etat.

Alors que l'audience est en cours, le président de l'Assemblée nationale reçoit un courrier et le lit devant tous les députés, annonçant la démission de Robert Mugabe : « Moi, Robert Gabriel Mugabe [...] remets formellement ma démission de président de la République du Zimbabwe avec effet immédiat », indique-t-il dans le communiqué.

Des centaines de personnes descendent alors dans les rues pour crier leur joie sous les sifflets et les klaxons. Toute la ville d'Harare résonne de clameurs de joie, rapporte notre envoyée spéciale dans la capitale zimbabwéenne, Valentine Rioux. Après les deux jours de torpeur qui ont suivi l'apparition décevante de Robert Mugabe à la télévision dimanche soir, les Zimbabwéens crient maintenant leur bonheur et leur désir de liberté.

Une semaine de chaos

Pour rappel, l'armée du Zimbabwe a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre. Au départ, mercredi dernier, on voit quelques chars dans les principales artères d'Harare. Le flou règne pendant plusieurs heures. Des troupes contrôlent les voies d'accès aux principaux ministères, au Parlement et aux tribunaux, mais la vie suit son cours dans les rues de la capitale.

A l'aube, le général Sibu Siso Moyo annonce à la télévision nationale qu'il ne s'agit pas d'un coup d'Etat. L'armée, se contente d'éliminer les « criminels dans l'entourage de Robert Mugabe ». C'est par la voix du président sud-africain Jacob Zuma que l'on apprend le lendemain que Robert Mugabe est en résidence surveillée.

C'est alors que s'engage un bras de fer qui va durer sept jours. Des négociations se mettent en place entre Robert Mugabe qui refuse catégoriquement de quitter le pouvoir et les militaires qui souhaitent se débarrasser du héros de l'indépendance en douceur, ou plutôt « dans la dignité » comme ils aiment à le dire.

Pour accélérer le mouvement, la Zanu-PF organise des consultations dans les provinces du pays le week-end dernier. Dimanche, le haut comité se réunit pour destituer le président Mugabe de ses fonctions de président du parti. C'est le premier mouvement d'une stratégie qui doit mener à l'impeachment au Parlement, c'est-à-dire une procédure de destitution. L'annonce de la démission du président Mugabe est finalement annoncée au Parlement sous les applaudissements tonitruants de l'hémicycle.

Les présidents sud-africain Jacob Zuma et angolais João Lourenço doivent arriver ce mercredi à Harare pour tenter de trouver une issue à la crise politique au Zimbabwe.

A l'étranger, Theresa May a été la première à réagir à cette annonce. « La démission de Robert Mugabe offre au Zimbabwe l'opportunité de se forger une nouvelle voie libre de l'oppression qui a caractérisé son pouvoir », a estimé la Première ministre britannique dans un communiqué, à propos de cette ancienne colonie britannique.

Suivez en direct sur notre antenne les réactions à la démission de Robert Mugabe avec l'édition spéciale de RFI, à partir de 18h TU (19h heure de Paris).

RFi

Lu 91 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)

logotwitterFacebook