Afrique

Plusieurs centaines de réfugiés centrafricains quittent le Congo-Brazzaville

Plusieurs centaines de réfugiés centrafricains ont quitté, vendredi 19 octobre, l'extrême nord du Congo, où ils sont arrivés entre 2015 et 2016, pour rentrer volontairement dans leur pays. Car ils estiment désormais que la sécurité et la paix y sont revenues. Leur retour a été facilité par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNCHR). Nombreux, cependant, sont ceux qui restent dubitatifs à l'idée de retourner en RCA.

Sous une pluie battante, une sirène et les cris des populations locales annoncent et saluent le départ d'environ 320 réfugiés centrafricains de Bétou au Congo pour la commune de Moungoumba de l'autre côté de la frontière. Ils sont embarqués dans un convoi de six véhicules recouverts des bâches du HCR. Chacun rentre volontairement pour des raisons qui lui sont propres.

« Je suis très contente de rentrer »

« Je vais repartir dans mon pays parce que la guerre est terminée. Je vais répartir là-bas pour que je continue mes études », clame une jeune réfugiée. « Je suis très contente de rentrer en Centrafrique parce que là-bas je vais cultiver mon champ », lance de son côté une mère de famille.

Ils étaient au départ 32 000 réfugiés qui ont gagné le Congo entre 2015 et 2016, fuyant des affrontements interethniques. Sur les 3 000 qui ont sollicité un retour  volontaire, 2 288 ont été rapatriés à ce jour. La plupart restent hésitants, estimant  que la paix et la sécurité en RCA ne sont qu'un slogan.

Une « prestation financière »

Des dispositions sont pourtant prises pour ceux regagnent le pays. Jean-Cyriaque Grahouan, officier de protection du HCR à Bangui, l'assure : « Nous accueillons les réfugiés en provenance du Congo-Brazzaville ; il y a une assistance à la réintégration qui est programmée pour eux. Cette assistance consiste en une prestation financière ».

Ce rapatriement est le septième du genre depuis mars 2018. D'autres opérations seront programmées dans les mois à venir.

AFP

[Direct] Présidentielle au Cameroun: des incidents en zone anglophone

Un seul tour, mais de nombreuses interrogations ce dimanche 7 octobre au Cameroun où l’on vote pour l'élection présidentielle. Les bureaux ont ouvert et les électeurs peuvent choisir entre huit candidats, dont le président Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans. Les autorités assurent que des mesures ont été prises pour garantir la sécurité du scrutin, notamment dans les zones anglophones.

 

13h30 : Le secrétaire général de l'ONU a publié un communiqué sur la situation au Cameroun où il condamne toute menace de violences et d'intimidation par quelques groupes que ce soit à l'occasion de ce scrutin. Antonio Guterres invite par ailleurs tous les candidats à résoudre tout grief lié à l'élection par les voies légales et constitutionnelles.

13h15 :Selon notre correspondante à Douala, de nombreux électeurs affirment qu’ils ont l’intention de revenir ce soir à 18 heures pour assister au dépouillement. Ils veulent être surs que leur voix sera bien prise en compte.

13h00 :Sur les réseaux sociaux, plusieurs Hashtags permettent de suivre cette élection : #etoudi2018 et #237vote.

12h45 :Les opérations de vote ont pris leur rythme de croisière à Douala. Il y avait parfois peu de monde ce matin, il faut le dire, dans certains bureaux. Mais à présent, de petites files d’attente se sont formées. Les listes électorales sont bien affichées, mais certains électeurs ont des difficultés à retrouver leur bureau de vote, parce qu’il y a des confusions entre le numéro inscrit sur la carte électorale et le numéro inscrit sur le fichier. Les électeurs essaient de se reconnaître avec les photos, mais certains se découragent.

12h20 :A Bamenda, le ministre de la Communication, Issa Bakary Tchiroma a assuré ce matin « qu’une large majorité des habitants » était prête à aller voter, mais ce n'est pas du tout ce que disent les gens contactés sur place. Ils décrivent une ville fantôme. Un religieux raconte que certaines personnes se sont rendues aux offices, mais que les gens sont désormais cloitrés chez eux. Il n'y a que des militaires et des policiers qui circulent dans les rues. « Au moment où je vous parle, je viens de voir passer trois véhicules avec des soldats qui tirent dans les airs pour effrayer un peu plus la population », a déclaré un habitant. « Personne ne peut voter dans ces conditions », a-t-il ajouté. Sans compter le nombre de bureaux de vote qui a drastiquement diminué. D'après un document d'Elecam daté du 1er octobre, sur les 2 343 bureaux initialement prévus, il n'en reste que 79 pour toute la région du nord anglophone, dont 13 à Bamenda.

