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Suppression du visa d'entrée au Sénégal: Solution à la crise du tourisme?

 

Suppression du visa d'entrée au Sénégal: Solution à la crise du tourisme?

A la lecture des interpellations depuis 2013 des acteurs du tourisme sur la question du visa d'entrée au Sénégal jugé trop cher, et à l'accueil qui a été réservé à l'annonce de sa suppression, le débat sur la relance du tourisme au Sénégal est loin d'avoir trouvé son épilogue. Nombreux sont les Sénégalais qui pensent que cette mesure, bien que salutaire, est loin d'être suffisante.
C'est officiel, à compter du 1er Mai 2015, plus besoin de visa pour franchir les frontières du Sénégal. L'annonce faite par le président de la République Macky Sall le 4 Avril dernier, loin de trouver l'assentiment de tous continue d'alimenter les débats. Cependant, personne ne peut nier que l'entrée sans condition de visas dans un pays comme le Sénégal ne peut qu'augmenter le nombre de visiteurs, mais s'agit-il réellement d'une solution aux maux que traverse le secteur du tourisme ?

Des mesures d'accompagnement

La suppression du visa d'entrée dans notre pays ne saurait être à elle seule « la main bénite » qui permettra, dès son entrée en vigueur le 1er Mai, de relancer ce secteur qui traverse depuis plusieurs années de nombreuses difficultés. Bien que salvatrice pour les acteurs du tourisme, elle ne saurait atteindre son objectif de relance si elle n'est pas accompagnée de mesures idoines. En effet, il ne suffit pas de faire bénéficier aux voyageurs d'une remise de 50.000 FCFA (prix du visa d'entrée au Sénégal dans certains pays) pour espérer que le tourisme sénégalais brille à nouveau. Au-delà de la suppression, il faudra une mobilisation de l'ensemble des acteurs pour rendre la destination Sénégal attractive. Et sur ce plan, le pays peut compter sur l'implantation d'acteurs internationaux tels jovago.com qui, depuis son implantation en 2014, multiplie des actions pour mieux promouvoir la destination. Il est clair que la suppression du visa vise une clientèle internationale, de ce fait, il est impératif que le Sénégal bénéficie d'un meilleur marketing pour améliorer son image à l'extèrieur, cela passe par une plus grande visibilité de ses atouts sur la toile (internet étant devenu de nos jours le premier guide du voyageur) mais aussi une présence plus importante dans les salons touristiques afin de mieux exposer la diversité de l'offre sénégalaise. Le tourisme ne se limitant pas aux stations balnéaires, la culture devra également être mise en avant afin que visiter le Sénégal devienne une expérience unique que chaque touriste désire renouveler. Enfin, il est primordial qu'on cesse de penser que le tourisme est réservé aux étrangers ou occidentaux, c'est du moins l'analyse qu'on peut être tenté de faire si l'on considère la suppression du visa comme principal atout de la relance touristique. L'offre touristique doit être également tournée vers une cible locale, pour cela les acteurs du secteur doivent s'atteler à développer un tourisme local, afin de faire découvrir au sénégalais la beauté de leur pays.

Le rôle des médias

Pour des pays comme l'Afrique du Sud, l'Egypte, le Nigéria ou le Kenya, la presse joue un rôle important dans le développement de la destination. En effet, ces pays ont su développer une presse qui s'intéresse de près aux questions touristiques, loin des débats. Celle-ci contribue à mettre en avant la beauté touristique du pays aussi bien pour le marché local qu'international. La motivation du touriste, c'est la perception qu'il a d'une destination, et de ce fait les journalistes sont des acteurs incontournables pour la relance du tourisme sénégalais.
En somme, la mesure prise par le président Macky Sall, ne peut qu'être salutaire dans la mesure où cette action vise à sortir du « trou » un secteur touristique de plus en plus essoufflé. Toutefois, la suppression du visa d'entrée pour qu'elle puisse répondre à ces attentes devra être accompagnée par la mise en place d'un plan de relance tenant compte de facteurs clés comme la visibilité de l'offre et l'ouverture à une offre locale.

