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Etats-Unis: l'ex-avocat de Donald Trump plaide coupable et implique le président

Le président des Etats-Unis Donald Trump a essuyé mardi 21 août un double coup dur judiciaire, avec de spectaculaires rebondissements dans deux affaires qui le touchent de près. Paul Manafort, son ex-directeur de campagne a été jugé coupable mardi de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'inculpation qui le visaient. Plus grave pour la Maison Blanche, au cours de la même journée, Michael Cohen, l'ancien avocat personnel de Donald Trump a plaidé coupable pour huit chefs d'inculpation, six pour fraudes fiscale et bancaire et deux pour financement illégal de campagne électorale. Pire, L'ancien avocat du président a assuré devant la justice avoir violé la loi à la demande du président.

 Avec notre correspondante à Washington, Anne Corpet

C'est un coup très rude pour le président américain et il vient de l'homme en qui il a placé toute sa confiance pendant plus d'une décennie. Michael Cohen se présentait comme « le pitbull » de Donald Trump, il a occupé pendant dix ans un bureau dans la Trump tower, à New York. Il expliquait être là pour régler ses problèmes. Mais l'ancien avocat personnel du président risque désormais de devenir la source des plus importants ennuis de l'hôte de la Maison Blanche.

Devant le juge fédéral, Michael Cohen a affirmé avoir versé 130 000 et 150 000 dollars à deux femmes pour acheter leur silence sur des liaisons avec Donald Trump à la demande de celui-ci et dans l'intention d'influencer les élections.

Une déclaration qui sous-entend que le président a commis un délit. Michael Avenatti, l'avocat deStormy Daniels, l'une de ces deux femmes, souligne la responsabilité de Donald Trump dans ce dossier. « Le président avait déclaré à bord d'Air Force One qu'il ignorait tout du paiement de ces 130 000 dollars mais nous savons désormais la vérité grâce à Michael Cohen et nous pouvons affirmer que le président des Etats-Unis a menti au peuple américain alors qu'il se trouvait à bord de l'avion du peuple. »

« Un message fort » et « une rude leçon »

De ces paiements résultent deux chefs d'inculpation pour financement illégal de la campagne. A la sortie du tribunal mardi soir, le procureur de New York a eu des mots rudes pour l'ancien avocat de Donald Trump.

« Ce sont des inculpations très sérieuses qui reflètent une tendance au mensonge et à la malhonnêteté sur une longue période. Elles sont significatives en soi, mais en particulier parce que ces infractions ont été commises par un avocat. Un avocat qui par sa formation et la tradition de sa profession sait ce que veut dire le respect de la loi. Monsieur Cohen a renié sa formation et a décidé qu'il se plaçait au-dessus des lois. Pour cela il va payer un prix très élevé », a commenté Robert Khuzami.

« Les lois sur le financement des campagnes sont conçues pour empêcher l'utilisation illégale d'argent au cours des élections et pour maintenir l'intégrité de ces scrutins. Monsieur Cohen a plaidé coupable pour ces violations de la loi. C'est un message fort aujourd'hui et nous ne craindrons pas de poursuivre d'autres violations à la loi sur le financement des campagnes électorales. La loi s'applique. Nous sommes un pays de droit et la loi s'applique à tous. C'est une leçon que monsieur Cohen a apprise aujourd'hui et elle est rude. »

Une coopération avec la justice ?

Michael Cohen pourrait être tenté de coopérer pleinement avec la justice pour réduire les peines de prison qui le menacent. Il s'est résolu à « dire la vérité au sujet de Donald Trump », a assuré son avocat avant d'interroger : « Si ces versements constituent un crime pour Michael Cohen, pourquoi ne constitueraient-ils pas un crime pour Donald Trump ? ».

Et comme si cela ne suffisait pas, un autre tribunal a le même jour reconnu l'ancien directeur de campagne de Donald Trump coupable de huit chefs d'accusation, pour fraude bancaire et fiscale. Paul Manafort risque de passer le reste de ses jours en prison. S'il a observé un prudent silence après les déclarations de son ancien avocat, Donald Trump a réagi à cette condamnation « je me sens très triste pour lui, c'est un homme bien » a déclaré le président.

RFI

Comment les frondeurs d'Emmanuel Macron s'organisent

Chaque mercredi, les députés du « pôle social » de La République en marche se réunissent au salon Mansart, à l'Assemblée. Mais que concoctent-ils ? Enquête.

