International

Etats-Unis: Houston dévastée par la tempête Harvey

Aéroports et autoroutes fermés, habitants secourus par bateau: Houston, la quatrième ville américaine, a subi dans la nuit de dimanche à lundi des inondations « sans précédent » causées par la tempête Harvey qui a déjà fait au moins trois morts.

Des milliers de sauveteurs, pompiers, policiers, gardes-côtes, 3 000 membres de la garde nationale et de simples volontaires, appuyés par vingt hélicoptères, se sont mobilisés pour sauver des gens de la montée des eaux parfois fulgurante. Dans les rues transformées en véritables canaux, seuls de rares véhicules pouvaient encore passer, dont d'énormes camions chargés de personnes évacuées. Plus de 2 000 sauvetages ont déjà pu être réalisés.

Les services d'urgence débordés ont appelé les habitants à grimper sur les toits de leurs maisons pour être vus par les hélicoptères de secours. Parfois, les moyens de sauvetage sont plus rudimentaires. Avec leurs canots pneumatiques ou même à l'aide de jet-skis, des armées de volontaires tentaient de secourir les habitants encerclés par les eaux.

Donald Trump sur place mardi

C’est le pire ouragan à frapper les Etats-Unis depuis Katrina, qui avait provoqué une catastrophe humanitaire avec plus de 1 800 morts en 2005. Le président Donald Trump, qui avait promis d'attendre, afin de ne pas gêner les secours, ira sur place dès mardi.

Le Texas devrait encore être confronté ce jour-là à des pluies torrentielles et des « inondations catastrophiques », selon le National Weather Service (NWS), car Harvey, rétrogradé en tempête tropicale, fait quasiment du sur-place. Les services météo évoquent des intempéries « sans précédent » dont « les conséquences ne sont pas encore connues ».

La tempête a fait au moins trois morts. Mais des zones entières sont encore inaccessibles ou submergées, et le gouverneur du Texas Greg Abbott a estimé qu'il était trop tôt pour donner un bilan humain.

(avec AFP)

17 mai 1954, la fin de la ségrégation scolaire aux États-Unis par Christophe Deroubaix L'Humanité


Histoire


Il y a soixante ans, le mouvement des droits civiques remportait une victoire historique avec un arrêt de la Cour suprême qui ordonnait la déségrégation dans les écoles publiques. Le début d'une décennie de luttes qui débouchèrent sur le vote de la loi sur les droits civiques en 1964.


C'était un temps où la Cour suprême des États-Unis faisait déjà la pluie et le beau temps mais elle y faisait plutôt le beau temps. C'était un matin de printemps des « fifties », le 17 mai 1954 pour être exact. La plus haute juridiction du pays avait à juger une affaire opposant Linda Brown au bureau de l'éducation.
La première est une élève noire, habitante de Topeka, au Kansas. En 1951, sa famille veut l'inscrire à l'école la plus proche du domicile : une école blanche alors que l'établissement réservé aux Noirs est distant de plus d'un kilomètre. Inscription refusée.

Le père de Linda porte l'affaire en justice. La loi de l'État du Kansas autorise le principe des écoles séparées dans les villes de plus de 15 000 habitants, mais seulement pour le cycle primaire. L'avocat en charge du dossier se nomme Thurgood Marshall. Il est missionné par la National Association for the Advancement of Colored People (Association nationale pour la promotion des gens de couleur), organisation des droits civiques fondée au début du XXe siècle. Il ne sait pas encore, et pour cause, qu'il sera le premier juge noir nommé à la Cour suprême en 1967. En attendant, devant la juridiction, il mène une class action, car en plus de la jeune Brown, il a rassemblé plusieurs cas similaires.


Les prétoires sont devenus depuis le début des années 1950 des théâtres privilégiés de la lutte contre la ségrégation. Des cours fédérales l'ont dénoncée mais refusent parfois d'ordonner l'intégration des élèves noirs dans des écoles blanches. L'administration Truman fait savoir qu'elle considère la ségrégation comme inconstitutionnelle, sauf que ce n'est pas au pouvoir politique de juger mais au pouvoir judiciaire. Consultée une première fois en 1952, la Cour suprême reporte sa décision à l'année suivante, car ses juges sont partagés. En 1953, en remplacement de Fred Vinson, décédé, le président Eisenhower nomme président de la Cour, Earl Warren, un républicain partisan de la déségrégation.