Ismael Cabral Kambell
Jovago Afrique de l'Ouest

Racisme: le gouvernement français veut accentuer la répression

Manuel Valls a promis de « ne plus rien laisser passer ». Le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, dont les principales mesures ont été présentées ce vendredi, prévoit un renforcement de l’arsenal répressif. Les motivations racistes lors de la commission d’un crime ou délit seront aussi, désormais, une « circonstance aggravante ».

Lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre 2014, François Hollande en avait fait une « cause nationale ». Et les évènements dramatiques qui ont suivi ont encore renforcé la détermination affichée par le gouvernement français à faire de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme un enjeu politique fort.

C’est à Manuel Valls qu’est revenu le rôle de détailler ce plan, ce vendredi avec un objectif affiché : battre en brèche la montée du populisme xénophobe. « Dans une France travaillée par le populisme, notre devoir est d'organiser le sursaut », a insisté le Premier ministre. « Les Français juifs ne doivent plus avoir peur d'être juifs. Les Français musulmans ne doivent plus avoir honte d'être musulmans », a exhorté celui qui, aux lendemains des attentats de janvier, évoquait « un apartheid social, ethnique, territorial » en France.

Répression accrue

Parmi les mesures annoncées dans le cadre de ce plan doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros sur trois ans, il y a d’abord le volet répressif. Désormais, commettre un crime ou un délit avec des motivations racistes ou antisémites constituera une « circonstance aggravante ». Une nouveauté dans le Code pénal français.

Autre axe d’action affiché par le Premier ministre : un contrôle accru des paroles et des textes. Désormais, les propos racistes « ne relèveront plus du droit de la presse, mais du Code pénal ». Manuel Valls a également annoncé des mesures spécifiques poutr lutter contre la diffusion des idées racistes sur internet, notamment par la création d’une cellule spécifique, une « unité de lutte contre la haine sur internet ». De plus, Manuel Valls a affirmé qu’à l’avenir, les hébergeurs de contenu seront désormais tenus de « disposer d’une représentation juridique en France ».

Volet pédagogique

Mais le Premier ministre a aussi évoqué un autre axe d’action. « C'est par l'éducation, la pédagogie et la compréhension de l'autre qu'on peut contrer les clichés et les images négatives », a-t-il insisté. Il a promis un renforcement de la formation des enseignants, qui seront incités à multiplier les travaux pédagogiques et activités parascolaires propres à battre en brèche racisme et antisémitisme. « A chaque étape de la scolarité, un lieu de mémoire sera visité », a-t-il affirmé.

Afghanistan: l'EI est-il derrière une attaque meurtrière à Jalalabad?

En Afghanistan, ce samedi 18 avril 2015, un attentat suicide commis dans la ville de Jalalabad (est du pays) a coûté la vie à au moins 33 personnes, et en a blessé une centaine d’autres. Une attaque qui intervient alors que la fin de l’hiver marque ce qu’on appelle traditionnellement, en Afghanistan, la « saison des combats ». Même s’il faut se méfier à ce stade des effets d’annonce, l’attaque - dont les talibans nient la responsabilité - aurait été revendiquée par l'organisation Etat islamique.

Pour récupérer leur salaire ce samedi matin, de nombreux fonctionnaires faisaient la queue devant une banque de Jalalabad, la grande ville afghane de l’est du pays non loin de la frontière pakistanaise. Et c’est précisément au milieu de cette foule qu’un kamikaze a fait exploser sa charge, raconte notre correspondant à Kaboul, Joël Bronner.

Comme souvent lorsque des civils sont les principales victimes d’une attaque, le porte-parole des insurgés talibans a décliné toute responsabilité concernant cet attentat, tandis que Daech aurait fait circuler une photographie d’un kamikaze présenté comme l’auteur de l’attentat. C'est ce qui a fait dire au président Ashraf Ghani : « Daech a revendiqué cet attentat ». Une personne se présentant comme un porte-parole du groupe Etat islamique en a dit tout autant, par téléphone, à l'Agence France-Presse.

