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France: les parents de Naomi Musenga demandent justice

Mai 12, 2018
France: les parents de Naomi Musenga demandent justice

La responsabilité de l'opératrice et des hôpitaux de Strasbourg est pointée par les parents de Naomi Musenga. Ils ont porté plainte pour non assistance à personne en danger. Leur fille de 22 ans est décédée peu de temps après un appel au SAMU. L'opératrice n'avait pas pris en compte la détresse de la jeune femme. L'autopsie a été réalisée plusieurs jours après sa mort. La famille pendant une conférence de presse demande ce jeudi que « justice soit faite ».

Avec émotion et douleur, les parents de Naomi Musenga sont à la recherche de réponses. « Qu'est-ce qui a tué ma fille ? Il n'y a pas de réponse à ça. Surtout, pour mi, c'est une institution qui devait me répondre. Mais nous n'avons pas été accompagnés. Pourquoi ? », interroge Bablyne Honorine Musenga. L'écoute de la conversation entre Naomi Musenga et l'opératrice du Samu est « un enregistrement qui nous foudroie », a souligné la mère de la jeune fille, Honorine Musenga.

Pour la mère de la victime, le comportement de l'opératrice est en cause. Comme celui de l'hôpital qui n'a pas suffisamment accompagné la famille pour déterminer l'origine du décès de la jeune femme. Difficultés à obtenir des rendez-vous, délai d'autopsie très long - 112 heures après la mort. Autant de zones d'ombre pour le père de Naomi, Polycarpe Moukolé Musenga : « Que justice soit faite. C'est cela notre première préoccupation. On a l'impression qu'on s'est moqué de nous. Pourquoi l'autopsie n'a pas été faite à temps ? Et pourquoi on a laissé le corps de ma fille en putréfaction comme ça, comme si c'était le corps de quelqu'un qu'on a oublié. »

 

L'enquête administrative du centre hospitalier universitaire de Strasbourg est en cours. Les premières pistes convergent uniquement vers le comportement de l'opératrice, la faute serait individuelle. L'enquête judiciaire est ouverte pour « non assistance à personne péril ».

Jeudi après-midi, la direction des hôpitaux universitaires de Strasbourg a réagi : « Nous sommes très affectés par ce drame, a déclaré le directeur Christophe Gautier. A ce stade-là, je ne veux pas préjuger des conclusions définitives de l'enquête, mais la présomption que nous pouvons avoir est celle d'une faute personnelle. Ce qui s'est passé ce jour-là, manifestement ce que l'on entend sur la bande, et ce que nous avons pu constater lors des premiers entretiens, c'est que cet appel n'a pas été transféré. L'auxiliaire de relation médicale, lorsqu'elle identifie un appel qui est un appel identique à celui qu'a passé Naomi, a obligation de transférer cet appel au médecin régulateur. Et c'est ce médecin qui doit prendre une décision médicale, et c'est bien là que se situe le manquement. Nous allons faire toute la lumière sur les conditions de traitement de cet appel. »

 

Fin décembre, Naomi Musenga avait composé le numéro du Samu, les services d'urgence français, souffrant de fortes douleurs au ventre.

Dans l'enregistrement de son appel, obtenu par la famille de la jeune femme, on l'entend qui peine à s'exprimer et semble à bout de force. « J'ai mal au ventre », « J'ai mal partout », « Je vais mourir... », dit-elle en soupirant. « Vous allez mourir, certainement, un jour comme tout le monde », lui répond l'opératrice des pompiers. On entend également les échanges qui précèdent, quand l'opératrice qui régule les appels du Samu et une femme du Centre de traitement des alertes (CTA) des pompiers se moquent de la malade.

Les urgences médicales ne seront finalement déclenchées qu'au bout de plusieurs heures, après un nouvel appel aux secours, qui débouchent cette fois-là sur l'intervention du Samu. Mais il est trop tard : emmenée à l'hôpital, la patiente est victime d'un infarctus puis transférée en réanimation avant de s'éteindre dans un hôpital de Strasbourg.

RFI

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