International

Sommet des droits de l’Homme à Paris: portraits de trois défenseurs

Le Sommet Mondial des Défenseurs des droits de l’Homme a réuni à Paris les 29, 30 et 31 octobre plus de 150 défenseurs de 105 pays, pour faire le point après la Déclaration qui avait été adoptée en 1998. Le constat est amer : en 2017, au moins 312 défenseurs ont été assassinés, en toute impunité. Ce Sommet a pour but d’échanger sur les stratégies de protection, et de réorganiser le travail pour faire avancer les droits humains auprès des gouvernements, des entreprises et des populations, alors que les Etats se replient sur eux-mêmes.

Bochra Belhaj Hmida lutte pour la liberté des Tunisiens

Bochra Belhaj Hmida est députée en Tunisie, avocate et présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) qui a rendu son rapport en juin dernier : ses propositions pour améliorer les libertés et les droits des Tunisiens ont provoqué la colère de certaines franges de la population, au point de dénigrer et de menacer la députée ainsi que d’autres membres de la Commission.

Au Mexique, Gustavo Castro contre l'impunité des crimes contre les défenseurs des droits de l'Homme

Gustavo Castro est mexicain, de l’organisation pour la défense de l’environnement Otros Mundos dans l’Etat du Chiapas. Il travaillait aussi en Amérique Centrale et se trouvait chez Berta Cáceres de l’ONG COPIN, qui luttait contre la construction d’un barrage, lorsque des tueurs l’ont assassinée le 2 mars 2016. Seul témoin de cet assassinat, Gustavo Castro est depuis empêché de témoigner par les autorités honduriennes et se bat contre l’impunité des crimes contre les défenseurs des droits de l’Homme.

Sally Bilaly Sow permet aux Guinéens de demander des comptes aux autorités

Sally Bilaly Sow, blogueur guinéen, a lancé « Villageois 2.0 », une plateforme citoyenne virtuelle pour permettre aux jeunes de s’exprimer et de demander des comptes aux autorités sur la gestion de l’argent public. Cet espace permet aussi de vérifier des fausses informations qui circulent sur des événements.

Journées dédiées à Cheikh Anta Diop,  homme de science et homme politique africain : Colloque et animation-Film-Université de Evry Val d'Essonne-France-

 

Venez nombreux Une première dans une Université Française. Gratuit 

 

Journées dédiées à Cheikh Anta Diop, homme de science et homme politique africain 

Exposition "Cheikh Anta Diop, l'homme et l'œuvre "

Film documentaire "Kemtiyu – Séex Anta - Cheikh Anta"

Colloque "L'Homme et ses migrations depuis la haute préhistoire"

Université d'Évry / Paris-Saclay 6, 7 et 8 novembre 2018

Contexte

L'universitaire Cheikh Anta Diop est une figure intellectuelle internationale majeure dont les travaux ont renversé un grand nombre d'idées reçues sur l'Afrique et l'humanité en général. L'Université d'Évry a pris l'initiative d'organiser, dans le cadre académique, trois journées, les 6, 7 et 8 novembre 2018, dédiées à ce penseur et homme d'action africain, afin de mieux le faire connaître ainsi que son œuvre, de revisiter quelques-unes des grandes thématiques de son travail pluridisciplinaire sous l'éclairage des données actuelles de la paléoanthropologie, de l'archéologie, de la linguistique, de la génétique, de la connaissance historique.

Ces journées ont également pour vocation d'une part d'enrichir les actions de coopération scientifique liant l'Université d'Évry et ses partenaires scientifiques africains et d'autre part de faire connaître des productions de savoirs issues de chercheurs du Sud.

Mardi 6 novembre 2018

17h : Vernissage de l'Exposition "Cheikh Anta Diop, l'homme et l'œuvre" proposée par le Dr Cheikh M'Backé DIOP, Association KHEPERA

Mercredi 7 novembre 2018

15h-16h35 : Projection du film documentaire « KEMTIYU, Séex Anta-Cheikh Anta »,
long métrage (1h34) réalisé en 2016 par William Ousmane MBAYE et Laurence ATTALI, relatant la vie de Cheikh Anta DIOP.

