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Publié dans International

Réformes: Emmanuel Macron fait le pari du long terme

Mai 09, 2018
Réformes: Emmanuel Macron fait le pari du long terme

Emmanuel Macron a été élu président de la République il y a un an. La première année d’un quinquennat est toujours décisive, elle donne le ton de la présidence et fonde le rapport du nouveau chef de l’Etat avec les Français. Le chef de l'Etat a voulu incarner une présidence forte et déterminée à réformer quitte à donner l’impression de ne pas entendre les mécontentements. Son pari, c’est qu’au bout du compte, ce sera payant.

 

Emmanuel Macron joue le long terme. Il veut réussir à transformer la France avant 2022. Il a été élu sur cette promesse. Et à entendre l’un de ses proches, le président du groupe La République en marche au Sénat François Patriat, cet objectif et la manière de l’atteindre ont été élaborés très en amont de l’élection. « Son arrivée à l'Elysée, elle était, comme tout le reste, formidablement préparée. Il avait par avance prévu, à la fois le tempo, à la fois la méthode. Il l'avait pensé en sachant que lui n'aurait pas d'état de grâce, d'ailleurs il n'en a pas eu, mais que dans le même temps, il fallait profiter [du fait]que le choc qu'allait créer son élection était capable de réveiller les consciences et entrainer autour de lui. »

 

Emmanuel Macron a donc fait un pari politique basé sur une stratégie. C’est peut-être pour cette raison que durant l’année qui vient de s’écouler, il a affiché sa détermination et appliqué une méthode qui consiste à ne rien lâcher. Emmanuel Macron l’a dit, l’a redit encore et encore : « Sur tout, je fais ce que j'ai dit. Cela surprend peut-être, ça contrarie certains mais c'est en effet tout à fait nouveau. Je l'ai dit tout cela, je l'ai dit durant la campagne, y compris les mauvaises nouvelles. Et donc je fais ce que j'ai dit. Le peuple français a gagné parce que sa volonté est respectée. »

 

« Je fais ce que j’ai dit »

L’argument est présenté comme imparable. C’est le mandat du peuple qui donne à Emmanuel Macron le « devoir » d’appliquer son programme et donc de lancer toutes les réformes qu’il a promises durant la campagne présidentielle. Sauf que cet argument - « je fais ce que j’ai dit » - ne parait tout à fait suffisant à Bruno Cautrès, politologue du Centre de recherche politique de Sciences Po, pour faire tout accepter aux Français. Il estime que  « lorsqu'Emmanuel Macron dit ‘’je fais ce que je dis et vous m'avez choisi pour ça’’, c'est faire l'hypothèse que tous ceux qui ont voté pour lui au deuxième tour ont ratifié son programme. Peut-on croire sérieusement que les électeurs qui avaient voté Benoit Hamon ou Jean-Luc Mélenchon au premier tour et Emmanuel Macron au deuxième tour n'avaient rien voulu dire quinze jours avant ? Tout le monde n'a pas ratifié le programme du président même si on a voté pour lui au deuxième tour. »

Tout est donc question d’interprétation et l’interprétation de Boris Vallaud, porte-parole du Parti socialiste, qui était dans la promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA, c’est que le président de la République est motivé avant tout par la volonté d’imposer sa vision : « Je me pose la question de savoir si c'est une majorité et un président de la République qui est mu d'abord par la satisfaction d'obtenir des réussites ou par la satisfaction d'infliger des défaites quitte à humilier les uns et les autres qui sont renvoyés à leur cynisme, leur refus de regarder le monde en face, à leur fainéantise parfois aussi. »

 

Monopoliser l’échiquier politique au centre

Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat, soupçonne, lui, le chef de l’Etat de vouloir contrôler totalement le jeu politique. Selon lui, « son projet, c'est une grande force centrale où il monopoliserait l'échiquier politique au centre, avec deux ailes qui seraient des ailes extrémistes, des ailes radicales pour rendre quasiment impossible une éventuelle alternance. C'est ça son projet. »

Eviter l’alternance, c’est-à-dire préparer sa réélection. Et pour y parvenir Emmanuel Macron va devoir réussir à convaincre les Français qu’il va dans le bon sens, comme l’explique Bruno Cautrès. « Dans l'esprit d'Emmanuel Macron, il y a un récit : c'est de proposer aux Français une redéfinition de ce que veut dire la justice, l'égalité ou l'équité dans la société française. Je pense que c'est même ça le cœur du macronisme. Le problème, c'est d'arriver à expliciter ça en terme simple. Au fond, c'est expliquer qu'il faut faire de nouveaux perdants pour qu'il y ait de nouveaux gagnants ».

Des gagnants, des perdants, ces dernières semaines, des mouvements de contestation ont montré que les cheminots, les étudiants, les personnels hospitaliers et d’autres se sentaient relégués plutôt du côté des perdants. Face à cette grogne, la question qui se pose est de savoir si Emmanuel Macron va pouvoir continuer au même rythme et avec la même méthode dans l’année qui vient ?

 

RFI

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