Afrique

Ali Bongo reconduit son Premier ministre après la démission du gouvernement

Au Gabon, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a été reconduit ce jeudi 3 mai dans ses fonctions, deux jours après avoir présenté la démission de son gouvernement à la suite d'une décision de la Cour constitutionnelle. Il lui revient désormais de former un nouveau gouvernement.

Depuis lundi 1er mai, le Gabon est dans un flou institutionnel. Les élections législatives, reportées à deux reprises depuis décembre 2016, auraient dû avoir lieu avant la fin avril. Lundi, la Cour constitutionnelle avait en effet demandé le départ du gouvernement et annoncé la dissolution de l'Assemblée nationale, que le Sénat remplacera temporairement.

Jeudi, Casimir Oyé Mba le vice-président de l'Union nationale (UN), a demandé au Centre gabonais des élections de fixer avant le mois de septembre la date des législatives. L'opposant  condamne la décision de la Cour constitutionnelle, parlant « d'un coup d'Etat institutionnel ». Pour l'opposition, c'est parce que le pouvoir redoute de perdre les législatives qu'il « traîne volontairement les pieds », pour reprendre l'expression de Casimir Oyé Mba qui parle « d’un scénario concocté à l'avance ».

« D'ailleurs le Premier ministre vient d'être reconduit or c'est l'exécutif qui est responsable de cette situation, c'est la confirmation que tout cela est monté de toute pièce et à dessein », renchérit Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, un des responsables du parti. « Pourquoi a-t-on inventé ce transfert de pouvoir de l'Assemblée nationale au Sénat ? Pourquoi la Cour n'a pas donné de délai plafond ? C'est parce qu'on se prépare à ne pas organiser les élections », conclut l'opposant.

Dans le camp du pouvoir au contraire, on assure qu'il n'y a aucun agenda caché, qu'à partir du moment où le dialogue politique a abouti à une reforme de système électoral, il a fallu réviser les textes et mettre en place le nouveau Centre gabonais des élections.

« Toutes ces tâches ont pris trop de temps », reconnaît une source proche du pouvoir qui évoque notamment les divisions au sein du PDG, le parti du président Ali Bongo, entre les caciques et la jeune génération. Certains députés, pensant ne pas être investis, auraient ainsi fait preuve de « mauvaise  volonté ».  « En fait, analyse cette source, la plupart des acteurs politiques ont sans doute pensé que la Cour allait tout simplement reporter les élections et prolonger le mandat des députés » or elle en a décidé autrement.

 

Niger: nouvelle arrivée massive de migrants à Agadez

Près de 1 500 migrants subsahariens sont arrivés ce jeudi à Agadez, dans le nord du Niger. Une information délivrée par l'Organisation internationale pour les migrations, qui assure leur prise en charge après leur avoir porté secours dans le désert. Parmi ces migrants : plusieurs centaines de Camerounais, mais également des Maliens ou encore des Guinéens. La plupart ont été expulsés d'Algérie alors qu'ils se trouvaient dans le pays ou qu'ils tentaient de s'y rendre. D'autres sont parvenus à quitter la Libye. Depuis le 1er janvier 2018, 3 000 personnes ont été ainsi trouvées dans le désert et prises en charge par l'OIM.

RFI

Mali : les électeurs officiellement convoqués pour la présidentielle le 29 juillet

Le gouvernement malien a officiellement convoqué vendredi le corps électoral pour le scrutin présidentiel du 29 juillet, selon un communiqué du Conseil des ministres.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta et son Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga assurent depuis plusieurs mois que le vote se déroulera à la date prévue, malgré les reports successifs enregistrés pour les précédentes élections programmées depuis 2013, en raison notamment de la menace jihadiste dans le pays.

La campagne électorale du premier tour sera « ouverte le samedi 7 juillet 2018 à zéro heure » et sera « close le vendredi 27 juillet 2018 à minuit », selon le texte.

