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En direct. Emmanuel Macron et Marine Le Pen à l'hommage du policier tué

Deux jours après le 1er tour, François Hollande préside une cérémonie à la mémoire de Xavier Jugelé, abattu jeudi sur la célèbre avenue parisienne.

Pour la première fois depuis le premier tour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent ensemble à l'hommage de Xavier Jugelé, le policier tué jeudi lors de l'attentat sur les Champs-Élysées. L'hommage est rendu dans la cour de la préfecture de police en présence des deux candidats qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle, qui ont répondu favorablement à l'invitation de François Hollande. Xavier Jugelé sera élevé à titre posthume au rang de capitaine et sera fait chevalier de la Légion d'honneur.

Le policier de 37 ans a été tué jeudi de deux balles dans la tête par Karim Cheurfi, qui a blessé deux autres policiers, dont l'un grièvement, ainsi qu'une touriste allemande, avant d'être abattu. Il était membre de la 32e compagnie de direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris. Jeudi peu avant 21 heures, à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, une voiture s'arrête à la hauteur d'un car de police garé dans le haut de la célèbre avenue des Champs-Élysées, au cœur de Paris. Le conducteur, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans, sort et tire à l'arme automatique de type kalachnikov contre le véhicule des forces de l'ordre, tuant Xavier Jugelé. L'assaillant, bien connu de la police et de la justice pour son intention de tuer les forces de l'ordre, tire de nouveau vers les policiers, qui ripostent et l'abattent.

11H07 - "Je suis parti travailler et tu dormais encore"

Le compagnon de Xavier Jugelé prend la parole. Dans un discours très émouvant, il explique que, le jour des faits, le couple préparait son projet de vacances : "Je suis parti travailler et tu dormais encore." Sur les Champs-Élysées, "à cet instant, à cet endroit", le "pire est arrivé". "Tu a été emporté sur le coup, tes camarades ont été blessés, l'un d'eux gravement. Ils se remettent progressivement. Nous en sommes soulagés", lance-t-il, très ému.     

11 h 02- Le cercueil de Xavier Jugelé entre dans la cour de la préfecture de police

 La cérémonie d'hommage au policier tué par Karim C. a commencé. Sont notamment présents l'ex-chef de l'État Nicolas Sarkozy, les anciens Premiers ministres Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls ou encore Jean-Pierre Raffarin, ainsi que le procureur de Paris François Molins et les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Claude Bartolone et Gérard Larcher.      

10 h 38 - Le Maire propose de participer au gouvernement si En marche ! n'a pas de "majorité claire"

     

"Je voterai pour Emmanuel Macron" au second tour de la présidentielle, a déclaré l'ancien ministre Bruno Le Maire (Les Républicains) sur RMC et BFM TV. "On banalise la situation politique actuelle", a-t-il regretté. "Une victoire de Marine Le Pen le 7 mai prochain est possible. On fait comme si l'élection d'Emmanuel Macron était acquise", a poursuivi le député de l'Eure, qui "pense qu'on fait une erreur profonde" à cet égard. "Bien sûr que j'ai des divergences avec Emmanuel Macron. (...) Son projet n'est pas à la hauteur de la situation, notamment en matière économique, (...) il faut aller beaucoup plus loin. (...) Mais il est républicain. Il peut diriger la France." Comme on lui demandait s'il pourrait intégrer un gouvernement sous la présidence de M. Macron, Bruno Le Maire a évoqué trois hypothèses : la droite battue aux élections législatives et donc dans une "opposition constructive" ; une majorité derrière Macron ; une chambre "dans laquelle aucune majorité claire ne se dégage". Alors, "la seule chose qui compte, c'est l'intérêt de la France" et "je n'aurai aucune hésitation". "Je ne fais pas de la politique pour mon parti, je fais de la politique pour la France."

     

10 h 20 - Les trois intuitions d'Emmanuel Macron

 Encore inconnu il y a trois ans, le candidat d'En marche ! a eu trois visions qui l'ont construit. Deux d'entre elles se sont déjà réalisées...