Présentation : «"Homme Universel", "Contemporain Capital", "Le Géant du Savoir", "Le Dernier Pharaon"... titrent les journaux sénégalais au lendemain de sa mort, le 7 février 1986. Trente ans plus tard, KEMTIYU dresse le portrait de ce savant précurseur hors du commun, insatiable de sciences et de connaissances, mais aussi homme politique intègre et éclairé. Cheikh Anta DIOP a été de son vivant vénéré par certains, décrié par d'autres, et méconnu par le plus grand nombre. Le film raconte le combat d'un homme qui passera toute son existence en quête de vérité et de justice, afin de redonner à l'Afrique une conscience historique et une dignité. »

Ce documentaire a obtenu une dizaine de distinctions dont le Premier prix de la compétition officielle des films documentaires du prestigieux FESPACO de Ouagadougou au Burkina Faso, en 2017.

Jeudi 8 novembre : Colloque scientifique

8h45 - Accueil des participants

9h - Patrick CURMI, Président de l'Université d'Evry, Médecin, DR INSERM
Discours de bienvenue, ouverture du colloque.

9h10-10h - Dr Cheikh M'Backé DIOP, Pdt de l'Association KHEPERA, collaborateur de la revue d'égyptologie et des civilisations africaines, ANKH. Auteur d'une biographie sur Cheikh Anta Diop.

« Recherche historique et approche méthodologique dans l'œuvre de Cheikh Anta Diop : contexte et lignes de force »

10h-10h50 - Pr Dominique GRIMAUD-HERVÉ, Anthropologue, Muséum national d'histoire naturelle, Paris. Auteure de plusieurs ouvrages sur la préhistoire et les origines de l'homme.

« Les origines de l'humanité, approche paléoanthropologique : évolution et migrations depuis Toumaï à l'humanité actuelle »

10h50-11h10 : Pause

11h10-12h20 - Pr Théophile OBENGA, Philosophe, linguiste, égyptologue et historien congolais. Ancien ministre de la République du Congo Brazzaville. Il est l'auteur de nombreux ouvrages en relation avec les travaux de Cheikh Anta Diop ; il a enseigné en Afrique et aux USA ; il codirige la revue d'égyptologie et des civilisations africaines, ANKH.

« Linguistique historique africaine : parenté linguistique de l'égyptien ancien et des langues subsahariennes modernes »

12h30-14h : Déjeuner

14h-14h50 : Dr Denis PIERRON, Docteur en anthropologie moléculaire, CR CNRS, UMR5288 – Anthropologie Moléculaire et Imagerie de Synthèse. Il participe notamment à un projet de recherche pluridisciplinaire novateur sur le peuplement de Madagascar.

« L'homme et ses migrations, regard de la génomique »

14h50-16h50 : Pr Aboubacry Moussa LAM, historien, égyptologue, Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal. Il a écrit plusieurs ouvrages en relation avec les travaux de Cheikh Anta Diop en français et en langue Pulaar ; il codirige la revue d'égyptologie et des civilisations africaines, ANKH.

« Tradition orale et migrations de la vallée du Nil à la côte atlantique »

16h50-17h00 : Clôture par Patrick CURMI et Abdoul Hameth BA.

Organisateurs

• Abdoul Hameth BA, Maître de conférences HDR, spécialiste en géographie du développement des territoires, migrations internationales, coopération décentralisée
• Cheikh M'Backé DIOP, Dr, enseignant, Pdt de l'Association KHEPERA
• Nicolas HATZFELD, Professeur d'histoire, chercheur spécialisé en histoire contemporaine, Directeur du site Evry de l'IDHES, VP recherche, Université d'Evry
• Dr Adrien DIOP, Présence Africaine, Paris.

