International

France: une jeune femme décède après un refus de prise en charge du Samu

La mort d'une jeune femme, raillée au téléphone par les services de secours qui ont refusé de la prendre immédiatement en charge, a suscité ce mercredi 9 mai un tollé en France, la ministre compétente diligentant une enquête tandis que les urgentistes dénoncent un manque de moyens.

Le 29 décembre dernier, Naomi Musenga, une Strasbourgeoise de 22 ans appelle le Samu. L'enregistrement de la conversation fait entendre sa voix désespérée, à bout de force, elle arrive à peine à articuler qu'elle a très mal. L'opératrice du Samu lui répond sèchement d'appeler SOS Médecins, qu'elle ne peut pas l'aider sans plus d'informations.

Naomi Musenga murmure alors qu'elle va mourir, ce à quoi l'opératrice répond : « vous allez mourir certainement un jour, comme tout le monde ». Elle lui redonne ensuite plusieurs fois le numéro de SOS Médecins et raccroche.

Ce n'est que 5 heures plus tard que la jeune femme parvient à joindre SOS Médecins et que les secours viennent la chercher. Mais il est trop tard, Naomi Musenga une fois à l'hôpital, décède après un infarctus. Une enquête administrative a été déclenchée mardi 8 mai par la direction des hôpitaux de Strasbourg.

Le but étant de savoir si la prise en charge tardive par le Samu est responsable de la mort de la jeune femme. La ministre de la Santé Agnès Buzyn s'est déclarée « profondément indignée par les circonstances du décès » et s'est engagée à ce que la famille obtienne toutes les informations. Selon elle, le décès de Naomi Muzenga est dû à une erreur humaine et pas à un manque de moyen, ce que conteste le président de l'association des médecins urgentistes. Patrick Pelloux a notamment dénoncé un manque de moyens dans les centres d'appel, avec pour conséquence des opérateurs détachés de la souffrance du patient.

L’opératrice du Samu a quant à elle été suspendue à titre conservatoire ce mercredi a affirmé la direction des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Le parquet de la ville a également annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire. Deux autres enquêtes ont été diligentées, l'une, administrative, par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) et l'autre, à la demande de la ministre de la Santé, confiée à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

 

RFI

Réformes: Emmanuel Macron fait le pari du long terme

Emmanuel Macron a été élu président de la République il y a un an. La première année d’un quinquennat est toujours décisive, elle donne le ton de la présidence et fonde le rapport du nouveau chef de l’Etat avec les Français. Le chef de l'Etat a voulu incarner une présidence forte et déterminée à réformer quitte à donner l’impression de ne pas entendre les mécontentements. Son pari, c’est qu’au bout du compte, ce sera payant.

 

Emmanuel Macron joue le long terme. Il veut réussir à transformer la France avant 2022. Il a été élu sur cette promesse. Et à entendre l’un de ses proches, le président du groupe La République en marche au Sénat François Patriat, cet objectif et la manière de l’atteindre ont été élaborés très en amont de l’élection. « Son arrivée à l'Elysée, elle était, comme tout le reste, formidablement préparée. Il avait par avance prévu, à la fois le tempo, à la fois la méthode. Il l'avait pensé en sachant que lui n'aurait pas d'état de grâce, d'ailleurs il n'en a pas eu, mais que dans le même temps, il fallait profiter [du fait]que le choc qu'allait créer son élection était capable de réveiller les consciences et entrainer autour de lui. »

 

Emmanuel Macron a donc fait un pari politique basé sur une stratégie. C’est peut-être pour cette raison que durant l’année qui vient de s’écouler, il a affiché sa détermination et appliqué une méthode qui consiste à ne rien lâcher. Emmanuel Macron l’a dit, l’a redit encore et encore : « Sur tout, je fais ce que j'ai dit. Cela surprend peut-être, ça contrarie certains mais c'est en effet tout à fait nouveau. Je l'ai dit tout cela, je l'ai dit durant la campagne, y compris les mauvaises nouvelles. Et donc je fais ce que j'ai dit. Le peuple français a gagné parce que sa volonté est respectée. »

 

« Je fais ce que j’ai dit »

