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Fillon : Sarkozy, au secours !

Fév 15, 2017 Hit: 59 Écrit par 
Fillon : Sarkozy, au secours !

L'échange entre les deux hommes a été "chaleureux et franc". Le candidat est venu chercher soutien et réconfort auprès de son meilleur ennemi. Un déjeuner amer.

François Fillon s'était juré de ne plus retourner rue de Miromesnil dans les bureaux de Nicolas Sarkozy. Mais nécessité fait souvent loi. Englué dans plusieurs affaires, bousculé au sein de sa famille politique où la grogne monte, le candidat Les Républicains à la présidentielle a choisi de s'en remettre à l'ancien chef de l'État. C'est dans l'avion qui le ramenait de l'île de La Réunion lundi que l'ancien Premier ministre s'est résolu à téléphoner à son rival de la primaire pour le rencontrer dans les meilleurs délais. Le candidat espérait bien convaincre l'ex-président de calmer les ardeurs des députés de terrain – dont certains sarkozystes – qui tirent la sonnette d'alarme...

Lire notre dossier : La rude campagne de François Fillon 

Il n'y avait ni photographes ni caméras pour immortaliser cette rencontre difficilement concevable il y a encore quelques mois. Vers 13 heures, François Fillon a emprunté le long couloir qui mène au salon où Nicolas Sarkozy l'attendait. L'entretien d'une heure et demie a été chaleureux, mais aussi franc. L'hôte a ainsi rappelé à son invité qu'il resterait attentif à la bonne tenue de la famille politique des Républicains. « Il est nécessaire de s'entourer des talents du parti et de ne négliger personne. Surtout pas les quadras », a déclaré en substance Nicolas Sarkozy au candidat, tout en le rassurant sur le fait qu'aucun ténor de sa chapelle n'avait encore fait défection. Pas même François Baroin, souvent présenté comme le plan B le plus sérieux si Fillon devait abandonner la partie. Le sénateur-maire de Troyes – ce n'était pas un hasard – succède au Sarthois dans les locaux présidentiels.

 La figure paternelle, c'est encore Sarkozy. 

Un déjeuner sous le signe de « l'apaisement » et de « l'unité », selon des fillonistes. Pour un sarkozyste, il s'agissait plutôt d'un « cri de détresse » du candidat venu « baiser la babouche » de celui qu'il critiquait sans retenue hier. Reste à savoir si ce dernier écoutera les recommandations du « boss ». Aux dires de plusieurs proches de François Fillon, celui-ci est marqué physiquement par la tempête qu'il traverse et ne se fait plus guère d'illusions sur les suites juridiques des révélations du Canard enchaîné. L'ancien président a donné un accord de principe pour s'investir -un peu- au printemps dans la campagne de son ancien Premier ministre.

Ce tête-à-tête suffira-t-il à sauver le soldat Fillon ? La manœuvre est à risque, juge un cacique LR : « On voit désormais qu'il n'est pas le patron de la droite, qu'il en est juste le candidat, et rien de plus. La figure paternelle, c'est encore Sarkozy qui l'incarne. Fillon ne pourra pas mener campagne en balayant, comme il l'a fait, ses prédécesseurs et ses rivaux. »

Le Point

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