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Démission du chef d'état-major: trois experts analysent la crise avec l'exécutif

La position du général Pierre de Villiers était devenue intenable. Le chef d'état-major de l'armée française a donc fini par remettre sa démission ce 19 juillet au président de la République française. Depuis la semaine dernière, le général était en conflit ouvert avec Emmanuel Macron concernant le coup de rabot de 850 millions d'euros demandé au ministère de la Défense cette année. Trois experts livrent à RFI leur vision de cette crise historique.

Les 850 millions d’euros d’économie, un arbitrage qui tombe mal ?

« On est face à la fois à une crise de confiance comme l’a indiqué le chef d’état-major des armées et à une crise budgétaire. Le coup de rabot de 850 millions d’euros aux armées pose un réel problème alors même que les armées françaises sont en suractivité et donc en surchauffe depuis maintenant plusieurs années. Même si certains pensent qu’il serait plus facile de faire des économies de personnel sur le programme Sentinelle, globalement il est très difficile d’évaluer quel est le plus contraignant des théâtres d’opération », explique Frédéric Coste, maître de recherche à la fondation pour la recherche stratégique.

Le général Dominique Trinquand,  ancien chef de la mission française auprès de l'ONU, et qui a conseillé l'équipe d'Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, rappelle le contexte stratégique : « Le président a pour volonté de rapidement descendre en-dessous des 3% fatidiques imposés par l’Union européenne, de façon à relancer la machine France et, à moyen et long terme, d’augmenter le budget de la Défense. Donc sur le court terme, c’est vrai que c’est très dommageable. Maintenant nous sommes au mois de juillet, il faut rétablir les comptes avant le mois de décembre. Que fait-on ? Les budgets de fonctionnement sont évidemment très difficiles à modifier. Donc c’est le budget d’investissement et le plus gros budget d’investissement, c’est celui des armées. On en revient à la fameuse variable d’ajustement qui est absolument très dommageable et qui a été le choix du président ».

Un «recadrage» vexatoire ?

Pour Dominique Trinquand, les militaires sont habitués à ce genre de recadragemais la méthode utilisée est regrettable. « Dans l’armée, il est fréquent de dire : maintenant on a assez discuté, c’est moi le chef et maintenant, on fait comme ça. Il y a deux points qui sont à prendre : le premier c’est qu’on avait peu l’habitude de ce langage de la part d’un chef politique, d’un responsable politique. Donc là, le président Macron, mais ça fait partie de toute la trajectoire sur laquelle il est depuis son élection, réinstalle le rôle régalien du chef de l’Etat. Ensuite, les méthodes sont un peu différentes : dans l’armée, lorsqu’on recadre un chef, on ne le recadre pas devant ses subordonnés. C’est ce qui a été fait, ce qui est un peu dommage. Maintenant, je voudrais rappeler que dimanche, le président Macron au cours d’une interview a rappelé que ce recadrage n’était pas destiné uniquement au chef des armées, mais à l’ensemble des intervenants sur le dossier défense. Ceci est à prendre en compte aussi, même si, et je le dis bien fermement : sur le plan de la méthode, c’est très dommageable surtout pour un chef comme le général Pierre de Villiers, qui est absolument apprécié de toutes ses troupes. Et c’est tout à fait dommage ».

Premier couac d'Emmanuel Macron ?

Pour Frédéric Coste, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), « le dernier élément qui explique cette crise, c’est aussi l’attitude du président Macron. On a un président qui investit énormément les symboles régaliens de chef des armées afférents à la fonction présidentielle. On a donc eu une distorsion entre la définition jupitérienne de la présidence, une contradiction entre cette utilisation des symboles de chef des armées, et l’arbitrage qui tombe et qui est extrêmement défavorable aux armées. Que les armées participent à la réduction de la dépense publique c’est normal, mais là c’est extrêmement défavorable et l’effort porte sur l’ensemble de la sécurité nationale, puisque ce sont des centaines de millions d’euros d’économie qui sont demandés également à la gendarmerie, la police et la justice ».

