Afrique

Burundi: pourquoi Pierre Nkurunziza a-t-il annoncé son départ?

Jusqu'ici, le président Pierre Nkurunziza n'avait jamais caché son envie de rester au pouvoir. Ne craignant pas d'assurer publiquement qu'il a été choisi par Dieu pour diriger le Burundi, il avait déclaré à plusieurs reprises qu'il était prêt à se représenter si la population le lui demandait. Il a donc surpris tout son monde hier, en annonçant hier, au moment de son triomphe après avoir promulgué une nouvelle Constitution qui lui donne la possibilité de rester au pouvoir jusqu'en 2034. Officiellement, il s'agit pour lui de respecter la parole donnée il y a trois ans. Mais des spécialistes pointent notamment le lâchage régional, des dissensions internes et les conséquences des sanctions européennes.

Depuis trois ans et le début de la crise au Burundi, Pierre Nkurunziza et son régime ont tenu bon, grâce notamment au soutien des pays africains.

Au Burundi, le président Nkurunziza annonce qu’il ne se représentera pas en 2020

Mais en refusant catégoriquement toute négociation avec son opposition, le président Pierre Nkurunziza s'est mis à dos les pays de la Communauté des états de l'Afrique de l'est, en charge de ce dialogue de sortie de crise. Et sa décision il y a quelques mois d'organiser un référendum constitutionnel sans consensus national, aurait fini par exaspérer tout le monde.

D'où la décision du Comesa, le Marché commun des Etats d'Afrique australe et orientale, de délocaliser à la dernière minute et sans explications un sommet des chefs d'Etat qui devait se tenir en ce moment même à Bujumbura.

Le pouvoir burundais en avait fait une large publicité, en expliquant qu'elle allait signer son retour sur la scène régionale. Son brutal retrait est considéré comme un camouflet pour le président burundais en personne.

Autre raison avancée, il y a aussi les effets des sanctions de l'Union européenne et de ses Etats membres, les plus gros bailleurs de fonds de ce pays classé parmi les cinq plus pauvres du monde. Il fait face à une grave crise socio-économique, à de nombreuses épidémies, manque de devises et de médicaments.

Enfin, il y aurait toujours selon les mêmes sources, des dissensions internes autour d'une nouvelle candidature du président Nkurunziza, au sein des principaux chefs militaires issus de l'ex-rébellion aujourd'hui au pouvoir au Burundi, malgré l'unité de facade affichée par le CNDD-FDD.

L'opposition demande à voir...

« Le président Nkurunziza se devait de donner des gages pour sortir de cette mauvaise passe », explique l'un d'eux, d'où son annonce. Reste à savoir si c'est suffisant, dit-t-il en rappelant le caractère changeant du personnage.

L'opposition en exil doute en tout cas de sa sincérité. Pancrace Cimpaye, le porte-parole du Cnared, la plateforme de l’opposition en exil, ne croit pas un seul instant à cette promesse présidentielle. « En 2015, il n'a annoncé sa candidature qu'à un mois des élections. Et souvenez-vous que l'argumentaire de 2015, c'était de dire "les militants m'ont demandé de les représenter, c'est eux qui décident, c'est la volonté des militants qui prime, rappelle-t-il. M. Nkurunziza veut gagner du temps. la nouvelle Constitution est une pomme qui est difficile à avaler, il est en train de chercher des voies et moyens de désamorcer la pression, et surtout de distraire la communauté internationale et le peuple burundais, afin qu'en 2020, il revienne au galop avec sa présidence à vie. »

Cette décision du président, élevé récemment au rang de « guide suprême éternel » de son parti, est-elle définitive? Pour André Guichaoua, chercheur à la Sorbonne et spécialiste des Grands Lacs, « il est trop tôt pour se prononcer sur les suites de cette annonce puisqu'on n'en connaît pas exactement les motivations et les contraintes qui ont débouché sur ce résultat. La question dépend de l'appareil du CNDD-FDD, qui est avant tout soucieux de sa propre reproduction collective et surtout de sa capacité à maintenir son emprise sur les populations et les ressources. Emprise qui repose, depuis quelques temps surtout, sur ces pratiques autoritaires relativement inédites et fortes, et à une situation sociale et économique difficile, si ce n'est catastrophique. »

Afrique : désintérêt politique de la jeunesse ?