12h00 :A Douala, le vote aussi se déroule dans le calme.

11h40 : Le président Paul Biya a voté comme prévu à l’école de Bastos à Yaoundé. Il était accompagné de sa femme Chantal Biya.

11h30 : A Yaoundé, le vote se déroule dans une ambiance assez calme à la mi-journée, selon notre correspondant qui s’est rendu dans cinq des sept arrondissements de la ville. Dans la plupart des bureaux de vote, les opérations électorales ont effectivement démarré à 8 heures. Quelques bureaux ont connu des retards à l’allumage de trente ou quarante-cinq minutes. Mais dans l’ensemble, le vote est largement entamé. L’affluence est, pour l’heure, globalement moyenne, beaucoup de gens s’étant d’abord rendus en matinée dans différents lieux de culte. L’autre constat, c’est que beaucoup de cartes d’électeurs sont en souffrance dans les bureaux de vote. Enfin, les représentants des candidats manquent à l’appel dans plusieurs bureaux de vote.

11h15 : A Bamenda, trois hommes armés ont été abattus, ce matin, par les forces de l'ordre. Des hommes qui circulaient à moto et qui tiraient en direction des passants selon une source citée par l'Agence France presse. Le porte-parole de l'armée, interrogé par RFI, évoque pour le moment, au moins une personne tuée. Un certain « Genesis », chef d'un groupe indépendantiste armé, neutralisé, ce matin, lors d'échange de tirs avec les militaires.

11h00 : Il y a huit candidats en lice pour cette élection présidentielle, mais les électeurs ont à leur disposition neuf bulletins. En effet, le désistement d’Akere Muna, survenu ce vendredi, au profit de Maurice Kamto, n’a pas été pris en compte par la Commission électorale.

10h30 : Plusieurs personnalités ont déjà accompli leur devoir électoral. Le Premier ministre Philemon Yang a voté dans sa région d’origine à Bamenda (dans le nord-ouest) tout comme le président de l’Assemblée nationale Cavaye Yéguié Djibril qui a voté à Tokombéré dans la région de l’Extrême-Nord. Du côté des candidats Cabral Libii, Serge Matomba, Garga Haman Adji et Joshua Osih ont effectué leur vote.

10h00 : Le président Paul Biya est attendu prochainement pour voter dans un bureau de Yaoundé. Pour l’occasion, le bâtiment a été repeint.

09h45 : Au total, ce dimanche, 6,5 millions d’électeurs camerounais sont appelés à élire leur nouveau président dans les 25 000 bureaux de vote déployés dans l’ensemble du pays.

09h15 : Des incidents ont été signalés dans les régions anglophones. A Bamenda, des tirs ont été entendus. A Bafut, dans la région du Nord-Ouest, des assaillants non identifiés ont tenté d'incendier un bureau de vote avant d'être repoussés. Enfin à Tanta, à quinze kilomètres de Bamenda, d'autres assaillants ont essayé de prendre d'assaut la résidence privée de l'ancien Premier ministre Simon Achidi Achu, ils ont été également repoussés.

09h00 : Très peu d’électeurs sont présents à Douala dans les bureaux de vote pour le moment selon notre correspondante. Beaucoup préfèrent d’abord assister à la messe avant de venir accomplir leur devoir de citoyen. A noter que les représentants des principaux candidats sont eux bien en place, déterminés à suivre le déroulement des opérations jusqu’au bout. La vigilance est de mise aujourd’hui.

08h30 : Dans les régions anglophones du Cameroun, on craint de fortes perturbations du vote des électeurs lors de cette présidentielle. Les séparatistes ont promis « la guerre ». Trois d'entre eux ont d’ailleurs été tués vendredi à Buea. Les deux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest sont totalement bouclées depuis ce samedi. Pendant la campagne électorale, aucun candidat ne s'est rendu à Buea ou Bamenda.

08h00 : Au lycée Joss, dans le quartier administratif de Bonanjo, à Douala, il y a six bureaux de vote qui ont tous ouvert à 8h00. Selon notre correspondante sur place, certains électeurs ont même été un peu surpris que le vote commence à l’heure, parce qu’ils s’attendaient à un peu de retard au démarrage. Ils sont d’ailleurs, pour le moment, très peu nombreux dans ce centre de vote.

