Une épargne avec un  taux à 6,25% pendant 5 ans de 2019 à 2024.

«Banque de l'habitat du Sénégal (Bhs) table ronde sur l'économie de la Diaspora et mise en place de système de financement comme la Diaspora Bond l'immobilier le foncier notre implantation ici et au Sénégal ». Raymond Sémédo anthropologue, géopoliticien intellectuel franco sénégalais robuste et entrepreneur immobilier.


Nous sommes invités à cette rencontre dans un beau cadre la Villa Massaï dans le 2 ème arrondissement de Paris. Le ton est donné, Raymond avait demandé que les invité soient là à compter de 19 heures pile, horaire difficilement tenu mais à 18h48 j'étais déjà là malgré la distance , ouf paris gagné pour moi.


Les professionnels venus nous présenter le produit phare en direction de la diaspora sont des gens qualifiés et attentifs à nos interrogations. Très à l'écoute et c'est une denrée rare en Afrique. Je voulais ici remercie Mr Kassé de la BHS paris, Mme Khady D Diouf directrice de Everest (Dauphine et USA) et son collègue formé au Canada Cheikh Yakhoub Niang, Mme Marie Odile Séné KANTOUSSAN directrice de de CGF l'une des doyennes et formée en Afrique en Tunisie avec une expertise aiguisée.

Je n'oublie pas celui qui est passé par mon université et ma ville d'adoption Besançon; Ousseynou NDIAYE qui a aussi une expérience canadienne. On notera aussi les interventions hautement qualifiées de K DIALLO DG de CGF Gestion sur l'épargne islamique. Que ne pas dire de M. Ababacar Diaw (Dauphine et Usa ) est expert en Ingénierie Financière qui a dans un discours posé et très pédagogique a su me tenir en haleine et je n'étais pas seul à écouter religieusement la maitrise fine et intelligente de l'économie. De quoi s'agit-il ?
Il s'agit au lieu de garder votre épargne de thésauriser ou de consommer gratuitement de mettre à disposition cette manne financière pour contribuer à la création immobilière.


Comme le dit Mr Kassé, chacun doit pouvoir se dire en étant au Sénégal ou ailleurs qu'il a contribué à façonner le visage de l'immobilier au Sénégal en y injectant son épargne.


L'offre d'achat des parts (15,24 euros soit 10000f cfa) sera lancée à partir du 16 mai 2019 en guichet ou en ligne. Il faut préciser puisque le l'offre concerne les 8 pays de l'UEMOA chacun membre de la diaspora de ces états pourra souscrire et comme c'est au Sénégal la diaspora sénégalaise pourra démontrer par son investissement son ambition et sa capacité à mobiliser 20.000.000.000 CFA voir 30 et le projet sera sur 5 ans. La mise de départ sera fixe et l'épargne générée pourra servir à investir dans d'autres domaines.


Oui, Ce qui est intéressant dans cette opération c'est le niveau de sécurité quand on sait que les tribunaux sénégalais croulent sous les dossiers des litiges fonciers. Dans la diaspora on a vu des couples se briser, des suicides, de situations difficiles voire tragiques. Du coup le soupçon et l'inquiétude méfiante prennent le dessus et polluent.
Digression sur le concept du risque et risque mesuré.


-«La notion de risque implique la combinaison d'un aléa et d'un enjeu : Aléa : événement, phénomène, danger ou probabilité d'un événement qui peut affecter ..


-Le statut du risque se révèle intrinsèquement ambigu, tant au niveau ontologique qu'au niveau épistémologique. L'objectif de cette contribution consiste à le clarifier, à travers une analyse des diverses conceptions du risque véhiculées par la littérature. Plus précisément, l'examen des conceptions réalistes et représentationnelles du risque conduit à privilégier ces dernières. Nous montrons que les différentes conceptions représentationnelles – quantitative et constructiviste – gagnent à être envisagées dans leur complémentarité. Pour en rendre compte, nous proposons l'adoption d'une définition multidimensionnelle du risque fondée sur deux composantes, l'une quantitative, l'autre qualitative. Cette définition du risque est ouverte et contextuelle, capable de prendre en compte la complexité et la spécificité de chaque type de risque dans le contexte où il se développe. L'intérêt d'une telle définition réside dans la réhabilitation des valeurs et des critères qualitatifs dans un cadre d'analyse plus global, qui rend justice au pluralisme social, dont une gestion éthique du risque ne peut plus faire l'économie.

Céline Kermisch https://journals.openedition.org/

Oui cette opération semble au vue des informations, de la conformité des standards, Doubaï, Paris, Usa, et autres sans oublier les qualités remarquables de la BHS une des meilleures banques fiables du Sénégal. Il est vrai qu'étant étudiant j'avais un petit compte à la BHS ouvert par un chef de quartier et jusqu'à ce jour il est impossible de savoir où en est mon dossier et voici plus de 30 ans. Je n'incrimine pas la BHS mais elle aurait pu trouver trace de mes versements et me donner une information précise.


A Ndiass j'avais aussi un terrain que j'ai perdu du fait que mon terrain était placé au mauvais endroit et puisque je n'ai pas répondu à l'appel pour que la communauté me réaffecte un autre terrain j'ai perdu mon bien toujours avec mes épargnes d'étudiants. (on a besoin de parler de ses expériences pour valider une information avec des documents signés et cachet faisant foi).
L'inquiétude et la méfiance vis avis des banques et tout le système économique au Sénégal.

La diaspora veut investir mais a peur et pourtant il faudra le faire et voici une belle expérience à saluer : «Pour répondre à la demande des émigrés, mais aussi et surtout pour leur éviter les mauvaises surprises que confèrent les canaux informels, trois jeunes sénégalais résidant à Paris ont décidé d'unir leur savoir-faire pour organiser le premier Salon de l'immobilier du Sénégal dans l'Hexagone. Ils sont déjà au four et au moulin pour cet évènement qui a lieu les 12 et 13 mars à l'Espace Champerret.


Obtenir une maison dans son pays. Voilà un rêve de tout africain de la diaspora, les Sénégalais notamment. Mais, malheureusement, c'est un rêve qui peut très vite virer au cauchemar, une fois qu'on tente de le réaliser. En effet, ils sont nombreux ces Sénégalais à se faire avoir par des intermédiaires véreux, parfois des proches parents ; en se faisant vendre par exemple un terrain déjà vendu à une tierce personne.
Nombreux également sont ceux qui, échaudés par les appréhensions, les « on dit », les agissements de promoteurs véreux et autres scandales dans l'immobilier qui font les choux gras de la presse locale, ne savent par quel canal sûr passer pour obtenir un terrain, une maison...en toute sécurité.


Une première pour le Sénégal en France


Sur la base de ces constats, mais aussi à cause de l'importance de la demande, trois jeunes sénégalais de la diaspora ont alors décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils ont en effet décidé de faire de l'intermédiation en organisant un Salon de l'immobilier à Paris. Le Salon a lieu à l'Espace Champerret, les 12 et 13 mars 2016. Et c'est une première du genre pour le Sénégal en France, assurent les organisateurs, qui se sont inspiré du Maroc et de la Tunisie.
»
Après les exposés la diaspora a pris la parole pour donner ses sentiments et poser des questions sur l'offre.


Ousseynou Seck, Raymond Sémedo, Pape Cissoko, ont bousculé les panélistes en les interrogeant sur des sujets pointus et vrais–la fiabilité, les insécurités, l'épargne et l'islam, les mentalités sénégalaises, la confiance, etc.


A dire vrai on a été conquis et rassuré mais la prudence sera toujours de mise quand on traite avec des sénégalais si brillants soient-ils et c'est à cette jeune génération qualifiée qui devra laver ces inquiétudes cette méfiance vis-à-vis de l'argent de l'économie en somme.


Selon notre ami Raymond toujours pertinent ; et c'est l'occasion de le remercier puisqu'il nous a réuni autour de ce concept alors qu'il n'y est pour rien (on le taxe de VRP de la BHS lors que non) oui quand il faut soutenir un projet plausible notre compatriote fonce sans manquer de poser des écueils pour mieux attirer l'attention ; il faut penser à présent économie. Il dit aussi que nos enfants vivent sur les sols de la diaspora il faudra penser aussi à y investir ce qui n'empêche pas de le faire dans le pays d'origine. Notre ami Oumar Kane courtier en immobilier travaille dans ce sens et il faut lui faire confiance.
Certains pays africains ont adopté des stratégies en matière d'économie et pourquoi pas le Sénégal. On fait tout et n'importe quoi de façon inorganisée et pensée alors que les afro-américains ont compris que la puissance était du côté de l'économie et qu'il fallait s'organiser dans ce sens.


Il faut rappeler que les spécialistes des sciences sociales ont toujours pensé l'économie il est temps d'investir de façon cohérente ce champ pour faire avancer notre pays.
Marx, fourrier, Engels, Keynes, Mill, Hayek, Condorcet, Smith, Napoléoni, Maw Weber, Proudhon, Comte, Richard THALER, Daniel KAHNEMAN, etc, ont pensé et livré leurs conceptions de l'économie et en Afrique on se bat à sectoriser ce champ qui interpelle l''interdisciplinarité. Le PR F OSWALD philosophe a initié au CNAM de Paris la notion de Risque et ouvert la porte des DRH à ces sciences.


Pour revenir à cette appel de l'épargne de la diaspora il faut y aller et ne pas hésiter ce pays nous appartient et nous ne devons pas le laisser aux hommes qui tiennent le pouvoir. Pour réussir il faut cultiver la valeur travail et se mouiller en étant rigoureux sur la gestion du temps, le calcul prudentiel du risque, enlever tous les freins issus de nos mentalités ou comportements. Ce n'est pas parce qu'on a les standards occidentaux qu'on se base sur ceux-ci ; l'environnement peut affecter voire corrompre nos manières de faire et il faut être très vigilants là-dessus.
Pape Bakary Cissoko diaspora Sénégal à paris.


Ps : La Banque de l'Habitat du Sénégal (BHS) est une société anonyme avec conseil d'administration, au capital de 10 milliards de francs CFA. Créée en 1979, elle a démarré ses activités en mars 1980.

Son domaine d'activité principal est le financement de l'immobilier, en accession à la propriété, avec une priorité pour le logement social.
En 37 ans d'existence, la BHS s'ouvre aussi, de plus en plus, aux autres secteurs d'activités pour offrir aux particuliers une gamme complète de produits et services répondant à leurs besoins.
La BHS vient d'initier un processus de démarche RSE pour contribuer à la protection de l'environnement par le Développement Durable.

La Banque de l'Habitat du Sénégal (BHS) vient d'obtenir le visa du Conseil Régional de l'Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREPMF) pour l'émission de sa diaspora bond. Il s'agit d'une toute première sur le marché financier de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Ce procédé permet à la banque leader dans le financement de l'habitat en zone UEMOA de solliciter l'épargne des populations de la diaspora pour la réalisation des projets structurants. De tels placements bien rémunérés et adossés à un programme de logements offrent à cette catégorie un moyen sûr de sécuriser son épargne.
Par cette émission obligataire, la BHS laissera une empreinte indélébile dans l'histoire financière du Continent. En effet, il s'agira du premier «Diaspora bond» émis par une Institution Financière en zone CFA. Pour les observateurs, cette innovation majeure est à mettre à l'actif de la BHS, de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et de l'ensemble du Marché Financier Régional.
De 2010 à 2017, les flux financiers provenant de la Diaspora ont constitué la première source de financement de l'Afrique avec une moyenne de 62,9 milliards de dollars US, devant les Investissements Directs Etrangers – IDE (52,5 milliards USD) et l'Aide Publique au Développement – APD (51,8 milliards USD).
Source: Financial Afrik

 

Vous ne connaissez pas cet homme mais il était un pilier dans la ville, un acteur de la cité, un passeur de témoin, un conseiller.


Manu tenait un café sur les quais à Besançon au centre ville.

C'était le lieu in-branché, cosmopolite et tous ceux qui pensent mixité, ouverture se retrouvait là pour discuter et refaire le monde. Tous ceux qui ont séjourné en Afrique étaient certains de retrouver un africain pour raconter son périple.


Manu et le Diga dou c'était aussi un lieu où tout ancien sénégalais ou nouveau dans la ville venait se ressourcer. Il est certain de retrouver la-bas un sénégalais ancien ou nouvellement arrivé. Et ça fait du bien.

On pourra dire aussi qu'au diga diga doo certains couples ont pris naissance la bas, si les murs pouvaient parler ,,,,,


Autour de lui il y avait une garde rapprochée tout aussi impliquée dans le partage, la transmission et l'écoute des gens j'ai nommé Jeannot et Lamine.
On vient de m'apprendre que Manu est décédé mercredi à Thiès au Sénégal et merci à Dem qui m'en a parlé pour que j'en parle aux amis.


Brigitte Brunner m'a gentiment donné des photos d'archive et je l'en remercie vivement.

Oui, nos amies blancs et blanches nous retrouvaient au diga diga doo pour passer le temps au rythme de la musique sénégalaise ou du jazz ou du blues, le tout face au fleuve le Doubs.

Jeannot, lamine, Ndiaga sall, Doudou, pape Cissoko, bruno correa, Alassane diagne, Marie Christine, Bathe de Belfort, les professeurs Paul Diedhiou et Lamine Ndiaye ( ilest sur laphoto de groupe), Badou Mbaye, Jeannette, Biri Koita, Mademba, Dr Dramé cardiologue à Dakar, Djaraaf Professeur de maths à l'UCAD, Banding Diawara, Pape Dieng, tapha lô, Diallo président de l'AMESB association sénégalaise de Besançon, Ellou Wade, et tous ceux que j'ai oublié.


Merci et toutes nos condoléances à sa famille. Il m'avait bien accueilli et quand je revenais en mission à Besançon j'allais le retrouver ailleurs pour le saluer puisqu'il n'avait plus la gestion de ce lieu.

Il appréciait le geste et me disait merci du coin de l'oeil, la  parole serait de trop et trop pénible pour cet homme généreux et modeste.  

En homme d'élégance toujours affable malgré un air grave qui témoigne de la dureté du travail de nuit ou dans les bars. Manu était professionnel dans son travail et nous sénégalais avions vu cette rigueur et cela nous démontrait que connaître un commerçant ne doit pas incliner à venir consommer sans payer.

