Vie à Paris (France) : Le « stoïcisme » des immigrés. Malick Camara

Informer pour comprendre.


« Nous avons abordé la figure du stoïcisme et voici une variante. Ce n'est pas du stoïcisme c'est du suicide, il est préférable de vivre pauvre et digne que de subir toutes les humiliations du monde. Nous respectons le choix de chacun. » P B C


La France est un pays de rêve. Il faut y aller ! Y aller à tout prix, à la recherche d'une meilleure situation financière.


Hélas, pour beaucoup, tout n'est qu'illusion dans ce pays, véritable miroir aux alouettes.
Mal logés, sous employés ou simplement sans emploi, la plupart des immigrés en France, "souffrent et meurent sans parler".
Les premiers immigrés ayant bénéficié d'un titre de séjour ont pu avoir de modestes logements (2 à 3 pièces).
Ils sont généralement "naturalisés" et travaillent comme plongeurs (laveurs d'assiettes) ou techniciens de surface (balayeurs de rue).
Les autres vivent dans des foyers : foyer Soundiata, foyer de Montreuil, foyer de la commanderie, (foyer Rosny sous-bois) etc...
Les foyers ne sont autres que des bâtiments à étages construits spécialement pour les immigrés.
Dans ces bâtiments délabrés, crasseux et dont la couleur reste difficile à définir, ils vivent avec leurs familles dans des chambres qui ressemblent à des cellules de prison.


En effet, dans ces chambres préalablement affectées à une seule personne, les occupants dorment à même le sol.
Pire, nombre de couples et leurs enfants (7 à 8 personnes) dorment dans le même lit. Et, malgré leur étroitesse, ces chambres ne sont pas gratuites. Elles sont mensuellement payés entre 250 et 300 euros.


Dans les foyers, vivent principalement les noirs et les arabes.
Coupés du reste de la société, ils créent leur propre environnement.
Leur petit hall leur sert de "vestibule", un lieu de discussions, et de prières.


Ici, tout rappelle l'Afrique.


Les vieux, accoudés sur des nattes, écoutent autour du thé, la musique du pays.
Les marchands, installés devant l'entrée du bâtiment, vendent de la chique, du gombo, des colliers et des tissus africains.
Plusieurs autres vendent du maïs à la braise pour 1 euro (655 Fcfa) l'unité.
Selon ce jeune vendeur, "ça permet d'avoir de quoi manger et de rester sur place, afin d'échapper aux contrôles d'identité répétés des autorités (CRS).
En effet, les CRS ces "agents de poursuite" constituent de véritables bêtes noires pour les immigrés clandestins. Et pour cause, ils sont chargés de "pêcher" les clandos et de les remettre à la justice qui, à son tour se chargera de les expulser de la France de "nos ancêtres les Gaullois".
La crainte de contrôle a fait perdre à beaucoup de travailleurs leur emploi (également clandestin), car le "chef" ne tolère pas les absences et les retards.


L'exploitation de l'homme par l'homme


Les rémunérations des clandos qui ont la chance de travailler varient entre 300 et 400 euros. Des sommes d'argent qui paraissent colossales au Mali, mais en France, elles ne peuvent ni même servir à payer mensuellement une petite chambre. Surtout, quand on sait que les immigrés clandestins qui ont la chance de bénéficier mensuellement de 300 euros, doivent se nourrir, se vêtir, se rendre au travail, régler le foyer, les factures de téléphones, d'électricité et encore, épargner de l'argent pour les parents...


Mais, n'ayant pas le choix et ne pouvant guère se plaindre, à cause de leur situation irrégulière (absence de titre de séjour), les immigrés sont contraints d'accepter n'importe quelles conditions de travail.


Résignés, ils sont obligés de courber le dos pour survivre à "Bako", l'autre rive.


Quant aux dames immigrées, elles sont pour la plupart employées comme femmes de ménage dans les hôtels, les HLM (habitations à loyer modéré), ou font de la restauration dans les foyers des immigrés.


Là, elles vendent, (comme à Douertza) des plats de Sombaladji, de Tigadegué (maafe), de yassa, bref, des plats africains pour quelques... pièces de monnaie.
Par ailleurs, la France étant un pays de régime monogamique, les familles polygamiques africaines sont confrontées à divers problèmes.
La loi n'accorde le statut d'épouse légale qu'à la première femme, les autres (2è, 3è, 4è) n'existent pas. Elles ne peuvent à ce titre être considérées que comme des concubines.


Quand aux enfants, ils ont droit à l'instruction, quelle que soit la situation de leurs parents. Ils ne sont pas inquiétés dans leurs déplacements quotidiens.
Ce sont plutôt leurs parents qui ont la peur au ventre : peur d'être refoulé, peur de quitter le pays, miroir aux alouettes.
Ils se terrent alors dans leurs "abris" après le travail, pour n'en ressortir qu'en cas d'extrême besoin.
Ainsi, après des années de séjour, les lieux connus d'eux, se limitent à l'épicerie du coin ou à certains magasins.


Immigrés SDF


Le manque de confort des logements ou la recherche de l'abri ont poussé nombre d'immigrés à défoncer les portes des bâtiments en désuétude, ces vieux immeubles fermés par l'Etat français pour être démolis.
Les démolitions tardant à venir, les immigrés délogent rats et cafards pour prendre leurs places.
Malgré les coups de pinceaux, les murs restent lépreux et l'odeur de la moisissure persistante.


Ici, ils ne payent pas le loyer, seulement l'électricité et le téléphone, mais ; ils courent un grand danger, car ces immeubles peuvent s'effondrer à tout moment.
Ce ne sont là que quelques aspects des dures réalités que vivent en France, des milliers d'Africains appelés des "réfugiés économiques".
Sur la terre de "nos ancêtres, les Gaulois", ils ont rangé dans un coin du placard leur orgueil et leur dignité pour se vêtir du boubou de la résignation et de l'humiliation.

Malick Camara maliweb.net

 

La vie est un luxe rien ne vaut la vie. Arrêtez de trop miser sur vos enfants, les pesanteurs sopciales les envoient au suicide. Les Etats doivent jouer leurs rôles, former, éducquer, instruire et donner du travail. Pape CISSOKO

Les migrants victimes d'un vaste trafic d'organes en Égypte -Par Sophie Anmuth avec Vinciane Jacquet (photos), l'express

AFP PHOTO / ROBERTO SCHMIDT

Un rein, un bout de foie... Au Caire, un trafic lucratif s'est mis en place. Les réfugiés qui tentent de rejoindre l'Europe en sont les principales victimes.
Enquête. Dans les bas-fonds du Caire, les réfugiés qui rêvent de rejoindre l'Europe sont ciblés par les traficants. Les autorités n'arrivent pas à endiguer leur juteux marché.


