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Discours du Secrétaire général désigné-ONU-, António Guterres, prononcé à l'occasion de sa prestation de serment-António Guterres

 

Discours du Secrétaire général désigné-ONU-, António Guterres, prononcé à l'occasion de sa prestation de serment-António Guterres

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Mesdames et messieurs,

Je vous remercie de toutes ces aimables paroles. Je suis profondément honoré que les États Membres aient placé leur confiance en moi et je suis déterminé à guider mon action sur les buts et principes énoncés dans la Charte.

Je tiens à commencer par rendre hommage au Secrétaire général, Ban Ki-moon.

Monsieur le Sécrétaire général,

Incarnant une autorité morale à la tête de l'Organisation des Nations Unies, vous avez su poser les grandes lignes de son action future grâce, par exemple, au Programme de développement durable à l'horizon 2030, à votre engagement en faveur de la paix et de la sécurité, ou encore à votre décision de placer les droits de l'homme au cœur de nos activités.

C'est sous votre direction qu'a été conclu l'Accord de Paris sur les changements climatiques, qui marque un tournant historique et a été ratifié en un temps record. Je suis convaincu qu'il s'agit là d'une dynamique irréversible.

Monsieur le Président,

Il y a 21 ans, je prêtais un autre serment et devenais Premier Ministre du Portugal. Une vague d'optimisme soulevait alors de nombreuses espérances dans le monde. La guerre froide était terminée; d'aucuns y voyaient la fin de l'histoire. Ils annonçaient un avenir de paix et de stabilité, dans lequel tous pourraient jouir de la croissance économique et vivre dans la prospérité.

Mais la fin de la guerre froide n'a pas été la fin de l'histoire. Au contraire, l'histoire s'est seulement figée par endroits, et quand l'ordre ancien s'est effondré, elle est revenue se venger.
Des tensions et contradictions sous-jacentes ont ressurgi. De nouvelles guerres ont éclaté et d'anciens conflits se sont rallumés. La confusion des rapports de pouvoir a rendu l'avenir encore plus imprévisible et favorisé l'impunité.

Les conflits sont plus complexes et interdépendants que jamais. Ils donnent lieu à d'atroces violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international. Depuis plusieurs décennies, le nombre d'êtres humains contraints d'abandonner leur foyer et de tout quitter n'a jamais été aussi élevé. Et il faut également faire face à une nouvelle menace : le terrorisme mondial.

Les grandes tendances contemporaines, et notamment les changements climatiques, la croissance démographique, l'urbanisation rapide, l'insécurité alimentaire et la pénurie d'eau, n'ont fait qu'aggraver la concurrence pour les ressources, attiser les tensions et augmenter l'instabilité.

Monsieur le Président,

Il est vrai que les vingt dernières années ont aussi vu d'extraordinaires avancées technologiques. L'économie mondiale a connu la croissance, les indicateurs sociaux de base se sont améliorés et la part de la population mondiale vivant dans la pauvreté absolue a diminué de manière spectaculaire.

Cependant, la mondialisation et les avancées technologiques ont aussi creusé les inégalités. Il y a eu beaucoup de laissés-pour-compte, y compris dans les pays développés, où des millions d'emplois ont disparu tandis que les emplois créés étaient souvent inaccessibles pour beaucoup. Le chômage des jeunes a explosé. Et la mondialisation a aussi favorisé le développement de la criminalité organisée et des trafics.

Tout cela n'a fait qu'élargir la fracture entre les peuples et les élites politique. Certains pays font face à une instabilité de plus en plus marquée, des troubles sociaux, voire même des actes de violence et des conflits.

Les électeurs ont aujourd'hui tendance à rejeter le statu quo et toutes les propositions sur lesquelles ils doivent se prononcer par référendum. Beaucoup de gens ont perdu confiance non seulement dans l'État, mais aussi dans les institutions mondiales, et notamment dans l'Organisation des Nations Unies.

Monsieur le Président,

Trop de décisions, partout dans le monde, sont dictées par la peur.

Nous devons comprendre l'angoisse des populations et répondre à leurs besoins, sans perdre de vue nos valeurs universelles.

L'heure est venue de tisser de nouveaux liens entre les peuples et leurs dirigeants à l'échelle nationale et internationale. L'heure est venue pour les dirigeants d'écouter le peuple, de lui montrer qu'ils veulent son bien, et qu'ils sont attachés à la stabilité mondiale dont nous dépendons tous.