Tu paies et s'il a envie de t'offrir un verre il fait. Jeannot et Lamine avaient cette même rigueur et tant mieux.


Je voulais lui rendre ici un hommage et aux noms de tous les bisontins et les sénégalais ayant séjourné dans cette belle ville de Franche Comté, je présente nos condoléances attristées. Dieu est maître et c'est lui qui nous prend nos amis, nos frères, nos parents, quand et où il le décide.

A nous d'accepter cela et de prier pour Manu et lui dire merci pour tout.


Je viens de rencontrer ce soir un ancien de Besançon, Ousseynou Ndiaye de ABCO Bourse qui était avec la BHS pour présenter un grand projet «appel public à l'épargne en direction de la Diaspora » et je lui annonçais ce décès. .


Manu sois en paix et garde ma reconnaissance sans faille.

CISSOKO Bakary Pape, bisontin dans l'âme

 

La solidarité n'a pas de couleur tout comme l'humanisme. ces gestes sint formateurs  pour la jeunesse. P B CISSOKO


Trois élèves du lycée Lapicque d'Épinal mènent une action humanitaire dans le cadre d'un projet pédagogique qui doit leur permettre de décrocher le baccalauréat. Ils comptent sur le soutien de généreux donateurs pour aider des villages sénégalais.

Quand François-Xavier Michel et ses amis Edgar Nordin et Alexis Belloï ont compris qu'ils devaient monter un projet technologique en lien avec une entreprise ou une association dans le cadre de leur baccalauréat ST2S, ils ont vite pensé à l'association « Sourires et couleurs d'Afrique » que préside le premier. « On a monté cette association avec mon père Thierry et ma mère Nathalie, en 2018 afin de venir en aide à des villages de Sénégal » indique François-Xavier qui demeure à Mirecourt avec sa famille.

Laquelle famille a déjà effectué plusieurs voyages au Sénégal. «Ce pays m'attirait» indique le paternel. Qui a donc convaincu femme et enfant, il y a 3 ans, d'aller donner un coup de main. Pour cela, grâce à l'aide d'une vingtaine d'adhérents, ils multiplient les efforts pour réunir des vêtements, des fournitures scolaires, des produits pharmaceutiques mais aussi de l'argent pour acheter de la nourriture, notamment du riz.
Et tout le matériel est acheminé par container, avec l'aide d'une autre association vosgienne, «les enfants du Sénégal» de Contrexéville, jusqu'en Afrique où François-Xavier et ses parents récupèrent le tout avant de le distribuer. « Nous aidons un dispensaire et une école primaire à Nianing et nous amenons à manger et des vêtements dans un village de brousse qui se nomme Niomar » explique le lycéen.

Qui a donc proposé à ses camarades, Edgar et Alexis, de monter un projet pédagogique visant à réunir des fonds mais aussi du matériel qui sera ensuite confié à l'association Sourires et Couleurs d'Afrique. Avec la c

ertitude que tout sera bien acheminé jusqu'aux destinataires puisque c'est François-Xavier lui-même qui s'en chargera. Les trois futurs bacheliers multiplient donc les démarches auprès des commerçants mais aussi de tous ceux pouvant leur donner un coup de main. « On aimerait aussi que les grandes surfaces qui ont des stocks à écouler pensent à nous » lâche le lycéen. Qui a profité d'un récent voyage au Sénégal pour remplir un questionnaire sur les besoins des villages sénégalais où il est passé.

Ce questionnaire sert donc de trame aux démarches des trois amis. Qui espèrent faire d'une pierre deux coups : faire aboutir une action humanitaire et décrocher une bonne note au bac. Possible avec le soutien des Vosgiens non ?

Contacts : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , 0622255033

 

Cri de coeur des usagers.....
Etre piétons à Dakar, un danger de tout instant...


J'ai tenté récemment l'expérience «piétonne» dans les artères du centre-ville de Dakar et aussi dans d'autres situées dans la banlieue.
Ce fut infernal !!! Une gymnastique perpétuelle pour se faufiler entre les voitures, les marchands ambulants, les étalages à même le sol sur les trottoirs, les animaux en pleine ville...Un seul objectif éviter de se faire écraser et survivre dans ce capharnaüm.

J'ai lancé un cri de coeur dans une publication à ce sujet sur les réseaux sociaux. En quelques heures, nombreux sont ceux qui nous ont partagé leur expérience et vécu au quotidien. En voilà quelques verbatims des commentaires des internautes.

« On dirait que la chaussée est faite pour les piétons et le trottoir pour les voitures... n'importe quoi dans ce pays... Tu as parfaitement raison. Notre sécurité est en jeu »
« Franchement tu oses le dire, nous les dakarois, on est très fatigué voir même angoissé par ces phénomènes. Un ami m'a dit il va vendre sa maison et retourner en France car Dakar ne fait plus rêver et n'est ni agréable à vivre à cause de l'encombrement et salubrité »


« Nous sommes obligés de partager la chaussée avec les automobilistes, vu que les trottoirs sont envahis par des voitures stationnées, des marchands ambulants et d'autres occupations anarchiques... »

"Eyyyy wayyyy Cécile khana wa keur massar ngua. Ce qui se passe ici n'existe nulle part ailleurs je le jure. Matin, midi c'est infernal et le soir c'est mortel sans exagérer. La station de Keur Massar et ses alentours est un bordel excuses moi du terme utilisé mais y'a que comme ça que je peux le qualifier. Des étalages de tout genre (poissons, légumes, friperies, bazars pour ne citer que ceux-là). À tout moment de la journée et surtout sur les trottoirs, des voitures, des charrettes des motards qui manquent de justesse de heurter les piétons. Sans parler de la cacophonie des audios et des micros des animateurs qui sont plus fatigants même que les voitures. Keur Massar est le summum des désordres »
« Eh oui, c'est comme si vous avez entendu mon cri de coeur. Nous piétons qui allons au travail en empruntant l'axe Rond Point 6 jusqu'à la route de Rufisque, en passant par le Pont de Hann vers le service de visite technique pour les automobiles sous sommes plus que fatigués. On se faufile entre les voitures. Les automobilistes ne nous laissent même pas passer. Avec les travaux du TER à hauteur de la gendarmerie de Hann c'est la croix et la bannière. Ndeysanne au secours way »

La quasi inexistence de feux tricolores ou de passages piétons exposent les piétons au risque d'accidents quand il leur faut traverser la chaussée ! En effet aux heures de pointe sur certains axes, on assiste à des situations anarchiques quand il n'y a pas un agent de police pour organiser la circulation. Dans cette jungle, règne la loi du plus fort. Les piétons sont les plus lésés et les accidents sont monnaie courante.
« Vous avez vu l'avenue Cheikh Anta Diop devant l'université ? Man fofou mom pour moi c'est le summum ! Un jour on descendait de garde avec une copine on a quitté Fann pour entrer à l'UCAD mais ils ont tellement occupé le trottoir qu'on a dû marcher sur la chaussée et malheureusement un car Ndiaga Ndiaye a heurté ma copine et ces mêmes vendeurs étaient là à nous regarder et à commenter ça s'est passé en 2010, et 9ans après c'est la même scène sur ce lieu rien ne change au contraire »

Je n'ose même pas imaginer l'enfer que vivent les personnes en situation d'handicap (malvoyant, personnes à mobilité réduite...) et qui sont piétons à Dakar ! Cette ville n'est pas faite pour eux. Cette ville n'est pas pensée pour eux. Ils sont les grands oubliés de l'aménagement de Dakar. Une situation d'urgence à améliorer, pour assurer leur sécurité et maximiser leur confort pendant leur « expérience piéton » dans l'agglomération Dakaroise.

En plus de tous ces dangers, nous sommes impactés négativement par la pollution due à la fumée, chargée de micro particules extrêmement dangereuses pour les poumons qui émanent des pots d'échappement des vieilles carcasses de voitures roulant encore dans Dakar. On se demande d'ailleurs comment celles-ci obtiennent l'autorisation de circuler à l'issue de leur contrôle technique. Plus préoccupant encore, certaines roulent de surcroit avec du mauvais carburant.

A titre d'exemple : la zone de Point E, lieu de concentration dense d'activités -bureaux, banques, restaurants, universités, cliniques- offre un spectacle désolant surtout en heure de pointe. Difficile de respirer dans une telle atmosphère et pourtant nous n'avons pas d'autres alternatives ! Sachant que cette pollution a un fort impact sur notre environnement, le problème de santé publique semble être saillant. Il se manifeste déjà avec l'augmentation de certaines pathologies.

Dans une ville comme Dakar où la population ne cesse de croître avec une part grandissante minée par le chômage et la précarité, nombreux sont, ceux qui s'improvisent revendeurs à la sauvette. Ils viennent grandir les rangs des marchands ambulants déjà trop nombreux.

L'émergence n'est pas seulement des beaux bâtiments ou de nouvelles infrastructures modernes. La vie d'une cité s'organise ! Nous avons le devoir et l'obligation d'organiser la nôtre. Un de nos chantiers prioritaires informer, sensibiliser et conscientiser les populations sur les variables de la conscience citoyenne et du civisme. Nous gagnerions à faire de la citoyenneté un moteur de l'émergence, d'où l'urgence de l'instaurer dès le jeune âge et de la fertiliser chez toutes les franges de la population. Avec le boum démographique que connaitrons dans 20 ans,
nous devrons faire face à de nombreux défis et enjeux économiques, sociaux et environnementaux de taille. La pollution de nos villes augmentera considérablement. Il y a urgence à penser les plans d'urbanisation de nos nouveaux pôles urbains dans une vision holistique en y intégrant davantage des concepts de smart city ou sensitive city pour un essor économique concomitant au bien-être des populations.

« Il faut oser le dire : ils ont "villagisé" (excusez-moi du terme) Dakar. C'est tout sauf une ville ! Entre les vaches qui errent jusqu'au centre-ville, les charrettes, les gargotes sur les
trottoirs, les marchands ambulants et ceux qui occupent les trottoirs et espaces publics, les garages mécaniques en plein air à tous les coins, etc... qu'on ne me dise pas que Dakar est une ville. Pas étonnant quand on a 80% de ceux qui y vivent sont analphabètes et n'ont aucune culture de la vie citadine. Hélas, il y'a du travail à faire ».

Nous, piétons à Dakar, exigeons de l'organisation pour nous assurer de la sécurité.
Nous voulons pouvoir marcher dans notre belle ville et dans sa banlieue sans avoir peur de nous faire écraser ou avoir à nous soucier des autres dangers dus à des trottoirs encombrés, des bouches d'égout béates ou des gravas abandonnées anarchiquement sur les trottoirs...

Chères autorités étatiques, chers maires des différentes communes de la région dakaroise, chères autres autorités en situation de faire quelque chose...
Rendez-nous nos trottoirs


Rendez-nous nos feux tricolores
Rendez-nous nos passages piétons


Marcher c'est bon pour la santé, nous voulons préserver la nôtre !!!

Cécile Thiakane
Expert en ODD11
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« A ce rythme, et sans 1 forte mobilisation du peuple, Macky Sall assujettira les sénégalais »


Enivré par le pouvoir, déloyal, et foncièrement autoritaire, Macky SALL ne se fixe plus aucune limite. Avec le recul, les sénégalais doivent sûrement regretter en 2012, d'avoir commis l'erreur historique, de porter à la magistrature suprême, un homme dénué de toute morale politique, et pour qui, « la fin justifie tous les moyens ». La fonction présidentielle exige de la hauteur, un sens des responsabilités et une certaine noblesse : en 7 ans d'exercice du pouvoir, Macky a démontré qu'il n'a ni l'envergure, ni les qualités requises pour présider aux destinées du Sénégal.


Utilisant la police et la gendarmerie comme moyens de répression contre le peuple, déployant systématiquement l'armée sur tous les artères de la capitale (DAKAR), à chaque forfaiture (arrestation d'opposants, vote de lois illégales ou illégitimes par l'assemblée nationale, fraudes électorales, etc....), Macky Sall ne dirige désormais le Sénégal que par la violence et l'usage abusif, voire démesuré des forces publiques. Ayant littéralement fait sauter en éclats le code consensuel de 1992 (socle de la stabilité du pays), il multiplie les coups de boutoir contre la démocratie sénégalaise et s'enferre dans une gestion solitaire du pouvoir, synonyme de toutes les dérives. Le hold up électoral du siècle réalisé en février 2019 grâce à la complicité active du Ministre de l'Intérieur Aly Ngouille N'DIAYE, et l'étonnante passivité de la CENA a prouvé que l'homme est capable de toutes les forfaitures pour se maintenir au pouvoir.

Aucun esprit rationnel (à part les brebis galeuses du camp présidentiel) ne croit à une victoire au 1er tour des présidentielles de 2019, et au taux fantaisiste de 58%. De fait, la Direction Générale des Elections, la Direction de l'Automatisation des Fichiers, et le Conseil Constitutionnel ont été réduits en succursales du pouvoir pour valider un scrutin frauduleux, et « dressés » pour obéir aveuglément à un apprenti dictateur qui rêve de devenir un potentat. Si Macky SALL a été déclaré élu légalement par le Conseil Constitutionnel à l'issue d'une prestation de serment qui ressemble à une pièce de théâtre, l'étrange atmosphère de « deuil national » qui a accompagné cette « pseudo victoire » est le signe d'un désenchantement des sénégalais. Disons-le clairement : le nouveau mandat de Macky SALL est frappé du sceau d'illégitimité (à ce jour, aucun des 4 candidats de l'opposition ne reconnaît Macky SALL comme Président). Le 24 février 2019, c'est la machine à frauder de Macky SALL (et non le candidat Macky SALL) qui a remporté la victoire au 1er tour des élections présidentielles.


Après avoir favorisé le pillage des ressources du pays par son clan, placé son frère Aliou Sall (qui bénéficie d'une immunité), à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations, nommé son beau-frère Mansour Faye, au juteux poste de Ministre du Développement communautaire, de l'Equité sociale et territoriale , perverti la justice, réduite à sa plus simple expression, instrumentalisé de hauts magistrats aux ordres de l'exécutif, fracturé l'unité nationale avec des nominations connotées, neutralisé les corps de contrôles dépouillés de leurs prérogatives, et corrompu les rats (transhumants), Macky SALL, par son funeste projet de suppression du poste de 1er Ministre, compte régner en monarque et transformer les Sénégalais en valets.
Avec le projet de loi scélérat et dévastateur de suppression du poste de 1er Ministre qui bouleverse radicalement l'équilibre institutionnel de notre pays, Macky SALL parachève ses basses œuvres de démantèlement de la démocratie sénégalaise.


