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Opération déminage pour Macron devant les députés socialistes

C'est l'un des grands textes du quinquennat. Il est censé « déverrouiller l'économie française ». La loi « pour la croissance et l'activité » sera présentée mercredi 10 décembre en Conseil des ministres par Emmanuel Macron. Elle prévoit notamment l'extension du travail du dimanche et la libéralisation de plusieurs professions réglementées. Le ministre de l'Economie sera ce mardi matin à la réunion des députés socialistes à l'Assemblée nationale, pour déminer le terrain.

Si le contenu précis de la loi Macron n'est pas encore connu, cette dernière suscite d'ores et déjà des résistances parmi les députés de la majorité. Voilà pourquoi le ministre de l'Economie se rend ce mardi 9 décembre à l'Assemblée pour les rencontrer.

Ce sera un peu son « grand oral », ou le grand saut. Car ce ministre n'a en effet jamais été élu. C'est d'ailleurs « un problème », lâche l'un de ses collègues au gouvernement, agacé par ce qu'il appelle « les macronneries », les gaffes à répétition d'Emmanuel Macron sur les « illettrés », les 35 heures ou « l'échec » du pacte de responsabilité.

Emmanuel Macron veut libérer l'économie pour sauver l'Etat-providence. Mais les députés socialistes ne l'entendent pas forcément de cette oreille. Ils sont particulièrement remontés contre l'extension du travail du dimanche.

« Il ne maitrise pas le débat parlementaire »

La nomination de M. Macron fin août, après le départ d'Arnaud Montebourg, avait fait jaser. D'abord pour ce qu'Emmanuel Macron incarne : le virage social-libéral de François Hollande, la politique « pro-entreprises » du gouvernement.

Ancien banquier, enfant gâté du hollandisme nommé ministre sans passer par la case élection ; lui et sa loi ont tout pour déplaire à des députés socialistes volontiers frondeurs. Pas sûr qu'il existe une majorité autour d'un texte jugé « fourre-tout ».

C'est donc un gros travail de conviction qu’entame Emmanuel Macron. Avec un autre handicap : « Il ne maîtrise pas le débat parlementaire », reconnaît un ministre. Il lui reste quelques semaines pour faire ses armes.

Pour Cambadélis, le PS doit combattre "la thatchérisation de la droite"

Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a jugé samedi que "l'heure avait sonné" d'affronter "deux ennemies" : "l'hégémonie réactionnaire" et "la thatchérisation de la droite". "L'heure du réveil a sonné, le réarmement idéologique s'impose. Pour affronter deux ennemies : l'hégémonie réactionnaire mais également la thatchérisation de la droite", a lancé M. Cambadélis, devant quelques centaines de militants et délégués réunis à la clôture des États généraux des socialistes à Paris.

"Fillon a avalé tout cru la ligne du FN sur l'immigration"

"À défaut de trouver un programme, l'ex-président [Nicolas Sarkozy] a trouvé un surnom : Abrogator", a-t-il estimé, en référence aux intentions de l'ex-chef de l'État d'abroger plusieurs lois socialistes. "Mais ne croyez pas qu'Alain Juppé est loin. Il avance masqué, il vient de résumer son programme à Dakar en estimant que la supériorité des Chinois réside dans le fait qu'ils travaillent 7 jours sur 7 à la différence des Français [...]. Quant à M. Fillon, c'est simple : il a avalé tout cru la ligne du FN sur l'immigration."

"Tous défendent un projet thatchérien d'une violence inouïe contre notre modèle social et républicain", a estimé le patron du PS, qui a réitéré sa proposition de débattre avec M. Sarkozy : "Où vous voulez, quand vous voulez." Autre ennemi à ses yeux : "La nouvelle hégémonie culturelle du bloc réactionnaire anti-républicain", dans un contexte de "zemmourisation" des esprits. Cet ennemi "redoutable [est] déjà en ordre de bataille pour 2017", a-t-il dit au sujet du Front national - "cette petite PME familiale aux ramifications internationales" et de sa "championne toute désignée : Marine Le Pen" et sa "ligne politique toute tracée : le souverainisme xénophobe".

"La gauche, si elle se divise, elle dévisse"

Le député de Paris a réclamé à la présidente du FN de "publier les refus des banques françaises" et "européennes" de lui octroyer des prêts, lançant : "Vous mentez et prenez les Français pour des idiots." "Vladimir Poutine vous finance parce que vous êtes un pion dans sa stratégie pour faire éclater l'Europe", selon lui. À moins de quatre mois des élections départementales mais aussi faisant allusion à 2017, le premier secrétaire a lancé : "Sans unité, la défaite de la gauche est garantie..." "Nous n'avons pas le droit à l'échec."

"La gauche, si elle se divise, elle dévisse", a-t-il dit, prévenant : "Un effondrement du PS ne serait pas un moment de recomposition de la gauche mais de sa décomposition et de sa marginalisation."

Selon lui, la charte adoptée par le PS "porte en elle une nouvelle social-démocratie, une autre gauche de gauche, c'est-à-dire une autre vision du progrès". Ses "valeurs" sont aussi "un territoire commun avec nos partenaires".

