International

Santé: le gouvernement français mise sur la prévention

Le gouvernement français a dévoilé ce lundi matin 26 mars son plan santé 2018/2022. Selon le Premier ministre Edouard Philippe, cette nouvelle politique de santé devrait sauver 100 000 vies par an.

 ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn opte donc pour une véritable stratégie de prévention. « Quels que soient l’âge ou la condition de chaque concitoyen, la prévention ne doit plus être un concept mais une réalité », a-t-elle affirmé. Objectif : transformer le système de santé en anticipant les soins et non plus attendre que l’on soit malade pour se soigner.

Au total, 25 mesures ont été présentées. Il est notamment question de la prise en charge totale du dépistage du cancer du col de l’utérus pour toutes les femmes. Une pathologie dont on recense encore 3 000 nouveaux cas et provoque un millier de décès chaque année.

Est également abordée la lutte contre le tabac qui peut provoquer cancers, maladies cardiovasculaires, insuffisances respiratoires et tue 73 000 personnes par an. Les traitements seront remboursés comme n’importe quel autre médicament au même titre que la vaccination antigrippe en pharmacie dès l’année prochaine, une opération limitée à certains patients souffrants jusqu’à présent. D’autres mesures concernent le dépistage de l’hépatite C afin de faire disparaître la maladie de l’Hexagone d’ici 2025.

La promotion de la santé doit aussi se faire à l’école. Dès septembre prochain, les étudiants en santé seront amenés à effectuer un service sanitaire de trois mois durant lequel ils informeront les plus jeunes sur les maladies transmissibles. La formation aux gestes de premiers secours sera également généralisée. Enfin, l’offre médicale des territoires ultra-marins devrait être renforcée avec la création d’une centaine de postes spécifiques.

Mais pour le docteur Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, ce plan comporte de nombreux manques. Notamment en ce qui concerne l'activité physique, reconnue comme efficace pour prévenir de nombreuses maladies chroniques, et pour laquelle il n'existe pour le moment pas de possibilité de remboursement. Or, pointe-t-il, « là où l'activité physique manque le plus, c'est dans ces populations qui ont des difficultés pour payer ce genre d'activités. »

Autre piste à approfondir, la prévention à l'école. « Améliorer tous les messages de prévention à l'intérieur des manuels scolaires pourrait être un objectif intéressant », estime le Dr. Francis Berenbaum. Mais pour le chef du service de rhumatologie à l'hôpital Saint-Antoine, le vrai manque concerne la prévention des maladies osseuses et articulaires, qui pourtant, rappelle-t-il, « est la première cause de handicap en France ».

Attaques dans le sud de la France: ce que l'on sait

Au soir des attaques qui ont frappé ce vendredi 23 mars Carcassonne et Trèbes, dans le sud de la France, le procureur de Paris François Molins a dévoilé les premiers éléments de l'enquête.

C'est par une mise en garde que le procureur de Paris François Molins a commencé sa conférence de presse au soir des attaques perpétrées à Carcassonne et Trèbes. « Le niveau de la menace terroriste sur notre territoire n'a pas faibli », a-t-il déclaré. Il s'agit désormais essentiellement d'un terrorisme endogène, a-t-il précisé avant de détailler le déroulé des faits.

Il était un peu moins de 11h ce vendredi matin lorsque quatre CRS ont été pris pour cible à 200 m de leur caserne alors qu'ils revenaient d'un footing à Carcassonne. L'un d'eux a été blessé. Six douilles ont été retrouvées sur les lieux. Le tireur, installé à bord d'une Opel Corsa blanche, a alors pris la fuite.

Prise d'otages au Super U de Trèbes

Peu après, des détonations ont été signalées à l'intérieur du Super U de Trèbes, une commune située à quelques kilomètres de Carcassonne. Une cinquantaine de personnes se trouvaient à l'intérieur. Selon les premiers éléments de l'enquête rapportés par le procureur François Molins, l'assaillant a crié « Allah Akhbar » et a revendiqué être un « soldat » de l'organisation Etat islamique en entrant dans le supermarché. Se disant « prêt à mourir pour la Syrie », il a réclamé la libération de « frères », avant de tirer sur un client et un employé du magasin. Tous deux sont décédés sur place.

Une négociation a permis la libération des otages. Le colonel du groupement de gendarmerie de l'Aude a échangé sa place avec la leur. L'assaillant est alors sorti du supermarché en menaçant le militaire avec son arme, il a réclamé un chargeur et menacé de « tout faire sauter » si les gendarmes intervenaient, avant de retourner à l'intérieur du supermarché.

