International

Sommet UE-Chine pour contrer le protectionnisme américain

Le président du Conseil européen Donald Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sont à Pékin ce lundi 16 juillet pour constituer un bloc destiné à s'opposer au protectionnisme américain, mené par Donald Trump au nom de « l'Amérique d'abord ». Les deux dirigeants européens se rendront ensuite à Tokyo, pour lancer également un vaste accord de libre-échange avec le pays du Soleil-Levant.

Le 20e sommet Union européenne-Chine qui se tient ce lundi 16 juillet à Pékin tombe à point nommé pour démontrer la volonté des deux partenaires de poursuivre et même renforcer leurs relations commerciales. Cela dans un climat de guerre protectionniste lancée par les États-Unis.

La Chine, deuxième puissance économique mondiale et l'Union européenne (UE), le plus grand marché unique du monde, sont favorables à une modernisation de l'organisation mondiale du commerce, soit tout le contraire de Donald Trump.

Unies pour lutter contre les droits de douane imposés par les États-Unis aux importations d'acier et d'aluminium, l’UE et la Chine sont cependant en désaccord sur certaines pratiques commerciales chinoises qualifiées de dumping par les Européens. Cela aussi devra être abordé, car la Commission européenne insiste sur la nécessité de respecter les règles du commerce international.

Les deux dirigeants européens se rendront ensuite à Tokyo pour signer un accord de libre-échange avec le Japon, autre signal fort contre le protectionnisme. Cet accord de libre-échange devrait couvrir près d'un tiers du Produit intérieur brut (PIB) mondial.

EMMANUEL DUNAND / AFP

Emmanuel Macron devant le Congrès : «Je sais que je ne réussis pas tout»

Emmanuel Macron s'est exprimé ce lundi 9 juillet devant les députés et sénateurs français réunis en Congrès à Versailles. Ce discours, boycotté par une partie de l'opposition, notamment par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon était destiné à préciser le cap politique du président et de son gouvernement pour les prochains mois.

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Devant le Congrès réuni à Versailles, Emmanuel Macron a démarré sur une note d'humilité et d'auto-critique : « Je sais que je ne peux pas tout, je sais que je ne réussis pas tout ». Il a assuré ne pas oublier « les peurs, les colères accumulées pendant des années qui ont conduit notre pays à ce choix. Elles ne disparaissent pas en un jour, elles n'ont pas disparu en une année ».

Le chef de l'Etat est revenu sur la critique d'une politique pour les riches en assurant ne pas aimer les « castes », les « rentes » et les « privilèges » et vouloir une politique pour les entreprises : « Une politique pour les entreprises, ce n'est pas une politique pour les riches. C'est une politique pour toute la nation, une politique pour l'emploi, une politique pour les services publics » et « pour ceux qui restent en marge ».

Je n'aime ni les castes, ni les privilèges...
Emmanuel Macron 09/07/2018
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Révision constitutionnelle

Il a fait part de son souhait de réviser la Constitution pour lui permettre d'écouter les parlementaires et leur répondre lors des rendez-vous à Versailles, devant le Congrès. La révision constitutionnelle sera examinée à partir de mardi en première lecture dans l'hémicycle de l'Assemblée.

Le président de la République a annoncé un plan de « baisse » des dépenses publiques dans « les prochaines semaines ». Il a promis « des choix forts et courageux ».

Emmanuel Macron a également salué le travail et l'engagement des parlementaires durant cette première année de quinquennat : « Vous avez engagé des chantiers d'une ampleur jamais vue », a-t-il affirmé, en citant la formation professionnelle, l'apprentissage, et le logement.

Emmanuel Macron a annoncé qu’il recevrait au mois de juillet les 100 premières entreprises françaises pour solliciter leur engagement « en termes d'apprentissage, d'emplois dans les quartiers difficiles ».

« Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui »

Sur la réforme des retraites, le président a dénoncé des rumeurs faisant croire « que nous voudrions supprimer les pensions de réversion ». « Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui », a-t-il affirmé. « Pour la première fois ce qui a été choisi n'a pas été de faire une économie sur les retraités d'aujourd'hui ou ceux qui s'apprêtent à partir à la retraite, mais de refonder un système de retraite juste, unique, transparent, qui viendra progressivement remplacer la quarantaine de systèmes existants ».

Le dossier éducation a également été ouvert, le président en faisant « le combat de notre siècle ».  Emmanuel Macron a rappelé les réformes portant sur l'école obligatoire à trois ans ou le dédoublement des certaines classes.
 Un plan pauvreté,  issu d'une concertation lancée fin 2017, sera présenté « en septembre » et mis en oeuvre « en 2019 », a annoncé Emmanuel Macron, promettant « un accompagnement réel vers l'activité » pour les personnes « les plus fragiles ».  « Elle ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique, mais une politique d'investissement et d'accompagnement social. Non pas de nouvelles aides, en solde de tout compte, mais un accompagnement réel vers l'activité », a-t-il ajouté.

« L'Etat providence du XXIe siècle »

« La réforme de l'assurance chômage ou la santé au travail », seront des sujets évoqués avec les principales organisations patronales et syndicales, le 17 juillet pour « jeter les bases d'un nouveau contrat social », selon les mots du président français. « La priorité de l’année qui vient est simple : nous devons construire l’Etat-providence du XXIe  siècle », a-t-il poursuivi, « un Etat-providence émancipateur, universel, efficace,responsabilisant ».