Et l'heure est venue pour l'Organisation des Nations Unies d'en faire autant, de reconnaître ses lacunes et de changer ses méthodes de travail. L'Organisation est la pierre angulaire du multilatéralisme et elle contribue depuis des décennies à une paix relative. Mais elle n'est plus en mesure de répondre aux défis contemporains. Elle doit être prête à se réformer.

Notre véritable point faible, et je m'adresse ici à la communauté internationale dans son ensemble, réside dans notre incapacité à prévenir les crises.

L'Organisation des Nations Unies est née sur les cendres de la guerre. Aujourd'hui, c'est pour assurer la paix que nous sommes là.

Monsieur le Président,

Pour prévenir les conflits, nous devons nous attaquer à leurs causes profondes à travers les trois piliers des Nations Unies : la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains. Cela doit être la priorité de tout ce que nous faisons.

La prévention exige que nous soutenions plus les pays dans leurs efforts pour renforcer leurs institutions et rendre leurs sociétés plus résilientes.
Il s'agit aussi de rétablir les droits humains comme une valeur fondamentale qui doit être défendue en tant que telle, et non à des fins politiques. Tous, y compris les minorités de tout genre, doivent pouvoir jouir de l'ensemble des droits humains – civils, politiques, économiques, sociaux et culturels – sans aucune discrimination.

Protéger et autonomiser les femmes et les filles est primordial. L'égalité des sexes est essentielle au développement, et le rôle clef qu'elle joue dans la consolidation et le maintien de la paix devient de plus en plus indéniable.

La prévention n'est pas un concept nouveau : c'est ce que les fondateurs des Nations Unies nous ont demandé de faire et elle constitue le meilleur moyen de sauver des vies et d'alléger les souffrances humaines.

Lorsque la prévention échoue, nous devons redoubler d'efforts pour régler les conflits.

Qu'il s'agisse de crises aiguës, en Syrie, au Yémen, au Soudan du Sud, ou ailleurs, ou de différends de longue date comme le conflit israélo-palestinien, il faut davantage de médiation, d'arbitrage et de diplomatie créative.

Je suis prêt à m'engager personnellement à travers mes bons offices dans le règlement des conflits lorsque cela constitue une plus-value, tout en reconnaissant le rôle de premier plan des États Membres.

Monsieur le Président,

L'échelle des défis auxquels nous sommes confrontés nous contraint à travailler de concert, pour réformer l'Organisation de manière approfondie et continue. Je souhaiterais esquisser ici trois priorités stratégiques pour cette réforme : notre travail en faveur de la paix; notre appui au développement durable; et notre gestion interne.

Les femmes et les hommes qui travaillent dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies nous apportent une contribution héroïque au péril de leur vie. Toutefois, ils se voient souvent confier la tâche de maintenir une paix qui n'existe pas. Nous devons donc nous entendre sur ce que recouvre le travail de maintien de la paix, afin de jeter les bases d'une réforme urgente.

Nous devons faire de la paix le fil conducteur qui relie la prévention et le règlement des conflits, le maintien et la consolidation de la paix, et le développement. Nous devons nous appuyer sur les conclusions des trois récents rapports, ainsi que les résolutions parallèles de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité. Le moment est venu pour nous tous, inspirés par le nouveau concept de pérennisation de la paix, de nous engager dans une réforme globale de la stratégie, des opérations et des structures des Nations Unies visant la paix et la sécurité.

Cette réforme doit également inclure un examen de notre travail dans le domaine de la lutte antiterroriste, et un meilleur mécanisme de coordination entre les 38 entités des Nations Unies concernées.

Monsieur le Président,

Le système des Nations Unies n'a pas encore fait suffisamment pour prévenir et réprimer les crimes odieux de violence et d'exploitation sexuelle perpétrés sous la bannière de l'ONU contre ceux que nous sommes censés protéger.

Je compte coopérer étroitement avec les États Membres sur des mesures structurelles, juridiques et opérationnelles qui feront de la politique de tolérance zéro une réalité. Nous devons travailler dans la transparence et le respect du principe de responsabilité, en offrant une protection et des voies de recours efficaces aux victimes.

Monsieur le Président,

Le deuxième élément clef du programme de réforme a trait à l'aide que l'Organisation des Nations Unies doit apporter aux États Membres pour leur permettre d'atteindre les objectifs de développement durable, expression de solidarité mondiale qui porte en elle la promesse de ne pas faire de laissés-pour-compte.

