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Hommage à Mr et Mme OLIVIER André de la Maison de la Négritude et des droits de l'Homme de Champagney. Pensons à eux en cette période de commémoration de l'abolition de l'esclavage.

 

Hommage à Mr et Mme OLIVIER André de la Maison de la Négritude et des droits de l'Homme de Champagney. Pensons à eux en cette période de commémoration de l'abolition de l'esclavage.

Les amis de Joseph NDIAYE conservateur de la Maison des esclaves de Gorée sont aussi partis le rejoindre à hadès.

Champagney et l 'équipe de la Maison de la Négritude et des Droits de l'Homme a la tristesse de vous faire part du décès de
Monsieur André OLIVIER
Conservateur de la Maison de la Négritude
et des Droits de l'Homme de Champagney/France survenu le 20 juin 2015, à l'âge de 91 ans.
en l'église Saint-Laurent, à Champagney.

Madame Marie-Thérèse OLIVIER
et vous prie d'assister à ses obsèques qui auront lieu ce mardi 11 octobre 2016, à 14 h 30, en l'église de Champagney.

 

J'ai rencontré deux passionnés, deux humanistes.


C'est en lisant le journal L'Est Républicain que je découvre que Joseph Ndiaye le conservateur de la Maison des esclaves sera l'invité d'honneur d'une grande cérémonie sur l'esclavage dans un village reculé et austère du haut-Doubs. Il y fait très froid.

Je me dis ce n'est pas possible c'est où Pesmes.

C'était loin de Besançon et je n'avais pas de voiture ni le permis à l'époque.
Je fais le tour de mes amis et je tombe sur un couple d'amis amoureux du savoir et des questions interculturelles, le couple me dit pape on y va ensemble.
J'étais le seul noir dans cette marée de blancs. Je n'étais toujours pas convaincu que Joseph Ndiaye serait dans ce coin du monde, lui qui avait du mal à quitter Gorée malgré les belles opportunités offertes par les noirs américains.


Il arrive enfin accompagné d'un grand Monsieur Olivier le conservateur de la Maison de la Négritude et des droits de l'Homme de Champagney et Haute Saône.
Toues les écoles du coin étaient invitées pour assister à l'exposition, à l'animation culturelle inédite sur l'Afrique. Comme partout avec un grand nombre d'élèves le bruit n'est jamais loin. Mr Joseph Ndiaye parle et les gens discutent, alors que j'ai connu ce conservateur qui a fait pleurer les grands cde ce monde, quand il ouvrait la bouche c'était silence cimetière. Quand j'ai pris la parole je commence par dire au gens de Pesmes «vous ne savez pas qui vous recevez aujourd'hui. Et je présente à ma façon Joseph NDIAYE, il se lève pour venir me saluer et m'encourager dans mes études».

Et depuis je n'ai pas quitté Mr OLIVIER le conservateur, pendant 10 années où je donnais des cours complémentaires à l'IUFM de France Comte sur les cultures africaines, destinés au futurs enseignants qui recevront une diversité de nationalités dans leurs classes. Je passais la journée dans ce musée qui est le prototype de la maison des esclaves de Gorée.

Son ancien élève disait de lui « Je le vois et l'entends encore au guide-chant nous apprendre la Marseillaise et le Chant des Partisans, ce dernier plus proche à son cœur parce que, adolescent pendant l'Occupation, l'automne 1944 restera chez lui une plaie béante qui, paradoxalement, forgera son humanité ...
Les supplétifs des nazis – les Cosaques – assassineront son père en septembre 1944 (coupable d'intervenir au moment où ceux-ci violentaient des voisins). Étrangement, ou peut-être à cause de cela, André sera pacifiste et non-violent.
L'orphelin, victime de la guerre, ne crut qu'au dialogue entre les hommes, à la paix, à la tolérance et au progrès. Ces vertus, il les porta à bout de bras, jeune instituteur, au sortir de la guerre nommé sur les hauts de Servance, à l'école des Grilloux.
Ce n'était déjà plus le temps des « hussards de la République » mais l'esprit n'en était pas très éloigné et c'est en missionnaire, dans des conditions spartiates, qu'il éduqua une population pleine de gentillesse et d'humanité. Cela lui allait si bien.

J'ai souhaité rendre ce simple hommage à ces deux hommes, ce couple qui a su captiver mes étudiants chaque fois que j'ai eu l'occasion de venir au Musée.