Enfin le président français a abordé la lutte contre le terrorisme islamiste : « le travail doit se poursuivre sans fébrilité et sans relâche. C'est celui d'une génération ». Depuis le début de son quinquennat, il a rappelé que la France avait été frappée à trois reprises à Marseille, Trèbes/Carcassonne et Paris, en mai dernier. Se faisant, il a tenu à rappeler que la République n'avait « aucune raison d'être en difficulté avec l'islam, pas davantage qu'avec une autre religion, la laïcité veut simplement que soit garantie à chacun la liberté de croire et de ne pas croire ». A l'automne, un cadre et des règles seront donnés à l'islam de France, deuxième religion du pays, « garantissant qu'il s'appliquera partout de manière conforme aux lois de la République », a indiqué le chef de l'Etat.

Les migrants

« Jamais la France n'acceptera des déportations » de migrants « à travers l'Europe », une phrase choc prononcée devant les parlementaires au moment où l'Europe est secouée par une vague de nationalismes. « Toute politique nationaliste de court terme ne règlera en rien la situation migratoire ». « Nous devons nous montrer fidèles à notre Constitution qui protège de manière inconditionnelle ceux qui demandent l'asile mais impose des règles précises à ceux qui, pour des raisons économiques, quittent leur pays pour rejoindre le nôtre », a-t-il précisé. Emmanuel Macron a cette occasion dit la nécessité de « refonder notre partenariat avec l'Afrique » d'où part une « jeunesse du désespoir », qui n'a « pas droit dans une large majorité à l'asile ».

ludovic MARIN / AFP

Etats-Unis: Donald Trump nomme le conservateur Brett Kavanaugh à la Cour suprême

Donald Trump a annoncé, lundi 9 juillet, la nomination du magistrat Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis. Le président des Etats-Unis ancre ainsi dans le conservatisme l'institution qui tranche les grands débats de la société américaine.
 

« J'ai l'honneur et le privilège d'annoncer que je nomme à la Cour suprême des Etats-Unis Brett Kavanaugh », un juge « aux références impeccables », a déclaré Donald Trump au terme d'un suspense savamment orchestré par la Maison Blanche.

Juge à la cour d'appel de Washington depuis une décennie, Brett Kavanaugh a aussi été conseiller juridique de l'ancien président républicain George W. Bush. Il s'est dit « profondément honoré » d'avoir été choisi pour devenir le neuvième juge de la haute cour.

« Un juge doit être indépendant et doit interpréter la loi, et non pas faire la loi. Et un juge doit interpréter la Constitution telle qu’elle est écrite. », a-t-il assuré lors d'une courte allocution, en présence de M. Trump et devant ses parents, à qui il a rendu hommage.

Kavanaugh succède à Anthony Kennedy

Le juge Kavanaugh a commencé sa carrière dans la magistrature comme assistant d'Anthony Kennedy qui, fin juin, a créé la surprise en annonçant qu'il prenait sa retraite de la Cour suprême. Brett Kavanaugh en a d'ailleurs profité pour rendre hommage à son prédécesseur.

« Il y a trente ans, le président Reagan a nommé Anthony Kennedy à la Cour suprême. Le juge Kennedy a consacré sa carrière à défendre la liberté. Je suis profondément honoré d’être nominé pour occuper son siège. »

Près de trois décennies séparent les deux hommes et, s'il est confirmé par un vote du Sénat, Brett Kavanaugh deviendra à 53 ans l'un des plus jeunes sages de l'institution qui veille à la constitutionnalité des lois aux Etats-Unis.

Diplômé de la prestigieuse université Yale, il a notamment rassuré les républicains en se déclarant opposé à la loi Obamacare sur la couverture maladie universelle.

Récemment, il s’est aussi prononcé contre l’avortement d’une migrante et pour l’assouplissement des règles antipollution de l’industrie automobile, rappelle notre correspondant aux Etats-Unis, Eric de Salve. Donald Trump le qualifie de « juriste brillant, aux écrits clairs et ciselés. Un des esprits ludiques les plus fins et les plus aiguisés de notre époque », un avis que ne partage pas du tout les élus démocrates très remontés contre cette nomination.

Brett Kavanaugh s'est fait connaître dans les années 1990 lors de deux scandales de l'ère Bill Clinton.

Une Cour ancrée à droite

L’arrivée du nouveau magistrat ne change pas l’équilibre arithmétique à la Cour suprême, il y a toujours cinq juges républicains sur neuf. Mais cette nomination à vie fait encore glisser la Cour à droite car Brett Kavanaugh remplace un juge conservateur modéré qui votait parfois dans le même sens que les libéraux. Or les démocrates craignent que son remplacement soit beaucoup plus intransigeant.

« Il y a sans doute des changements de jurisprudence à prévoir mais il faut noter qu’ils ont déjà commencé depuis une dizaine d’années, tient à préciser le chercheur Corentin Sellin. Cette Cour suprême, même si elle a pu faire preuve de libéralisme sur les questions sociétales, sur beaucoup d’autres questions - le financement des campagnes électorales, le droit à porter des armes à feu - a déjà glissé vers une interprétation plus conservatrice et plus textuelle de la Constitution. »

Pour l'opposition, la principale inquiétude concerne un possible retour en arrière en matière de droit à l’avortement.

La confirmation de Brett Kavanaugh par le Sénat s’annonce donc houleuse. Chuck Schumer, le leader des sénateurs démocrates, appelle à faire un barrage contre sa nomination. La sénatrice de la Californie dit aussi craindre le pire : Kamala Harris le qualifie d’« idéologue conservateur et de menaces directes pour les droits de millions d’américains ».

REUTERS/Jim Bourg

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