International

Chômage en France: les failles dans l’indemnisation par Pôle emploi

Pôle emploi n'a pas atteint ses objectifs en termes d'indemnisation des demandeurs d'emploi en 2014. C’est ce que constate l'Unédic, l’organisme gestionnaire de l'assurance-chômage, qui épingle les services de l’opérateur public.

La conclusion de l’Unédic est sans appel : par rapport à 2013, on note une dégradation du service de l'indemnisation. Le gestionnaire de l’assurance-chômage pointe des retards de paiements ainsi que de traitement de dossiers et une qualité en baisse dans l’examen des demandes d’allocations.

Sur ce dernier indicateur, Pôle emploi explique une partie de la dégradation par une plus grande rigueur dans la mise en œuvre des opérations de contrôle. En revanche, l’opérateur public se trompe moins qu’avant s’agissant des indus, ces sommes versées à tort à des allocataires. En effet, l’Unedic a constaté moins d’erreurs en 2014 par rapport à l’année précédente.

C’est la deuxième fois en quatre mois que Pôle emploi se fait tirer les oreilles. L'Inspection générale des Finances et celle des Affaires sociales, dans un rapport de décembre dernier ont estimé que Pôle emploi a atteint moins de la moitié de ses objectifs pour la période 2012-2014. Deux points noirs ont été soulignés : l'accompagnement des chômeurs et le retour à l'emploi.

Rfi

 

Loi sur la prostitution: des travailleuses du sexe manifestent à Paris

Des dizaines de prostituées ont manifesté ce samedi 28 mars à Paris pour exiger la dépénalisation totale de leur activité, alors que le débat sur la prostitution démarre lundi 30 mars au Sénat.

Masquées de blanc, elles sont des dizaines rassemblées place Pigalle, presque toutes d'origine étrangère, majoritairement chinoises. Elles ont déployé une modeste banderole pour exiger de pouvoir travailler sans entrave : ni pénalisation des clients, comme le veut le gouvernement mais pas les sénateurs, ni pénalisation du racolage.

Aï Ying, marcheuse de Belleville et présidente d’un collectif de prostituées chinoises baptisé les Roses d'acier, explique ses craintes : « Nous sommes contre la pénalisation des clients parce que ça aura des effets très négatifs pour nous les travailleuses du sexe. Tout d’abord sur nos revenus, on risque d’avoir moins de clients. On craint aussi qu’il y ait plus de danger, plus de problèmes pour nous. Et puis cette loi ne nous aidera pas à changer de métier, elle ne résout pas notre problème majeur : l’absence de titre de séjour. »

Le gouvernement veut éradiquer la prostitution en pénalisant le client, comme en Suède. L'opposition, majoritaire au Sénat, souhaite plutôt rétablir le délit de racolage abrogé par l'Assemblée nationale. Quant aux associations de terrain, elles redoutent que ces mesures ne précarisent davantage les prostituées. « La situation des travailleuses du sexe est dramatique, elles sont confrontées quotidiennement aux violences, elles sont obligées de prendre de gros risques pour leur santé. Toute la loi favorise cette prise de risque parce que ça les condamne à vivre dans l’insécurité », affirme Tim Laster de Médecins du monde.

Sanctionner les prostituées ou leurs clients, le débat commence ce lundi 30 mars au Sénat. Les travailleuses du sexe craignent de se voir enfermées définitivement dans la clandestinité.

Rfi

Crash de l'A320: un probable acte volontaire du copilote

La piste d'un crash volontaire semble se dessiner ce jeudi 26 mars. La première boîte noire de l'A320, qui s'est écrasé dans les Alpes mardi matin, a commencé à livrer plusieurs informations. Elles ont été détaillées par le procureur de la République de Marseille lors d'une conférence de presse à la mi-journée ce jeudi. Et il n'y a pas vraiment de doute sur cette hypothèse d'un acte intentionnel. Les enquêteurs allemands perquisitionnaient jeudi soir dans l'ouest de l'Allemagne aussi bien l'appartement du copilote à Düsseldorf que son logement à Montabaur, où le suspect, âgé de 28 ans, vivait une partie du temps chez ses parents.
 

Le mystère autour du crash de Germanwings commence à s'éclaircir. La première boîte noire découverte, celle qui enregistre les conversations et bruits dans le cockpit, a permis d'en savoir plus sur les minutes qui ont précédé le drame.