Le général Dominique Trinquand revient sur cette posture du président français qui se dit très proche des armées et attaché en tout cas à la sécurité extérieure et intérieure de la France et sur la déception des soldats : «Je pense que le parcours du président nouvellement élu a été remarquable jusqu’à maintenant vis-à-vis des armées. Il a montré l’intérêt qu’il leur portait. Dans ses discours, il montrait l’intérêt qu’il portait à la protection, à leur accompagnement. Il avait bien établi son image auprès des armées. Là, cet affrontement est dommage parce que ça gâche un départ qui était plutôt bon ».

Une «guéguerre» entre ministères ?

« Le gouvernement, mis en place par le président Macron vient de changer. Il y en avait un premier et, au bout d’un mois, il a changé. Le ministère de la Défense s’est donc trouvé très pénalisé puisque Sylvie Goulard a quitté le gouvernement et donc c’est Florence Parly qui a pris la suite, et qui donc en fait, découvre ce dossier-là. Là, il y a une manœuvre d’opportunité, si je peux me permettre, de Bercy qui a profité de ce déséquilibre au sein du ministère des Armées, du changement de ministre, qui pourtant connaît très bien les aspects budgétaires, pour essayer de la prendre de vitesse avant qu’elle ne soit capable de vraiment étayer les dossiers dans un arbitrage avec le président. Là, effectivement, il y une opportunité de la part de Bercy qui est dommage. Et il faut absolument arrêter ce type de guéguerre parce que la sécurité de la France, c’est trop important pour être remis entre les mains d’arbitrages uniquement financiers », concède Dominique Trinquand.

Élie Tenenbaum, chercheur au Centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales (IFRI) revient sur le quinquennat précédentet le travail du ministre de la Défense. « Jean-Yves Le Drian a remporté tous les arbitrages politiques qu’il a cherché à défendre face à Bercy et face à l’Elysée. Aujourd’hui on reste sur des personnalités politiques qui doivent s’affirmer. Et on a donc un chef d’état-major des armées qui monte au créneau, là ou cela devrait être le rôle de la ministre. D’où une question qui se pose : quel est le poids politique lourd qui, face à un Elysée qui est là pour trancher, pourra jouer l’avocat de la Défense face aux fourches caudines de Bercy qui font là aussi leur travail, c’est-à-dire limiter la dépense publique ou la rendre en tous cas la plus efficace possible ? ».

Une crise «latente» depuis la fin de la Guerre froide

Pour Élie Tenenbaum, cette crise entre l'exécutif et le CEMA (chef d'état-major des armées) était latente depuis de longs mois, voire de longues années. En effet la question des budgets de défense et de leur déflation depuis la fin de la Guerre froide est une préoccupation considérable des armées.

« Elle a été mise en avant à plusieurs reprises au cours de la loi de programmation militaire sous Nicolas Sarkozy, puis sous François Hollande, des coupes successives –plus de 54 000 postes qui ont été réduits depuis 2008. Un coup d’arrêt avait finalement été donné en 2015 au moment des attentats avec des déflations qui avaient été annulées. Celles qui étaient prévues pour les années à venir du quinquennat Hollande sur 2016-2017-2018 avaient été progressivement annulées par l’exécutif à cause des attentats, à cause de la sur-implication des armées sur les théâtres extérieurs. On pense au Sahel, mais également au Levant [NDLR: Irak-Syrie], mais surtout sur le théâtre intérieur dans le cadre de l’opération Sentinelle. Donc on avait un rôle politique des armées finalement qui avait été revalorisé au moment de cette période de crise sécuritaire, qui avait poussé François Hollande finalement à mettre de l’eau dans son vin et à revoir à la hausse ces chiffres. Des engagements avaient ensuite été pris par tout un tas de candidats au cours de la campagne présidentielle 2016 et 2017, dont Emmanuel Macron en faveur d’une amélioration, d’une remontée en puissance, comme on dit, du budget de la Défense. Aujourd’hui, ces engagements se heurtent à une autre réalité qui est la réalité de la stabilité budgétaire et de la limitation des déficits publics ».