Dans un appartement modeste de la grande périphérie du Caire, où il vit désormais, Wahib* rechigne à évoquer son histoire. Pour lui, le cauchemar a commencé il y a sept ans. Originaire du Soudan, il est alors fonctionnaire au ministère des Investissements, à Khartoum, la capitale. A son bureau, jour après jour, il découvre de multiples affaires de corruption. Devenu un témoin gênant, il est jeté en prison, où une connaissance lui propose un marché: Wahib sera muni de faux papiers et envoyé en Egypte s'il accepte de faire sortir trois femmes du pays avec lui, en avion. Il lui suffira de prétendre qu'elles sont ses épouses.


Vol d'organes pendant des opérations médicales


"Je n'avais pas le choix", explique Wahib. Il accepte et, quelques semaines plus tard, le voici au Caire. Libre, mais sans papiers. A peine arrivé, rongé par l'angoisse et pris de panique, il se plaint de maux de ventre et supplie son passeur de le transporter à l'hôpital: "D'examen en examen, j'ai reçu des explications auxquelles je n'ai rien compris. Ils ont fini par m'opérer." Quelques jours plus tard, il est abandonné dans un appartement miteux, d'où il est expulsé peu après.

Dans un bidonville du Caire, cette ville tentaculaire qu'il découvre, un compatriote lui apprend l'impensable :

"Tout le monde dans le quartier, sauf moi, savait ce qui s'était produit pendant l'opération... Ils m'avaient prélevé un rein." Des radiographies confirment la nouvelle.

Wahib, venu du Soudan, affirme s'être fait voler un rein pendant une opération médicale.


Vinciane Jaquet pour L'Express


Le problème est connu : depuis plusieurs années, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Egypte est l'un des Etats le plus touchés au monde par le trafic d'organes, après la Chine, les Philippines et l'Inde. Mais l'enquête de L'Express jette une lumière crue sur cette pratique illégale. Située au carrefour du Maghreb, du Moyen-Orient, du Golfe et de l'Afrique subsaharienne, le pays attire des migrants de toutes ces régions, qui, seuls ou en famille, fuient la guerre ou la misère et rêvent d'une vie meilleure.


Depuis la fermeture de la route des Balkans, l'Egypte, au même titre que la Libye et le Maroc, est aussi devenue un point de départ privilégié vers l'Europe pour les candidats à l'exil. Il compterait 260000 réfugiés et plusieurs millions de migrants, selon le Haut Commissariat aux réfugiés. Nombre d'entre eux sont venus depuis le Soudan, l'Erythrée ou l'Ethiopie, et certains, comme les Ethiopiens et les Erythréens, ne parlent pas, ou peu, l'arabe. A la merci d'une expulsion, mal protégés par la police, victimes du racket, de violences racistes, de vols, et même de viols, beaucoup sont prêts à tout pour traverser la Méditerranée et gagner l'eldorado européen. Pour cela, toutes les idées sont bonnes. Même les plus radicales. Voilà pourquoi des milliers d'entre eux, chaque année, consentiraient à vendre un de leurs organes à des rabatteurs de laboratoires véreux, en quête de donneurs compatibles pour des patients en attente d'une greffe.
2000 dollars pour un rein


C'est le cas de Sameh, un Soudanais âgé de 37 ans, qui a fui la guerre dans le Darfour. Arrivé au Caire en juin 2015, il est accosté par un inconnu dans un café fréquenté par ses compatriotes. "L'homme prétendait travailler avec le Haut Commissariat aux réfugiés, se souvient Sameh. Il m'a proposé 10 000 dollars en échange d'un rein... C'est beaucoup d'argent, j'ai hésité. Puis j'ai dit oui. Mais à l'issue de l'opération, qui s'est plutôt bien passée, je n'ai reçu que 2000 dollars... et l'autorisation de rester dans un appartement pendant un mois de convalescence." Dans les semaines qui suivent, il s'obstine à réclamer le reste de la somme promise, mais un prétendu avocat parvient à le convaincre qu'il sera jeté en prison s'il parle...


D'autres récits affleurent, plus terribles encore. Nombre de "vendeurs" affirment avoir été enlevés et s'être fait voler un rein ou un bout de foie. C'est le cauchemar qu'a vécu Wahib, et celui auquel a échappé de justesse Nazih. Ce réfugié érythréen de 32 ans est parvenu, en 2011, à fuir la dictature d'Asmara avec sa femme et leurs quatre enfants.

Ensemble, ils se réfugient d'abord dans un camp au Soudan, puis s'en remettent à un passeur pour arriver au Caire, censé n'être qu'une étape sur la route vers la Méditerranée. Epuisés, Nazih et les siens abandonnent leur projet et s'établissent au Caire. Quelques mois après leur arrivée, pourtant, Nazih tombe dans un guet-apens tendu par son ancien passeur, un homme brutal, furieux de n'avoir pas récupéré la somme promise pour leur traversée en mer. "J'étais enfermé dans un appartement lorsque j'ai entendu des inconnus discuter du meilleur moyen d'organiser une opération afin de me prélever un rein, raconte Nazif. Ils espéraient toucher une commission. In extremis, je suis parvenu à m'enfuir..."

Il faut des années pour qu'une demande d'asile aboutisse, laissant les réfugiés sans ressources.


Certains réfugiés font même état de meurtres, pour prélever un coeur. Ces récits sont invérifiables, bien sûr, d'autant qu'une nouvelle loi, promulguée le 24 mai dernier par le président Abdel Fattah al-Sissi, a contraint la plupart des ONG étrangères à fermer leurs bureaux sur place.


Les recruteurs de vendeurs d'organes travaillent principalement au Caire, selon les représentants des communautés de migrants interrogés par L'Express. C'est là que se trouve la demande, avec des hôpitaux à la fois performants et peu regardants, qui accueillent de riches malades, souvent originaires du Golfe, prêts à payer le prix fort pour un organe sain. C'est là, aussi, que se trouve la plus grande partie de l'offre - les migrants et réfugiés qui attendent, souvent des années, le résultat de leur demande d'asile ou de relocalisation, mais aussi les Égyptiens les plus pauvres.