« Dans des circonstances qui restent à déterminer, il a tiré à plusieurs reprises sur le colonel qu'il blessait très grièvement », a indiqué François Molins. Ces tirs ont déclenché l'intervention du GIGN qui est parvenu à neutraliser l'assaillant à 14h20. Deux membres de cette force d'intervention de la gendarmerie ont été blessés au cours de l'opération.

Une proche de l'assaillant en garde à vue

Sur le parking du supermarché a alors été découverte l'Opel Corsa blanche à bord de laquelle l'auteur des tirs contre les CRS avait pris la fuite. La voiture avait été volée le matin dans une cité de Carcassonne, son propriétaire blessé grièvement et le passager tué. L'enquête révèle que l'auteur des faits s'est dirigé vers la caserne du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine. Là, il a attendu quelques minutes, avant de faire demi-tour pour se rendre près de la caserne CRS.

Ces différents éléments ont motivé l'ouverture d'une enquête par la section antiterroriste du parquet de Paris pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste », « tentative d'assassinat sur une personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste », « séquestration sous conditions en relation avec une entreprise terroriste », « association de malfaiteurs criminels en vue de préparer la commission de crimes d'atteinte aux personnes », « homicide et tentative d'homicide volontaire concomitant à la commission d'un autre crime en relation avec une entreprise terroriste ».

De nombreuses investigations sont en cours pour déterminer la provenance de l'arme utilisée par l'assaillant et comment il se l'est procurée, ainsi que d'éventuelles complicités. Elles ont déjà donné lieu au placement en garde à vue d'une proche de l'assaillant pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise criminelle terroriste », a indiqué le procureur de Paris. Cette personne partageait la vie de Radouane Lakdim, a-t-il précisé.

Connu de la justice et fiché S

L'auteur des trois attaques était un habitant de Carcassonne, a encore indiqué François Molins. Il est né le 11 avril 1992 au Maroc. Il était fiché S depuis 2014, en raison de sa radicalisation et de ses liens « avec la mouvance salafiste ». Il était connu de la justice pour des faits de droit commun. Il a été condamné une première fois le 29 mai 2011 à une peine d'un mois d'emprisonnement avec sursis par le tribunal correctionnel de Carcassonne pour avoir porté une arme prohibée. Il a été condamné une seconde fois le 6 mars 2015 pour « usage de stupéfiants » et « refus d'obtempérer » à une peine d'un mois d'emprisonnement qu'il a effectué en août 2016 à la maison d'arrêt de Carcassonne.

En 2016 et en 2017, Radouane Lakdim a fait l'objet d'un « suivi effectif » de la part des services de renseignement. Mais ce suivi « n'avait pas permis de mettre en évidence aucun signe précurseur pouvant laisser présager un passage à l'acte terroriste », a déclaré le procureur de Paris.

RFI

Attaques terroristes dans le sud de la France, le suspect abattu

Trois attaques ont eu lieu ce vendredi 23 mars à Trèbes et Carcassonne, dans le sud de la France. Elles ont fait trois morts et seize blessés. L'auteur présumé de ces attaques, revendiquées par le groupe Etat islamique, est un homme de 26 ans connu des services de police. Il s'est lui-même réclamé de l'organisation terroriste.

« Notre pays a subi une attaque terroriste islamiste », qui a fait trois morts et « 16 blessés », dont « deux au moins » sont dans « un état grave »,a déclaré vendredi soir le président Emmanuel Macron à l'issue d'une réunion de crise au ministère de l'Intérieur.

La série d'attaques a commencé dans la matinée de ce vendredi à Carcassonne par le vol d'une voiture dont le passager a été tué et son conducteur grièvement blessé. Elle s'est poursuivie par des tirs contre des CRS dont l'un a été touché à l'épaule. Et s'est achevée vers 14h45 à Trèbes, à une poignée de kilomètres de là, par une prise d'otages dont l'auteur a été abattu par les forces de l'ordre. Les trois attaques ont été menées par le même homme, qui s'est réclamé de l'organisation Etat islamique.

Son identité a été confirmée par le ministre de l'Intérieur. Il s'agit de Redouane Lakdim, un homme âgé de 26 ans, connu pour des faits de petite délinquance et qui était surveillé. « Nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l'acte brusquement », a indiqué Gérard Collomb, précisant qu'il « a agi seul ».