LIRE : Les trois intuitions d'Emmanuel Macron      

09 h 00 - Marine Le Pen critique le "libre-échange total"

En visite au marché alimentaire de Rungis, Marine Le Pen s'est posée en candidate de la "régulation" contre son adversaire Emmanuel Macron, celui de l'"ouverture totale". "Emmanuel Macron est pour la dérégulation totale, l'ouverture totale, le libre-échange total. Moi, je crois que l'État doit poser des régulations au marché pour établir une concurrence loyale, permettre qu'un acteur ne détruise pas l'autre, comme c'est souvent le cas avec la grande distribution", a affirmé Marine Le Pen. Elle s'est inquiétée du "libre-échange total qui va mettre nos productions en concurrence totale avec des produits de moins grande qualité, de moins bonne traçabilité".

 08 h 00 - Christine Boutin appelle à voter pour Marine Le Pen

Christine Boutin, ex-candidate à la présidentielle et ex-ministre de Nicolas Sarkozy, prône "le vote révolutionnaire" en faveur de Marine Le Pen pour faire battre Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, dans une série de tweets lundi. "Voter Le Pen, ce n'est pas adhérer aux idées FN, mais c'est affaiblir EM" (Emmanuel Macron), écrit l'ancienne présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD). "Français de droite, nous sommes depuis le résultat d'hier dans une situation impossible ! Le vote révolutionnaire peut être la réponse", ajoute-t-elle au lendemain de l'élimination du candidat de la droite François Fillon au premier tour.

RFI

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Après le premier tour, une nouvelle campagne commence pour Le Pen et Macron

Après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, quelles leçons tirer du premier tour ? Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde » a répondu à vos questions.

Au lendemain du premier tour, qu’Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont remporté, quels enseignements tirer ? Le vote blanc et l’abstention risquent-ils d’être élevés ? Quelles conséquences pour celle ou celui qui sera président(e), et pour leurs soutiens ? Gérard Courtois,éditorialiste au Monde, a répondu, dans un tchat organisé lundi 24 avril, à vos questions.

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– SebR : Maintenant que le PS est dans un position de faiblesse extrême, sa survie passe-t-elle obligatoirement par une alliance avec Emmanuel Macron ? Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pourrait-il continuer à grappiller des voix aux législatives si une telle alliance ouverte et officielle naissait ?

C’est évidemment l’un des résultats majeurs de la soirée de dimanche. Le Parti socialiste (PS) se trouve pratiquement laminé : avec 6,3 % des suffrages exprimés (et moins de 5 % des inscrits), il enregistre son plus mauvais résultat depuis un demi-siècle.

Ce résultat est d’autant plus calamiteux que Benoît Hamon avait obtenu le ralliement du candidat écologiste Yannick Jadot. Par comparaison, François Hollande et Eva Joly, en 2012, avaient rassemblé 31 % des suffrages exprimés.

Tout y a contribué : le quinquennat chaotique de François Hollande, les fractures qui sont apparues entre socialistes de gouvernement et frondeurs, enfin la campagne terriblement ratée de Benoît Hamon. C’est un échec individuel pour lui qui espérait s’imposer à la tête du PS à l’avenir. Et c’est un échec collectif pour l’ensemble des socialistes.

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Une alliance avec Emmanuel Macron paraît à ce stade difficilement réalisable. L’ancien ministre de l’économie a en effet imposé à tous ceux qui postulent pour être ses candidats aux législatives de se placer sous la bannière d’En marche ! Pour les quelque 230 députés socialistes sortants, un tel choix relèverait de l’hara-kiri.

Le risque, dès lors, pour les socialistes est de se retrouver à la fin du mois de juin à l’étiage parlementaire qu’ils avaient connu en 1993 : à peine plus de cinquante députés. C’est sur la base de ces résultats aux législatives qu’un accord de gouvernement pourrait éventuellement être passé avec les forces soutenant le président de la République, Emmanuel Macron par hypothèse.

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– Emilie : Emmanuel Macron était plein d’euphorie hier soir. Il ne semble pas avoir pris la mesure de la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Les reports de voix en sa faveur sont-ils si certains qu’aucune action de conquête de l’électorat de ses adversaires ne s’impose ?

