International

Au Soudan du Sud, une lutte quotidienne contre la famine- www.europe1.fr

 

Le petit Djabir, 5 ans. (Crédit : Walid Berrissoul)+ Le tour de bras des enfants est mesuré pour vérifier leur niveau de malnutrition. (Crédit : Walid Berrissoul)


Depuis 2011, date de l'indépendance du Soudan du Sud, la guerre civile fait rage, entraînant la population dans la forêt.
Au Soudan du Sud, la famine est venue de la main de l'homme : c'est la guerre civile qui fait basculer des pans entiers de la population. Cette détresse alimentaire extrême - une partie du pays s'est officiellement déclarée en famine en février dernier - menace jusqu'à cinq millions de personnes.


500.000 enfants rongés par la faim. Rencontré dans un camp, sauvé in extremis de la famine, Djabir, âgé de 5 ans, tient à peine sur ses jambes. Mais il retrouve peu à peu l'appétit en mâchant une petite pâte de cacahuète ultranutritive dans les jupes de sa mère, Rosette Hassan, qui observe ses progrès et repense à tout ce qu'ils ont dû traverser. "Les combats nous ont fait fuir de chez nous", raconte-t-elle. "Pour rejoindre ce camp, on a marché un mois et demi dans la brousse. On ne pouvait se déplacer que la nuit. La journée, c'était trop dangereux, à cause des tirs et des animaux sauvages. Et pour manger, tout ce qu'on pouvait trouver, c'était des feuilles d'arbres et parfois des citrouilles. J'ai vu beaucoup de gens mourir, surtout des enfants. À chaque fois, c'est la faim qui les a tués.


Une équipe de nutritionnistes mesure le poids, la taille et le tour de bras du garçonnet, ramené à la vie en quelques jours. Mais pour lui comme pour près de 500.000 enfants sud-soudanais rongés par la faim, rien n'est jamais acquis, affirme le Docteur Konggé. "Son tour de bras fait maintenant 11 centimètres et demi. Ils est désormais en malnutrition modérée. Ça devrait aller. Mais n'importe quelle maladie, la moindre diarrhée par exemple, peut le faire basculer à nouveau et l'emporter en moins d'une ou deux semaines." Entendu sur Europe 1


Ils ont d'abord abattu un enfant juste à côté de chez moi. Ils ont brûlé toutes mes récoltes et incendié toute la propriété.
Un seul responsable : l'homme. Depuis son indépendance du Soudan en 2011, le Soudan du Sud, le plus jeune État du monde, est en guerre civile perpétuelle. Le président actuel et son ancien bras droit se battent pour le partage du pouvoir.

La faim est utilisée comme une arme. La plupart des réfugiés sont des fermiers pillés par des groupes armés, qui pour certains n'ont pas été payés depuis des mois. "Ils ont débarqué un jour dans mon village", raconte un grand-père. "Ils ont d'abord abattu un enfant juste à côté de chez moi. J'ai commencé à courir en laissant ma maison. Eux, ils ont brûlé toutes mes récoltes et incendié toute la propriété. Ils ont pris mes chèvres. La seule chose que j'ai pu emporte, c'est ma vie et ma sécurité. Maintenant, je reçois deux kilos d'aide alimentaire pour une famille de dix. On ne fait plus qu'un repas par jour."


Au milieu des toiles déchirées sous lesquelles des familles se protègent du soleil et de la poussière, John, un humanitaire sud-soudanais, compte les nouveaux arrivés. La population du camp qui fuit les campagnes a doublé en deux semaines. "Cette année, tous ces gens ne pourront pas planter leurs graines parce que la plupart fuient les combats. Donc, automatiquement, l'année prochaine, la production agricole va s'effondrer, et à ce moment-là, il y aura la famine, partout."
Une famine qui peut être jugulée par l'aide internationale ?

À l'aéroport, le ballet est incessant. Entre les carcasses d'avion éventrées, des hélicoptères de l'ONU et des tonnes de cargaisons alimentaires se succèdent sur le tarmac. Des largages depuis les airs se préparent encore. Dans quelques jours, la saison des pluies va en effet rendre la majorité du pays inaccessible par les pistes et compliquer encore davantage cette course contre-la-montre...

Lu 36 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Entre Le Pen et Macron, la guerre est déclarée

À dix jours du vote, la campagne présidentielle s’emballe. Dans le Nord de la France, les deux finalistes se sont livrés un duel sans concession, sur fond de conflit social à l’usine Whirlpool. Mis à l’épreuve par Marine Le Pen, Emmanuel Macron a ensuite durement répliqué lors d’un meeting dans le Nord de la France.

