Afrique

Afrique du Sud: le président Jacob Zuma démissionne

Embourbé dans les scandales, le président sud-africain Jacob Zuma a finalement annoncé mercredi soir 14 février sa démission « avec effet immédiat », cédant aux pressions de sa propre formation politique, le Congrès national africain (ANC).

C'est à la fin de son allocution télévisée que Jacob Zuma a finalement annoncé sa démission. Une démission qu'il dit motivée par la crainte de voir des violences ou des divisions au sein de son parti, l'ANC.

« Aucune vie ne devrait être perdue en mon nom. Mais aussi, l'ANC ne devrait jamais être divisé en mon nom. J'en suis arrivé à la décision de démissionner de mon poste de président de la République, une décision à effet immédiat. Même si je suis en désaccord avec le leadership de mon organisation. »

« Je dois accepter que mon parti et mes compatriotes veulent me renvoyer, a-t-il poursuivi. J'ai toujours été un membre discipliné de l'ANC. Aussi longtemps que je vivrais, je continuerai à servir le peuple sud-africain mais aussi l'ANC, l'organisation que j'ai servi toute ma vie. »

RFI

Kenya: les shebabs toujours actifs

Au Kenya, le président Kenyatta a félicité les forces de sécurité pour leur travail dans la lutte contre les shebabs. Jeudi 8 février, le chef de l'Etat a dit que ses hommes avaient neutralisé les plans du groupe terroriste au Kenya. Pour autant, si le pays n'a pas connu d'attaque majeure depuis celle contre l'université de Garissa en 2015, qui avait fait environ 150 morts, les actions terroristes sont quasi quotidiennes dans une région presque impossible à contrôler pour le gouvernement.

Pas une semaine sans que les shebabs n'attaquent un village, une base militaire, kidnappent des habitants ou tendent une embuscade aux forces de sécurité.

Première explication, la frontière. « Elle est longue, poreuse. Impossible de la surveiller efficacement. Des deux côtés les communautés sont identiques, même ethnie, langue et culture », explique Abdullahi Mire, journaliste originaire de la région.

Deuxième problème, les soldats ou policiers qui n'ont pas la confiance des locaux. Ils sont souvent vus comme des étrangers par les Kenyans d'origine Somali, longtemps marginalisés par le pouvoir central. Mais les forces de sécurité sont également mal payées, ce qui facilite la tâche des shebabs. « Elles se font acheter ou ne veulent pas prendre de risque pour rien », analyse Stig Jarle Hansen. Des forces qui pâtissent d'une mauvaise image et qui inspirent la peur du fait de nombreux abus, ajoute cet enseignant de l'université des Sciences de la vie, à Oslo.

La zone constitue donc un terreau pour les terroristes qui recrutent les locaux et dispose d'un véritable réseau sur place. Ce à quoi s'ajoute le camp de Dadaab et ses quelque 250 000 réfugiés somaliens. « Beaucoup n'ont pas d'argent, d'emploi, et n'ont pas de liberté de mouvement. C'est un vivier pour les extrémistes », explique Abdullahi Mire.

Pour autant, les shebabs n'ont pas commis d'attaque d'ampleur depuis celle de Garissa en 2015. Pour Stig Jarle Hansen, les shebabs voient la zone comme un centre de recrutement, une source d'approvisionnement. Ils auraient donc intérêt à éviter une escalade.

Afrique du Sud: pas d’immunité pour le président Jacob Zuma

Il n’y aura pas d’immunité pour le président sud-africain Jacob Zuma. C’est ce qu’a confirmé Cyril Ramaphosa, le président du parti au pouvoir, l’ANC, ce jeudi après-midi 8 février. Le sort du président Jacob Zuma n’est toujours pas fixé. On sait que des négociations sont en cours pour un départ anticipé du chef de l’Etat embourbé dans les scandales. De nombreux Sud-Africains spéculaient qu'une immunité contre toute poursuite judiciaire était au centre des négociations.

Cyril Ramaphosa a mis court à toutes spéculations. Une immunité contre toute poursuite judiciaire ne fait pas partie des discussions entre lui et le président Jacob Zuma, a-t-il indiqué jeudi après-midi aux députés de son parti, l’ANC.

En effet, depuis que le leader de l’ANC a confirmé que des négociations étaient en cours avec le chef de l’Etat pour un départ anticipé, les spéculations vont bon train. Jacob Zuma menacé par des poursuites judiciaires serait en train de négocier une protection pour lui et sa famille.

L’ANC n’a pas les moyens de promettre une quelconque immunité, rappelle Pierre de Vos, juriste sud-africain.