Le procureur de la République a donné une conférence de presse ce jeudi 26 mars à Marseille. Voici l'essentiel des dernières informations révélées :

■ Les échanges entre le commandant de bord et le copilote sont devenus de plus en plus laconiques au fil de l'enregistrement jusqu'à la sortie du commandant de bord du cockpit
■ Le copilote a ensuite refusé d'ouvrir la porte de la cabine au commandant de bord
■ Le copilote a actionné le bouton commandant la perte d'altitude
■ La «volonté de détruire l'avion» par le copilote est une hypothèse probable selon le procureur
■ Le copilote était de nationalité allemande et n'est pas répertorié comme terroriste. Âgé de 28 ans, il se nommait Andreas Lubitz
■ Les passagers ne se sont rendus compte du crash que «dans les tout derniers moments». Il s'agit d'une situation «de mort instantanée» pour les victimes
■ A ce stade, « rien ne permet de dire qu'il s'agit d'un attentat terroriste»
■ Il y a eu de nombreux appels en provenance de la tour de contrôle de Marseille durant les 8 derniers minutes

A Cologne, la conférence de presse de la Lufthansa, maison-mère de Germanwings, a repris les principaux points évoqués à Marseille par le procureur ajoutant n'avoir aucun élément en sa possession indiquant une possible fragilité psychologique du copilote. Le PDG de la compagnie, Carsten Spohr, a précisé qu'Andreas Lubitz, le copilote, avait fait une pause de plusieurs mois il y a six ans, durant sa formation, pour une raison inconnue. « Il n'y a aucun moyen d'écarter totalement ce genre d'incident », a-t-il tenu à affirmer.

Ces informations de la boîte noire enregistrant les échanges dans le cockpit tendent à accréditer la thèse du suicide de l'un des pilotes de l'appareil. Ce n'est pas la première fois rappelle Philippe Lecaplain, spécialiste de l'aéronautique à RFI.

En 1994, un avion de la Royal Air Maroc s’écrasait près d'Agadir entraînant la mort des 43 passagers et de l’équipage, dont le pilote qui avait décidé de mettre fin à ses jours en précipitant son ATR vers le sol.

En 1999, le vol 990 Egypt Air reliait Los Angeles au Caire quand il s’est abîmé dans l'océan Atlantique tuant les 217 personnes à bord. L'enregistreur phonique de la boîte noire a révélé que le pilote était sorti du cockpit pour aller aux toilettes. On entend alors son copilote dire « Je me confie à dieu », des coups sourds sur la porte de la cabine et une voix suppliant le commandant d’ouvrir.

Plus récemment, en novembre 2013, le vol 470 LAM Mozambique Airlines reliait le Mozambique à l’Angola. L’appareil s’écrase dans le nord de la Namibie, coûtant la vie aux 33 occupants. L’enquête a conclu que le commandant de bord a volontairement crashé l’avion.

Sur le terrain, les recherches des corps se poursuivent

Parallèlement les recherches continuent sur le terrain pour tenter de retrouver les corps dispersés après l'impact du crash. Le processus d'identification des corps a commencé et va se poursuivre dans la journée puisque les familles de victimes sont attendues sur place d'ici 16h, heure locale.

Les familles pourront se recueillir dans les chapelles ardentes qui ont été mises en place. Les journalistes sont tenus à l'écart. Les enquêteurs procéderont ensuite à des relevés ADN pour les comparer aux restes humains découverts et tenteront de retrouver la deuxième boîte noire celle qui contient les données de vol.

Dans une conférence de presse ce jeudi 26 mars, suite aux révélations de ce jour, la chancelière allemande Angela Merkel a évoqué une tragédie d'une « dimension totalement inconcevable ».

Parallèlement les recherches continuent sur le terrain pour tenter de retrouver les corps dispersés après l'impact du crash. Le processus d'identification des corps a commencé et va se poursuivre dans la journée puisque les familles de victimes sont attendues sur place d'ici 16h, heure locale.

Les familles pourront se recueillir dans les chapelles ardentes qui ont été mises en place. Les journalistes sont tenus à l'écart. Les enquêteurs procéderont ensuite à des relevés ADN pour les comparer aux restes humains découverts et tenteront de retrouver la deuxième boîte noire celle qui contient les données de vol.

Dans une conférence de presse ce jeudi 26 mars, suite aux révélations de ce jour, la chancelière allemande Angela Merkel a évoqué une tragédie d'une « dimension totalement inconcevable ».

 
Rfi
Le Yémen, un pays stratégique pour l’Arabie saoudite

L'Arabie saoudite et une dizaine de pays ont lancé une intervention militaire au Yémen pour défendre le chef de l'Etat, Abd Rabbo Mansour Hadi, menacé par la rébellion chiite houthie, soutenue par l'Iran. Une ligne rouge, intolérable pour Riyad, a été franchie dans ce pays que le royaume saoudien « contrôle » depuis plusieurs décennies.

