International

Essai nucléaire nord-coréen: Séoul veut convaincre de son intransigeance

Pyongyang a annoncé dimanche avoir testé une bombe à hydrogène capable d'être montée sur un missile balistique intercontinental. « Une réussite totale », selon le régime. Ce lundi, les Etats-Unis menacent Pyongyang d'une « réponse militaire massive ». Et la Corée du Sud a répliqué en organisant des exercices militaires et en validant l’installation controversée d’un bouclier anti-missiles.

La réponse se veut ferme. La Corée du Sud a simulé une attaque sur le site d’essais nucléaires nord-coréen de Punggye-ri, à coups de tirs de missiles balistiques et de sorties de bombardiers. Séoul a aussi donné son feu vert pour achever l’installation controversée sur son territoire d’un bouclier anti-missiles américain.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a promis d’accroître les sanctions visant le Nord, mais il a aussi rappelé qu’il voulait une solution pacifique à la crise nucléaire. « La Corée a déjà connu une guerre fratricide, dont les destructions ne doivent pas être répétées », a-t-il déclaré.

C’est là une réponse directe au président américain Donald Trump, qui dans un tweet hier a accusé la Corée du Sud de se fourvoyer en cherchant l’apaisement avec Pyongyang. Pour Séoul, la moins mauvaise des solutions consiste toujours à accroître les pressions tout en relançant des négociations avec le Nord.

« Les Sud-Coréens ne sont pas consultés »

En Corée du Sud, le puissant essai nucléaire de ce dimanche suscite de l’inquiétude, mais aucune panique. Les Sud-Coréens estiment que le régime cherche avant tout à survivre, et qu’il ne se servira pas de ses armes de destruction massive.

Cho Ji-eun, artiste, résume l’état d’esprit ambiant : « Ce qui m'inquiète, ce ne sont pas les relations entre les deux Corées, mais plutôt les relations avec les autres puissances autour de la péninsule. Cela fait 10 ans que la question coréenne est discuté par d’autres pays, la Chine, le Japon, [les Etats-Unis]. Les Sud-Coréens eux-mêmes ne sont pas consultés, et ça c’est un problème. » Mais Cho Ji-eun affirme ne pas se sentir directement menacé par Pyongyang.

Il faut d’ailleurs souligner que les Sud-Coréens sont de plus en plus nerveux face aux déclarations à l’emporte-pièce de Donald Trump, qui d’un tweet à l’autre se dit prêt au dialogue, puis promet des frappes militaires. Cette imprévisibilité du grand allié américain est nouvelle, et elle suscite beaucoup d’anxiété. La Chine dans le collimateur de Trump

Dans un tweet, le président américain a affirmé qu'il envisageait d'arrêter « tous les échanges commerciaux » avec les pays faisant des affaires avec Pyongyang, après l'annonce d'un nouveau test nucléaire mené par la Corée du Nord. Or s’il ne cite pas directement la Chine, c’est tout comme.

En effet, 90 % du commerce nord-coréen passe par la Chine, rappelle notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt. Mais Trump peut-il vraiment aller jusqu’à couper les ponts avec l'Empire du milieu pour mettre à genoux la Corée du Nord ? La Chine est le partenaire américain numéro un, avec des échanges qui s’élèvent à plus de 440 milliards d'euros. Tout embargo se retournerait donc forcément contre les Etats-Unis.

De plus, du côté de Pékin, on considère qu’on ne reste pas les bras croisés face à au petit voisin nord-coréen si encombrant. Le pouvoir chinois promet d’appliquer à 100 % les sanctions de l’ONU et exhorte toutes les parties à ne pas attiser les tensions. Un rappel à l’ordre qui s’adresse aussi à Washington.

Ce matin, le journal officiel Global Times estime que même si la Chine stoppait ses livraisons de pétrole et même si elle fermait sa frontière, et bien, cela ne forcerait pas nécessairement Pyongyang à mettre fin à ses tests nucléaires.

Le journal met par ailleurs en garde contre de « mauvais calcul » qui pourraient aboutir à une situation « hors de tout contrôle ».

RFI

France: une nouvelle école dès cette rentrée scolaire

En France, ce lundi 4 septembre, c’est la rentrée pour plus de 12,8 millions d'élèves et 884 000 professeurs. C'est aussi la première rentrée scolaire du quinquennat Macron sur fond de réformes. Chaque nouveau ministre de l'Education souhaite imprimer sa marque, alors quels sont les principaux changements mis en place par Jean-Michel Blanquer ?

Pour le ministre de l'Education nationale c'est une nouvelle école qui commence à se construire dès cette rentrée scolaire. Trois mois après sa nomination, Jean-Michel Blanquer concrétise déjà certaines promesses de campagne.