Ce matin-là d'hiver, quelques minutes avant 8 heures, une petite nouvelle de l'Assemblée nationale traverse à la hâte le rez-de-chaussée du 101, rue de l'Université. Il s'agit de ne pas arriver en retard au salon Mansart. En effet, c'est une première pour elle. Elle ose enfin s'inviter dans la petite réunion de ceux que l'on nomme déjà « les frondeurs d'Emmanuel Macron » après les discussions sur la loi asile et immigration. Elle ose tisser des liens avec cette aile gauche que Richard Ferrand, président du groupe de La République en marche, « ne peut pas piffrer », d'après un député MoDem. Elle s'approche timidement de ce petit groupe d'habitués qui ont – c'est une habitude hebdomadaire – apporté quelques croissants et pains au chocolat pour accompagner le café. Elle se lance : « Bonjour... Est-ce qu'il y a un mot de passe pour entrer ? » Sonia Krimi, première parlementaire à s'être levée haut et fort contre le texte de Gérard Collomb, taulière de ce rassemblement du mercredi matin, lui chuchote grossièrement, à deux doigts de se gausser : « Oui, le mot de passe c'est Richard... » Tout le monde en crache son petit-déjeuner. La nouvelle recrue, aussi.

« We are social »

« Elle », on ne connaîtra jamais son nom. Ni d'ailleurs celui d'une grande partie de la quinzaine de participants réguliers qui forment la « jambe gauche » des députés La République en marche, et qui poursuivent leurs débats hors des murs de l'Assemblée dans une boucle Télégram sobrement intitulé « We Are Social ». Sonia Krimi, Brigitte Bourguignon, Jean-Michel Clément, Yves Daniel, Jean-Louis Touraine, Richard Ramos et – plus rarement – François-Michel Lambert... Voilà pour ceux qui assument. Dans les rangs de la majorité, on est vite mal vu si l'on traîne au salon Mansart. Par solidarité et esprit de camaraderie, aucun des déclarés ne brisera l'anonymat. « S'ils ne souhaitent pas le faire savoir, on n'a pas a le faire pour eux, justifie Sonia Krimi. Comme pour ceux qui n'osent pas venir, de peur de se faire taper sur les doigts, de ne pas obtenir de rapport, de place, de lumière au milieu des 300 députés du groupe. »

L'idée de cette coterie émerge dès septembre, quatre mois seulement après l'élection d'Emmanuel Macron et la razzia En marche ! dans l'hémicycle. Un après-midi, Sonia Krimi, remontée, envoie un SMS à Brigitte Bourguignon, ex-membre du Parti socialiste, réélue sous bannière macroniste : « Brigitte, je n'en peux plus, on est beaucoup à être jeunes en politique et ça nous dégoûte, ce sont constamment les mêmes qui parlent en réunion, les mêmes qui ont des responsabilités, les mêmes que l'on écoute. » Brigitte Bourguignon monte alors un petit-déjeuner à L'Assemblée, un restaurant à une encablure du Palais-Bourbon. Ils sont déjà une douzaine, mais les places se font rares à mesure que le groupe s'élargit. Le salon Mansart, d'une capacité de 30 personnes, proche des bureaux des députés, apparaît comme la solution idéale. Ici, il n'y a ni tableau, ni tapisserie, ni lustre clinquant. Entre ses quatre murs blancs, le salon, qui n'est en réalité qu'une simple salle de travail sans artifices, ne comporte que huit tables beiges collées les unes aux autres et quelques micros. Le triumvirat Bourguignon, Clément, Krimi fait définitivement migrer la joyeuse bande là-bas. Richard Ferrand goûte peu à la manœuvre, mais ne pipe mot. « Il nous laisse faire... Ce qui les embête, c'est quand on porte la parole dans les médias, mais tant qu'on reste entre nous, on n'a pas de problèmes. Mais si un jour on ouvre à la presse, ou qu'on fait des communiqués, ils changeront peut-être d'avis ! » glisse l'un des participants.

Jacques Attali et Benjamin Stora conviés

On y vient aussi pour prendre une bouffée d'air politique. Question de bien-être. « Qu'est-ce que ça fait du bien de se retrouver là, confie Sonia Krimi dans un soupir de soulagement. Ça n'a rien d'un lieu où se prépare une fronde, mais d'un endroit où on peut faire des débats sans jugements, sans être sifflé, sans se faire insulter. Il n'y a pas d'ayatollah de la pensée unique, pas de rappel à l'ordre pendant une heure. » La députée de la Manche se souvient encore d'un collègue lui demandant « de la boucler » en pleine réunion de groupe. Ou encore de son patron, Richard Ferrand, le 21 juillet en pleine affaire Benalla, lui envoyant au cœur de l'hémicycle : « Je sais pas ce que tu fous encore dans le groupe, toi ! » Difficile à oublier. Difficile à digérer.