À cette fin, nous devrons remettre le développement au cœur de notre activité et engager une vaste réforme du système des Nations Unies pour le développement, au Siège et dans les pays. Il faudra pour cela savoir faire preuve d'esprit d'initiative, coordonner l'action menée, obtenir des résultats et faire appliquer le principe de responsabilité. J'attends avec intérêt de découvrir les conclusions auxquelles arriveront les États Membres au terme de leurs débats en cours.

Il importe aussi, dès le tout début des crises, de rapprocher les interventions humanitaires de l'action menée en faveur du développement pour aider les populations touchées, remédier aux conséquences structurelles et économiques des crises et éviter que n'apparaisse une nouvelle spirale de fragilisation et de destabilisation. L'action humanitaire, le développement durable et la pérennisation de la paix sont les trois côtés d'un même triangle.

Cette approche renvoie à la décision de « travailler autrement » qui a été prise lors du Sommet mondial sur l'action humanitaire. Pour y parvenir, il faudra mieux faire appliquer le principe de responsabilité, dans chaque organisme, que ce soit dans l'exécution de son mandat ou dans le cadre de sa contribution à l'action du système des Nations Unies, et dans le système dans son ensemble. Pour assoir une véritable culture de responsabilité, il faudra aussi mettre en place des dispositifs d'évaluation efficaces et indépendants.

Monsieur le Président,

Le troisième grand domaine concerne la réforme de la gestion. Nous poursuivrons sur la lancée de ce qui a été entrepris et nous mettrons en œuvre les initiatives prises récemment. Mais en lisant le Statut et le Règlement du personnel ou le Règlement financier et les règles de gestion financière de l'Organisation, on peut se demander si certaines dispositions n'entravent pas l'exécution de nos mandats, plus qu'elles ne la facilitent.

Nous devons nous entendre sur le fait qu'il faut simplifier et décentraliser, et assouplir les règles. Personne n'est gagnant quand il faut neuf mois pour déployer du personnel sur le terrain.

L'ONU doit être agile et efficace. Elle doit privilégier le résultat plutôt que la procédure, l'être humain plutôt que la bureaucratie.

Pour instituer une culture de responsabilité, il faut une bonne gestion de la performance et il faut protéger efficacement les lanceurs d'alerte.

Et il ne suffit pas de mieux faire. Nous devons aussi mieux communiquer ce que nous faisons, de façon à ce que tout le monde le comprenne. Nous devons réformer en profondeur notre stratégie de communication en modernisant les outils et les moyens qui nous servent à communiquer avec le monde entier.

Enfin, la réforme de la gestion doit nous permettre d'atteindre sans tarder l'objectif de la parité hommes-femmes. En l'an 2000, l'ONU s'était fixé comme objectif l'égalité de représentation des femmes et des hommes parmi son personnel. Seize ans après, elle est loin de l'avoir atteint.

Je m'engage à œuvrer pour la parité hommes-femmes dès le début, lorsque je désignerai les membres du Conseil de direction et du Conseil des chefs de secrétariat. D'ici à la fin de mon mandat, nous devrions compter autant de femmes que d'hommes aux rangs de secrétaire général adjoint et de sous-secrétaire général, notamment parmi les représentants et les envoyés spéciaux.

Pour que la parité devienne réalité dans tout le système bien avant 2030, nous devons nous fixer des orientations claires assorties d'objectifs intermédiaires précis.
Enfin, si nous voulons investir dans une ONU plus forte, nous devons prendre en considération le personnel de l'Organisation. Je me réjouis à l'idée de travailler à nouveau aux côtés des 85 000 hommes et femmes qui exécutent le mandat de l'Organisation dans 180 pays. Ils sont nombreux à travailler dans des circonstances difficiles, voire dangereuses. Leur professionnalisme, leurs compétences et leur dévouement en font les ressources les plus précieuses de l'Organisation; nous devons les préserver, les valoriser et les employer judicieusement, et nous devons leur donner voix au chapitre.

Monsieur le Président,

Le monde dans lequel nous vivons est complexe. Pour réussir, l'ONU ne peut pas faire cavalier seul. Il nous faut mettre le partenariat au cœur de notre stratégie. Nous devrions avoir la modestie de reconnaître que d'autres acteurs jouent un rôle essentiel, tout en sachant bien que seule l'Organisation a un tel pouvoir de rassemblement.

Notre action humanitaire et notre travail de développement seraient dérisoires sans la participation active des États Membres et la contribution de la société civile, des institutions financières internationales, des investisseurs privés et des marchés financiers. Plusieurs initiatives de médiation et opérations de paix n'existeraient pas sans la participation des organisations régionales, notamment de l'Union africaine.

