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Érick Bamy s'est éteint le 27 novembre 2014, il était la doublure de Johnny pendant 25 ans. Johnny : Il a perdu sa voix à tout jamais ! Il était antillais

Érick Bamy s'est éteint le 27 novembre 2014, il était la doublure de Johnny pendant 25 ans. Johnny : Il a perdu sa voix à tout jamais ! Il était antillais


Mme Marie-Rosette SOUVERAIN nous rappelle que Eric BAMY était très important pour la carrière de johnny. Une amitié musicale de 25 ans, sa doublure, écoutez-le pour vous en convaincre. C'était un grand musicien complet.
Oui ne l'oublions pas. P B C

Définition de l a doublure...

« Le mot doublure peut avoir plusieurs significations : * au théâtre, la '' est le remplaçant d'un acteur, * au cinéma, par extension, une doublure agit aussi en remplacement : selon les cas, peut s'agir d'un cascadeur, ou bien d'une personne chargée de se substituer au comédien pour certains plans, ou le temps de régler les prises de vue et les éclairages (on parle alors de ), * en couture, la '' désigne une ou des pièces de tissu ajoutée à l'intérieur d'un vêtement généralement pour en augmenter le confort en se superposant aux coutures, * en entomologie, la doublure jaune est le nom vernaculaire d'un papillon de nuit européen : Euclidia glyphica, * La Doublure est un film français réalisé par Francis Veber, sorti en 2006. » https://c-est-quoi.com/fr/


L'homme qui fut la doublure vocale de Johnny Hallyday durant 25 ans, Érick Bamy est mort jeudi 27 novembre, à l'hôpital de Lille,
d'une maladie foudroyante, à trois jours de son 65e anniversaire.


Ce n'est pas seulement la star qui est catastrophée par la nouvelle, tombée vendredi dernier, c'est tout le clan Hallyday. Car tous savent que Johnny Hallyday a perdu sa voix, et qu'il ne la retrouvera jamais. Cette « voix » avait un nom, elle s'appelait Érick Bamy : pendant vingt-cinq ans, ce chanteur originaire de la Guadeloupe a en effet été la doublure vocale du rocker.
Bamy chantant dans le car pendant une tournée © capture youtube


Durant un quart de siècle, c'est à lui et à personne d'autre que l'artiste confiait, avant chacun de ses concerts, la si importante « balance » : Érick le remplaçait au micro pour que les techniciens du son puissent équilibrer la voix et les instruments, afin que tout soit acoustiquement parfait pendant le spectacle. Érick Bamy s'est éteint le 27 novembre, à l'hôpital de Lille, des suites d'une « maladie foudroyante », comme l'a indiqué sa famille. Il aurait dû fêter ses 65 ans trois jours plus tard...


Amitié


Entre Johnny Hallyday et son « double » Erick Bamy, c'était surtout une histoire d'amitié, comme il l'avait confié à notre reporter Philippe Callewaert, en 2006, à une époque où il était presque totalement inconnu du grand public. Il lui avait notamment raconté comment s'était produite la rencontre qui devait bouleverser toute sa vie :


« J'avais environ 22 ans, et j'étais alors en séance d'enregistrement dans un studio parisien. Je me trouvais dans le hall du studio, en train de prendre un café à la machine, quand j'entends, dans mon dos, quelqu'un me demander si j'ai de la monnaie. Sans même me retourner, je prends donc un second café pour cette personne. Et c'est en lui tendant le gobelet que je m'aperçois que c'est... Johnny Hallyday en personne !

En fait, je n'étais pas plus impressionné que ça parce que son univers n'était pas du tout le mien. Je produisais du disco, et lui faisait du rock français. Ce n'est que plus tard qu'on a réalisé qu'on avait finalement les mêmes goûts. Quelques jours après notre première rencontre, il est venu écouter ce que je faisais.

De fil en aiguille, il m'a demandé de prêter ma voix pour faire répéter son groupe. Ça a tout de suite très bien marché. Je devais juste faire un essai le temps d'un week-end... qui aura finalement duré vingt-cinq ans !