Surtout – et c'est là le message que les contestataires cherchent en priorité à faire passer –, la réunion du salon Mansart est un espace de travail. L'improvisation n'y a pas vraiment sa place : le mardi soir, les organisateurs couchent sur papier un ordre du jour, puis des sujets à traiter. « Du débat, mais pas blablas », assure l'un d'entre eux. On y discute des amendements que le « pôle social » pourrait proposer pour modifier les projets de loi du groupe LREM et de l'opposition. On écoute religieusement les députés spécialistes qui apportent leur valeur ajoutée à certains débats, comme Jean-Louis Touraine, professeur de médecine, au sujet des lois bioéthiques. On y invite même syndicalistes, analystes, membres du Conseil économique, social et environnemental, universitaires... Bref, des corps intermédiaires capables d'apporter leur expertise et de proposer des alternatives les plus crédibles possible. L'historien Benjamin Stora et Jacques Attali y ont passé une tête lors des débats sur la loi asile et immigration, tout comme le secrétaire général de l'Union nationale des syndicats autonomes Luc Bérille en mai dernier.

« Il faut que tout ça s'incarne »

« Ça me rappelle les réunions En marche ! du début, la version alpha du macronisme, où l'on était bienveillants les uns envers les autres. Ça a pas mal changé... » regrette une participante. Du « sérieux », encore du « sérieux » ! Derrière l'assurance de séances de travail rondement menées, comment ne pas y voir, au fond, une légère névrose, conséquence des invectives et des procès en amateurisme que certains caciques de La République en marche leur font. « Nos collègues nous dépeignent comme des humanistes qui ne comprennent rien. Mais on n'est pas humanistes, on est pragmatiques ! » conclut Krimi.

Lire aussi - Paul Molac : « Je ne suis pas toujours à l'aise dans cette majorité »

Dans deux semaines, l'Assemblée nationale rouvrira ses portes, et le salon Mansart du 101 continuera à accueillir ces « nouveaux frondeurs » tous les mercredis, à 8 heures du matin. Dans quel but ? Continuer à se retrouver pour se rassurer, sans pour autant peser ? Ou passer à la vitesse supérieure ? « À un moment donné, il faut que tout ça s'incarne, on ne peut pas continuer à faire des réunions qui ne sont pas perceptibles à l'extérieur, martèle l'écologiste François-Michel Lambert. Il faut une traduction politique, aboutir à quelque chose ! » Au cœur de cet été, alors que d'autres profitent des vacances, le député des Bouches-du-Rhône annonce ici et là qu'il se bat pour créer un nouveau groupe parlementaire, plus à gauche, plus écolo... Quoi de mieux qu'un salon qui porte le nom de l'un des plus grands architectes français pour en poser les fondations ? « Ce n'est pas une mauvaise idée, mais ce n'est pas tout à fait le même groupe, souligne Sonia Krimi. Me concernant, ce n'est pas à l'ordre du jour, mais je ne m'interdis rien ». Comme la plupart des cabochards du salon Mansart.

Le point.fr

Argentine : après plus de seize heures de débats, le Sénat rejette la légalisation de l’avortement

Une majorité de sénateurs ont dit non, jeudi matin, à un texte autorisant l’IVG pendant les quatorze premières semaines de grossesse. Peu avant trois heures du matin en Argentine, les sénateurs ont rejeté, jeudi 9 août, après plus de seize heures de discussions, la légalisation de l’avortement dans le pays du pape François, mettant un terme, du moins temporairement, aux espoirs des organisations féministes.

Trente-huit sénateurs ont dit non au texte prévoyant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pendant les quatorze premières semaines de grossesse, trente et un ont voté en sa faveur et deux se sont abstenus, selon les résultats officiels.

Le Sénat est plus conservateur que l’Assemblée, qui avait adopté le texte le 14 juin.

Le vote a été accueilli par des feux d’artifice et des cris de joie par les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Parlement, où se déroulaient les débats depuis mercredi. A l’autre extrémité de la place du Congrès, les mines étaient dépitées, les larmes coulaient sur les visages des partisans de la légalisation de l’avortement. « Souvenez-vous de ces noms », lançait une jeune femme en regardant sur un téléviseur s’afficher les noms des sénateurs qui ont rejeté le texte, pourtant approuvé par les députés en juin.