Inquiétude de l'ONU

« Le groupe autoproclamé Etat islamique est présent en Afghanistan, mais davantage comme un point de ralliement que comme une réelle menace », estimait il y a tout juste un mois Nicholas Haysom. Le représentant spécial de l'ONU en Afghanistan avait alors minimisé la force de frappe de Daech dans le pays. C'était à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée justement à la situation en Afghanistan.

L'ONU ne cache pourtant pas son inquiétude sur la capacité du mouvement jihadiste à attirer les groupes d'insurgés et les groupes dissidents. Le président afghan Ashraf Ghani avait également mis en garde lors de sa dernière visite aux Etats-Unis contre la « terrible menace » de Daech en Afghanistan. L'organisation a déjà envoyé, selon lui, des éléments avancés dans le sud et dans l'ouest du pays, pour tester les failles.

Mais pour certains experts, la présence du groupe EI n'a jamais été confirmée, et les revendications faites au nom de l’organisation jihadiste doivent être prises avec prudence. Si la progression du groupe est difficile à mesurer, Kaboul et Islamabad prennent la menace très au sérieux, ce qui contribue aussi à un rapprochement rare entre les deux pays.

Si l'implication de l'organisation EI devait être confirmée, ce serait une première dans le pays, compte tenu de l'ampleur de l'attaque, après quelques frémissements, comme la décapitation récemment de cinq chiites et de soldats, avec le même type de revendication.

Le retour de la « saison des combats »

Traditionnellement, au retour des beaux jours printaniers, lorsque les cerfs-volants se mettent par ailleurs à planer plus nombreux dans le ciel de Kaboul, revient également la reprise de la saison dite des combats. Ces derniers avaient été ralentis par la neige hivernale et le froid.

Des combats et des attaques se sont multipliés ces derniers jours en Afghanistan, dans la foulée de l’annonce de Barack Obama, le mois dernier, de ralentir le rythme du retrait des quelque 10 000 soldats américains encore présents dans le pays pour entraîner et soutenir l’armée afghane. En une semaine, un convoi de l’Otan a ainsi été visé, là encore à Jalalabad, tuant trois civils. Et dans la région du Badakhshan, dans le nord-est du pays, ce sont cette fois 18 militaires afghans qui ont trouvé la mort.

Rfi

Yémen: al-Qaïda s’empare d’un aéroport et d’un terminal pétrolier

Le réseau al-Qaïda s’est emparé jeudi 16 avril de l’aéroport de Moukalla, chef-lieu de la province du Hadramout au sud-est du Yémen. Dans le même temps, des combattants de tribus locales ont pris le contrôle d’un important terminal pétrolier situé à moins de 50 kilomètres à l’est de Moukalla. Les combats gagnent en intensité au Yémen depuis le 26 mars dernier, date du début des bombardements aériens de la coalition arabe.

L’aéroport de Moukalla et le terminal pétrolier d’al-Chehr sont tombés sans effusion de sang, après le retrait sans résistance des unités militaires qui les gardaient. En s’emparant de l’aéroport, qui était resté jusqu’ici hors de leur portée, les combattants d’Ansar al-Charia, la branche locale d’al-Qaïda, contrôlent désormais l’ensemble de Moukalla, une ville de 200 000 habitants.

Seul le camp militaire de la 27e brigade mécanisée, fidèle au président Hadi réfugié en Arabie saoudite, situé dans l’est de Moukalla, échappe encore au contrôle d’al-Qaïda.

Quant à la prise du terminal pétrolier d’al-Chehr par des forces tribales, elle fait suite à la conquête, annoncée mardi 14 avril, de l’unique terminal gazier du Yémen, Balhaf. Le terminal d’al-Chehr est l’un des plus importants dans la région. Ses capacités d’exportation varient de 120 à 140 000 barils par jour de pétrole brut.

D’autre part, toujours jeudi 16 avril, un nouveau front s'est ouvert à Taëz, la troisième ville du pays, selon des habitants. De violents affrontements se sont déroulés dans la ville où les rebelles et leurs alliés, des militaires fidèles à l'ex-président Saleh, tentaient de déloger une brigade pro-Hadi, selon une source militaire et des témoins. Une avancée qui risque d’aggraver une situation humanitaire de plus en plus difficile.

Rfi

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