L’euphorie du candidat d’En marche ! était effectivement manifeste. Et assez logique si l’on prend la mesure de l’invraisemblable pari qu’il a réussi à tenir en quelques mois. Mais il est évident qu’il aurait grand tort de croire le deuxième tour déjà joué. C’est une nouvelle campagne qui commence. Elle va être très différente de celle du premier tour, où l’on n’a pas eu de véritable confrontation entre les candidats.

Durant la douzaine de jours à venir et notamment lors du débat télévisé du 3 mai, c’est au contraire un affrontement sans merci qui va s’engager avec la candidate du Front national. En outre, aucun candidat n’est à l’abri d’une erreur lourde de conséquences, surtout dans un délai aussi ramassé. Si Mme Le Pen s’imposait nettement lors du débat du 3 mai, il resterait fort peu de temps à M. Macron pour riposter.

– E. : Y aura-t-il une vague Cevipof entre les deux tours ? De plus, la fracture villes-campagne est frappante, les grandes villes ont l’air d’avoir voté majoritairement Mélenchon-Macron…

Oui, il y aura une vague Cevipof entre les deux tours. Elle sera a priori publiée dans le journal du 3 mai (daté 4 mai). Quant à la fracture ville-campagne, j’ai répondu dans une précédente question.

– Ghils : Au vu du peu d’entrain que suscite ce second tour pour les électeurs de gauche (dont je suis), le vote blanc et l’abstention risquent d’être assez élevés ! Pour ma part, je voterai blanc. Quelles conséquences pour la légitimité du/de la futur(e) président(e) ?

Au premier tour, contrairement à ce que laissaient présager les sondages, le taux d’abstention (21,8 %) et le niveau des votes blancs (1,8 %) n’ont pas été particulièrement supérieurs à ce que l’on avait observé lors des scrutins de 2012 et de 2007.

En revanche, il est très vraisemblable que le niveau du vote blanc va être beaucoup plus significatif au second tour. A gauche, bon nombre d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon, en particulier, ne se reporteront pas sur Emmanuel Macron. Ils sont aujourd’hui 29 % à refuser ce choix. A droite, de la même manière, bon nombre d’électeurs de François Fillon et surtout de Nicolas Dupont-Aignan préféreront l’abstention ou le vote blanc à un vote Macron.

Quant à la légitimité du futur président, elle est de toute façon vouée dès le départ à être fragile : Emmanuel Macron a recueilli à peine plus de 18 % des voix des inscrits et Marine Le Pen à peine plus de 16 %. C’est un socle très faible pour l’un comme pour l’autre.

– tarti : La plus belle victoire d’hier n’est-elle pas celle des sondeurs ?

Vous n’avez pas tort. On a assez, de tous côtés et sur tous les tons, accusé les sondeurs de raconter n’importe quoi pour ne pas souligner la précision de leurs enquêtes d’intentions de vote et de leurs estimations dimanche soir.

C’est en particulier le cas d’Ipsos, qui est notre partenaire avec le Centre de recherche de Sciences Po (Cevipof) depuis dix-huit mois. Les dernières enquêtes précédant le premier tour indiquaient non seulement l’ordre d’arrivée exacte des principaux candidats mais également leurs scores à un point près au maximum. Quant à l’estimation à 20 heures hier, elle était exacte à 0,3 point près.

– Elisia : L’élimination des deux grands partis au premier tour annonce-t-elle la fin du bipartisme français tel qu’on l’a connu jusqu’à aujourd’hui ?

C’est indéniablement un bouleversement du paysage politique. Celui-ci a été dominé depuis le début des années 1970 par l’affrontement bipolaire entre la droite et une gauche conduite par le Parti socialiste. L’élimination des candidats de ces deux partis dimanche soir est donc un double séisme.

Selon l’expression qui s’est rapidement imposée, c’est une sorte de « 42 avril », c’est-à-dire le 21 avril 2002 multiplié par deux. L’échec des Républicains et l’effondrement du Parti socialiste traduisent la décomposition d’un système ancien, usé jusqu’à la corde, autant qu’un besoin très fort d’un renouvellement auquel aspirent les Français.