22 articles de la Constitution feront l'objet d'une modification (40, 43, 49, 50, 51, 52, 53, 55, 56, 57, 59, 76, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 101, et 103), par la seule volonté d'un homme assoiffé de pouvoir, qui a complétement perdu le Nord. Alors que la modification de l'article 50, entraînera de facto la vassalisation de l'administration au service exclusif de Macky Sall, « l'article 50 précise que le Président dispose de l'administration... », l'article 82 transformera, les députés de la majorité en godillots, autrement dit, de « simples jouets » entre les mains de Macky SALL. Le libellé du nouvel article 82 est on ne peut plus clair : « Si le Président de la République le demande, l'assemblée nationale saisie se prononce sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Président de la République ». C'est le principe essentiel de la séparation des pouvoirs qui est remis en cause, par une immixtion dangereuse du pouvoir Exécutif, dans le domaine législatif.

Le débat agité autour de l'article 103 (choix de la voie référendaire ou voie parlementaire) ne doit pas occulter l'essentiel : la réalité est que le projet de suppression du poste de 1er Ministre initié, voulu et piloté par Macky Sall pour des raisons purement politiciennes, alors qu'il ne figurait nulle part dans son programme lorsqu'il sollicitait les suffrages des sénégalais relève de la tromperie. Toute la gouvernance de Macky Sall depuis 2012 est bâtie sur le mensonge et la déloyauté. Or, le Préambule de la Constitution proclame « la volonté du Sénégal d'être un Etat moderne qui fonctionne selon le jeu loyal et équitable entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique, et un Etat qui reconnaît cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie ».

Lorsqu'on lit attentivement le décret n°2019-762 du 07 avril 2019 fixant la composition du gouvernement, on constate que 27 entités sont rattachées au 1er Ministre (réparties entre le Cabinet et le Secrétariat du Gouvernement), soit des milliers d'agents qui naviguent dans l'attente et l'incertitude totale, du fait de la boulimie du pouvoir et du culte de la personnalité de Macky SALL. L'homme ne recule devant rien pour assouvir ses desseins, avec une propagande savamment distillée : le FAST TRACK, nouvelle trouvaille d'un régime, à court de concepts pour tenter de redonner du sens à son action.


Il ne faut point s'y tromper : le Fast TRACK est une gigantesque arnaque. Lorsque Macky SALL corrompt certains députés au vu et au su de tout le monde, en leur allouant la somme d'un million de F CFA et des billets pour la Mecque, il donne le ton ; pour les 5 ans à venir, le Fast Track sera pour le camp présidentiel « l'art de s'enrichir à une vitesse éclair ».
Macky SALL n'est ni un démocrate, ni un homme de consensus.

Son appel au dialogue n'est ni plus, ni moins que de la tartufferie. Son unique obsession est la conservation du pouvoir. S'il faille violer la loi, instrumentaliser la justice, torpiller les institutions, réprimer les opposants, emprisonner le plus grand nombre, restreindre les libertés individuelles et collectives, assujettir les citoyens et démanteler la démocratie sénégalaise, il le fera. Sans aucun d'état d'âme. Jusqu'à présent, Macky SALL a imposé sa loi, sa volonté et sa force aux sénégalais.
Les citoyens sénégalais accepteront-ils sans sourciller d'être les « sujets » de Macky SALL ? Seul l'avenir nous le dira. Une chose est sûre : le peuple algérien a montré la voie, calmement, pacifiquement, mais avec une ferme détermination de maîtriser son destin.


Seybani SOUGOU – E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Akhmed NIANG, était très proche de plusieurs khalifes ; Sérigne Mansour SY boorom daara et de Sérigne Abdou Aziz SY dit al Amine ; etc ...


La foi au service la bonne conduite des Hommes.


Louga est un vivier spirituel de la foi musulmane et les jeunes s'adonnent à l'étude des textes coraniques avec rigueur, amour et dévotion éclairée.


Akmed Niang de Louga de son vrai nom Abou Madiop NIANG est un jeune érudit de la théologie musulmane. Il anime beaucoup de conférences, il participe à la diffusion de la bonne parole spirituelle. Il est exigeant et dit ce que le texte dit et ne se lance pas dans des interprétations prétentieuses et folles comme on le voit en ce moment.


Plus d'une fois il a animé la commémoration du décès de Mr Amadou SOW auprès de Doudou Kendé MBAYE.


Un jeune homme de foi promis à un bel avenir pour servir la foi et sauvegarder avec ses cousins et frères l'héritage spirituel laissé par feu Sérigne Abdou Karim SARR


De la famille de feu le grand Sérigne Abdou Karim SARR, le discret le modeste mais le très fort, le puissant aimé et respecté de la confrérie tidiane.

Il est attaché à Sérigne Pape SARR (mon ami) qui assure avec brio la tradition théologico–spirituelle de Abdou Karim Sarr mais aussi le jeune Akhmed SARR qu'on voit lors des bourdes sur le 2 STV.

N'oublions pas la soeur parisienne de la famille, Nabou Sarr qui contribue dans sa discrétion au rayonnement de la famille religieuse sans oublier Maka Touré.


Akhmed Niang a grandi dans cette famille érudite et il fait partie de cette jeune génération dont on parle à Louga ce haut lieu de spiritualité.
Ce samedi 27 avril dans son village de TEYDI NIANG à NGOUMBA le Coran, les textes sacrés la spiritualité feront l'objet d'exégèse pour que les fidèles n'oublient pas malgré les turbulences de ce monde en errance.


A Paris oustaz Mbodji Mouhamdaou et Djamil Kane nous parlent souvent quand nous devons pénétrer l'explication des textes les qualités de Akhmed NIANG, ce qui laisse dire que cette journée religieuse sera de haute facture et ceux qui pourront y aller ne le regretteront pas.


Pape Bakary CISSOKO
Philosophe-Conférencier-Formateur Interculturel

 

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin durant son intervention devant le Club français des investisseurs en Afrique (CIAN) , à l'Automobile Club de France (Paris), le 2 avril 2019. Au premier plan, Alexandre Vilgrain, Président du CIAN. Au second plan dans le reflet du miroir : S.E. Flavien Enongoue, Ambassadeur du Gabon ; Étienne Giros, Président délégué du CIAN. © AM/AP.P


Après le premier volet intitulé « Je ne les connais pas tous, [mais] les Chinois sont prévisibles ! », où l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a exposé en quoi la stratégie chinoise était prévisible depuis plusieurs années, nous continuons à vous livrer le verbatim de son allocution devant le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN). Cette fois, c'est la culture chinoise qui est au cœur de son propos.
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Introduction par Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)
au verbatim de Jean-Pierre Raffarin
@AlfredMignot | @PresseAfrica
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« Pour les Chinois, l'Afrique n'est pas un continent d'intérêt occasionnel, mais un élément de la stratégie de puissance. « Faites très attention : on est aussi intelligents que vous, et on travaille plus... », voilà ce que me disait le prédécesseur de Xi Jinping, le président Hu Jintao [2003-2013] à l'occasion de discussions sur l'implantation d'Airbus en Chine.
Et quand ils parlent de la route de la soie, naturellement c'est le continent eurasiatique qu'ils ont présent à l'esprit, mais aussi l'Eurafrique.


Le Yin et le Yang, toujours à la base la pensée chinoise


Quelques éléments très importants de la culture chinoise, qu'il faut avoir en tête, y compris pour considérer la relation de la Chine avec l'Afrique... c'est que la culture chinoise est une culture moderne !
Pour faire court, je dirais que grosso modo nous Occidentaux avons été formés par un « moteur » intellectuel à trois temps – la dialectique thèse, antithèse, synthèse – qui a été celle d'Aristote, de Descartes et de Karl Marx. On construit une démarche rationnelle pour aboutir à une vérité « universelle ».


Les Chinois ont un « moteur » à deux temps, le yin et le yang [les deux énergies opposées et complémentaires qui, selon la philosophie chinoise, sont à l'origine de tous les phénomènes de la vie et du cosmos, ndlr] . Comme moi, mon ami est malicieux. Comme moi, il a le mal en lui, mais le bien aussi. Et moi-même, après cinquante ans de politique, croyez-vous que je ne sois pas malicieux ? croyez-vous que je n'ai pas fait de mauvais coups ? croyez-vous que vous puissiez me faire confiance, comme ça, d'un seul coup ?


Non, le mal est en moi !... Comme il est en vous ! Mais si l'on veut s'entendre, il faut que l'on discute sur nos biens ! Que l'on essaye de connecter nos valeurs, en laissant de côté notre mal.


On n'est pas là dans la recherche du client parfait, du fournisseur idéal, de l'honnête homme, de celui pour lequel on voudra construire une statue, en oubliant qu'à l'intérieur de la statue, il y a le bien, il y a le mal.


C'est très important pour bien mesurer que la pensée chinoise est assez moderne. Et si vous lisez les livres d'Edgar Morin et d'autres parlant de pensée complexe, vous verrez que la pensée multimillénaire chinoise a peut-être

Vue d'une partie de la salle durant le propos liminaire d'Étienne Giros, Président délégué du CIAN. © AM/AP.P
Gagner sans avoir à livrer bataille


Deuxième élément de culture : comment les Chinois avancent-ils ?


Les Chinois ne sont pas belliqueux. Durant toute leur histoire, ils n'ont jamais fait la guerre à l'extérieur de leur pays. Ils ont fait la guerre chez eux pour se défendre. Ils ont découvert l'Afrique avant nous (lire l'évocation de l'amiral Zheng He, dans notre article « Je ne les connais pas tous, [mais] les Chinois sont prévisibles ! ») mais n'ont construit aucun colonialisme ni impérialisme.


Quant à nous, si nous avons fait des bêtises en Chine, c'est à cause des Anglais... je n'oublie jamais de le répéter. Il y a toujours un Anglais derrière nos bêtises... Si vous êtes passionnés par ce sujet, lisez les livres de François Jullien, un philosophe helléniste et sinologue, qui a recherché les valeurs de la civilisation grecque dans la pensée chinoise.
Il a écrit [notamment] un petit livre intitulé « Conférence sur l'efficacité » où il traite de la mentalité chinoise, chez PUF [Collection Libelles, 2005]... [et met en exergue la différence entre efficacité occidentale et efficience chinoise, ndlr].
Il explique bien la mécanique intellectuelle chinoise.

L'idée, c'est grosso modo celle du potentiel des situations, c'est-à-dire le rapport de force complètement assumé : le bon général chinois, c'est celui qui gagne la guerre sans avoir à livrer bataille !


Les Chinois ne sont pas des belliqueux, mais sachons que tant que l'on ne les arrêtera pas, ils continueront d'avancer ! Si l'on ne manifeste pas de la force à un moment ou un autre, il n'y aura pas de recul, mais toujours des avancées.


80 000 bourses de la Chine aux étudiants africains


C'est la question fondamentale, y compris au regard de l'Afrique. On est vraiment dans cette situation, on les voit progresser : ils importent 75 milliards d'euros, mais en exportent 95 ; on les voit avancer sur les investissements, et avoir multiplié par six, en trois ans, leur croissance sur place. On perçoit ainsi leur capacité très forte à se développer, y compris d'ailleurs en profitant parfois de nos efforts de [contribution au] désendettement [des pays africains] pour prendre notre place... et endetter à nouveau les pays.


On voit bien qu'il y a un certain nombre de difficultés, mais leurs avancées sont puissantes, avec des satisfactions données aux dirigeants africains, comme le dernier sommet Chine-Afrique l'a montré : [par exemple] les objectifs du Président Ouattara de 75 % d'électrification et de 70 % d'eau potable en Côte d'Ivoire seront atteints grâce aux Chinois.


On les voit très investis... Par exemple, face aux 80 000 bourses allouées maintenant par les Chinois aux étudiants africains, voilà que nous augmentons chez nous les droits d'inscription des étudiants étrangers d'une manière drastique. L'ancien Premier ministre que je suis – entendez qu'ici ancien signifie « libre » – a quand même un peu mal aux tripes.

Cela me semble aller contre nos intérêts stratégiques.


Les Chinois avancent, ils continueront d'avancer, ils avanceront tant qu'on ne les arrêtera pas. Il y a deux façons de les arrêter.


http://www.imagesfrancophones.org/ficheGrosPlan.php?no=14481

 

 

 

«Certes Glissant est très brillant avec un travail de concepts audacieux mais qui ne me satisfait pas à cause de la fondation qui n'est pas construite. La notion de tout-monde est un fourre-tout qui a séduit le Pr S B DIAGNE mais pas moi. Le «métissage de Glissant » et la création artificielle ne peuvent engendrer chez l'homme qu'inquiétude et désarroi. Les racines sont nourricières. Je continue à le lire pour mieux cerner sa philosophie très dense il faut l'avouer. P B CISSOKO


Le tout premier colloque international mené par le Centre d'études Édouard Glissant sera consacré à l'essai à ce jour le plus lu, le plus traduit et le plus étudié par le monde au sein de l'œuvre conceptuelle d'Édouard Glissant : Le Discours antillais paru au Seuil en 1981. Il s'agira d'un colloque en quatre sessions menées à Paris, Cambridge, Fort-de-France, Pointe à Pitre et Stanford, dessinant un rhizome international de lecture glissantienne.

- ARGUMENTAIRE DU COLLOQUE DE PARIS (25-28 AVRIL 2019) -

C'est à ce mouvement que s'est identifiée cette pensée, tout au long des développements souvent imprévisibles de l'œuvre. Comment comprendre par exemple, au gré de ce mouvement, ce moment de l'« antillanité », au regard de la créolisation portée avec davantage d'intensité au tournant des années quatre-vingt-dix ? C'est l'une des nombreuses questions qu'engagent les nécessaires relectures du Discours antillais, que le colloque s'efforcera de susciter, selon plusieurs axes :

- Méthodes et regard critique : Comment appréhender aujourd'hui l'énonciation même du Discours antillais, de la pratique revendiquée d'une pluridisciplinarité ouverte à celle d'une transversalité active (en particulier le dialogue des sciences humaines avec le champ littéraire) ? Comment envisager aujourd'hui cette démarche qui mêle sociologie, anthropologie, psychologie et discours littéraire ? On envisagera dans cette optique tant les fondements des méthodes croisées dont Édouard Glissant fait usage que leur devenir dans l'œuvre. À la faveur d'une démarche comparatiste, on mettra aussi en lumière les liens du Discours avec le contexte intellectuel de sa publication.