Depuis plusieurs jours, des diplomates avaient averti qu'il existait une ligne rouge : la chute d'Aden aux mains des Houthis. Car en fait, qui contrôle Aden contrôle le détroit de Bab el-Mandeb, par où transite l'essentiel de l'approvisionnement du pétrole pour l'Occident. L'opération, baptisée « Tempête de fermeté », a été déclenchée dans la nuit du 25 au 26 mars par des frappes saoudiennes sur différentes positions des Houthis, qui ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes, dont la capitale Sanaa, au cours des derniers mois. Ils avaient investi Aden quelques heures mercredi 25.

L'Arabie saoudite a donc mobilisé 150 000 militaires et 100 avions de combat, les Emirats arabes unis ont engagé 30 avions de combat, Bahreïn et Koweït 15 appareils chacun et le Qatar, dix. En plus de ces pays du Golfe, voisins du Yémen, l'opération mobilise d'autres pays alliés de l'Arabie saoudite comme l'Egypte, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et le Maroc, selon Riyad. Quatre navires de guerre égyptiens sont d'ailleurs entrés dans le canal de Suez afin de sécuriser le golfe d'Aden, au large du Yémen.

Une ligne rouge fixée

Une ligne rouge a été fixée il y a quelque jours, surtout parce que les Houthis, pour l'essentiel, viennent du nord du Yémen et qu'ils sont chiites. Avant qu'ils ne menacent Aden, tout le monde s'en accommodait en partie bien sûr parce qu'en même temps ce sont les seuls à faire le coup de feu contre les partisans de Ben Laden (originaire de la région yéménite de Shibam) aujourd'hui dénommé al-Qaïda dans la péninsule arabique. Les Etats-Unis surtout s'en accommodaient, dans la mesure où « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ». Mais contrôler Sanna la capitale et Aden la capitale du sud du Yémen c'est trop, surtout pour le voisin saoudien.

A ce propos, l'Arabie saoudite a toujours été sourcilleuse sur tout ce qui se passe au Yémen. Il faut se souvenir, sans remonter très loin dans l'histoire, qu'il y avait deux Yémen : un Yémen du Nord et un Yémen du Sud. L’actuel Yémen est né en 1990 de la réunion de la République démocratique et populaire du Yémen (au Sud) et de la République arabe du Yémen (au Nord). Le Yémen du Nord était un imamat, ou une royauté ; le Sud, lui, était communiste. En juillet 1994, le Yémen du Sud a vainement tenté de faire sécession sous le nom de République démocratique du Yémen, avant de retomber sous le contrôle du gouvernement de Sanaa. Mais une fois réunis en un seul pays, que faire? Impossible de s'entendre sur une monarchie ou un parti unique. Le Yémen deviendra une république - aujourd'hui encore il ya une vingtaine de partis politiques avec un vrai Parlement et une vrai pluralité de la presse. Autrement dit, il s'agit de la seule république, voisine de l'Arabie, et entourée de monarchies pétrolières.

Un Yémen de tout temps surveillée de très près

Riyad a donc toujours surveillé de très près les évènements au Yémen de peur que la république ne devienne « contagieuse » et ne devienne un exemple à suivre dans la région. En outre, lorsque ce sont des chiites qui tiennent le pavé comme aujourd'hui, plus aucun dirigeant du Golfe en fait ne dort tranquille. D'autant que ces monarchies pétrolières ont toutes sur leur territoire des minorités chiites privées de droits politiques.

C'est ce qui explique que d'autres pays ont rejoint l'Arabie saoudite pour intervenir militairement. C'est le cas des cinq monarchies pétrolières du Golfe, du Pakistan également. En revanche, il y a d'autres motifs pour la Jordanie ou encore le Maroc. Pour l'Egypte qui a mobilisé quatre navires dans la région, il faut rappeler que dans les années 1960, Le Caire a mené une guerre au Yémen (l'Egypte, avec la Syrie, voulait créer à l'époque une union arabe qu'elle voulait diriger). La guerre a duré entre 1963 et 1970. Finalement, l'armée égyptienne avait été battue avec retentissement. On parlait à l'époque d'un Vietnam égyptien. Mais surtout, l’Arabie saoudite a accordé des milliards de dollars, y compris pour que l'Egypte puisse acheter des rafales à la France tout dernièrement.

La rivalité hégémonique entre l'Arabie et l'Iran

L’Iran n'a jamais nié qu'il soutient les Houthis, chiites comme l'immense majorité des Iraniens. On accuse même Téhéran de fournir de l'armement lourd aux Houthis. En tout cas les deux pays sont des ennemis irréductibles. Ils s'affrontent par groupes ou combattants interposés dans la crise syrienne. Téhéran, par l'entremise également du Hezbollah libanais, soutient le régime de Bachar el-Assad, alors que l'Arabie saoudite prête main forte aux islamistes en guerre contre l'armée syrienne. Même chose en Irak, là ou l'Arabise saoudite soutient la communauté sunnite, les Iraniens soutiennent, et même participent, aux combats que mènent les autorités irakiennes contre l'Etat islamique.

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