Moi j'étais conquis par leur sagesse, leur passion et leur éloquence.
Je les ai reçus à la radio-Sud de Besançon pour parler de cette maison exceptionnelle et unique. J'en ai parlé dans tous les sites qui m'avaient ouverts leurs pages pour encore diffuser et faire la publicité de ce haut de mémoire.
J'ai, avec ce couple, bataillé pour le rayonnement de cette maison de la Négritude et je ne suis pas peu fier.

A chaque fois que je venais à Champgney le couple se tiraillait gentiment pour me servir et c'est une grande marque de sympathie et au final il se répartissait le travail mais sans manquer de piétiner sur la partie de l'un ou l'autre.

Le vœu de Champagney expliqué et commenté par l'un ou l'autre est la partie que j'attendais le plus. La dimension philosophique et humaniste m'interpellait. Le ton, la respiration, l'accent mis sur les mots par Mr ou Mme Olivier était un plaisir à entendre et mes professeurs écoutaient religieusement les brillants orateurs malgré l'âge et la fatigue.
Je voudrai encore remercier le couple olivier, mes amis, de m'avoir reçu à leur table avec, s'il vous plait tout ce qu'il fallait pour qu'une table française soit à la hauteur. Même si je ne bois pas d'alcool, la vieille bouteille était là bien posée et présentée pour me dire bienvenu.
Je tenais à dire à leurs familles respectives combien j'ai aimé ce couple qui a toujours œuvré pour le dialogue des cultures, pour que triomphe l'esprit d'humanisme partout.


Mme OLIVIER était fière qu'un membre de sa famille ait apposé sa signature sur le cahier de doléances pour dire stop à l'esclavage.

Le musée est un lieu d'histoire chargé de mémoire à transmettre aux anciens mais aussi aux plus jeunes.
Le musée raconte aussi l'esclavage dans le 20 ème siècle pour dire que la bataille n'est pas terminée et qu'il faut se battre toujours pour les droits de l'homme.


Je vous offre le beau texte: le Voeu des habitants de Champagney

Vœu des paysans de Champagney au roi Louis XVI qui convoquait, en 1789, les Etats Généraux de Versailles:

- "Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur, en se représentant leurs semblables, unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme.

Ils ne peuvent se persuader qu'on puisse faire usage des productions des dites colonies si l'on faisait réflexion qu'elles ont été arrosées du sang de leurs semblables : ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n'accusent les Français de ce siècle d'avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de français et encore plus celui de chrétien.

C'est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, faire des sujets utiles au royaume et à la patrie."

(Document B-4213 aux archives Départementales de la Haute-Saône à Vesoul)


En 1971, un enfant du pays, René Simonin, décédé en 1980, tira de l'oubli ce texte, le fit connaître et fonda autour de cet article 29 appelé « Vœu de Champagney » un mémorial, la "Maison des Droits de l'homme et de la Négritude".

Ce musée fut parrainé par Léopold Sédar Senghor, à l'époque président de la République du Sénégal.
Reposez bien en terre et veillez sur nos esprits pour que l'humanisme triomphe sur la barbarie


Pape CISSOKO

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Allocution de Chantal GRASSET-PRIAN-Conseillère municipale associée-Choisy-le-roi, Droits de l'Homme et actions contre les discriminations-Abolition de l'esclavage -France

Allocution de Chantal GRASSET-PRIAN-Conseillère municipale associée, Droit de l'Homme et actions contre les discriminations-Abolition de l'esclavage
11 ème anniversaire Commémoration journée nationale pour l'abolition, de la traite et de l'esclavage du 10 mai 2017.

Le 11 ème anniversaire de la commémoration de l'abolition de l'esclavage a encore eu lieu à Choisy-le-Roi mais avec une absence remarquée encore : celle du Maire de la ville.


Mais c'est l'occasion de saluer la présence remarquée et assidue de certains élus : Hassan Aoummis ; Malika Benkahla ; Gilles Dupuy ; Christiane Moro.

Il est toujours important de marquer le coup pour ne pas oublier. Chaque commune célèbre cette journée de différentes façons et chaque commune se donne les moyens à la hauteur de l'intérêt que les élus portent à l'évènement. C'est là que certaines absences se voient et certaines présences se remarquent.