Mais cette décomposition ne préjuge en rien, à ce stade, de la manière dont le paysage politique va se réorganiser. Selon les résultats du PS et des Républicains aux législatives de juin, sera ou non confirmé leur effacement durable. Le risque est évidemment beaucoup plus fort pour les socialistes qui viennent d’enregistrer l’un des revers les plus cuisants de leur histoire.

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– Jérémy : Le vote pour Emmanuel Macron est-il un vote d’adhésion, ou un vote « par défaut », qui s’explique surtout par le rejet de la personnalité (et des affaires) de François Fillon ? Peut-on dire que, pour ce premier tour, les motivations des électeurs sont d’une certaine façon les mêmes qu’en 2012, où le rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy avait valu la victoire à François Hollande, plus que l’adhésion à son programme ?

Dans toutes élections et notamment à la présidentielle, il y a une part de vote de rejet. C’est particulièrement vrai lorsque le président sortant se représente et se voit reprocher son bilan. C’est ainsi que François Mitterrand l’avait emporté contre Valéry Giscard d’Estaing en 1981 et que François Hollande avait surclassé Nicolas Sarkozy en 2012.

Cette année, on a assisté à « un vote contre » tous azimuts : vote contre François Fillon du fait des affaires judiciaires qui l’ont discrédité, vote contre Benoît Hamon parce que l’affaiblissement de sa candidature donnait à beaucoup d’électeurs le sentiment d’un choix perdant, vote contre Marine Le Pen au profit d’Emmanuel Macron vécu par bon nombre d’électeurs comme le meilleur rempart contre l’extrême droite.

Il y a bien sûr eu une part de vote d’adhésion, notamment en faveur de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron. Mais il est certain que le vote utile, ou plus exactement les votes utiles, a pesé plus lourdement que lors des deux précédents scrutins présidentiels. Et ce comportement risque d’être démultiplié au second tour.

 

 

Le Monde.fr

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Editorial du « Monde » : le refus du Front national

La présence de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle et la défaite cuisante des candidats LR et du PS font peser une menace inédite.

Editorial du « Monde ». Le bouleversement du paysage politique provoqué par le premier tour de la présidentielle, dimanche 23 avril, allie deux caractéristiques d’apparence contradictoire : à la fois prévisible et radical, attendu et néanmoins surprenant. Il était prévisible parce que les instituts de sondage, irréprochables tout au long de cette campagne, avaient annoncé la physionomie du second tour depuis plusieurs semaines.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, cette perspective est récente, elle a grandi à chacun des nombreux coups de théâtre de cette période, dont le candidat a su profiter avec talent. Pour ce qui est de Marine Le Pen, les choses se dessinent depuis plus longtemps. La vie politique française se structure depuis plus de deux ans autour de cette certitude que la présidente du FN occuperait l’une des deux places convoitées, et que tous les autres devraient se battre pour la seconde.

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C’est arrivé, comme prévu, malgré une mauvaise campagne de la candidate FN, et un score en retrait par rapport aux différentes élections depuis 2012. Mais il ne faudrait surtout pas que la banalisation de ce résultat relativise la gravité de la blessure infligée à la nation. Pour la première fois, le FN vient de dépasser les 20 % de voix à une élection présidentielle. Sa candidate y a établi le record de suffrages de son parti, avec 7,6 millions d’électeurs, soit 2,8 millions de plus que son père au premier tour de la présidentielle de 2002. Pour la deuxième fois en quinze ans, un parti nationaliste et xénophobe, manipulé par un clan familial cynique et affairiste, se qualifie ainsi pour l’échéance majeure de notre système politique.

Un refus sans faille du FN

Cette récurrence devrait à la fois alerter sur l’état de notre démocratie, et déclencher, comme en 2002, un refus sans faille. Pour Le Monde, cette réaction ne souffrira pas la moindre ambiguïté. Nous avons redit, avant le scrutin, que le Front national est incompatible avec chacune de nos valeurs, avec notre histoire et notre identité. Logiquement, nous souhaitons donc la défaite de Marine Le Pen et appelons pour cela à voter en faveur d’Emmanuel Macron.

