International

Nomination de Giuseppe Conte en Italie: le président Mattarella hésite encore

L’Union européenne et les marchés tremblent, le suspense italien lui se prolonge. Le président Sergio Mattarella veut encore consulter avant de prendre sa décision : nommer oui ou non Giuseppe Conte chef du premier gouvernement anti-système en Europe.

L'inquiétude monte ce mardi en Europe et sur les marchés face à l'évolution politique de l'Italie, pays fondateur de l'UE et de l'euro, en passe d'être dirigé par un gouvernement populiste et eurosceptique. Giuseppe Conte a été désigné par le tandem Ligue du Nord - Mouvement Cinq étoiles pour diriger l'exécutif. Mais il faudra sans doute encore patienter jusqu’à demain, mercredi, pour connaître la décision du président Mattarella.

Deux questions font ces dernières heures cogiter le chef de l’Etat italien. Un : Giuseppe Conte peut-il être le vrai dirigeant de ce gouvernement ? Ce juriste multi-diplômé, inconnu du grand public qui ferait là ses premiers pas en politique, sera-t-il vraiment autonome face à des ministres poids lourds, notamment les dirigeants des mouvements Cinq étoiles et Ligue du Nord ?

Deux : Comment concilier le respect du vote populaire, c'est-à-dire un programme 100 % eurosceptique approuvé par les Italiens - ce sont les sondages qui le disent - avec les engagements européens de Rome. Surtout que depuis plusieurs jours, le pays fait face à une avalanche de commentaires inquiets et d’avertissements de toute l’Europe et surtout de Bruxelles, Paris et Berlin.

Le patron de la Ligue du Nord Matteo Salvini l’a bien saisi. Il a eu ces quelques mots hier : « Les partenaires européens ne doivent pas s'inquiéter ». Des mots plus apaisés que ses récentes sorties sur l’air de « que les autres gouvernements s’occupent de leurs affaires » mais pas de quoi pour autant rassurer en Europe.

France: Emmanuel Macron veut «changer de méthode» pour les banlieues

Emmanuel Macron a promis qu'il ne présenterait pas un énième « plan banlieue » mais que l'exécutif s'attaquerait à la question des quartiers défavorisés avec des mesures concrètes et précises. Les associations, les élus locaux et les habitants attendent cependant beaucoup de cette intervention du chef de l'Etat.

Ce mardi 22 mai, le président de la République s'exprime sous les dorures de la salle des fêtes de l'Elysée. Il y a plus de 600 personnes et Emmanuel Macron les a d’emblée prévenues : « Je ne vais pas vous annoncer un plan pour la ville parce que cette stratégie est aussi âgée que moi. » Pour l’Elysée, on est au bout de ce que ça a pu produire. Le chef de l’Etat veut une philosophie différente, des mesures concrètes, applicables rapidement, ouvrir plus de place en crèche, aider les collégiens de 3e à trouver des stages en entreprise, déployer des policiers supplémentaires, une mesure déjà annoncée il y a quelques mois.

« Société de la vigilance »

Sur l’insécurité, dans des quartiers où habitent près de cinq millions de personnes, le président veut donc créer une « société de la vigilance ». Un total de 1 300 policiers supplémentaires seront déployés. Emmanuel Macron annonce ensuite de grandes orientations, dénonçant, là, le clientélisme supposé des élus. Ou, ici, la politique qui consiste à distribuer l’argent sans résultats. Enfin, le président rappelle que les politiques actuelles menées par le gouvernement défendent d’ores et déjà les territoires. Dernier point sur la rénovation urbaine : Emmanuel Macron annonce un milliard d’euros annuel investi sur le terrain.

Le président français a également demandé aux 120 plus grandes entreprises françaises de « prendre leur part » dans la lutte contre le chômage qui sévit dans les quartiers. Il a annoncé qu'elles seraient toutes soumises à des tests anti-discrimination dans les trois ans.

Ne pas opposer les territoires

Ces annonces sont loin, très loin, des 19 mesures proposées par l’ancien ministre Jean-Louis Borloo. Lui avait demandé plus de 40 milliards d’euros sur la durée du quinquennat. On en est là encore très loin. Les acteurs sont nombreux à être déçus. Un espoir énorme avait été généré par le rapport banlieues. L’ancien ministre de la Ville, Jean-Louis Borloo, a d'ailleurs répondu vertement aux tentatives de déstabilisation de son rapport par l’entourage du président.

