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France: ce que prévoit la loi Macron pour relancer l'activité

La loi Macron, du nom du ministre de l'Economie, doit être présentée ce mercredi en conseil des ministres. Ce projet de loi est censé, selon le ministre, remédier aux trois maux de la France : la défiance, la complexité et le corporatisme. Les parlementaires vont donc s'emparer du texte pour le décortiquer.

Ce texte, c'est l'héritage laissé par Arnaud Montebourg après son départ de Bercy, mais c'est aussi le caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron qui est attendu au tournant par sa majorité. Imaginé par son prédécesseur afin de redonner 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français, le nouveau ministre de l'Economie s'est emparé du texte pour le modifier. Du pouvoir d'achat, on est ainsi passé à la croissance et l'activité.

Afin de redynamiser l'économie française, Emmanuel Macron souhaite modifier la réglementation du travail dominical et passer de 5 à 12 ouvertures de magasins par an. Autre proposition, la libéralisation des professions réglementées : huissiers, notaires, commissaires-priseurs. Ils devront revoir leurs tarifs pour faire jouer la concurrence. Troisième point : accélérer la libéralisation des transports en autocar, ce qui selon le ministre pourrait créer de l'emploi.

« Tout le monde a conscience de l’urgence de la situation économique, tout le monde a conscience que nous avons besoin de plus de vitalité, que tout le monde a besoin que cela marche mieux en France, a justifié Emmanuel Macron. Les commentaires que j’entends avant que la loi soit déposée sont des commentaires de principe, de posture. C’est la responsabilité de la gauche au gouvernement de conduire des réformes qui sont des réformes justes et efficaces. Sur le travail le dimanche, il y a des zones où l’activité, le tourisme, justifient qu’on ouvre le dimanche ou en soirée parce que ça va créer des emplois et donc là nous allons le faire. »

Déjà contesté

Le projet prévoit également une simplification des procédures prud'homales pour en réduire les délais. Le ministre souhaite également que l'épargne salariale se généralise dans les entreprises.

Le projet de loi est déjà contesté aussi bien par la majorité que par les intéressés. Les professions libérales demandent son retrait pur et simple. En signe de protestation, une grande mobilisation est prévue début janvier au moment même de la discussion au Parlement.

L’ex-otage Serge Lazarevic: «La liberté, c’est plus cher que tout»

Détenu durant plus de trois ans par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avant d’être libéré hier, Serge Lazarevic, 51 ans, a mis le pied sur le sol français, ce mercredi 10 décembre. A sa descente d’avion, à l’aéroport de Villacoublay, près de Paris, il a été accueilli par le président français François Hollande et par ses proches.

Avec nos envoyés spéciaux à l'aéroport de Villacoublay,

C’est l’image de ce petit matin : un sourire. Et quel sourire, celui de Serge Lazarevic radieux, qui descend de l’avion de la présidence, puis enlace tendrement sa maman, sa sœur. Un instant fort, intense. L’ex-otage visiblement en forme du haut de ses presque deux mètres, même s’il a perdu du poids. Le crâne rasé, petit bouc poivre et sel, pantalon de toile et gros manteau, car il fait frais ici. Une belle image, celle d’un homme solide visiblement serein, loin très loin des images de la dernière vidéo diffusée il y a trois semaines.

Serge Lazarevic était le dernier otage français dans le monde. Libéré mardi, au Mali, après trois ans passés aux mains du groupe terroriste Aqmi, il a fait une brève escale à Niamey, au Niger, hier soir avant de s’envoler pour la France. Il a atterri ce mercredi matin, à 7h45 (heure de Paris) à l’aéroport de Villacoublay, près de Paris.

Examens médicaux et débriefings au programme

A sa descente d’avion, Serge Lazarevic a été accueilli par le président François Hollande - qui est venu accueillir à Villacoublay tous les otages libérés depuis qu’il a accédé à la tête de l’Etat -, mais aussi par sa famille. Sa fille, Diane, était déjà dans l’avion avec lui, puisqu’elle s’était rendue à Niamey hier. Le directeur et un employé du centre de crise du gouvernement étaient aussi à bord, ainsi qu’un médecin urgentiste qui a pu faire un premier examen médical.

Le premier examen est rassurant, nous dit-on, mais il sera prolongé dans la matinée de ce mercredi, inévitablement, par des examens médicaux dans un hôpital militaire de la région parisienne. Ensuite comme tous les otages après leur libération, Serge Lazarevic va être débriefé dans les jours qui viennent en un lieu discret par la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services secrets français. Ce débriefing est donc une étape obligée et même une étape essentielle, car ces fameux débriefings, encore appelés RETEX dans le jargon des services secrets, permettent d'en savoir plus sur les preneurs d'otages.

