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France: le PS entre dans une période de turbulences

J-6 avant le dépôt des motions, ces textes d'orientation sur lesquels les militants doivent voter pour le congrès du PS sont attendus au plus tard vendredi soir pour une présentation samedi en Conseil national.

C'est l'époque des tractations secrètes des réunions qui s'éternisent, et des piques assassines distillées à la presse, rivalités et alliances inédites. Chaque chapelle socialiste avance ses pions.

L'aile gauche a pris de l'avance, les courants rivaux ont réussi à se mettre d'accord sur une motion commune, mais on ne sait toujours pas si l'ancien ministre de l'Education, Benoît Hamon, sera leur chef de file.

La motion qui espère être largement majoritaire a déjà un chef déjà désigné : le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. Son texte, espère-t-il, va rallier large, très large : de l'aile droite du PS à certains amis de Martine Aubry. Quant à l'attitude de la maire de Lille, c'est la grande inconnue. Toutes les options sont ouvertes, dit son entourage.

Une aile gauche frondeuse, une direction à la recherche d'une synthèse et un personnage clé qui fait durer le suspense : un scénario bien connu chez les socialistes. Mais un spectacle qui intéresse de moins en moins : le nombre de militants est au plus bas et les électeurs les départementales l'ont encore montré, de plus en plus souvent aux abonnes absents.

Quel rôle pour Martine Aubry ?

« Il ne faut surtout pas réveiller l'ours qui dort », c'est la phrase qui revenait en boucle quand on interrogeait ces derniers mois les proches du président sur sa meilleure ennemie : Martine Aubry.

Quasi silencieuse sur les premières années du quinquennat Martine Aubry laissait filtrer, de temps à autre, tout le mal qu'elle pense de la politique du gouvernement. Va-t-elle aller jusqu'au bout de ses critiques et tenter de peser sur le congrès du PS avec pour objectif d'infléchir la politique menée ? C'est la seule carte qui lui reste à jouer dans ce quinquennat, tant il semble impossible que la maire de Lille entre au gouvernement. Pas sûr qu'elle veuille la jouer.

Même ses amis se répartissent pour l'instant entre trois options : rejoindre la gauche du parti, signer une motion à vocation majoritaire avec le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis ou bien monter en première ligne avec le dépôt d'un texte sur son nom. Pour l'instant, personne au PS ne sait ce que la maire de Lille a en tête. Pas sûr qu'elle le sache elle-même : au congrès de Reims, en 2008, son premier lieutenant avait déposé sa candidature à la toute dernière minute.

Rfi

Cartes : Résultats du 3e tour des élections départementales

Ce jeudi, dans toute la France, les nouveaux élus de chaque conseil départemental se sont réunis pour élire leur président. Après une large victoire de la droite au deuxième tour des départementales le 22 mars, ce « troisième » tour définit précisément l’orientation politique qui régira chaque département pendant 3 ans. Si les présidences de départements ont changé majoritairement de couleur politique, elles ne se sont en revanche guère féminisées. Neuf femmes seulement sont aujourd’hui à la tête d’un conseil départemental.

Pas de grande surprise pour ce « troisième » tour dans les départements. Lorsqu’une formation politique ou une alliance de partis a réuni plus de 50 % des sièges, le président du conseil départemental est élu à la majorité absolue. Mais dans quelques départements, les forces politiques droite-gauche étaient au coude à coude, faisant parfois le jeu des partis minoritaires en nombre de sièges, ou poussant le mode de scrutin jusqu’à son dernier stade. Pour exemple, dans le Vaucluse aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue au cours des deux premiers tours de scrutin et la majorité relative au dernier tour. Du coup, c’est le candidat UMP Maurice Chabert, 71 ans, qui l’a emporté au bénéfice de l'âge.

Autre point particulier: la parité homme-femme n'est toujours pas respectée lors de ce « troisième » tour. A peine 9 femmes occupent ce poste à l’issue des élections de 2015. Or, parmi les 4 108 conseillers départementaux élus les 22 et 29 mars, la moitié sont des femmes à la faveur du nouveau mode de scrutin « binominal mixte à deux tours ». Mais pour le « troisième » tour, qui désigne la plus haute fonction du conseil départemental, aucune règle n’a été fixée concernant la parité homme-femme. Avant ces élections seulement 6 femmes étaient à la tête d’un conseil général (appelé désormais conseil départemental).