Au début, je faisais les chœurs et m'occupais des musiciens. La première année, on se parlait finalement très peu. Et puis je me suis mis à écrire quelques chansons pour lui. Notre relation professionnelle est peu à peu devenue amicale. »


Chagrin


Les deux chanteurs, celui de la lumière et celui de l'ombre, ont mis fin à leur collaboration en 2000, sans douleur ni fâcherie, comme nous le rappelait Érick Bamy en 2006 : « Je ne travaille plus avec Johnny depuis qu'il a décidé de changer complètement d'équipe, il y a cinq ans. La rupture n'a pas été brutale. [...] On savait, lui comme moi, qu'il était temps de se séparer. »


Et c'est seulement en 2010 que les Français ont vraiment découvert le talent d'Érick Bamy, lorsqu'il accéda sans difficulté à la demi-finale de La France a un incroyable talent, sur M6 ! Mais malgré cette célébrité nouvelle, sa vie était restée liée à celle de Johnny, dont les proches ont écrit sur Twitter toute la tristesse que leur inspirait cette disparition. « Des pensées pour celui qui fut l'un des plus fidèles compagnons de route de Johnny », a tweeté Læticia, cependant que David soulignait qu'Érick faisait partie de son enfance. Des messages que le rocker, sans doute trop ému pour exprimer son chagrin, s'est empressé de retweeter.
Il était aussi le frère cadet de Maddly Bamy, qui fut le dernier amour de Jacques Brel, sa compagne des îles Marquises : c'est à elle que nous pensons aujourd'hui.


Didier Balbec


Johnny Hallyday rend hommage à Erick Bamy, sa doublure voix
Par Coralie Vincent

Johnny Hallyday et son clan ont rendu hommage à Erick Bamy. Cet homme de l'ombre a suivi le chanteur sur scène pendant plus de 25 ans.
Erick Bamy a été la doublure voix de Johnny Hallyday pendant plus de 25 ans. Le chanteur était l'un des plus proches collaborateurs du rockeur français, puisqu'il était l'un de ses principaux choristes. Et c'est à la grande tristesse du clan Hallyday et de leurs collaborateurs que cet homme de l'ombre est décédé jeudi à Lille, "brutalement, à la suite d'une maladie foudroyante", comme l'a précisé sa famille au Parisien.


Laetitia Hallyday a été la première à s'être émue du décès du chanteur découvert dans La France a un Incroyable Talent, à qui elle a rendu hommage sur Twitter. "#Rip #ErickBamy Des pensées pour celui qui fut l'un des plus fidèles compagnons de route de @JohnnySjh #sad", a-t-elle posté sur le célèbre réseau social, avec une photo d'archive de Johnny Hallyday et d'Erick Bamy derrière une console de mixage. David Hallyday a lui aussi été touché par la disparation de celui qui a "fait partie de [son] enfance", comme il l'a souligné lui aussi sur Twitter. De son côté, Johnny Hallyday, probablement trop ému pour trouver les mots pour son camarade de route, s'est contenté de retweeter les messages de son fils et de sa femme.


Erick Bamy, qui est mort à l'âge de 64 ans, avait commencé sa carrière en tant que coordinateur musical de Johnny Hallyday avant de devenir sa "doublure" vocale, souvent chargé de prendre sa place lors de la balance qui se déroule avant chaque concert.


Avec Cover Media/closer


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Décès à 64 ans d'Erick Bamy, «doublure» vocale de Johnny Hallyday


Le chanteur Erick Bamy, qui fut le choriste et une quasi-«doublure» vocale de Johnny Hallyday sur scène pendant plus de 25 ans, est décédé brutalement jeudi à Lille (Nord). Il est décédé «brutalement, à la suite d'une maladie foudroyante», a précisé sa famille. Il devait fêter ses 65 ans dimanche.

Né à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, le 30 novembre 1949, le chanteur avait un timbre de chanteur de rythm n' blues et de soul. Il avait commencé sa carrière de chanteur dans les années 60. Sous le titre de «coordinateur musical» aux côtés de Johnny, il s'était imposé aux côtés de l'«idole des jeunes» au point d'être parfois vu comme sa «doublure» vocale et de le remplacer parfois pour les réglages avant les concerts.

En 2013, il avait publié un album avec le groupe Vigon Bamy Jay («The Soulmen»). Il venait d'en enregistrer un second, dont la sortie était prévue pour 2015, a annoncé le service de presse de M6, qui a publié ce disque sous le label M6 Interactions.

Présidence des Républicains: le soutien «personnel» de Juppé à Maël de Calan

C'est un pied de nez à Laurent Wauquiez et une nouvelle illustration de la division de la droite. A cinq jours du premier tour de l'élection à la présidence des Républicains (LR), Maël de Calan, quasi inconnu du grand public, a reçu le soutien d'Alain Juppé lors d'une conférence de presse à Bordeaux.