Ces entretiens se font selon une procédure bien rôdée et généralement en deux étapes : La première a lieu le plus rapidement possible, dans le cas de Serge Lazarevic peut être même a-t-elle eu lieu la nuit dernière lors du vol retour. Il s'agit à ce moment-là de s'appuyer sur la mémoire et les émotions immédiates avant que les souvenirs ne s'estompent. La seconde phase a lieu après le retour en France, elle se déroule généralement, dans l'une des bases de la DGSE près d'Orléans. Les hommes du renseignement vont alors demander à Serge Lazarevic un maximum de détails : sur ces conditions de vie, ses lieux de détentions, sur le comportement de ses ravisseurs. Ils vont chercher à savoir s’il y a notamment des dissensions entre eux, et de quel matériel ils disposent. Chaque détail à son importance, car ces débriefings ou Retex ont un objectif opérationnel. Il s'agit pour les services secrets de parfaire leur connaissance du terrain et de reconstituer précisément les modes opératoires des ravisseurs.

Hollande : « N'allez pas là où vous pouvez être enlevés »

« A tous nos compatriotes qui peuvent se trouver sur des zones que l’on dit "à risque", faites en sorte de ne pas aller là où vous pouvez être enlevés. Nous sommes dans un monde dangereux, a lancé François Hollande devant la presse. Il y a des régions où il ne doit pas être accepté d’aller en voyages. Ce sont des règles. On sait maintenant les risques qui sont encourus. »

« C’est, pour un président de la République, une épreuve que de vivre des prises d’otages, comme pour les Français d’apprendre qu’un de leurs compatriotes a été enlevé, a poursuivi le chef de l’Etat. Et c’est une joie extraordinaire de pouvoir assister à une arrivée comme celle que vous avez eue, monsieur Lazarevic, cette joie que vous nous avez exprimée de retrouver les vôtres, de retrouver votre fille, votre mère, votre sœur, votre fils, tous vos amis. Et je veux maintenant vous dire, faites en sorte de témoigner de tout ce que vous avez vécu parce que c’est, pour les Français aussi, une fierté que de savoir qu’un des leurs a pu pendant trois ans résister à tout… »

L'ex-otage a pris la suite du président de la République devant les médias présents à Villacoublay : « Etre otage, c’est un peu compliqué, ce n’est pas très simple, mais la vie est belle de retrouver la liberté. Je ne savais pas avant ce que c’était la liberté, j’avais oublié ce que c’était la liberté. Et n’oubliez jamais qu’être un homme libre, c’est faire attention à soi, partout où vous allez comme l’a dit Monsieur le président. Faites attention parce que la liberté, c’est plus cher que tout. Quand on est pris, quand on est malmené, quand on est perdu, quand on est au bord de la mort, on pense plus à la vie. »

Et Serge Lazarevic de conclure : « Je vous remercie tous d’être là et je dis encore merci au peuple français, et merci au gouvernement qui a tout fait pour nous libérer [lui et Philippe Verdon, tué l’année dernière]. Je vous remercie tous. Vive la liberté. »

7H47. La porte de l'avion s'ouvre et Serge Lazarevic pose le pied sur le sol français. Avec ce sourire immense, une sérénité impressionnante.
Retour sur l'arrivée de Serge Lazarevic en France 10/12/2014 - par Guillaume Thibault écouter

Plus d'informations à venir.

 

L'ex-otage à la sortie de l'avion qui l'a ramené en France, le 10 décembre à Villacoublay.AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

Espoir dans l’enquête sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Cette libération renvoie à l'assassinat de nos deux confrères de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, tués par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) près de Kidal, dans le nord du Mali, le 2 novembre 2013. Depuis l’enquête est difficile, mais pour l'association « Les amis de Ghislaine Dupont » le fait que la France n’ait plus d’otages dans la région est un espoir pour enfin connaître la vérité.

Nous posons la question : est-ce que cette libération va avoir des conséquences sur l’enquête ? Est-ce que ça va faciliter le travail des juges ? Est-ce que les autorités vont avoir davantage les coudées franches, la possibilité d’agir peut-être de manière plus rapide, plus radicale ? C’est ce que l’on espère aujourd’hui.

Pierre-Yves Schneidersecrétaire général et porte-parole de l'association «Les amis de Ghislaine Dupont» 10/12/2014 - par Sébastien Nemeth

Rfi

Opération déminage pour Macron devant les députés socialistes

C'est l'un des grands textes du quinquennat. Il est censé « déverrouiller l'économie française ». La loi « pour la croissance et l'activité » sera présentée mercredi 10 décembre en Conseil des ministres par Emmanuel Macron. Elle prévoit notamment l'extension du travail du dimanche et la libéralisation de plusieurs professions réglementées. Le ministre de l'Economie sera ce mardi matin à la réunion des députés socialistes à l'Assemblée nationale, pour déminer le terrain.