« Pas ça, pas ça, pas ça ! » : c’est un Emmanuel Macron exalté qui a sonné la charge contre son adversaire du second tour de la présidentielle lors d’un discours devant des centaines de personnes réunies à Arras (Pas de Calais), l’un des territoires où Marine Le Pen a réussi ses meilleurs scores. « J’ai mal dans ma chair et dans mes racines de voir le chiffre du Front national dans les Hauts-de-France », explique le leader d’En marche ! devant les militants nordistes. Et de faire référence aux guerres mondiales qui ont sévèrement touché la région : « au nom de quoi ces femmes et ces hommes sont tombés ? Des discours de haine, de la bêtise humaine. […] Madame Le Pen et ses amis seront réfugiés au château de Montretout, mais vos enfants iront faire la même guerre. Alors, ne cédons pas à cela, alors ils ne passeront pas ! ».

Leçons de morale

Un peu plus tôt dans la journée, le vainqueur du premier tour avait subi un accueil très particulier à son arrivée à Amiens (sa ville natale), devant l’usine Whirlpool menacée par la direction américaine de fermeture et de délocalisation en Pologne. Des sifflets, des huées de la part de personnes scandant le nom de Marine Le Pen, sous le regard de nombreuses caméras de télévision. « Continuez à manger ce que vous donne Madame Le Pen, à la faire grandir, et après à donner des leçons de morale aux autres », lance Emmanuel Macron à la meute des journalistes. Car il s’était fait griller la politesse par sa dauphine, arrivée dès la mi-journée sur le parking de l’usine, expliquant que son adversaire est « du côté de l’oligarchie », alors qu’elle est « du côté des salariés français. » Présent également lors de cet après-midi surréaliste, le réalisateur François Ruffin, qui se présente aux législatives pour la gauche dans cette circonscription, « regrette » que les candidats ne soient pas venus dès l’annonce de la délocalisation de l’usine au mois de janvier.

« France soumise »

Dans ce contexte, le Front national cherche des soutiens pour le second tour. Son vice-président Florian Philippot, interrogé sur Public Sénat, souhaite un accord avec Nicolas Dupont-Aignan, qui a un projet « quasi identique » et qui fait partie « des amis » du FN. Florian Philippot fait aussi de l’œil aux électeurs de Jean Luc Mélenchon, et aux insoumis qui ne « voudront pas d’une France soumise à toutes les tutelles de la banque, du banquier de Monsieur Hollande », saluant le geste de Jean-Luc Mélenchon, « beaucoup plus cohérent et sincère que ce qu’a fait Monsieur Fillon ».

Contrairement à l’ex-candidat Les Républicains, celui de la France insoumise a en effet décidé de ne pas donner de consigne de vote, quel que soit le résultat de la consultation par internet de ses militants, provoquant la colère de la socialiste Ségolène Royal. « Il faut qu’il fasse le deuil de son élimination au premier tour, qu’il se ressaisisse pour appeler à un vote contre l’extrême-droite ».

Lu 14 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Attaque chimique à Khan Cheikhoun : le rapport français qui accuse la Syrie

Les services de renseignement français accusent le régime de Damas d'être responsable de l'attaque au gaz sarin dans le nord-ouest de la Syrie, une attaque qui avait fait 87 morts le 4 avril dernier. Le rapport vient d'être présenté par le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault en Conseil de défense. D'après le texte, le procédé de fabrication de cette arme chimique est typique de la méthode utilisée par le régime.

Le gaz employé serait bien du sarin et son mode de fabrication porte la signature du régime syrien, selon les services de renseignements français. Des échantillons ont été prélevés sur les lieux de l'attaque à Khan Cheikhoun et sur des victimes. Ils ont ensuite été analysés et confirme ce que certains pays et organismes internationaux ont déjà dévoilé.

La grande question c'est bien sûr, qui a employé ce gaz ? Pour Jean-Marc Ayrault, le ministre français des Affaires étrangères, cela ne fait aucun doute : le régime de Damas est responsable car le procédé de fabrication porte sa signature. Un produit stabilisant a été retrouvé avec le sarin et il serait développé par les scientifiques syriens pour le compte du régime.

En outre les échantillons prélevés à Khan Cheikhoun ont été comparés à ceux d'une précédente attaque en 2013, attaque attribuée à Damas, et ces échantillons correspondraient. «Nous sommes en mesure de confirmer que le sarin qui a été employé ce 4 avril est le même sarin que celui qui a été utilisé dans une attaque intervenue à Saraqeb le 29 avril 2013 au moyen de grenades, dont une a été récupérée et analysée par nos services », a expliqué Jean-Marc Ayrault.

Pour la France, les groupes rebelles en Syrie et l'organisation Etat islamique n'ont pas les moyens de développer de tels procédés, ni les moyens de les disperser. C'est bien un avion militaire du régime qui a décollé de la base de Chayrat, le 4 avril au matin et a bombardé Khan Cheikhoun, selon Jean Marc Ayrault. Les responsables « devront répondre de leurs actes criminels devant la justice internationale », a-t-il dit.