L’argument est présenté comme imparable. C’est le mandat du peuple qui donne à Emmanuel Macron le « devoir » d’appliquer son programme et donc de lancer toutes les réformes qu’il a promises durant la campagne présidentielle. Sauf que cet argument - « je fais ce que j’ai dit » - ne parait tout à fait suffisant à Bruno Cautrès, politologue du Centre de recherche politique de Sciences Po, pour faire tout accepter aux Français. Il estime que  « lorsqu'Emmanuel Macron dit ‘’je fais ce que je dis et vous m'avez choisi pour ça’’, c'est faire l'hypothèse que tous ceux qui ont voté pour lui au deuxième tour ont ratifié son programme. Peut-on croire sérieusement que les électeurs qui avaient voté Benoit Hamon ou Jean-Luc Mélenchon au premier tour et Emmanuel Macron au deuxième tour n'avaient rien voulu dire quinze jours avant ? Tout le monde n'a pas ratifié le programme du président même si on a voté pour lui au deuxième tour. »

Tout est donc question d’interprétation et l’interprétation de Boris Vallaud, porte-parole du Parti socialiste, qui était dans la promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA, c’est que le président de la République est motivé avant tout par la volonté d’imposer sa vision : « Je me pose la question de savoir si c'est une majorité et un président de la République qui est mu d'abord par la satisfaction d'obtenir des réussites ou par la satisfaction d'infliger des défaites quitte à humilier les uns et les autres qui sont renvoyés à leur cynisme, leur refus de regarder le monde en face, à leur fainéantise parfois aussi. »

 

Monopoliser l’échiquier politique au centre

Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat, soupçonne, lui, le chef de l’Etat de vouloir contrôler totalement le jeu politique. Selon lui, « son projet, c'est une grande force centrale où il monopoliserait l'échiquier politique au centre, avec deux ailes qui seraient des ailes extrémistes, des ailes radicales pour rendre quasiment impossible une éventuelle alternance. C'est ça son projet. »

Eviter l’alternance, c’est-à-dire préparer sa réélection. Et pour y parvenir Emmanuel Macron va devoir réussir à convaincre les Français qu’il va dans le bon sens, comme l’explique Bruno Cautrès. « Dans l'esprit d'Emmanuel Macron, il y a un récit : c'est de proposer aux Français une redéfinition de ce que veut dire la justice, l'égalité ou l'équité dans la société française. Je pense que c'est même ça le cœur du macronisme. Le problème, c'est d'arriver à expliciter ça en terme simple. Au fond, c'est expliquer qu'il faut faire de nouveaux perdants pour qu'il y ait de nouveaux gagnants ».

Des gagnants, des perdants, ces dernières semaines, des mouvements de contestation ont montré que les cheminots, les étudiants, les personnels hospitaliers et d’autres se sentaient relégués plutôt du côté des perdants. Face à cette grogne, la question qui se pose est de savoir si Emmanuel Macron va pouvoir continuer au même rythme et avec la même méthode dans l’année qui vient ?

 

RFI

Trump confirme avoir remboursé à son avocat l’argent versé à une actrice porno

Une nouvelle polémique secoue la Maison Blanche. Dans une série de tweets matinaux, le président américain a reconnu jeudi avoir remboursé son avocat personnel dans l'affaire Stormy Daniels. Dix jours seulement avant l'élection présidentielle de 2016, Marc Cohen avait versé 130 000 dollars à l'actrice de films pornographiques pour acheter son silence sur une liaison qu'elle aurait entretenue avec Donald Trump. Jusqu'à présent le président avait toujours clamé ne pas avoir eu connaissance de ce versement.

Rudy Giuliani était mercredi soir l'invité de Fox-News. Cette chaîne de télévision à la ligne éditoriale conservatrice est la préférée de Donald Trump. Cela n'a pas empêché le journaliste de poser des questions sur la provenance des 130 000 dollars versés juste avant l'élection présidentielle de 2016 à Stormy Daniels. Mais il ne s'attendait visiblement pas à cette réponse de l'avocat de la Maison Blanche :

« Cet argent n'était pas l'argent de la campagne. Donc il n'y a pas eu de violation des règles sur le financement des campagnes électorales. Cet argent a été payé par son avocat, en utilisant les fonds de son cabinet ou quelle que soit la source, ça n'a pas d'importance, le président l'a remboursé. » Un remboursement en plusieurs échéances de 35 000 dollars par mois, a précisé Rudy Giuliani.