- Antillanité et créolisation : On a souvent insisté sur la notion d'antillanité dans l'essai de 1981. Cependant, comment envisager l'articulation d'une quête identitaire avec le processus de créolisation, nécessairement en devenir et déjouant l'ancrage ? Le Discours antillais marque-t-il de ce point de vue un moment de nature à être dépassé, ou fonde-t-il le contre-modèle initial du tout-monde ? En envisageant le devenir de la pensée glissantienne, on réexaminera la place du Discours.

- L'énoncé d'une poétique, l'intention d'une politique : Le Discours antillais fait émerger une parole hors champ. Il articule une parole-paysage nouée aux enjeux d'une conscience politique nouvelle, que nous entendons aujourd'hui. Il s'agira par nos travaux de rendre vivante cette double présence.

- Le Discours antillais dans l'œuvre : L'essai marque l'un des sommets de la réflexion théorique, chez un écrivain qui toujours a avoué sa prédilection pour le dialogue entre les genres littéraires, et chez qui la jonction entre pensée et création est cruciale. Comment envisager dès lors l'insertion du Discours et de sa matière dans les romans, la poésie et le théâtre ? Comment articuler le contenu idéologique du Discours avec le reste de l'œuvre sans procéder à des complexifications artificielles ?

De manière générale, on se gardera d'envisager Le Discours antillais séparément du reste de l'œuvre d'Édouard Glissant, qu'il s'agisse des développements spéculatifs ultérieurs ou d'une vision du monde au sens large qui n'a cessé de ménager d'intenses et nombreuses ramifications. Il sera question de proposer une relecture de l'essai dans l'assise de l'œuvre laissée par l'écrivain, et d'en interroger la pertinence en regard du monde actuel.

La fortune critique qu'a connu et que connaît encore Le Discours antillais quant à la réception de l'œuvre conceptuelle d'Édouard Glissant doit certainement beaucoup à l'allure exhaustive de l'étude, tout entière placée dans son inspiration comme dans son ambition intellectuelle, sous l'épigraphe de Frantz Fanon : « une tâche colossale que l'inventaire du réel ». Or, c'est aussi cet aspect qui a étonné lors de la publication de l'ouvrage en 1981 au Seuil : il faut croire que cette ambition d'embrasser le réel de la société antillaise a également dérouté quant à la liberté de sa méthode, cette « hardiesse méthodologique » dont se revendique alors celui qui a déjà une œuvre littéraire derrière lui. Ce double effet dit en lui-même une fascination et un étonnement qui n'a pas cessé depuis la publication, dépassant les classifications. Ce paradoxe d'une réception critique dit certainement aussi la difficulté à percevoir correctement la place de l'ouvrage dans la réflexion d'Édouard Glissant, dont on a pu constater ultérieurement qu'elle ne pouvait s'apprécier qu'au gré du paradigme du mouvement.

COMITÉ SCIENTIFIQUE ET ORGANISATEUR (par ordre alphabétique) :


Exposition, durant le colloque de Paris : « Le Discours antillais d'Édouard Glissant : traces et paysages » Paris, FMSH, du 23 avril au 7 mai. Exposition conçue par Ruedi Baur. Une réinterprétation typographique du Discours antillais d'Édouard Glissant.


VERNISSAGE DE L'EXPOSITION : jeudi 25 avril, 18h 


Loïc Céry (Institut du Tout-Monde)
Première session : Paris, FMSH, Maison de l'Amérique latine, du 25 au 28 avril 2019
Laura Carvigan-Cassin (Université des Antilles, pôle Guadeloupe)
Jean-Pierre Dozon (vice-président de la FMSH)
François Vitrani (Maison de l'Amérique latine / ITM)

- INSTITUTIONS ORGANISATRICES : Centre international d'études Édouard Glissant de l'Institut du Tout-Monde ; Université de Cambridge (Magdalene College) ; Université des Antilles, pôles Martinique et Guadeloupe.

- INSTITUTIONS PARTENAIRES : Fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH) ; Maison de l'Amérique latine ; Université Paris III Sorbonne Nouvelle ; Institut national d'histoire de l'art (INHA).
Troisième session : Université des Antilles (Martinique, Guadeloupe), 5-6 novembre 2019

Deuxième session : Université de Cambridge (Magdalene College), 15 juin 2019

Jean-Pierre Sainton (Université des Antilles, pôle Martinique)

Corinne Mencé-Caster (Université Paris-Sorbonne)

Raphaël Lauro (Vassar-Wesleyan Program in Paris)

Sylvie Glissant (Institut du Tout-Monde)
Hugues Azérad (Université de Cambridge, Magdalene College)
Dominique Aurélia (Université des Antilles, pôle Martinique)
FMSH et Maison de l'Amérique latine, Paris du 25 au 28 avril 2019
Université de Cambridge (Magdalene College), Royaume-Uni 15 juin 2019
Université des Antilles (Martinique, Guadeloupe) 5-6 novembre 2019

Paris - Cambridge - Fort-de-France - Pointe-à-Pitre
d'avril à novembre 2019


COLLOQUE INTERNATIONAL en trois sessions organisé par le Centre international d'études Édouard Glissant de l'Institut du Tout-Monde,
l'Université de Cambridge (Magdalene College), Royaume-Uni,
l'Université des Antilles (Martinique, Guadeloupe).
Avec la FMSH et la Maison de l'Amérique latine.
DIFFUSION DE L'ŒUVRE ET DE LA PENSÉE D'ÉDOUARD GLISSANT RECHERCHE GLISSANTIENNE
CENTRE INTERNATIONAL D'ÉTUDES
Édouard Glissant
ÉDOUARD GLISSANT et Le Discours
antillais : la source et le delta

PREMIER COLLOQUE DU CENTRE INTERNATIONAL D'ÉTUDES ÉDOUARD GLISSANT

Exposition | Du 25 avril au 7 mai 2019


Du 25 avril au 7 mai, la FMSH accueille l'exposition Traces et paysages conçue par Ruedi Baur. Cette expostion propose une réinterprétation typographique de l'essai d'Edouard Glissant, Le Discours Antillais.
En parrallèle de cette exposition, le Centre international d'études Édouard Glissant de l'Institut du Tout-Monde organise un colloque international, Édouard Glissant et Le Discours antillais : la source et le delta, du jeudi 25 avril au dimanche 28 avril.


La fortune critique qu'a connu et que connaît encore Le Discours antillais quant à la réception de l'œuvre conceptuelle d'Édouard Glissant doit certainement beaucoup à l'allure exhaustive de l'étude. Or, c'est aussi cet aspect qui a étonné lors de la publication de l'ouvrage en 1981 au Seuil : il faut croire que cette ambition d'embrasser le réel de la société antillaise a également dérouté quant à la liberté de sa méthode, cette "hardiesse méthodologique" dont se revendique alors celui qui a déjà une œuvre littéraire derrière lui. Ce double effet dit en lui-même une fascination et un étonnement qui n'a pas cessé depuis la publication, dépassant les classifications. Ce paradoxe d'une réception critique dit certainement aussi la difficulté à percevoir correctement la place de l'ouvrage dans la réflexion d'Édouard Glissant, dont on a pu constater ultérieurement qu'elle ne pouvait s'apprécier qu'au gré du paradigme du mouvement.

PROGRAMME


JEUDI 25 AVRIL – Fondation Maison des Sciences de l'Homme (54 Bld. Raspail, 75007 Paris)


MATIN


- 10h : Ouverture officielle du colloque
▪ Mot de bienvenue de Jean-Pierre Dozon, vice-président de la FMSH ▪ Conférence inaugurale par Jacques Coursil, linguiste, musicien, prix Édouard Glissant 2017 ▪ Introduction au colloque par Sylvie Glissant, directrice de l'Institut du Tout-Monde ▪ Introduction aux séances de travail par Loïc Céry (ITM, CIEEG) : « Émergences et postérités du Discours antillais : le multiple et le singulier »
- 11h30-12h30 : Le Divers et la pensée du monde (1). Président de séance : Jacques Coursil
▪ Buata Malela (Université de Mayotte), « Le Discours antillais et le questionnement de la responsabilité face à l'Autre » ▪ Serge Domi (Université des Antilles), «Le D iscours antillais , ouvè chimen lorizon, une introduction féconde de la dimension archipel dans la pensée du monde »


APRÈS-MIDI


- 14h-14h45 : Le Divers et la pensée du monde (2)
▪ Ana Kiffer (Université catholique de Rio de Janeiro), « Liaisons-déliaisons, notes autour d'une lecture politique de la Poétique de la Relation au Brésil d'aujourd'hui » ▪ Serge Palin (anthropologue, écrivain), « Le Di scours antillais : le regard de l'autre »
- 15h-16h30 : Littérature et énonciation. Présidente de séance : Sylvie Glissant
▪ Elena Pessini (Université de Parme), « Tracées littéraires dans Le Discours antillais » ▪ Axel Arthéron (Université des Antilles), « Approche d'une pensée et d'une pratique du théâtre chez Édouard Glissant :
Le Discours antillais » ▪ Raphaël Lauro (Vassar-Wesleyan Program in Paris), « Sur la méthode du Discours » ▪ Loïc Céry (ITM, CIEEG) : « Le Discours et son double : narrativité et représentation dans La Case du commandeur »
- 16h45-18h : Contributions du CERC (Centre d'études et de recherches comparatistes), Paris III Sorbonne-Nouvelle, sous la direction de Tiphaine Samoyault

▪ Tumba Shango-Lokoho, « Le Discours antillais et l'Afrique » ▪ Tiphaine Samoyault / Ludivine Bouton-Kelly, « Le Discours antillais et la traduction » ▪ Table ronde des doctorants : Penser et dire le monde dans Le Discours antillais
-18h : Vernissage de l'exposition « Le Discours antillais d'Édouard Glissant : traces et paysages»


VENDREDI 26 AVRIL – Fondation Maison des Sciences de l'Homme (54 Bld. Raspail, 75007 Paris)


MATIN


- 9h-12h : Langue, langage, transmission. Président de séance : Elena Pessini
▪ Olivier Douville (Université Paris-Diderot), « Le délire verbal : un dé-parler vrai » ▪ Bernadette Desorbay (Université Humboldt de Berlin), « La parabase dans l'œuvre d'Édouard Glissant : le discours et son trouble » ▪ Christian Uwe (Université du Minnesota), « Sur deux poétiques : le Même et le Divers » ▪ Beate Thill (Traductrice d'Édouard Glissant, Allemagne), « Le créole en allemand. La traduction du Discours antillais et la réception de l´œuvre d´Edouard Glissant en Allemagne » ▪ Aminesh Rai (Alliance française de Pondichéry), « Le discours pondichérien » ▪ Takayuki Nakamura (Waseda University, Tokyo), « La traduction d'Édouard Glissant en japonais et la réception du Discours antillais au Japon »


APRÈS-MIDI


- 14h-16h : Perspectives philosophiques. Président de séance : Axel Arthéron
▪ Niklas Plaetzer (Sciences Po, Paris), « La tradition du discontinu : Édouard Glissant contre la philosophie de l'Histoire » ▪ Jean-Pol Madou (Université de Savoie), « Édouard Glissant lecteur de Deleuze, Heidegger et Derrida. La question de la trace et de la différence. » ▪ Lynda Nawel-Tebbani (Université de Lorraine), « Le Discours antillais et l'héritage phénoménologique : Édouard Glissant lecteur et commentateur d'Husserl » ▪ Javier Burdman (Université Goethe de Francfort), « Communication in the Archipelago : Glissant and Lyotard »
- 16h30-17h30 : Les archives Édouard Glissant à la Bibliothèque nationale de France, Trésor national – Présentation par Laurence Le Bras, Conservatrice au département des manuscrits de la BnF et Guillaume Delaunay, Chargé de collections au service des manuscrits modernes et contemporains à la BnF.
- 17h30-18h30 : TABLE RONDE – Les diffractions du Discours : pluridisciplinarités et visions du réel
***
SAMEDI 27 AVRIL – Maison de l'Amérique latine (217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris)


MATIN


- 9h : Mot de bienvenue de François Vitrani, directeur de la Maison de l'Amérique latine et président de l'Institut du Tout-Monde.
- 9h15-12h : Antillanité, créolisation, pensée de la Caraïbe. Président de séance : Loïc Céry
▪ Corinne Mencé-Caster (Sorbonne Université), « Le Discours antillais comme matrice d'un lexique de la "proto-créolisation" ? » ▪ Juliette Éloi-Blézès (Académie de Martinique), « L'IME, l'atelier du Discours antillais » ▪ Caroline Soukaï (Sorbonne Université), « Le Discours antillais : pour une exégèse fondatrice des littératures antillaises » ▪ Ewa Grotowska-Delin (Univ. des Antilles), « Le Discours antillais et ses multiples ramifications » ▪ Yves Chemla (IUT Paris), « Lecture de Gouverneur de la rosée de Jacques Roumain à l'aune du D iscours antillais d'Édouard Glissant » ▪ Dominique Aurélia / Laura Carvigan-Cassin (Université des Antilles), Présentation de la session antillaise du colloque, 5-6 novembre 2019.