Si le contenu précis de la loi Macron n'est pas encore connu, cette dernière suscite d'ores et déjà des résistances parmi les députés de la majorité. Voilà pourquoi le ministre de l'Economie se rend ce mardi 9 décembre à l'Assemblée pour les rencontrer.

Ce sera un peu son « grand oral », ou le grand saut. Car ce ministre n'a en effet jamais été élu. C'est d'ailleurs « un problème », lâche l'un de ses collègues au gouvernement, agacé par ce qu'il appelle « les macronneries », les gaffes à répétition d'Emmanuel Macron sur les « illettrés », les 35 heures ou « l'échec » du pacte de responsabilité.

Emmanuel Macron veut libérer l'économie pour sauver l'Etat-providence. Mais les députés socialistes ne l'entendent pas forcément de cette oreille. Ils sont particulièrement remontés contre l'extension du travail du dimanche.

« Il ne maitrise pas le débat parlementaire »

La nomination de M. Macron fin août, après le départ d'Arnaud Montebourg, avait fait jaser. D'abord pour ce qu'Emmanuel Macron incarne : le virage social-libéral de François Hollande, la politique « pro-entreprises » du gouvernement.

Ancien banquier, enfant gâté du hollandisme nommé ministre sans passer par la case élection ; lui et sa loi ont tout pour déplaire à des députés socialistes volontiers frondeurs. Pas sûr qu'il existe une majorité autour d'un texte jugé « fourre-tout ».

C'est donc un gros travail de conviction qu’entame Emmanuel Macron. Avec un autre handicap : « Il ne maîtrise pas le débat parlementaire », reconnaît un ministre. Il lui reste quelques semaines pour faire ses armes.

Pour Cambadélis, le PS doit combattre "la thatchérisation de la droite"

Le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a jugé samedi que "l'heure avait sonné" d'affronter "deux ennemies" : "l'hégémonie réactionnaire" et "la thatchérisation de la droite". "L'heure du réveil a sonné, le réarmement idéologique s'impose. Pour affronter deux ennemies : l'hégémonie réactionnaire mais également la thatchérisation de la droite", a lancé M. Cambadélis, devant quelques centaines de militants et délégués réunis à la clôture des États généraux des socialistes à Paris.

"Fillon a avalé tout cru la ligne du FN sur l'immigration"

"À défaut de trouver un programme, l'ex-président [Nicolas Sarkozy] a trouvé un surnom : Abrogator", a-t-il estimé, en référence aux intentions de l'ex-chef de l'État d'abroger plusieurs lois socialistes. "Mais ne croyez pas qu'Alain Juppé est loin. Il avance masqué, il vient de résumer son programme à Dakar en estimant que la supériorité des Chinois réside dans le fait qu'ils travaillent 7 jours sur 7 à la différence des Français [...]. Quant à M. Fillon, c'est simple : il a avalé tout cru la ligne du FN sur l'immigration."

"Tous défendent un projet thatchérien d'une violence inouïe contre notre modèle social et républicain", a estimé le patron du PS, qui a réitéré sa proposition de débattre avec M. Sarkozy : "Où vous voulez, quand vous voulez." Autre ennemi à ses yeux : "La nouvelle hégémonie culturelle du bloc réactionnaire anti-républicain", dans un contexte de "zemmourisation" des esprits. Cet ennemi "redoutable [est] déjà en ordre de bataille pour 2017", a-t-il dit au sujet du Front national - "cette petite PME familiale aux ramifications internationales" et de sa "championne toute désignée : Marine Le Pen" et sa "ligne politique toute tracée : le souverainisme xénophobe".

"La gauche, si elle se divise, elle dévisse"

Le député de Paris a réclamé à la présidente du FN de "publier les refus des banques françaises" et "européennes" de lui octroyer des prêts, lançant : "Vous mentez et prenez les Français pour des idiots." "Vladimir Poutine vous finance parce que vous êtes un pion dans sa stratégie pour faire éclater l'Europe", selon lui. À moins de quatre mois des élections départementales mais aussi faisant allusion à 2017, le premier secrétaire a lancé : "Sans unité, la défaite de la gauche est garantie..." "Nous n'avons pas le droit à l'échec."

"La gauche, si elle se divise, elle dévisse", a-t-il dit, prévenant : "Un effondrement du PS ne serait pas un moment de recomposition de la gauche mais de sa décomposition et de sa marginalisation."

Selon lui, la charte adoptée par le PS "porte en elle une nouvelle social-démocratie, une autre gauche de gauche, c'est-à-dire une autre vision du progrès". Ses "valeurs" sont aussi "un territoire commun avec nos partenaires".

Le texte a "permis de nous rassembler pendant ces derniers mois", une unité qui "permet de peser sur la fin du quinquennat et de peser sur les contours du prochain", selon lui.


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