Le 17 mai 1954, à l'unanimité des neuf juges, la Cour suprême des États-Unis rend son arrêt 347, connu sous le nom de Brown v. Board. Il y est écrit : « La doctrine Séparés mais égaux adoptée dans Plessy v. Ferguson n'a pas sa place dans le domaine de l'éducation. » L'arrêt auquel il est fait référence date de 1896 et autorise les États à imposer par la loi des mesures de ségrégation raciale, pourvu que les conditions offertes aux différents groupes soient égales. C'est la fameuse doctrine de l'apartheid à l'américaine : Separate but equal (séparés mais égaux). Ce 17 mai 1954, en quelques lignes, la Cour suprême vient donc de décréter inconstitutionnelle la ségrégation dans les écoles publiques des États-Unis d'Amérique...


On peut encore y lire : « La politique de séparation des races est généralement interprétée comme dénotant l'infériorité des Noirs. Ce sentiment d'infériorité affecte la motivation des enfants à apprendre. (La ségrégation) prive (les Noirs) de certains avantages qu'ils tireraient d'un système scolaire racialement intégré. » Et encore : « Des systèmes d'éducation séparés sont par essence inégaux. (Les requérants), en raison de la ségrégation contestée ici, ont été privés de l'égale protection de la loi. » Le même jour, la Cour rend un arrêt Bolling v. Sharpe qui étend l'obligation au gouvernement fédéral.


Un an plus tard, un deuxième arrêt, connu sous le nom de Brown II, règle les questions d'application. Mais, entre-temps, le gouvernement, dans un mémoire, a ouvert la porte à une application à un rythme lent. Un aveu de faiblesse dont s'emparent les opposants à la déségrégation, notamment dans les États du Sud dont l'éditorial du Daily News de Jackson (Mississippi) dit assez bien l'état d'esprit du moment : « Il se pourrait bien que le sang coule dans bien des endroits dans le Sud à cause de cette décision, mais ce sont les marches de marbre blanc du bâtiment de la Cour suprême qui seront souillées par ce sang. Mettre des enfants blancs et noirs dans les mêmes écoles mènera au métissage, le métissage mènera aux mariages mixtes, et les mariages mixtes mèneront à l'abâtardissement de la race humaine. »


Il faudra donc de courageux élèves noirs qui forcent les portes d'écoles blanches, des Rosa Parks qui refusent de céder leur place dans un bus, des centaines de milliers de personnes marchant à Washington pour entendre Martin Luther King déclamer son « rêve » pour que justement ce dernier devienne la loi.
Le 2 juillet 1964, le président Lyndon Baines Johnson appose sa signature au bas de la loi sur les droits civiques qui déclare illégale toute discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou l'origine. Le 6 août 1965, le même président paraphe la loi sur les droits électoraux, consacrant les Africains-Américains comme des citoyens devant la loi.


2014 : la Cour Suprême contre l'héritage des droits civiques


Ce que la Cour suprême a contribué à faire dans les années cinquante, elle s'acharne à le défaire aujourd'hui. En quelques mois, la juridiction, composée d'une majorité de juges conservateurs, 
a pris deux décisions à la portée très lourde. À l'été 2013, elle a retoqué une disposition de la loi sur 
les droits civiques obligeant les États du Sud à obtenir un blanc-seing du gouvernement fédéral en cas de réforme électorale. Ceux-ci ont désormais les mains libres pour multiplier les entraves au vote des « minorités », ce à quoi ils s'emploient d'ailleurs depuis plusieurs années. En avril, elle a validé une loi 
du Michigan interdisant 
les quotas raciaux dans l'enseignement supérieur, un nouveau coup porté à ces mesures héritées du mouvement pour les droits civiques des années 1960 connues sous le nom d'« affirmative action ».
humanite.fr

Réforme du Code du travail: François Hollande met en garde Emmanuel Macron

En marge du festival du film francophone d'Angoulême, l'ex-chef de l'Etat français est sorti de sa réserve mardi 22 août. Il a commenté pour la première fois l'action d'Emmanuel Macron, son successeur. François Hollande lui conseille de ne pas casser la reprise de la croissance en réformant brutalement le Code du travail. « Il ne faudrait pas demander aux Français des sacrifices qui ne sont pas utiles », a-t-il prévenu. Et d'ajouter : « Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait au risque de créer des ruptures ».

Le mois dernier, vantant son bilan, l’ex-président n’avait pas souhaité commenter l’action de son successeur. Cette fois, François Hollande a décidé de sortir de sa réserve pour clairement tacler Emmanuel Macron et ce sur un sujet sensible, la réforme du Code du travail.