« D’abord, si cela a été discuté, c’est totalement illégal, car que ce soit le président ou qui que ce soit, selon la loi sud-africaine, personne n'a le pouvoir d’accorder l’immunité. Deuxièmement, ça aurait été quelque chose de très mauvais pour l’état de droit, car ça voudrait dire qu’une personne en position de pouvoir n’est pas traitée de la même façon que les autres par la justice. De plus, si le président Zuma devait recevoir une quelconque immunité, ça ne serait pas une décision très populaire. Cela provoquerait la colère d’une grande majorité des électeurs s’il n’était pas poursuivi. De nombreux Sud-Africains attendent clairement que le président Zuma soit entendu par la justice comme toute personne accusée de corruption. »

Dans les mois qui viennent, le président Zuma pourrait avoir à répondre de 783 chefs d’inculpations pour fraude, racket et corruption. Il est accusé d'avoir touché des pots-de-vin lors d'un contrat d'armement.

Cyril Ramaphosa a également indiqué que les discussions avec le président Zuma seraient terminées d’ici 1 ou 2 jours.

L’opposition exige la fin de l'impasse

L’opposition en a assez. Le discours à la nation du chef de l’Etat, qui marque habituellement l’ouverture du Parlement pour l’année, a été reporté. Et aucune nouvelle date n’a été fixée.

Pour Narend Singh député de l’opposition cette attente n’est pas acceptable.

« Nous ne pouvons pas donner à l’ANC le temps dont ils ont besoin pour régler leur affaire en interne. L’Etat ne peut pas s’arrêter de fonctionner à cause d’eux. Nous avons été très clairs, nous voulons savoir, au plus tard lundi, quand aura lieu le discours à la nation », dit-il.

Toute l’opposition est catégorique, indique le député John Steenhuisen. Ils ne laisseront pas Jacob Zuma prononcer le prochain discours à la nation.

« Il ne s’agit pas d’une petite réunion du gouvernement. Il s’agit quand même du président de la République, du chef de l’exécutif et de son discours à la nation. Reporter ça indéfiniment est problématique. De plus, plus cela traîne, sans qu’aucune décision ne soit prise, plus cela affaiblit Cyril Ramaphosa », souligne-t-il.

Si le chef de l’ANC ne parvient pas à faire partir Jacob Zuma, l’opposition s’en chargera. Elle a d'ailleurs demandé que le vote d’une motion de défiance contre le chef de l’Etat, prévue le 22 février, soit avancé à mardi prochain.

RFI

La vidéo d'un viol collectif secoue le Mali

Le Mali est sous le choc après la diffusion ce week-end, sur les réseaux sociaux de la vidéo d'un viol collectif. Sur les images, on voit une jeune fille victime de quatre assaillants, dont les visages sont à découvert. Un grand flou règne autour de cette vidéo dont on ne sait ni où, ni quand elle a été tournée. Une enquête a été ouverte, mais malgré cela, les associations de défense des droits des femmes s'inquiètent que cette affaire ne puisse être étouffée.

Il faut libérer la parole, ne pas laisser la honte étouffer l'affaire. C'est pour cette raison que le collectif de femmes Les Amazones a lancé un appel à témoins afin de soutenir la victime. « Le collectif met à la disposition de celui ou celle qui pourra nous mettre en relation avec la victime ou avec la famille de la victime une somme symbolique de 50 000 francs CFA. Cette histoire ne devrait même pas prendre une journée, parce que l'on voit clairement ces jeunes criminels », dit Diakité Kadidia Fofana, présidente du collectif.

Dès ce week-end, Les Amazones ont envoyé la vidéo du viol à la brigade des moeurs de Bamako. Les policiers ont alors ouvert une enquête. Pour l'heure, la victime n'a pas porté plainte et le parquet, qui en a la possibilité, ne s'est pas saisi de l'affaire. Plusieurs organisations de la société civile envisagent donc de se porter partie civile afin que le dossier ne soit pas oublié.

Car le viol reste un sujet tabou. « Il suffit que l'on découvre que les violeurs sont des proches de la fille et là, on règle le tout à la mosquée, à travers les imams et plus personne n'en parle. A chaque fois que ce genre de problèmr surgit, c'est tout le monde qui s'en mêle, les chefs de quartiers, et on trouve la solution pour étouffer l'affaire, en se focalisant toujours sur le fait que ce n'est pas bon pour la fille, ce n'est pas bon pour la famille », rappelle maître Moctar Mariko, président de l'Association malienne des droits de l'homme.

D'après la loi malienne, le viol est passible d'une peine de cinq ans de prison.

 

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