APRÈS-MIDI


- 14h-16h : Discours poétiques, visions politiques et culturelles. Prés. de séance : Corinne Mencé-Caster
▪ Sam Coombes (Université d'Édimbourg), « Opacité et ouverture : Le Discours antillais et les multiplicités du monde »
▪ Zahia Rahmani (INHA, Institut national d'histoire de l'art), « Désarrimer l'identité : Reflet de la pensée archipélique sur le désert » ▪ Gilles Verpraet (Université Paris Nanterre), « Le Discours antillais et la subjectivation culturelle » ▪ Pierre Carpentier (Organisation guyanaise des droits humains), « Le Discours antillais , manifeste anticolonialiste et poétique de la nation Martinique. Un rapprochement guyanais. »


- 16h30-18h : TABLE RONDE – Édouard Glissant, engagements et présences du Discours antillais


***
DIMANCHE 28 AVRIL – Maison de l'Amérique latine (217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris)


MATIN


- 10h-12h : Focales esthétiques. Présidente de séance : Tiphaine Samoyault
▪ Jacques Leenhardt (EHESS), « Le Discours antillais ou la méthode de l'art » ▪ Sylvie Glissant (ITM), « Les esquisses d'un discours » ▪ Federica Matta, « Les Voyages des Imaginaires »


APRÈS-MIDI


- 14h-17h : Regards sur Le Discours antillais


▪ Patrick Chamoiseau ▪ Manthia Diawara (Université de New York) ▪ Mireille Delmas-Marty (Académie des Sciences morales et politiques), « Le Discours antillais , un récit d'anticipation sur les mondes possibles » ▪ Jacques Coursil
9 ▪ Edwy Plenel (Mediapart) ▪ Marie-José Mondzain (CNRS) ▪ Anne Querrien (Revue Chimères )

- 17h-17h30 : Conclusions du colloque / Présentation de la session de Cambridge (15 juin 2019), par Sylvie Glissant, Loïc Céry (ITM) et Hugues Azérad (Université de Cambridge, Magdalene College)
- 18h-19h : Lectures poétiques par Jacques Coursil
Inauguration le jeudi 25 avril à 18h


Du jeudi 25 avril au mardi 7 mai


Entrée libre du lundi au vendredi de 8h à 20h
Grand hall
FMSH | 54, boulevard Raspail, Paris 6


XAVIER MOLÉNAT15/04/2019

« Un contrôle d'identité fondé sur des caractéristiques physiques associées à une origine réelle ou supposée, sans aucune justification objective préalable, est discriminatoire. » C'est en des termes on ne peut plus clairs que la Cour de Cassation avait, en 2016, condamné de façon inédite l'Etat pour « faute lourde » suite à la plainte de 13 individus estimant avoir subi des contrôles d'identité abusifs.


Une décision qui, visiblement, n'a pas mis fin aux mauvaises pratiques policières, si l'on en croit une décision du Défenseur des Droits, datée du 2 avril, concernant des directives de contrôles d'identité émises par les commissariats du quatrième et sixième arrondissements de Paris, et dont le Journal du Dimanche a publié des extraits. « Des ordres et consignes discriminatoires enjoignant de procéder à des contrôles d'identité de 'bandes de Noirs et Nord-Africains' et des évictions systématiques de "SDF et de Roms" ont été diffusés » dénonce notamment Jacques Toubon. Ces directives, dont l'existence remonterait à l'année 2012, repose selon le Défenseur des droits, sur « un profilage de personnes sur des critères exclusivement liés à ce qu'elles sont : leur apparence physique, leur origine, leur appartenance vraie ou supposée à une ethnie ou une race ou leur particulière vulnérabilité économique, profilage racial et social contraire aux normes prohibant les discriminations et à l'obligation déontologique d'impartialité et de non-discrimination qui s'impose au fonctionnaire de police ».


Des preuves qui s'accumulent


De plus en plus sévèrement condamné, le caractère discriminatoire de contrôles d'identité est désormais solidement établi par une litanie d'études scientifiques. L'une des dernières en date avait été commandée par le Défenseur des droits lui-même en 2017 : ce sondage auprès de 5000 personnes, représentatif de la population française, montrait que la moitié des hommes qui disent être perçus comme « Arabes » ou « Noirs » déclarent avoir subi au moins un contrôle d'identité, alors que 82,6 % de ceux perçus comme « Blancs » n'ont jamais été contrôlés.
Les minorités beaucoup plus souvent contrôlée


Au cours des cinq dernières années, combien de fois avez-vous eu personnellement un contrôle d'identité par la police ou la gendarmerie ? Réponse en 
Source : Défenseur des droits

Avant cela, une vaste enquête par observation dans des lieux publics parisiens, menée en 2009, avait confirmé empiriquement ces soupçons de profilage : les hommes y étaient beaucoup plus souvent contrôlés que les femmes, les jeunes beaucoup plus souvent que les vieux, et les Noirs et les Maghrébins beaucoup plus souvent que les Blancs.
Une autre enquête, dont les résultats ont été publiés il y a quelques mois, confirme ce résultat. A partir des réponses à un questionnaire soumis à près de 2 500 étudiants en Ile-de-France, le sociologue Nicolas Jounin et son équipe montrent qu'un étudiant non-blanc a, toutes choses égales par ailleurs, 1,5 fois plus de chances d'être contrôlé qu'un étudiant blanc (et 4,5 fois plus qu'une femme, blanche ou non-blanche)


L'importance du look

Surtout, cette enquête montre que le look des individus joue un rôle majeur : parmi les étudiants interrogés, les trois quarts de ceux qui portent habituellement une casquette ont déjà été contrôlés, contre seulement 42 % de ceux qui n'en portent pas ! Plus généralement, arborer un ou plusieurs « attributs remarquables » (jogging, capuche, baskets, dreads, bonnet, crête...) augmente significativement non seulement la probabilité d'être contrôlé, mais également la probabilité d'être contrôlé de façon récurrente.


Genre, « race » et look jouent aussi sur les modalités du contrôle : les policiers expliquent deux fois plus souvent (une fois sur deux) les raisons du contrôle aux hommes blancs qu'aux femmes non-blanches (une fois sur quatre). Et l'on a beaucoup plus de chances de subir une palpation de sécurité ou de devoir vider ses poches et sacs lorsqu'on affiche des attributs remarquables. Bref, la clientèle visée par la police semble très stéréotypée, dressant un portrait-type de l'individu suspect extrêmement proche du « jeune de banlieue » – ou, du moins, de l'image que les policiers s'en font.


Des catégories raciales prégnantes


Des enquêtes comparatives récentes soulignent par ailleurs la prégnance d'une interprétation racialisante de la réalité sociale chez les policiers français comme chez leurs confrères des autres pays européens, à travers l'usage de catégories telle que « black », « Moldave » ou « Hassan » (nom générique donné aux Arabes).
François Bonnet et Clotilde Caillaut mettent eux en évidence le fait que les policiers français sont beaucoup plus gênés par rapport à cet usage de catégories ethniques que leurs voisins néerlandais ou italiens, les premiers déniant tout forme de racisme ou discrimination dans l'exercice de leur métier là où les seconds assument assez ouvertement faire des liens entre l'origine des individus et leur comportement délinquant. Reste que, comme le notent les deux chercheurs, cela ne semble guère faire de différences en pratique...
L'inaction de l'Etat


Gêne, déni, des termes qui peuvent également s'appliquer à l'attitude qu'ont eu jusqu'à présent les pouvoirs publics face aux contrôles d'identité. En 2016, à l'occasion de son pourvoi en Cassation, l'agent judiciaire de l'Etat avait justifié certains des contrôles « au faciès » contestés, au motif que les policiers étaient ce jour-là chargés de relever des infractions à la législation sur les étrangers. Et ne voyait donc pas de problèmes au fait que la seule couleur de peau et/ou l'apparence soit perçu comme un indice du fait d'être étranger...


Plusieurs pistes d'action ont déjà été évoquées pour tenter de lutter contre les contrôles abusifs. En 2016, à la veille de la décision de la Cour de Cassation, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH) avait publié un avis soulignant la nécessité de mettre en place un système garantissant que la personne contrôlée puisse garder une « trace » du contrôle qu'elle a subi. Cette traçabilité pourrait passer, selon la CNCDH, par une meilleure visibilité et lisibilité du numéro d'identifiant de l'agent de police, l'enregistrement vidéo du contrôle ou encore, comme cela est proposé depuis longtemps, par la remise à chaque contrôle d'un récépissé recueillant les observations des deux parties (ce qui, de surcroît, permettrait un traitement statistique).


Mais face aux réticences des forces de l'ordre et du monde politique, ce récépissé, serpent de mer des campagnes électorales (il était déjà à l'ordre du jour du candidat Hollande en 2012), tend à être supplanté par les « caméras-piétons ». Promis par Emmanuel Macron en 2017, l'enregistrement vidéo systématique des contrôles d'identité est expérimenté depuis 2016 dans certaines « zones de sécurité prioritaire ». L'an dernier, Gérard Collomb avait annoncé le déploiement de 10 000 de ces caméras auprès des forces de police d'ici fin 2019.
Article publié initialement le 10 novembre 2016 et actualisé le 15 avril 2019

 

« J'ai voulu vous donner un aperçu général de cet homme atypique qui fête ses 70 ans dont 50 de musique au son de la différence : il invite au respect de la différence et assume ce qu'il est... »
Merci à Mariam MAIGA de l'association «les albinos de Hema NAYELE BANFORA-AHB » elle nous apprend que nos différences font la beauté. Si vous voulez les aider n'hésitez pas : « Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. albinayele.org Mairie de Compiègne 60200 Compiègne.

Traduction de Mandjou

Paroles en Anglais
Mandjou

Traduction en Français
Mandjou
Mandjou oh! i kana kasi

Mandjou, ne pleure pas
Alifa Touré dén kana kasi

Fils d'alifa Touré ne pleure pas
Mandjou oh!i kana kasi

Mandjou, ne pleure pas
Aminata Fadiga dén kana kasi

Fils d'Aminata Fadiga, ne pleure pas
Mandjou oh! i kana kasi

Mandjou, ne pleure pas
Minata Cini faa kana kasi

Mari d'Andrée Touré, ne pleure pas
Alatana bali kô tè kasi kuma masé Mandjou

Mandjou, ne pleure pas
Ala Mandjou jo sanu joyé

Père d4anrée Madou, ne pleure pas
Mandjou oh! i kana kasi

Mon espoir est avec toi
Alifa Touré dén kana kasi

Le temps de pleurer n'est pas encore venu, Mandjou
Mandjou oh! i kana kasi

Qu'Allah récompense Mandjou avec de l'or
Minata Cini faa kana kasi

Mandjou, ne pleure pas
Alatana bali kô tè kasi kuma masé Mandjou

Fils d'alifa Touré ne pleure pas
Allah Mandjou jo sanu joyé

Mandjou, ne pleure pas
Mandjou, faa tigui bè fako wasola

Père de la petite Aminata Touré, ne pleure pas
Mandjou, famaa allah yo kiyé

Tout le monde croit en toi
Mandjou, dén tigui bè dén ko wasola lolon

Le temps de pleurer n'est pas encore venu, Mandjou
Fama allah yo kigné

Qu'Allah récompense Mandjou avec de l'or
Mandjou tignè tigui yé tignè ko wasola

Mandjou, la paternité est une source de fierté
Mandjou, famaa allah yo kigné

Le Puissant Allah l'a fait pour toi
Mandjou, dén tigui bè dén ko wasola lolon

Mandjou, avoir des enfants est une source de fierté
Fama allah yo kigné

Le Puissant Allah l'a fait pour toi
Mandjou oh! i kana kasi

Mandjou, la vérité est source de fierté
Alifa Touré dén kana kasi

Mandjou, ne pleure pas
Mandjou oh!i kana kasi

Fils d'Alifa Touré, ne pleure pas
Aminata Fadiga dén kana kasi

Père d'Andrée Madou, ne pleure pas
Si fin na sagna magni nfaa kasi kuma masé

La mort d'une jeune personne n'est pas bien mon père
Mandjou, allah Madjou jo sanu jo yé.

Le temps de pleurer n'est pas encore venu Mandjou

Qu'Allah récompense Mandjou avec de l'or.


Hier à Garges salif keita 70 ans a ravi son public, des mères avec enfants (le lendemain jour sans classe mercredi), des européens, des âges différents, des personnes atteintes d'albinisme, etc. Il y avait du beau monde.


Et voici que le grand Salif entre en scène vêtu de noir hausse les épaules, jette un regard dans la salle et se lance tel un lion dans l'arène, les keita sont des djatos, des lions. Il n'était pas destiné à faire de la musique par son rang princier. Mais le talent se moque du rang et la liberté nous indique quelquefois la voie et Salif a suivi et a réussi. Il fait partie avec Manu Dibanango, Mory Kanté, les frères Touré, etc les premiers à faire entendre les voix africaines. Pendant 2 heures Salif n'a cessé de nous faire du bien. Il a entrecoupé ses morceaux d'idées fortes en parlant de la charte du mandé ou la démocratie était à l'ordre du jour et chacun avait sa place dans un ordre qui facilitait la vie bonne et tous ensemble. A la fin Salif reçoit des personnes atteintes d'albinisme et à chacun il laisse un mot d'encouragement et promet de faire ou de passer lors de manifestations. Notre jeune albinos Moussa 1,82 m et Mariam Maiga ont pu le saluer dans sa loge. On a attendu le morceau emblématique Mandjou en l'honneur de Sékou TOURE en vain mais tout était parfait et j'en étais fort bien.

C'est l'occasion de dire merci à ses gens rencontrés lors de ce concert Claver Zyti grand musicien albinos qui sera bien connu les prochains jours ;Moussa, Fatoumata DONZO qui est venue de Clermont et Mélanie de Créteil, et tant d'autres.


« Après une vie de tribulations du fait de sa différence, Salif célèbre enfin ce qu'il est, "Un autre Blanc", et invite le monde à célébrer la Différence avec lui.

Rail-Band du Buffet-Hôtel de la Gare, Ambassadeurs du Motel de Bamako, Ambassadeurs internationaux et dernièrement, Les Nouveaux Ambassadeurs! Autant de formations musicales exceptionnelles qui ont permis à Salif Keïta de gravir les marches raides de la célébrité mondiale et dont les noms évoquent quête, mobilité et voyage. Ils expriment aussi le désir ardent qui a animé très tôt Salif Keïta, le Blanc à l'âme profondément négro-africaine, de s'éloigner d'une société qui lui refusait ses droits d'homme à part entière. Les noms de ces groupes traduisent aussi, comble du paradoxe, la fierté sans compromis de l'artiste, d'appartenir à ce Mali mythique et à son Mandé natal, terres dont il s'est chargé d'illustrer les belles valeurs d'humanisme aux quatre coins du monde.