Les citoyens sensibles à cette cause félicitent l'élue en charge de cette commémoration et la question suivante c'est mais où est le Maire. On pensait qu'il serait là ! Et l'élue avance des excuses qui ne convainquent pas pour sauver le premier magistrat de la commune.
C'est ainsi que des citoyens, des individualités, vont se mobiliser pour corriger ces absences flagrantes et donner une empreinte plus importante à cette cause dans ce monde de crises et de fractures sociales attisée par le FN.


Un mot sur la Capoeira -Un art martial dissimulé derrière la danse
Après la belle chorale des enfants il y avait la capoeira :


Si les premières origines de la capoeira sont assez vagues du fait de sa naissance clandestine, on sait que cet art martial était pratiqué par les esclaves. Pour passer inaperçues, les techniques de combat de la capoeira se mélangent à des mouvements de danse. Musique et chant accompagnant les enchainements acrobatiques, les maîtres ne se doutaient pas que les esclaves mettaient au point de véritables méthodes de combat sophistiquées. Aujourd'hui encore, la capoeira est un véritable mélange de danse acrobatique et de coups de poing et de pied, parfois inspirés du monde animal. P B CISSOKO ichrono.ionfo


Voici la belle allocution de l'élue Mme Chantal PRIN-GRASSET

Allocution de Chantal GRASSET-PRIAN-Conseillère municipale associée-Choisy-le-roi, Droits de l'Homme et actions contre les discriminations-Abolition de l'esclavage -France

Au départ de l'Afrique, du 16ème au 19ème siècle, des millions d'africains ont été déportés et réduits à l'esclavage. Ces esclaves ont été victimes de la traite négrière qui a parcouru des traversées entre les pays de l'Europe, l'océan atlantique, l'océan pacifique et l'océan indien De nombreux navires, appelés négriers, ont transportés ces esclaves dans des conditions de voyage épouvantables, pour les vendre aux planteurs des colonies.


En mars 1685, Louis XIV applique Le CODE NOIR de COLBERT, qui légalise la traite négrière, et valorise les droits des maîtres sur leurs esclaves.
A ce moment-là, l'esclave est déchu de son patronyme, de sa liberté. Il devient une marchandise vendue à un prix fixé en fonction de son âge, son sexe et sa condition physique. L'esclave est marqué au fer rouge lorsqu'il désobéit à son maître. L'esclave révolté subit des châtiments corporels pouvant le conduire jusqu'à la mort.
Dans les colonies, les esclaves produisaient l'agriculture, les plantations de coton, de café et de canne à sucre, dans des conditions de travail atroces. Ces millions d'esclaves noirs exprimaient leurs colères et leurs souffrances à travers le chant et la danse, tout en luttant pour leur liberté.


Pendant la révolution française le mot Liberté s'affirme à travers deux déclarations : 1789, la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen qui considère que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. 1791, Olympes de Gouge rédige la déclaration des droits de la femme et de la Citoyenne, qui considère que la femme nait libre et demeure égale à l'homme en droits.


L'abolition de l'esclavage se prononce, sur la proposition de Danton, par la convention Nationale du 4 février 1794, et décrète que les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens Français, et doivent jouir de tous les droits assurés par la constitution.

Mais, en 1802, Napoléon BONAPARTE rétabli l'esclavage. Le 10 mai 1802, Louis DELGRES, colonel de l'armée française, signe sa proclamation anti-esclavagiste. Son combat très rude pour la liberté des esclaves, le conduit jusqu'à la mort. Danton, qui a vécu un peu à Choisy-le-Roi, était l'ami de Louis DELGRES
Enfin, le décret du 27 avril 1848 de Victor SCHOELCHER abolit définitivement l'esclavage en France, considérant que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine, qu'il est une violation flagrante du dogme républicain : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.


Cette période horrible et dévastatrice de l'esclavage a été reconnue par l'Etat français, en 2001, comme un crime contre l'humanité


Aujourd'hui, je pense à Hégésippe Jean LEGITIMUS, premier élu noir de la III ème République à l'Assemblée Nationale. Et, son fils Etienne LEGITIMUS, journaliste qui ont fondé deux mouvements pour l'émancipation humaine. Il s'agit de la (LICRA) Ligue Internationale contre le racisme et l'antisémitisme et le (MRAP) Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples.