Ces propos semblent contredire la position de Donald Trump qui avait, jusqu'ici, toujours clamé ne pas avoir eu connaissance d'un paiement de 130 000 dollars à l'actrice de films X.

Après son interview, Rudy Giuliani a dû procéder à une opération de déminage, affirmant auNew York Times que Donald Trump savait ce qu'il allait dire sur Fox-News. Sauf que selon l’équipe présidentielle, sa prestation télévisée « ne faisait pas partie d’une stratégie élaborée ». Lors du point de presse de la Maison Blanche, Sarah Sanders, la porte-parole, a ainsi eu toutes les peines du monde à faire face aux questions des journalistes.

« Je vous ai donné les meilleures informations dont je disposais et je vais continuer à faire de mon mieux chaque jour », s'est-elle bornée à répondre.

Cette réponse - « je fais au mieux » - illustre bien le désarroi de l’équipe présidentielle qui ne parvient pas à juguler les élans intempestifs du président, explique notre correspondante à Washington Anne Corpet. Donald Trump a bien précisé dans ses tweets que l’argent qu’il avait versé ne provenait pas de ses comptes de campagne, mais cela reste une piste à explorer par la justice. Et il continue de démentir avoir eu toute relation avec Stormy Daniel ce qui laisse songeur : pourquoi en effet dépenser 130 000 dollars s’il ne s’est rien passé ?

RFI

Aïssa Maïga-Sonia Rolland : "Trop de protagonistes noirs dans un film, on nous dit que ça ne marche pas!"La femme noire en scène........


Aïssa Maïga et Sonia Rolland, comédiennes, sont les invitées d'Ali Baddou franceinter.fr/
Aïssa Maïga et Sonia Rolland © Maxppp / Michel THOMAS / Jean-François OTTONELLO


Les deux actrices publient, avec 14 autres actrices noires, un livre, "Noire n'est pas mon métier" (Ed. du Seuil.) pour raconter leur expérience dans l'univers du cinéma hexagonal : "On est pas dans une accusation stérile, on ne balance aucun nom, on est là plutôt pour dénoncer un système qui perdure depuis trop longtemps".
"Pour une noire, vous auriez mérité d'être blanche" :

.@AissaMaiga et .@SoniaRolland racontent les perles entendues sur les plateaux de #cinéma#Noiren'estpasmonmétier @EditionsduSeuilpic.twitter.com/pceOOHMvpP
Sonia Rolland explique :
Le constat est quand même terrible : aujourd'hui, on ne peut pas monter un financement de film sur une actrice noire. Un noir, oui : Omar Sy, et c'est le seul
Sonia Rolland : "On nous dit : "quand il y a trop de protagonistes noires, ça ne marche pas en terme de recettes ...voir 'Black Panthers'! Et les films qui ne marchent pas : est ce que c'est la faute des blancs?!".


"On a écrit le livre avec beaucoup d'humour parce qu'on essaie de décomplexer les gens sur la question : le mot "noir" n'est pas un problème pour nous!".
.@SoniaRolland : "C'est Quincy Jones qui m'a poussé à m'organiser pour aller plus loin, pour avancer des projets" #Noiren'estpasmonmétier #cinéCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. /lGzlnRsdhc
— France Inter (@franceinter) May 4, 2018

 

Aïssa Maïga: "Je revendique de pouvoir jouer n'importe quelle femme"telerama
• Juliette Bénabent


• . Etre femme, noire et cantonnée à des rôles caricaturaux : une fatalité dans le cinéma français ? Non, selon la comédienne Aïssa Maïga qui se bat depuis vingt ans pour que les choses changent. Elle est à l'initiative d'un livre collectif sur le sujet, "Noire n'est pas mon métier", qui sort le 3 mai.