Je pense que dès lors qu'on a des résultats qui arrivent, une croissance qui est beaucoup plus forte que celle qu'on a pu connaître ces dernières années, il faut absolument l'encourager, l'accompagner, l'amplifier et éviter des mesures qui pourraient être brutales. Un discours très critique, qui intervient au moment où le gouvernement met la dernière main à son projet. Tout au long de cette semaine, le ministère du Travail reçoit les syndicats pour leur présenter la dernière mouture du texte. La présentation définitive est, elle, prévue le 31 août prochain.

rfi

France: quel parcours pour les migrants évacués de leurs campements de fortune?

Plus de 2 000 migrants ont été évacués vendredi 18 août du campement de fortune autour du centre de premier accueil de la porte de la Chapelle, au nord de Paris. Cette 35e évacuation en deux ans dans la capitale s'est déroulée dans le calme en présence d'environ 350 policiers. Ces derniers ont fait monter sans accroc les demandeurs d'asile dans une trentaine de bus affrétés pour l'occasion; direction, plusieurs gymnases en Île-de-France. Quel parcours attend les migrants une fois qu’ils ont été évacués de leur campement ?

C'est la préfecture de police qui prend un arrêté de démantèlement d’un campement de fortune et s'occupe de la partie sécuritaire de l'opération. Cependant, elle travaille en partenariat avec la préfecture de Région qui s'occupe, elle, de la partie hébergement des migrants.

Le préfet de Région est mis au courant quelques jours à l'avance de l'évacuation du campement, ce qui lui laisse le temps de réquisitionner des sites d'hébergement -en général, des gymnases ou des centres sportifs universitaires, comme c'est le cas dans le 15e arrondissement de Paris, près de la porte de Versailles, depuis le 18 août.

Hébergement temporaire pour tous

Suite au démantèlement du 18 août 2017, près d'une vingtaine de gymnases en région parisienne ont accueilli des groupes de migrants. Et, à ce stade, les autorités préfèrent parler de mise à l'abri ou d'hébergement d'urgence. Les migrants séjournent sur ces sites pour une durée de quinze jours, renouvelable une fois si besoin.

Une fois installés provisoirement, dans des conditions certes spartiates mais, de loin, meilleures que celles dans lesquelles les exilés vivaient dans la rue, des associations partenaires de la préfecture de Région, telles qu’Emmaüs Solidarité ou Aurore, mais aussi des structures de l'Etat, comme l'Office français de l'immigration (OFII), aident les exilés à monter leurs dossiers de demande d'asile.

Centres d'accueil et d'orientation pour les demandeurs d'asile

Actuellement, il faut en moyenne treize mois d'attente pour une réponse, délai que le gouvernement veut réduire désormais à six mois. Pendant leur séjour dans les gymnases ou autres sites d'accueil temporaires, les migrants sont identifiés, soit comme primo arrivants fuyant la guerre ou la répression politique dans leurs pays d'origine, soit comme migrants économiques ou climatiques. Ils remplissent alors, sur place, une fiche de renseignement détaillée et se voient remettre une carte d'identité avec leur photo, ce qui leur permet d'aller et de venir, mais en respectant le règlement intérieur du site.

Après cette étape d'identification, les exilés sont placés dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO) répartis dans toute la France. Et c'est là qu'ils attendent le résultat de leur demande d'asile.

Obligation de quitter le territoire français pour les non-demandeurs d'asile

La nouveauté, après le dernier démantèlement du campement de la Chapelle le 18 août, est que le gouvernement met d’ores et déjà en application son plan migrants visant à accélérer les vérifications administratives pour répertorier les demandeurs d'asile.

Les candidats éligibles à la demande d'asile en France sont effectivement placés en CAO en attendant la décision de la préfecture de police qui leur accordera, ou pas, le statut de réfugié.

Par contre, les migrants déjà enregistrés dans un autre pays en Europe sont pris en charge temporairement, le temps de les renvoyer vers ce pays d'entrée où le migrant doit déposer sa demande d'asile.

Les migrants qui ne répondent pas aux critères de la demande d'asile sont, eux, déboutés. Ils ont alors vocation à quitter immédiatement le territoire français.

Une centaine de migrants sont arrivés depuis quelques jours dans la commune huppé de Neuilly-sur-Seine tout près de Paris. Ils sont afghans, soudanais, libyens. Au total, 120 personnes sont hébergés dans le gymnase d'un collège réquisitionné par la préfecture. Reportage.

Rfi

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