Pascal LEGITIMUS, né d'une mère française d'origine arménienne Madeleine Kambourian et d'un père antillais Théo Légitimus, a vécu, une partie de son enfance à Choisy-le-Roi. Et son ami LUC SAINT-ELOY joue le rôle principal de Louis DELGRES dans le film intitulé « 1802 » l'EPOPEE GUADELOUPEENE.


Je termine mon discours par cette pensée qui est la mienne « Le battement de notre cœur anime le métronome de notre Société ». MERCI A TOUTES ET A TOUS.

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EMMANUEL MACRON-NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE-BIOGRAPHIE-GALA Emma¬nuel Macron, né le 21 décembre 1977 à Amiens, est le fils d'un couple de médecins. Son père est neurologue, sa mère pédiatre, et tous deux sont professeurs au CHU d'

 

EMMANUEL MACRON-NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE-BIOGRAPHIE-GALA


Emmanuel Macron, né le 21 décembre 1977 à Amiens, est le fils d'un couple de médecins. Son père est neurologue, sa mère pédiatre, et tous deux sont profes-seurs au CHU d'Amiens. Aîné de la fratrie, il a un frère et une soeur, il passe une grande partie de son enfance chez sa grand-mère adorée, directrice de collège élevée par des parents illettrés. Il suit sa scolarité chez les Jésuites de la Providence à Amiens. Elève brillant – il est lauréat du Concours général de français à 16 ans – il se passionne également pour la musique et décroche le troi-sième Prix de piano du Conservatoire d'Amiens. En terminale, il arrive au lycée Henri-IV à Paris. Diplômé de Sciences Po Paris, il entame ensuite un cursus universitaire à Nanterre. En 1999, il est assis¬tant du philo¬sophe Paul Ricoeur et participe à la rédac¬tion de l'un de ses derniers ouvrages, La mémoire, l'histoire, l'oubli publié aux éditions du Seuil en 2000. Après une maîtrise de philosophie sur Machiavel, il rédige son mémoire de DEA sur l'Intérêt général, lecture et principes de la philosophie du droit de Hegel.


En 2002, il se dirige vers la haute fonction publique et intègre l'ENA promotion Léopold Sédar Senghor – d'où il sort diplômé en 2004. Il débute sa carrière à l'Inspection des Finances, d'abord inspecteur adjoint en avril 2004, il devient inspecteur des Finances en octobre 2005.

En juin 2007, il est chargé de mission auprès du chef de service de l'Inspection générale des finances.

En 2008, changement de cap, la banque Rothschild l'engage à l'âge de 30 ans.

Son ascension au sein de la banque d'affaires est fulgurante, il en devient associé-gérant en décembre 2010.


En mai 2012, il accepte la proposition de François Hollande, rencontré en 2007 lors d'un dîner chez Jacques Attali, de rejoindre l'Elysée en tant que secrétaire général adjoint de la prési-dence. Le 26 août 2014, il est nommé Ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique dans le deuxième gouvernement de Manuel Valls. Le 30 août 2016, Emmanuel Macron annonce sa démission du gouvernement. Quelques semaines plus tard, le 16 novembre, il annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle 2017. Le 23 avril 2017, lors du premier tour de l'élection présidentielle, il arrive en tête des suffrages avec 24 % des voix.


Côté vie privée, Emmanuel Macron est marié depuis octobre 2007 à Brigitte Trogneux, professeur de français de vingt-quatre ans son aînée, rencontrée en classe de première au lycée La Providence d'Amiens lors d'un atelier théâtre. Son épouse a trois enfants nés d'une précédente union.
Sciencepo.fr


Emmanuel Macron, ses années d'étudiant à Sciences Po Paris


"Un étudiant tchèque en échange universitaire qui n'a pas vu un coiffeur depuis des décennies" : c'est ainsi qu'Emmanuel Macron apparaît pour la première fois à Sciences Po à Marc Ferraci, un autre étudiant fraîchement admis, qui va devenir son plus proche ami, et qui sera son témoin de mariage quelques années plus tard - l'occasion de rappeler cette anecdote capillaire dans son discours. Portrait des années d'étudiant du plus jeune président de la Ve République.

