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France: la jupe longue et noire d’une collégienne crée la polém

A Charleville-Mézières, dans le nord-est de la France, une collégienne n'a pas pu se rendre en cours à cause d'une jupe longue et noire, assimilée à « un signe ostentatoire d'appartenance religieuse ». L'incompréhension gagne les réseaux sociaux, et les messages de soutien à Sarah se multiplient.

Les manifestations de soutien à Sarah K., qui ne souhaite pas donner son nom, se multiplient sur les réseaux sociaux. Cette collégienne 15 ans, scolarisée au collège Léo Lagrange de Charleville-Mézières, a été exclue à deux reprises de son établissement. Non pas pour le port du voile qu'elle enlève avant d'entrer au collège, mais en raison de sa jupe jugée trop longue et considérée comme un signe religieux ostentatoire.

Or la loi de 2004 précise que les signes et les tenues qui sont portés pour revendiquer une appartenance religieuse sont interdits. On pense évidemment au voile, à la kippa, à une grande croix ou à un turban sikh, mais pour l'Observatoire de la laïcité, une jupe noire ne contrevient pas à la loi a priori.

Siham Assbague, du collectif Je porte ma jupe comme je veux, est indignée. Selon elle « il y a une dérive très clairement autour de l’application de la loi de mars 2004 avec des directeurs d’établissement qui, sous prétexte qu’elles portent une jupe trop longue où qu’elles aient une tenue qui déplait, privent certaines jeunes filles d’éducation. C’est tout a fait scandaleux et ça ne reflète pas du tout les valeurs d’égalité et de liberté qui sont censées être celles de la France ».

Cent trente cas de lycéennes ou collégiennes interdites de cours pour des tenues « jugées abusivement ostentatoires » ont été recensés en 2014. Et ce alors que l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans en France.

« Ça me semble excessif »

Dans les rues de la capitale, près de la Cité Universitaire, un quartier cosmopolite, situé dans le XIVe arrondissement, les femmes sont consternées par cette polémique. Interdire la jupe longue, ça va trop loin.
Je pense qu’ils devraient laisser porter des jupes, tout simplement on a le droit de s’habiller comme on veut, ce n’est pas forcément un signe religieux. […] Je ne suis pas musulmane mais je porte des jupes longues. […] Ça me semble excessif juste pour la jupe, après effectivement qu’ils essaient de lutter, ça me semble normal sur certaines choses.

Il y a 70 ans, les Françaises votaient pour la première fois

Il y a 70 ans, les femmes votaient pour la première fois, une décision du général de Gaulle. Alors que la France avait été l'un des premiers pays à instaurer le suffrage universel masculin, il faudra un long processus pour que ce droit soit étendu aux femmes.

« La femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir celui de monter à la tribune. » La phrase est de la révolutionnaire Olympe de Gouges en 1791, elle-même guillotinée quelques années plus tard. Il faudra plus d'un siècle pour une première manifestation en faveur du droit de vote des femmes. Ce 5 juillet 1914, le rendez-vous rassemble 6 000 personnes.

Dans l’entre-deux-guerres, on compte six propositions de loi votées par les députés, toutes retoquées par le Sénat. Très présents à la Chambre haute, les radicaux, le parti de gauche le plus puissant pendant cette période, y sont très opposés. Pour ces tenants de la laïcité pure et dure, les femmes voteraient forcément sous l’influence de leur curé.

Résultat, seul geste du socialiste Léon Blum en 1936 : nommer trois femmes sous-secrétaires d’Etat dans son gouvernement du Front populaire. Même le programme du Conseil national de la résistance passe le droit de vote des femmes sous silence. C'est pourtant pour leur rôle dans l’Armée des ombres que le 21 avril 1944 le général de Gaulle le décide par ordonnance : « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ».