D'abord, les écoles ne partagent plus le même tempo. Plus d'un tiers d'entre elles repassent à la semaine des quatre jours au lieu de quatre jours et demi.

Ensuite, pour que tous élèves réussissent au cours préparatoire (CP) - c'est en tout cas la volonté du ministre -, il n'y a plus que douze élèves par classe dans les quartiers les plus défavorisés. Cette mesure concerne près de 2 500 classes de CP situées en REP+, c'est-à-dire en réseau d'éducation prioritaire renforcé.

Autre nouveauté : des évaluations de compétences seront mises en place en français et en mathématiques, en début et en fin d'année pour les élèves de CP, en novembre pour ceux de 6e.

Le collège n'est pas en reste, avec le retour des filières d'excellence et le rétablissement de l’ensemble des classes bi langues qui avaient été en grande partie été supprimées avec la réforme du « collège 2016 ».

Enfin, le gouvernement souhaite également que les collégiens puissent faire leurs devoirs au sein même de l'établissement accompagnés par des professeurs volontaires et rémunérés, des assistants d’éducation ou encore des jeunes en service civique.

Polémique sur la méthode de lecture

Méthode syllabique ou méthode globale ? Alors que des milliers d'enfants vont apprendre à lire dans les classes de cours préparatoire (CP), le ministre de l'Education a lancé la rentrée par une polémique sur la lecture en réveillant le mythe de la méthode globale.

Dans une interview au journal L'Obs, le ministre de l'Education a déclaré qu'il souhaite s'appuyer sur les découvertes des neurosciences, donc sur une pédagogie de type syllabique et non pas sur la méthode globale, dont tout le monde admet qu'elle a eu des résultats tout sauf probants.

Le ministre tente de désamorcer la polémique qu'il a lui-même soulevée : « Ce n’est pas du tout créer une opposition caricaturale entre syllabique et globale. Je sais parfaitement que la méthode globale ne s’applique pas de manière pure et absolue dans notre système et je n’ai jamais prétendu cela. Par contre que du fait d’erreurs pédagogiques en matière de lecture dans le passé il y ait encore des traces dans nos méthodes aujourd’hui, ça existe. Et puis, des gens entretiennent à l’envi un certain nombre d’ambiguïtés. On dit par exemple il faut comprendre qu’il faut une méthode mixte. Oui, j’y adhère, si mixte c’est le code et le sens ».

Et en effet, au quotidien dans leur immense majorité les enseignants pratiquent la méthode dite mixte. C'est le cas de Béatrice Calixte Rossepide, institutrice en région parisienne.

« Je fais un mélange des deux, mais quand je dis un mélange des deux, c’est plutôt de la syllabique, mais on fait quand même en global ce que l’on appelle les petits mots outils : le, la, des… des petits mots comme cela dont on a besoin pour entrer dans l’histoire et remettre du sens, en fait. Et à côté de cela, on fait parallèlement de la syllabique », explique-t-elle.

Au final pour cette enseignante c'est un faux débat, car, quelle que soit la méthode, les enfants qui n'ont pas de difficultés apprendront de toutes les manières à lire. Pour les autres en grande difficulté, l'important est de susciter chez eux leur intérêt pour la lecture.

RFI

Réforme du travail en France: le gouvernement dévoile ses ordonnances

Le président français Emmanuel Macron, en forte chute dans les sondages, affronte son premier grand défi politique avec la présentation ce jeudi, par son gouvernement, de la réforme très attendue du droit du travail. Affichant sa volonté d'aller vite, le gouvernement a opté pour la procédure accélérée des ordonnances - autorisée par un vote du Parlement - qui permet d'éviter toute modification des textes après leur publication. Les cinq ordonnances concoctées dans le plus grand secret durant l'été ont été dévoilées ce jeudi matin aux partenaires sociaux, puis détaillées par le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail Muriel Pénicaud lors d'une conférence de presse à la mi-journée.

Attendue depuis plusieurs semaines, la grande réforme du droit du travail a été dévoilée ce jeudi 31 août par le gouvernement. Le Premier ministre Edouard Philippe et sa ministre du Travail Muriel Pénicaud avaient réservé la primeur des annonces aux partenaires sociaux reçus en milieu de matinée à Matignon.

Quelques dizaines de minutes plus tard, le gouvernement a rendu public le contenu des cinq ordonnances réformant le Code du travail, lors d'une conférence de presse. Le Premier ministre français est venu défendre une réforme « ambitieuse, équilibrée et juste ». Selon lui, « les cinq ordonnances se proposent de rattraper des années perdues, de rendez-vous manqués ».