L'Afrique est incontestablement un continent de jeunes, pourtant leur implication dans la vie politique reste limitée. Ils se méfient des partis, des institutions, des processus électoraux... Du coup, ils s'abstiennent de voter.
Comment renverser la tendance ? Qu'en est-il dans votre pays ?

Emission enregistrée à l'occasion de la 2ème Université d'Eté des Jeunes cadres des partis politiques en Afrique, qui se tient à Kigali.
Invités :

Emna Dridi, 29 ans, tunisienne, membre d'Ennahda
Alvine Henriette Assembé, 32 ans, camerounaise, militante RDPC
Luc Damiba, burkinabè, sympathisant du Balai Citoyen
Chantal Uwimana, ex-directrice Afrique de Transparency International, consultante sur les questions de bonne gouvernance

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Biens mal acquis par les hommes politiques africains et sénégalais–Il faut auditer lancer une plainte collective

 

Biens mal acquis par les hommes politiques africains et sénégalaisIl faut auditer lancer une plainte collective


Depuis peu je me sens pas bien, j'ai des amis qui sont devenus riches alors qu'ils n'ont pas d'héritage, ni de postes à plus de 10000 euros ; ni d'entreprises, etc. Un autre était cartouchard à la fac puis a réussi à réussir un concours et a fini ministre. Du coup il passe du statut d'hébergé à propriétaire de sa maison et d'autres biens. Comment peut-on si vite arriver à un niveau de richesse alors que le peuple souffre.


Que fait-on de l'argent qui entre dans le pays pour le fonctionnement du pays, qui en profite ?


Je pense que ces gens abusent et se partagent les biens publics et c'est pourquoi il faut instaurer les audits. Je commencerai par Macky SALL qui a une fortune colossale.
Avant d'entrer au gouvernement j'avais demandé à la société civile de demander au nouveau gouvernement ou de créer une instance qui vérifie et consigne les biens des candidats avant leurs entrées dans le gouvernement. Ceci pour mesurer les écarts et juger en conséquence.
La politique que je sache n'est pas faite pour s'enrichir, mais mon ami feu le Pr Ibrahima SOW de l'IFAN dans son ouvrage pour un mandat Unique disait que le moyen le plus rapide au Sénégal pour s'enrichir c'est de faire de la politique.
Il avait tout dit, alors il faut auditer les gens, ces hommes politiques et quiconque sera en faute sera puni et l'argent retiré servira au peuple et au pays
Qu'en pensez-vous ? Il faut constituer un collectif d'avocats et se faire aider par des organisations comme Transparency et Sherpa pour mener ces batailles.
Je vous livre ces extraits pour comprendre les choses et comment il faut faire avec ces voleurs qui contribuent à paupériser les citoyens.
P B CISSOKO


« Quand je dis que dans toute la province il n'a rien laissé de tous ces objets précieux, je ne parle pas en accusateur, j'énonce simplement un fait. Je vais plus loin ; j'affirme qu'il n'a rien laissé dans les maisons, ni même dans les villes ; dans les édifices publics, ni même dans les temples ; rien chez les Siciliens, rien chez les citoyens romains ; en un mot, que dans la Sicile entière, tout ce qui a frappé ses regards ou excité ses désirs, décorations privées et publiques, ornements profanes et sacrés tout est devenu sa proie.(Extraits de "Oratio de Signis", quatrième discours contre Verrès ; Cicéron - 70 av. J-C)2
Plus que tout autre citoyen, les personnes investies d'une mission de service public ou d'un mandat électif devraient être d'une probité à toute épreuve.
Il n'est cependant pas rare que ces mêmes individus tirent un profit abusif de leur position pour s'enrichir au détriment de la collectivité.
Si le fameux procès contre Verrès, dans lequel Cicéron s'était illustré, nous interroge sur le caractère inéluctable de la corruption, dans toute forme d'organisation politique de la société, il
nous invite à adopter une approche pragmatique de l'exercice du pouvoir.