On ne peut pas faire du sarin dans une arrière cuisine, ça doit être vraiment fait dans des usines adaptées...

RFI

Lu 16 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Présidentielle : pourquoi une victoire de Marine Le Pen est possible

Le physicien Serge Galam, qui a prédit la victoire de Trump, explique que l'abstention différenciée peut faire gagner la candidate du Front national.

Le premier tour a marqué la victoire des instituts de sondage face aux manieurs de big data, tel Filteris, un institut canadien qui base ses prédictions sur le buzz sur les réseaux sociaux. Pour le second tour, les sondeurs donnent Emmanuel Macron largement gagnant, aux alentours de 61 % contre 39 % pour Marine Le Pen. Mais Serge Galam, physicien, directeur de recherche au CNRS et membre du Cevipof de Sciences Po, maintient qu'une victoire du Front national n'est pas à exclure définitivement. « C'est amusant de voir les sondeurs être très fiers d'avoir fait la bonne traduction. Ils ont raison, mais ça ne met pas à l'abri de faire de nouvelles erreurs la prochaine fois. Il faut un peu d'humilité, car on n'a pas d'outils fiables à 100 % », explique-t-il par téléphone.

Inventeur de la sociophysique qui mêle sociologie et équations, Serge Galam a, avec ses modèles, annoncé la victoire de Donald Trump aux États-Unis ou encore la défaite d'Alain Juppé à la primaire de la droite. Même si, cette fois-ci, l'écart semble irrémédiable, le chercheur assure qu'on ne peut pas exclure à 100 % que la candidate du Front national n'obtienne pas la majorité. Pour le scientifique, il s'agit d'abord de voir si Marine Le Pen bénéficie d'une dynamique durant ces prochains jours. Et puis, le jour du vote, il faut prendre en compte l'abstention différenciée. « Les électeurs ayant voté Fillon ou Mélenchon ont fondé leur analyse sur la critique du hollandisme ou du libéralisme. Voter Macron au second tour représente pour eux un coût éthique et idéologique. En plus, il y a l'amertume liée au sentiment d'avoir été spolié, sachant que Mélenchon ou Fillon auraient pu être au second tour. Par rapport à cette situation inédite et cette aversion, il risque d'y avoir une abstention inavouée. Le jour du vote, toute excuse peut être bonne pour ne pas se déplacer au bureau de vote. C'est comme pour une pilule amère qu'on sait qu'on doit prendre, mais qu'on va tenter par tous les moyens d'éviter. Les sondages ne peuvent pas identifier ça. D'où l'intérêt d'avoir une formule mathématique. »

 Je ne suis pas en train de prédire une victoire de Marine Le Pen, je dis simplement qu’on n’est pas sûr que cela n’arrivera pas.

Selon le modèle du chercheur, si Marine Le Pen est ainsi à 42 % d'intentions de vote avant le scrutin et qu'il y a une participation globale de 76 %, la candidate frontiste peut arriver à un score de 50,07 % si 90 % des gens qui veulent voter pour elle le font effectivement, et si seulement 65 % des gens qui disent vouloir voter Macron se déplacent. Une hypothèse toutefois peu réaliste. « Je pense qu'il y aura plus de 65 % de participation pour Macron », confesse le physicien. Mais, si Marine Le Pen est à 44 % d'intentions de vote la veille du scrutin et qu'elle bénéficie toujours d'une participation à 90 % des gens qui veulent voter pour elle, la candidate l'emporterait à 50,25 % des votes exprimés si la participation pour Macron est, elle, de 70 % (et que la participation globale s'élève à 79 %). « À 44 % d'intentions de vote, on entrerait alors dans une zone probable. Je ne suis pas en train de prédire une victoire de Marine Le Pen, je dis simplement qu'on n'est pas sûr que cela n'arrivera pas. Il est excessif de déjà envoyer Macron à l'Élysée. »

Avec ses équations, Serge Galam a été vivement critiqué par les sondeurs. Lui assure qu'il faut « combiner sondages, big data et modélisation, car toutes les approches peuvent capter une partie de la réalité. La pratique des sondages donne le bon résultat quand il n'y a pas de changement brutal. Mais il existe des comportements non linéaires chez les électeurs qui créent une rupture, et les sondages ne peuvent pas prévoir ça. » Le physicien affirme ne pas vouloir se faire de la publicité en brandissant le spectre d'une Marine Le Pen présidente de la République. « Je n'ai pas un livre ou un service à vendre. Mon intérêt est de peaufiner un modèle et d'alerter sur ce cas de figure. Je n'ai aucun problème à me tromper. » Serge Galam jure d'ailleurs qu'il ne rend pas service à ses hypothèses : plus les gens sont alertés sur cette abstention différenciée, plus ils iront voter massivement, ce qui condamnerait les espoirs frontistes...

Le Point.fr

Lu 18 fois
Évaluer cet élément
(0 Votes)