Le texte a "permis de nous rassembler pendant ces derniers mois", une unité qui "permet de peser sur la fin du quinquennat et de peser sur les contours du prochain", selon lui.


En Crimée, bastion prorusse : « Kiev a été prise par des fascistes »

Sur la place de la mairie de Sébastopol, le grand port de Crimée dans l'est russophone de l'Ukraine, lundi 24 février, un colosse blond au visage rougi, essoufflé, pantelant, fend la foule. « Où est-ce qu'on s'inscrit pour la milice ? » demande-t-il.  On indique à Alexeï Nitchik un stand où on s'enregistre prestement dans  les brigades d'autodéfense créées ici samedi 22 février pour « défendre la ville », en miroir inversé de celles de Kiev et de l'ouest révolutionnaire.

Alors que l'Ukraine n'a pas encore de premier ministre, que l'autorité du pouvoir central reste à s'affirmer, un vide politique s'est creusé dans les provinces de l'Est. A Sébastopol, peuplée en majorité de Russes et atterrée par le « coup d'Etat » de Kiev, une foule a pris l'hôtel de ville lundi, quelques heures après  que M. Nitchik a rejoint la milice. Elle y a forcé l'installation d'un  nouveau maire lundi soir. La police de la ville, à peine visible autour de la foule, a laissé faire.

Le précédent maire de Sébastopol avait démissionné et quitté la ville après la débandade du pouvoir central. Son poste est sensible. La ville abrite la flotte de la mer Noire de l'armée russe. L'un des premiers gestes de M. Ianoukovitch après son arrivée au pouvoir, en 2010, avait été d'en renouveler le bail, qui court jusqu'en 2042. Pour ces raisons, le principal administrateur de Sébastopol n'est pas élu par ses habitants, mais nommé directement par la présidence.

[B]« KIEV A ÉTÉ PRISE PAR DES GROUPES FASCISTES »[/B]

Or, de présidence « il n'y en a plus », déclarait  lundi devant la mairie, Guennadi Bassov, patron du Bloc russe (Rousski  Blok), un groupe radical qui milite pour le rattachement de la Crimée à  la Russie, et qui trouve dans les événements actuels une audience inédite. « Kiev a été prise par des groupes fascistes, des gens en armes qui sont déjà arrivés à Kharkiv et à Donetsk », les grandes villes de l'Est, « et qui viendront chez nous si nous ne faisons rien », prévient-il.

Ce discours fait écho aux prises de position de Moscou,  lundi 24 février, après le rappel de son ambassadeur à Kiev. Vladimir  Poutine est resté muet sur l'Ukraine. Mais les autres messages, vers  l'intérieur et l'extérieur, étaient limpides. A Moscou, sept  manifestants ont été condamnés à des peines allant jusqu'à quatre ans de  prison, pour avoir protesté la veille de l'investiture du président russe, le 6 mai 2012. Poutine a laissé le premier ministre, Dmitri Medvedev, exprimer les « doutes sérieux » de Moscou sur la légitimité du pouvoir central à Kiev. « Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev avec des masques et des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement », a-t- il dit.

Lire aussi : L'UE se mobilise pour éviter la faillite de l'Ukraine

Cette déclaration, à Sébastopol, a suscité un grondement de  soulagement parmi les manifestants. Mais derrière les déclarations  outrées des responsables russes, la position du Kremlin semble retenue.  De la butte qui domine le centre-ville  de Sébastopol, où siège une partie de l'état-major de la flotte russe,  pas un bruit n'a filtré lundi, alors que la ville se rebellait contre  les autorités de Kiev.

La rébellion, le conseiller municipal Guennadi Bassov et quelques autres l'ont lancée samedi, sur  la place de l'Amiral-Nakhimov, défenseur de la ville durant le siège  franco-britannique de la guerre de Crimée. Quelque 3 000 personnes ont  accueilli en héros un groupe de Berkout (forces antiémeutes), revenus  défaits de la bataille de Kiev. Dimanche, une dizaine de milliers de  personnes s'y rassemblaient de nouveau. Des brigades d'autodéfense ont  été formées. La foule a élu à main levée son nouveau maire.

[B]UN MAIRE ÉLU À MAIN LEVÉE
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L'élu est un industriel originaire de la ville, Alexeï  Tchaly. L'homme réside à Moscou, où il a établi le siège de sa  compagnie, Tavrida electrics, spécialisée dans l'outillage électrique et  active dans une vingtaine de pays. Sa première intervention politique  remarquée en Crimée remonte à fin novembre. Il louait alors la décision  de Viktor Ianoukovitch de renoncer à signer l'accord d'association avec l'Union européenne pour se rapprocher de la Russie, qui sans cela, disait-il, eut fermé son marché aux industries de Crimée.