Ainsi que le souligne le Professeur Ndiva Kofele-Kale, "Il est peu probable qu'il y ait déjà eu une classe dirigeante qui n'ait pas exploité son pouvoir politique pour favoriser ses propres intérêts financiers"3
Lorsque les élites dirigeantes pratiquent la corruption à grande échelle et de manière systématique, l'on préfère alors l'expression de grande corruption.


Des régimes prédateurs de Ferdinand Marcos (Philippines), du général Suharto (Indonésie), de Mobutu Sese Seko (Zaïre devenu la République Démocratique du Congo), du général Sani Abacha (Nigéria), de Jean-Claude Duvalier (Haïti)...

Aux exemples plus récents dans l'affaire dite des « Biens Mal Acquis » en France (Gabon, Congo-Brazzaville, Guinée Equatoriale) ou bien aux régimes de Zine El-Abidine Ben Ali (Tunisie), d'Hosni Mubarak (Egypte), ou encore de Viktor Ianoukovitch (Ukraine)... Les exemples sont malheureusement légio


L'audit citoyen


Il s'agit d'un droit humain inscrit dans les textes majeurs de droit international que sont la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et dans le Pacte international sur les droits civils et politiques (PIDCP) de 1966.


Ainsi l'article 21 de la DUDH dispose que : « Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays soit directement, soit par l'intermédiaire des représentants »

5. L'article 25 du PIDCP pose la liberté d'expression : « Tout citoyen a le droit de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce »

6. La quasi-totalité des États l'a signée, à l'exception des États-Unis.


Organisé par des mouvements sociaux, s'il n'a pas de valeur juridique, son intérêt réside dans son caractère pédagogique et mobilisateur. Deux audits citoyens ont été effectués au Brésil sous la forme de Tribunal populaire contre la dette en septembre 1999 et janvier 2002 dans le cadre du deuxième Forum social mondial à Porto Alegre. Un autre a été effectué au Sénégal en décembre 2000 lors de la Rencontre Sud Nord: Des Résistances aux Alternatives


Un cas d'école


Après dix ans d'un intense combat judiciaire, le premier procès historique dans l'affaire des Biens mal acquis s'est tenu à Paris, du 19 juin au 05 juillet 2017. Teodorin Obiang, Vice-président de Guinée Equatoriale était soupçonné de s'être constitué un patrimoine considérable en France avec de l'argent public détourné de son pays d'origine.
Le 27 octobre 2017, Le Tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement : 3 ans de prison avec sursis, une amende de 30 millions d'euros avec sursis et à la confiscation intégrale de ses biens saisis sur le territoire français, d'une valeur estimée à plus de 150 millions d'euros.
C'est la première fois qu'un un haut dirigeant étranger en exercice est condamné en France pour des faits de blanchiment, notamment de détournement de fonds publics et de corruption.


Retrouver les moments clefs des audiences


Sherpa et Transparency International France sont à l'origine de ce procès historique. En 2008, les deux organisations ont également déposé une plainte avec constitution de partie civile à l'encontre de deux autres chefs d'État visant les conditions d'acquisition d'un important patrimoine immobilier et mobilier en France : Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Oma Bongo (Gabon) ainsi que des membres de leur entourage. Les juges français ont achevé en août 2017 l'instruction du volet gabonais de l'affaire et l'enquête concernant les patrimoines français de la familles Bongo Sassou-Nguesso est toujours en cours.