Le nord du Sinaï, lui aussi, a longtemps été un haut lieu de passage de la traite d'êtres humains; c'est moins le cas, depuis la fin de 2013, car la zone est devenue un lieu d'affrontements entre les djihadistes et l'armée égyptienne.


D'autres régions sont parfois évoquées comme des lieux de trafic d'organes, en particulier dans la presse anglo-saxonne.

Mais la plupart sont trop isolées et éloignées d'hôpitaux. Restent les routes de passage des migrants, comme le triangle à l'extrême sud-ouest de l'Egypte, dans le secteur montagneux et désertique à la frontière avec le Soudan et la Libye, à proximité du Tchad, ou encore la première étape libyenne sur cette route désertique bien connue, l'oasis de Koufra.


Un marché juteux


Rabatteurs, cliniques, chirurgiens : le marché est juteux.

Première étape, le malade à la recherche d'un nouveau rein verse environ 7000 euros à un hôpital ou à une clinique impliqué dans le trafic, selon Cofs (Coalition for Organ-Failure Solutions), une association spécialisée américano-égyptienne, dont les enquêteurs ont été chassés du Caire.

Dans un deuxième temps, l'établissement médical, qui garde la moitié de la somme, reverse l'autre à un laboratoire : à charge pour celui-ci, qui prélève au passage environ 1000 euros de commission, d'identifier un donneur compatible, grâce à un réseau d'intermédiaires, véritables courtiers spécialisés. Restent alors 2500 euros, que se partagent l'intermédiaire et le malheureux "vendeur" - un montant souvent trop faible pour permettre à ce dernier de vivre dans de bonnes conditions, d'autant qu'une personne porteuse d'un seul rein ne peut exercer un travail physiquement éprouvant. Au fil du temps, dans ce pays où 40 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, un véritable marché s'est développé autour des organes du corps humain.


En principe, selon la loi égyptienne, la vente d'organes est interdite : seul le don à titre gracieux est autorisé. Mais de simples déclarations de bonne foi du demandeur et du donneur d'organe suffisent à établir les papiers demandés par le comité responsable des greffes au sein du ministère de la Santé. Souvent, aussi, quand le cas est trop suspect, l'hôpital ou la clinique "oublie" de le déclarer. "C'est un secret de Polichinelle", assurent les chirurgiens de l'hôpital universitaire de Mansourah, à 120 kilomètres de la capitale, des pionniers dans la transplantation du rein en Egypte, réputés pour leur déontologie impeccable. "La majorité des transplantations effectuées dans le pays utilisent des organes vendus", indiquent plusieurs d'entre eux, sous le couvert de l'anonymat. L'un de ces spécialistes, Mohamed Ghoneim, a fait des apparitions à la télévision égyptienne pour dénoncer l'ampleur du problème.

Des établissements publics seraient impliqués dans le trafic.
Vinciane Jacquet pour L'Express


Pour eux, l'explication est sociale et religieuse. Dans la plupart des pays, des organes sont prélevés sur les patients en état de mort cérébrale, avec l'accord des familles. En Egypte, cependant, la mort cérébrale n'est pas considérée comme une mort effective, et l'immense majorité des familles refuse le moindre prélèvement d'organes. En 2007, les enquêtes de plusieurs organisations égyptiennes et internationales ont entraîné une série d'arrestations et la fermeture de quelques hôpitaux incriminés. Mais ces établissements ont rouvert quelques mois plus tard, selon un représentant de Cofs. Une loi contre la traite d'êtres humains a bien été adoptée en 2010 au Parlement, mais nombre de médecins, selon nos sources, seraient hostiles à la criminalisation des ventes d'organes : si l'acheteur et le vendeur sont d'accord, estiment-ils, la justice ne devrait pas s'en mêler. Interrogés par L'Express, les ministères de l'Intérieur et de la Santé n'ont livré aucun commentaire.


Plusieurs coups de filet ont eu lieu au cours des derniers six mois, et ces opérations auraient permis de démanteler, selon les autorités égyptiennes, des réseaux de trafiquants. Les professeurs d'université et médecins arrêtés clament leur innocence. En attendant, ces jours-ci, au Caire, il est toujours courant de s'en remettre aux bons offices d'un laboratoire pour trouver un rein. Sans s'inquiéter de sa provenance.


https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/


Chute du Prix du Pétrole : Une opportunité à mieux utiliser pour les pays importateurs


À Alger comme à Luanda, en passant par Abuja ou Pointe Noire, elle hante les nuits des dirigeants et inquiète fortement les populations qui, dans la foulée de leurs princes, avaient pris la mauvaise habitude de vivre presque exclusivement de la rente pétrolière, dans une certaine insouciance des lendemains. Elle, c'est la chute vertigineuse du prix du baril du pétrole et les perspectives moroses qui sont annoncées pour ce produit phare. Elle a plongé dans la crise financière de nombreux pays, prélude à une crise économique plus profonde et peut être, des difficultés sociales voire politiques dans certaines contrées. Cependant, conformément au vieil proverbe africain relatif à la mort du cabri de certains, profitant à la succulence de la sauce d'autres, tout le monde ne se lamente pas sur le sort du cours du brut, loin de là ! Les pays importateurs d'hydrocarbures qui suivent les prix de ce produit comme du lait sur le feu, sont grandement soulagés quand le cours du pétrole est clément.
Ces pays ont mis en place des dispositifs de gestion des prix des hydrocarbures utilisant l'ajustement de la fiscalité en fonction du cours pour assurer la stabilité des prix au détail. Ils régulent ainsi les prix à partir des taxes.

Quand les cours sont élevés, l'État réduit la fiscalité, préserve un peu les marges des fournisseurs et agit sur le prix à la pompe. Le même mécanisme fonctionne à la baisse, au bénéfice des taxes. La baisse continue des cours du pétrole a été une véritable aubaine pour leurs finances publiques. Des États n'ont pas répercuté la baisse sur les prix à la pompe, la fiscalité a été maintenue à un certain niveau et les ressources générées ont été significatives pour les trésors publics. Dans le contexte baissier des cours, les perspectives sont donc positives pour ces pays. Il se pose ainsi une question majeure pour eux : que faire de l'opportunité que constitue cette baisse structurelle des cours du pétrole ?