Mais peut-on vraiment parler du poète Salif Keïta sans emprunter ses propres mots? Ainsi, d'un studio parisien en 1986, il s'écriait:

Sina, O Sina, i den to tò le jamanakè do"/ "Oh, Sina, ton fils se perd sur les sentiers du monde." Mais cinq ans plus plus tard, force était de constater que non seulement l'enfant de Sina le maître-chasseur et de la douce Nassira Keita ne s'était pas égaré, mais qu'il rassurait même son maître de sentier par ces mots: "Eh, Karamoko, taama diyara"/Ô Maitre, mes pérégrinations ont porté fruits."

Un autre blanc


Salif Keita est notre invité du jour, son dernier album Un autre blanc sorti à l'automne dernier continue de prolonger la lutte pour les albinos. Pour ce septuagénaire qu'on appelle "La Voix d'or de l'Afrique" après près de 50 ans de carrière musicale et plusieurs distinctions nationales, il est temps de profiter d'un repos bien mérité. D'origine malienne, le poète est parti très jeune de son village de Djoliba, un des premiers villages reconstruit par l'USAID américaine après l'indépendance du Mali le 20 juin 1960. Depuis il a sillonné le monde en se plaçant, selon ses dires, sur l'arbre le plus haut, celui de la connaissance.
Salif Keita
© RFI Musique


"Voix d'or de l'Afrique", "Caruso africain", les surnoms ne manquent pas pour qualifier la beauté de cette voix unique. Salif Keita est un artiste généreux dont le parcours est marqué par un remarquable mélange des genres musicaux qui séduit les publics du monde entier. Sans jamais perdre de vue ses racines les plus profondes, ce prince mandingue n'a de cesse de construire un pont entre l'Afrique et le reste du monde, mais aussi entre les différentes cultures africaines.


Biographie:


Le 25 août 1949 naît Salifou Keita à Djoliba, au Mali, village au bord du fleuve Niger. Mais dans cette région au cœur de l'Empire mandingue qui réunit plusieurs peuples et langues (Bambara, Malinké, Soninké...), la naissance de ce bébé albinos, noir à la peau blanche, fait scandale. On lui attribue de dangereux pouvoirs, d'autant que sa famille descend en ligne directe du fondateur de l'Empire au XIIIe siècle. Le père de Salif renvoie alors le bébé et sa mère. Mais, les prédictions optimistes d'un chef religieux le font changer d'avis.
Son enfance est solitaire. Sa couleur de peau provoque souvent railleries et rejet de la part des autres enfants. Son père lui-même ne lui adresse pas la parole pendant des années. Il se réfugie dans les études pour lesquelles il excelle. En outre, il est fasciné par la musique et apprend le chant en écoutant les griots, sorte de poètes chanteurs, de conteurs qui récitent les épopées familiales et royales et transmettent ainsi la tradition orale de génération en génération. C'est aussi dans les champs que l'enfant se forge cette voix singulière. Son père, agriculteur, l'y envoie régulièrement, et pour éloigner singes et oiseaux pilleurs de maïs, le jeune Salif passe ses journées à crier et à vociférer.


Salif et Kanté


Le souhait de Salif est de devenir instituteur, mais il est déclaré inapte en raison d'une mauvaise vue due à son albinisme. Il décide alors de devenir musicien. Mais, issu d'une famille de princes, ce choix est très mal vécu par son entourage qui tente de l'en dissuader. En effet, pratiquer la musique et chanter est exclusivement réservé aux griots, caste de musiciens de père en fils. En faisant un tel choix, Salif enfreint des règles ancestrales. Il quitte alors sa famille en 1968 et part vivre seul dans les rues de Bamako, capitale du pays. Il chante ça et là dans les cafés et sur les marchés, et déjà sa voix exceptionnelle, haute et puissante, ne laisse pas indifférent ceux qui l'entendent.


Un saxophoniste, Tidiane Koné, remarque le jeune homme et sa voix singulière. Il lui propose d'intégrer son groupe, le Rail Band de Bamako, qui anime l'hôtel-restaurant de la gare de la ville. Chaque hôtel a alors son propre orchestre pour animer les soirées. Grâce à Salif Keita, celui de la gare obtient un énorme succès. Il en devient le chanteur-vedette et son répertoire est essentiellement constitué d'airs traditionnels, mais interprétés et joués de façon moderne.


En 1973, il quitte le Rail Band pour les Ambassadeurs, un autre orchestre du même type. À son départ, il est remplacé au chant par un jeune guinéen, déjà membre du groupe depuis 1971, Mory Kante. L'orchestre, mené par le guitariste et chanteur Kante Manfila comprend des musiciens nigériens, maliens et sénégalais. Le nouvel hôtel, le Bamako Motel, est fréquenté par un public plus international. Le répertoire s'en ressent et navigue entre chansons africaines, anglo-saxonnes, françaises et afro-cubaines, courant alors très en vogue en Afrique. Les Ambassadeurs tournent dans toute l'Afrique de l'Ouest avec succès. Salif Keita et Kante Manfila s'installent alors à Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire, ville musicalement plus active et techniquement mieux équipée. Le groupe se renomme alors les Ambassadeurs Internationaux.
C'est là qu'en 1978, Salif Keita enregistre avec son groupe l'album, "Mandjou". Le disque est un succès énorme dû en large partie à la chanson du même nom qui devient un must de la musique africaine. Dans ce titre essentiel de son répertoire, Salif Keita rend hommage au peuple mandingue et en particulier au président guinéen d'alors, Sekou Touré, qui l'année précédente, l'avait décoré de l'Ordre national guinéen. On découvre dans ce disque le son typique du chanteur : orgue, guitare et saxophone.


Tam tam pour Montreuil


En décembre 1980, financés par un homme d'affaires malien, Salif Keita et Kante Manfila s'envolent pour les États-Unis où ils restent trois mois et enregistrent deux disques, "Primpin" et "Tounkan". Mais c'est en France que Salif Keita souhaite travailler. Le mélange des cultures et des musiques le passionne et Salif, épris de nouveauté, espère y renouveler son inspiration. En mars 1984, il quitte Abidjan pour retourner à Bamako. Son père vieillit et Salif veut se rapprocher de sa famille. Mais la même année, il participe au festival des musiques métisses d'Angoulême en France. C'est une révélation pour le public européen.
Suite à ce succès, il s'installe à Montreuil en banlieue parisienne, fief de la communauté malienne. Il y vit modestement et discrètement. Avant de trouver un label qui lui convienne, il passe quelques années à animer de nombreuses soirées et fêtes traditionnelles. En 1985, Manu Dibango fait appel à lui pour participer, avec d'autres chanteurs africains, à l'enregistrement d'un titre, "Tam Tam pour l'Afrique", au profit de l'Éthiopie où la famine sévit alors violemment.


Vers 86-87, la scène africaine explose dans la capitale française et un jeune producteur sénégalais, Ibrahima Sylla, donne à Salif Keita les moyens d'enregistrer un album, son premier depuis 1981. C'est "Soro", six titres arrangés par deux français, François Bréant et Jean-Philippe Rykiel. Avec son blues-rock-mandingue chanté en malinké, Salif Keita obtient un fort succès international.
Les tournées reprennent et en juillet 1987, il est au festival des Francofolies à la Rochelle. Puis en octobre, après une tournée à la Réunion, il est invité en Angleterre pour un immense concert organisé à l'occasion du 70e anniversaire de Nelson Mandela. Entouré de stars anglo-saxonnes, mais aussi africaines (Youssou N'Dour, Ray Lema), il devient un des piliers de la "World Music". À la même époque, il signe sur le label Island, dirigé par Chris Blackwell.


1988 : "Ko-Yan"


En février 1988, il donne quelques concerts au Théâtre de la Ville. Il se lance également dans l'écriture de musiques de film dont celle de "Yeelen" du Malien Souleymane Cissé. L'année suivante, il sort son second album en France, "Ko-Yan" ("Quelque chose se passe ici"). Toujours très empreint de tradition mandingue, l'album s'oriente cette fois vers le jazz. Très soucieux des problèmes socio-économiques de ses compatriotes immigrés, il aborde le sujet précisément dans le titre "Nous pas bougé" qui encourage les Africains à ne pas se laisser renvoyer d'Europe et à se battre pour leurs droits. Avec cet album, il part en tournée à travers l'Europe et au Japon, avant l'Afrique et les Caraïbes.
Les tournées continuent en 1990 puis fin juin 1991, sort "Amen", troisième acte français pour le Malien. Pour la direction artistique, il fait appel au jazzman américain, le pianiste Joe Zawinul, et s'entoure en outre d'invités prestigieux dont Wayne Shorter, Carlos Santana et son compatriote Cheikh Tidiane Seck aux claviers. Le titre qui ressort de cet album, qui une nouvelle fois, privilégie le partage des cultures, est sans aucun doute "N'bifé" dont l'amour est le thème principal.


Dès la fin 1991, Salif Keita et ses musiciens repartent pour une longue tournée internationale, ponctuée de deux mois en Afrique de l'Ouest au printemps 1992. Puis, durant l'été, il participe à de nombreux festivals, dont le festival Womad (World of Music Arts and Dance) en Angleterre. Enfin, le 9 novembre, Salif Keita monte pour la première fois sur la scène de l'Olympia, coup d'envoi d'une tournée française, puis allemande.
En 1992, l'artiste malien écrit la musique du film de Patrick Grandperret, "L'Enfant Lion", dans lequel - ironie de la vie - il fait une apparition dans le rôle d'un griot.
En 1994, les plus célèbres de ses premiers titres paraissent dans "69-80", un disque qui résume sa collaboration avec les Ambassadeurs et Kante Manfila. Cette année-là, c'est en Afrique de l'Ouest et en Afrique du Sud que Salif Keita entreprend une tournée.


1995 : "Folon"


C'est un grand retour à la tradition que marque l'enregistrement de "Folon" en 1995. Produit par le Béninois Wally Badarou, l'album est arrangé par le maître d'œuvre de "Soro", Jean-Philippe Rykiel. Grand défenseur du panafricanisme, Keita évoque dans "Africa" la force de son continent. Il rend à nouveau hommage à Nelson Mandela ("Mandela") et dédie son disque aux albinos, pour lesquels il a créé une association en 1990, "SOS Albinos". C'est d'ailleurs sa jeune nièce albinos, Nantenin, que l'on voit sur la pochette de l'album. Mais les influences occidentales ne sont pas absentes et l'album est fortement empreint de blues, dont Salif Keita est très friand, ainsi que de salsa et de zouk.


En décembre, le chanteur est en concert à Bamako. Démarre ensuite une tournée française à partir de mars 96. Tout l'été, il tourne en Europe où de nombreux festivals le réclament. Mais, de plus en plus, Salif Keita retourne chez lui au Mali. Il finit par quitter définitivement la France tout en gardant un pied-à-terre à Montreuil. Son souci est de faire profiter les jeunes générations de son expérience internationale. Il ouvre un studio pour permettre aux musiciens d'enregistrer sur place et de lutter ainsi contre la piraterie musicale, fort répandue en Afrique.


En décembre 1997, il commence à produire de jeunes artistes dans son studio de Bamako, Wanda Production. Estampillé "Salif Keita presents...", l'album de la jeune Malienne Fantani Touré, "N'tin Naari", en est la première sortie internationale. Il offre aussi ses studios à Rokia Traoré, jeune vedette malienne, élue Prix Découvertes RFI 1997, afin qu'elle enregistre une reprise de "La Cour des Grands", titre chanté par Youssou N'Dour et la jeune Belge Axelle Red lors de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde le 10 juin 1998.
Salif Keita sort cependant en 1997 un album entièrement consacré à la chanson française, "Sosie". Mais, son label Island ne choisit pas de produire le disque, trop éloigné de son répertoire habituel. C'est au Danemark que le chanteur trouve un petit label qui décide de s'occuper de la production de cet album. Maxime Le Forestier, Michel Berger, Jacques Higelin ou Serge Gainsbourg, le Malien apporte une touche africaine à des classiques français interprétés à la kora ou au balafon.


Deux ans plus tard, en mai 1999, Salif Keita apparaît sur la croisette du Festival de Cannes pour y défendre le seul film africain en compétition. Sa présence est amicale et militante à la fois. "Je crains que l'aide au septième art ne soit pas une priorité de notre continent", déclare-t-il alors.


En juin, sort son dernier album "Papa" dont le titre rend hommage à sa nombreuse famille. Salif a en effet onze enfants entre 3 et 20 ans. Mais "Papa" évoque aussi son propre père décédé en 95. Produit par le guitariste du groupe américain Living Colour, Vernon Reid, l'album a été enregistré entre Bamako, New York et Paris. On y entend en particulier un mémorable duo avec la chanteuse Grace Jones, mais aussi la kora de Toumani Diabaté. C'est à la Cigale qu'il donne deux concerts parisiens les 11 et 12 juin avant d'entamer une tournée française.


2002 : "Moffou"


À Bamako, il ouvre en 2001 un club de 200 places dans le quartier Kalaban à l'est de la ville et lui donne le nom de Moffou, un instrument de musique un peu oublié, une sorte de flûte percée d'un seul trou dont il se servait quand il était enfant.


