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Réseau d’immigration clandestine France-Sénégal: quatre suspects mis en examen

Quatre personnes soupçonnées d'avoir organisé un lucratif réseau d'immigration clandestine entre le Sénégal et la France ont été mises en examen, ce vendredi 31 mars, a indiqué le parquet de Bobigny.

Trois personnes ont été écrouées et la quatrième placée sous contrôle judiciaire, ce vendredi 31 mars. Le parquet de Bobigny a ouvert une information judiciaire pour aide au séjour en bande organisée, faux documents administratifs, escroquerie en bande organisée et association de malfaiteurs.

Parmi les mis en examen figure la tête de réseau présumée, un Sénégalais connu des services de police. « Ce réseau, actif depuis près de deux ans, a connu un pic d'activité récent grâce à un mode opératoire astucieux qui permettait à ses clients d'obtenir indûment la nationalité française en trompant le Service central de l'état civil (SCEC) de Nantes », selon une source judiciaire.

Le réseau déposait des dossiers de reconnaissance de la nationalité française, en disant que le demandeur était un enfant de Franco-Sénégalais ou de Français nés à l'étranger. Le bureau de Nantes envoyait alors un courrier au pays d'origine pour s'assurer de la véracité de ces informations. Grâce à des complices dans les bureaux d'état-civil, les courriers étaient interceptés puis remis à des faussaires qui fabriquaient à la demande les justificatifs réclamés. Les dossiers étaient alors renvoyés aux autorités françaises qui délivraient d'authentiques certificats de nationalité française.

Un business florissant

« Une soixantaine de dossiers » ont été interceptés par les policiers de l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titres (Ocriest), qui estiment à une centaine le nombre de personnes susceptibles d'avoir fait appel au réseau.

Le trafic était prospère : l'obtention de la nationalité française étant facturée de 10 000 à 12 000 euros et payable à l'avance, a précisé une source policière. Les enquêteurs estiment que le patrimoine du chef de réseau s'élève à plusieurs centaines de milliers d'euros. Ce réseau proposait également des kits complets de documents trafiqués (fausses copies littérales d'actes de naissance, justificatifs de séjour, états civils contrefaits).

Avec AFP

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Présidentielle française: Emmanuel Macron contre les clichés sur la banlieue

Emmanuel Macron s'est rendu jeudi 30 mars dans la soirée à Saint-Denis, en Île-de-France, pour rencontrer pendant près de deux heures des personnalités issues des quartiers populaires qui ont réussi. L’objectif est de changer de discours sur la banlieue et parler de tout ce qu'il y a de positif.

Emmanuel Macron l’avait déjà dit, mais il n’a pas hésité à la répéter dès le début de sa réunion à Saint-Denis : « Moi, j’ai un ennemi, c’est l’assignation à résidence. Les gens qui sont bloqués dans leur situation, le regard qui cantonne les gens à leur quartier, leur famille ».

Le candidat d’En marche ! s’en est ensuite pris aux clichés sur la banlieue. « La Seine-Saint-Denis, il faut qu’on arrête d’en parler en disant que c’est l’endroit où l’on vole des voitures, où il y a de l’insécurité. C’est l’endroit où l’on crée le plus de start-ups en France, c’est l’endroit où il y a deux aéroports internationaux. Mince, c’est un endroit où l’on doit casser tous les plafonds », a lancé le candidat d’En marche !.

Comment « casser ces plafonds », l’interpelle alors une élue de Mantes-La-Jolie, qui critique notamment l’inefficacité des politiques spécifiques. « A partir du moment où l’on met en place des politiques spécifiques, c’est qu’on considère que ces populations ne sont pas tout le monde », assure-t-elle. « Ce sont des politiques de discrimination politique parce que tout le monde n’a pas les mêmes chances », répond Emmanuel Macron.