Mais le pire, le plus dangereux, le plus irresponsable pour l’avenir de notre pays, serait de considérer que ce prévisible-là est acquis, que la victoire du candidat d’En marche ! ne souffre pas l’ombre d’un doute. Une comparaison devrait suffire à convaincre de la fragilité de ce pronostic. Emmanuel Macron se lance dans cette deuxième partie de campagne avec 62 % des intentions de vote (selon Ipsos Sopra-Steria) là où Jacques Chirac avait conclu la sienne à 82,2 % des suffrages. Vingt points se sont évaporés en quinze ans. Comme se sont volatilisés les appels à manifester de 2002 ou la notion même de « front républicain » opposé au FN.

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C’est le défi que rencontrent les dynamiteurs de système : ils doivent se mouvoir dans un environnement où plus rien n’est stable. Le souffle de l’irruption fulgurante d’Emmanuel Macron a causé d’innombrables dégâts dans les formations majeures de la politique française. Les deux partis de gouvernement et d’alternance sont pour la première fois absents en même temps du second tour, ce qui n’était jamais arrivé à la droite. Le PS a chuté à un score qui le renvoie aux heures les plus difficiles de la SFIO, il y a plus d’un demi-siècle. La droite, pour n’avoir osé tirer la conclusion qu’un candidat discrédité éthiquement ne pourrait se qualifier politiquement, subit une humiliation d’autant plus cuisante qu’elle est infligée par un ancien ministre de François Hollande, président honni dans ce camp, allié à l’autre repoussoir, François Bayrou.

Surmonter la colère

De l’ampleur de ces déconvenues ont fatalement jailli beaucoup de rancœur et d’amertume. Benoît Hamon a su les surmonter pour lancer un appel digne en faveur de l’ancien ministre de l’économie. Mais à droite, les choses semblent beaucoup moins faciles à digérer. Nombre de dirigeants, et d’éditorialistes, font mine de croire que le résultat est certain, pour se dispenser de donner une consigne claire. Beaucoup d’électeurs conservateurs auront sans doute du mal à surmonter leur colère, tant ils ont été chauffés à blanc par un François Fillon, appuyé par les militants de Sens commun, qui n’a pas hésité à tirer toutes les ficelles des extrémismes – incluant complotisme et mise en cause des médias et de la justice – dans sa fuite en avant.

Emmanuel Macron devra également tenir compte de l’ampleur de la protestation sociale mise en avant par le très bon score du leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Rompant avec toutes les traditions de la gauche, celui-ci a refusé, dimanche soir, d’appeler à voter pour l’adversaire du FN. Nul doute qu’un nombre non négligeable de ses électeurs seront tentés par la même attitude. Pour les convaincre de changer d’avis, le candidat centriste ne devra surtout pas commettre la même erreur que Hillary Clinton, qui n’avait tiré aucune conséquence de la longue résistance que lui ont opposée les électeurs de Bernie Sanders. Pour rappel, la candidate démocrate était donnée comme triomphatrice certaine face à Donald Trump, à deux semaines du vote américain.

Le risque d’une abstention massive, un dimanche d’élection qui tombera au milieu du pont du 8 mai, est également loin d’être négligeable. Emmanuel Macron a donc moins de quinze jours pour démontrer à tous ces électeurs réticents qu’il a pris la mesure du choc subi par le système politique français.

Le Monde

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Présidentielle 2017 : François Fillon annonce qu’il votera pour Emmanuel Macron

François Fillon, éliminé dimanche au premier tour de l’élection présidentielle, s’est exprimé après l’annonce des résultats, dimanche 23 avril. Le candidat des Républicains a appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour : « L’extrémisme ne peut qu’apporter malheurs et divisions à la France. Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai en faveur d’Emmanuel Macron. J’estime de mon devoir de vous le dire avec franchise, il vous revient en conscience de réfléchir à ce qu’il y a de mieux pour votre pays et pour vos enfants. »

Il a par ailleurs assuré la responsabilité de cette défaite : « Malgré tous mes efforts, ma détermination, je n’ai pas réussi à vous convaincre. Les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux, trop cruels. La vérité de cette élection sera écrite. J’assume, cette défaite est la mienne, c’est à moi et moi seul de la porter. »

LE MONDE

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