International

Liberté religieuse: Washington pointe le «génocide» commis par l'EI

Le département d'État américain a présenté le 15 août 2017 son état des lieux annuel de la liberté religieuse dans le monde. Noyé dans la polémique sur les groupes extrémistes de droite et leur rapport ambigu avec Donald Trump, il reste cependant important. Le panorama, qui porter sur 200 pays, est sombre. Le document estime que le « génocide » commis par l'organisation Etat islamique est la principale préoccupation du gouvernement américain.

L'entrave à la liberté religieuse existe réellement partout dans le monde. Selon le département d'État américain, près de 80 % de la population mondiale est confrontée à « des restrictions ou des actes hostiles qui limitent leur liberté religieuse ».

Son rapport de 2017 recense les discriminations contre les musulmans et l'antisémitisme en Europe, et pointe les traditionnels ennemis historiques des Américains, Iran ou Chine, mais aussi des alliés actuels comme l'Arabie Saoudite ou le Pakistan.

Comme l'an passé, le document met en avant les atrocités commises par les « terroristes » de l'organisation Etat islamique (EIqui « continuent de cibler de nombreux groupes religieux et ethniques par le viol, les enlèvements, l'esclavage et même la mort ».

« Muslim Ban »

Et d'affirmer que la priorité de l'administration américaine actuelle en matière de droits de l'homme est la protection de ces victimes d'un « génocide ».

Le rapport ne comporte pas de grandes surprises, mais il était attendu étant donné les positions controversées de Donald Trump, qui a souvent stigmatisé les musulmans.

Candidat, il avait par exemple appelé à surveiller les mosquées américaines. Président, il a tenu sa promesse de promulguer un décret pour empêcher l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de plusieurs pays musulmans, ainsi qu'aux réfugiés du monde entier.

Les moments marquants des Mondiaux d’athlétisme 2017

Les Championnats du monde 2017 d’athlétisme se sont achevés ce 13 août à Londres. Ces Mondiaux auront été riches en moments marquants, de la victoire du Britannique Mo Farah sur 10 000m à la chute du Jamaïcain Usain Bolt, en passant par la doublé manqué du Sud-Africain Wayde Van Niekerk. Rappel.

4 août : la victoire de Mo Farah sur 10 000m lance les Mondiaux

Dans un Stade olympique en ébullition, Mohamed Farah remporte la première médaille d’or des Championnats du monde 2017 d’athlétisme. Le Britannique manque de trébucher plusieurs fois, il résiste aux assauts de ses rivaux d’Afrique de l’Est. « Mo » réussit la passe de trois sur 10 000 mètres aux Mondiaux.

5 août : Usain Bolt battu par les Américains Gatlin et Coleman

Ce devait être une fête avant la retraite de la légende du sprint. Mais les Américains Christian Coleman et Justin Gatlin ne sont pas venus à Londres, pour jouer les faire-valoir. Le premier devance Usain Bolt en demi-finale avant que le Jamaïcain ne soit battu par les deux en finale du 100 mètres. Gatlin, ex-dopé, accueilli par des huées, fait taire le public. En coulisses, dans la foulée, Gatlin et Bolt multiplient les hommages mutuels, pour éviter des polémiques à l’athlétisme.

5 août : Almaz Ayana écrase le 10 000m féminin

Le sacre de Gatlin a éclipsé la victoire ahurissante d’Almaz Ayana sur 10.000 mètres. L’Ethiopienne a littéralement ventilé ses rivales. Sa compatriote Tirunesh Dibaba, deuxième, est reléguée à plus de 46 secondes. Du jamais vu sur cette distance. Beaucoup de grimaces et d’interrogations à l’arrivée. Comment une athlète qui n’a quasiment disputé aucune course en 2017 et qui a passé plusieurs mois recluses en Ethiopie peut-elle dominer son sujet à ce point ?