Si le discours est séduisant, une jeune femme n’est pas convaincue. « Aujourd’hui, on est capable de voir qui fait de la récupération et qui n’en fait pas. Et si vous ne prenez pour des imbéciles, ça ne va pas le faire », argue-t-elle. Un peu stupéfait, le candidat d’En marche ! se reprend: « Je n’avais pas cette intention, mais … Moi, je ne cherche pas des figures prétextes. Je ne cherche pas à organiser un zoo ».

Et pour preuve de sa bonne foi, il évoque le mode de désignation des candidats d’En marche ! aux législatives. « Il y a aujourd’hui 13 000 candidatures. Il y en a plein qui viennent de la diversité comme on dit. Donc ce ne seront pas des prétextes, parce que ce ne sont pas des gens connus », explique-t-il. Emmanuel Macron reprend son argument du renouvellement. Il l’assure, la moitié des députés investis seront des nouveaux visages.

RFI

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"Les jeunes Chinois ont été très touchés par l'affaire Théo" France europe 1


Pour la deuxième soirée consécutive, des membres de la communauté chinoise se sont réunis à Paris, mardi soir. @ AFP

Auteure d'une thèse sur l'intégration des immigrés chinois à Paris, Ya-Han Chuang estime que les manifestations organisées lundi et mardi témoignent de "l'apprentissage politique" des jeunes Chinois.

"Il n'y a aucune raison de croire la police", s'agaçait un manifestant mardi soir, devant le commissariat du 19ème arrondissement de Paris. Pour le deuxième soir consécutif, des dizaines de membres de la communauté chinoise de la capitale étaient rassemblés pour protester contre la mort de Liu Shaoyo, un père de famille de 56 ans, tué dimanche par la police dans des circonstances encore floues. Lundi, 35 personnes ont été interpellées et neuf se trouvaient toujours en garde à vue, mardi soir. Lors du deuxième rassemblement, une dizaine d'arrestations ont également eu lieu après des échauffourées. Ya-Han Chuang, auteure d'une thèse sur le processus d'intégration des immigrés chinois à Paris, analyse cette mobilisation pour Europe1.fr.


Est-ce inhabituel de voir la communauté chinoise manifester de la sorte après ce genre d'incident ?
Personnellement, je n'ai pas du tout été surprise par cette mobilisation. Dimanche soir, lorsque les premiers articles ont été écrits sur ce fait divers, la contestation est d'abord montée sur les réseaux sociaux : il y avait des militants de la communauté asiatique qui trouvaient la version de la police étrange. Quand le récit de la famille est sorti, lundi, les rassemblements se sont organisés spontanément, dans le souci de réclamer la vérité. Beaucoup de familles chinoises résident dans le 19ème arrondissement, là où les faits se sont produits : le bruit a couru rapidement.
Quels sont les précédents ?
Les manifestations de ces deux derniers jours me rappellent ce qui s'est passé dans le quartier de Belleville, en 2010. Il y avait eu un fait divers comme cela (un garde du corps chinois avait été écroué pour avoir tiré sur un voleur, ndlr). Comme dimanche, les gens avaient beaucoup parlé sur les réseaux sociaux avant de se rassembler, en criant des slogans en chinois. Au moment de la dispersion de la manifestation, on avait vu des violences et des interpellations.
Puis, en 2011, il y a eu une autre grande manifestation, beaucoup plus tranquille et organisée, qui suivait le boulevard Voltaire : le chemin classique des manifestations françaises. Cette fois, les banderoles étaient en français, on voyait une vraie intention de dialoguer avec le modèle républicain. Et puis en septembre dernier, après la mort de Chaolin Zhang (un tailleur chinois roué de coups lors d'un vol à Aubervilliers, ndlr), il y a eu une vraie mobilisation pour réclamer davantage de sécurité. Le souvenir de ce dernier mouvement est encore proche, l'émotion est vive.


La mobilisation de ces derniers jours s'inscrit donc dans une forme de continuité ?


