International

SNCF: le deuxième jour de grève s'annonce très perturbé

La grève à la SNCF a commencé fort ce mardi avec un trafic ferroviaire très perturbé. Il en sera de même demain. Le Premier ministre Edouard Philippe prévoit des « jours difficiles », car ni le gouvernement ni les syndicats de cheminots ne semblent prêts à lâcher du lest.

Comme l’avait annoncé la SNCF, cette première journée de grève au long cours a fortement perturbé le trafic. Sur les grandes lignes, seul un TGV sur huit roulait. En Ile-de-France, la circulation des RER allait d’un train sur deux à un sur cinq, tandis que dans les régions, un TER et un Transilien sur cinq étaient annoncés.

On a vu ainsi des gares noires de monde et d’autres presque vides parce que les voyageurs avaient anticipé la grève en optant pour d’autres moyens de transport. Devant les panneaux d’affichage, il y a ceux qui prennent sur eux et ceux qui ne décolèrent pas contre les grévistes. « C’est un moyen de pression qui n’impacte que la population, et principalement celle qui a peu de moyens », estime une femme rencontrée gare de Lyon à Paris.

La situation ne devrait pas s’améliorer ce mercredi. La direction de la SNCF table ainsi sur les mêmes fréquences que ce mardi, à l’exception des TGV qui devraient être un peu plus nombreux. En moyenne, seul un train à grande vitesse sur sept devrait ainsi rouler en ce deuxième jour de grève, tandis que les prévisions annoncent un TER et un Transilien sur cinq. Le trafic international devrait quant à lui être quasi-normal.

Lors de la séance de questions à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a dit entendre « autant les grévistes » que « ceux qui veulent aller travailler ». « Je respecte les grévistes », a-t-il affirmé. « Mais si les grévistes doivent être respectés, les millions de Français qui doivent aller à leur travail (…) doivent également être respectés », a-t-il poursuivi. S’adressant aux clients et usagers de la SNCF, Edouard Philippe a dit vouloir les saluer « car ils ont des jours difficiles devant eux, la grève ayant été organisée pour (leur) porter un impact maximal ».

« On ne peut pas complètement se satisfaire d’une situation où les usagers souffrent d’une conséquence d’une grève », admet Kevin Quehen, secrétaire général de la CGT-Cheminots pour la région Paris-Nord, tout en attribuant la responsabilité de cette situation au gouvernement et à l’entreprise ferroviaire. « Qu’ils prennent la défense du service public », lance-t-il. Les syndicats s’opposent ainsi à la privatisation du secteur ferroviaire et de la SNCF et réclament une vraie qualité de service pour les usagers. « Plus tôt le gouvernement entendra raison, plus tôt la grève s’arrêtera. »

Les cheminots ont engagé une grève qui doit se prolonger jusqu’au 28 juin, à raison de deux jours de blocage sur cinq. Après la première séquence de mardi et mercredi, la prochaine est prévue les 8 et 9 avril.

Affaire Skripal: la Russie expulse des dizaines de diplomates occidentaux

La crise diplomatique entre la Russie et les pays occidentaux ne cesse de s'aggraver, conséquence de l'affaire Skripal du nom de cet ancien espion empoisonné sur le sol britannique. Moscou a annoncé ce vendredi 30 mars des mesures de rétorsion contre les pays ayant décidé la semaine dernière d'expulser des diplomates russes dans le cadre de cette affaire. C'est la plus importante vague d'expulsions croisées de diplomates de l'Histoire.

Les ambassadeurs de 23 pays parmi lesquels la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, le Canada, les Pays-Bas et la Pologne ont été convoqués au ministère russe des Affaires étrangères ce vendredi 30 mars, où ils se sont vus notifier les mesures d'expulsion prises à l'encontre de leurs diplomates.

« Il leur a été remis une note disant qu'en protestation aux accusations déraisonnables et aux expulsions de diplomates russes(...), la Russie déclare persona non grata le nombre correspondant d'employés diplomatiques », a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Concrètement, Moscou répond à l'identique, en expulsant le même nombre de diplomates que chaque pays a expulsé de diplomates russes. Quatre diplomates de l'Allemagne et de la Pologne devront par exemple quitter la Russie. Treize diplomates ukrainiens devront également quitter Moscou, un nombre identique au nombre de Russes qui avaient été contraints de quitter Kiev cette semaine. Quant à la France, Paris va devoir demander à quatre de ses diplomates de faire leurs valises, relate notre correspondant à Moscou,Daniel Vallot.

Seuls quatre pays ayant annoncé des mesures contre la Russie échappent pour l'instant à ces représailles. « Compte tenu du fait que la Belgique, la Hongrie, la Géorgie et le Monténégro ont décidé au dernier moment de rejoindre ce mouvement, la Russie se réserve le droit de prendre des mesures » à l'avenir, a néanmoins déclaré le ministère dans son communiqué.

Moscou a aussi décidé de nouvelles mesures contre la Grande-Bretagne, donnant un mois à Londres pour réduire son personnel diplomatique en Russie et l'amener au même niveau que celui des missions diplomatiques russes au Royaume-Uni.