Faut-il simplement engranger des revenus supplémentaires et se contenter de les enregistrer parmi les recettes et couvrir des contre-performances éventuelles sur d'autres segments budgétaires ?

Faut-il les utiliser pour diminuer le déficit budgétaire et préserver quelques marges de manoeuvres pour le futur ? Faut-il faire autre chose ?


Il est indispensable au préalable que les décideurs publics de ces pays se penchent sur la question.

Autant les pays pétroliers, en proie à des difficultés, réfléchissent aux possibilités leur permettant de rebondir, autant les importateurs doivent analyser les opportunités actuelles tout en anticipant des retournements éventuels de conjoncture. Ils doivent considérer cette aubaine comme un facteur non prévu et non maitrisé et y accorder une attention majeure. Celle-ci conditionne l'adoption d'initiatives et de stratégies porteuses pour l'avenir à partager avec les populations. Dans cette optique, ils doivent mobiliser leurs outils d'anticipation et de suivi du marché et des grandes évolutions le concernant.


La première des postures à prendre rapidement est de veiller à ce que l'embellie sur le front de la fiscalité pétrolière ne masque pas les résultats insuffisants en matière de collecte des ressources intérieures, véritable talon d'Achille des pays africains (pression fiscale encore inférieure à 20% du PIB). Il faut que les autres recettes soient gérées avec un grand souci de performances et continuer à mettre la pression à ce niveau, avec pour objectif d'améliorer les ressources fiscales internes. Les reformes des administrations fiscales, la lutte contre la corruption, la modernisation et la simplification des procédures fiscales, l'amélioration des relations avec les contribuables, la mise en valeur de certains « gisements » fiscaux constituent des pistes qu'il faut continuer d'arpenter afin de réaliser les objectifs d'amélioration des performances fiscales des États.


La seconde posture est celle de la communication et du partenariat avec la société civile dans la gestion de ces ressources imprévues et non maitrisées. Il est souhaitable que les populations sachent comment fonctionne le dispositif de gestion des prix des hydrocarbures, son impact sur les prix sur le marché, ses effets stabilisateurs de prix.... La communication sera encore plus efficace si les décideurs associent les populations dans l'utilisation des ressources additionnelles dégagées, ce qui facilitera leurs tâches au moment d'adoption de mesures plus difficiles en cas de retournement de la conjoncture.
La posture suivante consistera à considérer ces revenus supplémentaires comme exceptionnels et de ce fait à les affecter vers le financement de dépenses d'investissement ou de dépenses opportunes ou porteuses d'avenir, au lieu de les laisser fondre parmi les recettes courantes destinées à couvrir des dépenses de fonctionnement. Les Gouvernements pourront, en rapport avec les populations, mettre en place un cadre partenarial pour suivre l'évolution de ces ressources, examiner les initiatives à conduire et les suivre. En la matière, plusieurs options s'offrent à elles.


La baisse substantielle du prix des carburants n'est pas à proprement parler une dépense publique mais constitue un manque à gagner dans la mesure où elle se fait au travers d'une baisse de la fiscalité. Le prix du carburant a un impact sur de nombreux autres facteurs économiques comme les transports ou encore l'énergie et donc sur les produits de consommation courante. Sa diminution significative (au moins 5%) donnera du pouvoir d'achat aux populations et pourra servir de levier à une embellie économique liée à la consommation. L'impact économique de cette mesure sera cependant limité. Elle bénéficiera principalement aux consommateurs de produits pétroliers et aux citadins dont l'énergie est en partie fournie par les centrales thermiques. Plus on sera éloigné des villes, moins on percevra nettement la portée de la baisse du prix du carburant.


L'allocation de subventions aux intrants agricoles (engrais, pesticides, semences) ainsi qu'aux matériels agricoles (tracteurs, charrues...), le soutien aux cantines scolaires ou encore la subvention aux frais de scolarité touchent directement les couches défavorisées et la production rurale et donc le plus grand nombre. Une partie des ressources additionnelles issues de la baisse du prix du pétrole peut être allouée à cette activité, soulageant grandement les populations rurales. On pourrait mieux orienter la subvention et l'affecter aux intrants qui ne bénéficient pas directement de la chute des cours (ceux qui ne sont pas dérivés des hydrocarbures) pour en améliorer encore l'impact.


La lutte contre le chômage des jeunes est une urgence continentale. L'entrepreneuriat est considéré comme un des moyens efficaces de promouvoir l'auto-emploi des jeunes et surtout l'innovation, la créativité et donc le développement. Nous devons faire nettement plus pour le soutien à la création d'entreprise par les jeunes, l'appui à leurs projets notamment dans la production (pisciculture, agro-industrie...). Il faut augmenter les budgets alloués à cela et utiliser pour ce faire une partie des ressources additionnelles dégagées par la baisse du prix du pétrole.


L'énergie solaire est une alternative de long terme aux hydrocarbures et dispose en Afrique, notamment dans les parties sahéliennes et sahariennes, d'une source d'approvisionnement inépuisable. Elle est renouvelable et surtout préserve l'environnement et le climat. Les pays africains ont prévu dans le cadre de l'Accord de Paris, des mesures d'adaptation dont la promotion du solaire.

On peut concrétiser cet engagement en investissant une partie des ressources additionnelles au développement du solaire et sa vulgarisation aussi bien dans les campagnes qu'en ville.


On pourrait soutenir la recherche dans ce domaine, promouvoir les innovations, encourager la réalisation de mini centrales, soutenir les entrepreneurs du secteur, faciliter l'accès aux matériels de production... La baisse du prix du pétrole menace le développement de cette industrie, il est donc tout à fait normal que les ressources additionnelles dégagées du fait de cette baisse soutiennent la promotion du secteur solaire.
L'accès aux soins reste problématique pour une bonne partie des Africains en raison de la qualité insuffisante du personnel de santé. Or, le développement humain, crucial pour le progrès socioéconomique de l'Afrique, repose d'abord et avant tout sur le système sanitaire. Le recrutement de personnels qualifiés, le renforcement des capacités du personnel sanitaire, les investissements en infrastructures et en équipements sont des initiatives qui peuvent bénéficier de l'utilisation des ressources additionnelles dégagées par la baisse du prix du pétrole.