L'attaque revendiquée par le groupe EI

Par le biais de son agence de propagande Amaq, l'organisation Etat islamique a revendiqué la prise d'otages et les attaques meurtrières qui ont frappé ce vendredi le sud de la France, à Trèbes et Carcassonne, faisant selon un dernier bilan trois morts et trois blessés. « L'homme qui a mené l'attaque de Trèbes dans le sud de la France est un soldat de l'Etat islamique, qui a agi en réponse à l'appel » de l'organisation « à viser les pays membres de la coalition » internationale anti-EI, indique le communiqué.

Redouane Lakdim a commencé son équipée ce vendredi matin à Carcassonne, en tuant le passager d'une voiture d'une balle dans la tête et blessant grièvement le conducteur. A bord de ce véhicule, il a foncé sur un groupe de CRS avant de leur tirer dessus à plusieurs reprises, blessant l'un deux à l'épaule, d'après Unsa-Police qui précise qu'il a une « côte cassée » et un « poumon perforé ». Son état de santé est stable et le pronostic vital n'est pas engagé, d'après ce syndicat. La voiture a été retrouvée par la suite sur le parking du supermarché de Trèbes, selon une source proche du dossier.

« Un homme a crié et a tiré des coups de feu à plusieurs reprises », a raconté une cliente du supermarché interrogée par FranceInfo. Elle a vu une porte de frigo, puis « demandé aux gens de venir se mettre à l'abri. Nous étions dix et nous sommes restés une heure ». Après de nouveaux coups de feu tous sont sortis « par la porte de secours derrière ».La section antiterroriste saisie

D'après un témoin cité par une source proche du dossier, le tireur aurait crié « Allah Akbar » lors de son entrée dans le supermarché. Il aurait tiré sur un CRS, précise une source policière. L'homme aurait été armé de couteaux, d'une arme de poing et de grenades. La section antiterroriste du parquet s'est saisie de l'affaire. Sur Twitter, la préfecture de l'Aude a indiqué que le secteur était interdit.

Tous les accès à la commune de Trèbes ont été bloqués dès la sortie de l'autoroute, où ont été postés des membres des forces de l'ordre fortement armés. L'antenne du GIGN de Toulouse s'est rendue sur place, avec le soutien des policiers d'élite du Raid et de la BRI, tandis que trois hélicoptères survolaient la zone.

« Situation sérieuse »

En déplacement à Mulhouse (est de la France), le Premier ministre Edouard Philippe avait jugé la « situation sérieuse ».  « Une situation est en train de se produire près de Carcassonne. Un homme est retranché dans un supermarché avec des otages », avait résumé le chef du gouvernement.

La gendarmerie est immédiatement intervenue et a pu faire sortir une partie des personnes présentes dans le supermarché. Un lieutenant-colonel de gendarmerie s'est alors proposé comme otage à la place d'une autre personne que le suspect tenait. Il est resté plusieurs heures avec lui, avant d'être grièvement blessé par balles au cours de l'assaut mené par les forces du GIGN. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a salué le courage du militaire et son « acte d'héroïsme ».

RFI

A Paris, des dizaines de milliers de fonctionnaires et de cheminots dans la rue

A l'appel de leurs syndicats, les cheminots et les salariés de la fonction publique ont été 49 000 à descendre dans la rue ce jeudi 22 mars, selon la préfecture de police. Ils protestaient contre les projets de réforme du gouvernement et pour la défense du service public et du statut des cheminots. La CGT parle de 65 000 personnes à Paris, 500 000 dans toute la France.

Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont battu le pavé dans tout le pays pour protester contre la baisse de leur pouvoir d'achat. Selon la préfecture de police, ils étaient 32 500 à Paris. Avec un taux de participation à la mi-journée de près de 11 %, selon Bercy, c'est un mouvement nettement plus timide que lors des dernières manifestations d'octobre. Tous les syndicats étaient alors représentés, une première depuis dix ans.

Du côté des enseignants, ils étaient proches de 15 % en moyenne à arrêter le travail, d'après le ministère de l'Education nationale.

Ce sont les cheminots qui se sont mobilisés le plus massivement, soit 35 % des salariés du groupe ferroviaire à faire grève, selon sa direction. Dans la capitale, ils étaient 16 500, selon la préfecture, à défiler pour dire non à la transformation de la SNCF en société anonyme, une transformation qui signerait la fin du statut de cheminot pour les nouvelles embauches. Selon la CGT, ils étaient 25 000 personnes, présentes également pour dire non également à la volonté du gouvernement de réformer le groupe par ordonnances.

Les cheminots ont d'ailleurs appelé à un mouvement suivi. À partir du 3 avril, ils sont en grève deux jours de grève sur trois, et cela jusqu'en juin.

RFI

logotwitterFacebook