Lorsqu'il arrive, Alain Juppé fait mine d'être étonné par le nombre de journalistes : « Une déclaration qui déchaîne l’enthousiasme ! ». A seulement cinq jours d'une élection dont Laurent Wauquiez est le grand favori, le maire de Bordeaux apporte pourtant son soutien à Maël de Calan, chantre de la droite modérée : « Je ne fais pas campagne dans le cadre de cette élection, mais à titre personnel, mon choix est fait. Et je lui apporterai donc mon suffrage. »

« Ce que j’aime en lui, poursuit Alain Juppé, c’est d’abord l’homme qu’il est. J’aime aussi ses idées, c’est un homme de droite, d’une droite humaniste qui met la dignité de la personne humaine et le respect d’autrui au cœur de tout. » Pour enfoncer le clou, Alain Juppé motive sa décision : s'il vote Calan, c'est entre autre pour sa position face à l'extrême-droite, « il ne se contente pas de récuser toute alliance avec le Front national, cela va de soi. Il combat vigoureusement les idées du Front national. »

Une pique adressée à Laurent Wauquiez qui donne des ailes à Maël de Calan. Une heure plus tard, l'homme anime une réunion militante à quelques kilomètres de là : « Je suis très heureux d’être à Bordeaux. Je suis fier qu’Alain Juppé tout à l’heure m’ait apporté son soutien. » La grande question est désormais celle de l'impact de cette annonce d’Alain Juppé. Peut-elle permettre à Maël de Calan de faire un score dimanche lors de l’élection ? Réponse dimanche 10 décembre au soir.

RFI

Johnny dans les yeux, sous la plume d'A. Sthers

 

Il est est parti, ainsi va la vie

Johnny dans les yeux, sous la plume d'A. Sthers


Dans mes yeux, sa biographie de Johnny Hallyday connaît un succès de librairie fulgurant. Amanda Sthers était hier au Leclerc Océane. Rencontre.
Comment est né le projet du livre ?


C'est une éditrice qui m'a soufflé l'idée d'une biographie. J'avais écrit Keith me sur Keith Richards. Mais, à la manière d'un roman. J'admire Johnny Hallyday, parce qu'il fait partie de notre histoire. Je l'admire depuis longtemps. À vrai dire, je ne pensais pas qu'il allait accepter mon offre. En l'occurrence, je crois que je suis arrivée au bon moment. La confiance s'est établie assez vite. Johnny est quelqu'un de très pudique, pas du genre à s'épancher. Il m'a fallu prendre ma place, jouer avec le temps, savoir attendre, écouter... J'ai pris des notes, écrit dans mes carnets des impressions, traduit à ma manière ses confidences, ses hésitations, ses convictions. Il savait que c'était mon écriture mais que c'était son livre.


A sa sortie « Dans mes yeux » a rapidement suscité la polémique.


J'aurais dû m'y attendre, plus peut-être ! Johnny ne laisse pas indifférent et c'est bien, mais résumer le livre à une série de règlements de comptes c'est aller vite en besogne. Le livre est aussi construit sur l'amitié, l'admiration, la tendresse. Il y a une certaine humanité qui se dégage en même temps que le portrait d''un homme

blessé. Et puis, il y a quelque chose d'émouvant dans la manière dont il se livre sans concession, sans complaisance.


En tant que romancière, vous avez trouvé votre compte dans l'exercice ?


Ce n'est pas nouveau, je crois comme beaucoup d'autres avant moi que le travail de l'écrivain, c'est de se glisser dans la peau d'un autre, de vivre d'autres vies que la sienne. Un peu comme une actrice endosse un rôle. Je me reconnais dans ce livre. Et mes lecteurs me reconnaissent aussi. Il n'était pas question de prendre le devant de la scène, mais de rester en retrait, fidèle, à la manière d'une actrice qui tient son rôle. En tout cas je suis là, avec mon style, avec mes questionnements, avec mes inquiétudes.


Si au final il vous restait juste une chanson ?


Ce serait Envie d'avoir envie. Et, pour moi avoir envie encore et toujours d'écrire.
Ouest-France.fr

L'envie
Johnny Hallyday

• Ce titre est extrait de l'album : Gang
• Année de sortie : 1986
• Label : Philips

Qu'on me donne l'obscurité, puis la lumière.
Qu'on me donne la faim la soif, puis un festin.
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire,
Pour que je retrouve le prix de la enfin.

