Afrique

Libye: que deviennent les migrants de Sabratha ?

En Libye, plus de 8 500 migrants clandestins ont été transférés de la ville de Sabratha, située à 70 km à l’ouest de Tripoli, vers d'autres centres de détention officiels. Ces migrants ont été trouvés, cachés par les trafiquants, dans des entrepôts secrets dispersés dans la ville. Sabratha était devenue le principal point de départ de l’immigration clandestine d’où partaient environ 80 % des clandestins vers les côtes italiennes. Aujourd'hui, les trafiquants sont chassés de Sabratha mais que deviennent les migrants ?

Avant l'entrée en application de l'accord italo-libyen pour lutter contre l'immigration clandestine, en juillet dernier, il y avait, dans la ville de Sabratha, 15 000 clandestins prêts à débarquer vers l'Italie. C'est ce qu'affirme un responsable de la fédération des ONG de Sabratha. Ces migrants sont restés coincés dans cette ville après la fuite des trafiquants. Parmi eux, 8 500 ont été regroupés par les forces qui dirigent désormais la ville, avant d'être envoyés vers des centres officiels de rétention, à Tripoli et Gharyan.

Ces migrants sont, pour le moment, entassés dans des entrepôts mal aérés où ils manquent de tout. Les centres de rétention de migrants en Libye ont en effet une très mauvaise réputation. Ils sont tenus par des miliciens fidèles au gouvernement de Tripoli mais qui n'hésitent pas à maltraiter les clandestins.

Salah Zoubik, un parlementaire de la ville de Gharyan, a lancé, ce lundi 16 octobre, après sa visite au centre Al Hamra, un appel urgent d'aide pour ces migrants qui vivent en surnombre et qui manquent de tout, de nourriture, d'eau, de médicaments et de couvertures.

Sur un échantillon de 1 500 migrants de Sabratha rencontrés par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 44 % d’entre eux souhaitent rentrer.

Depuis plusieurs mois, l'OIM organise un retour humanitaire volontaire pour les migrants coincés en Libye. 8 500 personnes sont ainsi rentrées chez elles, depuis le début de l'année.

RFI

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Liberia : repoussés de 24 heures, les premiers résultats de la présidentielle attendus aujourd’hui

Les résultats de la présidentielle du 10 octobre au Liberia sont attendus en principe ce jeudi 12 octobre, après un report de 24 heures dû à des défaillances d'organisation.

Au Liberia, la Commission électorale nationale (NEC) n’a pu donner le 11 octobre de premiers résultats pour la présidentielle. Elle a invoqué des défaillances en matière d’organisation, qui devraient nécessiter un nouveau vote dans une circonscription du nord du pays.

Après le vote de la veille, marqué par une forte participation, l’incertitude demeurait notamment sur la tenue d’un éventuel second tour si aucun des vingt candidats ne l’emportait dès le premier. Les deux favoris, le sénateur George Weah, légende du football africain, et le vice-président sortant, Joseph Boakai, semblaient néanmoins se détacher, selon des résultats partiels provisoires.

Si cette avance se vérifie, la troisième place devrait se jouer entre l’avocat et vétéran de la politique Charles Brumskine et un ancien dirigeant de Coca-cola pour l’Afrique, Alexander Cummings.

Partir sans voter

Un porte-parole du parti de Joseph Boakai, Moore Allen, a dénoncé les problèmes d’organisation, redoutant qu’ils puissent peser sur le résultat final. « Des gens ont fait la queue pendant des heures avant de s’entendre dire qu’ils devaient aller ailleurs, a-t-il déclaré. Certains ne l’ont pas supporté, et nous sommes très inquiets ».

Un porte-parole du parti de George Weah, Ansu Suny, a également regretté que de tels problèmes aient découragé certaines personnes, au point de partir sans voter. Mais il a exclu que ces difficultés puissent entacher les résultats.

Tandis que Joseph Boakai était crédité d’une large avance dans sa région d’origine de Lofa dans le nord, George Weah, facilement élu en 2014 sénateur de la province où se trouve la capitale face à un fils de Ellen Johnson Sirleaf, devrait remporter de nombreux suffrages à Monrovia.

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Retrait d’Odinga à la présidentielle au Kenya: que va-t-il se passer maintenant?

Après le retrait de l’opposant Raila Odinga du nouveau scrutin prévu le 26 octobre, y aura-t-il une élection quand même ou bien Uhuru Kenyatta peut-il être déclaré président, comme le prétend le camp du parti au pouvoir ? Les spécialistes de la Constitution et du droit se déchiraient sur cette question dès l’annonce fracassante de Raila Odinga mardi 10 octobre.

Un nouveau processus électoral sera-t-il lancé ? D’après les juristes contactés par RFI, c’est ce que prévoit un arrêt de la Cour suprême de 2013. Tout retrait d’un des deux candidats avant le déroulement d’un nouveau scrutin entraîne l’organisation d’une nouvelle élection.

Tout reprendre depuis le début et nommer de nouveaux candidats dans les 90 jours. Cela repousserait l’échéance électorale à janvier 2018. L’opposition en profite pour appeler à profiter de cette période pour poursuivre les manifestations appelant à une réforme de la commission électorale.

Un point d’interrogation, et pas des moindres : le 1er novembre prochain expirent les pouvoirs du président en exercice. Et la loi kényane ne prévoit rien dans le cas où aucun président n’a été élu avant ce terme. Un vide constitutionnel dont se passeraient bien les Kényans après l’incertitude de ces derniers mois. A moins, rêvent certains habitants désabusés, qu’un accord politique entre les deux camps ne vienne éclairer l’horizon.