RFI

 

 

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France: face au «gâchis» de l’admission post-bac, une réforme en discussion

La ministre française de l'Enseignement supérieur lance ce lundi 17 juillet une vaste concertation pour réformer les admissions à l'université. Car l’Enseignement supérieur fait aujourd’hui face au défi d'intégrer 40000 étudiants supplémentaires chaque année dans les facultés françaises. Frédérique Vidal a donc décidé de réunir tous les acteurs pour trouver une solution.

Quelques jours après les résultats définitifs du baccalauréat, 86 969 lycéens étaient toujours sans affectation ou sur liste d’attente après avoir formulé leurs vœux sur la plateforme informatique d’admission post-bac (APB), désormais la cible de toutes les critiques. Frédérique Vidal parle d’« énorme gâchis ».

En cause, la hausse de la démographie étudiante, qui a conduit à l’arrivée dans l’enseignement supérieur de 40 000 étudiants supplémentaires. Mais aussi le fait que, pour la première fois, les étudiants en fin de première année qui souhaitaient se réorienter ont été également appelés à le faire depuis la plateforme APB. En tout, ce sont ainsi 150 000 étudiants supplémentaires qui ont été ajoutés au système.

La concertation organisée ce lundi a donc pour objectif de trouver une alternative au tirage au sort, qui départageait jusqu'alors les étudiants qui postulaient dans des formations saturées – comme le sport, la psychologie et le droit. Un procédé nourrissant un profond sentiment d'injustice chez les bacheliers.

Elle doit également s’attacher à trouver comment réduire le taux d'échec des premières années d'université, qui s'élève à 60 % en licence. Une piste a été évoquée par la ministre de l'Enseignement supérieur lundi matin, celle du « contrat de réussite étudiant ». Cet engagement indiquerait au lycéen les prérequis dont il a besoin pour réussir dans la filière qu'il vise. Etre obligé d'avoir fait de la biologie pour s'inscrire dans des études sportives, par exemple.

Le chantier est conséquent. Et le temps est compté pour la ministre qui doit trouver une solution avant janvier 2018, date des premières demandes d'affectation des futurs bacheliers à l'université.

RFI

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14 Juillet - Macron-Trump : "Rien ne nous séparera jamais"

Emmanuel Macron a assisté au défilé militaire du 14 Juillet en compagnie de Donald Trump. Lors de son allocution à la nation, il a remercié les États-Unis.

Emmanuel Macron a salué le couple franco-américain: "Nous avons trouvé des alliés sûrs, des amis, qui sont venus à notre secours. Les États-Unis d'Amérique sont de ceux-ci. Rien ne nous séparera jamais. La présence du président M. Donald Trump et de son épouse est le signe d'une amitié qui traverse les temps. Je veux les remercier pour le choix fait il y a 100 ans." Après 30 heures à Paris, des visites culturelles, un dîner à la tour Eiffel et le défilé du 14 Juillet, Donald Trump et son épouse Melania Trump quittent les Champs-Élysées. Ils quittent la capitale applaudis par la foule.
Emmanuel Macron s'envole pour sa part pour Nice, où il va participer aux hommages aux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016.

12 h 17- Le président de la République remercie les Américains

      « L'histoire de la France ne commence pas le 14 juillet 1789, mais ce jour-là le peuple a montré quels idéaux il voulait suivre. Toujours, nous avons trouvé en nous cet amour de la patrie qui nous a sauvés », a ajouté le président. À la tribune, Emmanuel Macron a ensuite remercié Donald Trump : « Rien ne nous séparera jamais » des États-Unis. 
La France, a-t-il souligné, a trouvé dans son histoire des « alliés sûrs, des amis qui sont venus à notre secours » et les « États-Unis d'Amérique sont de ceux-ci, c'est pourquoi rien ne nous séparera jamais », a déclaré le chef de l'État français à l'issue du défilé du 14 Juillet.      

12 h 09- Emmanuel Macron prend la parole

      Le président de la République prend la parole pour une allocution officielle et s'adresse aux citoyens français. "En ce 14 Juillet, nous célébrons la France, nous célébrons ce qui nous unit, nous célébrons ce goût absolu de l'indépendance que nous appelons liberté, cette ambition de donner à chacun sa chance qu'on appelle égalité, cette détermination à ne laisser personne sur le bord du chemin qu'on appelle fraternité."      