Oui et non. Il existe un sentiment de racisme, c'est sûr. Les jeunes Chinois ont l'impression de vivre au sein d'une société qui ne se soucie pas de ses minorités, qui ne réagit pas lorsqu'un membre de la communauté asiatique est agressé. Ils ont aussi l'impression d'être invisibles dans la lutte antiraciste, comme si les discriminations qui les visent étaient plus "tolérables" parce qu'elles se manifestent sur le ton de l'humour et de la moquerie. Depuis quelque temps déjà, ils ont l'impression de ne pas, eux, être pris au sérieux.


Mais plus récemment, il s'est passé quelque chose de nouveau : les Chinois ont été très touchés par l'affaire Théo. Jusqu'à présent, la revendication principale était davantage de protection. Et là, on a vu la communauté s'interroger sur le rôle de la police et sur les violences policières. Je pense qu'il y a un effet d'imitation, ce n'est plus seulement l'héritage d'une revendication identitaire. On peut parler d'une forme d'apprentissage politique. La contestation peut aussi prendre des formes nouvelles : la semaine dernière, une vidéo avec beaucoup de jeunes artistes asiatiques a par exemple beaucoup tourné sur les réseaux sociaux, pour évoquer les clichés et les stéréotypes qui visent les Asiatiques.


Comment pensez-vous que la mobilisation va évoluer ?


Les rassemblements me paraissent très spontanés, il est difficile d'identifier un mouvement derrière. Je pense qu'après cette mobilisation sous le coup de l'émotion, on verra peut-être une grande manifestation comme celle de 2011, balisée par des associations comme les jeunes Chinois de France, qui ont accumulé de l'expérience en la matière. Certains d'entre eux participent même à la vie politique des 19ème et 20ème arrondissements : ils sont au fait des stratégies pour faire avancer leurs revendications. Cela pourrait être la prochaine étape.

Par Margaux Lannuzel

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Téléphone, vitesse... les Français toujours plus imprudents au volant -europe1-A LEROY



                                              De nombreux Français reconnaissent ne pas ralentir par temps de pluie.@ GEORGES GOBET / AFP



Les Français continuent à faire des excès de vitesse sur les routes et utilisent encore plus leur smartphone au volant, selon le baromètre d'Axa Prévention publié jeudi.
Pour la troisième année consécutive, en 2016, la mortalité routière est en hausse avec 3.469 personnes tuées, soit 0,2% de plus qu'en 2015. Mais il en est également de même pour les accidents corporels : les automobilistes blessés ou hospitalisés ont été plus nombreux l'an dernier. En cause, l'attitude des automobilistes au volant, selon le dernier baromètre Axa sur le comportement des Français au volant. L'enquête publiée jeudi souligne que 100% des conducteurs français cumulent sur un seul trajet plusieurs infractions : neuf au minimum ! C'est le cas notamment sur le trajet domicile-travail, qui représente en moyenne 18 km chaque jour pour plus de la moitié des Français.


Les Français disent aimer la vitesse. Pendant ces vingt minutes au volant, les Français "sont dans leur bulle", constate Éric Lemaire, président d'Axa Prévention. Ils vont "téléphoner au volant ou envoyer un sms, griller un feu orange - 77 % avouent le faire -, dépasser par la droite, griller une priorité... Et tout cela se cumule", explique-t-il. "Sur le trajet domicile-travail qu'ils ont l'habitude de faire, ils font aussi moins attention. Il y a un pourcentage non négligeable de Français qui dit aimer la vitesse".


Ils ne ralentissent pas par temps de pluie. D'ailleurs plus de la moitié des Français, selon ce baromètre, se disent lassés par cette route quotidienne, et reconnaissent rouler au-delà de la limite autorisée, notamment sur le réseau secondaire, le plus mortel : un Français sur deux dit rouler à 100 ou 110 km/h au lieu de 90 km/h qu'il fasse beau ou... qu'il pleuve.
L'enquête Kantar TNS pour Axa Prévention a été réalisée par téléphone entre le 23 décembre 2016 et le 10 janvier, auprès d'un échantillon national représentatif de 1.476 automobilistes.

Par Aude Leroy édité par C.O.

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