Avec nos partenaires, nous avons récemment entrepris d'importants projets. Nous devons les mener à bien jusqu'au bout avant d'en lancer de nouveaux.

Mais ce qui manque à notre stratégie, c'est la collaboration avec les jeunes. Cela fait trop longtemps qu'on les tient à l'écart des décisions qui concernent leur avenir.

Nous devons poursuivre l'action engagée avec l'appui des États Membres, de l'Envoyé pour la jeunesse et de la société civile. Mais il ne s'agit pas de charger les anciens de débattre des problèmes des nouvelles générations. L'ONU doit donner aux jeunes les moyens d'agir, de participer davantage à la vie de la société et de mieux accéder à l'éducation, à la formation et à l'emploi.

Monsieur le Président,

Le grand paradoxe du monde actuel, c'est qu'en dépit d'une connectivité grandissante, les sociétés se fragmentent. De plus en plus de gens vivent dans leur bulle, sans comprendre que leur existence est liée à celle du reste de l'humanité.

Finalement, c'est une question de valeurs. Nous voulons léguer à nos enfants un monde guidé par les valeurs consacrées dans la Charte des Nations Unies : la paix, la justice, le respect, les droits de l'homme, la tolérance et la solidarité. Ce sont là des valeurs communes à toutes les grandes religions, et nous nous employons à les concrétiser dans notre vie quotidienne.

Quand ces valeurs sont menacées, c'est le plus souvent par peur. Il est de notre devoir envers ceux que nous servons de travailler ensemble pour changer cette peur en confiance : la confiance dans les valeurs qui nous unissent et dans les institutions qui œuvrent à notre service et à notre protection.

Dans ma contribution à l'Organisation des Nations Unies, je m'emploierai à inspirer la confiance en faisant tout ce qui est en mon pouvoir pour œuvrer au service de l'humanité tout entière.

Merci.
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Katherine Johnson: Génie du chiffre et une source d'inspiration depuis un demi-siècle

 

Katherine Johnson: Génie du chiffre et une source d'inspiration depuis un demi-siècle

Un portrait dressé par Discov-her

John Glenn, Alan Shepard, Neil Armstrong, Buzz Aldrin... les héros qui ont écrit l'histoire de la course à l'espace pour le camp américain sont aussi nombreux que célèbres. En revanche, on sait peu de choses des milliers de femmes qui ont œuvré dans la coulisse pour s'assurer que ces hommes puissent voyager dans l'espace, et surtout rentrer à bon port. Pour fêter ses 99 ans, DiscovHER brosse le portrait d'une de ces surdouées, Katherine Johnson, qui triompha du sexisme et du racisme de son époque pour se frayer une place bien méritée dans nos livres d'histoire.

Née en 1918 en Virginie-Occidentale, Katherine Johnson est la benjamine d'une famille de quatre. Dès le plus jeune âge, elle montre une telle aisance pour les chiffres qu'elle finit ses exercices scolaires avant ses aînés et se paie même le luxe d'aider ces derniers à résoudre leurs problèmes algébriques complexes. Lorsqu'ils s'aperçoivent de son don, ses parents, très investis dans l'éducation de leurs enfants, s'installent en cours d'année scolaire dans le comté voisin afin qu'ils puissent tous aller au lycée. En effet, leur comté natal de Greenbrier ne compte aucun établissement secondaire public ouvert aux Afro-américains.


Le baccalauréat à 14 ans


Katherine obtient son baccalauréat à l'âge de 14 ans et intègre le West Virginia State College, une université traditionnellement réservée aux Noirs.
Elle s'inscrit à tous les cours qui y sont proposés et fait si forte impression à ses professeurs que beaucoup la prennent sous leur aile, allant même jusqu'à ajouter de nouveaux cours spécialement pour elle.
En 1937, à 18 ans, elle décroche ses diplômes de mathématiques et de français avec les félicitations du jury. Malgré son génie, elle ne peut échapper à la situation qui prévaut dans le sud des États-Unis des années 1950 et doit donc composer avec un sexisme et une ségrégation qui lui ferment beaucoup de portes.