Parallèlement aux activités à soutenir par les ressources additionnelles consécutives à la chute du cours de l'or noir, il est indispensable de mettre en place un véritable fonds de soutien aux cours des produits pétroliers qui sera alimenté par une partie de l'excèdent généré et qui sera géré avec la société civile dans le cadre du dispositif partenarial évoqué précédemment. Le fonds complètera la fiscalité flottante au cas où celle-ci menacerait de déséquilibrer les finances publiques en cas de hausse importante et durable des cours. Ce fonds sera régulièrement abondé en période favorable et pourrait même être utilisé pour financer certains investissements prioritaires (production d'énergie, maitrise de l'eau, ...) dont les revenus serviront à le rembourser et à le reconstituer. Il pourrait être utilisé comme fonds souverain, utilisé comme une structure privée essentiellement mue par la rentabilité. Ce dispositif complètera ainsi l'architecture à mettre en place pour permettre aux pays importateurs de mieux bénéficier de l'embellie actuelle des prix du pétrole. Cette architecture mettra définitivement ces pays à l'abri de pressions de la société civile pour mieux redistribuer les dividendes actuels sous forme d'augmentation de salaires, de subventions...Elle leur permettra de s'orienter vers des initiatives porteuses à moyen terme de prospérité économique et cela, dans un cadre de grande stabilité sociale.


Moussa MARA-Ancien Premier Ministre du Mali

Suite à la tuerie de la forêt classée de Boffa-Bayotte, les réactions de condamnation continuent. L’un des dernières vient du Secretariat executif permanent (SEP) de Bennoo Bokk Yaakaar (BBY).

«S’agissant de la tuerie en Casamance, le SEP joint sa voix à celle de toutes les forces vives de la nation pour exprimer son indignation et sa consternation devant la tragédie survenue dans la forêt de Boffa-Bayotte, le samedi 06 janvier 2018, avec l’exécution sauvage de 13 jeunes sans armes. Aux familles des victimes et à toute la nation sénégalaise, le SEP de BBY présente ses condoléances attristées et souhaite prompt rétablissement aux blessés. Il exprime son soutien aux pouvoirs publics dans la traque des assassins afin qu’ils soient sévèrement punis pour leurs actes ignobles.

Par ailleurs, le SEP de BBY encourage le gouvernement à demeurer ferme dans la dynamique de recherche continue d’une paix définitive en Casamance, après les efforts déployés pendant 05 ans et qui ont abouti à l’instauration d’une véritable accalmie dans la région», lit-on dans un communiqué daté d’hier, mardi 10 janvier 2018.

En effet, le samedi 6 janvier 2018, vers 16h30 locales, des populations de la commune de Brofaye, située dans le département de Ziguinchor, dans la partie Sud du Sénégal (855 km de Dakar), ont fait l’objet d’une attaque armée dans la forêt de Boffa-Bayotte. Ce drame, cette barbarie a occasionné la mort de treize (13) personnes (coupeurs de bois) et sept (7) blessés par balles, dont un grièvement. 

 

Dans le cadre de la Concertation avec les associations professionnelles des différentes composantes du secteur financier, le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan a organisé hier, mardi 9 janvier, une rencontre avec l’Association des Professionnels des Banques et Etablissements Financiers (Apbef) du Sénégal. A cette occasion le président de l’Apbef Bocar Sy a révélé que les banques et établissements financiers du Sénégal  portent des engagements de 3331 milliards de francs Cfa en 2016 contre 2954 milliards en 2015.

«Nous portons sur 2016 des engagements de  3331 milliards contre 2954 milliards en 2015». Ces propos sont du président de l’Association professionnelle  des banques et établissements financiers du Sénégal (Afbef). Bocar Sy s’exprimait hier, mardi 9 janvier, lors de la rencontre de concertation entre le ministère de l’économie, des finances et du plan et le secteur bancaire. « Au 31 décembre  2017, nous avons  28 banques et établissements financiers au service de l’économie,  5150 collaborateurs permanents, 412 agences à travers le pays  et 1 millions  592 clients.», a-t-il ajouté.

Malgré ces performances enregistrées, le directeur général de la Bhs trouve que le secteur bancaire peut faire mieux. «Nous pouvons et devons mieux faire, c’est une performance certes encourageante dans un contexte de faible  bancarisation de 18%. Ces chiffres interpellent tous les acteurs du secteur en mesure d’apporter directement  leur contribution pour atteindre une inclusion à hauteur de nos attentes respectives. Cela passera  aussi par la formation et la sensibilisation des populations  sur l’importance des bureaux  d’information,  entre autres », a-t-il fait part.

Relevant  les différentes préoccupations du secteur, M Sy évoque le  niveau élevé des impayés dans la gestion potentielle des ressources, ce qui constitue  pour lui, une grande inquiétude  de la part de leur profession.

« Il nous arrive dans le recouvrement de nos engagements d’être attrait personnellement  en procédure pénale des affaires commerciales. C’est la loi, certes mais cela  peut fragiliser le financement de l’économie », dénonce-t-il.  Tout en déplorant ces comportements de la part de certains débiteurs, il  apprécie les efforts de l’Etat à travers les réformes financières engagées dont la création de tribunal commercial et souhaite leur poursuite.

Présidant la cérémonie d’ouverture de cette rencontre,  le ministre de l‘économie, des finances et du plan Amadou Ba soutient  que l’émergence économique vers laquelle tend le Sénégal, suppose l’existence d’un système  bancaire fort, dynamique, résilient  et inclusif qui accompagne l’activité de création  de richesse au niveau des secteurs prioritaires et stratégiques définis par l’Etat. Selon lui, les performances réalisées  par le secteur bancaire ces dernières années laissent croire que l’objectif poursuivi sera atteint.

Sud

Le rappel à Dieu de Cheikh Sidy El Mokhar a ouvert depuis ce mardi 9 janvier, la  voie à Serigne Mountakha Mbacké. En respect à un dogme bien établi, la communauté mouride a lié un nouveau pacte d’allégéance à l’actuel Khalif de Darou Minam et fils de Serigne Bassirou Ibn Khadimou Rassoul (1895-1966). Mais aussi à  un octagénaire qui a occupé à la fois le rôle de bras droit, d’homme de confiance et d’émissaire sous le magistére des derniers khalifs de Cheikh Ahmadou Bamba.