"Moffou" est aussi le nom du nouvel album de Salif qui sort en mars 2002. Alors que "Papa" était résolument tourné vers le rock (présence de Vernon Reid oblige), celui-ci propose une ambiance plus calme, grâce à des arrangements dépouillés, réalisés par le célèbre guitariste Kante Manfila et l'utilisation d'instruments acoustiques. La musique sert des textes beaucoup plus positifs qu'ils ne l'étaient par le passé. L'homme a mûri et considère les évènements de la vie avec plus de recul, mais sans se départir toutefois de son esprit critique.
Les mois suivants sont consacrés à une nouvelle tournée. Il se produit ainsi dans différents festivals comme celui des Vieilles Charrues à Carhaix en juillet 2003. Quelques jours après, il donne une série de concerts aux États-Unis, dont un à New York le 27 juillet. Ce concert affiche complet et assoit le succès de Salif Keita aux États unis.
L'album "Moffou" est un véritable succès et se vend à plus de 100 000 exemplaires en France et 150 000 à l'international (principalement en Europe et aux États-Unis). Suite à un remix du titre "Madan" par Martin Solveig, qui fait un tabac dans tous les clubs européens, la production de Salif Keita décide de lancer un album de remix de "Moffou", en faisant appel à des producteurs électro proches de l'Afrique. Osunlade, Doctor L. ou Frédéric Galliano participent à cet album "Remixes from Moffou" sorti début 2004 et qui popularise Salif Keita dans les clubs, sur les radios et chez une jeunesse branchée...
L'année 2004 est assurément vécue comme un tournant dans la vie du musicien. Il décide d'abord de rentrer définitivement vivre au Mali. Pour fêter son retour au pays, Salif organise du 18 au 21 novembre 2004 trois spectacles géants à Bamako, ainsi qu'une journée de réflexion sur le thème "Le développement du secteur musical africain et son impact sur la lutte contre la pauvreté, le Sida et les autres pandémies du continent".
Artiste militant, il conjugue fête et réflexion citoyenne, tout simplement. Une vertu reconnue par les Nations Unies, qui le nomment le 19 novembre Ambassadeur des Nations Unies pour le Sport et la Musique. Fin novembre, Salif Keita est le parrain de la quatrième édition du festival Africa Fête, à Dakar, qui s'articule autour des problématiques de production phonographique et de piraterie en Afrique. Le 12 décembre 2004, il reçoit en Afrique du Sud un Kora Award pour l'ensemble de sa très riche carrière.
Une belle fin d'année, qui donne le ton pour l'année suivante...En avril 2005, Salif Keita et Kante Manfila éditent pour la première fois en France un disque enregistré dans les années 80, à l'époque des Ambassadeurs...Le succès de ce disque est mitigé, mais qu'importe, les deux amis, continuent leur fructueux chemin et travaillent ensemble sur le nouvel opus.
Parallèlement, il rénove son studio Wanda et le dote de matériel plus récent. En effet, pour l'album "Papa", il avait eu la mauvaise surprise de constater à New York que les morceaux enregistrés à Bamako étaient inutilisables pour cause de matériel non compatible...


2005 : "M'Bemba"


Avec son album "M'Bemba", qui signifie "l'ancêtre", sorti fin octobre 2005, Salif Keita se rapproche de l'histoire du Mali et de ses origines princières. Tourné vers la musique mandingue et métissée, avec notamment des mélodies espagnoles, "M'Bemba", est salué très positivement par la critique. L'album, entièrement enregistré à Bamako, au studio Wanda, remporte un franc succès en Afrique, en Europe et aux États-Unis...Parallèlement, Salif Keita et Wanda Productions soutiennent de plus en plus de jeunes artistes du Mali et de la sous-région.
Salif Keita est en tournée en Europe à l'automne. Il se produit au Zénith de Paris le 15 décembre pour un concert qui rassemble de nombreux musiciens. Puis il retourne au Mali pour les fêtes de fin d'année. Il donne des concerts du 22 au 31 décembre dans son club Moffou de Kalabancoro.
Le 23 mai 2006, Salif Keita s'offre l'Olympia, à Paris. En 2007, le chanteur passe de la scène aux tribunes politiques en se présentant aux élections législatives maliennes.
Son militantisme tous azimuts transpire encore sur "La Différence", le nouvel album qu'il présente en novembre 2009. Il évoque une nouvelle fois la situation tragique des albinos en Afrique. Une cause qui lui tient particulièrement à cœur bien évidemment et qui est relayée par l'action de sa fondation "Salif Keita pour les albinos" créée en 2001.
Ce disque est aussi pour lui l'occasion de dénoncer, au risque de déplaire, la "mode dynastique" qui s'installe dans de nombreux pays africains ou encore le laisser-aller en matière de pollution, du fleuve Niger notamment ("Ekolo d'amour" et "San Ka Ka").


Musicalement, ce nouvel opus très acoustique est marqué par des sonorités arabisantes. Une couleur qui tient notamment à la présence du oud, de tapis de cordes orientales et de la trompette du Libanais Ibrahim Maalouf. Enregistré entre Beyrouth, Los Angeles, Bamako et Paris, "La Différence" opère non seulement un très beau mariage entre musique orientale et mandingue, mais montre aussi par son impressionnant générique de musiciens (Seb Martel, Vincent Segal, Bill Frisell...) tout le respect artistique qu'inspire Salif Keita.
C'est aussi son dernier enregistrement avec le guitariste guinéen Manfila Kanté (décédé en 2011), son complice depuis les années 70 qui encore une fois s'est illustré dans les arrangements des nouvelles chansons.
Récompensé en France pour son nouvel album par une Victoire de la musique dans la catégorie "musiques du monde" en mars 2010, Salif Keita part ensuite en tournée : près de 25 concerts, essentiellement en France, notamment à l'Olympia à Paris, mais aussi en Belgique, au Canada, en Allemagne ou encore en Grande-Bretagne dans le cadre du Womad ; l'année suivante, il est entre autres à l'affiche des festivals Gnaoua et Mawazine au Maroc, ainsi qu'à Dakar au Sénégal où, en compagnie de Youssou N'Dour, il cherche à lever des fonds au profit des albinos du Mali et la Guinée, via sa fondation.


2012 : "Talé"


Durant cette période, il prépare dans son studio, à Bamako, l'album "Talé" qui est commercialisé fin 2012. À travers ce titre, l'artiste fait référence aux notions de propriété, de possession, au pouvoir de l'argent. Mais sur la forme, le disque a été imaginé et conçu pour faire danser. Il est le fruit d'une collaboration avec le musicien et producteur français Philippe Cohen-Solal, cofondateur de Gotan Project, qui apporte une touche électro à la musique du Malien. Parmi les invités, le rappeur britannique Roots Manuva, le chanteur américain Bobby McFerrin et sa compatriote jazzwoman Esperanza Spalding, le saxophoniste camerounais Manu Dibango et le pianiste français Christophe Chassol.
La tournée 2013 l'emmène en France, en Espagne, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, dans l'océan Indien sur l'île de La Réunion ainsi qu'en Argentine. Une série de trois concerts est programmée en fin d'année à Conakry, en Guinée.


Laissant de côté son orchestre, Salif Keita conçoit une autre formule live, baptisée Acoustic Tour avec seulement quatre musiciens et deux choristes, ce qui lui donne l'occasion de chanter sur scène des morceaux mis de côté depuis des années. C'est avec ce concept, plus intimiste, qu'il tourne en 2014 en France, en Belgique, avant de s'envoler de l'autre côté de l'Atlantique, en Martinique puis pour une quinzaine de concerts en Amérique du Nord, de Vancouver à Boston, en passant par Phoenix et San Francisco. Parallèlement, il prend part à l'aventure temporaire des Ambassadeurs, en référence aux Ambassadeurs internationaux, avec Idrissa Soumaoro, Cheick Tidiane Seck ou encore Amadou Bagayoko, à la fois sur scène et en studio pour le mini-album "Rebirth" qui paraît en 2015.
À l'affiche de festivals réputés sur son continent, comme à Zanzibar (Tanzanie) en 2015, Ségou (Mali) en 2016, au Femua (Côte d'Ivoire) en 2017 ou à Conakry en 2018 (Guinée), Salif Keita repart effectuer une autre série de concerts aux États-Unis en 2017 et continue à se produire régulièrement en Europe, et prend notamment part à la Nuit du Mali organisée en septembre 2017 à l'AccorHotels Arena (ex-Bercy) à Paris.


2018 : "Un autre blanc"


L'album "Un autre blanc" sort en octobre 2018. Après un demi-siècle de carrière, le chanteur, âge de 69 ans, annonce qu'il s'agit de son ultime disque. Le titre fait écho à son albinisme, cause qu'il défend ardemment avec sa fondation. Pour ce dernier projet musical qu'il a produit lui-même – ce qui ne lui été jamais arrivé –, il a fait appel à des musiciens de renom, tels que l'Ivoirien Paco Sery, les Sénégalais Alune Wade et Hervé Samb, son compatriote Cheick Tidiane Seck et le Français Jean
Philippe Rykiel.


Le rappeur français d'origine guinéenne MHD, qui avait invité Salif Keita sur son projet 19 sorti quelques mois plus tôt, est en retour convié à partager le micro avec la star malienne, tout comme la Nigériane Yemi Alade, la Béninoise Angélique Kidjo, le groupe vocal sudafricain Ladysmith Black Mambazo ou le reggaeman ivoirien Alpha Blondy, pour clore l'album sur un titre reggae.
Une tournée débute en France en février 2019 avant de se poursuivre en Norvège et en Espagne. « Un autre Blanc », sorti chez Naïve Records, assume avec fierté l'albinisme de son auteur Salif Keita, dont ce serait le dernier album. Alors, chant du cygne ou nouveau départ ? Le Point Afrique a voulu en avoir le cœur net.
PAR JULIEN LE GROS


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Salif Keïta à Paris pour la présentation de son album.© Thomas Dorn


Salif Keita n'est pas exempt d'une certaine réserve, voire de timidité. Avec ses cinquante ans de scène au compteur, l'homme à la voix d'or de Djoliba dort peu. Lors de l'entretien qu'il nous a accordé, la fatigue se ressent, masquée par ses lunettes noires. L'artiste garde en permanence un port élégant. Celui qu'arboraient les musiciens des Ambassadeurs du motel de Bamako, cet orchestre flamboyant où Salf Keïta officiait au chant, animant les belles nuits du Mali des années 70. Le chanteur a cette réputation d'être perfectionniste vis-à-vis de lui-même et de ses musiciens. Fin janvier, il s'est produit à l'Institut du monde arabe, pour un showcase acoustique. Accompagné seulement par une deuxième guitare et par deux choristes, dont la talentueuse Julia Sarr, le maestro a livré la quintessence de son art, épanoui et serein. Pourtant, son autre Blanc est issu d'une gestation difficile. Il lui a fallu six ans, après Talé, sorti chez Universal en 2012. L'album a été enregistré entre son studio Moffou à Bamako et les studios Bois et charbon à Vitry-sur-Seine et Ferber à Paris, pour les voix et cuivres. Salif Keïta a ouvert son studio Moffou* à Bamako en 2001, en même temps qu'un club éponyme : « C'était plus facile d'enregistrer la majorité du disque à domicile », souligne-t-il. « À part les featuring, j'y ai reçu tous les intervenants, bassiste, batteur, guitariste... Un autre Blancbénéficie de valeurs sûres : le bassiste Alune Wade, le batteur Paco Séry, Hervé Samb à la guitare lead, les claviéristes Jean-Philippe Rykiel et Cheick Tidiane Seck... « C'est rassurant d'être entouré par de bons musiciens, estime Salif Keïta. Mais, sincèrement, ce disque, je l'ai fait avec des amis, une famille. Tout le monde a participé  ! »


Un adieu discographique ?


Sorti épuisé du processus de création, le chanteur de 69 ans a décidé, au grand dam de ses fans, de ne plus poser sa voix sur un disque : « Même si je n'arrête pas la musique je vais prendre un peu de repos, tempère-t-il. Ce n'est pas facile de faire un album. Ça prend du temps. Et puis la période des disques est révolue. » Salif Keïta a lui-même connu l'âge d'or des succès de ventes. En 2002, son classique Moffou avec le titre « Madan » s'est écoulé à plus de 100 000 exemplaires. « Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Tout le monde fait des singles, morceau par morceau », regrette-t-il. Avant de nous redonner un espoir : « J'arrête d'enregistrer... sauf cas particulier. Si un grand musicien comme Carlos Santana, le génie de la guitare au doigté universel, avec lequel j'ai souvent travaillé, me dit je veux être dans ton album, là, je viens  ! » L'appel à Carlos Santana est lancé  ! Santana aurait dit de Salif Keita que c'est la voix la plus belle et la plus émouvante du monde. Tous les espoirs sont donc permis...


Le combat pour la différence


« L'autre Blanc », qui se détache sur la photo en noir et blanc du disque signée Thomas Dorn, c'est bien sûr Salif Keita : « Au Mali, je suis un autre Blanc, un Blanc qui a un papa et une maman noirs. On pourrait presque dire que j'ai du sang noir. » Le chanteur a grandi à Djoliba, un village au bord du fleuve Niger. Il a souffert toute sa vie d'avoir été rejeté par sa famille en raison de sa différence. Marqué au fer rouge par les discriminations que subissent les siens, l'artiste a dédié son album Folon (1996) aux albinos. De façon emblématique, il a intitulé un autre opus de 2009 La Différence. En 2005, Salif Keita a posé un acte fort en lançant une fondation de défense des albinos basée principalement au Mali. En 2014, les Nations unies ont décrété le 13 juin Journée internationale de sensibilisation à l'albinisme : « Ça nous a donné un bon coup de pouce. On s'est sentis plus respectés. Ceux qui traitent les albinos comme des animaux ou les tuent sont maintenant obligés de se cacher. Avant, ils commettaient leurs crimes au grand jour. Ça existe malheureusement toujours. Mais ils sont obligés de le faire plus discrètement. Dans certains pays africains, en période électorale, des albinos continuent d'être sacrifiés. » De son côté, la Fondation Salif Keita essaie de faire pression sur les gouvernements africains où ces exactions sont commises sur les albinos : « On réclame des enquêtes pour que les coupables soient punis. Mais on sait qui sont les vrais coupables, les patrons, c'est-à-dire les politiciens. Ce sont ceux qui ont le pouvoir de l'arrêter qui sont des commanditaires », dénonce-t-il. Au cours de ses tournées, le chanteur essaie de sensibiliser au sort des personnes albinos... mais le chemin reste long. À titre indicatif, environ 75 albinos auraient été tués en Tanzanie entre 2000 et 2016, selon les chiffres des Nations unies.
Fierté
Dans son combat contre les discriminations, Salif Keita est soutenu par sa fille, la championne d'athlétisme paralympique Nantenin Keita : « Je suis très fier d'elle. Je ne voulais pas qu'elle traverse en Afrique les problèmes que les albinos vivent et que j'ai vécus  ! Je l'ai amenée en France à l'âge de 3 ans. J'appréhendais. Mais il faut être honnête sur le fait que les Européens l'ont aimée et adoptée tout de suite. Par rapport à moi, elle a eu la chance de vivre dans un milieu dans lequel elle n'a reçu que de l'amour. Elle a su d'elle-même qu'il fallait avoir le courage de se battre. Et elle s'est battue  ! » De fierté il est aussi question sur le premier titre d'Un autre Blanc : « Were Were ». « C'est la fierté de l'Afrique. Were were veut dire en malinké nous sommes fiers  ! Nous sommes contents de ce qu'ont accompli les panafricanistes disparus comme Sankara, Lumumba, Kwamé Nkrumah, Mandela... » Déjà, le premier album sous le nom de Salif Keïta Mandjou, en 1978, était dédié au président Ahmed Sékou Touré. Le leader controversé, qui l'a fait décorer de l'ordre national du mérite guinéen, a contribué à propulser sa carrière dans la sous-région.
Sur un autre titre de son nouvel album Syrie, le chanteur malien prend comme point de départ la guerre civile déclenchée dans ce pays depuis 2011 pour dénoncer tous les conflits armés dans le monde : « Ceux qui provoquent une guerre sans penser aux conséquences sur les plus démunis ne sont pas de bonnes personnes, tacle-t-il. Ces gens n'ont pas d'état d'âme. Ils ne pensent pas aux femmes et aux enfants exposés aux tirs de balles, et qui se retrouvent sans endroit où aller. »
Son pays, le Mali, endeuillé par une guerre de 2013 à 2015, est régulièrement la cible d'attaques terroristes : « Ce sont toujours des innocents qui meurent, déplore-t-il. C'est comme si ces atrocités étaient faites exprès pour diminuer la population terrestre. On ne peut pas comprendre ça. Comme les criminels ne peuvent pas avoir accès aux patrons, aux têtes, ils s'en prennent au bas peuple sans défense. » Sur un registre plus léger et dansant, le maestro a sorti un single, « Tonton » : « Quand une fille de chez nous épouse un homme plus âgé, elle appelle son mari Tonton. » Son inspiration, Salif la tire aussi de la vie de tous les jours et de discussions avec son public. C'est ainsi qu'a germé la chanson « Bah Poulo » : « C'est l'histoire d'une femme peule qui ne comprenait pas ma langue. Mais, parce qu'elle aime mes chansons, elle a appris à parler bambara et malinké. C'est très fort, ça  ! Ça montre que la musique est un bon fil conducteur. C'est un outil formidable pour œuvrer pour la paix et la communication entre tous. »