12 h 06- L'heure des hymnes

      Le défilé se termine avec l'arrivée des drapeaux américain et français devant les présidents. Les hymnes des deux pays retentissent ensuite sur les Champs-Élysées. 

11 h 59- Daft Punk retentit sur les Champs

      Inhabituel pour un 14 Juillet, le chef de musique Jean-François Durand anime un concert et reprend les plus grands titres du groupe Daft Punk. Succès en tribune, Emmanuel Macron sourit et les militaires applaudissent. Après Daft Punk, la fanfare reprend Michel Fugain. Cette année, la volonté était également de rajeunir le défilé et de toucher un public plus jeune.      

11 h 55- Le défilé se termine

      L'animation de clôture termine le défilé. Après des musiques classiques, les musiciens rendent hommage à la ville de Nice et entonnent l'hymne "Nissa la Bella". La formation se disperse afin d'écrire "Nice" au sol.      

11 h 45- La cavalerie arrive

      Après les chars, la garde républicaine remonte les Champs-Élysées sous les applaudissements de la tribune officielle.       

11 h 37- Défilé des véhicules

      Retour sur terre avec le défilé des motocyclistes de la police nationale et des chars du 16e bataillon de chasseurs. 

11 h 27- La Légion d'honneur ferme le défilé militaire, les hélicoptères arrivent

      La Légion d'honneur vient clore le défilé militaire. Ils défilent plus longtemps que les autres (88 pas par minute, au lieu de 120), C'est dans les airs qu'il faut maintenant regarder, avec le défilé des hélicoptères. Au total, 29 appareils vont défiler.      

11 h 20- La police nationale arrive

      Après la douane française, c'est au tour de l'administration pénitentiaire de se présenter devant le président de la République. C'est ensuite au tour de la police nationale et de l'École nationale supérieure de la police de défiler.      

11 h 17- La base aérienne 705 défile

      La base aérienne 705 défile au son de la célèbre chanson "En passant par la Lorraine". Après les airs, les militaires de l'armée de l'air reviennent sur terre. Ils sont suivis de la division des affaires pénales militaires. C'est la première fois qu'ils défilent un 14 juillet.      

11 h 12- La tribune officielle célèbre les militaires

      Depuis le début du défilé, la tribune officielle s'est levée pour honorer les troupes à pied. Sous les applaudissements, les différents régiments remontent l'avenue. Depuis 10 h 45, plusieurs régiments foulent le pavé.      

11 h 00- Les écoles se succèdent

      L'École de formation des sous-officiers de l'armée de l'air, l'École de maistrance et l'École nationale des sous-officiers d'active défilent également sur les Champs-Élysées. Ils saluent tous le président de la République.

10 h 53 - Les soldats français défilent

      Les Américains sont suivis des troupes françaises. Les forces françaises engagées dans le cadre de l'opération Chammal sont à l'honneur. Plus de 3 700 militaires à pied ainsi que 211 véhicules, dont 62 motos, 241 chevaux, 63 avions et 29 hélicoptères étaient attendus sur la plus belle avenue du monde. Les soldats sont suivis des écoles militaires.     

10 h 49 - Les troupes s'élancent sur les Champs-Élysées

      Après le défilé aérien, les militaires commencent à fouler le bitume parisien. Le défilé est mené par des soldats américains. Dans la tribune officielle, Donald Trump debout salue les troupes américaines.     

Le point.fr

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Trump, la goutte d'eau qui va faire déborder Orly

La venue du président américain ce jeudi pourrait accentuer la pagaille qui règne à l'aéroport sud-francilien en rendant les accès encore plus difficiles.