La genèse : publication d'un rapport accablant


1 mars 2007
Le CCFD-Terre solidaire publie le rapport « Biens mal acquis profitent trop souvent : La fortune des dictateurs et les complaisances occidentales » qui recense l'ampleur des avoirs détournés par des dirigeants corrompus des pays du Sud et critique l'impunité accordée par les démocraties occidentales. A la suite de ce rapport, les associations SHERPA, Survie et la Fédération des Congolais de la Diaspora déposent une première plainte contre les familles dirigeantes de l'Angola, du Burkina Faso, du Congo-Brazzaville, de la Guinée équatoriale et du Gabon devant le Procureur de la République de Paris pour « recel de détournement de fonds publics ».

 

Affaire Teodorin Nguema Obiang : l'enquête est élargie
1 janvier 2012
L'enquête est finalement élargie aux faits postérieurs à la plainte déposée en 2008
Plainte de Transparency jugée recevable
1 mai 2009
La doyenne des juges d'instruction du Tribunal de Grande Instance de Paris juge recevable la plainte déposée par TI France. Elle ne reconnaît cependant pas l'intérêt à agir de Grégory Ngbwa Mintsa. Le parquet fait appel de la décision.
Mandat d'arrêt international contre Teodorin Nguema Obiang
1 juillet 2012
Les juges d'instruction émettent également une ordonnance de saisie de son hôtel particulier du 42 avenue Foch. En réaction, le personnel diplomatique de Guinée équatoriale occupe le lieu et réclame sa reconnaissance comme ambassade de la Guinée équatoriale en France.
Saisie de biens immobiliers de la famille Nguesso
1 août 2015
Les juges ordonnent la saisie de deux biens immobiliers, à Courbevoie et au Vésinet, dont le propriétaire serait Wilfrid Nguesso, neveu du président Denis Sassou Nguesso. Les juges soupçonnent ces biens d'avoir été acquis puis entretenus grâce à des fonds provenant de détournements de fonds publics. »


Lecture -https://transparency-france.org/aider-victimes-de-corruption/biens-mal-acquis/dates-clefs/

Ethiopie: le régime tend la main à l'Erythrée et ouvre son économie au privé

Le régime éthiopien dirigé par le nouveau Premier ministre Abiy Ahmed a pris un important virage et visage réformateur, dans ce deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. Principale annonce de la coalition au pouvoir (EPRDF) : la fin de son différend frontalier avec l'Erythrée. L'Ethiopie ouvre en outre plusieurs grandes entreprises publiques au capital privé.

C'est par communiqué, publié sur son compte Facebook, que la coalition au pouvoir, l'EPRDF, a renversé la table.

Des annonces surprises en cascade qui représentent un véritable virage pour le deuxième pays le plus peuplé du continent. Le point sur ces mesures.

■ Levée de l'état d'urgence

Un Premier ministre Oromo, la libération de blogueurs et d’opposants politiques,
le rétablissement de l’Internet, et maintenant la levée de l’état d’urgence... deux mois avant la date prévue. Le gouvernement n’en finit pas de multiplier les gestes d’apaisement.

→ RELIRE : Abiy Ahmed, nouveau visage de l'Éthiopie

Le gouvernement a levé ce 5 juin l’état d’urgence décrété mi-février après la démission du Premier ministre et d'importantes manifestations contre le régime.
Le Parlement s’est réuni ce matin et a voté en faveur de cette levée en raison « de la stabilité relative et du calme » dans le pays.

Depuis deux ans, le pays est agité par un important mouvement de protestation qui a débuté en région Oromo. Mais la contestation s’est rapidement étendue à d’autres régions et s’est installée dans la durée. Face à cette crise, le pouvoir a investi pour la première fois un Premier ministre issu de l'ethnie oromo, la plus importante du pays.

La levée de l’état d’urgence est largement interprétée comme un nouveau signe d’ouverture.

Il faut dire que le pays est confronté à la plus importante crise politique de son histoire. Les manifestations accusent le régime, dominé par l’ethnie minoritaire tigréenne, de monopoliser le pouvoir et l’économie depuis plusieurs décennies. Le régime dos au mur n’avait d’autres choix que de s’ouvrir.

Depuis deux mois, le Premier ministre Ahmed Abiy multiplie donc les rencontres, appelle les jeunes à lui donner du temps pour mener à bien ses réformes, affirmant que le pays est désormais sur la voie du changement.