07h45 : Dans les bureaux, il est prévu des lampes torches et des piles, au cas où, en fin de journée, au moment des dépouillements, le courant électrique venait à faire défaut.

07h30 : La campagne de la présidentielle au Cameroun s’est achevée ce samedi par les derniers meetings à Yaoundé et Douala. Des rendez-vous couverts par nos correspondants sur place.

07h10 : A Yaoundé, les électeurs commencent à arriver dans les bureaux de vote comme au lycée Leclerc, l’un des plus grands centres de vote de la capitale. Il faut néanmoins présenter patte blanche à l’entrée. La police filtre l’accès avec des détecteurs de métaux et fouille systématiquement tous les véhicules.

07h00 : Ouverture des bureaux de vote pour cette élection présidentielle. Au total, 6,5 millions de Camerounais sont attendus pour ce tour unique de l’élection présidentielle. Le président Paul Biya brigue un septième mandat consécutif., alors que les séparatistes anglophones ont menacé la tenue du scrutin.

06h30 : Dans un bureau de vote de Douala, à l'école publique d'Akwa, tout est en place selon notre correspondante. Il y a ici cinq bureaux de vote et le matériel électoral est présent : urnes, isoloirs, bulletins. Les listes sont à présent affichées.

RFI

"La colonisation fut coupable de pas mal de crimes...en réponse à Macron ", par Maryse Condé

"La colonisation fut coupable de pas mal de crimes...en réponse à Macron ", par Maryse Condé

Quand Emmanuel Macron a parlé de la colonisation comme d'un "crime contre l'humanité", la romancière de "Ségou" a éprouvé le besoin de lui répondre. Voici son texte.
Par Maryse Condé

Maryse Condé, Grand prix du roman métis

« On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'homme arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.


Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme.»
Je ne saurais décrire l'effervescence que ces lignes causèrent en moi. J'avais vingt ans. Pour mon anniversaire ma grande amie Françoise dont le père enseignait l'histoire à la Sorbonne m'avait offert ce petit volume rouge et or intitulé «Discours sur le Colonialisme» paru aux éditions Présence Africaine en 1950. Quel en était l'auteur? Un poète martiniquais du nom d'Aimé Césaire.


Lire -"Nègre, je resterai", par Aimé Césaire


Bien que née à la Guadeloupe, l'île voisine, alors que je connaissais sur le bout des doigts Rimbaud, Apollinaire, Gérard de Nerval, je n'en avais jamais entendu parler. C'est que ma mère m'avait endormie en me lisant les contes de Perrault, ma main serrée dans celle de Cendrillon ou de la Belle au Bois Dormant. Mon père, par l'intermédiaire d'un négociant des quais, commandait en France ses caisses de champagne et les livres de la Bibliothèque Nelson que mon frère et moi étions seuls à dévorer. A douze ans je connaissais tout Victor Hugo. Vue cette éducation, je croyais que les Noirs poussaient aux Antilles comme les goyaves poussent aux goyaviers et les fleurs parfumées de l'ylang-ylang aux arbres du même nom. Natifs natals. Je ne savais pas qu'ils étaient parvenus dans les îles de la Caraïbe au terme d'une douloureuse dépossession.


Est-ce à dire que dès lors ma vie changea radicalement? «Je suis une colonisée», me répétais-je avec ivresse, paradant mon identité découverte. Non, la France n'était pas ma mère patrie, ma métropole. Mon peuple qui avait tant souffert était une victime et je devais tout faire pour le soulager. «Discours sur le Colonialisme» devint dès lors ma Bible et sans exagération, c'était en partie à cause de lui que je partis pour l'Afrique.


Je passerai rapidement sur ces douze années turbulentes. Je ne citerai que deux événements. Le mari de ma sœur fut emprisonné pour un complot imaginaire et mourut en détention dans une prison de la Guinée. Moi-même je fus emprisonnée et expulsée du Ghana car j'avais le malheur de posséder un passeport de la Guinée, pays où s'était réfugié Kwame N'Krumah. Pour tenter de comprendre quelque chose à ce qui se passait autour de moi je me plongeais dans la lecture des «Damnés de la Terre» de Frantz Fanon qui avec sa lucidité et son humour coutumiers m'avertissait:


Rêves de possession. Tous les modes de possession: s'asseoir à la table du colon, coucher dans le lit du colon, avec sa femme si possible. Le colonisé est un envieux.»


Etait-ce pour en arriver à cela ?