Découvrez, ci-dessous, la carte du 3e tour des élections départementales 2015, avec les étiquettes politiques des présidents et la présence des femmes parmi les élus et comparez plus bas avec la carte de la situation avant ces élections.

NB : Les 22 et 28 mars 2015, les Français se sont rendus aux urnes pour élire les membres de 98 conseils départementaux auxquels s’ajoutent le Conseil de Paris et le Conseil de la métropole de Lyon, qui cumulent les fonctions de conseil municipal et de conseil départemental et n’ont donc pas fait parti de ce scrutin. Idem pour les conseils généraux de Martinique et de Guyane qui seront remplacés par les Assemblées de Martinique et de Guyane en décembre 2015.

 
RFI
 
 
25 000 combattants étrangers dans les rangs jihadistes, selon l'ONU

Il n’y a jamais eu autant de jihadistes dans le monde. C’est la conclusion d’un rapport de l’ONU rendu public ce jeudi 2 mars. Sur les 25 000 combattants étrangers recensés par les experts des Nations unies, un très grand nombre sont partis pour rejoindre les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie. Mais la multiplication des zones de crises renforce la tendance et l’offensive internationale contre le groupe Etat islamique en Irak ne semble pas tarir ce flot continu.

Selon ce rapport présenté la première fois en février 2015 aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, plus de 25 000 combattants issus d’une centaine de pays ont rejoint les rangs de l’Etat islamique, d’al-Qaïda ou d’autres groupes jihadistes. Leurs destinations : la Syrie, l’Irak, mais également le Yémen, le Pakistan, la Somalie ou encore la Libye.

Les nombreuses zones de crise au Moyen-Orient et en Afrique ont entrainé une augmentation de 71% du nombre de combattants étrangers, s’alarment les experts de l’ONU. Sans surprise, ce sont la Syrie et l’Irak qui attirent la grande majorité des aspirants jihadistes. Au point que les experts de l’ONU parlent de ces deux pays comme des « écoles de perfectionnement des extrémistes », à l’image de ce qui se passait en Afghanistan dans les années 1990. L’Afghanistan reste d’ailleurs une destination qui attire des centaines d’entre eux, tout comme la Somalie le Yémen et la Libye.

Un très grand nombre des combattants étrangers vient d’Afrique du Nord : la Tunisie et le Maroc en tête mais aussi de France, de Russie et d’Australie. Mais d'après l'ONU, les Maldives, la Finlande, et même Trinidad et Tobago sont devenus des zones de départ. Un fait qui met en lumière l'efficacité du recrutement des filières jihadistes, toujours très présentes sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, les recrues sont de plus en plus jeunes, s'alarme l'ONU qui a déjà demandé aux Etats de pénaliser les départs. La Turquie, pays de transit habituel vers la Syrie, a ainsi expulsé plus de 1 200 combattants étrangers de son territoire.

Si les pays engagés dans la coalition internationale contre l'Etat islamique fournissent un grand nombre de combattants jihadistes, il n'est pas sûr à l'inverse que les défaites militaires des jihadistes ont eu pour effet de réduire le flot des combattants. L'ONU préconise donc d'agir pour prévenir la radicalisation des jeunes dans les pays de départ.

La situation au Yémen est «extrêmement alarmante», selon l’ONU

La situation au Yémen est « extrêmement alarmante ». C’est avec ces mots que le haut-commissaire des Nations unies a qualifié l’évolution de la situation dans le pays. Les Houtis combattent férocement pour conquérir le territoire et les avions de la coalition poursuivent leur pilonnage intensif des sites de rebelles. Le nombre de déplacés augmente et l’on craint de plus en plus une pénurie alimentaire. Le président Hadi, réfugié en Arabie saoudite, réclame désormais une intervention terrestre de la coalition.