Qu'on me donne la peine, pour que j'aime dormir.
Pour que j'aime le froid qu'on me donne la flamme.
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil,
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes.

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne la haine, pour que j'aime l'amour,
La solitude aussi pour que j'aime les gens.
Pour que j'aime les silences, qu'on me fasse des discours,
Et toucher la misère pour respcter l'argent ;

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie.
Qu'on me donne la nuit, pour que j'aime le jour.
Qu'on me donne le jour, pour que j'aime la nuit,
Pour que j'aime aujoud'hui, oublier les toujours ...

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

(solo)

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

L'envie --Johnny Hallyday

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

• Ce titre est extrait de l'album : Gang
• Année de sortie : 1986
• Label : Philips

Qu'on me donne l'obscurité, puis la lumière.
Qu'on me donne la faim la soif, puis un festin.
Qu'on m'enlève ce qui est vain et secondaire,
Pour que je retrouve le prix de la enfin.

Qu'on me donne la peine, pour que j'aime dormir.
Pour que j'aime le froid qu'on me donne la flamme.
Pour que j'aime ma terre qu'on me donne l'exil,
Et qu'on m'enferme un an pour rêver à des femmes.

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne la haine, pour que j'aime l'amour,
La solitude aussi pour que j'aime les gens.
Pour que j'aime les silences, qu'on me fasse des discours,
Et toucher la misère pour respcter l'argent ;

Pour que j'aime être sain, vaincre la maladie.
Qu'on me donne la nuit, pour que j'aime le jour.
Qu'on me donne le jour, pour que j'aime la nuit,
Pour que j'aime aujoud'hui, oublier les toujours ...

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

(solo)

On m'a trop donné, bien avant l'envie
J'ai oublié mes rêves et les mercis.
Toutes ces choses qui avaient un prix,
Qui font l'envie de vivre et le désir,
Et le plaisir aussi

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Qu'on me donne l'envie,
L'envie d'avoir envie,
Qu'on rallume ma vie.

Y a-t-il une littérature noire? IN LEXPRESS-Propos recueillis par Baptiste Liger,Dany Lafferière donne son opinion

 

Y a-t-il une littérature noire? IN LEXPRESS-Propos recueillis par Baptiste Liger,Dany Lafferière donne son opinion

Au centre, l'acteur Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Solomon Northup dans Twelve Years a Slave de S L'écricain et musicien américain James McBride pose à Paris le 23 septembre 2015.

Afro-américains ou francophones, les auteurs noirs sont-ils cantonnés éditorialement à évoquer leur vie ou une page de l'histoire? Comment casser certains clichés racistes?

Le romancier américain James McBride et l'académicien Dany Laferrière s'interrogent librement, et sans tabou.


Dans L'Oiseau du Bon Dieu, James McBride, vous retracez tout un pan de la guerre de Sécession en ne vous montrant pas forcément très politiquement correct: vous évoquez notamment le désir de certains Noirs de rester esclaves. Seriez-vous provocateur?


James McBride: On me l'a souvent dit, mais je ne me vois pas du tout comme ça. Au fond, je ne fais que suivre la réalité de l'histoire, à travers une fiction. On a généralement l'image des esclaves nus, fouettés avec des chaînes. Mais il ne faudrait pas oublier ceux qui sont des esclaves dans leurs têtes. Pendant la période de l'esclavagisme, les Blancs et les Noirs constituaient parfois une véritable famille.


Dany Laferrière: Tout à fait. Les enfants des Noirs et des Blancs - des affranchis - possédaient à un moment le quart des terres et le tiers des esclaves. Des fils d'esclaves étaient eux-mêmes propriétaires d'esclaves. Il s'agissait d'une société complexe, qu'il ne faudrait certainement pas réduire à quelques clichés. Tout le monde n'a pas une âme de révolutionnaire; chacun voit son confort, ses intérêts.