8 août : Wayde Van Niekerke remporte facilement le 400m

Le sacre de Wayde Van Niekerke est nettement moins contesté. Le Sud-Africain s’impose aisément en finale. Celui qui a été bombardé nouvelle icône de l’athlétisme a eu le droit à un calendrier des Mondiaux aménagé spécialement pour lui permettre d’égaler la performance de l’Américain Michael Johnson : remporter l’or sur le 200 et le 400 mètres.

9 août : Isaac Makwala défie les éléments et les organisateurs

Scène rare et presque étrange : Isaac Makwala dispute seul, sous une pluie battante, une série de repêchage sur 200 mètres. Le Botswanais, mis en quarantaine 48h à cause d’une épidémie de gastroentérite dans un hôtel, effectue quelques pompes à l’arrivée, sur la piste, comme une démonstration de force. La veille, il s’était présenté à l’entrée du Stade pour disputer le 400m mais avait été refoulé par les organisateurs pour des questions sanitaires. Fou de rage, « Badman » est bien décidé à se venger sur le 200 mètres, pour le plus grand plaisir d'un public ému par ses mésaventures.

10 août : Ramil Guliyev gâche la fête de Van Niekerk

Ni Makwala, ni Van Niekerk sur la plus haute marche du podium du 200 mètres. Le Sud-Africain, fatigué par l’enchaînement des courses, échoue à 2 centièmes de Ramil Guliyev. Le Turc offre une médaille rare à son pays, en sprint, aux Mondiaux.

12 août : Mo Farah coincé par les Ethiopiens

Pas de doublé pour Mo Farah non plus, un grand dam du public londonien. Sur 5 000 mètres, le Britannique est cette fois victime du piège tendu par les Ethiopiens. Le tenant du titre est coincé et Muktar Edris en profite pour s’imposer. A l’arrivée, ce fondeur de 23 ans encore peu connu effectue le « Mobot », la geste de la victoire inventé par Farah…

12 août : Allyson Felix bat le record de médailles aux Mondiaux

Allyson Felix rentre dans l’histoire. Avec la victoire des Américaines en relais 4x100 mètres, elle décroche la quinzième breloque de sa carrière en Championnats du monde, dont dix en or. La sprinteuse de 31 ans devient ainsi l’athlète la plus médaillée des Mondiaux, devant le Jamaïcain Usain Bolt et sa compatriote Merlene Ottey. Elle en gagnera une seizième le lendemain, avec le relais 4x400m.

12 août : La Russe Lasitskene parée d’or sous la bannière de l’IAAF

Maria Lasitskene est sur la plus haute marche du podium en saut en hauteur mais c’est l’hymne de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) qui retentit. La tenante du titre fait partie de la vingtaine d’athlètes russes autorisés à concourir sous une bannière neutre, la Russie étant suspendue par l’IAAF à cause de ses pratiques en matière de dopage.

12 août : Usain Bolt s’effondre en plein relais

Les remises de médaille s’enchaînent, le speaker du Stade rend un hommage appuyé à Farah. Pendant ce temps-là, les relayeurs du 4 x 100 mètres se réchauffent comme ils peuvent. La finale commence avec une douzaine de minutes de retard et s’achève dans la sidération. Les Britanniques finissent en tête, mais les yeux sont rivés sur un homme à terre : Usain Bolt. Le Jamaïcain, pour la toute dernière course de sa carrière, a été victime d’une crampe. Un couac énorme pour lui et pour l’IAAF qui organise une cérémonie d'adieu, le lendemain.

13 août : Caster Semenya reste la patronne du 800m

En bronze sur 1 500 mètres, Caster Semenya ajoute l'or à son palmarès avec le 800 mètres, sa grande spécialité. Celle dont l'hyperandrogénie - une production excessive d'hormone mâle - est dans le viseur de l'IAAF répond sur la piste : « Je suis là pour divertir les gens, pas pour entretenir des absurdités. » La Sud-Africaine promet maintenant de s'attaquer au record du monde du double tour de piste.