La grande confrérie mouride a ouvert depuis mardi 9 janvier, un nouveau chapitre dans sa marche avec le rappel à Dieu de Cheikh Sidy El Mokhtar et le nouveau pacte d’allégeance qui le liera désormais à Serigne Mountakha Mbacké ibn Serigne Bassirou Mbacké. Facilement reconnaissable dans les entourages des derniers khalifes, par sa barbe blanche en collier, sa mine souvent joviale et souvent ferme,  la couleur blanche de ses habits, le 8ème Khalif de Cheikh Ahmadou Bamba était un élement incontournable dans la marche de la cité réligieuse. Il se distingua par son humilité et par cette humilité au point de revendiquer, dans ses discours, plus le titre de disciple que celui de guide.

A côté de ses rôles successifs de bras droits, d’homme de  confiance,  qu’il a remplis pendant plusieurs années, l’actuel Khalif des mourides avait assuré en même temps, et pendant  plus de dix ans, les charges de khalif de Darou Miname qui n’est autre que le fief de son père Serigne Mouhamadou  Bachir Mbacké ibn Khadim Rassoul (1895-1966). Serigne Bassirou, comme on l’appelle, ce fils du fondateur du mouridisme Cheikh Ahmadou Bamba aurait également occupé une place semblable que celui de son fils auprès de Serigne Falilou Mbacké, le deuxième khalif des Mourides. Le père de Serigne Mountakha aurait même pu  prendre la succession en devenant le 3e khalife de Cheikh Ahmadou Bamba s’il n’était pas disparu deux ans avant le rappel de son aîné en 1968.

Il faut souligner que le père de l’actuel Khalife des mouride a été considéré comme le fils qui est resté le plus longtemps aux cotés de Serigne Touba. Mais aussi le biographe  attitré de Serigne Touba pour avoir été l’auteur d’un ouvrage complet  qui porte le nom de «Minanoul-Bakhil-Khadim » (Les Bienfaits de l’Éternel). Un ouvrage qui retrace le plus fidélement la vie du Cheikh depuis sa naissance jusqu’à son exil en 1895.  A l’image de son père,  Serigne Mountakha Mbacké baignera dans cette ambiance empreinte de spiritualité à côté de ses frères dont  feu Hakim Mbaché et Moustapha Bassirou qui a été en son temps le porte-parole de Serigne Abdoul Ahad Mbacké, troisième Khalif.

Serigne Moutakha  ne sortira véritablement de sa retraite qu’après le rappel à  Dieu de son frère ainé Serigne Moustapha Bassirou Mbacké le 30 août 2007. Serigne Saliou lui met au devant de la scène en lui enjoignant d’établir ses quartiers à Diourbel et d’occuper la place qui lui était dévolue. En d’autres termes, de continuer l’oeuvre de son frère Serigne Moustapha Bassirou et revivié  la concession de Cheikh Ahmadou Bamba à Diourbel  et notamment à Keur Gou Mag appelé aussi «Bouqatoul Moubaraka», (résidence de Cheikh Ahmadou Bamba).

Serigne Moutakha s’y attelle et parvient à assurer une présence assidue. C’est lui qui présidera annuellement la traditionnelle lecture du «Fulkou», une séance de récitals du  Saint Coran effectués durant le mois de Ramadan. Mais en même temps  diriger la communuté à travers les événements religieux et autres prières des fêtes de l’Aïd à Diourbel. Sous le magistère d’El Hadji Mouhamadou Lamine Bara (2007-2012), sa place  devient également prépondérance dans la sphère des dignitaires de Touba. Il devient le bras droit  et représentant du khalif dans les inaugurations de mosquées et autres missions. Serigne Sidi Mokhtar Mbacké  ne  déroge pas à cette règle instaurée par ses prédecesseurs en manifestant au khalif de Darou Minam cette même marque de confiance.

Il  fera de Serigne Mountakha son principal relais dans la conduite des affaires de la cité réligieuse tout le long des sept ans et sept mois de son magistére. La dernière illustration est certainement la fermeture récente des cimetières de Touba situés près de la Grande Mosquée et  l’ouverture de ceux dits «Bakhiya».

Dans le cadre des travaux du complexe islamique Cheikh Ahmadou Bamba (Massalikul Jinane), Serigne Mountakha Mbacké a également été désigné comme coordonnateur général des travaux en 2012. Le défunt Serigne Sidy Mokhtar avait sans doute fini de donner un signal à la communauté pour  lui ouvrir la succession à cet octogénaire, troisième petit fils de Cheikh Ahmadou Bamba à conduire les destinées de la communauté mouride.

REACTIONS...

Idrissa Seck et le Rewmi : «Le Sénégal perd un pur artisan de la paix sociale et de la concorde nationale»

«Le Sénégal perd ainsi un homme de Dieu, un pur artisan de la paix sociale et de la concorde nationale.» C’est le président Idrissa Seck et le parti Rewmi qui commentent ainsi le rappel à Dieu du Khalife général des Mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, à travers un communiqué. Le président Idrissa Seck et le parti Rewmi qui «ont appris avec consternation et tristesse» ce décès, «présentent leurs condoléances les plus émues à toute la communauté mouride, au peuple sénégalais et à toute la Oummah islamique. Que le Tout-Puissant l’accueille dans son paradis le plus élevé.»

La LD salue sa dimension spirituelle exceptionnelle et son esprit d’ouverture

Au cours de sa séance hebdomadaire de ce mercredi 10 janvier 2018, le Secrétariat Permanent (SEP) de la Ligue Démocratique (LD) a salué la dimension spirituelle exceptionnelle et l’esprit d’ouverture envers les autres confréries de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, le Khalife général des Mourides décédé le mardi 09 janvier 2018, indique un communiqué signé Moussa Sarr,  Secrétaire national chargé de la communication, Porte-parole du parti. Le SEP de la LD qui «a appris avec consternation et tristesse» le rappel à Dieu du guide religieux, s’incline, en cette  circonstance douloureuse, le «devant la mémoire du défunt Khalife et présente les condoléances les plus attristées des militantes et des militants de la Ligue Démocratique au nouveau Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha  Mbacké et à l’ensemble de la famille de Khadimoul Rassoul.» D’ailleurs, le Secrétaire général par intérim, Nicolas Ndiaye, a informé le SEP qu’une délégation du Bureau Politique (BP) de la LD se rendra à Touba pour exprimer la compassion du parti à l’ensemble de la communauté mouride, conclut la source.