Figure d'ordinateur en jupe


Il lui faut attendre 1952 pour rejoindre les rangs de la NACA – future NASA – à un poste qu'elle qualifie « d'ordinateur en jupe » qui implique essentiellement de calculer les données des boîtes noires d'avions et d'exécuter d'autres tâches mathématiques bien circonscrites.
En 1958, Katherine est mutée à la division Guidage et Commande du Centre de recherche spatiale de Langley, au sein duquel elle évolue aux côtés d'hommes blancs. Alors qu'elle est censée exercer ces fonctions à titre temporaire, elle parvient par l'exactitude et le caractère novateur de ses méthodes de calcul à s'y imposer comme ingénieure aérospatiale, ce qui la conduira à participer à nombre de campagnes spatiales devenues célèbres, à l'image de la mission Mercury de 1961, du vol orbital de John Glenn, des missions lunaires Apollo 11 & 13 et, plus tard, des programmes de la navette spatiale.
Sa renommée est telle que John Glenn, après que la NASA eut calculé sa trajectoire à l'aide d'un ordinateur, lui demanda de refaire les calculs elle-même, assurant qu'il n'aurait l'esprit tranquille que si elle retombait sur les mêmes chiffres que la machine.


Distinguée pour sa contribution à la science


Katherine prend sa retraite en 1986 au terme d'une carrière aussi mouvementé qu'accomplie. Devenue un modèle pour de nombreux astronautes en devenir, mais aussi pour les femmes en général, elle a obtenu de nombreuses distinctions pour sa contribution à la science. Fin 2015, le président Barack Obama lui remet la médaille présidentielle de la Liberté – plus haute distinction civile américaine – et rappelle combien elle avait fait avancer la cause des femmes afro-américaines engagées dans les domaines de la science, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques.
En 2016, la NASA lui rend hommage en donnant son nom à un nouveau bâtiment du Centre de recherche de Langley, le Katherine G. Johnson Computational Research Facility.


La même année, sa vie et son œuvre sont dépeintes dans Les Figures de l'ombre, un film qui retrace également le destin de deux autres pionnières afro-américaines de la NASA, Dorothy Vaughan et Mary Jackson.


Katherine Johnson, qui sera centenaire l'an prochain, est une source d'inspiration depuis un demi-siècle... et continuera de l'être pendant au moins un siècle !


http://www.ffnews.info/

 

Michaëlle Jean fait une demande à Joseph Kabila

 

Michaëlle Jean fait une demande à Joseph Kabila
AFRIQUE CONNECTION 
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Le 26 septembre, le rapport annuel sur la situation des droits de l'Homme en République démocratique du Congo (RDC) était présenté devant le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.
La Secrétaire générale de la Francophonie s'est dite fortement préoccupée par les violations graves des droits de l'Homme dont fait état ce rapport.
« Ce qui est rapporté est terrible et accablant : tueries, actions de terreur, viols, massacres et vagues de répression meurtrières. Je pense aux populations ainsi malmenées, aux victimes", a déclaré Michaëlle Jean dans un commuiqué transmis à Afrique Connection.
Avant d' exhorter les autorités congolaises, "qui se sont engagées à faire la lumière sur ces violences, à prendre toutes les mesures pour établir la vérité et sanctionner les responsables de ces actes cruels et criminels".
« À cet égard, insiste Michaëlle Jean, une coopération franche et décisive entre les autorités congolaises et le Groupe d'experts des Nations unies, chargés d'enquêter sur la violence dans les Kasaï, est non seulement essentielle, mais pressante».
Afrique Connection
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En Afrique du Sud, les victimes de viol fuient la police

 