Comité de patronage (certaines personnalités sous réserve)

• Patrick Curmi, Président de l'Université d'Evry
• Son Excellence Bassirou SÈNE, Ambassadeur du Sénégal en France
• Son Excellence Abdou SOURANG, Représentant permanent du Sénégal auprès de l'Unesco
• Pr Mary Teuw Niane, Ministre de l'enseignement supérieur du Sénégal
• Pr Ibrahima THIOUB, Recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal
• Moustapha Mamba GUIRASSY, Président de l'Institut Africain de Management, Dakar, Sénégal
• Francis CHOUAT, Maire d'Évry et Président de la Communauté d'Agglomération Grand Paris Sud

Remerciements


Vincent Vigneron, VP Relations internationales, Université d'Évry,
Marion HETZEL, Ingénieure projet, DRRI, Université d'Évry,
Stéphanie CARDON, Direction de la Communication, Université d'Évry,
Armelle LOTTON, Bibliothèque Universitaire, Université d'Évry.
Association.......

Violences scolaires: bientôt des policiers dans les écoles françaises?

Comme un symbole de fermeté, c’est au ministère de l’Intérieur et non à celui de l’Education nationale qu’a été présenté ce vendredi le plan d’action contre les violences scolaires. Pas moins de trois ministres étaient réunis : Christophe Castaner pour l’Intérieur, Jean-Michel Blanquer pour l’Education nationale et Nicole Belloubet pour la Justice. Ensemble, pour lutter contre les violences au collège et au lycée, ils ont proposé plusieurs pistes qui seront développées en Conseil des ministres mardi prochain.

La mesure la plus marquante est la présence dans certains cas de policiers à l’intérieur des établissements scolaires. Christophe Castaner, à l’origine de cette proposition, est pour l’instant resté assez vague quant aux détails d’une telle piste. Si le ministre de l’Intérieur «  » pas la « » dans les collèges et les lycées, il précise que cela se fera «  » uniquement dans les établissements les plus difficiles et seulement « à des moments de tension particulière dans la journée », sans préciser de quels moments il s’agit. Enfin, avant de voir des policiers en uniforme patrouiller dans les cours de récréation, il faudra que le directeur de chaque établissement ait donné son feu vert.

De son côté Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education nationale, dit vouloir « remettre de l’ordre » à l’école. La formule semble parfaitement répondre aux attentes du chef de l’Etat qui avait «  » que des mesures soient prises après la publication d'une vidéo montrant avec une arme factice.

Pour « remettre de l’ordre », Jean-Michel Blanquer propose notamment de multiplier les équipes mobiles de sécurité. Composées de 10 à 50 personnes parmi lesquelles des enseignants, des conseillers d’éducation ou encore des gendarmes à la retraite, elles se déplacent d’un établissement à l’autre selon les besoins.

Depuis une semaine, des milliers d’enseignants dénoncent sur les réseaux sociaux l’insuffisance de l’écoute de leur hiérarchie . Le mot-clef ironique dénonce comment certains cas de violences qu’ils font remonter seraient étouffés. Un moyen, selon eux, pour ne pas faire de bruit, pas de vague.

Pour leur répondre, le ministre de l’Education nationale souhaite que chaque cas de violence soit «  ». L’objectif de cette mesure étant de dresser un tableau précis et factuel du nombre de cas et de leur gravité. Enfin, pour apporter une sanction forte lorsque cela sera nécessaire, la ministre de la Justice Nicole Belloubet veut multiplier les travaux d’intérêt général (TIG) qui ont selon elle « une forte valeur éducative ».

Face à ce virage sécuritaire pour l’école de demain qui s’accompagne également de l’ouverture de 20 nouveaux centres éducatifs fermés, certains professeurs et parents d’élèves ont fraîchement accueilli ces pistes de réflexion. S’ils saluent la réactivité du gouvernement face à leur grogne, certaines voix se lèvent déjà pour critiquer ce virage sécuritaire.

C’est le cas du syndicat d’enseignants Unsa qui déplore « qu’avec ces mesures on répond aux situations de violences qui sont les plus marquantes, mais qui ne correspondent pas au quotidien des professeurs ». Car les enseignants sont principalement ciblés par des insultes, rappellent plusieurs d’entre eux. « Les profs ont surtout besoin d’un arsenal pour améliorer le climat scolaire et d’espaces de dialogues » estime ainsi l’Unsa.