RFI

Oeufs contaminés au Fipronil: le scandale s'étend, l'Europe de l'est touchée

Des millions d'œufs en provenance des Pays-Bas ont été contaminés par le Fipronil, un insecticide pourtant interdit dans le traitement d'animaux destinés à l'alimentation. Le scandale, dénoncé par la Belgique fin juillet 2017, prend de l’ampleur et divise les Européens. Des tonnes d'œufs ont été saisis dans plusieurs pays de l'UE, tandis que des arrestations et des perquisitions ont eu lieu ce jeudi au Pays-Bas et en Belgique. Douze pays sont actuellement touchés.

L'enquête sur la fraude à l'origine de la contamination de millions d'œufs en Europe par le Fripronil, un insecticide du géant allemand de l’industrie chimique Basf, se précise.

Les parquets de la Belgique et des Pays-Bas ont publié un communiqué jeudi. On y apprend que les services belges et néerlandais ont formé une équipe d'investigation conjointe et qu'une opération simultanée a eu lieu hier jeudi dans les deux pays : plusieurs perquisitions (dont onze en Belgique) ont été menées dans des entreprises de désinfection d'élevages avicoles et des échantillons ont été prélevés sur des machines.

Elles ont abouti à l'arrestation de deux dirigeants de ChickFriend, entreprise néerlandaise chargée de la désinfection dans les élevages. Dès le mois de juillet, 6000 litres de Fibronil auraient été saisis chez Poultry-Vision- le pendant belge de ChickFriend - à l'origine du scandale. Son dirigeant a été entendu mais laissé en liberté « sous strictes conditions » selon le parquet belge.

La Roumanie atteinte à son tour

Plusieurs autres pays ont reconnu avoir trouvé des traces de contamination. Ainsi jeudi soir, le Danemark annonçait que vingt tonnes d'œufs contaminés ont été vendus dans le pays ; la Roumanie déclarait à son tour avoir découvert dans un entrepôt de l'ouest du pays une tonne de jaunes d'œufs contaminés au Fipronil, en provenance d'Allemagne. Le Luxembourg a fait savoir que des oeufs contaminés avaient été vendus dans ses supermarchés et dans la soirée, la Slovaquie a annoncé être à son tour atteinte.

Le Royaume-Uni, qui avait jusque-là affirmé n'être que marginalement touché, a lui aussi annoncé ce jeudi que 700 000 œufs contaminés avaient été importés pour être utilisés dans la fabrication de produits alimentaires, notamment la garniture de sandwichs et autres produits réfrigérés. Onze de ces mets ont désormais été retirés des rayons de certains supermarchés britanniques tels que Sainsbury's, Morrisons, Waitrose ou encore Asda.

L'autorité britannique de sécurité alimentaire se veut néanmoins rassurante et déclare que ce chiffre de 700 000 œufs ne représente que 0,007 % de ceux mangés au Royaume-Uni chaque année. Il est donc « très peu probable que ces œufs posent un risque pour la santé publique puisque de nombreux œufs contaminés ont été mélangés avec d'autres ne provenant pas d'élevages affectés, de sorte que les résidus de fipronil sont fortement dilués ».

La présence d'œufs contaminés est attestée jusqu'à présent dans douze pays européens: Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, France, Suède, Suisse, Luxembourg, Danemark, Autriche, Slovaquie, Roumanie.

Les Pays-Bas accusés

La Belgique accuse les autorités sanitaires néerlandaises d’avoir eu connaissance du scandale dès novembre 2016 et d’avoir omis d’en informer les pays voisins. Des accusations réfutées par les Pays-Bas. Quoiqu'il en soit, depuis que les Belges ont dénoncé le scandale, des dizaines de millions d’œufs ont été retirés de la vente en Belgique, en Allemagne - le pays le plus affecté - et dans une moindre mesure en France et dans d’autres pays européens.

Certains commencent à mesurer les pertes économiques induites par la fermeture de sites d'élevage avicole ou de transformation des oeufs: l'organisation agricole néerlandaise les estime à « au moins 150 millions d'euros » et en Belgique, où 50 exploitations sont toujours fermées, le gouvernement a promis des mesures de soutien, rapporte notre correspondante à Bruxelles, Laxmi Lota.