Plus largement, une série de rendez-vous est programmée avec les acteurs sur le terrain. Puis d’autres jalons sont posés : en juillet d’abord, un plan pour lutter contre le trafic de drogue. Autre idée forte de cette prise de parole présidentielle : il ne faut pas opposer les territoires entre eux. Ainsi une Cour d’équité territoriale sera créée au Parlement. Pour évaluer les politiques qui seront menées.

RFI

France: le gouvernement se déploie pour une vaste opération communication

Les ministres du gouvernement Philippe étaient éparpillés à travers la France ce jeudi 17 mai à l'occasion du premier anniversaire de la présidence Macron. Objectif : expliquer l'action menée depuis un an. Les principaux chefs de parti ont quant à eux riposté sur France 2.

De l'Orne au Var, de Toulouse à Vichy, le gouvernement français s'est déployé ce jeudi tous azimuts pour une vaste opération de communication destinée à marquer son premier anniversaire et surtout assurer le service après-vente de la politique d'Emmanuel Macron. La presque totalité des ministres a ainsi tenu meeting quasi simultanément dans un format imposé : quelques minutes d'introduction puis un jeu de questions-réponses.

Le ministre de l'Intérieur était pour sa part à Rungis, en région parisienne. « Nous sommes avec un taux de croissance à 2,2 ; le chômage a baissé... Et donc, je vois une France qui reprend espoir », s'est réjoui Gérard Collomb devant une centaine de personnes, totalement acquises à la cause macroniste.

« Comme 57 % des Français, je soutiens et encourage le gouvernement pour faire aboutir les réformes de la SNCF », assurait ainsi un homme, proposant même l'organisation de manifestations d'usagers et d'élus locaux dans les gares ou dans les rues. Le public était tellement séduit que Gérard Collomb s'en est amusé à plusieurs reprises durant la soirée, a constaté notre envoyée spéciale, Anne Soetemondt. Pas de sujets qui fâchent, rien sur la CSG, une boutade sur les 80 km/h, ce jeudi soir, la Macronie parlait à la Macronie.

La ministre des Transports était quant à elle à Toulouse. Parmi la petite centaine de personnes rassemblées à la préfecture, les sympathisants d'En Marche étaient nombreux, a constaté notre envoyé spécial, Julien Chavanne. Mais Elisabeth Borne n'a pas pu échapper aux questions parfois piquantes, portant notamment sur la réforme de la SNCF. « Moi, ma demande, c'est plus de cheminots, et pas plus d'Internet ou de choses comme ça. Dans les gares, on a besoin de plus de cheminots et de cheminots avec leur statut », a ainsi asséné Pascale, encartée à la CGT, l'une des rares intruses de cette soirée.

« Plus de service public dans un contexte où l'on ne peut pas dire que l'argent va couler à flots, ça doit amener à se poser la question de l'efficacité. On traite les problèmes, on fait les vraies réformes et à la fin on a un service public qui marche mieux », a répondu la ministre. L'argument n'a pas déçu Pascale qui ne s'attendait pas à entendre autre chose.

Nicolas Hulot à la rencontre de la France rurale (reportage)

Le bal des opposants sur France 2

Mais c'est sur France 2 que les critiques contre le gouvernement étaient les plus virulentes ce jeudi soir. Réunis dans l'Emission politique pour une succession d'interviews, les chefs des cinq principaux partis ont dressé le bilan de cette première année à leur manière.

Jean-Luc Mélenchon a ainsi ouvert le bal muni d'une paire de ciseaux. Un outil qui, d'après le dirigeant de La France insoumise, symbolise bien la politique menée par Emmanuel Macron. « Il coupe. Dans les budgets de l'Etat. Dans les effectifs des services publics. Dans les revenus des pauvres gens. Il coupe, il coupe, il réduit », a-t-il estimé, joignant le geste à la parole.

L'année écoulée a été celle des réformes économiques, souvent présentées comme de droite. Une appréciation à laquelle Laurent Wauquiez, le nouveau chef des Républicains, a voulu s'opposer : « Désolé, on n'est pas de droite quand on veut augmenter les impôts. »

Pris en étau par les opposants, le patron de La République en marche Christophe Castaner a tenté de faire une proposition pour aménager la suppression de la taxe d'habitation, la mesure présentée comme la plus sociale de la politique gouvernementale. « Le maintien de la taxe d'habitation pour la résidence secondaire ne me choque pas. Le maintien a même mon soutien », a-t-il annoncé.