REUTERS/Philippe Wojazer

Reni Eddo-Lodge : « Etre universel dans ce monde, c'est forcément être blanc » Un racisme autrement pensé- Par Coumba Kane


Par Coumba Kane (Londres, envoyée spéciale) LE MONDE

« Cette lecture est très instructive. Quand Ki-ZERBO disait que chacun devait écrire pour se dire refusant à autrui d'écrire à notre place, il pensait à ce genre de suprématie que certains américains avec Trump tentent de réveiller. Pour ma part ce texte éclaire et il n'incite en rien à la guerre de civilisation. Des auteurs comme LYNCH et autres sont des penseurs très suivis.Lire pour comprendre ». P B CISSOKO


Dans son livre, l'essayiste britannique procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel » et du « privilège blanc ».
L'essayiste britannique Reni Eddo-Lodge. CREDITS : DR


En pleine interview dans un parc de Soho, dans le centre-ville de Londres, un sans domicile fixe l'interpelle. « Etes-vous écrivain ? Je voudrais discuter avec vous. » Reni Eddo-Lodge décline la requête, un brin décontenancée. D'ordinaire, c'est elle qui impose la conversation. Son premier livre, Why I'm No Longer Talking to White People About Race, paru en 2017, a déclenché une controverse nationale sur la fin du dialogue entre communautés dans un Royaume-Uni qui a longtemps vanté son multiculturalisme.


Au Brésil, des militants antiracistes s'en servent comme outil face à Jair Bolsonaro, le candidat d'extrême droite, favori de la présidentielle. En Australie, des sympathisants des droits des Aborigènes se sont sentis « compris et encouragés » à sa lecture.


Après avoir été traduit en polonais et en allemand, le livre est sorti en France à la fin du mois de septembre, en pleine polémique autour du prénom d'Hapsatou Sy qui, selon, Eric Zemmour, serait une « insulte à la France ». Son titre en français : Le racisme est un problème de Blancs (éditions Autrement).
Redoutable rhéteuse


Dans cet ouvrage, la Londonienne de 29 ans dissèque la manière dont le racisme imprègne la société britannique et « affecte l'égalité des chances des personnes de couleur ».


Elle y procède à un examen extrêmement documenté du « racisme structurel », épluchant données gouvernementales, archives et études universitaires pour mesurer l'ampleur de son impact dans l'accès au logement, à l'éducation ou à l'emploi.


Un travail qui a abouti à un tableau édifiant des discriminations systémiques et dont la conclusion est qu'il est difficile d'« expliquer autrement qu'en 2018, à compétences égales, vous avez moins de chances de décrocher un job si vous avez un nom à consonance africaine ou asiatique que si votre nom sonne blanc ».
L'aventure commence pour elle un soir de février 2014, avec un article posté sur son blog et, déjà, intitulé « Pourquoi je ne parle plus de racisme avec des Blancs ». Cette charge contre le déni du racisme, « le mur blanc », devient rapidement virale.


Une grande maison d'édition lui propose d'en faire un livre. « Quand j'ai publié ce billet, se souvient-elle, j'étais pessimiste et triste, car quand je parlais de mon expérience du racisme à mes amis, camarades ou collègues blancs, on me répondait que c'était dans ma tête. On met ça sur le compte de la sensibilité, pas de l'injustice. Il me fallait raconter cette sensation d'effondrement qu'on ressent face au déni de cette souffrance dévastatrice. »
Lire aussi : Décoloniser les arts : « Les Blancs doivent apprendre à renoncer à leurs privilèges »


Diplômée en littérature, Reni Eddo-Lodge a alors 24 ans et incarne ce nouvel antiracisme en opposition avec celui qui refuse de voir la couleur de la peau et les discriminations qui en découlent. Le débat prend vite sur les plateaux de télévision, où elle se révèle être une redoutable rhéteuse. Son goût pour la controverse la pousse même à proposer une conversation avec le leader d'extrême droite Nick Griffin en plein référendum sur le Brexit. A l'issue de cet échange – retranscrit dans le livre –, le politicien invitera la jeune femme, née à East London de parents d'origine nigériane, à « foutre le camp de ce pays ».