Toute la journée de mercredi, les foulards verts, symboles de la lutte pour le droit à l’avortement, ont été agités sur la place du Congrès, avec l’espoir, même infime, que la loi soit adoptée.

Notre journaliste Angeline Montoya était sur place :

Mais le 9 août ne restera pas dans l’histoire du pays sud-américain comme la date de la légalisation de l’avortement.

Lire le récit de la journée :   En Argentine, des millions de militants dans les rues en attente du vote des sénateurs

Après l’annonce du résultat, une poignée de manifestants pro-IVG isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps, et ont lancé des pierres sur les policiers antiémeutes. La police a riposté par des tirs de canon à eau et de grenades lacrymogènes.

« Système de démocratie directe »

Le 14 juin, à la Chambre des députés, le texte avait été adopté de justesse par 129 voix pour et 125 contre. Le Sénat est plus conservateur, car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants, quel que soit son poids démographique. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l’IVG, y sont sous-représentées alors qu’elles abritent plus du tiers de la population du pays.

Le « non » l’ayant emporté, il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l’avortement puisse de nouveau être examinée par le Parlement. Le député de la coalition gouvernementale Cambiemos (« Changeons ») Daniel Lipovetzky évoque toutefois la possibilité de convoquer un référendum. « Quand les députés pensent d’une manière et les sénateurs d’une autre. Cela mérite peut-être un système de démocratie directe. C’est possible qu’on le propose. »

Le Monde.fr

France-canicule: la circulation automobile restreinte dans plusieurs régions

Face à un épisode de pollution à l'ozone lié à la vague de canicule qui touche l'Hexagone, plusieurs villes et régions ont décidé, lundi 6 août, de prendre des mesures pour réduire la circulation.

En France, sur de nombreux axes routiers, la vitesse maximale de circulation a été réduite de 20 km/h. La circulation différenciée a été mise en place à Paris, ainsi que la gratuité du stationnement résidentiel. Les véhicules Crit'air 4 et 5 et de ceux non détenteurs d'une vignette n'ont pas le droit de rouler, mais les agents « feront preuve de discernement », notamment s'il s'agit d'un départ en vacances, précise la mairie. En Île-de-France, le covoiturage est gratuit lundi (huit plateformes agréées), et un ticket de transports en commun pour la journée à seulement 3,80 euros est disponible.

Dans l'agglomération de Strasbourg ainsi que dans le bassin lyonnais et l'ensemble du département de l'Isère, les véhicules les plus polluants ne peuvent pas rouler lundi. Pour favoriser le report des automobilistes sur les transports en commun dans l'agglomération lyonnaise, l'opérateur TCL déploie lundi un titre de transport à 3 euros, « Tick'Air » qui pourrait être reconduit en cas de maintien du niveau d'alerte 2.

Auvergne-Rhône-Alpes en alerte rouge

La ville d'Annecy a également instauré la circulation différenciée en raison des concentrations élevées d'ozone, une pollution observée dans une large partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, en alerte rouge. Seuls les véhicules dotés d'une vignette Crit'Air 0, 1, 2 ou 3 peuvent rouler et stationner dans les parkings municipaux de la zone de circulation restreinte d'Annecy, a précisé la mairie de ce haut-lieu du tourisme en Haute-Savoie. Un « pass air pur » de 1 euro est mis en place toute la journée sur le réseau de transports urbains de l'agglomération.

En Savoie, pour le Grand Chambéry et la ville de Chambéry où le seuil d'alerte est de niveau 1, un tarif qualité de l'air est également mis en place sur le réseau de transports en commun et la réduction de vitesse de moins de 20km/h en ville est obligatoire. La chaleur aggrave la pollution à l'ozone dans de nombreuses régions. Ce polluant favorise l'asthme et peut aggraver des troubles cardio-vasculaires ou respiratoires.

On respirera mieux à partir de mardi

D'après Météo-France, « le pic de canicule devrait se situer lundi sur les régions du sud-ouest, mardi sur celles du nord-est, du centre-est et du bassin parisien ». Seules les régions du nord-ouest sont épargnées. On attend ainsi lundi 36°C à Toulouse et 37°C à Bordeaux, mardi 36°C à Paris ou à Lyon. Le pays devrait mieux respirer à compter de mardi en fin d'après-midi, avec l'arrivée d'une masse d'air venue de l'Atlantique.

(avec AFP)

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