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Nicolas Sarkozy mis en examen. « La répercussion politique est quasi-nulle »

Nicolas Sarkozy a été mis en examen, mercredi 21 mars, dans l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne électorale de 2007. Frédéric Saint Clair, analyste politique, spécialiste de la droite et ancien chargé de mission auprès du Premier ministre Dominique de Villepin, revient sur l’image de Nicolas Sarkozy auprès des sympathisants de droite et les conséquences de cette affaire sur la vie politique.

L’ancien chef de l’État a écopé mercredi d’une mise en examen, dans l’affaire du financement potentiellement libyen de sa campagne de 2007. L’image de la droite peut-elle être écornée ?

Nicolas Sarkozy est-il une figure tutélaire de la droite ? Comment peut-on mesurer son influence ?

Il reste une figure importante pour les militants de droite. En revanche, « l’opinion française de droite » est plus modérée. La défiance à l’encontre de l’ancien président est même relativement grande, contrairement au socle militant.

Ses prises de position n’ont pas d’influence directe, mais dans l’imaginaire militant, il reste celui a qui réussi à se faire élire brillamment en 2007 - le taux de participation était particulièrement élevé - avec un discours fort. Ensuite, cela reste l’un des rares présidents à avoir, dans l’imaginaire, articulé un projet de libéralisation de la France et l’idée d’un État fort, celle de rétablir un « ordre républicain ». Ces deux notions constituent le socle idéologique de la droite depuis le XVIIe siècle.

Au-delà du bilan de son quinquennat, Nicolas Sarkozy a-t-il laissé un héritage symbolique aux militants de droite ?

Il a su réaliser l’unité de la droite au moment où il a pris les rênes de l’UMP. Cependant, la dimension « métapolitique » (NDLR, ici synonyme de culturel) de son action est extrêmement faible. Cela s’explique parce que la société a changé sous l’ère Hollande. Depuis Merah, on a pris conscience de l’ampleur du terrorisme islamiste. Au moment où Nicolas Sarkozy était président, ces problématiques étaient encore inconnues ou presque, et il n’a donc pas pu incarner une forme de « rempart » à l’islam politique.

Cette nouvelle mise en examen peut-elle engendrer des dégâts collatéraux et fragiliser Les Républicains ?

À l’inverse, cela peut resserrer le cercle militant qui va s’indigner de « l’antisarkozysme ». Sur la droite au sens large, cela n’aura pas d’impact, ni positif ni négatif. Il n’y a pas d’intérêt politique direct car Sarkozy n’a pas vocation à redevenir président.

À l’instar des « affaires Fillon » en 2017, certains adhérents LR pourraient donc se ranger encore davantage derrière la figure de Nicolas Sarkozy ?

La différence majeure, c’est que dans le cas Fillon, il y a eu un enrichissement personnel, ce que les Français détestent. Mais, en effet, on peut probablement s’attendre à un renforcement des rangs autour de la figure de Nicolas Sarkozy, surtout si cette affaire débouche sur un non-lieu. L’électorat fidèle à la droite peut avoir l’impression que les médias et les juges instrumentalisent cette affaire.

Le soutien d’une partie de la base militante à son ancien chef ne risque-t-il pas de recroqueviller la droite sur elle-même ?

Quel que soit le résultat de la mise en examen, cela n’hypothéquera pas l’avenir idéologique et politique de LR. Le parti est déjà largement amputé de son courant « modéré » à cause d’Emmanuel Macron. La question est désormais de savoir si la droite va réussir à se reconstruire, car elle est coincée entre le centre droit macroniste et une ligne « d’autorité », plus attachée aux questions régaliennes (l’État, le rétablissement des frontières,…) incarnée par Laurent Wauquiez et Le Front national incarné par Marine Le Pen, qui opère un changement de stratégie. Ce sont deux droites irréconciliables.

Laurent Wauquiez peut-il en profiter ?

Comme je l’ai déjà dit, on accorde trop d’espace à cette mise en examen, la répercussion politique pour Laurent Wauquiez est quasi-nulle. Laurent Wauquiez a simplement intérêt à garder une forme de neutralité vis-à-vis de cette affaire et rappeler la présomption d’innocence.

Ouest France

France: cheminots et fonctionnaires défient le gouvernement dans la rue

Premier test d'envergure ce 22 mars pour le gouvernement français, face à la contestation sociale. Les syndicats de fonctionnaires ont appelé à la mobilisation contre la réforme de la fonction publique. Ils sont rejoints par les cheminots en colère contre la réforme de la SNCF voulue par le gouvernement. La SNCF a compté un peu plus de 35 % de grévistes aujourd’hui. Selon la préfecture de police, les deux manifestations à Paris ont réuni 49 000 participants, 400 000 dans toute la France d'après une première estimation de la CGT.

Devant la gare de l’Est à Paris, les cheminots commençaient à la mi-journée à se diriger vers la place de la Bastille, au milieu des fumigènes, pétards et sirènes, pour être ensuite rejoints par le cortège des fonctionnaires.

L’ampleur du défilé donnera une première indication du rapport de force entre le gouvernement et les syndicats. Selon une première estimation de la CGT, les manifestations auraient réuni plus de 400 000 personnes en France. La préfecture de police parle de 49 000 manifestants à Paris, dans deux cortèges différents. Pari réussi pour les syndicats, qui espèraient mobiliser au moins 25 000 personnes dans la capitale.

La colère des organisations syndicales est très vive face à la volonté du gouvernement de réformer la SNCF par ordonnance, en la transformant en société anonyme et en abandonnant le statut de cheminot à l’embauche.