Le SEP de Bennoo Bokk Yaakaar déplore la perte d’un régulateur social

«C’est avec une grande tristesse que la nation a appris le rappel à Dieu du Khalife général des Mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, le 09 janvier 2018. Pour tout ce qu’il a représenté, en tant que guide religieux, soufi réputé, régulateur social et bâtisseur infatigable, sa disparition constitue une perte immense pour le pays. Le SEP de BBY présente ses condoléances à la communauté Mouride, à la Oumah islamique et à toute la nation sénégalaise et prie pour que le Miséricordieux l’accueille en son paradis céleste.»                

SudOnline

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) serait-il en train de reconsidérer sa posture vis-à-vis du dialogue politique national initié par le pouvoir en place ?  On n’est pas loin de le penser avec la dernière sortie du porte-parole du parti Babacar Gaye qui, se prononçant au micro de Rfi sur la tragédie survenue en Casamance, a annoncé que « cette affaire constitue une occasion pour renouer le fil du dialogue » et que le Pds ne s’opposerait à une telle initiative. Même s’il a tenu à préciser : « Non pas ce dialogue autour du simple code électoral, mais un dialogue au plan national »

La tragédie de Bayotte ayant occasionné le meurtre de 13 jeunes ramasseurs de bois en Casamance semble avoir bien fini de cristalliser la classe politique autour des intérêts dits supérieurs de la Nation. Trois jours après le drame, les acteurs politiques n’ont toujours pas fini d’interpeller le pouvoir en place pour que justice soit rendue aux fils de Casamance assassinés par les fossoyeurs de la paix dans cette partie sud du pays. Pour le Pds (premier pays d’opposition), l’occasion est par contre à saisir pour renouer le fil du dialogue avec le pouvoir en place.

Se prononçant sur la tragédie en question devant nos confrères de Radio France internationale (Rfi), le porte-parole du Pds Babacar Gaye a ainsi affirmé : « Il appartient au chef de l’Etat de prendre exemple sur d’autres pays, d’autres présidents qui, en général, font appel de manière solennelle à ce que les Sénégalais se retrouvent autour de sa personne, autour de son statut pour prendre en charge cette question d’ordre national. Et l’affaire qui s’est passée récemment dans l’arrondissement de Niaguis dans le sud du pays, constitue pour moi, une occasion de renouer le fil du dialogue ». Dans la foulée, le porte-parole du Pds précisera tout de même que ce dont il parle, ce n’est « pas ce dialogue autour du simple code électoral, mais un dialogue au plan national pour que les questions d’ordre national soient traitées d’une manière consensuelle ». Toute chose à laquelle les Libéraux ne sont pas opposés. Aussi dira-t-il : « C’est pourquoi au sein du Parti démocratique sénégalais, nous ne ferons rien pour décourager de telles initiatives ».

Les analystes ne manqueront certainement de voir dans cette sortie une sorte de volte-face du Pds pour répondre à l’appel au dialogue politique du Président Macky Sall. Une invite que le Pds de Me Wade avait déclinée pour diverses raisons pour des concertations dites nationales, sous l’égide du ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, mais qui tardaient à prendre véritablement son envol du fait du manque de confiance entre acteurs politiques comme le signalaient récemment le Cosce du Pr Babacar Guèye et le Pacte de Mazide Ndiaye, deux regroupements d’organisations de la société civile.     

Sudonline

Même s’il a mené sa tâche sans répit ni relâche depuis toujours, l’ange de la mort a frappé de plein fouet la communauté musulmane du Sénégal, en arrachant à son affection le Khalife général des Mourides, dans la nuit d’avant-hier, mardi 9 décembre. Ce rappel à Dieu de ce guide religieux n’est qu’une autre perte incommensurable pour le Sénégal.  En effet, rien qu’en 2017, six (06) Khalifes ont été rappelé à Dieu.

Le 15 mars 2017, le Khalife général des Tidianes, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy «Al Maktoum», s’en est allé. Une journée plus tard, la communauté maure du Djoloff de Darou Salam Ndogandou, un patelin dans le département de Linguère, a perdu son Khalife Shérif Cheikh Adramé Aïdara. Quelques semaines après, la grande fâcheuse a refait surface, emportant avec elle, le Khalife général de Pire, Serigne Moustapha Cissé. C’était dans la journée du 24 juin 2017. Sa prière mortuaire fut dirigée par Serigne Cheikh Abdoul Aziz Sy, «Al Amine», devenu khalife des Tidianes après le décès de son grand-frère.

Malheureusement, Al Amine ne restera pas trop longtemps sur le trône.  Le 22 septembre 2017, le successeur de Serigne Cheikh, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, a rejoint ses aïeux. Le 09 novembre 2017, le Khalife de Leona Niassène, Serigne Ibrahima Niass, est parti après une maladie qui l’a éloigné de la scène publique. Auparavant, le 11 août, le Khalife de la famille de Serigne Cheikh Gaïndé Fatma, Serigne Abdou Fatah Mbacké, a été rappelé à Dieu.    

Sudonline

L’Observatoire du football du Centre international d’études du sport (CIES) a rendu public son dernier rapport sur la valeur de transfert des joueurs évoluant dans les cinq grands championnats (Angleterre, Espagne, Italie, France, Allemagne). Si le podium n’est pas très surprenant (Neymar-Messi-Kane), il y a de belles surprises dans le classement mondial, mais aussi africain avec, par exemple, l’étonnante valeur marchande du Nigérian Wilfred Ndidi.

On peut s’appeler Cristiano Ronaldo, avoir gagné cinq Ballons d’or, dont les deux derniers, et n’apparaître qu’à la 49e place, sur 100, du classement sur la valeur de transfert de joueurs évoluant dans les cinq grands championnats. Les critères d’estimation utilisés par l’Observatoire du football (CIES) sont nombreux et concernent surtout l’âge, le poste, la durée de contrat, les performances ou le statut international. Et sur le premier critère, le Portugais de 32 ans ne fait pas le poids avec les premiers du classement.

Le Nigérian Ndidi derrière l’Egyptien Mohamed Salah

Le Brésilien Neymar (PSG) reste donc potentiellement le joueur le plus cher au monde avec une valeur de 213 millions d’euros devant son ancien coéquipier du Barça, l’Argentin Lionel Messi (202 millions), et l’Anglais de Tottenham, Harry Kane (194 millions). Ce trio est suivi par le Français Killian Mbappé dont la valeur a explosé en quelques mois et s’estime aujourd’hui à 192 millions.