Il a dénombré quatre axes directeurs dans sa réforme: « le développement massif du dialogue social dans l'entreprise et dans la branche, la construction de vraies garanties pour tous, la volonté d'apporter des solutions adaptées aux TPE et PME et le renforcement de l'attractivité économique de notre territoire ». Enfin une dernière ordonnance concernera le compte pénibilité.

Les syndicats divisés

Côté syndicats, le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly, qui n'a pas appelé hier à se joindre à la mobilisation appelée par la CGT et Sud le 12 septembre prochain, a déclaré vouloir examiner l'ensemble des textes avant de porter un jugement définitif. « Le rapport de forces s'exerce depuis trois mois, le débat va avoir lieu publiquement. Tout n'est pas parfait, mais heureusement que nous avons fait notre travail », assure-t-il.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, lui, n'y est pas allé de main morte: « cette réforme n'est pas à la hauteur ». « Le gouvernement a raté le coche », argue-t-il. Mais il n’appellera cependant pas à manifester contre le texte.

« Toutes les craintes que nous avions sur les arbitrages sur la réforme du Code du travail sont confirmées, a réagi Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. C'est la fin du contrat de travail, soit vous êtes d'accord soit vous êtes licenciés avec rien dans les poches. » Il appelle tous les travailleurs, les retraités et les jeunes à participer à la journée de mobilisation du 12 septembre contre la réforme.

Pour l'opposition, la réforme en cours équivaut à une « démolition sociale » ou encore une « loi Travail XXL ». Le chef de fil de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui donné rendez-vous aux mécontents le 23 septembre contre « le coup d'état social ».

Le gouvernement devrait adopter les ordonnances en conseil des ministres pendant la semaine du 18 septembre, avant de les publier au Journal officiel autour du 25 septembre. Elles entreront en vigueur le lendemain.

Avec AFP

Tempête Harvey: double explosion sur le site industriel d'Arkema au Texas

C'est l'une des conséquences redoutées au Texas après le passage de l'ouragan Harvey, redevenu depuis une tempête tropicale. Une double explosion suivie d'émanations de fumées noires a été ressentie ce jeudi 31 août 2017 à l'usine chimique d'Arkema, à Crosby. Le site avait été inondé suite aux pluies diluviennes.

« Vers 2 heures du matin heure locale, nous ont été notifiées par le Centre d'opérations d'urgence du comté de Harris deux explosions et des fumées noires provenant de l'usine Arkema à Crosby », à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Houston, a-t-on appris dans un communiqué du groupe.

Mercredi soir, une porte-parole d'Arkema avait prévenu que l’usine, noyée sous 1,8 mètre d'eau, n’avait plus de courant et qu’un certain nombre de produits chimiques, qui ne pouvaient plus être réfrigérés, devenaient très volatiles. « Il va y avoir un incendie de nature intense et explosive », avait-elle prévenu.

Sur place, les salariés de la filiale américaine d'Arkema, qui est un groupe français issu de la restructuration de Total, ainsi que les habitants du secteur sur décision du comté de Harris, avaient été évacués en amont dans un périmètre de 2,5 ou 3 km autour de l'usine.

« La meilleure chose à faire est de laisser l'incendie s'éteindre de lui-même » 

La fumée est susceptible d'irriter les yeux, la peau et les poumons. Certains composants peuvent aussi avoir des effets mortels en cas d'inhalation, d'absoption cutanée ou d'ingestion. Le site d'Arkema à Crosby fabrique des peroxydes organiques, un composé utilisé dans la confection de plastiques et de produits pharmaceutiques.

« Les peroxydes organiques sont extrêmement inflammables et, en accord avec les autorités, la meilleure chose à faire est de laisser l'incendie s'éteindre de lui-même », relate la filiale américaine d'Arkema, groupe dont le siège est installé près de Paris. Un poste de commandement a été établi près du site, en contact avec le département de la Sécurité intérieure et l'Etat du Texas.

« La population locale doit savoir que les produits sont stockés dans plusieurs endroits sur le site, et le risque de nouvelles explosions existe. Ne retournez pas dans la zone évacuée avant que les services de secours locaux n'aient annoncé qu'il est possible de le faire en toute sécurité », ajoute le groupe.

Un shérif adjoint a été conduit à l'hôpital après avoir inhalé des émanations chimiques et neuf autres personnes se sont rendues à l'hôpital par précaution, a fait savoir la police locale via Twitter. Le périmètre de sécurité risque de ne pas être suffisant, en fonction de la toxicité des produits et de la direction des vents.

RFI

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