Bras de fer entre Moscou et Washington

Jeudi 29 mars, la Russie a également annoncé l'expulsion de 60 diplomates américains en réponse à une mesure équivalente des Etats-Unis, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. Ces mesures de rétorsion « marquent une nouvelle étape dans la détérioration de nos relations » a réagi la Maison Blanche. Mais à Moscou on se défend de mettre de l'huile sur le feu.

« Ce n’est pas la Russie qui a engagé la guerre diplomatique », a déclaré le porte-parole du Kremlin en réponse aux accusations de la Maison Blanche. « Nous sommes obligés de prendre ces mesures de rétorsion en raison des actes illégitimes » de Washington, ajoute en substance Dmitri Peskov.

En plus des diplomates américains expulsés, la Russie a également fermé le consulat de Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays. Une mesure très forte à l’encontre des Etats-Unis qui indique très clairement que la Russie est prête à prolonger le bras de fer diplomatique engagé avec Washington, Londres et leurs alliés.

RFI

Pour Macron, le gendarme Beltrame incarnait « l'esprit français de résistance »

Emmanuel Macron prend la parole

      Au pupitre, le président de la République prend la parole face aux nombreux invités et prononce l'éloge funèbre. Il revient sur le déroulé des faits du vendredi 23 mars et rend hommage au parcours du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. " “Nous pensons en cet instant à ces blessés, à ces morts, nos morts et à leurs familles dans le recueillement."

"Il avait rendez-vous avec sa vérité d'homme"

      
"Lucide, déterminé, le lieutenant-colonel Beltrame a pris auprès du terroriste la place de l'otage. Il avait rendez-vous avec sa vérité d'homme, de soldat, de chef (...). Le lieutenant-colonel Beltrame a fait ce choix, parce qu'il se serait reproché éternellement de ne pas l'avoir fait", a prononcé le président de la République. Le chef de l'État a également salué une "grandeur qui a sidéré la France".

Arnaud Beltrame incarne "l'esprit français de résistance"

      "Il était un engagé et il avait juré de faire corps avec un idéal plus grand et plus beau, et cet idéal, c'était le service de la France. Dès que nous eûmes appris son geste, nous tous Français avons tremblé. L'un d'entre nous venait de se dresser brave (...) face à la folie meurtrière. Et avec lui surgissait l'esprit français de résistance. (...) Cette détermination inflexible convoqua dans nos mémoire les figures tels que Jean Moulin (...) des héros anonymes de Verdun (...) enfin de toutes ces femmes et de ces hommes avaient décidé que la liberté, la fraternité française ne survivrait qu'au prix de leur vie et que cela en valait la peine. Car l'intolérable, jamais ne peut l'emporter", a affirmé Emmanuel Macron. Avant de poursuivre : "Ce geste convoqua dans nos mémoires les figures de Jean Moulin […] des héros anonymes de Verdun […], de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, un jour, avaient décidé que la France, la liberté France, la fraternité France ne survivraient qu'au prix de leur vie et que cela en valait la peine."     

Il rejoint "le cortège valeureux des héros qu'il chérissait"

      "Je le dis à sa famille : la leçon qu'il nous a offerte est, je le sais, d'un prix inacceptable, la gratitude de la patrie et les honneurs rendus ne vous ramèneront pas l'être que vous aimiez tant. Ce héros était un homme, avec son histoire, ses liens, ses sentiments, ses questionnements et lui-même avait ses héros qui étaient les grands soldats français. Arnaud Beltrame rejoint aujourd'hui le cortège valeureux des héros qu'il chérissait." Et de poursuivre ensuite : "Il vivra en vous, dans vos souvenirs et vos prières. Mais ce que nous nous devons, c'est que sa mort ne soit pas vaine. Sa mémoire vivra, son exemple demeurera, j'y veillerai, je vous le promets. Votre sacrifice, Arnaud Beltrame, nous oblige, il nous élève, il dit comme aucun autre ce qu'est la France, ce qu'elle ne doit jamais cesser d'être."

"Ce que nous combattons, c'est aussi cet islamisme souterrain"

      Emmanuel Macron a appelé "chaque citoyen" à "un regain de vigilance et de civisme" face à "l'islamisme souterrain", à l'occasion de l'hommage national rendu au gendarme Arnaud Beltrame qui a donné sa vie lors de l'attaque djihadiste dans l'Aude. "Ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daech, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c'est aussi cet islamisme souterrain (...) qui, sur notre sol, endoctrine par proximité et corrompt au quotidien", a déclaré le chef de l'État, dénonçant cet "ennemi insidieux qui exige de chaque citoyen un regain de vigilance et de civisme".      

"Le socle de la République, c'est la force d'âme"

Le cercueil quitte les Invalides

      
Après l'éloge funèbre prononcé par Emmanuel Macron, le cercueil du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame quitte la cour des Invalides au son de la Marche funèbre de Chopin. Il est porté par les dix gendarmes, élèves-officiers et camarades du gendarme décédé.    