Rédigé par leral.net

Emmanuel Macron a 21 ans quand il entre à Sciences Po. Après trois années de prépa littéraire au lycée Henri IV, soldées par deux échecs au concours d'entrée à l'École Normale Supérieure, il serait entré à Sciences Po pour "panser ses plaies", voire "avec un certain esprit de revanche"¹. C'est en tout cas un candidat "qui inspire confiance et sympathie" et une "personnalité enthousiaste et vivante" que recommandent ses professeurs de khâgne dans son dossier de candidature pour la rue Saint-Guillaume. Avec en tête un projet d'avenir encore ouvert à toutes les possibilités, plus ou moins porté vers une carrière dans l'enseignement supérieur "peut-être à l'étranger", qui lui fait choisir la section "Internationale" (l'une des quatre encore à vigueur à l'époque).

"Service public" et philosophie politique

Bien souvent expédiée en une ligne coincée entre son parcours de khâgneux au Quartier Latin et ses années de jeune énarque, son passage à Sciences Po constitue pourtant une période plus décisive qu'il n'y paraît. À commencer par le choix d'une carrière publique: à l'entrée en 3e année - la scolarité n'en comptait alors que trois - il change de section pour rejoindre la section "Service public". Une troisième - et dernière- année qu'il effectuera en deux ans, pour pouvoir mener à bien en parallèle ses études de philosophie à l'Université de Nanterre, où il obtient une maîtrise puis un DEA. Deux trajectoires parallèles: ses mémoires sont dédiés à des penseurs politiques : Machiavel et Hegel. Pour compléter l'agenda de ce jeune homme occupé, c'est au même moment qu'il devient l'assistant éditorial de Paul Ricoeur pour son ouvrage La mémoire, l'histoire, l'oubli paru en 2000 au Seuil.

"Facilités évidentes"

Tout cela ne l'empêche pas d'être un brillant étudiant qui ne cesse de progresser. Signe que le choix de la section "Service public" était le bon, ou que la répartition des cours sur deux années lui permet de mieux concilier tous ses engagements universitaires ? L'année de son diplôme, il obtient en tout cas la meilleure note de sa conférence en "Économie approfondie", "Enjeux politiques" et " Finance publique"... "Élève brillant", "doté d'une pensée originale et construite" et d'une "grande maturité" : l'appréciation de son professeur de "Protection sociale" - qui note "sa culture évidente du sujet" - donne le ton : la plupart des commentaires sont élogieux. Ses professeurs soulignent notamment ses "facilités évidentes à l'expression orale, tant sur le fond que sur la forme". La pratique du théâtre depuis ses années de lycée, complétée par les stages au cours Florent, est appréciée à sa juste valeur dans ce temple de l'éloquence qu'est Sciences Po.

Des rencontres qui comptent

L'étudiant Macron aime visiblement parler, mais pas monologuer. "C'était le meilleur étudiant de ma conférence, se souvient Ali Baddou, qui fut l'un de ses enseignants, mais je me souviens surtout qu'il adorait poser des questions, dialoguer". Même souvenir du côté des appariteurs de Sciences Po (responsables de l'accueil des étudiants) : "il était proche de nous et venait tout le temps pour discuter". Son professeur, l'historien François Dosse - qui l'a présenté à Paul Ricœur - souligne "sa capacité de faire la synthèse entre les différents enseignements et de les remobiliser"¹ et "une animation constante des débats dans le groupe, d'un niveau toujours excellent".

Avec son professeur Jean-Marc Borello, la conversation démarrée à Sciences Po, se poursuit depuis dix-sept ans : cet entrepreneur de l'économie sociale (groupe SOS, 15000 salariés) est aujourd'hui l'un des piliers du mouvement En marche ! De même qu'avec son condisciple Aurélien Lechevallier, avec qui il prépara l'ENA, et qui le conseille aujourd'hui pour les affaires internationales; ou Benjamin Griveaux (diplômé en 1999), aujourd'hui porte-parole d'En Marche. Sans oublier son proche ami, l'économiste Marc Ferraci, qui le conseille aujourd'hui sur l'économie.

Des liens et des amitiés qui durent davantage que son attirance passagère pour le mouvement chevènementiste: après avoir participé en 1998 à une université d'été du Mouvement des Citoyens à Perpignan, il effectue en 2000 un stage au cabinet de George Sarre, maire du XIè arrondissement et proche de Jean-Pierre Chevènement. "L'aventure s'arrêtera là", note Nicolas Prissette dans l'ouvrage qu'il consacre à Emmanuel Macron².

"Élégance morale" et "esprit très convivial"

Sa relation avec Sciences Po, en revanche, n'a jamais subi de coup d'arrêt. À peine diplômé de l'ENA, et "alors que les autres membres de l'Inspection Générale des Finances retournent traditionnellement donner des cours d'économie dans les hautes écoles de la République, lui choisit d'enseigner la culture générale à Sciences Po", note François-Xavier Bourmaud³.