Cette levée de l’état d’urgence contribue à asseoir son autorité. Mais jusqu’où pourra-t-il aller dans ses réformes ? Et seront-elles suffisantes pour juguler cette contestation sans précédent ?

■ Soudaine ouverture économique au secteur privé

Le gouvernement a également annoncé aujourd'hui l’ouverture du capital de plusieurs grandes entreprises publiques au secteur privé. Une rupture totale avec la politique économique des précédents.

Parmi les compagnies concernées, les plus emblématiques sont l'aérienne Ethiopian Airlines ou la société de télécoms Ethio Telecom. L'Etat garde toutefois la majorité de contrôle. La majorité des parts sera « détenue par le gouvernement tandis que le reste sera mis sur le marché pour des investisseurs domestiques ou étrangers », a annoncé la coalition au pouvoir.

Celle-ci a ajouté mardi que les chemins de fers, des parcs industriels et des usines pourraient être complètement privatisés.

Cette ouverture au secteur privé « doit permettre aux citoyens éthiopiens vivant à l'étranger, qui souhaitent depuis longtemps participer au développement de leur pays, ainsi qu'aux étrangers avec leur savoir faire et leurs devises, de jouer un rôle positif dans notre croissance », est-il précisé.

Le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 8,5% pour 2018 en Ethiopie (le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 100 millions d'habitants), en baisse par rapport aux 10,9% de croissance enregistrés en 2017.

■ La fin du conflit avec l'Erythrée

« Le gouvernement éthiopien a décidé de mettre en oeuvre pleinement l'accord d'Alger (signé en 2000 pour mettre fin au conflit entre les deux pays) et (les conclusions) de la commission sur la démarcation de la frontière », écrit la coalition au pouvoir dans son communiqué.

Dans son discours d'investiture début avril, le Premier ministre Abiy Ahmed avait promis de travailler à restaurer la paix avec l'Erythrée. Reste à présent à savoir si l'Erythrée acceptera cette main tendue. « Le gouvernement érythréen devrait adopter la même position sans condition préalable et accepter notre appel à restaurer la paix trop longtemps perdue entre les deux pays frères, comme c'était le cas auparavant », a ajouté l'EPRDF.

L'Erythrée a accédé à l'indépendance en 1993, faisant perdre à l'Ethiopie son unique façade maritime sur la mer Rouge. Entre 1998 et 2000, les deux voisins se sont livré une guerre fratricide qui a fait au moins 80 000 morts, notamment en raison de divergences sur la démarcation de leur frontière.

Un accord de paix avait été signé fin 2000 à Alger puis une commission d'arbitrage soutenue par l'ONU avait tranché sur le tracé de la frontière, attribuant notamment la localité de Badmé, point de contentieux, à l'Erythrée. Mais l'Ethiopie a continué jusqu'à présent à occuper Badmé.

■ Comment interpréter ce changement de cap?

Ces trois annonces n’ont rien à voir les unes avec les autres, si ce n’est qu’elles représentent un changement majeur de politique.

Abiy Ahmed, nommé au poste de Premier ministre pour juguler la crise politique, avait promis d'importantes réformes lors de son discours d'investiture en avril dernier.

Selon un observateur de la vie politique, le Premier ministre profite de sa popularité pour faire rapidement passer des réformes ambitieuses que la vieille garde n’aurait autrement pas acceptées.

Pour Eloi Ficquet, enseignant-chercheur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, ces mesures sont de nature à rassurer les Ethiopiens, de l'intérieur comme ceux de la diaspora, mais aussi les investisseurs étrangers. « La situation économique du pays reste fragile, fortement dépendante des acteurs, des investisseurs extérieurs. Aller vers l'apaisement peut redonner confiance et jouer un effet positif sur l'économie, analyse le spécialiste. Jusqu'à quel point ? Il y a là en tout cas des mesures très volontaires qui sont prises pour répondre à des attentes exprimées par plusieurs partenaires. »

RFI

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