« La Constitution n'envisage pas le cas de figure actuel, c'est-à-dire l'annulation d'une première élection et la contestation de la seconde avant qu'elle ait lieu, analyse Murithi Mutiga, chercheur sur le Kenya pour International Crisis Group. Il faut donc en référer à des décisions de la Cour suprême en 2013 et 2017, mais à l'heure actuelle, chacun les interprète en fonction de ce qui l'arrange. Certains estiment qu'il faut commencer par nommer les candidats pour un tout nouveau scrutin qui se tiendrait plus tard, possiblement 90 jours après décision de la Cour suprême, c'est l'interprétation du camp Odinga. Mais côté Kenyatta, on considère que si un candidat se désiste, le candidat restant devient président. Ce sont deux interprétations radicalement différentes. Il faut donc s'attendre à ce que l'un ou l'autre camp, sûrement les deux, aillent devant la justice pour qu'elle rende une décision qui fasse autorité et détermine la suite des évènements. »

■ Pourquoi Odinga se retire ?

Certes, Raila Odinga avait envoyé à la commission électorale mi-septembre un document d'une dizaine de pages intitulé « Minima requis indispensables avant la tenue d'une nouvelle élection » dans lequel il listait toutes les réformes nécessaires selon lui à la tenue d'un scrutin transparent, des réformes réclamées aussi quasi-quotidiennement par ses partisans dans la rue.

Mais peu imaginaient que l'opposant historique, remis en selle par la décision inédite de la Cour suprême d'annuler la réélection d'Uhuru Kenyatta, prendrait le risque de se retirer du scrutin.

Car si Raila Odinga estime que son retrait est légalement synonyme d'organisation d'un nouveau processus électoral, Uhuru Kenyatta n'a pas la même lecture des textes et a d'ores et déjà affirmé que l'élection se tiendrait le 26 comme prévu, avec ou sans Odinga.

C’est donc une fois encore la justice qui risque de devoir trancher ce nouveau bras de fer. « La Cour suprême avait pris une décision forte et courageuse, mais les deux candidats ont gâché ce moment historique avec leurs discours et positions radicales et tout est à refaire : cette nouvelle période d'incertitude n'est bonne ni politiquement ni économiquement », souligne un analyste kényan. « Quant à la population, elle est épuisée par ces mois de tensions électorales. Seul point positif : peut-être que son aspiration à un retour à la normale permettra de réduire le risque de violences », ajoute-t-il.

Reportage : la population dans l’incertitude

Pour Peter, un jeune partisan de Raila Odinga, l’annonce de son retrait est une grande perte. « Nous, l’opposition, nous n’avons pas d’autre personne comme lui, assez forte pour nous faire entendre avec la confiance qu’il a et qu’il a toujours eue en lui-même. »

Mais pour Judith, sexagénaire, le vieux Raila Odinga aurait dû décrocher depuis longtemps. « Il aurait dû partir oui, dit-elle. Après tant de tentatives, sans succès, il devrait s’asseoir et se demander : "Est-ce que vraiment Dieu a décidé que je serai le président de cette nation ?" Si c’est non, alors, qu’il s’en aille et qu’il cesse d’ennuyer les Kényans. »

Ce mercredi, l’opposition manifestera dans le centre-ville, où les commerces n’en peuvent plus de devoir fermer leurs grilles par peur du vandalisme. « La situation nous met mal en point. C’est assez pathétique. On perd des emplois. Et c’est en partie à cause de lui », confie Mohamed, qui tient une papeterie.

Les étudiants aussi - deux établissements ont fermé après des manifestations - s’inquiètent. « Il faut qu’on puisse retourner étudier, dit Coretie. Tout le calendrier est bouleversé. Il faut en finir. »

Si les personnalités de Raila Odinga et Uhuru Kenyatta divisent, les Kényans se retrouvent sur une chose, la peur de l’enlisement.

RFI

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Cameroun: lourd bilan après une journée d’affrontements en zones anglophones

Le divorce est consommé au Cameroun entre le pouvoir central et les séparatistes anglophones dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest. Les protestataires qui se sentent marginalisés, mis à l'écart depuis des mois ont proclamé symboliquement l'indépendance de la zone ce dimanche un État appelé « Ambazonie ». Des violences ont alors éclaté et le bilan est lourd.

Le bilan des dernières violences pour la région du sud-ouest est lourd, au moins sept morts et des dizaines de blessés selon des chiffres non officiels. À Ikiliwindi, près de Kumba, un poste de gendarmerie a été attaqué, les gendarmes en sous-effectifs ont ouvert le feu sur les insurgés faisant trois morts avant de prendre la fuite. Ce poste de gendarmerie par la suite a littéralement été mis à sac.

Un autre mort a été signalé à Kumba. Un moto taximan est tombé sous les balles de la police après qu’il ait bravé l’interdiction de circulation dans la ville. Au moins trois autres morts auraient aussi été enregistrés dans des localités près de Buea. Du côté des forces de l’ordre, l’on dénombre cinq blessés, dont un militaire violemment molesté dans la ville de Nkambe. Son arme a par ailleurs été arrachée. À Bamenda, dans le nord-ouest, la journée a été moins fiévreuse. Deux morts cependant ont été comptabilisés dans la localité de Bamalang.

Pour la première fois, la crise a débordé des seules régions anglophones. Un commissariat de police a ainsi été attaqué par des individus non identifiés dans la petite ville de Fongo-Tongo située dans la région voisine de l’Ouest. Ce lundi matin, la tension n’était toujours pas retombée. Le couvre-feu reste en vigueur autant à Bamenda qu’à Buea. Les populations échaudées pas les affrontements d’hier sont quant à elles terrées chez elles.

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