Le Fipronil, considéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « modérément toxique » pour l'homme, est dangereux pour les reins, le foie et la thyroïde s'il est absorbé en grande quantité. Les faibles concentrations mesurées dans les oeufs contaminés rendent toutefois le risque d'empoisonnement très faible. Son utilisation est interdite sur les animaux destinés à la chaîne alimentaire dans l'Union européenne, mais reste courante dans de nombreux produits antiparasitaires pour animaux de compagnie.

RFI

D. Trump et Kim Jong-un-Corée du Nord : propos musclés et scénario catastrophe Alors que l’escalade verbale entre Washington et Pyongyang a encore été entretenue par Donald Trump, jeudi, des analystes envisagent plusieurs options de sortie de crise.

 

D. Trump et Kim Jong-un-Corée du Nord : propos musclés et scénario catastrophe
Alors que l'escalade verbale entre Washington et Pyongyang a encore été entretenue par Donald Trump, jeudi, des analystes envisagent plusieurs options de sortie de crise.


Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters


L'escalade verbale entre les Etats-Unis et la Corée du Nord a franchi une nouvelle étape, jeudi 10 août, quand Donald Trump a défendu sa formule controversée sur « le feu et la fureur » promis à Pyongyang, estimant qu'elle n'était « peut-être pas assez dure ».
Le président américain a fait ses déclarations lors d'une rencontre avec son équipe de conseillers à la sécurité nationale, puis devant la presse. Il tenait une conférence de presse depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe ses vacances.


• Nouveau florilège de menaces


Donald Trump a cette fois visé plus particulièrement le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. « Il a grandement manqué de respect à notre pays. Il a dit des choses horribles. Et avec moi, il ne va pas s'en tirer comme ça. (...) La donne a changé », a assuré l'occupant du bureau Ovale.
Et loin d'atténuer ses propos, il a ensuite développé sa mise en garde. « Je lis, a-t-il dit en reprenant la dépêche de l'agence officielle nord-coréenne KCNA de mercredi, "Nous serons à Guam [île du Pacifique stratégique pour les Etats-Unis et sur laquelle Washington dispose de bases militaires] d'ici au 15 août." Voyons ce que [Kim Jong-un] fait avec Guam. S'il fait quelque chose à Guam, ce qui arrivera en Corée du Nord sera un événement jamais vu jusqu'alors. » Et de poursuivre : « Ce n'est pas un défi. C'est une déclaration. (...) Il ne va pas continuer à menacer Guam. Et il ne va pas menacer les Etats-Unis. Et il ne va pas menacer le Japon. Et il ne va pas menacer la Corée du Sud. »

Le président en a profité pour dénoncer la passivité de ses prédécesseurs à la Maison Blanche. « Il est grand temps que quelqu'un parle haut et fort pour les habitants de notre pays et les habitants d'autres pays », a-t-il notamment déclaré.


• Retour aux négociations ?


Plusieurs solutions de sortie de crise sont toutefois envisagées par les analystes.
Selon le Washington Post, le renseignement militaire américain en est désormais convaincu : Pyongyang a réussi à suffisamment miniaturiser une bombe atomique pour l'embarquer sur l'un de ses missiles intercontinentaux. Il faut accepter le fait que ce pays possède maintenant des armes nucléaires, expliquent certains spécialistes, ce qui rend toute action militaire impossible car trop dangereuse.
Lire aussi : Corée du Nord : la crise souligne les carences de l'administration Trump


« Pour les Etats-Unis, il ne reste plus qu'à négocier avec la Corée du Nord, pour essayer de réduire les tensions et résoudre certains conflits. Il ne faut plus essayer de leur enlever l'arme nucléaire », développe Jeffrey Lewis, chercheur à l'Institut Middlebury des études internationales.