James, vous montrez aussi l'un des héros de l'abolition, John Brown, comme un étrange personnage à la lisière de la folie...
J.McB.: C'est plus compliqué. J'aimerais surtout qu'on retienne que John Brown fut celui pour qui l'égalité entre les Noirs et les Blancs était naturelle. Et il a appelé à l'insurrection pour celle-ci. Cette égalité peut paraître évidente, aujourd'hui, mais il s'agissait d'une réalité trop difficile à accepter pour les gens - Blancs comme Noirs - il y a deux siècles. Aussi, l'histoire a été longtemps écrite par les Blancs - même si les Black Panthers, par exemple, ont porté un autre regard sur Brown. Par ailleurs, je note qu'en France, on parle de guerre de Sécession, alors qu'il s'agit en réalité d'une guerre contre l'esclavage...

afp.com/JOEL SAGET


D.L.: John Brown est très connu en Haïti. Il a d'ailleurs une avenue à son nom à Port-au-Prince. Vous savez, le premier groupe qui a voulu changer les choses, lors de la révolution haïtienne, ce furent les colons, qui souhaitaient pouvoir librement commercer. Les affranchis, eux, réclamaient le droit de vote et l'obtention des postes politiques. Seuls les esclaves souhaitaient tout changer. Il ne faut jamais oublier qu'il y a toujours des révolutions dans les révolutions, des sous-groupes aux désirs très variés...


Ce qu'on connaît est aussi parfois moins effrayant que le changement: quand vous viviez à Haïti sous le régime de Duvalier, vous connaissiez tout le monde, vous saviez à qui parler. C'était un univers cohérent, et l'ailleurs pouvait vous terrifier. Je pose cette question, dans Le Cri des oiseaux fous: mieux vaut-il mourir d'une balle dans la nuque à Haïti ou d'un cancer de la prostate à Montréal?


Dany Laferrière, vous pouvez difficilement dire que vous n'aimez pas la provocation. Sinon, pourquoi avoir intitulé l'un de vos plus célèbres ouvrages Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer (1)?


D.L.: La provocation n'est toutefois pas forcément là où on l'imagine. Elle n'était pas sexuelle ou raciale, mais bien plus large : c'était avant tout une affaire de déplacement de territoire. Je vivais à Montréal, et mon livre se passe là-bas. Cela prend une énergie folle, vous savez, que d'écrire sur le pays dans lequel on vient d'arriver. C'est tellement plus facile d'évoquer la région d'où l'on vient et la dictature. J'ai rompu avec cette tradition du roman nostalgique.


J.McB.: Le titre de votre livre m'amuse beaucoup. Car je suis vraiment fatigué, ces temps-ci...


D.L.: J'ai aussi écrit un roman intitulé Je suis fatigué!


L'an passé, la question de l'esclavage avait été abordée dans le film Twelve Years a Slave de Steve McQueen, salué par l'Oscar du meilleur film. L'avez-vous vu?


J.McB.: Non. Je n'avais pas envie. Qu'est-ce qu'on allait me montrer? Et m'apprendre? Que les gens étaient battus? Pas besoin de me rendre au cinéma pour le savoir.

J'aimerais un discours plus complexe. Je note d'ailleurs que c'est un Anglais - et non un Américain - qui a signé ce film. Comme si ça faisait peur à Hollywood. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mon ami Spike Lee (2) a connu bien des tracas à ce titre...


D.L.: C'est drôle, mais l'artiste qui ressemble le plus à Spike Lee, c'est Woody Allen: pendant des années, on n'a jamais vu un Noir chez lui - pas plus qu'on n'a vu de Blanc chez Lee, à part peut-être dans son premier film, Nola Darling n'en fait qu'à sa tête. Alors qu'on est à New York! Les grands créateurs ne sont pas toujours lucides: lorsqu'il a réalisé son biopic Malcolm X dans les années 1990, Spike Lee était convaincu que les jeunes Noirs iraient le voir et qu'on organiserait des sorties scolaires. Or, les gamins n'ont fait qu'acheter la casquette et il n'y a eu que les intellectuels pour se déplacer dans les salles...

Dany Laferrière avec tous les attributs des "immortels" après la cérémonie d'admission à l'Académie française, le 28 mai 2015 à Paris.
afp.com/THOMAS SAMSON


Le rôle de l'écrivain n'est-il pas d'être le poil à gratter de l'histoire?