Quelques années plus tard, Emmanuel Macron se montrera tout aussi prodigue de ses talents d'orateur pour ses cadets: invité d'honneur de la cérémonie de diplômation en 2015 (à revoir ci-dessous), il revient trois fois en 2016, pour le Gala des étudiants, un colloque de l'École des affaires internationales, un débat sur l'Europe, et...le pot de départ en retraite d'un appariteur avec qui il s'était lié d'amitié.

Avant que l'expérience ne vienne parfaire sa maîtrise de la rhétorique, il arrivait durant ses études à Sciences Po que son enthousiasme et sa facilité à écrire le rende un peu bavard: en témoignent les "trop long" qui émaillent quelques copies... Autre (petit) défaut de l'étudiant exemplaire, "une tendance à être trop certain", relève un de ses professeurs, "contrebalancée par un esprit très convivial"...Mais c'est probablement l'appréciation de ce grand professeur de Sciences Po en histoire et droit des États qui anticipe le mieux le potentiel du jeune Macron, un "étudiant exceptionnel à tous égards". "Beaucoup d'intelligence et d'élégance morale, résume-t-il. Une vraie générosité. Des qualités intellectuelles hors du commun". Titre de cet enseignement où l'étudiant excelle : "L'État en France et sa réforme"...

sciencespo.fr et http://www.leral.net/Emmanuel

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Commémorations du 8-Mai: François Hollande et Emmanuel Macron côte à côte

Les présidents sortant et élu François Hollande et Emmanuel Macron ont déposé côte à côte la traditionnelle gerbe des commémorations du 8 mai 1945 sur la tombe du Soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe à Paris, ce lundi. Pour l'une de ses dernières sorties officielles, François Hollande s'est montré bienveillant à l'égard de son successeur. 

L’accolade entre François Hollande, très chaleureux, et Emmanuel Macron, tout sourire, restera une image marquante de cette cérémonie du 8 mai 1945, ce lundi. Ensemble, ils ont déposé la traditionnelle gerbe de fleurs devant la tombe du Soldat inconnu, au pied de l’Arc de Triomphe.

Le président Hollande était venu chercher son successeur quelques instants auparavant dans les tribunes officielles de la place de l'Etoile. Ils ont ensuite écouté côte à côte la Marseillaise puis le Chant des partisans, entonné par le choeur de l'armée française, Emmanuel Macron laissant percevoir son émotion lors de cette première cérémonie officielle depuis son élection, les yeux parfois clos.

Puis tous deux ont signé le livre d'or et salué les anciens combattants et les « gardiens de la flamme » qui la ravivent chaque soir à 18h30 précises sur la tombe du Soldat inconnu.

« Je serai toujours à côté de lui »

Le chef de l'Etat a déclaré sur France 2 ressentir « beaucoup d'émotion » à donner « la marche à suivre » à Emmanuel Macron, son ancien ministre de l'Economie, lors de ces cérémonies : « C'est vrai qu'il m'a suivi tout au long de ces dernières années quand j'étais moi même candidat puis président. Après il s'est émancipé, il a voulu présenter un projet aux Français. Il s'est présenté devant eux, il a été élu. C'est à lui maintenant, fort de l'expérience qu'il a pu acquérir auprès de moi, fort aussi de ce que nous avons fait ensemble, de continuer sa marche. » « Je serai toujours à côté de lui », a-t-il conclu avant d'annoncer que la passation de pouvoir aura lieu dimanche 14 mai.

Auparavant, François Hollande avait déposé seul une première gerbe bleu-blanc-rouge en forme de croix de Lorraine au pied de la statue du général de Gaulle, au bas des Champs-Elysées, pour ouvrir ces commémorations du 72e anniversaire du 8 mai 1945. Il avait ensuite remonté la plus célèbre avenue du monde escorté par les motards et les cavaliers de la Garde républicaine, saluant les badauds d'un geste de la main depuis son véhicule.

Arrivé pour sa part avec quelques minutes d'avance place de l'Etoile, le leader d'En Marche! y avait été accueilli par plusieurs personnalités, dont l'ancien président Nicolas Sarkozy qui lui a glissé un « bravo » lors d'une longue poignée de mains.

RFI

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