Jeudi, à la fin de sa conférence, Donald Trump a affirmé qu'une négociation avec Pyongyang était toujours possible, mais il a aussitôt ajouté que les pourparlers échouaient depuis vingt-cinq ans.
Dans les années 2000, la Corée du Nord semblait pourtant s'être faite à l'idée d'un ralentissement et d'un contrôle de son programme nucléaire, après des discussions multilatérales avec la Chine, la Russie, le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud. Mais le pays était alors dirigé par Kim Jong-il. Son fils et actuel leader, Kim Jong-un, a pour sa part refusé tout dialogue.


• Pékin au centre du jeu


Samedi 5 août, le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a voté à l'unanimité, sur proposition des Etats-Unis, de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord. La Russie et la Chine – partenaires économiques de Pyongyang – ont approuvé ces mesures, qui pourraient coûter au pays 1 milliard de dollars annuels en revenus (jusqu'à 850 millions d'euros).
La Chine, qui compte pour 90 % des échanges commerciaux de la Corée du Nord, a déjà été accusée de ne pas appliquer les sanctions qu'elle avait pourtant votées contre Pyongyang. Pékin redoute d'autre part un effondrement du régime de Kim Jong-un.
Jeudi, dans ses critiques, Donald Trump n'a d'ailleurs pas épargné la Chine et il a exhorté le pays à durcir le ton avec la Corée du Nord. « Pékin peut faire beaucoup plus », a insisté le président américain.


• L'option militaire


Les scénarios du Pentagone si une intervention militaire devait advenir varient de la frappe chirurgicale sur des cibles précises à l'attaque préventive pour pousser à un soulèvement de la population nord-coréenne avec l'espoir d'un renversement de Kim Jong-un.
Cependant, toute intervention armée entraînerait une réaction de Pyongyang aux conséquences difficiles à cerner, mais à la gravité certaine.
Le ministre américain de la défense, James Mattis, a déjà mis en garde contre la dangerosité des représailles de Pyongyang, en expliquant qu'elles seraient « d'un niveau inédit depuis 1953 », et la fin de la guerre de Corée. Kim Jong-un a notamment massé des unités d'artillerie à la frontière avec la Corée du Sud, à seulement 55 km de Séoul.
Mais le scénario d'une guerre ouverte entre les deux Corées semble peu probable, en tout cas à court terme. C'est bientôt la saison des récoltes et Kim Jong-un n'a pas annoncé de mobilisation militaire ; Joe Bermudez, analyste pour le site 38 North, rappelle qu'elle viderait aussitôt dangereusement les usines et surtout les champs, faisant resurgir le risque d'une famine. « Kim Jong-un n'est pas bête. Il est peu probable qu'il mobilise ses troupes à cette période de l'année », assure-t-il.


Un éventuel conflit entre les Etats-Unis et la Corée du Nord serait « catastrophique », a reconnu, jeudi, James Mattis, assurant à l'inverse que les efforts diplomatiques pour régler la crise avec Pyongyang portaient leurs fruits. « La guerre est une tragédie bien connue, il n'y a pas besoin de faire un dessin », a ajouté le chef du Pentagone alors que le président Donald Trump redoublait de virulence face à la Corée du Nord.


Trump promet « le feu et la colère » à la Corée du Nord, qui lui répond


Il promet une réaction d'une ampleur « que le monde n'a jamais vue jusqu'ici ». Donald Trump a brusquement haussé le ton, mardi 8 août, face à la Corée du Nord, qui se heurtera, selon lui, au « feu et [à] la colère » si elle persiste à menacer les Américains. « La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les Etats-Unis », a déclaré le président américain, dans son golf de Bedminster (New Jersey), où il passe ses vacances d'été.
La veille, Pyongyang avait promis de faire payer « un millier de fois » aux Etats-Unis « le prix de leurs crimes », ou encore de transformer Séoul en « mer de flammes ». Cela, à la suite de l'adoption récente par l'ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord dans le cadre d'une résolution proposée et mise en avant par Washington.
Aux déclarations du président américain, les Nord-Coréens ont répondu, mercredi, qu'ils envisageaient de tirer des missiles vers les bases américaines de l'île de Guam, dans le Pacifique. L'agence de presse officielle nord-coréenne, KCNA, a déclaré qu'« actuellement, [le pays] étudie avec attention le plan opérationnel afin de faire feu sur les zones situées autour de Guam avec une fusée balistique à portée intermédiaire Hwasong-12 ». Ce projet sera finalisé « et sera mis en pratique de manière consécutive et simultanée, dès que Kim Jong-un, le commandant suprême de la force nucléaire, le décidera », a ajouté l'agence.