Lirenotre reportage : Les Ukrainiens russophones remettent l'uniforme de l'Armée rouge

Son élection par une foule en colère n'a rien de légal, mais  l'occupation par les manifestants anti-Ianoukovitch des bâtiments  administratifs de Lviv, à l'ouest, en réplique sismique de Maïdan, ne  l'était guère plus. Le lendemain, M. Tchaly parlementait donc avec les  fonctionnaires de la mairie, afin d'établir son autorité. Guennadi Bassov, lui, barrait la porte du bâtiment avec une centaine d'hommes. Il y avait là quelques « loups gris », ces motards avec lesquels s'affiche volontiers le président russe Vladimir Poutine, très actifs en Crimée.

« Les nationalistes ukrainiens vont tout faire pour effacer notre culture, notre histoire », estime Galena Pirojenko, libraire en centre-ville et venue attendre, sous les fenêtres du conseil municipal, que les élus se prononcent sur la candidature de M. Tchaly. Mme Pirojenko, 57 ans, ne vend que des livres russes – elle estime que personne n'aurait l'idée ici de lui acheter un ouvrage en ukrainien. Elle n'a pas supporté de voir le Parlement abolir, samedi, la loi sur les langues régionales, qui accordait au russe un statut de langue officielle dans l'Est et le Sud. « Nous étions un grand peuple. Aujourd'hui nos enfants sont déjà à moitié illettrés, ils parlent mal le russe », se désole-t-elle.

Comme l'est industriel et russophone de l'Ukraine, la Crimée  ne craint pas la domination russe : elle existe simplement. Les Russes  représentent ici quelque 60 % de la population,  pour 2 millions d'habitants. Du règne de l'impératrice Catherine II  jusqu'en 1991, la péninsule a fait partie de la Russie. Alors, quand  Galena Pirojenko veut expliquer sa peur, immense, de la révolution de Kiev, ses nuits passées sur Internet à zapper des images d'émeutes diffusées par les télévisions russes à celles des  chaînes ukrainiennes, ses journées accrochées au poste, dans sa  librairie, à la radio Svoboda (Radio Free Europe), elle parle d'abord d'histoire. Du « cadeau » fait par Nikita Khrouchtchev, de la Crimée russe à l'Ukraine en 1954. Du refus de Boris Eltsine de reprendre la péninsule après l'éclatement du bloc soviétique. Des « vingt ans d'humiliations » subies depuis.

[B]LA CRAINTE DU DÉSORDRE[/B]

Cependant, parmi ces manifestants, c'est plus la crainte des  désordres qu'on évoque qu'un désir de retour dans le giron de la  Russie, porteur d'infinies complications. C'est le cas pour Vladimir  Martinienko, 63 ans, ancien responsable du Parti communiste local et possesseur depuis 1991 de 5 hectares de terres à Sébastopol. M. Martinienko avait commencé à y construire une zone industrielle. Il dit avoir été victime d'un raid, téléguidé par un fonctionnaire du Parlement de Kiev, qui l'a forcé à céder le lieu, quelques années plus tard, sous la menace de « petites frappes » armées. Après treize ans de batailles en justice, M. Martinienko a récupéré son bien en 2011. « La justice avait recommencé à fonctionner sous Ianoukovitch », se félicite-t-il. Il n'avait besoin que d'investisseurs, disposait de  bons appuis. Et voilà que la révolution lui est tombée sur la tête. Il  manifestait dimanche pour M. Tchaly et « la stabilité ».

Lundi soir, il a fallu tordre le bras des conseillers municipaux pour obtenir cela. Certains, par crainte de Kiev, par légalisme, avaient refusé de voter l'investiture. Ils ont été sommés par la foule, plusieurs milliers de  personnes à peine encadrées par quelques policiers en fin de journée, de  voter de nouveau. Ils ont plié. Entre-temps, des officiers de police avaient commencé à patrouiller dans le centre-ville, à bonne distance de la mairie.

Le Monde.fr

Méningite : 3 décès suspects à Nice

Décédés en fin de semaine, les trois hommes présentaient des symptômes propres à cette maladie. Deux d'entre eux vivaient dans la même famille.

Trois jeunes hommes présentant tous des symptômes de méningite sont décédés en fin de semaine à Nice, a indiqué mardi l'agence régionale de santé (ARS). "On peut considérer qu'il s'agit de trois cas de méningite", a indiqué Marie-Claude Dumont, conseillère médicale du directeur de l'ARS en région Paca. Une personne de 22 ans est décédée samedi d'une méningite à méningocoque B. Le jeune homme résidait de longue date à l'hôpital psychiatrique de Sainte-Marie à Nice et n'avait aucun lien avec les deux autres victimes.

Ce type de méningite hautement pathogène se transmet uniquement par la salive et tout l'entourage de la victime a été traité préventivement par antibiotiques. Dimanche, un homme de 29 ans est décédé d'une méningite, cette fois à l'hôpital L'Archet de Nice. Une autopsie doit encore préciser mardi le typage de cette méningite, "probablement à méningocoque C" (pour lequel existe un vaccin). Son beau-frère de 22 ans, avec qui il avait été en contact, était décédé vendredi à son domicile "dans un contexte infectieux qui permet de penser qu'il y a une forte suspicion de méningite". Toutefois, la famille n'a pas souhaité procéder à une autopsie, précise l'ARS.

Le Point.fr

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