Les forces saoudiennes et les milices chiites houthis ont échangé ce mardi des tirs d’artillerie et de roquettes sur plusieurs points de la frontière, des affrontements très intenses et sans précédent. Tout le pays semble désormais pris en étau. Si au Nord on assiste désormais à des affrontements directs, au Sud, les milices chiites houthis seraient parvenues à prendre une base militaire du détroit de Bab el-Mandeb. Un lieu stratégique, car ce détroit, d'une trentaine de kilomètres seulement, qui sépare le Yémen de Djibouti, est considéré comme l'une des zones les plus importantes au monde en termes de trafic maritime. Tout navire souhaitant passer le canal de Suez est obligé de l'emprunter. A Aden, la deuxième ville du pays et fief du président yéménite, les Houthis continuent d’exercer leur pression, malgré les bombardements des avions de la coalition.

Pendant que les combats font rage, la diplomatie, elle, est au point mort. L’Iran, qui soutient les Houthis, estime que l’Arabie saoudite commet une erreur stratégique, alors que Riyad affirme que l’offensive de la coalition se poursuivra jusqu’au rétablissement de la stabilité au Yémen. Téhéran estime qu’il est tout de même possible de coopérer avec l’Arabie saoudite pour rétablir le calme et le dialogue au Yémen, mais pour l’instant aucune discussion ne semble avoir été engagée.

Le Yémen au bord de la crise humanitaire

Sur le plan humanitaire, les organisations internationales présentes sur place sont prises au dépourvu et ne parviennent plus à venir en aide à la population. Mardi soir, les Nations unies ont annoncé le retrait de tout son personnel étranger du pays.

Les treize derniers employés étrangers de l’ONU ont quitté le Yémen. Seuls les employés locaux, plusieurs centaines, resteront présents. C’est un porte-parole de l’organisation qui a annoncé la nouvelle, confirmant ainsi les difficultés rencontrées sur place par les organisations internationales pour venir en aide aux civils.

L’intensification des frappes aériennes de la coalition, notamment sur la capitale Sanaa, et la pression exercée par les milices chiites Houthis aux portes d’Aden empêchent tout travail selon différentes organisations.

Il y a des mouvements de panique. Certains produits commencent à manquer.
Hajir Maalim, directeur d'Action contre la faim (ACF) au Yémenpar Elisa Brinai 01/04/2015 écouter

Le Comité international de la Croix-Rouge, n’a pas pu obtenir les garanties nécessaires pour faire atterrir un avion chargé de matériel médical. Médecins sans Frontières (MSF), de son côté, dénonce les fermetures des aéroports internationaux et les restrictions d’accès au port d’Aden. Pour Hajir Maalim, directeur d'Action contre la faim (ACF) au Yémen, il existe à terme un risque de ne plus être en mesure de nourrir la population. Le Yémen dépend essentiellement des importations.

Depuis l’intervention de l’Arabie saoudite, jeudi dernier, des dizaines de civils ont été tués dans les affrontements dont au moins 62 enfants, selon l'Unicef. Les hôpitaux sont réellement pleins de morts et de blessés, selon Cécile Pouilly, porte-parole du haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Les déplacés se comptent par milliers et ont du mal à rejoindre les camps déjà mis en place. Il est « extrêmement difficile d’atteindre les populations touchées, car les mouvements sont très risqués », estime ainsi le directeur des opérations de MSF. Pour Hajir Maalim (ACF) également il est de plus en plus difficile de venir en aide aux déplacés.
L’attaque sur le camp du Nord lundi a effrayé beaucoup de déplacés, alors la plupart rejoignent les villages pour rester dans leurs familles ou bien ils occupent les écoles et tous les bâtiments vides.
Hajir Maalim, directeur d'Action contre la faim (ACF) au Yémen de Elisa Brinai 01/04/2015 écouter

Le ministre yéménite des Affaires étrangères réclame désormais une intervention terrestre de la coalition. Une option très crédible. L’Arabie saoudite a déjà amassé des dizaines de milliers de soldats à sa frontière avec le Yémen.

Rfi

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