Lire -Frantz Fanon, dans la peau d'un colonisé


Après ce tumulte, que dirais-je aujourd'hui, moi vieillarde, fuyant le fracas des villes, réfugiée dans la paix du Lubéron et se bornant à dénombrer les naissances de mes arrières petits-enfants. Si je reste convaincue que la colonisation fut coupable de pas mal de crimes, je n'en demeure pas moins persuadée que pendant les régimes qui suivirent sous les soleils des indépendances, pour emprunter l'expression de l'écrivain ivoirien, notre ami trop tôt disparu, Ahmadou Kourouma, il s'en commit un aussi grand nombre. Comme par le passé, les dirigeants ne se soucièrent guère du bien-être de leur peuple et les laissèrent ignorants, affamés, victimes de toute les détresses. Le flot de migrants qui se presse aux portes de l'Europe en fait foi.


Ma petite Guadeloupe, elle n'a pas connu les indépendances. En 1946 elle a changé de nom de baptême et demeure un Département Français d'Outremer. Hélas ! Elle non plus ne va pas bien. Le chômage et les violences de toutes sortes y font des ravages. Des endroits où je me baladais en toute quiétude enfant, les plages où je me baignais, sont devenus le théâtre des crimes les plus effroyables.


Lire -Y a-t-il une littérature noire ? Le grand dialogue Laferrière-Mabanckou


Alors que conclure ? Mais précisément faut-il conclure? Ne concluons pas. Rêvons plutôt, imaginons. L'histoire du monde n'est pas finie. Déjà des esprits éclairés prédisent la mort de l'Occident. Un jour viendra où la terre sera ronde et où les hommes se rappelleront qu'ils sont des frères et seront plus tolérants. Ils n'auront plus peur les uns des autres, de celui-ci à cause de sa religion ou de celui-là à cause de la couleur de sa peau, de cet autre à cause de son parler. Ce temps viendra. Il faut le croire.
Maryse Condé


Maryse Condé, l'écrivain qui ne peut plus écrire


Maryse Condé, bio express


Née en 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Maryse Condé a enseigné
à Harvard et Columbia. Auteur notamment de «Ségou» et de «la Vie sans fards», elle a été la première présidente du Comité pour la Mémoire et l'Histoire de l'Esclavage créé en 2004. Elle vient de publier "Le Fabuleux et triste destin d'Ivan et Ivana" (JC Lattès), qu'elle présente avec douleur comme son "dernier livre"

Cameroun: à une semaine du scrutin, la commission électorale se veut confiante

L'élection présidentielle est prévue le 7 octobre au Cameroun. La campagne bat son plein. Quant au niveau logistique, la Commission électorale camerounaise (Elecam- Elections Cameroon) assure que tout sera fin prêt le jour J.

Aucune agitation au siège d'Elecam où se succèdent les réunions. « Nous sommes très confiants, puisqu’on a déjà fait tout le grand travail, estime Erik Essousse, directeur général des élections. Et nous suivons maintenant sur le terrain pour que le jour J, donc le 7, tout se passe dans les meilleures conditions ».

Tout le matériel est acheminé

Les bulletins de vote, les urnes, les isoloirs, les PV de dépouillement, tout ce matériel est déjà acheminé dans les régions et les communes d'où il sera déployé dans les 25 000 bureaux de vote du pays.

Les électeurs pourront bel et bien utiliser leur téléphone pour filmer ou prendre des photos. Erik Essousse tient à lever toute équivoque. « Il n’y a que dans l’esprit des personnes que ce débat existe, mais c’est un faux débat. Il faut seulement respecter les consignes que quand on est dans un bureau de vote, ce n’est pas pour faire la perturbation. C’est tout. Maintenant les portables, ce qui est certain, c’est que ce n’est pas interdit ».

Aucun dispositif particulier dans les régions anglophones

En dépit des menaces formulées par les séparatistes, Elecam n'a prévu aucun dispositif particulier pour les deux régions anglophones : le nombre de bureaux de vote n'est pas revu à la baisse. Le matériel est acheminé comme prévu. « Nous n’avons pas à prendre des dispositions particulières. La seule disposition que nous voulons prendre, c’est une disposition sécuritaire pour protéger les bureaux de vote et pour protéger les électeurs. Si maintenant, il arrivait qu’on cherche à perturber de manière forte le système, nous ne pouvons pas vous dire. Mais toutes les mesures vont être prises pour que tout se passe dans les meilleures conditions ».

Quant aux accusations de fraudes, le directeur général des élections les balaie toutes d'un revers de la main : « C’est la loi électorale que nous appliquons. La loi est la loi. Maintenant, tout le reste n’est que politique et jeux politiques ».

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