En Afrique du Sud, les victimes de viol fuient la police
AFRIQUE CONNECTION 
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C'était il y a deux ans. Comme tous les jours, Nthabiseng Mabuza se rendait à son travail à bord d'un minibus. Mais ce matin-là, son trajet a tourné au cauchemar. Seule passagère du véhicule, la cuisinière sud-africaine est violée par le chauffeur.
Alertée par ses cris, une patrouille de police intervient et arrête immédiatement l'agresseur. Placé en détention provisoire, celui-ci est toutefois remis en liberté sous contrôle judiciaire quelques mois plus tard malgré les preuves accablantes retenues contre lui. Le suspect s'est depuis volatilisé.
"Le jour où le procès devait s'ouvrir, personne n'a pu retrouver mon agresseur", raconte à l'AFP Nthabiseng Mabuza, dont le nom a été modifié pour préserver son anonymat. "Il avait disparu".
Très amère, la jeune femme, 35 ans, qui vit dans le township de Vosloorus dans l'est de Johannesburg, blâme aujourd'hui l'incurie de la police et des magistrats de son pays.
Car son cas est loin d'être isolé. Comme elle, des dizaines de milliers de femmes sont victimes de viols ou d'agressions sexuelles chaque année en Afrique du Sud. Et comme elle, la plupart peinent à obtenir justice.
Dans une étude à paraître dont l'AFP a obtenu copie, le Conseil sud-africain de la recherche médicale a recensé qu'en 2012, seuls 8,6% des procès pour viol s'étaient conclus par une condamnation.
Selon ce document, le parquet a refusé cette même année de poursuivre 47,7% des dossiers de viol transmis par la police: il se concentre en priorité sur les cas les plus susceptibles d'aboutir à des condamnations, en fonction notamment des preuves collectées et de la perception qu'il a de la gravité des faits.
Nombre de victimes ne se sont même pas signalées en raison de "l'attitude discriminatoire de la police", relève encore le Conseil sud-africain de la recherche médicale. Les policiers sud-africains, très exposés au stress, développent peu de compassion pour les victimes de viol et sont insuffisamment formés pour traiter ces affaires, selon l'étude.
'Notre faute'
"A la radio et à la télévision, les campagnes de prévention nous encouragent à porter plainte en cas de viol. Mais quand on va voir la police, on nous dit que c'est de notre faute. Parfois, les policiers dissuadent les femmes de porter plainte en disant que le violeur est leur petit ami", explique Nthabiseng.
Un sentiment partagé par Lu-Meri Kruger, une autre victime, pour qui aller porter plainte fut une épreuve. "Lorsque je suis entrée dans le commissariat, ce fut le moment le plus froid, le plus sombre et le plus difficile de ma vie", confie-t-elle, "le moment le plus douloureux du viol".
Aujourd'hui âgée de 35 ans, Lu-Meri explique avoir été agressée par un homme quand elle n'en avait que 15, dans les douches d'une auberge de jeunesse de la ville du Cap (sud-ouest).
Beaucoup d'associations de défense des droits accusent la police de négligence, de lenteur et de manque de sensibilité envers les victimes. Militante au sein de l'ONG "Sonke Gender Justice", Marike Keller dénonce notamment ses méthodes d'interrogatoire.
"Les policiers posent des questions qui n'ont rien à voir avec le viol, demandent comment la personne était habillée", déplore-t-elle, "le genre de questions qui vous font penser que vous êtes responsable de ce qui est arrivé".
'Contre un système'
Les autorités sud-africaines ont recensé pas moins de 51.895 cas de viol d'avril 2015 à mars 2016, soit plus de 100 par jour.
Un chiffre largement sous-estimé, affirme Mara Glennie, la directrice de Tears.
Ce centre téléphonique d'aide aux victimes reçoit chaque année des dizaines de milliers de coups de fil de victimes de viol ou d'agression sexuelle, souligne-t-elle.
Or il existe des dizaines d'ONG s'occupant des questions de violences faites aux femmes.
Si Tears reçoit autant d'appels à elle seule, "vous pouvez imaginer" ce qu'il en est réellement, relève Mme Glennie.
Selon une enquête réalisée par l'ONG Sonke Gender Justice et l'université de Witwatersrand, plus de la moitié des hommes à Diepsloot, un township du nord de Johannesburg, ont déjà violé ou frappé une femme.
Les victimes "ne se battent pas seulement contre leurs agresseurs, elles se battent contre un système", constate elle aussi Shaheda Omar, médecin spécialisée dans les cas de viols sur mineurs.
Sous le feu des critiques, le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula, reconnaît des "erreurs dans l'administration de la justice dans nos commissariats".
Il a promis de réformer entièrement le système d'accueil des victimes de viol par ses fonctionnaires.
"La population doit retrouver confiance en nous. Nous devons entendre le cri de ces millions de personnes qui dénoncent l'incapacité de nos forces de police à réagir comme il se doit (face aux cas de viols)", indique-t-il à l'AFP.
"Nous faisons maintenant ce qui est nécessaire pour que nos commissariats soient fonctionnels et pour que les policiers aident les victimes avec les moyens à leur disposition", insiste M. Mbalula. "Les agresseurs doivent savoir que leurs actes auront des conséquences."
Il y a quelques années, l'Afrique du Sud a créé une soixantaine de tribunaux spécialisés dans les infractions sexuelles, dans le but d'accélérer les procédures judiciaires. Aujourd'hui encore, une plainte met encore entre deux et six ans avant d'être jugée.
Avec AFP
http://www.afriqueconnection.com/article

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