Face à ce test social d’envergure, le gouvernement affiche sa très grande détermination à poursuivre les transformations du rail. Cette manifestation marque pour le chef de l’Etat le prélude à une énième grève en pointillés, deux jours sur cinq, du 3 avril du 28 juin.

Le gouvernement, lui se dit déterminé à « tenir », selon la formule employée par le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. L'Elysée affiche « sérénité et confiance », d’après son porte-parole Bruno Roger-Petit qui explique que « la politique de transformation du pays menée dans tous les secteurs correspond au vœu profond des Français ». Des perturbations sont annoncées aujourd’hui sur le réseau ferroviaire, dans les aéroports ou les écoles.

49 000 manifestants à Paris selon la préfecture de police

Il y a depuis ce jeudi matin plusieurs défilés en province et les remontées sont plutôt bonnes, selon les dires des syndicats. Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU, confirme et souligne que la mobilisation doit être importante, car elle déterminera la suite du mouvement. A Paris, la manifestation a réuni 49 000 personnes, selon un décompte de la préfecture de police

Parmi les fonctionnaires venus manifester, tous sont unanimes pour dénoncer une attaque en règle contre la fonction publique et leurs revendications principales sont le pouvoir d’achat, ainsi que la préserve du statut de fonctionnaire.

Les slogans s’adressent directement au président Emmanuel Macron. Pour les manifestants, c’est lui et non son gouvernement, qui porte la réforme de la fonction publique. C’est encore Emmanuel Macron qui veut démanteler le service public et débarrasser le pays de ses fonctionnaires.

RFI

100 personnalités lancent un appel contre le "séparatisme islamiste-Europe1

 

 Islam de France : le Parti de Gauche s'oppose aux pistes envisagées par Macron

"L'Etat ne peut s'immiscer dans sa composition, dans la formation de ses ministres du culte et encore moins dans l'organisation du financement", a estimé dans un communiqué Benoît Schenckenburger, secrétaire national du PG.


Le Parti de gauche (PG) a réprouvé lundi les intentions d'Emmanuel Macron vis-à-vis de l'islam de France, dénonçant une "remise en cause de certaines dispositions" de la "loi de séparation des Églises et de l'Etat". "L'Etat ne peut s'immiscer dans sa composition, dans la formation de ses ministres du culte et encore moins dans l'organisation du financement", a estimé dans un communiqué Benoît Schenckenburger, secrétaire national du PG en charge de la laïcité, en référence au souhait du président de "poser les jalons de toutes l'organisation de l'islam de France" au premier semestre 2018, exprimé dans le JDD.


"Ces dispositions feraient sortir l'Etat de sa neutralité". Selon Benoît Schenckenburger, trois pistes de réflexions sont envisagées par Emmanuel Macron : la possibilité de financement de l'Islam, la formation des imams et de nouvelles modalités de compositions du Conseil français du culte musulman (CFCM).


"Toutes ces dispositions feraient sortir l'État de sa neutralité et obligeraient à prendre parti sur des dispositions cultuelles ou rituelles. Imagine-t-on que l'État s'occupe de la formation des prêtres catholiques ou qu'il gère le denier du culte catholique par une taxe sur les hosties, comme on voudrait une taxe sur les produits halal ?", s'est enquis Benoît Schenckenburger. "S'engager sur la voie d'un financement de l'Islam susciterait de nouvelles vocations et demandes de la part d'autres cultes, quand l'impôt ne doit avoir qu'une destination universelle", conclu le responsable du parti de Jean-Luc Mélenchon.


Par Rédaction Europe1.fr avec AFP

Financement libyen de la campagne 2007. Nicolas Sarkozy en garde à vue

L’ancien président de la République était entendu, ce mardi 20 mars, dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illégal concernant sa campagne présidentielle en 2007. Dans le même temps, son ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux était, lui, entendu en audition libre dans le cadre de cette enquête.

Selon Mediapart et Le Monde,Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue ce mardi matin dans le cadre de l’enquête sur le financemenlibyen de la campagne de 2007. Il est entendu dans les locaux de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, près de Paris. L’information a été confirmée par une source judiciaire auprès de l’agence Reuters et de l’agence AFP.

C’est« la première fois que Nicolas Sarkozy est entendu à ce sujet depuis l’ouverture d’une information judiciaire en avril 2013 », ajouteLe Monde.

Cette enquête a été confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris, dont Serge Tournaire, qui a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion.

La garde à vue peut durer 48 heures

Sa garde à vue peut durer 48 heures. Il pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de sa garde à vue afin d’être mis en examen.

Les magistrats étudient la piste d’un possible financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, il y a plus de dix ans, par la Libye de Mouammar Kadhafi. L’enquête porte sur des chefs de corruption active et passive, trafic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et blanchiment, complicité et recel de ces infractions.

L’ex-président français, qui a quitté le pouvoir en mai 2012, a toujours formellement démenti les faits allégués notamment par un autre homme de réseaux, le franco-libanais Ziad Takieddine.

Mais, selon les informations du Monde, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque kadhafiste auraient livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites.

Hortefeux également entendu

Son ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux était également entendu à Nanterre ce mardi matin. Mais en audition libre, a-t-on appris d’une source proche du dossier.

Dans la même affaire, l’homme d’affaires français Alexandre Djouhri, proche de Sarkozy, avait été interpellé début janvier à Londres, avant d’être libéré sous caution.

Ouest-france.fr

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