Jeudi et vendredi, les conditions de fonctionnement de l'aéroport d'Orly pourraient être les pires jamais connues. À la pagaille et aux retards actuels générés par la police aux frontières (PAF), en sous-effectif, vont s'ajouter l'arrivée jeudi, et le départ vendredi, d'Air Force One, le Boeing 747 du président américain Donald Trump. Celui-ci, invité par le président Macron aux cérémonies du 14 Juillet, doit atterrir jeudi en fin de matinée, à une heure qui reste confidentielle. Conséquences, l'autoroute reliant Paris à Orly sera bloquée et le trafic aérien suspendu au moment des mouvements de l'avion présidentiel. Même punition pour le million de passagers voyageant à cette période vendredi lors du départ d'Air Force One. Et les voyageurs bloqués sur la route qui arriveront au terminal après l'heure limite d'enregistrement en seront pour leurs frais : ils devront acheter un autre billet ou payer un supplément.

À moins que le courrier adressé au président américain par Marc Rochet, président d'Air Caraïbes et French blue, ne soit pris en compte. Celui-ci lui suggère respectueusement d'atterrir plutôt au Bourget, l'aéroport d'affaires parisien, où une structure accueille régulièrement les avions des secrétaires d'État américains. Rochet tend la perche à Donald Trump dans cette lettre transmise par l'ambassadeur à Paris : « En allant au Bourget, vous marcherez sur les traces de Lindbergh et ce faisant, vous enverrez un message symbolique fort qui accroîtra le grand respect que les Français ont envers le président d'un si grand pays. » Le profil politique parfois contesté du premier aviateur à avoir traversé l'Atlantique pourrait ne pas déplaire au président américain. De plus, son programme prévoit une visite au cimetière américain de Suresnes, d'accès plus facile du Bourget que d'Orly. Mais le protocole, dont la souplesse est légendaire, prévoit que les chefs d'État soient accueillis à Orly dans un pavillon d'honneur récemment rénové et déplacé dans l'ancienne zone cargo. Notons qu'Air Force One va y stationner deux jours, ce que les avions ministériels français évitent depuis que les A319 de Chirac et Jospin avaient été tagués sur le tarmac d'Orly. Ils séjournent désormais à Évreux (A330) ou à Villacoublay (Falcon et hélicoptères) dans des enceintes militaires.

500 policiers à Orly sur 10 000 fonctionnaires de la PAF

De surcroît, depuis près d'un mois, les files d'attente lors des contrôles de la police aux frontières à Orly, et dans une moindre mesure à Roissy-CDG, suscitent des retards moyens d'environ 90 minutes. En particulier, tous les avions à destination des départements d'outre-mer et des pays du bassin méditerranéen ne sont plus à l'heure. Une mesure simple, évoquée mardi par les responsables des compagnies aériennes et des aéroports lors d'une réunion à Matignon, serait de considérer que les vols à destination des DOM restent du ressort de la France, et non pas de la règlementation Schengen. À Orly, cela constituerait immédiatement 10 000 passagers de moins à contrôler chaque jour.

Les autres aéroports français sont aussi à la peine. Si, en 2016, les compagnies ont enregistré sur le seul terminal Sud « une dégradation de 500 % » des retards par rapport à 2015, des chiffres comparables sont enregistrés à Nice ou Marseille notamment. Président de l'Union des aéroports français (UAF), Thomas Juin, avec son délégué général Nicolas Paulissen, et le délégué général de la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM), Guy Tardieu, ont également insisté sur le déploiement massif de matériels Parafe (sas de contrôle automatisé des passeports). Surtout, la validation de la reconnaissance faciale doit être homologuée, plus rapide que l'actuelle reconnaissance digitale. Le renforcement des moyens informatiques alloués à la PAF doit être prévu pour pallier à la saturation des serveurs lors du scan des passeports. L'optimisation des effectifs doit aussi intervenir. Sur les 10 000 fonctionnaires de la PAF, 500 sont détachés à Orly et 1 700 à Roissy-CDG. De son côté, le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, dans un courrier au ministre de l'Intérieur, demande « des mesures d'urgence ».

Lire aussi 2 guichets, 500 passagers : le scandale de l'attente dans les aéroports parisiens

Ces dysfonctionnements inquiètent aussi les membres du comité en charge de la candidature de Paris aux Jeux olympiques. En pleine négociation des JO de 2024, la France affiche au travers des défaillances des services de contrôle aux aéroports un retard d'infrastructures que, plus grave, le pouvoir politique semble ignorer.

Le Point.fr

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