Sur son compte Twitter mercredi à la mi-journée, M. Trump a une nouvelle fois brandi la menace nucléaire face à la Corée du Nord. Le président américain a ainsi prévenu que l'arsenal nucléaire américain était « plus fort et plus puissant que jamais auparavant (...) Espérons que nous n'ayons jamais à utiliser cette puissance, mais nous seront toujours la nation la plus puissante du monde ! »


L'île de Guam menacée


L'île de Guam, qui est visée par la Corée du Nord, abrite une base militaire américaine comptant un escadron de sous-marins, une base aérienne et un groupe de gardes-côtes. La déléguée du territoire de Guam à la Chambre des représentants, Madeleine Z. Bordallo, a très vite précisé dans un communiqué que l'île restait sûre et s'est dite convaincue de la « capacité de la défense américaine à [la] protéger ». Dans une vidéo, le gouverneur de Guam, Eddie Calvo, a estimé que l'annonce nord-coréenne ne représentait pas une menace et a assuré que l'île était préparée « à toute éventualité ». Washington n'a recommandé aucun changement dans le niveau d'alerte du territoire, selon lui.


Pyongyang se dit en mesure de toucher le sol américain


Après le nouveau tir de missile balistique nord-coréen, Donald Trump dispose de peu de leviers pour contraindre la RPDC à renoncer à l'armement nucléaire.


LE MONDE Par Harold Thibault


En procédant à un nouveau tir de missile balistique intercontinental (ICBM), vendredi 28 juillet au soir, Pyongyang a fait la démonstration de sa capacité à frapper le sol américain. Le missile Hwasong-14 a atteint une altitude maximale de 3 700 km et volé quarante-cinq minutes pour s'abîmer en mer, à un millier de kilomètres de son pas de tir, dans la zone économique exclusive du Japon (200 milles nautiques de la côte). Les observateurs américains ont pris ces données et fait leurs calculs. Pour l'Union of Concerned Scientists, le missile tiré à un angle plus horizontal aurait une portée de 10 400 kilomètres, mettant ainsi les villes de Los Angeles, Denver ou Chicago dans son rayon.
De toutes les estimations, ce quatorzième tir de l'année est une démonstration de force inédite de la part de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), quelques semaines seulement après le premier lancement, le 4 juillet, d'un missile de portée intercontinentale. L'agence de propagande KCNA a dit la « fierté » du dirigeant Kim Kong-un de constater que son pays fait la preuve de sa « capacité au lancement surprise d'ICBM dans toute région et à tout moment » et de savoir que « la totalité du territoire américain était dans le champ de tir ».
Doutes


Plusieurs défis technologiques persistent pour l'armée nord-coréenne. Le pays a déjà procédé à six essais nucléaires, dont deux en 2016, mais des doutes persistent sur l'étape de la miniaturisation, qui doit permettre de monter la charge sur un missile. Il peinerait également sur la précision du ciblage ainsi que sur la phase de rentrée atmosphérique, qui soumet le missile à une chaleur extrême – le Nord dit maîtriser ce savoir-faire, le Sud juge cette possibilité « faible ».


Le franchissement de nouveaux paliers contraint les Etats-Unis à revoir leur copie. Le New York Times révélait, mardi 25 juillet, que les agences de renseignement américaines, qui estimaient jusqu'alors...


http://www.lemonde.fr/ameriques/article/

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