Si un second tour est nécessaire, il se tiendra le 12 août.

Cette annonce intervient après l’approbation lundi par l’Assemblée nationale, avec 109 voix pour et 35 contre, de la déclaration de politique générale du Premier ministre.

Bien que Ibrahim Boubacar Keïta ne se soit pas déclaré, une centaine d’associations de la majorité ont apporté leur soutien à sa candidature en mars.

Une dizaine de candidats se sont lancés dans la course, dénonçant la « mauvaise gouvernance » du pays.

Violences dans le nord et le centre

Les élections régionales, déjà reportées de décembre à avril, ont de nouveau été repoussées en mars à la fin de l’année. Les élections municipales, différées à plusieurs reprises, n’ont pu se tenir qu’en novembre 2016 sur une partie seulement du territoire en raison des violences dans le nord et le centre du pays.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés et dispersés par une opération militaire lancée en janvier 2013, à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Mali: l'Assemblée vote la déclaration de politique générale du Premier ministre

Les députés de l’Assemblée nationale du Mali ont approuvé lundi 23 avril, à une large majorité (109 voix pour, 35 contre), la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le vote s’est déroulé après une séance de questions-réponses entre les députés et Soumeylou Boubeye Maïga.

L’examen est plutôt réussi pour Soumeylou Boubeye Maïga. 109 députés approuvent sa déclaration de politique générale (DGP), 35 autres désapprouvent et votent non. Le texte est largement adopté. Officiellement le chef du gouvernement a désormais dans les faits une majorité à l’Assemblée.

Lors de la séance de questions-réponses à l’Assemblée, le Premier ministre, nommé fin décembre 2017, a semble-t-il tiré son épingle du jeu. L’opposition, de son côté, a rempli son rôle. L’un de ses représentants a par exemple jugé le programme d’action du Premier ministre inefficace. « C’est de bonne guerre », ont déclaré des députés de la majorité. L'un d'eux a même jeté des fleurs au Premier ministre malien en le comparant à Georges Clemenceau, un célèbre homme d’État français.

Parmi les projets de Soumeylou Boubeye Maïga, il y a notamment la relance du processus d’Alger. Sur ce point, il a affirmé devant les députés qu’il assigne une nouvelle feuille de route avec les groupes armés du nord du Mali, et qu’il entend la respecter.

Outre les accords de paix d’Alger, il y a également le dossier de la bonne organisation de l'élection présidentielle de juillet prochain. Sur ce point l’opposition l’attend au tournant, alors que de son côté, la majorité à l’Assemblée affirme faire confiance au chef du gouvernement.

Des « vœux pieux » selon l’opposition

L'Union pour la République et la démocratie (URD), qui dispose de 15 députés à l'Assemblée, a voté contre la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le principal parti d'opposition juge notamment que les délais sont trop courts.

« Nous, nous pensons que vu le temps imparti d’ici les élections, tout ce qu’on dit là, ce sont des vœux pieux et cela ne rime pas à une réalité quelconque, estime Kalifa Doumbia, un des vice-présidents du parti. Donc nous sommes déjà à deux mois des élections. Un Premier ministre vient nous étaler toute une litanie de vœux pieux. Nous, nous n’y croyons pas ».

Pour Kalifa Doumbia, les projets du Premier ministre ne sont pas réalistes. « Il serait mieux de donner peut-être un programme strict minimum pour dire : "d’ici les élections jusqu’à ce que le président soit installé, c’est ainsi que nous pouvons faire et voilà comment nous pouvons faire, et voilà les moyens". Mais un Premier ministre qui n’a que trois mois à faire et qui donne des programmes jusqu’en l’an 2020, ça nous paraît trop gros. Ça ne nous donne même pas l’essence même de ce qu’on veut aujourd’hui pour la sécurité de nos citoyens, pour nous permettre de faire une élection libre et transparente ».

RFI

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