J.McB.: Je crois qu'il doit avant tout chercher et livrer sa propre vérité. Proposer sa vision des choses, et toucher un public. Illuminer la vie - j'insiste sur ce mot. Je n'ai pas d'approche théorique sur ce sujet, je veux juste offrir quelque chose aux autres, quels qu'ils soient.
D.L.: Ecrire prend du temps, vous savez, et il faut avoir envie de travailler pendant des mois sur un texte. L'essentiel, c'est la passion. L'intérêt historique n'est, au fond, pas primordial. J'ai toutefois l'impression que, souvent, on considère les écrivains noirs uniquement comme des conteurs, devant revenir sur l'histoire plus ou moins récente ou raconter exclusivement ce qui leur est arrivé. Dit-on de François Mauriac qu'il est un conteur lorsqu'il évoque la bourgeoisie bordelaise? Je ne crois pas... Sont pourtant en jeu les mêmes questions de rythme et d'émotions. Nous avons les mêmes problèmes que les autres avec le verbe et l'adjectif, et notre ennemie commune se nomme "page blanche".


Les éditeurs ne cantonneraient-ils pas, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis, les auteurs noirs à certains sujets?


J.McB.: Je crois surtout qu'il est plus facile pour les médias de mettre en avant aux USA des auteurs d'essais ou de documents évoquant des séjours en prison, des trafics de drogue, etc. Si on écrit un roman à la Faulkner ou à la Hugo, le livre peine à trouver de la visibilité. Comme si les Noirs étaient seulement capables d'évoquer des questions sociales, et dans le cadre de la non-fiction. Même si, évidemment et heureusement, il y a beaucoup de contre-exemples - prenez Toni Morrison...


D.L.: Le premier cliché, c'est d'ailleurs de mettre face à face deux écrivains noirs pour en parler, non? C'est ce que j'appellerais un entretien "Malevitch": carré noir sur fond noir!


Cela vous gêne-t-il de voir vos ouvrages classés dans certaines librairies à la fois en littérature générale et dans des rayons spécialisés "domaine afro-américain" ou "francophonie"?


J.McB.: Oh ça, c'est un vieux débat... Si mon livre n'est pas rangé dans de tels rayons, certains lecteurs ne le remarqueront jamais. C'est donc une chance, car cela lui offre la possibilité d'être lu. Je suis très fier, de toute manière, de voir mon nom parmi tous les autres auteurs. Ce qui compte, c'est avant tout l'identité du lecteur.


D.L.: Je suis tout à fait d'accord. Quand un Japonais me lit, je suis un écrivain japonais - ce constat m'a inspiré le titre d'un livre. L'identité d'un écrivain, en fin de compte, c'est le bassin de population dans lequel se trouve la majorité de ses lecteurs. Je ne suis pas encore un écrivain japonais, mais j'y travaille: à cause de l'intitulé de cet ouvrage, sur les moteurs de recherche français ou japonais, quand vous tapez "écrivain japonais", vous me trouvez avant Kawabata et Mishima. Les Nippons sont furieux!


James, vous êtes jazzman et Dany, vous appréciez particulièrement la musique. Au fond, le pouvoir de cette dernière ne serait-il pas supérieur à celui de la littérature?


J.McB.: Oui, bien sûr. Elle est plus facile d'accès, plus immédiate. Il y a des membres du Ku Klux Klan qui adorent James Brown! Elle peut exprimer tant de choses, pas nécessairement avec les mots - je ne fais pas forcément référence aux paroles de rap qui font "bitch mother fucker"...


D.L.: La musique n'est pas si universelle. D'ailleurs, on ne sera jamais dominés par le Japon à cause de sa musique - qui pourrait écouter en permanence ces "doom! doom!"? Pour citer Miles Davis, je dirais que la musique est mondiale dans son mouvement et la littérature, cosmopolite. Quand Michael Jackson sortait un disque, il touchait la planète. Moi, je dois séduire pays par pays, individu par individu. Homère a su conquérir le monde en marchant, la musique, elle, a voyagé en avion!


Biographies
James McBride


Ancien journaliste, il est connu outre-Atlantique en tant que compositeur et musicien. Grand amoureux du jazz, il officie comme saxophoniste dans le groupe Rock Bottom Remainders. Par ailleurs scénariste, il est également l'auteur de La Couleur d'une mère, best-seller aux Etats-Unis, et de L'Oiseau du Bon Dieu, National Book Award en 2013.


Dany Laferrière


Fils d'un ancien maire de Port-au-Prince, il a grandi à Haïti avant de rejoindre Montréal en 1976. Révélé avec Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, il a travaillé à la radio et à la télévision tout en poursuivant son oeuvre littéraire. Prix Médicis en 2009 pour L'Enigme du retour, il a été élu à l'Académie française en 2013.
https://www.lexpress.fr/culture/livre/

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