Le 29 avril 1945, nouvelle carte d'électeur en poche, les Françaises votaient pour la première fois de leur histoire, lors des élections municipales

 

Respecter la femme c'est respecter l'humanité qui est en nous, donner aux femmes ses droits c'est faire avancer le monde. Pape CISSOKO

(AFP) Le 21 avril 1944, il y a pile-poil 70 ans, le droit de voter et d'être élues était enfin accordé aux femmes, près d'un siècle après les hommes, par une ordonnance du Comité français de la Libération nationale signée par Charles de Gaulle depuis Alger.
Le droit de vote des femmes est confirmé par l'ordonnance du 5 octobre 1944, sous le Gouvernement provisoire de la République française. Il faudra attendre le premier scrutin après la Libération, les municipales, en cet historique mois d'avril 1945, pour que douze millions de femmes puissent l'exercer.
Mais, 70 ans plus tard, elles peinent encore à s'imposer dans la sphère politique en dépit des lois sur la parité. Les têtes de liste sont encore majoritairement masculines et les femmes souvent cantonnées aux dossiers sociaux ou relatifs à la petite enfance...
L'Assemblée nationale compte 155 députées sur un nombre total de 577 élus, soit 27% seulement de l'hémicycle qui se conjugue au féminin.
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Séisme: 18 alpinistes tués sur l’Everest, les survivants racontent

Le séisme au Népal et les répliques qui ont suivi ont fait des victimes jusque sur les pentes de l’Everest : 18 alpinistes ont été tués dans une avalanche déclenchée par le tremblement de terre qui a fait également 60 blessés sur le versant népalais du Mont-Everest.

Ara Khatchadourian, alpiniste français, a eu de la chance. Il était dans le camp de base situé sur le versant nord de l’Everest, lorsque le séisme a frappé. « J’étais en train de déjeuner, quand le sol s’est mis à trembler. Il y a eu beaucoup de chutes de cailloux et de rochers qui se décrochaient au-dessus du camp de base », raconte l’alpiniste, joint par RFI. Il raconte également comment il a ressenti, lui aussi, les répliques qui ont suivi, notamment ce dimanche matin.

Mais dans ce camp de base situé côté chinois, situé à 5200 mètres d'altitude, le séisme a certes été impressionnant, mais il a été moins violent que sur le versant népalais. « De ce côté-ci de l’Everest, le côté nord, il n’y a pas eu d’accident. Le problème, c’est que l’on n’a pas d’information. Ça vient goutte à goutte, sur les téléphones », explique Ara Khatchadourian, qui estime qu’une opération de rapatriement n’est pas nécessaire pour sortir les alpinistes.

Accident le plus meurtrier sur l'Everest

De l’autre côté de la montagne, par contre, le séisme a été meurtrier. Une avalanche déclenchée par le séisme a détruit le camp de base situé à environ 5 500 mètres d'altitude. 18 personnes ont été tuées, et une soixantaine d’autres blessées. C’est l’accident le plus mortel sur le Mont-Everest, déjà frappé l’an dernier par une avalanche meurtrière qui a tué 16 sherpas népalais au camp de base.

Kanchaman Tamang, un cuisinier népalais employé par une agence britannique spécialisée dans ce type de voyages sportifs extrêmes, était déjà là lors de cette précédente avalanche. « J'étais dans la tente des repas quand l'avalanche a frappé. La tente a carrément volé », a-t-il raconté à Ammu Kannampilly, journaliste à l’Agence France-Presse qui était en reportage au même moment au camp de base.

« Après le désastre de l'année dernière, je n'étais pas inquiet. J'ai même raconté à ma famille que je travaillais au camp de base et que j'étais en sécurité. (…) La saison est terminée, les chemins sont détruits. Je ne crois pas que je reviendrai l'année prochaine. Cette montagne, c'est trop de douleur. »

« J'ai couru, couru, et la vague, semblable à un immeuble blanc de 50 étages, m'a aplati. J'ai essayé de me relever et elle m'a aplati à nouveau », raconte pour sa part George Foulsham, biologiste de Singapour. « Je n'arrivais plus à respirer, je croyais être mort. Lorsque je me suis finalement relevé, je n'arrivais pas à croire que la vague était passée sur moi et que j'étais quasiment indemne. »

Sur les réseaux sociaux, Jim Davidson, un alpiniste américain, a délivré plusieurs messages, à la fois pour rassurer sur sa situation et celle des alpinistes avec lesquels il se trouvait et pour raconter. L'un des hauts dirigeants de Google, Dan Fredinburg n'a pas eu cette chance ; membre de l'expédition, il fait partie des milliers de morts du séisme.

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