« Quand on te regarde, ça sent le monoï. » « Vous ne pouvez pas être le personnage, c'est une avocate, elle s'appelle Sandrine... » « Il n'y a pas de Noirs au Conservatoire, laisse tomber ! »... Ces remarques, et bien d'autres, seize actrices françaises les racontent dans Noire n'est pas mon métier. Graves, elles posent sur la couverture, yeux plantés dans le regard du lecteur, qui est aussi spectateur et a remarqué, peut-être, combien la diversité de la société française est peu représentée sur les écrans ou au théâtre. De Firmine Richard à Karidja Touré et Assa Sylla (Bande de filles), d'Eye Haïdara (Le Sens de la fête) à l'humoriste et comédienne Shirley Souagnon, elles ont répondu à l'appel d'Aïssa Maïga. A 42 ans, la plus connue des actrices noires françaises, qui a tourné avec Abderrahmane Sissako, Cédric Klapisch, Michael Haneke ou Claude Berri, dénonce dans le prologue un « racisme nébuleux », « une myriade de mots méprisants et d'observations condescendantes », un « regard à la fois sexiste et raciste posé sur (nos) corps ». Les témoignages qu'elle a rassemblés sont percutants, ahurissants, anecdotiques ou analytiques, intimes ou universels, souvent drôles. Ils parlent de racisme ordinaire, de petites et grandes discriminations, de frustration. De personnages à la « démarche de panthère »...

Arièle Bonte


C'est Le rendez-vous du cinéma international. Comme chaque année, le Festival de Cannes surprend par sa sélection ou l'identité des membres du jury dévoilés quelques semaines avant son lancement.

Pierre Lescure, président du Festival de Cannes, et Thierry Frémaux, son délégué général, n'ont en revanche pas fait défaut à l'éternelle problématique de Cannes : le manque de représentation des femmes derrière la caméra. Si le cinéma ne vous dit rien, si vous en avez marre d'y voir toujours sélectionnés les mêmes réalisateurs, rappelez-vous que le monde ne tourne pas autour de la Croisette durant ces quinze jours de festivités.
Pour preuve, d'autres festivals sont organisés durant cette même période. Tour d'horizon de ces événements culturels et engagés où les femmes sont loin d'être sous-représentées.
Mrs Roots : une dose d'afroféminisme dans la littérature française


1. Fraîches Women Festival


Quand ? Le 6 mai 2018, de 13 heures à minuit.
Où ? À la Marbrerie, à Montreuil-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis (93).
On y trouve quoi ? Une journée entière de discussions, d'ateliers et une soirée de concerts, le tout organisé par et pour toutes les femmes, voilà en quelques mots ce qui vous attend au Fraîches Women Festival, événement organisé par Dolores Bakela et Adiaratou Diarrassouba, les co-fondatrices de L'Afro, un média qui raconte "l'expérience afrodescendante en France".
Pourquoi on y va ? Parce que le Fraîches Women Festival se revendique "inclusif, féminin et familial". On y croisera l'artiste et activiste Estelle Prudent, la photographe Noëlla. L., ou encore la créatrice de la newsletter Les Glorieuses, Rebecca Amsellem.

2. Le festival des Journalopes


Quand ? Le 6 mai 2018, de 16 heures à minuit.


Où ? À La Station - Gare des Mines, dans le XVIIIème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Des conférences consacrées au journalisme indépendant et féministe, organisées par le collectif Les Journalopes, soit six journalistes qui écrivent sur l'égalité, les violences conjugales, le sexe, les droits reproductifs ou encore l'amour.
Dimanche 6 mai, on te donne rendez-vous à La Station (@collectifMU) pour notre premier festival du journalisme indépendant et féministe

https://t.co/aouWCLpdmX pic.twitter.com/SgL8LP8mcn
— Les Journalopes (@LesJournalopes) 16 avril 2018
Pourquoi on y va ? Pour comprendre comment le journalisme a évolué depuis l'affaire Weinstein avec une conférence donnée par Victoire Tuaillon ou pour découvrir le témoignage d'Audrey Lebel, correspondante en Ukraine et assister à l'avant-première du documentaire l'Amour au temps d'Erdogan, réalisé par Cerise Sudry-Le Dû et Ségolène Davin.
Prix : entrée libre.


3. "Les héritières", le festival de l'association Lallab


Quand ? Le 5 mai 2018, de 13h30 à 21h30.


Où ? À l'Institut du Monde Arabe, dans le Vème arrondissement de Paris.
On y trouve quoi ? Une célébration des "héritières", c'est-à-dire "ces générations de femmes" qui appartiennent au passé comme au présent et à l'avenir et qui "poursuivent le combat" contre les discriminations et le racisme. Au programme : des tables rondes et rencontres organisées par l'association féministe et anti-raciste Lallab.

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