Pléthore d'invités


Le « vieux père » a fait les choses bien en invitant sur son disque la crème de la crème : Angélique Kidjo, Lady Smith Black Mambazo, ou encore Alpha Blondy en duo sur le très spirituel « Mansa fo la » : « On a passé de très bons moments ensemble avec Alpha quand j'habitais à Abidjan. J'ai connu ses débuts avec l'album Jah Glory, et les morceaux Bintou were were et Brigadier Sabari. Avec Angélique**, on a fait beaucoup de plateaux de festivals en commun. C'est ma sœur. Elle est bien placée pour parler des mamans africaines et de leur combat. Itarafo, c'est l'histoire d'une maman qui se bat pour garder son enfant. » Sur Ngamale, Salif Keita a amplifié sa voix en utilisant un vocoder, comme pour mieux se frotter au puissant groupe vocal sud-africain LadySmith Black Mambazo : « Ce sont des guerriers qui chantent en zoulou. Ils ont assuré  ! Je suis fils de maître chasseur. Je leur ai proposé cette chanson sur la bravoure des chasseurs mandingues. » Comme souvent dans la tradition orale, il s'agit d'une petite fable : « Le boa qui avale le porc-épic, oh, quelle calamité  ! » En conviant le jeune pape de l'afro-trap MHD et la chanteuse nigériane afro-pop Yemi Alade, le « parrain » tend la main à la nouvelle génération : « Je voulais faire un mélange intergénérationnel, explique-t-il. J'ai fait une tournée pendant deux semaines en Afrique du Sud et au Swaziland avec Yemi Alade. Je l'ai prise sur le titre Diawara fa parce qu'elle a une attitude cool et qu'elle chante très bien. »


Cinquante ans de carrière


Mine de rien, ça fait cinquante ans que Salif Keita occupe le terrain  ! « C'est cinquante ans d'apprentissage, on n'en connaît jamais assez », a-t-il confessé modestement à nos confrères de TV5 Monde. D'abord voix de velours du Super Rail Band de Bamako de 1968 à 1973, il a été ensuite avec les Ambassadeurs du Motel pendant cinq ans, de 1973 à 1978 : « Ce sont de bons souvenirs », commente-t-il. Je n'en suis pas déconnecté. Si vous écoutez attentivement Un autre Blanc, j'ai essayé de ne pas trahir l'esprit des arrangements orchestraux du Rail Band et des Ambassadeurs. Je me suis vraiment orienté dans cette direction artistique. » En clin d'œil à cette période, on retrouve le guitariste du Super Rail Band Djélimady Tounkara sur « Ngamale ».


En 1978, face à une situation politique intenable, Salif Keita quitte le Mali pour Abidjan avec son mentor, le regretté Kanté Manfila : « On a créé les Ambassadeurs internationaux jusqu'en 1983. Ensuite, le groupe s'est cassé et j'ai commencé ma carrière solo. » La suite est connue. Aujourd'hui, il est l'ambassadeur incontesté de son pays : « C'est bon pour le moral. Ça veut dire que la musique a une importance. Ça donne le courage aux jeunes gens d'en faire, de persévérer dedans et de considérer cela comme un métier à part entière. » Le chanteur est conscient du symbole qu'il représente : « Nous sommes tous nés pour servir la machine sociale. Chaque personne est une pièce à conviction. Refuser d'assumer son rôle serait une lâcheté. C'est ce que je fais  ! »


Pour la suite, le chanteur va présenter Un autre Blanc au cours d'une tournée prévue du mois d'avril jusqu'à la fin de l'été. Ses yeux brillent quand il évoque un projet qui lui tient particulièrement à cœur : « J'aimerais un jour faire venir des musiciens albinos sur scène et mélanger la nouvelle et l'ancienne génération. Je pense par exemple à Kalash Criminel, qui est un très bon rappeur albinos, français, d'origine congolaise. II faut qu'on frappe un bon coup et qu'on montre que l'albinisme n'est pas une malédiction. Bien au contraire  ! On peut en être fiers  ! »
* Moffou est le nom d'une petite flûte traditionnelle utilisée pour chasser les oiseaux lors des récoltes.
** Après avoir quitté les Ambassadeurs du motel de Bamako, Salif Keita a vécu à Abidjan entre la fin des années 70 et 1984.

Mandjou', le titre qui a révélé Salif Keïta
By Vladimir Cagnolari on 25 février 2019 / Commentaires fermés sur 'Mandjou', le titre qui a révélé Salif Keïta
Il y a quarante ans, en 1979, Salif Keïta et les Ambassadeurs Internationaux enregistraient « Mandjou » à Abidjan. Un titre qui allait changer leur vie, et faire du chanteur une idole.
Photo : Kanté Manfila et Salif Keïta, DR


Nous sommes dans le 18ème arrondissement de Paris, à deux pas de la rue Myrha où les Ambassadeurs logèrent lorsqu'ils donnèrent leurs premiers concerts à Paris. Salif Keïta, de passage dans la capitale française avant de s'envoler pour Addis Abeba où il doit jouer devant un parterre de chefs d'État, fait le tour des médias pour parler de son dernier album, Un Autre Blanc. Le titre qui en fait l'ouverture, « Were Were », est un hommage aux grandes figures qui, de Nkrumah à Mandela, en passant par Sankara et Lumumba, ont indiqué le chemin à suivre. La plupart ont été trahis.
« On ne doit pas les oublier ces gens, et avec le temps qui passe, on se rend compte qu'ils avaient raison. Regarde les Africains qui se font tuer sur la route, dans les océans, pour aller en Europe : si ces gens on les avait écoutés, on aurait aujourd'hui un continent qui se suffirait à lui-même, et on aurait pas perdu tous ces enfants... »
Les grandes figures de l'histoire africaine, Salif en a côtoyé plus d'une. À commencer par le Guinéen Sékou Touré, auquel il a rendu hommage dans un titre devenu culte, « Mandjou ». La conversation roule naturellement sur la chanson, dont l'histoire commence à s'écrire dès 1974.

Kanté Manfila et Salif Keïta, DR

Un an plus tôt, Salif Keïta a quitté le célèbre Rail Band du Buffet de la Gare de Bamako pour rejoindre le groupe rival, les Ambassadeurs, basés au Motel de Bamako. Le groupe, dirigé de main de maître par le guitariste Kanté Manfila, jouit du parrainage de Tiekoro Bakayoko, puissant responsable de la sécurité au sein du régime de Moussa Traoré. Le Motel est son fief, et ce passionné de musique protège jalousement les Ambassadeurs ainsi baptisés car plusieurs des musiciens sont issus des pays voisins.


Salif Keïta y impose déjà son timbre de voix unique et sa présence scénique. C'est alors, en 1974, que le président Guinéen Sékou Touré vient en visite officielle au Mali. Les Ambassadeurs sont chargés d'animer la soirée donnée en son honneur. Sékou Touré, mélomane averti dont la politique culturelle d'authenticité a largement influencé celle du Mali, est impressionné par le groupe et son chanteur : « Il a tout de suite deviné qui j'étais, que j'avais besoin d'amour, de soutien... », se souvient Salif. Le président guinéen indique aux autorités maliennes qu'il veut faire venir les Ambassadeurs à Conakry. Deux ans plus tard, en 1976, Salif Keïta débarque avec le groupe dans la capitale guinéenne. Le chanteur est choyé, honoré, et décoré de l'ordre national du mérite : « Il m'a bien traité, il m'a dit que je pouvais compter sur moi-même, et que j'avais de la valeur. Mon envie c'était de lui donner une réponse, lui prouver que j'étais content de ce qu'il avait fait pour moi. »

À son retour à Bamako, Salif commence donc à réfléchir à une chanson pour remercier Sékou Touré. Au Mali, le climat politique et social se dégrade, et début 1978, Tiekoro Bakayoko, le « parrain » du Motel et protecteur du groupe est arrêté. Le groupe prend peur. Les choses se gâtent quand le régime délègue un autre patron pour remplacer Bakayoko au Motel. Six des membres du groupe refusent, et décident, pour ne pas avoir à subir les foudres du régime, de quitter Bamako dans la nuit. Ils font bien, car ils viennent d'être dénoncés aux autorités.
« On a décidé le soir et le lendemain vers 4 h 30 on a fui... On est arrivés à la frontière, et le gendarme-chef de poste était notre ami. Il nous a vus fatigués, alors il est parti acheter de la viande. Alors qu'on mangeait, on l'a appelé au téléphone pour lui dire que, s'il nous voyait passer, il fallait nous arrêter. Mais comme c'était notre ami, il a dit qu'on était déjà passés et qu'il ne pouvait plus rien faire. On était en train de manger la viande avec lui. Sans lui, on aurait fini au trou. »


Avec Salif Keïta et Kanté Manfila, six autres Ambassadeurs sont du voyage. Ils entrent en Côte d'Ivoire le 4 août 1978. Leurs débuts à Abidjan allaient s'avérer difficiles, rappelle le chanteur : « On a eu des problèmes d'insertion là-bas, parce qu'on était pas habitués comme d'autres orchestres à faire les baptêmes, etc. On jouait dans un club à Abobo Gare, l'Agneby bar, mais à chaque fois qu'on jouait il faillait louer les instruments, et on se partageait le peu d'argent qu'il restait. C'est avec « Mandjou » qu'on a vu le ciel bleu. »
Ce titre, les Ambassadeurs l'enregistrent presque clandestinement grâce à la complicité de Moussa Komara, technicien à la radio nationale (RTI). Le soir, alors qu'il n'en a pas le droit, il fait pénétrer les Ambassadeurs dans le studio et, en quelques heures, ils enregistrent cinq titres de toute beauté, dont le magnifique « Mandjou ».

« Mandjou », c'est l'un des noms honorifiques de la famille Touré : celle de Sékou Touré, mais aussi celle de son aïeul, le fameux Almamy Samory Touré, farouche résistant à la colonisation française auquel le Bembeya Jazz a rendu hommage dans son cultissime Regard sur le passé. Dans la pure tradition des chants de louange qu'entonnent les griots, Salif chante :
Mandjou, ne pleure pas
Fils d'Alpha Touré, ne pleure pas
Mandjou, ne pleure pas
Fils d'Aminata Fadiga, ne pleure pas
Mandjou, ne pleure pas
Père d'Aminata le jeune, ne pleure pas
Le temps de pleurer n'est pas venu
Que Dieu te couvre d'or, Mandjou
Longtemps après, en 2006, Salif expliquait : « En Occident on a traité Sékou Touré de dictateur, mais il a été obligé d'être dictateur, parce qu'il a voulu voler de ses propres ailes : il a dit non au Général de Gaulle, je veux bien être votre ami, mais je veux voler de mes propres ailes, je veux pas faire rêver mon peuple avec une modernité qu'on n'a pas, on va tracer notre chemin pour pouvoir être ce que nous voulons être après. On lui a fermé toutes les portes, et tout le monde lui a tourné le dos. »

Sékou Touré


Les Guinéens le savent bien, mais certains auront une appréciation différente, ayant vécu les dérives autoritaires du régime (et pour certains, le sinistre Camp Boiro). Mais il n'en reste pas moins qu'à l'extérieur, Sékou Touré est resté un symbole, celui d'une Afrique qui préfère « la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l'esclavage » et c'est cela que Salif Keïta retient, comme à l'époque les étudiants ivoiriens qui ne peuvent retenir leur enthousiasme lors du concert (enregistré) que le Bembeya Jazz donna à l'université d'Abidjan, interprétant leur fameux Regard sur le passé.
Mais revenons en 1979. À la sortie du studio, Kanté Manfila prend les bandes pour aller faire le mastering à Cotonou. Là-bas, plusieurs producteurs lui font des propositions.
« Je m'en souviendrai toujours, dit Salif : le 4 août 1978, on entrait en Côte d'Ivoire, et le 4 août 1979, grâce à 'Mandjou' on achetait nos instruments ». L'album Mandjou des Ambassadeurs désormais « Internationaux » sortira bientôt en Côte d'Ivoire, faisant basculer la vie des musiciens et propulsant Salif vers les sommets, dont il n'est jamais redescendu.
http://pan-african-music.com/salif-keita-mandjou/


http://salifkeita.net/

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