« Privilège blanc »


Reni Eddo-Lodge revendique une décennie de militantisme, nourri cependant d'une expérience amère dans les cercles féministes blancs. « Simone de Beauvoir m'a révélée à mon féminisme. Lors des réunions, quand j'évoquais le fait d'être doublement discriminée car Noire et femme, on me répondait que j'étais hors sujet, car ici on parlait de sexisme », se souvient l'écrivaine au look recherché : coupe afro rasée sur les côtés, mocassins, veste en velours.
Elle en conclut que le racisme n'est pas une question de valeur morale, mais d'exercice du pouvoir. Un pouvoir qui bénéficie à ceux qui jouissent du « privilège blanc », qui consiste à « avoir des avantages dans la vie juste à cause de sa couleur et non pas par mérite. Ceux qui en jouissent ne s'en rendent même pas compte car c'est la norme. Etre blanc dans ce monde, c'est être universel », explique-t-elle simplement.


L'écrivaine sait qu'elle dérange. Les progressistes « lisent l'essai et en sortent ébranlés, car j'interroge la dimension systémique qui leur permet d'avoir des privilèges au détriment des personnes de couleur. Un peu comme les hommes progressistes face à #metoo ». Ses détracteurs l'accusent de pratiquer un « racisme anti-blanc » et de tout ramener à l'identité raciale, alors que pour elle « c'est la blanchité comme idéologie qui est dangereuse ».
Pour illustrer ce racisme insidieux qui « s'infiltre tel un gaz dans tout ce qui nous entoure », Reni Eddo-Lodge raconte qu'à 4 ans, elle a demandé à sa mère quand elle deviendrait... blanche. « A la télévision, dans les livres, les personnages positifs étaient blancs. Les méchants étaient non blancs. Je me voyais comme une fillette intelligente. Il était donc évident que je deviendrais blanche plus tard », se souvient-elle.


Groupuscules néonazis


La journaliste place son récit dans la grande histoire, celle des tensions raciales héritées de la colonisation, de l'esclavage (1,5 million d'Africains ont transité par Liverpool pendant la traite) et de l'immigration du XXe siècle. Une histoire de relégation sociale, de lynchages et de violences policières, mais aussi de résistance et de révoltes.
L'auteure rappelle le prix du sang versé par des soldats jamaïcains lors de la première guerre mondiale et leur marginalisation sitôt le conflit fini. Son essai fait aussi écho au scandale de la génération Windrush, du nom de ces Antillais venus reconstruire le pays après la guerre et aujourd'hui menacés d'expulsion.


Face au discours anti-migrants, Reni Eddo-Lodge fait d'ailleurs sienne cette déclaration de l'ancien directeur du cercle de réflexion Institute of Race Relations, l'écrivain sri-lankais Ambalavaner Sivanandan (mort le 3 janvier 2018) : « Si nous sommes ici, c'est parce que vous étiez là-bas. »
Aujourd'hui, les tensions raciales se sont renforcées au Royaume-Uni, portées par le Brexit et le retour en force de groupuscules néonazis. Reni Eddo-Lodge croit en un mouvement global antiraciste. Dans son pays, elle est devenue un porte-voix.


Mais cette exposition pourrait la transformer, malgré elle, en icône antiraciste vouée à policer ses propos. Pour le moment, elle continue de « prendre soin » d'elle, elle qui a souffert de dépression chronique et pour qui le livre a été une « thérapie », une conversation avec elle-même. « Il y a un lien entre racisme et santé mentale. Toutes les injustices détruisent, car vous souffrez de ne pas avoir le contrôle de votre vie », insiste celle qui travaille sur d'autres sujets, laissant la discussion ouverte.

1. Reni Eddo-Lodge   Journaliste


Reni Eddo-Lodge est une journaliste et auteure britannique. Elle écrit sur le féminisme et le racisme structurel. Eddo-Lodge est née et a grandi à Londres. Sa mère est nigériane. Elle explique avoir « réalisé qu'il y avait un vrai problème de représentation dans la société » à l'âge de 4 ans lorsqu'elle a demandé à sa mère quand est-ce que sa peau noire deviendrait blanche.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/10/21/reni-eddo-lodge-etre-universel-dans-ce-monde-c-est-forcement-etre-blanc_5372595_3212.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#Echobox=1540143081

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