Chez les Africains, l’Egyptien Mohamed Salah, récemment élu Joueur africain de l’année, est logiquement devant avec une valeur marchande de 140 millions, qui le place au 12e rang mondial. La surprise est venue du Nigérian Wilfried Ndidi (Leicester), deuxième derrière le joueur de Liverpool, et dont la valeur est estimée à 77 millions. Une belle somme pour ce défenseur central international capable de jouer aussi au poste de milieu défensif.

Trois autres Africains sont ainsi dans le Top 100 de ce classement de l’Observatoire du football : les Sénégalais Sadio Mané (Liverpool, 66 M) et Kalidou Koulibaly (Naples, 62M ), et le Gabonais Pierre-Emerick Aubameyang (64 M).

RFI

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En Tunisie, les manifestations contre la hausse des prix et l'austérité ne faiblissent pas. Ces protestations ont lieu dans tout le pays. Elles visent en particulier la nouvelle loi de finances, qui vient s'ajouter à une inflation de plus de 6% en 2017 et à un taux de chômage qui dépasse les 15%. Et cette nuit, pour la troisième nuit consécutive, les manifestations ont dégénéré en affrontements.

Jets de pierre et cocktails Molotov côté manifestants, gaz lacrymogènes côté forces de l’ordre. Plusieurs manifestations, qui avaient débuté pacifiquement dans l’après-midi ont tourné aux affrontements violents pendant la nuit, notamment à Tebourba, à une trentaine de kilomètres de Tunis. C’est dans cette ville qu’un homme de 43 ans a trouvé la mort lundi lors des manifestations.

Dans la cité Ibn Khaldoun, un quartier de Tunis, des affrontements ont duré une partie de la nuit. Youssef  habite près du centre commercial que des jeunes avaient pris pour cible, avant d’être repoussés par la police : « Hier quand je suis rentré chez moi le soir, j’ai commencé à pleurer à cause des gaz lacrymogènes ». Fatma, elle, ne cache pas ses craintes face à ces regains de violence : « La situation actuelle de notre pays ne supporte pas une deuxième révolution. Cela fait peur. Il y a des risques, car la sécurité est en péril dans notre pays ». Ahmed est resté tard dans la rue pour dire sa colère de voir son niveau de vie fondre d’année en année : « Le niveau de vie en Tunisie, c’est trop cher. C’est une catastrophe. Il y a deux niveaux, les riches et les pauvres. Il n’y a pas de moyenne classe ».

Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 70 policiers avaient blessés lors des heurts. Des pillages de supermarchés ont été signalés, ainsi que l’attaque d’un poste de police à Thala dans le centre du pays. Et, face à cette situation les autorités réagissent très fermement. 565 personnes ont déjà été arrêtées. L’armée a été déployée autour de bâtiments gouvernementaux sensibles dans les grandes villes du pays.

Les protestations ne devraient pas faiblir

Le Premier ministre, Youssef Chahed, a déclaré que la loi serait appliquée fermement contre les casseurs. Les bâtiments publics, les magasins généraux, postes de police sont clairement des cibles de ces manifestants casseurs nocturnes. Il a également accusé des partis de gauche et des réseaux mafieux d'être derrière les violences. Le mouvement Fech Nestannew (Qu'est-ce qu'on attend), un réseau de jeunes activistes à l'origine des manifestations, a pourtant appelé à manifester pacifiquement.

Par ailleurs plusieurs militants ont fait remarquer que les déclarations du gouvernement étaient très semblables aux arguments utilisés à l'époque de la révolution par le régime de Ben Ali pour discréditer les protestataires. Alors, y aura-t-il une nouvelle révolution ? Certains observateurs s'interrogent. La situation économique et sociale, qui était au coeur des revendications en 2011, ne s'est pas améliorée, bien au contraire. Le taux de chômage est aujourd'hui de plus de 15% en Tunisie. L'inflation a atteint 6,4% l'an dernier et la nouvelle loi de Finances est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Pourtant Amin, comme nombre d’habitants, est persuadé que les rassemblements violents sont attisés par des responsables politiques ou économiques : « Il y a des gens qui aimeraient voir un petit peu un petit chaos dans ce pays franchement. Je vous donne juste pour la petite remarque, on a quand même la loi de finances qui est tombée le 30, et le 31 au soir, ça a commencé. Donc cela ne peut pas être aussi spontané que ça, honnêtement ».

Difficile de prédire l'avenir

Mais il est difficile de prédire l'avenir : ce n'est pas la première fois qu'on assiste à de telles flambées de colère. Traditionnellement, le mois de janvier est celui des mouvements sociaux en Tunisie. Et les protestations ne devraient pas faiblir dans les prochains jours :  une importante manifestation est prévue vendredi 12 janvier à Tunis.  Une autre doit avoir lieu dimanche, le 14 janvier, jour du septième anniversaire de la révolution, à l'appel notamment de l'UGTT, la principale centrale syndicale du pays. Chaque année aussi, depuis quatre ans maintenant, la grogne s’amplifie à l’approche de l'anniversaire de la révolution du Jasmin dont nous fêterons la septième édition dimanche prochain.

■ La Tunisie cherche toujours à redynamiser son économie depuis la fin de la révolution de 2011

Après voir ralentit pendant trois ans, l’inflation en Tunisie est repartie à la hausse depuis la fin de l’année 2016. Elle a dépassé les 6% à la fin de l’année dernière contre 5,7% en août. Malgré le marasme économique de ces dernières années, il y a eu des embauches massives dans la fonction publique, sans pour autant régler le problème du chômage, surtout des jeunes, qui a même augmenté.

Les statistiques officielles mettent en évidence « l’approfondissement des inégalités sociales » et la hausse du taux de pauvreté. Confronté à d'importantes difficultés financières, le gouvernement tunisien a dû faire appel au Fonds monétaire international, qui a débloqué 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, en échange d'un programme visant à réduire les déficits. La loi des finances 2018, dont les manifestants réclament la révision, a d’ailleurs été conçue dans cet esprit.

Pour financer une partie des dépenses de fonctionnement, le gouvernement tunisien a recours à la dette publique, qui frôle maintenant 70% du PIB contre 40% en 2010. L’économie du pays est aujourd’hui tirée par le secteur des services. La production industrielle s’est contractée de 6,6% et les industries extractives affichent une croissance inférieure aux niveaux historiques, en raison des mouvements sociaux dans les régions minières.

RFI

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