Le lieutenant-colonel Beltrame sera inhumé jeudi

      Les obsèques du gendarme seront célébrées jeudi 29 mars à Ferrals, dans les Corbières (Aude). C'est là qu'il résidait avec son épouse. Les trois autres victimes (Hervé Sosna, Jean Mazières et Christian Medves) seront également inhumées ce jeudi. 

Ce qu'il faut retenir :

- Un hommage national était rendu à Arnaud Beltrame, décédé lors de l'attaque du Super U. Il a été élevé au rang de commandeur de la Légion d'honneur et nommé colonel de gendarmerie. Toute la nation est rassemblée pour cette cérémonie : outre le président et l'ensemble du gouvernement, des anciens présidents, François Hollande et Nicolas Sarkozy, des dirigeants politiques de tous bords, dont Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Laurent Wauquiez, plus de 300 députés et de nombreux anciens ministres, dont François Fillon, Alain Juppé, Manuel Valls ;

- Emmanuel Macron a prononcé l'éloge funèbre. Arnaud Beltrame incarne « l'esprit français de résistance ». « Il rejoint le cortège valeureux des héros qu'il chérissait », a déclaré le chef de l'État, affirmant que « sa mémoire vivra » ;

- « Ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daech, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c'est aussi cet islamisme souterrain (...) qui sur notre sol endoctrine par proximité et corrompt au quotidien », a déclaré Emmanuel Macron, dénonçant cet « ennemi insidieux qui exige de chaque citoyen un regain de vigilance et de civisme ».

L'âme salvatrice du primitif- François-Michel MAUGIS – La Réunion Économiste, écrivain et philosophe.

L'âme salvatrice du primitif- François-Michel MAUGIS – La Réunion Économiste, écrivain et philosophe.

L'homme primitif évolue, l'homme évolué régresse. Le principe de Peter (1) s'appliquerait-il à notre humanité tout entière ?

C'est en tout cas la question que peut se poser un observateur ayant pris le parti du recul et de l'observation désintéressée plutôt que celui de l'implication et du parti pris. Ayant été élevé et donc formaté dans un milieu évolué, j'ai découvert assez tard des choses que l'on m'avait cachées. Il existerait donc des humains pour lesquels, progresser dans la société n'était pas et loin de là, l'ambition première.

Se contenter de ce que l'on a, ériger la paresse, l'inaction et la passivité comme mode de vie, cela était possible et d'ailleurs assez fréquent. J'ai longtemps été effaré de découvrir ce monde si différent du miens. J'ai observé le mépris dont faisait l'objet ces gens de la part des autres. Ce n'était pas mon cas mais j'ai cherché longtemps à comprendre.

Il y a finalement, dans la schizophrénie des gens évolués quelque chose qui me gêne bien davantage que la passivité de ces humains qui présentent bien des similitudes avec l'homme que certains pourraient qualifier de rustres ou de primitifs. Là où tout bascule, où le négatif de vient positif c'est lorsque l'on s'élève pour avoir une vision globale de cette humanité. Il ne suffit pas de dire que le monde civilisé est en crise car, après tout, cela pourrait n'être qu'une phase transitoire dans l'évolution de notre espèce. Il faut aller plus loin pour s'apercevoir que cette évolution récente du Monde conduit à une impasse.

Les pessimistes parlent même d'apocalypse.


Alors, revenons à nos moutons, à ce troupeau qui représente tout de même plus de 50% de la population mondiale. Et posons-nous la question qui tue. Ces êtres, cette façon de se comporter, de voir le Monde, n'est-ce pas la bonne formule, en tout cas celle qui laisserait encore à l'humanité une marge de manœuvre ?

Comment et pourquoi ?


Pour bien comprendre, il faut accepter, il faut admettre que les civilisations qui étaient petites et dispersées sur la planète, ont eu de beaux débuts, c'est vrai. Mais très rapidement elles se sont heurtées entre elles et surtout, elles ont heurté, perturbé les grands équilibres de la vie sur Terre. Autrement dit, qu'ils le veuillent ou non, ceux qui n'ont pas participé (ou moins participé) à ce déséquilibre, sont dans le vrai. Mais il faut aller encore plus loin dans le raisonnement. Il y a probablement dans notre inconscient une réminiscence de la vie animale, celle qui subit les grands équilibres mais qui ne les perturbent pas.

Le chasseur cueilleur connaissait la forêt mieux que nos meilleurs spécialistes d'aujourd'hui. Le procédé millénaire de la culture sur brulis relevait d'une longue expérience et d'un sens aigu de ces grands équilibres. Voir, observer et connaître avant d'agir, est la loi de la jungle qui permet de survivre. Et si 50% de l'humanité sont dans l'expectative, ne serait-ce pas justement (consciemment ou pas) un réflexe de survie commandé par notre cerveau reptilien ?

François-Michel MAUGIS – La Réunion
Économiste, écrivain et philosophe.
http://www.assee.fr

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