Mais cela n'a pas convaincu Olivier Faure, le nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste, qui n'a eu de cesse de critiquer le président des riches au nom « de ceux qui n'ont pas pesé lourd dans la balance présidentielle ». « Il y a un président des riches. Il faut maintenant un parti pour tous les autres », a-t-il déclaré.

Marine Le Pen a conclu la série en présentant elle aussi un objet symbolique, une Tillandsia, « une espèce très rare de plante sans racines ». Un message non subliminal à Emmanuel Macron de la part de celle qui a perdu la présidentielle face à lui, mais espère encore regagner du terrain.

Rfi

France: les parents de Naomi Musenga demandent justice

La responsabilité de l'opératrice et des hôpitaux de Strasbourg est pointée par les parents de Naomi Musenga. Ils ont porté plainte pour non assistance à personne en danger. Leur fille de 22 ans est décédée peu de temps après un appel au SAMU. L'opératrice n'avait pas pris en compte la détresse de la jeune femme. L'autopsie a été réalisée plusieurs jours après sa mort. La famille pendant une conférence de presse demande ce jeudi que « justice soit faite ».

Avec émotion et douleur, les parents de Naomi Musenga sont à la recherche de réponses. « Qu'est-ce qui a tué ma fille ? Il n'y a pas de réponse à ça. Surtout, pour mi, c'est une institution qui devait me répondre. Mais nous n'avons pas été accompagnés. Pourquoi ? », interroge Bablyne Honorine Musenga. L'écoute de la conversation entre Naomi Musenga et l'opératrice du Samu est « un enregistrement qui nous foudroie », a souligné la mère de la jeune fille, Honorine Musenga.

Pour la mère de la victime, le comportement de l'opératrice est en cause. Comme celui de l'hôpital qui n'a pas suffisamment accompagné la famille pour déterminer l'origine du décès de la jeune femme. Difficultés à obtenir des rendez-vous, délai d'autopsie très long - 112 heures après la mort. Autant de zones d'ombre pour le père de Naomi, Polycarpe Moukolé Musenga : « Que justice soit faite. C'est cela notre première préoccupation. On a l'impression qu'on s'est moqué de nous. Pourquoi l'autopsie n'a pas été faite à temps ? Et pourquoi on a laissé le corps de ma fille en putréfaction comme ça, comme si c'était le corps de quelqu'un qu'on a oublié. »

 

L'enquête administrative du centre hospitalier universitaire de Strasbourg est en cours. Les premières pistes convergent uniquement vers le comportement de l'opératrice, la faute serait individuelle. L'enquête judiciaire est ouverte pour « non assistance à personne péril ».

Jeudi après-midi, la direction des hôpitaux universitaires de Strasbourg a réagi : « Nous sommes très affectés par ce drame, a déclaré le directeur Christophe Gautier. A ce stade-là, je ne veux pas préjuger des conclusions définitives de l'enquête, mais la présomption que nous pouvons avoir est celle d'une faute personnelle. Ce qui s'est passé ce jour-là, manifestement ce que l'on entend sur la bande, et ce que nous avons pu constater lors des premiers entretiens, c'est que cet appel n'a pas été transféré. L'auxiliaire de relation médicale, lorsqu'elle identifie un appel qui est un appel identique à celui qu'a passé Naomi, a obligation de transférer cet appel au médecin régulateur. Et c'est ce médecin qui doit prendre une décision médicale, et c'est bien là que se situe le manquement. Nous allons faire toute la lumière sur les conditions de traitement de cet appel. »

 

Fin décembre, Naomi Musenga avait composé le numéro du Samu, les services d'urgence français, souffrant de fortes douleurs au ventre.

Dans l'enregistrement de son appel, obtenu par la famille de la jeune femme, on l'entend qui peine à s'exprimer et semble à bout de force. « J'ai mal au ventre », « J'ai mal partout », « Je vais mourir... », dit-elle en soupirant. « Vous allez mourir, certainement, un jour comme tout le monde », lui répond l'opératrice des pompiers. On entend également les échanges qui précèdent, quand l'opératrice qui régule les appels du Samu et une femme du Centre de traitement des alertes (CTA) des pompiers se moquent de la malade.

Les urgences médicales ne seront finalement déclenchées qu'au bout de plusieurs heures, après un nouvel appel aux secours, qui débouchent cette fois-là sur l'intervention du Samu. Mais il est trop tard : emmenée à l'hôpital, la patiente est victime d'un infarctus puis transférée en réanimation avant de s'éteindre dans un hôpital de Strasbourg.

RFI

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